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  • il y a 23 minutes
Ce mardi 22 septembre, Frédéric Simottel a reçu Olivier Nollent, PDG France de SAP, Huy Lê, head of Program Management Office & AI au sein du programme Global Enterprise Transformation (GET) chez ENGIE, Mélanie Lherpiniere, managing director, head of GET Program chez Accenture France, Pierre Dubernard, DSI du groupe Ayor, Jérôme Mollier-Pierret, directeur des offres et de l'innovation chez Talan, Mohamed El Jaoui, global head of SAP Center of Excellence chez Kering, ainsi qu'Amal Benichou, directrice exécutive, responsable de l'activité Luxury & Beauty chez Accenture (monde), dans l'émission Tech&Co Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le samedi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:05BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale, Frédéric Simotel.
00:14Deuxième partie de cette émission Tech & Co Business depuis l'événement SAP NAO Carousel du Louvre à Paris,
00:21quand les entreprises se réinventent avec l'IA gentil.
00:24On va en parler avec nos deux invités. Pierre Dubernard, bonjour.
00:27Bonjour.
00:27Vous êtes directeur des systèmes d'information du groupe Ayer. On va en savoir plus dans un instant sur ce
00:32que fait Ayer.
00:33Et Jérôme Mollier-Pierré, bonjour Jérôme.
00:35Bonjour.
00:35Merci d'être avec nous, directeur des offres et innovations chez Talent.
00:39Alors Pierre, Dessy d'Ayer, grand fabricant de solutions industrielles pour l'habitat.
00:43Nous dire juste votre groupe en quelques mots, les enjeux business autour du groupe Ayer.
00:47Oui, bien sûr, le groupe Ayer. Nous sommes un groupe industriel français, familial.
00:53Nous sommes un acteur majeur de la distribution, de la gestion de l'eau dans l'habitat.
00:58Ayer, c'est environ 17 000 références, dont des marques assez connues comme Sommaterme ou Pronormes.
01:04Nos clients, ce sont les installateurs, mais aussi les grandes et moyennes surfaces de bricolage ou les marketplaces.
01:11Et notre marché principal, c'est la rénovation de l'habitat.
01:15Nos clients, ce qu'ils souhaitent, c'est une disponibilité et des produits durables.
01:19Et alors, le virage IA, vous l'avez vu arriver, bien entendu, pour vous personnellement, pour vos équipes, pour Ayer.
01:26Comment vous êtes inscrit ? Depuis quand vous êtes inscrit dans cette démarche autour de l'intelligence artificielle chez Ayer
01:32?
01:33Ça fait plusieurs mois que nous avons lancé une démarche, une démarche qui est menée par la direction générale, qui
01:40est très structurée.
01:41Nous avons même une équipe maintenant qui est dédiée avec des développements d'agents, comme dans certains processus, comme les
01:49prévisions, le pricing, le SAV, les ventes, les ressources humaines.
01:52Alors, on va s'intéresser parce que justement, j'imagine, vous avez testé beaucoup de pilotes et puis vous avez
01:57pris quelques cas d'usage qui fonctionnaient pour les passer à l'échelle.
02:00Il y en a notamment un, c'était des agents IA. Vous avez décidé de les confronter à un problème
02:05très concret.
02:06C'était des commandes qui se bloquent entre deux ERP, c'est ça ?
02:09Oui, oui, exactement. Notre problème, ce n'est pas de manquer de données.
02:12Notre problème, c'est d'avoir un système qui soit capable de reconstituer toute l'histoire d'une commande.
02:17Dans le cas qui nous intéresse, nous avons un flux qui passe par notre ERP principal, qui est SAP S4ANA,
02:23et l'ERP d'une de nos filiales, qui est Sajx3.
02:27Nous avons compté jusqu'à 11 étapes entre la saisie de la commande par le client sur le site web
02:32et la remise du colis au transporteur.
02:36Dans ce cas, si nous avons une erreur d'intégration, nous n'avions pas d'outil qui était capable de
02:41visualiser le flux de bout en bout.
02:42Et nos experts IT, dans mon équipe, devaient naviguer entre SAP, Sajx, les fichiers d'interface, les loyers.
02:49Ce n'était pas une histoire de données, d'intégration, de cohérence de données, non ?
02:54Ça peut être une histoire de cohérence de données, ça peut être une histoire de commandes bloquées par un utilisateur,
03:01ça peut être les sources d'erreurs d'intégration sont multiples.
03:04D'accord. Et alors, Jérôme, vous avez accompagné ailleurs sur ce sujet de l'IA agentique.
03:11Moi, ma première question est de savoir, aujourd'hui, on parlait beaucoup dans le monde informatique de RPA, de tout
03:16ce qui était ces robots, ces robots logiciels.
03:19Pourquoi partir dans l'IA agentique ? C'est bien, ça fait moderne, mais le RPA, ça ne pouvait pas
03:23résoudre ce type de problème ?
03:25Oui, il y a plusieurs raisons. La première, c'est quand on arrive à avoir des séquences qui sont prédéfinies,
03:32d'avance, effectivement, la RPA fait du sens.
03:35En l'occurrence, plus on a les processus qui sont complexes et qui sont sur plusieurs systèmes d'information, et
03:41plus il est difficile d'anticiper tous ces cas de figure.
03:43Et c'est le cas du scénario chez Ayor. Il y a une deuxième raison qui est peut-être plus
03:50profonde, c'est que surtout, on interroge.
03:52Donc, dans le cas du projet Jules Fort-Ayor qu'on a construit chez Pierre.
03:56Jules, rappelez-nous, c'est l'agent IA des plateformes SAP ?
04:00C'est la porte d'entrée conversationnelle SAP que les utilisateurs vont utiliser, et donc, ils vont interroger l'agent
04:08qui lui-même va analyser les données
04:10et va, quelque part, fournir de l'intelligence sur le processus. Et là, on est dans quelque chose de complètement
04:15différent
04:16de ce qu'on peut appeler par la RPA, comme vous l'évoquiez tout à l'heure.
04:20Alors, justement, très concrètement, comment ça s'utilise ? Alors, ici, je le rappelle, sur un événement SAP Nao,
04:27on a vu une démonstration en plénière où on voyait des responsables d'achat qui faisaient appel à Jules.
04:33C'est ça ? Ça va être ça pour les collaborateurs du groupe Ayor ? Pour, justement, si on reste
04:38sur ce problème de commande qui a du mal à passer ?
04:40Ça va être ça. L'idée, c'est d'avoir un agent conversationnel, donc Jules Fort-Ayor, que l'on
04:45mettra à disposition des équipes,
04:47que soit l'administration des ventes ou de la logistique, pour qu'elles puissent avoir un diagnostic le plus rapidement
04:52possible.
04:53On prévoit de passer, aujourd'hui, nous passons de 20 à 45 minutes avec un expert IT qui va aller
04:58rechercher manuellement
04:59dans différentes plateformes à moins de 2 minutes en autonomie directement par les équipes métiers pour avoir le diagnostic consolidé.
05:08Vous avez employé le terme autonomie. C'est un point important, j'imagine, pour les équipes, justement, cet aspect de
05:14pouvoir agir en totale autonomie.
05:16C'est un point extrêmement important. L'idée, c'est effectivement qu'elle soit moins dépendante de l'équipe IT
05:21et qu'elle puisse elle-même résoudre la problématique.
05:24Alors qu'auparavant, c'était quoi ? On devait faire appel à un expert, c'est ça l'idée ?
05:27Alors qu'auparavant, elle devait forcément passer par l'équipe IT pour identifier, diagnostiquer le problème et souvent le résoudre.
05:34On parle beaucoup avec ces agents de gains de productivité.
05:38Là, aujourd'hui, oui, vous êtes capable d'évaluer la productivité gagnée grâce à ça auprès de vos équipes ?
05:45Alors, l'enjeu pour nous, c'est plutôt la promesse client.
05:48Aujourd'hui, un incident que l'on ne diagnostique pas ou que l'on ne résout pas dans la journée
05:53peut nous faire sortir de notre engagement qui peut être de livraison à J1.
05:57Alors, Jérôme Mollier-Pierré de Talent, ce qui est intéressant là, c'est que la problématique, on l'a entendu,
06:04c'était des commandes qui ont du mal à passer entre deux ERP, l'un SAP, l'autre ne l
06:08'était pas.
06:09Et j'imagine que le principe de Joule aussi, c'est d'aller chercher des données qui sont SAP ou
06:15non SAP ?
06:15Oui, alors pas complètement Joule, mais je peux peut-être vous développer un peu l'architecture technique.
06:20Ce qui est effectivement intéressant, c'est que les processus au sein des entreprises,
06:24ils ne s'arrêtent pas toujours à la frontière de l'ERP et il y a plein de systèmes qui
06:28gravitent.
06:29On a Joule, qui est finalement l'interface en langage naturel, en frontal, en interaction avec l'utilisateur.
06:35Ce qu'on a développé, c'est qu'on a utilisé Joule Studio, qu'on a vu tout à l
06:38'heure en plénière,
06:40qui nous permet de développer des skills.
06:41Je voulais juste nous dire la différence entre Joule et Joule Studio ?
06:44Joule Studio, c'est plutôt pour les intégrateurs comme nous, les équipes informatiques.
06:48C'est là où on va développer un agent, c'est ça ?
06:49Exactement, c'est là où on va customiser, paramétrer, faire quelque chose de spécifique pour le client.
06:54Et donc, à l'intérieur de Joule Studio, on a développé des skills, des compétences
06:57qui s'appuient sur des outils au sein de la business technology platform
07:01qui s'appelle maintenant la SAP Business AI Platform.
07:04Et on utilise notamment des composants comme intégration suite
07:08qui vont aller récupérer des données sur les systèmes distants
07:10et aussi à l'intérieur de SAP pour tout consolider au travers d'un modèle
07:14qui est fourni finalement par la Business AI Platform
07:17et qui permet de restituer cette fameuse intelligence
07:20et d'interagir avec l'utilisateur dans un contexte spécifique
07:23tout en étant sous contrôle puisqu'il ne peut pas partir n'importe où
07:27et bien aller là où on souhaite qu'il aille dans le cadre des commandes
07:31et du processus que Pierre évoquait.
07:32Et c'est-à-dire que là, l'agent, il part de Joule, il va interroger SAP,
07:38il va aller interroger des informations dans Sage, il va tout consolider
07:42et puis il va proposer une réponse appropriée.
07:45C'est exactement ça. Joule est la porte d'entrée qui va permettre d'appeler cet agent
07:49dans ce contexte process particulier sur les différents systèmes d'information
07:55en composant du système d'information de Pierre.
07:58Pierre Dubernard, lorsqu'on a vu arriver cette vague agentique,
08:04peut-être que l'erreur a été, et vous avez pris ce contre-pied-là,
08:08c'est qu'on mettait des agents plutôt par application.
08:11Vous, vous avez mis l'agent, il doit résonner par processus.
08:14C'est ça l'idée ?
08:15Oui, c'est exactement ça. L'idée, c'est d'avoir un agent qui soit capable
08:18d'avoir un processus complet puisque finalement, un flux de commandes
08:22va passer par différents outils du site web, un premier ERP, un deuxième ERP,
08:27un WMS pour la gestion des stocks, un outil de gestion de transport.
08:31Donc l'idée, c'est vraiment de mettre un agent au milieu
08:34qui soit capable de diagnostiquer et de pouvoir poser des questions
08:37en langage naturel et d'avoir des réponses naturelles.
08:40Et dans un deuxième temps, d'avoir un agent qui soit capable
08:43de résoudre certaines actions tout en étant, bien entendu, toujours,
08:48en attendant toujours une confirmation de l'utilisateur.
08:50Et la crainte, parce qu'on parle beaucoup, évidemment,
08:53on a parlé de gestion de données, mais la confidentialité des données,
08:56comment vous avez résolu cette problématique-là ?
09:01Ou c'est...
09:02Alors, allez-y, Pierre.
09:03Je peux peut-être répondre.
09:05SAP nous donne déjà beaucoup de garanties,
09:06à la fois contractuelles et opérationnelles,
09:08dans le choix des modèles et des composants qu'on sélectionne,
09:11et surtout dans le processus, parce qu'il y a cette partie d'analyse.
09:14Donc on va récupérer les données, on va s'assurer qu'elles soient faites
09:17de manière confidentielle et selon toutes les normes,
09:20notamment le GPR et puis le UI Act.
09:24Ce qui est très important derrière, c'est de pouvoir donner le contrôle
09:30à l'humain quand on doit déclencher les actions.
09:32Et donc sur l'analyse, il y a des recommandations,
09:34mais il n'y a pas de déclenchement d'actions.
09:36Et c'est l'étape d'après, en fait, du process,
09:38où quand l'agent va proposer, finalement, de corriger cette commande,
09:41de la relancer ou de faire d'autres opérations,
09:43l'humain restera de toute façon accountable ou responsable
09:47de la tâche qu'il va déléguer à l'agent.
09:49Aujourd'hui, on parle de l'agent va être diagnostiqué.
09:53On va lui laisser, on parle ici, on est dans cet événement SAP,
09:56je le rappelle, on appelle ça l'Autonomous Enterprise.
10:00Jusqu'où on le laisse agir en autonomie ?
10:03On a vu un peu les dégâts que ça pouvait faire dans d'autres domaines.
10:06Mais voilà, comment vous travaillez ce sujet-là, Pierre Dubernard ?
10:10Aujourd'hui, l'idée, ce n'est pas de lui laisser carte blanche.
10:13Aujourd'hui, l'idée, c'est clairement de le laisser travailler dans un périmètre défini,
10:16que toutes les actions soient validées humainement et qu'il y ait une traçabilité.
10:20Nous commençons par une phase de diagnostic.
10:23L'agent va diagnostiquer.
10:25Demain, il sera capable de créer des tickets dans notre outil de ticketing,
10:28de support IT.
10:29Et ensuite, après-demain, il pourra effectivement réaliser certaines actions.
10:33Mais on est toujours, nous sommes toujours dans un process qui a été défini.
10:36On sait exactement ce qu'il va faire.
10:39C'est-à-dire, l'agent peut déclencher, mais il y aura toujours un humain derrière.
10:41Tout à fait.
10:42C'est ça l'idée, Pierre, de ce que vous avez mis en place avec Ayor ?
10:46C'est exactement ça.
10:48Et puis, le point que mentionnait Pierre, qui est essentiel, c'est la traçabilité.
10:52C'est-à-dire, tout ce qui sera effectué par l'agent sera tracé
10:55et on pourra revenir à postériori pour diagnostic, pour s'assurer qu'il est bien.
10:58En fait, le but, c'est de lui donner le bon niveau d'autonomie.
11:01C'est ça, c'est là où il faut trouver, c'est ça, non ?
11:05Oui, oui, complètement.
11:06Là, il y a plusieurs aspects.
11:09Ça va dépendre aussi de la criticité du process
11:11et puis de la criticité des enjeux d'interaction
11:14que l'agent pourrait avoir avec les systèmes d'information.
11:17Juste une dernière question, Pierre Dubernard, autour de ce contrôle de ces agents.
11:21Vous, vous êtes le patron de l'informatique, le DSI.
11:23Est-ce que c'est les métiers ?
11:25Comment on répartit un peu cette gouvernance, ce pilotage, ce contrôle de ces agents ?
11:30C'est effectivement les métiers.
11:32On a monté une équipe qu'on a appelée des IA ambassadeurs.
11:35On va avoir un IA ambassadeur dans chaque métier
11:38et on aura une personne responsable pour aller réaliser la gouvernance de données
11:43qui va être liée à chacun des agents.
11:46Messieurs, merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation.
11:49Pierre Dubernard, directeur des systèmes d'information du groupe Ailleurs
11:51et Jérôme Mollier-Pierret, directeur des offres et innovations chez Talent.
11:54Voilà, on est ici depuis le Carousel du Louvre où se déroule l'événement SAP.
12:04BFM Business présente Tech & Co. Business, le magazine de l'accélération digitale.
12:10Frédéric Simotel.
12:12Allez, deuxième partie de cette émission Tech & Co. Business
12:15depuis l'événement SAP Nao au Carousel du Louvre à Paris
12:19quand les entreprises se réinventent avec l'IA agentique.
12:22On va en parler avec nos deux invités.
12:24Pierre Dubernard, bonjour.
12:26Bonjour.
12:26Vous êtes directeur des systèmes d'information du groupe Ailleurs.
12:28On va en savoir plus dans un instant sur ce que fait Ailleurs.
12:31Et Jérôme Mollier-Pierret, bonjour Jérôme.
12:33Bonjour.
12:33Merci d'être avec nous, directeur des offres et innovations chez Talent.
12:37Alors Pierre, DSI d'ailleurs, grand fabricant de solutions industrielles pour l'habitat,
12:41nous dire juste votre groupe en quelques mots, les enjeux business autour du groupe Ailleurs ?
12:45Oui, bien sûr, le groupe Ailleurs, nous sommes un groupe industriel français, familial.
12:51Nous sommes un acteur majeur de la distribution, de la gestion de l'eau dans l'habitat.
12:57Ailleurs, c'est environ 17 000 références, dont des marques assez connues comme Sommaterme ou Pronormes.
13:02Nos clients, ce sont les installateurs, mais aussi les grandes et moyennes surfaces de bricolage
13:08ou les marketplaces.
13:09Et notre marché principal, c'est la rénovation de l'habitat.
13:13Nos clients, ce qu'ils souhaitent, c'est une disponibilité et des produits durables.
13:18Et alors, le virage IA, vous l'avez vu arriver, bien entendu, pour vous personnellement, pour vos équipes, pour Ailleurs.
13:26Depuis quand vous êtes inscrit dans cette démarche autour de l'intelligence artificielle chez Ailleurs ?
13:31Ça fait plusieurs mois que nous avons lancé une démarche,
13:34une démarche qui est menée par la direction générale, qui est très structurée.
13:39Nous avons même une équipe maintenant qui est dédiée avec des développements d'agents,
13:45comme dans certains processus, comme les prévisions, le pricing, le SAV, les ventes, les ressources humaines.
13:50Alors, on va s'intéresser parce que justement, j'imagine, vous avez testé beaucoup de pilotes
13:55et puis vous avez pris quelques cas d'usage qui fonctionnaient pour les passer à l'échelle.
13:59Il y en a notamment un, c'était des agents IA.
14:02Vous avez décidé de les confronter à un problème très concret.
14:04C'était des commandes qui se bloquent entre deux ERP, c'est ça ?
14:07Oui, oui, exactement.
14:09Notre problème, ce n'est pas de manquer de données.
14:10Notre problème, c'est d'avoir un système qui soit capable de reconstituer toute l'histoire d'une commande.
14:15Dans le cas qui nous intéresse, nous avons un flux qui passe par notre ERP principale,
14:20qui est SAP S4ANA, et l'ERP d'une de nos filiales, qui est 7GX3.
14:25Nous avons compté jusqu'à 11 étapes entre la saisie de la commande par le client sur le site web
14:31et la remise du colis au transporteur.
14:34Dans ce cas, si nous avons une erreur d'intégration, nous n'avions pas d'outil qui était capable de
14:39visualiser le flux de bout en bout
14:40et nos experts IT, dans mon équipe, devaient naviguer entre SAP, SAGE, les fichiers d'interface, les logs.
14:47Ce n'était pas une histoire de cohérence de données, non ?
14:53Ça peut être une histoire de cohérence de données, ça peut être une histoire de commandes bloquées par un utilisateur.
14:59Les sources d'erreurs d'intégration sont multiples.
15:02D'accord. Et alors, Jérôme, vous avez accompagné ailleurs sur ce sujet d'IA agentique.
15:10Moi, ma première question est de savoir, aujourd'hui, on parlait beaucoup dans le monde informatique de RPA,
15:14de tout ce qui était ces robots, ces robots logiciels.
15:18Pourquoi partir dans l'IA agentique ?
15:19C'est bien, ça fait moderne, mais le RPA, ça ne pouvait pas résoudre ce type de problème ?
15:23Oui, alors, il y a plusieurs raisons. La première, c'est quand on arrive à avoir des séquences qui sont
15:30prédéfinies.
15:30D'avance, effectivement, la RPA fait du sens. En l'occurrence, plus on a les processus qui sont complexes et
15:37qui sont sur plusieurs systèmes d'information,
15:39et plus il est difficile d'anticiper tous ces cas de figure.
15:42Et c'est le cas du scénario chez Ayor. Il y a une deuxième raison qui est peut-être plus
15:48profonde, c'est que surtout, on interroge.
15:50Donc, dans le cas du projet Joule for Ayor qu'on a construit chez Pierre.
15:54Joule, rappelez-nous, c'est l'agent IA des plateformes SAP.
15:58C'est la porte d'entrée conversationnelle SAP que les utilisateurs vont utiliser, et donc, ils vont interroger l'agent
16:06qui, lui-même, va analyser les données
16:08et va, quelque part, fournir de l'intelligence sur le processus. Et là, on est dans quelque chose de complètement
16:14différent de ce qu'on peut appeler par la RPA,
16:16comme vous l'évoquiez tout à l'heure.
16:18Alors, justement, très concrètement, comment ça s'utilise ? Alors ici, je rappelle, sur un événement SAP Nao, on a
16:25vu une démonstration en plénière,
16:28où on voyait des responsables d'achat qui faisaient appel à Joule. C'est ça ? Ça va être ça
16:32pour les collaborateurs du groupe Ayor ?
16:34Pour, justement, si on reste sur ce problème de commande qui a du mal à passer ?
16:39Ça va être ça. L'idée, c'est d'avoir un agent conversationnel, donc Joule for Ayor, que l'on
16:43mettra à disposition des équipes,
16:45que ce soit l'administration des ventes ou de la logistique, pour qu'elles puissent avoir un diagnostic le plus
16:50rapidement possible.
16:51On prévoit de passer, aujourd'hui, nous passons de 20 à 45 minutes avec un expert IT qui va aller
16:57rechercher manuellement,
16:58dans différentes plateformes, à moins de deux minutes, en autonomie, directement par les équipes métiers,
17:03pour avoir le diagnostic consolidé.
17:06Vous avez employé le terme autonomie. C'est un point important, j'imagine, pour les équipes,
17:11justement, cet aspect de pouvoir agir en totale autonomie.
17:14C'est un point extrêmement important. L'idée, c'est effectivement qu'elle soit moins dépendante de l'équipe IT
17:19et qu'elle puisse elle-même résoudre la problématique.
17:22Alors qu'auparavant, c'était quoi ? On devait faire appel à un expert, c'est ça l'idée ?
17:26Alors qu'auparavant, elle devait forcément passer par l'équipe IT pour identifier, diagnostiquer le problème et souvent le résoudre.
17:33On parle beaucoup avec ces agents de gains de productivité.
17:36Là, aujourd'hui, vous êtes capable d'évaluer la productivité gagnée grâce à ça, auprès de vos équipes ?
17:43Alors, l'enjeu pour nous, c'est plutôt la promesse client.
17:47Aujourd'hui, un incident que l'on ne diagnostique pas ou que l'on ne résout pas dans la journée
17:51peut nous faire sortir de notre engagement qui peut être de livraison à J plus 1.
17:56Alors, Jérôme Mollier-Pierré, de Talent, ce qui est intéressant là, c'est que la problématique,
18:01on l'a entendu, c'était des commandes qui ont du mal à passer entre deux ERP, l'un SAP,
18:06l'autre ne l'était pas.
18:07Et j'imagine que le principe de Joule aussi, c'est d'aller chercher des données qui sont SAP
18:13ou non SAP ?
18:14Oui, alors pas complètement Joule, mais je peux peut-être vous développer un peu l'architecture technique.
18:19Ce qui est effectivement intéressant, c'est que les processus au sein des entreprises,
18:22ils ne s'arrêtent pas toujours à la frontière de l'ERP et il y a plein de systèmes qui
18:26gravitent.
18:27On a Joule, qui est finalement l'interface en langage naturel, en frontal, en interaction avec l'utilisateur.
18:33Ce qu'on a développé, c'est qu'on a utilisé Joule Studio, qu'on a vu tout à l
18:37'heure en plénière,
18:38qui nous permet de développer des skills.
18:39Je voulais juste nous dire la différence entre Joule et Joule Studio ?
18:42Joule Studio, c'est plutôt pour les intégrateurs comme nous, les équipes informatiques.
18:46C'est là où on va développer un agent, c'est ça ?
18:47Exactement, c'est là où on va customiser, paramétrer, faire quelque chose de spécifique pour le client.
18:52Et donc, à l'intérieur de Joule Studio, on a développé des skills, des compétences
18:55qui s'appuient sur des outils au sein de la business technology platform
18:59qui s'appelle maintenant la SAP Business AI Platform.
19:03Et on utilise notamment des composants comme Intégration Suite
19:06qui vont aller récupérer des données sur les systèmes distants et aussi à l'intérieur de SAP
19:10pour tout consolider au travers d'un modèle qui est fourni finalement par la business AI Platform
19:16et qui permet de restituer cette fameuse intelligence et d'interagir avec l'utilisateur dans un contexte spécifique
19:22tout en étant sous contrôle puisqu'il ne veut pas partir n'importe où
19:25et bien aller là où on souhaite qu'il aille dans le cadre des commandes et du processus que Pierre
19:30évoquait.
19:30Et c'est-à-dire que là, l'agent part de Joule, il va interroger SAP, il va aller interroger
19:38des informations dans Sage,
19:39il va tout consolider et puis il va proposer une réponse appropriée, c'est ça ?
19:44C'est exactement ça. Joule est la porte d'entrée qui va permettre d'appeler cet agent dans ce contexte
19:49process particulier
19:51sur les différents systèmes d'information en composant du système d'information de Pierre.
19:56Pierre Dubernard, ce qu'on fait peut-être lorsqu'on a vu arriver cette vague agentique,
20:02peut-être que l'erreur a été, et visiblement vous avez pris ce contre-pied-là,
20:07c'est qu'on mettait des agents plutôt par application.
20:09Vous, vous avez mis l'agent, il doit résonner par processus, c'est ça l'idée ?
20:13Oui, c'est exactement ça. L'idée, c'est d'avoir un agent qui soit capable de voir un processus
20:17complet
20:18puisque finalement, un flux de commandes va passer par différents outils du site web,
20:23un premier ERP, un deuxième ERP, un WMS pour la gestion des stocks, un outil de gestion de transport.
20:30Donc l'idée, c'est vraiment de mettre un agent au milieu qui soit capable de diagnostiquer
20:34et de pouvoir poser des questions en langage naturel et d'avoir des réponses naturelles.
20:39Et dans un deuxième temps, d'avoir un agent qui soit capable de résoudre certaines actions
20:45tout en étant, bien entendu, toujours, en attendant toujours une confirmation de l'utilisateur.
20:49Et la crainte, parce qu'on parle beaucoup, évidemment, on a parlé de gestion de données,
20:53mais la confidentialité des données, comment vous avez résolu cette problématique-là ?
20:59Ou c'est... Alors, allez-y, puis Pierre.
21:01Je peux peut-être répondre. SAP nous donne déjà beaucoup de garanties,
21:05à la fois contractuelles et opérationnelles, dans le choix des modèles et des composants qu'on sélectionne
21:09et surtout dans le processus parce qu'il y a cette partie d'analyse.
21:13Donc on va récupérer les données, on va s'assurer qu'elles soient faites de manière confidentielle
21:16et selon toutes les normes, notamment le GPR et puis le UI Act.
21:22Ce qui est très important derrière, c'est de pouvoir donner le contrôle à l'humain
21:29quand on doit déclencher des actions.
21:31Et donc sur l'analyse, il y a des recommandations, mais il n'y a pas de déclenchement d'actions.
21:34Et c'est l'étape d'après, en fait, du process, où quand l'agent va proposer, finalement,
21:38de corriger cette commande, de la relancer ou de faire d'autres opérations,
21:41l'humain restera de toute façon accountable ou responsable de la tâche qu'il va déléguer à l'agent.
21:48Aujourd'hui, on parle de l'agent va être diagnostiqué.
21:51On va lui laisser, on parle ici, on est dans cet événement SAP, je le rappelle.
21:56On appelle ça l'autonomous enterprise.
21:59Jusqu'où on le laisse agir en autonomie ?
22:01On a vu un peu les dégâts que ça pouvait faire dans d'autres domaines.
22:04Mais voilà, comment vous travaillez ce sujet-là, Pierre Dubernard ?
22:08Aujourd'hui, l'idée, ce n'est pas de lui laisser carte blanche.
22:11Aujourd'hui, l'idée, c'est clairement de le laisser travailler dans un périmètre défini,
22:14que toutes les actions soient validées humainement et qu'il y ait une traçabilité.
22:19Nous commençons par une phase de diagnostic.
22:21L'agent va diagnostiquer.
22:23Demain, il sera capable de créer des tickets dans notre outil de ticketing, de support IT.
22:28Et ensuite, après-demain, il pourra effectivement réaliser certaines actions.
22:31Mais nous sommes toujours dans un process qui a été défini.
22:34On sait exactement ce qu'il va faire.
22:37C'est-à-dire que l'agent peut déclencher, mais il y aura toujours un humain derrière.
22:40Tout à fait.
22:40C'est ça l'idée, Pierre, de ce que vous avez mis en place avec Ayor ?
22:44C'est exactement ça.
22:46Et puis, le point que mentionnait Pierre, qui est essentiel, c'est la traçabilité.
22:50C'est-à-dire que tout ce qui sera effectué par l'agent sera tracé.
22:53Et on pourra revenir à postériori pour diagnostic, pour s'assurer qu'il est bien.
22:56Le but, c'est de lui donner le bon niveau d'autonomie.
22:59C'est ça, c'est là où il faut trouver.
23:02C'est ça, non ?
23:03Oui, oui, complètement.
23:05Là, il y a plusieurs aspects.
23:07Ça va dépendre aussi de la criticité du process et puis de la criticité des enjeux d'interaction que l
23:13'agent pourrait avoir avec les systèmes d'information.
23:15Juste une dernière question, Pierre Dubernard, autour de ce contrôle de ces agents.
23:19Vous, vous êtes le patron de l'informatique, le DSI.
23:22Est-ce que c'est les métiers ?
23:23Comment on répartit un peu cette gouvernance, ce pilotage, ce contrôle de ces agents ?
23:29C'est effectivement les métiers.
23:31On a monté une équipe qu'on a appelée des IA ambassadeurs.
23:34On va avoir un IA ambassadeur dans chaque métier.
23:37Et on aura une personne responsable pour aller réaliser la gouvernance de données qui va être liée à chacun des
23:43agents.
23:44Messieurs, merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation.
23:47Donc, Pierre Dubernard, directeur des systèmes d'information du groupe Ailleurs.
23:50Et Jérôme Mollier-Pierret, directeur des offres et innovations chez Talent.
23:53Voilà, on est ici depuis le carousel du Louvre où se déroule l'événement SAP.
23:57Dans un instant, on va voir d'autres témoins, justement, notamment le groupe Kering qui va venir nous parler aussi
24:02de son usage de ces agents IA.
24:05Voilà, c'est tout de suite sur BFM Business.
24:07Merci.
24:09Tech & Co Business, les invités.
24:14Allez, dernière partie de ce Tech & Co Business sur BFM Business depuis le carousel du Louvre où nous vivons
24:19l'événement SAP NAO.
24:211200 personnes, des clients, des fournisseurs, des partenaires.
24:24Et puis, nous allons parler de luxe avec nos invités.
24:28Amal Benichou, bonjour.
24:29Bonjour.
24:29Merci d'être avec nous.
24:31Vous êtes directrice exécutive responsable de l'activité Luxury & Beauty chez Accenture au niveau mondial.
24:36Luxury & Beauty parce que notre autre invité, c'est Mohamed Eljawi.
24:39Bonjour.
24:40Bonjour Frédéric.
24:40Mohamed, merci d'être avec nous.
24:41Vous êtes Global Head of SAP Center of Excellence chez Kering, donc l'un de nos grands groupes de luxe
24:47mondiaux.
24:47Enfin, français, mais évidemment d'envergure mondiale.
24:50On va parler de cette promesse de liage antique et puis de sa valeur économique et notamment avec un sujet
24:56qui paraît un peu…
24:57Voilà, on va parler des stocks, mais on va voir comment c'est stratégique aujourd'hui puisqu'on considère souvent
25:02les stocks comme un sujet très opérationnel.
25:05Et puis, la qualité, la fiabilité des données, on se rend compte que c'est très stratégique pour des groupes
25:10comme Kering aujourd'hui.
25:11Absolument Frédéric.
25:13Donc aujourd'hui chez Kering, on fait attention aux moindres détails et la qualité de la donnée des stocks est
25:18essentielle aujourd'hui.
25:19Donc, on est amené à travailler sur ce genre de sujet qui permet en fait de fiabiliser l'information et
25:28qui nous permet de constituer en fait une prise de décision sur toute la chaîne de valeur,
25:32durée à sort jusqu'à la mise à disposition de nos clients.
25:36Donc, à chaque fois qu'il y a un écart de stock et qui est constaté, il est important d
25:39'identifier la source, de la corriger pour pouvoir maîtriser les impacts commerciaux aussi bien qu'opérationnels.
25:46Oui, parce que quand on dit Kering, évidemment, c'est un ensemble de marques de luxe et avec une clientèle
25:52plus exigeante.
25:54Et là, on ne peut pas se permettre d'être approximatif, j'imagine, dans le délai où on livrera un
25:58produit, où il sera disponible en magasin.
26:01Absolument, d'autant plus que les collections sont produites sur des volumes qui ne sont pas de gros volumes comme
26:05les autres distributions qui existent par ailleurs.
26:09Et donc, effectivement, d'avoir une donnée fiable, mesurable, est un avantage certain.
26:15Alors, Amal, vous accompagnez des grands acteurs mondiaux comme Kering dans le luxe.
26:20Pourquoi l'IA agentique, c'est une vraie rupture particulièrement importante pour cette industrie ?
26:27Alors, je crois que l'envie une bascule. En fait, on passe de l'expérimentation à l'exécution.
26:32Alors, l'IA générative nous a permis de converser avec l'entreprise. On collecte les données, on les synthétise, on
26:39les produit.
26:40L'IA agentique va permettre de donner un objectif à l'agent ou à l'IA et puis de lui
26:46permettre, à travers un processus, de passer par des étapes, orchestrer des informations.
26:51Et puis, au-delà de détecter une anomalie, accompagner vraiment dans l'action, dans la correction avec toujours l'humain.
26:57Alors, on dit in the loop ou in the lead, mais en tout cas, l'humain garde la main.
27:03Et ça dit quelque chose d'important aussi de la supply chain que vous avez évoqué, Frédéric.
27:08Je pense que la supply chain n'est plus un sujet back office.
27:12En fait, la supply chain devient un vrai actif et un sujet très important dans le secteur du luxe,
27:20qui est déterminant en même titre que la création ou le service.
27:24Et très concrètement, qu'est-ce qui va faire l'agent avec ce que vous avez mis en place, le
27:29projet sur lequel vous avez travaillé avec le groupe Kering ?
27:32L'agent, d'une manière très concrète, va essayer de comprendre d'où vient l'anomalie dans le stock.
27:39Donc, il fait une comparaison. Il va aller regarder à la fois dans les réserves.
27:45Il va aller voir dans... Il va aller orchestrer toutes les informations dans toutes les étapes.
27:49Il va essayer de nous expliquer ce qui s'est passé et donc pouvoir aussi accélérer cette analyse-là et
27:57proposer des actions correctives.
27:58Et finalement, il va aider à avoir une action et une précision logistique.
28:04Et c'est ça qui est important dans le secteur du luxe.
28:06Notre récente étude mondiale chez Accenture Luxe Eternel, 69% des clients du luxe considèrent que la rapidité et la
28:14précision logistique est une dimension clé dans leur expérience.
28:17Donc, on voit que la supply chain, finalement, c'est quelque chose de très important.
28:20On voit bien toute cette importance. Surtout qu'il y a quelque chose souvent qu'on peut voir paradoxal quand
28:25on a un regard un peu extérieur.
28:28C'est qu'on voit dans le luxe, c'est un milieu où il faut conseiller des produits d'exception,
28:33beaucoup d'exigence, je l'ai dit.
28:35Et puis là, on parle d'industrialisation. On se dit, mais attendez, il faut jouer cet équilibre aussi.
28:40Alors, c'est au-delà de l'équilibre dans le luxe. De mon point de vue, on ne parle pas
28:46d'industrialiser le produit.
28:47On parle d'industrialiser l'excellence opérationnelle. Et c'est vraiment ce qui est important.
28:52Et la technologie, c'est vraiment cette charpente invisible qui va permettre d'industrialiser l'excellence sans industrialiser le produit.
29:00Parce qu'on sait que le produit, et on le voit à travers les maisons d'un groupe comme Kérine,
29:04on a un produit d'exception.
29:06Mais ce produit-là repose sur une chaîne de valeur qui est très complexe.
29:10Et donc, il est important d'aller chercher cette excellence opérationnelle.
29:14Et c'est exactement ce qui illustre le cas que Kérine a développé à travers ce cas d'usage.
29:20On parle beaucoup ici, dans le cadre de ce salon, en Carousel du Louvre, je rappelle, qu'organise SAP, de
29:27la data.
29:27Il faut une fine connaissance de cette data.
29:33Mohamed, qu'est-ce que cette expérience, qu'est-ce que ce projet vous a appris justement sur l'importance
29:38de la data, des processus, des systèmes pour le déploiement de l'IA à l'échelle ?
29:43Chez Kérine, on a une conviction forte.
29:46L'IA crée de la valeur durable que si elle repose sur des fondations qui sont solides.
29:50Donc, en fait, des processus bien robustes, de la data et une plateforme technologique.
29:58Les investissements qu'on a réalisés ces dernières années nous permettent d'avoir mis en place ces processus à l
30:03'échelle du groupe.
30:04Donc, on a déployé SAP dans 44 pays aujourd'hui.
30:07Donc, tout ça nous permet aujourd'hui vraiment d'exploiter l'IA et de bouger à l'échelle.
30:15Donc, c'est quelque chose de très important.
30:17Vous avez l'impression, Amal, justement, quand on déploie Accenture, vous avez déployé SAP comme backbone des opérations chez Kering.
30:26Est-ce que cette combinaison entre ce backbone industriel, cette couche d'IA, est-ce que là, on est en
30:32train de revoir un peu tout le modèle opérationnel d'une chaîne logistique dans le monde du luxe ?
30:38Alors, je ne sais pas si c'est une revue du modèle.
30:41Mohamed l'a très bien mentionné.
30:43Mais aujourd'hui, en fait, une transformation ERP comme SAP ne s'oppose pas à une transformation agentique.
30:50En fait, c'est les deux facettes de la même réinvention.
30:53Et c'est là où on revient parce que, alors, ce n'est pas un scoop.
30:57L'IA, ce n'est pas du plug and play.
30:59Et donc, pour pouvoir avoir cette couche d'orchestration et d'intelligence, il est indispensable de construire les fondations et
31:07donc d'avoir finalement ce backbone avec des processus robustes, de la donnée fiable pour pouvoir justement venir ajouter cette
31:14couche d'intelligence qui va permettre de converser et puis d'orchestrer les différentes informations d'une manière très fiable.
31:22Ça, j'imagine, ça a été l'un de vos gros travails, Mohamed Eljawi.
31:26Je rappelle, vous êtes patron du SAP Center, enfin, du Centre d'excellence SAP.
31:32C'est justement tout le travail autour de cette data, c'est-à-dire la collecter, la raffiner, être sûr
31:37que la data soit bien consolidée, soit de qualité.
31:41Ça, c'est un lourd travail aussi.
31:43Alors, oui, absolument.
31:44Donc, c'est pour ça qu'on a défini un core template, qu'on a défini des processus end-to
31:49-end avec des données qui sont fiables sortant de ces processus-là.
31:53Ça nous permet effectivement, comme le dit Amal, de bâtir le socle qui permet d'industrialiser l'IA à l
31:58'échelle.
31:59Alors, autre question.
32:02Là, on est à la croisée du métier, du business, de la donnée, de l'IA, des plateformes d'entreprise.
32:07Est-ce que ça veut dire qu'au sein de vos équipes, à tous les deux, mais démarrons avec vous,
32:12Mohamed, c'est des talents nouveaux ?
32:14C'est-à-dire, on a fait beaucoup d'émissions ici dans le cadre de ce salon SAP NAO.
32:20Et c'est vrai qu'on a beaucoup parlé de l'humain, mais de cette transformation des métiers.
32:25Et alors, chez vous, justement, qu'est-ce qui…
32:26Voilà, quelle nouvelle compétence on cherche aujourd'hui quand on s'occupe justement de cet aspect logistique, en tout cas
32:33?
32:33Alors, Frédéric, il y a une transformation des métiers aujourd'hui.
32:36Quand on voit s'opérer sur le marché, on ne cherche pas que des spécialistes de l'ERP ou de
32:40la data.
32:41On cherche des profils qui vont être à la croisée de l'expertise métier, de la data, de la plateforme
32:47et aussi de l'IA.
32:49Donc, c'est un combiné de ces ressources-là qui, aujourd'hui, fait l'objet de nos attentes.
32:57Par ailleurs, en fait, on a une ambition chez Kering.
32:59Donc, cette ambition se traduit par…
33:02Aujourd'hui, on a une ambition concrète d'avoir 100 postes recrutés d'ici la fin de l'année dans
33:08différents métiers, comme l'IA, comme la cybersécurité, l'architecture, par exemple, aussi.
33:13Donc, c'est quelque chose qui est absolument au cœur de nos préoccupations aujourd'hui.
33:17Justement, on parlait d'architecture.
33:19Oui.
33:19Tout cet aspect, cette…
33:21Alors, ce n'est pas une refonte, mais cette intégration de l'IA au sein du SAP, il y a
33:26eu des questions d'architecture aussi à revoir ?
33:28Beaucoup, bien évidemment, comme vous pouvez l'imaginer, puisqu'en fait, aujourd'hui, on a une architecture naturelle d'intégration
33:33avec SAP, avec la BTP, la Business Transformation Platform.
33:36Donc, on a utilisé, en fait, bien évidemment, ce qui est offert par SAP pour pouvoir avoir un temps d
33:41'exécution qui est très rapide.
33:43Et tout cela permet aujourd'hui d'avoir des cas d'usage qui sortent au bout de trois semaines.
33:48D'ailleurs, c'est le cas, Frédéric. Ce cas d'usage est sorti au bout de trois semaines.
33:51Oui, d'accord.
33:53Amal, je reviens juste sur la question des talents.
33:55La question des talents, je rejoins complètement Mamed.
33:58Je pense qu'on est dans une…
34:00En fait, on a parlé de l'IA et comment capturer cette valeur.
34:05En fait, pour avoir la valeur de l'IA, il faut, c'est ce que j'appelle le right to
34:09left thinking, il faut aller repenser la manière avec laquelle les process, l'humain, les agents vont travailler ensemble demain.
34:17Et pour pouvoir faire ça, il est indispensable d'avoir à la fois cette connaissance métier.
34:22Alors, chez Accenture, on est effectivement verticalisé avec des équipes qui ont cette expertise-là.
34:29Et donc, un groupe comme Karine, on voit aussi à travers cette vision et cette ambition qu'il y a
34:35une accélération sur ces sujets-là.
34:37Donc, il est important. En fait, on est dans une combinaison, encore une fois, de je comprends le métier et
34:44ce que le métier veut pour que je puisse l'aider.
34:47Et donc, la technologie n'est plus un fournisseur, finalement, des équipes métiers.
34:52La technologie et les métiers travaillent ensemble pour aller chercher cette valeur et c'est ça qui est important.
34:57Travail proche aussi, j'imagine, Mohamed Aljaoui, de la direction juridique.
35:01Parce que quand on parle, on manipule les data, donc confidentialité des données, protection des données.
35:07Enfin, il y a tout un ensemble de règles juridiques qu'il faut respecter autour de cette data.
35:12Absolument. On reste dans un écosystème qui est quand même très intégré SAP chez Kering.
35:18Donc, les parties qu'on utilise sont couvertes par la confidentialité au sein de Kering.
35:24Mais bien évidemment, on travaille avec les départements juridiques de Kering pour avoir accès aux LLM, par exemple, qui peuvent
35:29être utilisés.
35:31Aujourd'hui, vous avez l'impression qu'avec l'IA, on peut mieux s'anticiper.
35:36C'est souvent ce qu'on dit. L'IA, on s'appuie sur des données du passé, d'un passé
35:41proche ou du temps réel.
35:42Mais on arrive à mieux s'anticiper aujourd'hui avec ces process ?
35:47Alors, on arrive à mieux s'anticiper. On répond surtout à des problématiques assez clés business au corps de nos
35:52opérations.
35:53Donc, on arrive à trouver des solutions rapides. Et c'est ce qui est attendu de nous au niveau de
35:58la tech.
35:59Donc, anticiper, je dirais qu'on arrive à anticiper certains éléments.
36:02Mais par contre, on arrive surtout à répondre à des problématiques auxquelles on n'arrivait pas à répondre avant d
36:07'une manière assez rapide.
36:09Amal, une dernière question. Est-ce que vous avez été surprise, peut-être pas seulement chez Kering, mais dans d
36:13'autres entreprises, de l'adoption ?
36:15C'est-à-dire que les gens, au début, il y avait ce côté chat-GPT qui est arrivé. Tout
36:19le monde trouvait le côté magique.
36:20Après, on a commencé un peu à s'inquiéter, même pour son métier.
36:23Et puis aujourd'hui, on sent qu'il y a même cette maturité qui est en train de se développer.
36:26On le sent ici auprès des utilisateurs, des clients, des partenaires de SAP ?
36:31Alors, on a bien observé cette courbe. Le sujet de l'adoption a été certainement le premier sujet auquel les
36:38autres...
36:39C'est-à-dire qu'il y a eu très vite une prise de conscience des dirigeants dans les entreprises
36:44et chez nos clients
36:45qu'il y a quelque chose qui se passe avec l'IA. Et donc, il y a cette bascule-là
36:49et ce changement de paradigme.
36:51Et donc, une fois que cette prise de conscience est là, comment faire descendre ça au niveau des équipes d
36:56'une manière opérationnelle ?
36:58Surtout qu'il y a une certaine aussi frénésie autour des cas d'usage. Et surtout, comment, encore une fois,
37:05il ne s'agit pas de saupoudrer des cas d'usage sur les processus existants.
37:08C'est vraiment retravailler le processus et se projeter là-dedans. Et donc, le sujet de l'adoption est toujours
37:14un sujet d'actualité.
37:15Il y en a qui... Enfin, certains de nos clients le prennent à bras-le-corps avec une vraie transformation
37:21en soi et avec aussi une ambition.
37:25Et Mohamed l'a très bien dit, c'est le calcérine, d'attirer les meilleurs talents pour pouvoir aussi atteindre
37:32cette ambition et cet objectif.
37:33Donc oui, c'est une courbe. Et on voit par contre une accélération là-dessus, tout en observant la bulle
37:41de l'IA qui est en train aussi de se calmer
37:43pour voir quelles sont les capacités de mise à l'échelle.
37:47Oui, c'est ce qu'on ressent ici. Merci à tous les deux.
37:49Merci Frédéric.
37:51Directrice exécutive responsable de l'activité Luxury & Beauty de Accenture au niveau mondial.
37:56Et Mohamed Eljawi, Global Head of SAP Center of Excellence chez Kering.
38:00Merci à tous les deux. Voilà, notre émission se termine.
38:03On se retrouve la semaine prochaine. BFM Business, évidemment, continue.
38:06Excellente soirée sur BFM Business.
38:10Tech & Co Business sur BFM Business.
38:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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