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Ce mercredi 23 septembre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00BFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'information économique, d'analyse et de débat.
00:12A la une de ce mercredi 23 septembre, le logement pèse moins sur le budget des ménages en 2024 qu
00:18'il y a 10 ans.
00:20Selon la toute dernière étude de l'INSEE, une bonne nouvelle en trompe l'œil, nous dira Marie Coeur de
00:25Roi.
00:26Car les écarts se creusent entre les plus aisés et les plus modestes, vous verrez.
00:30L'activité du secteur privé en zone euro enregistre sa plus forte croissance en septembre depuis 2023.
00:36Autre bonne nouvelle dans ces dernières prévisions, l'OCDE juge la zone euro résistante.
00:41Malgré les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie,
00:45alors les entreprises sont-elles un rempart face à la crise économique ?
00:48On en débat dans un quart d'heure à 18h45.
00:51Gros plan sur la visite de Xi Jinping aux Etats-Unis.
00:54Visite de trois jours pour aborder les nombreux différents entre les deux puissances.
00:59Il y a terres rares, semi-conducteurs, guerre commerciale, guerre en Iran.
01:02Et c'est un président américain affaibli sur le plan domestique qui accueille son homologue chinois.
01:11Quel est le véritable poids du logement dans le budget des ménages ?
01:16L'INSEE vient de publier ses derniers chiffres sur le sujet.
01:19Chiffres d'autant plus précieux à l'aube du débat budgétaire.
01:23Et alors que les candidats à l'élection présidentielle semblent prêts, une fois n'est pas coutume,
01:27à mettre la question du logement dans leur priorité.
01:30C'est Marie Coeur de Roy, bonsoir.
01:31Bonsoir.
01:32Cela peut paraître surprenant, mais le taux d'effort des ménages français en la matière
01:37est globalement, globalement en baisse ces 10 dernières années.
01:41Oui, on peut dire globalement ou en moyenne, c'est important de le préciser.
01:44Ce taux d'effort, il est passé d'un peu plus de 18%, 18,3% en 2014,
01:49à un peu moins de 17% en 2024, 16,8%.
01:54Alors, il faut le redire quand même, ce taux d'effort, il ne prend pas uniquement en compte
01:58les loyers pour les locataires et les mensualités de crédit pour les propriétaires.
02:01Il prend aussi les charges, les dépenses énergétiques, la fiscalité locale,
02:05les éventuelles aides au logement, vous verrez que c'est important.
02:08Cette tendance baissière du poids du logement dans le budget des ménages,
02:11elle s'explique avant tout, selon l'INSEE, par la hausse des salaires
02:15qui a été plus forte que toutes les autres hausses,
02:18c'est-à-dire des loyers, des dépenses énergétiques, des mensualités de crédit.
02:22Visiblement, la hausse des salaires sur ces 10 années qui ont été observées,
02:25elle a été plus forte, mais c'est surtout, surtout,
02:28la suppression de la taxe d'habitation sur la période
02:30qui explique l'essentiel de la baisse du taux d'effort en matière de logement,
02:34voilà ce que nous dit l'INSEE.
02:35Alors, juste pour info, pour les locataires,
02:37entre le parc social et le parc privé,
02:39on est sur un taux d'effort bon emballant de 24-25%,
02:42et pour les propriétaires, pour ceux qui ont encore un emprunt à rembourser,
02:46on est autour de 23%.
02:47Alors Marie, attention, pour les plus modestes en revanche,
02:49la situation s'est dégradée,
02:52l'INSEE parle clairement d'un accroissement des inégalités en matière de logement.
02:55Oui, c'est intéressant de regarder dans le détail.
02:57Côté locataire, on va regarder les 25% les plus pauvres.
03:00Alors, le taux d'effort dans le parc social, côté locataire,
03:03il est passé de 28% à 30% sur 10 ans,
03:06donc il a augmenté.
03:07Le taux d'effort, lui, s'est stabilisé pour les locataires du parc privé,
03:10mais il reste à un niveau historiquement élevé, 41%.
03:15Côté propriétaire, là aussi, c'est assez intéressant,
03:18et notamment pour les propriétaires qui ont encore des mensualités de crédit,
03:21et notamment les plus modestes.
03:22Là, on est sur un taux d'effort de 48%.
03:25Je voudrais juste vous dire qu'à l'autre bout de l'échelle,
03:27sur les 25% les plus aisés,
03:30ce taux d'effort côté propriétaire,
03:33on retombe finalement,
03:34et notamment pour ceux qui ont plus de mensualité de crédit,
03:36à 5%.
03:37Vous voyez que dans le pire,
03:38je vous ai parlé d'un taux d'effort de 48%,
03:40et dans le meilleur des cas,
03:42on est sur un taux d'effort de seulement 5%,
03:44et c'est une tendance qui a tendance à baisser ce taux d'effort pour les plus aisés,
03:47alors qu'elle stagne au mieux pour les plus modestes.
03:50Alors Marie, pourquoi les écarts se sont-ils autant creusés ?
03:52Ça va être extrêmement simple,
03:54beaucoup plus que tous les chiffres que je viens de vous donner.
03:56En fait, pour les plus modestes,
03:57on a assisté ces 10 dernières années,
03:59ou ces 10 années observées,
04:00à une baisse des aides au logement.
04:02Alors, il y a eu la baisse des APL locatifs,
04:04vous avez eu la baisse de 5 euros,
04:06vous avez eu différents gels et sous-indexations des APL,
04:09vous avez également eu le nouveau mode de calcul des APL,
04:13la prise en compte des revenus en temps réel,
04:15ça a fait sortir tout un tas d'allocataires et baisser certaines pensions.
04:18Et puis, même côté propriétaire,
04:20on a eu des baisses d'aides au logement,
04:21on a eu la suppression de l'APL accession,
04:24qui était quand même une solution pour permettre de réduire
04:27justement le poids des mensualités du crédit
04:28pour les ménages qui accédaient à la propriété,
04:30une aide sociale qui a été supprimée en 2018.
04:33Voilà comment on explique finalement
04:34qu'il y ait cet écart qui soit creusé sur ces 10 années observées par l'INSEE.
04:37Alors, on est en ligne avec Pierre Madec.
04:39Bonsoir, vous êtes économiste à l'OFCE,
04:42spécialiste des questions de logement.
04:45Marie vient de le dire,
04:46le poids du logement dans le budget ne s'améliore pas pour les plus pauvres,
04:50alors que le budget 2027 prévoit un gel des APL.
04:54Est-ce que selon vous, cet écart va encore s'aggraver
04:57dans la prochaine étude de l'INSEE ?
05:01Il y a de fortes chances, hélas.
05:02C'est-à-dire que quand on regarde les chiffres de l'INSEE en détail,
05:05il y a évidemment cette bonne nouvelle avec un taux d'effort moyen
05:08qui a tendance à baisser,
05:09mais ce qui se passe en bas de la distribution chez les ménages les plus pauvres,
05:13le fait que leur taux d'effort ne baisse pas, voire augmente,
05:16s'explique exclusivement par cette mécanique qui a été décrite de baisse des APL.
05:24Donc typiquement, la mesure qui a été annoncée de gel pour l'année prochaine
05:27devrait encore dégrader la situation des locataires les plus modestes,
05:31les plus précaires,
05:31et donc à la fois dégrader leur situation personnelle,
05:34mais aussi accroître l'écart entre les ménages les plus aisés
05:37et les plus pauvres.
05:40Alors on a un petit problème de liaison.
05:43On va essayer de vous récupérer par téléphone,
05:47Pierre Madec, je rappelle que vous êtes économiste à l'OFCE,
05:51spécialiste des questions de logement.
05:53Marie, le budget 2027 prévoit un gel des APL.
05:59En face des APL, il y a l'IRL, l'indice de référence des loyers.
06:04Oui, c'est ce que dira, je pense, si on le récupère, Pierre Madec.
06:07Mais effectivement, c'est une question aussi de partage des coûts de la réduction de la dépense publique.
06:11C'est-à-dire que d'un côté, vous avez les aides sociales pour les locataires les moins aisés,
06:16et puis de l'autre côté, vous avez aussi le loyer.
06:18S'il continue d'augmenter de la même manière et que les APL ne progressent plus,
06:23forcément, ça va accroître ce taux d'effort.
06:25Et donc, l'une des seules solutions mathématiques pour que, finalement, ça ne puisse pas augmenter,
06:30ce serait que, par exemple, on puisse geler l'indice de référence des loyers,
06:34qui sert de base de calcul aux propriétaires pour augmenter chaque année les loyers,
06:38ou alors le capé, comme ça avait été le cas.
06:40Je rappelle que l'État l'avait fait au moment de la crise inflationniste
06:43liée au déclenchement de la guerre en Ukraine.
06:45On aurait dû avoir un IRL, je ne sais plus si c'était en 2022 ou 2023,
06:48de l'ordre de 7%, et il a été capé à 3,5%, ce qui fait qu'on a eu
06:53une moindre hausse des loyers.
06:55Ce serait finalement le pendant d'une baisse des APL,
06:59ou en tout cas d'un gel des APL tel qu'il est prévu dans le budget 2027.
07:02On a récupéré Pierre Madec par téléphone économiste à l'OSCE, spécialiste des questions de logement.
07:06Pierre Madec, on disait avec Marie que s'il y a gel des APL l'année prochaine,
07:11prévue dans le budget 2027, est-ce que selon vous, il faudrait imposer par ailleurs un gel de l'IRL,
07:16de l'indice de référence des loyers ?
07:19Si on ne veut pas que ce soit les locataires qui payent intégralement le gel des APL,
07:24c'est-à-dire que les locataires voient leur loyer augmenter et leur APL n'est pas bougé,
07:28évidemment qu'il faut peut-être réfléchir à un gel de l'IRL,
07:32mais ce que montre l'étude de l'INSEE, c'est que ce problème,
07:35ce n'est pas un problème de ce qui va se passer en 2028.
07:38C'est-à-dire que depuis 10 ans, on a fait des économies budgétaires extrêmement importantes
07:42sur le poste APL, aide personnelle au logement,
07:46et ça, ça a eu pour conséquence d'accroître très fortement le taux d'effort des ménages les plus pauvres
07:51en France.
07:52On a beaucoup dit que ces mesures d'économie n'avaient pas eu de conséquences,
07:56on a beaucoup dit que les loyers dans le parc social, par exemple, avaient baissé en même proportion,
08:01c'est ce qu'on a appelé la réduction de la solidarité, etc.
08:04Là, ce que nous dit l'INSEE, c'est qu'il tire la sonnette d'alarme en disant
08:08les seuls qui, aujourd'hui, ne voient pas leur taux d'effort baisser,
08:11voire même ceux qui le voient augmenter,
08:14c'est les locataires du parc privé et du parc social,
08:16parce qu'on a détricoté les APL depuis 10 ans.
08:20Et moi, j'avais une question, Pierre Madec,
08:22est-ce que dans l'avenir, ça pourrait être pire ?
08:24Parce que j'imagine que ça ne vous a pas échappé que la période observée, c'est 2014-2024.
08:29Donc, du coup, il nous manque quand même quelques années qu'on vient de vivre,
08:31et puis les futurs qu'on est en train de vivre, là, liés à ce retour de la crise inflationniste.
08:36La prochaine salve de chiffres de l'INSEE, elle sera pour la période 2024-2028,
08:41publiée en 2030.
08:42Alors, je ne vous demande pas de sortir une boule de cristal,
08:44mais comment vous pensez que les choses vont évoluer,
08:47compte tenu de la situation actuelle et des décisions politiques ?
08:50– Ce qui devrait se passer, c'est un redémarrage des loyers
08:53sous l'effet de la reprise de l'inflation.
08:55Or, il y a encore une fois des économies d'APL qui ont été réalisées,
08:59donc les APL n'ont clairement pas, sur la période inflationniste,
09:02suivi les loyers.
09:04Et donc, en effet, on peut observer une dégradation de la situation,
09:07en rappelant quand même que ce que nous dit l'INSEE,
09:10c'est en effet une bonne nouvelle que le taux d'effort baisse,
09:12mais ce que vous citiez en introduction,
09:14c'est-à-dire les taux d'effort pour les 25% de ménages des plus pauvres,
09:17aux alentours de 40%, une fois qu'on les a aidés,
09:20et une fois qu'on a supprimé la taxe d'habitation, etc.,
09:23c'est des niveaux de taux d'effort qui restent extrêmement, extrêmement élevés,
09:27et donc des niveaux de reste à vivre pour ces ménages-là,
09:30qui eux sont très faibles.
09:31– Selon vous, Pierre Madec, qu'est-ce qu'il faudrait faire
09:34pour baisser le poids du logement dans le budget des ménages ?
09:39– Alors déjà, la bonne nouvelle, c'est qu'on a un revenu en moyenne,
09:43alors là, il faudrait rentrer dans le détail des chiffres,
09:45et ce sera fait quand les données seront disponibles,
09:48mais d'aller voir, parce qu'en effet, on a des salaires
09:50qui ont été dynamiques, mais il y a aussi tout un tas de gens
09:52qui ne perçoivent pas forcément de salaire,
09:54et qui, eux, ont pu voir leur situation se dégrader,
09:57mais c'est quand même une bonne nouvelle qu'en moyenne,
09:59on ait des salaires qui progressaient plus vite que les loyers et les chars,
10:03on aurait pu ne pas avoir ça forcément en tête,
10:05là, il faudra faire attention, en effet, à la période inflationniste récente.
10:08Mais ce qu'il faut, c'est des vraies mesures pour faire baisser le coût du logement.
10:12– Lesquelles, par exemple ?
10:13– Les APL font partie de ces mesures, mais c'est un peu des mesures d'urgence,
10:18on aide les gens à payer du logement cher,
10:20ce qui est intéressant à regarder dans les chiffres de l'INSEE,
10:23c'est de regarder la différence de taux d'effort entre les locataires du parc social
10:27et les locataires du parc privé, par exemple,
10:29qui, pour un même revenu, évidemment, les taux d'effort sont beaucoup plus faibles,
10:33la part consacrée au logement chez les locataires les plus pauvres dans le parc social
10:37est bien plus faible que dans le parc privé, ça veut dire quoi ?
10:39Ça ne veut pas dire qu'il faut défendre et produire forcément exclusivement
10:42que du logement social, mais ça veut dire que quand on est en capacité
10:45de produire du logement à un prix maîtrisé, régulé,
10:48aujourd'hui, c'est du logement social, demain, ça peut s'appeler autrement,
10:51eh bien, on est capable de réduire le taux d'effort des ménages les plus modestes.
10:55Et donc, en face des APL, qu'il faut évidemment revaloriser,
10:58parce que quand on voit une fois de plus l'étude de l'INSEE,
11:00on ne peut pas avoir un autre diagnostic que ça,
11:04il faut mettre le paquet, j'allais dire, sur la production de logements abordables.
11:08– Et sur la question des APL, pour revenir là-dessus,
11:11il y a beaucoup de débats et beaucoup de sujets dans les gros médias
11:14sur les APL et sur l'effet inflationniste des aides au logement.
11:17Est-ce qu'à ce tarif-là, certains prétendent qu'il faudrait même supprimer totalement les APL ?
11:23Vous, de votre regard d'économiste, c'est quoi ?
11:26– Alors, on peut supprimer les APL.
11:27Le fait est que les APL réduisent de l'ordre de 15 points,
11:30si là encore, je me réfère à l'étude de l'INSEE,
11:32réduisent de l'ordre de 15 points le taux d'effort.
11:34Donc, c'est-à-dire qu'au lieu d'avoir des taux d'effort à 40,
11:36on aurait des taux d'effort à 55, voire plus.
11:40Peut-être qu'il y a des gens qui souhaitent des taux d'effort à 55%
11:42pour un certain nombre de ménages, mais c'est quand même pas certain.
11:46L'effet inflationniste, il est démontré dans la littérature économique.
11:48Oui, quand on solvabilise massivement une catégorie de la population
11:51qui ne devrait pas l'être, les propriétaires en profitent pour augmenter leur loyer.
11:57Le problème, et ça c'est en partie, une fois de plus, l'équipe de l'INSEE qui nous le
12:01dit,
12:01c'est qu'en fait, les locataires les plus modestes, ils ont payé deux fois.
12:05Ils ont payé le fait qu'on leur a versé des APL et que le propriétaire a augmenté le loyer
12:09et donc du coup, leur taux d'effort est élevé.
12:11Et là, aujourd'hui, ils sont en train de payer le fait qu'on ferait des économies
12:14en aide personnelle au logement, mais que leur loyer ne baisse pas.
12:16Donc, ils sont perdants sur les deux tableaux.
12:19Je pense que c'est difficilement acceptable.
12:21Merci beaucoup Pierre Madec.
12:22Je rappelle que vous êtes économiste à l'OFCE, spécialiste du logement.
12:25Merci également Marie Coeur de Roi, journaliste BFM Business.
12:29Restez avec nous dans un instant.
12:30On va parler de l'activité du secteur privé en zone euro.
12:33Elle enregistre sa plus forte croissance en septembre depuis 2023.
12:37Dans ses dernières prévisions, l'OCDE juge la zone euro résistante
12:42malgré les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie.
12:45Alors, les entreprises sont-elles un rempart face à la crise économique ?
12:49On en débat dans un instant.
12:50A tout de suite.
12:51BFM Business présente.
12:57Le 18h éco.
12:58Stéphanie Collot.
12:59C'est l'heure du débat dans le 18h éco.
13:02L'activité du secteur privé en zone euro enregistre sa plus forte croissance en septembre depuis 2023.
13:07Dans ses dernières prévisions, l'OCDE juge la zone euro résistante malgré les tensions géopolitiques
13:13et la hausse des prix de l'énergie.
13:15Alors, les entreprises sont-elles un rempart face à la crise économique ?
13:20On en parle ce soir avec Franck Dedieu.
13:22Bonsoir.
13:22Bonsoir.
13:23Vous êtes rédacteur en chef à Marianne et Alexandre Malafaille.
13:26Bonsoir.
13:27Bonsoir Stéphanie Collot.
13:27Vous êtes président fondateur de l'Institut Sinopia.
13:31En France, je parlais de la zone euro en introduction, en France, l'activité du secteur privé
13:36a fortement rebondi en septembre et enregistre même sa plus forte croissance depuis plus de
13:42deux ans.
13:44Surtout dans les services, est-ce que ça veut dire, Alexandre Malafaille, que les entreprises
13:48sont un rempart face à la crise ?
13:51Les entreprises, en France, si on comprenait mieux ce que c'est, je crois que ça irait
13:55encore mieux, si je puis dire.
13:57Les entreprises, en fait, ce n'est pas une question de rempart.
13:59Les entreprises, elles ont quelques indicateurs clés qu'elles surveillent en permanence pour
14:05survivre, pour se développer.
14:06C'est le chiffre d'affaires, c'est la rentabilité, c'est la trésorerie en particulier.
14:10Après, il y en a d'autres, mais ceux-là sont vraiment essentiels.
14:11Et elles cherchent des solutions.
14:14Si elles ne trouvent pas de solution pour leur croissance et pour leur rentabilité,
14:17elles disparaissent.
14:18C'est aussi simple que ça.
14:19Le monde est compétitif, donc vous êtes obligés en permanence d'être à l'affût
14:23des opportunités, d'être obligés de surveiller votre compte de résultats.
14:27Et donc, les entreprises, elles sont face à un contexte qui les préoccupe beaucoup.
14:30On a évidemment une incertitude générale qui est terrible, mais en même temps, les
14:33entreprises, elles sont pragmatiques.
14:35Beaucoup d'entreprises françaises aujourd'hui, qu'est-ce qu'elles font ? Elles investissent
14:37ailleurs, elles prennent des parts de marché dans d'autres pays, elles voient le reste
14:40du monde comme Annelle Dorado, parce que le reste du monde est plutôt en opportunité.
14:44Le monde est plutôt en croissance.
14:45Donc, ce n'est pas une question de rempart, c'est une question que, en fait, c'est
14:47la matrice.
14:48Elles survivent, quoi, simplement.
14:49Non, mais elles font mieux que survivre.
14:50En fait, quelque part, elles tournent, elles se développent, elles font tout pour
14:52effectivement, pour aller plus loin.
14:53Et surtout, en fait, elles constituent cette espèce de matrice du cœur du réacteur
14:56du système qui, s'il était mieux considéré, pourrait effectivement produire
14:59davantage, créer davantage, faire en sorte qu'on n'ait pas 0,4% de croissance
15:03cette année, mais qu'on ait la croissance de l'Espagne.
15:04Rien n'empêche qu'on ait 2,6 ou 3% de croissance, si ce n'est un système qui
15:08ne comprend rien au monde économique et qui le bride, qui l'entrave.
15:11Franck Delieu ?
15:12Moi, je pense qu'effectivement, les entreprises doivent s'adapter à leur
15:17environnement, mais elles ne sont pas un îlot de prospérité.
15:21Elles sont directement liées au cadre économique dans lequel elles évoluent.
15:27Tout simplement, en particulier en France, où il y a peu d'entreprises
15:30exportatrices et des entreprises qui sont dépendantes de la consommation et de la croissance
15:36économique.
15:37Aujourd'hui, on est à 0,4% de croissance économique attendue pour 2026, ce qui est
15:43extrêmement faible.
15:44Et je veux dire, il n'y a pas de magie possible.
15:47J'ai regardé, pour vous Stéphanie, historiquement, au niveau des présidents de la République,
15:55les taux de croissance, on a fini, finalement, par s'habituer à des taux de croissance
16:02riquiqui.
16:03C'est-à-dire, De Gaulle, en moyenne, 5%.
16:07Pompidou, 6%.
16:08VGE, 3%.
16:10Oui, après, il faut le remettre dans un contexte, les 30 glorieuses, tout ça.
16:13Oui, mais Chirac, déjà 2%.
16:17Vous avez le quinquennat de Hollande, on est trois fois en dessous de 1%.
16:23Et là, depuis 2022, on va être en 25 et 26, encore en dessous des 1%.
16:29Donc, ce que je veux dire, c'est qu'à partir d'un moment où vous avez peu de croissance,
16:34on est rentré dans un monde, on ne va pas débattre sur l'idée de la stagnation infinie,
16:39c'est une thèse qui est défendue par des économistes très sérieux.
16:43Mais on est dans un monde en permacrise, c'est-à-dire que les crises s'accélèrent et
16:48s'accumulent et se suivent.
16:49Mais il est clair que si vous avez un rebond de l'activité, d'ailleurs, qui n'est pas
16:54si énorme que ça, quand on entend, je vous ai cité les chiffres du passé, mais quand
16:58on entend, finalement, elle est résiliente parce qu'on a 1% de croissance au niveau de
17:03l'Europe, pardon, mais c'est quand même rien du tout.
17:06Et ça ne suffira pas à cette tonne-là à créer des emplois, à relancer la consommation
17:12et à sortir de cette spirale qui est récessive.
17:17Alors justement, on va entendre Mathias Korman, le secrétaire général de l'OCDE, qui estime
17:22que l'économie mondiale devrait mieux résister aux turbulences liées à la guerre au Moyen-Orient.
17:26On l'écoute.
17:29Cette année s'annonce un peu meilleure que ce que nous avions prévu en juin, mais
17:32l'économie mondiale reste plus faible que l'année dernière.
17:35Nous tablons sur une croissance mondiale de 2,9% cette année, de 3% l'année prochaine
17:41après 3,4% l'année dernière.
17:43Par rapport à notre prévision de juin, cela représente une hausse de 0,1 point de pourcentage
17:48pour cette année et une baisse de 0,1 point pour l'année prochaine, car le choc énergétique
17:54s'avère plus persistant que prévu.
17:56L'économie mondiale s'est adaptée, mais elle reste vulnérable.
17:59Ce sont les choix politiques que feront aujourd'hui les gouvernements qui détermineront dans
18:04quelle mesure nous saurons faire face au prochain choc.
18:08Voilà, l'économie mondiale s'est adaptée, mais elle reste vulnérable.
18:11Au milieu de ces prévisions mondiales de l'OCDE, il y a la France.
18:15La France avec une prévision de croissance de 0,4% cette année, en baisse de 0,3 point pour
18:22l'OCDE.
18:22Cela veut dire que oui, l'économie française est résiliente, mais enfin, ce n'est pas
18:25vraiment folichon, comme disait Franck Dedieu il y a un instant.
18:28Pour l'économie française à l'isopérimètre, c'est un périmètre France, ça ne va pas
18:33bien du tout.
18:34Après, que des entreprises se portent bien dans certains secteurs, dans le tourisme,
18:37que certaines se portent bien parce qu'elles peuvent exporter, parce qu'elles ont pris
18:40des participations à l'étranger ou parce qu'elles créent une partie de leur activité
18:43à l'étranger, ça c'est clair.
18:45Mais pour les entreprises qui sont sur le marché français et qui ont pour l'essentiel
18:49le marché français comme vivier économique, la conjoncture est vraiment très dure parce
18:54que globalement, je parlais du modèle du compte de résultat.
18:57Aujourd'hui, le compte de résultat, s'il n'y a pas de chiffre d'affaires en croissance
18:59ou très peu et que les charges augmentent et quand on voit ce qui nous attend avec un endettement
19:03qui est, on va franchir la barre des 4 000 milliards en fin 2028 ou 2029, est-ce que
19:08ça va coûter en conséquence pour tout le monde ? On imagine qu'elles vont avoir des
19:12comptes de résultat qui vont être de plus en plus tendus, donc ça va avoir un impact
19:14sur l'emploi, sur les investissements, en tout cas fait sur le territoire national
19:18et ça va aussi avoir un impact parce que l'autre levier c'est d'augmenter les prix.
19:20Donc un impact sur l'inflation et on constate que l'inflation repart plutôt à la hausse.
19:24Donc quand vous avez une croissance à 0,4 et une inflation à 2 ou 2,5, il y a
19:27forcément
19:27à un moment donné où ça fait mal aux consommateurs et aussi à la croissance.
19:32Et ça veut dire qu'on va se prendre un mur là, Franck Dedieu ?
19:34Oui, alors il y a une spécificité française par rapport au mur qui est liée à son histoire,
19:40c'est-à-dire qu'on voit qu'il y a des taux de croissance, le vice-président de l
19:45'OCDE
19:46parlait de 3,5, donc effectivement vos auditeurs se disent qu'il y a quand même des endroits
19:52où il y a des différentiels de croissance, c'est pas vrai que le monde marche de la
19:56même manière même si on est soumis aux mêmes règles de l'offre et de la demande.
20:00La spécificité française c'est de fonctionner avec de la consommation et deuxièmement,
20:07et là on peut en débattre de façon très vive avec Alexandre, avec tout de même l'importance
20:13de l'État comme acteur. Et ce qui va se passer en 2027, si on en croit le budget
20:20du Premier ministre Sébastien Lecornu, c'est 54 milliards d'économies.
20:26Alors là-dessus, les économistes se lancent dans des querelles byzantines
20:34qui peuvent durer des heures et des heures, de savoir est-ce qu'à long terme,
20:38après tout, cette purge-là peut remuscler les entreprises, les pousser à investir ou pas ?
20:43En revanche, il y a un sujet sur lequel il y a un consensus, c'est qu'un tel choc
20:50qu'on peut appeler austéritaire, alors peut-être que le mot est un peu fort,
20:53mais disons de rigueur, il ne sera pas sans conséquence sur le PIB,
20:58pour revenir à notre début de débat.
21:02En gros, on dit que c'est ce qu'on appelle le multiplicateur, pardon de ce mot un peu barbare,
21:07mais finalement assez simple à comprendre, qui est de 1.
21:09C'est-à-dire que si vous baissez de 54 milliards les dépenses publiques
21:13ou que vous augmentez les impôts d'OTAN, vous avez un effet sur le PIB d'OTAN, de 54.
21:19Et même le MEDEF, dans son document, j'ai regardé, son document de fin juin,
21:25sur les prévisions de croissance et même sur ce qu'il faut faire pour la France,
21:29ils sont à 0,5 de sensibilité.
21:32C'est-à-dire qu'ils considèrent que si on baisse de 54 milliards les dépenses publiques,
21:37eh bien on aura un effet récessif de 26 milliards sur, vous voyez, la moitié sur le PIB.
21:44Donc, là-dessus, il faut quand même bien s'entendre.
21:47On parle de taux de croissance qui sont riquiquis, qui sont des taux de ton pouce,
21:52et qui, en 2027, par le fait qu'on peut tout à fait très bien le comprendre,
21:58la pression des marchés, la bonne gestion...
22:01Là, l'OAT, on est à 4,66.
22:05Exactement.
22:05Vous savez qu'en revanche, à cette enseigne-là, 54 milliards,
22:12vous allez avoir un effet récessif à court terme.
22:15Après, encore une fois, on peut en débattre sur le long terme.
22:18Moi, je fais partie de ceux qui considèrent que cet effet récessif peut rester
22:23et empêche finalement des investissements de la part de l'État,
22:26et on finit par en payer le prix cher.
22:29Mais, en court terme, en revanche, j'ai peur de vous décevoir,
22:34mais ça sera récessif.
22:36Alexandre Malafaille ?
22:37Forcément, quand l'État dépense moins, investit moins nécessairement,
22:42ça a forcément un impact sur l'économie réelle,
22:44parce que l'argent, il a besoin d'être mis quelque part.
22:46S'il n'y en a pas, forcément, il y a des conséquences.
22:48Mais pour autant, l'amaigrissement de l'État,
22:50ou en tout cas, l'efficience de l'État, pour parler plus tôt,
22:53comme ça, je pense que c'est plus de ça, qu'un État soit capable de jouer un rôle plus
22:57efficace,
22:57plus concentré sur son périmètre,
22:59et qu'on ait plus de gens qui participent à la création de l'économie stationnelle,
23:01ça, ça me paraît absolument essentiel.
23:02De toute façon, il n'y a pas d'indicateurs qui, aujourd'hui, sont bons.
23:04Vous regardez même la balance des paiements.
23:06La différence avec l'Allemagne, elle est phénoménale.
23:08On est en négatif.
23:10Les Allemands sont à près de 200 milliards.
23:12L'Espagne est positive, l'Italie est positive,
23:14chacun entre 20 ou 40 milliards.
23:15Nous, on est en dessous de zéro.
23:16On a quand même un problème de modèle économique.
23:18C'est là où je dis, dans ce pays, on a tout.
23:20On a la chance d'avoir un tissu économique extraordinaire.
23:22Et on a une classe politique qui ne sait pas ce que c'est que l'entreprise,
23:24qui résonne en macroéconomie, en tendance,
23:27et qui est face à un mastodonte qui est l'État,
23:29qui n'arrive pas effectivement à domestiquer,
23:30et qui est concentré sur ces espèces de processus de contrôle,
23:34d'organisation de la société par tous les bouts.
23:36Et ce n'est pas comme ça qu'on crée une économie prospère.
23:39Alors évidemment, il faut réguler.
23:40Après, il faut redistribuer, ça c'est clair.
23:41Mais la façon dont on s'y prend jusqu'à présent,
23:43elle n'a pas montré ses capacités à délivrer.
23:45En tout cas, il y a du boulot.
23:46Merci beaucoup, messieurs.
23:46Alexandre Malafaille, président fondateur de l'Institut Sinopia,
23:49et Franck Dedieu, rédacteur en chef à Marianne,
23:51dont le prochain numéro est consacré à Mathieu Pigasse.
23:56Révélation sur le millionnaire de la gauche radicale,
23:58rattrapé par son goût du luxe, l'encombrant,
24:01monsieur Pigasse.
24:03Restez avec nous dans un instant.
24:04On fait un point sur les marchés.
24:06DFM Business présente
24:11Le 18h éco, Stéphanie Collot.
24:14Le 18h éco se poursuit sur BFM Business.
24:17On fait un point sur les marchés avec Antoine Larigauderie.
24:19Bonsoir.
24:20Bonsoir Stéphanie.
24:20Le CAC termine en baisse ce soir.
24:22Oui, moins 0,39% à 8123 points pour l'indice parisien,
24:26moins 0,39% pour l'Eurostock 50, le DAX à Francfort,
24:29moins 0,66% et moins 0,62% pour l'IBEX à Madrid.
24:333 milliards d'euros d'actions négociées sur le CAC.
24:36C'est des volumes assez faibles,
24:37mais ce n'est quand même pas cher payé.
24:39Parce que vu ce qui se passe,
24:40la violence des mouvements qu'il y a en ce moment
24:42sur le marché obligataire,
24:44incite tout le monde à la prudence.
24:45On a eu les PMI européens ce matin.
24:47C'est ce qui a mis le feu aux poudres.
24:49Oui, d'accord, l'activité européenne tient le coup.
24:52Mais ça, au prix de pression inflationniste,
24:54dont tout le monde se fait écho dans l'enquête.
24:55Et ça, ça fait grimper les taux d'intérêt.
24:584,64% désormais pour le 10 ans français.
25:00Un taux plus haut depuis 2007 quasiment.
25:04Avec un écart de taux qui n'en finit pas de grimper
25:07au-delà des 100 points de base,
25:08avec le 10 ans allemand qui lui reste à 3,56%.
25:11A noter de très fortes tensions aussi
25:12du côté du 10 ans américain à 5,09%.
25:15Là aussi, c'est un plus haut depuis 2007.
25:16C'est tendu aussi du côté des Etats-Unis.
25:19Un mot, la famille Arnaud annonce ce soir
25:22dans un communiqué vouloir simplifier la structure
25:25qui contrôle LVMH.
25:27On y reviendra évidemment dans nos prochaines éditions.
25:30Antoine, du côté des marchés américains,
25:32on évolue en ordre dispersé.
25:34Oui, c'est petite baisse du côté du Dow Jones,
25:36moins 0,56%.
25:37Une baisse un petit peu plus franche du côté du Nasdaq,
25:39moins 1,07%.
25:41Les marchés qui repartent à la baisse,
25:44notamment parce que le pétrole, lui, grimpe.
25:46On verra ça.
25:47Mais on a également de mauvaises nouvelles
25:49parce que c'est les grands points stratégiques
25:51de pas mal de groupes en ce moment.
25:52Il y a eu AXA récemment,
25:54il y en a eu d'autres du côté de la France.
25:57Mais du côté des Etats-Unis,
25:58on a eu McDo qui a présenté son plan stratégique
26:00et autant dire qu'il est très mal accueilli.
26:02Moins 6,11% pour McDo à 235,19€.
26:06McDo qui veut faire un grand plan d'investissement
26:09dans ses franchisés
26:10et allumer les dépenses
26:12alors que justement les parts de marché sont en baisse.
26:14Ce n'est jamais une bonne combinaison
26:16de facteurs pour les marchés.
26:17Donc le titre est largement vendu aujourd'hui.
26:19Et alors on a aussi une nouvelle tension sur le pétrole.
26:21Aujourd'hui, on est repassé au-dessus des 100 dollars.
26:23Oui, il y a eu un navire qui a été endommagé
26:25dans le détroit d'Hormuz par des frappes.
26:27Ce matin, il y a les Etats-Unis
26:29qui réfléchissent apparemment,
26:31bon, est-ce que c'est une fanfaronnade de plus
26:32de l'administration Trump ou pas,
26:34mais de suspendre les exportations de diesel
26:38à travers le monde,
26:39de diesel américain,
26:41vu qu'on sait que tout l'appareil
26:42de distillation du côté de la Russie
26:47est totalement à l'arrêt
26:48à cause des frappes ukrainiennes.
26:50Si en plus, il y a une interruption
26:52des exportations américaines,
26:54on est vraiment dans une situation compliquée,
26:56surtout que le diesel est essentiel
26:57aux transports notamment.
26:59102,65 dollars pour le baril de Brent
27:01de mer du Nord
27:02et 92,45 pour le brut léger américain.
27:05Merci beaucoup Antoine.
27:06Larry Gaudry, retour en France.
27:08Sébastien Lecornu tend la main
27:09au Parti Socialiste
27:10pour préparer le budget 2027.
27:122027, le Premier ministre propose
27:14de rencontrer les parlementaires
27:16pour bâtir un compromis.
27:17L'EPS qui avait déjà avancé
27:20plusieurs propositions dans son programme.
27:22Parmi elles, une nouvelle taxe
27:24qui viserait les grandes plateformes
27:26du numérique.
27:27Erwan Maurice,
27:28ce serait un peu comme une taxe
27:30GAFAM à la française.
27:31Oui, le Parti Socialiste
27:33qui part d'un constat.
27:34Les plateformes qu'on connaît tous,
27:35Netflix, Google, Meta, Amazon,
27:37ne contribuent pas à hauteur
27:38de ce qu'elles devraient
27:39au financement des infrastructures,
27:41des réseaux télécoms.
27:42D'où cette idée d'un nouveau dispositif
27:44qui concernerait les données
27:45que vous téléchargez
27:46quand vous utilisez
27:47ces différents services.
27:48Quand vous regardez un film
27:50en streaming sur Netflix,
27:51par exemple,
27:52les flux descendants,
27:53c'est-à-dire les données
27:54qui arrivent chez vous
27:55pour regarder ce film,
27:57seraient taxés.
27:57Et alors,
27:58comment serait calculée
28:00cette taxe ?
28:00Les socialistes proposaient au départ
28:02de faire payer 10 centimes d'euros
28:03par gigaoctet téléchargé.
28:05Une proposition finalement
28:06revue à la baisse,
28:07divisé par 2 à 5 centimes
28:10dans leur contre-budget.
28:11Selon le député Laurent Lardy
28:13qui porte cette mesure,
28:14cela suffirait,
28:15en 5 centimes d'euros
28:16par gigaoctet,
28:16à récolter 10 milliards d'euros
28:18par an.
28:19Un rendement raisonnable,
28:20dit-il,
28:20qui permettrait de baisser
28:21d'un milliard d'euros
28:22l'impôt sur les sociétés
28:24pour les TPE, PME par exemple,
28:25ou encore de financer
28:27le déploiement de la fibre
28:28dans les zones blanches.
28:29Alors justement,
28:29les infrastructures télécoms,
28:31les opérateurs,
28:32n'attendent que ça,
28:33le financement
28:34de ces infrastructures ?
28:35Oui, car jusqu'ici,
28:36ce sont les opérateurs télécoms
28:38qui supportent
28:39l'écrasante majorité
28:40des coûts
28:41de l'augmentation du trafic
28:42qui pèsent de plus en plus
28:43sur les infrastructures.
28:45Écoutez,
28:46Romain Bonenfant,
28:47c'est le directeur général
28:47de la Fédération française
28:49des télécoms
28:49à ce sujet.
28:51Sur la décennie 2010-2020,
28:53le trafic a été multiplié
28:54par 18.
28:55On prévoit,
28:56ce sont des rapports
28:57des autorités publiques,
28:58que le trafic va être
28:59multiplié par 5 ou 6
29:00entre 2020 et 2030.
29:02Et ça, concrètement,
29:03pour les opérateurs télécoms,
29:04ça se traduit par des besoins
29:05d'investissement.
29:06Par exemple,
29:06de construire plus d'antennes mobiles
29:08dans les grandes villes
29:08pour qu'on puisse écouler
29:09tout ce trafic.
29:10Ce trafic,
29:10il est concentré
29:11en émission
29:12par 5 grands acteurs,
29:145 grandes plateformes
29:15qu'on connaît bien.
29:16On a un débat
29:17qu'on porte,
29:17nous,
29:17Fédération française des télécoms,
29:19à Bruxelles,
29:20pour ce qu'on appelle
29:21un fair share,
29:22c'est-à-dire une capacité
29:23de négocier
29:24avec ces grands fournisseurs
29:25de services,
29:27donc concrètement,
29:27les GAFAM.
29:28Oui, mais voilà,
29:29ces négociations n'avancent pas
29:31car il y a un déséquilibre
29:32entre les géants
29:33de la tech américains
29:34et puis les opérateurs
29:36qui, face à eux,
29:37ne font pas le poids.
29:38Alors, est-ce que
29:38la proposition du PS
29:40pourrait être la solution ?
29:42Eh bien, le patron
29:42de la Fédération des télécoms
29:44que vous venez d'entendre
29:44est sceptique,
29:45disons même
29:46qu'il n'y croit pas
29:46pour lui,
29:47la mesure proposée
29:48par le Parti Socialiste
29:49est inapplicable.
29:51D'abord,
29:52on ne voit pas bien
29:52comment ça peut se mettre
29:53en œuvre aux pratiques
29:54puisque aujourd'hui,
29:54on n'arrive pas
29:55à avoir des négociations
29:56avec ces grands fournisseurs
29:57de services
29:58pour effectivement
29:59faire payer
29:59pour la bande passante.
30:00On comprend que là,
30:02on devrait recouvrer
30:03des sommes au nom de l'État
30:04auprès de ces grands fournisseurs
30:06de services,
30:06donc on ne voit pas bien
30:07comment on va pouvoir y arriver.
30:09D'autre part,
30:10aujourd'hui,
30:11les opérateurs subissent déjà
30:12une fiscalité spécifique.
30:14On a à peu près
30:151,7 milliard de taxes
30:16et ces taxes
30:17ne servent en rien
30:19aux politiques publiques
30:20dans les télécoms.
30:21C'est pour ça qu'on est
30:22un petit peu sceptique
30:23sur le fait
30:23que cette éventuelle nouvelle taxe
30:25puisse par ailleurs
30:26être affectée
30:27à, par exemple,
30:29le développement
30:29de la connectivité,
30:30à la couverture
30:31des zones blanches
30:32pour le mobile.
30:34Voilà,
30:34donc les acteurs
30:35des télécoms
30:36qui, vous voyez,
30:36sont moyennement
30:38emballés
30:38par cette proposition
30:40et puis alors,
30:40c'est sans parler
30:41d'un autre rempart
30:42qui est quand même
30:43assez conséquent.
30:43L'administration Trump
30:45qui a pris l'habitude
30:45de brandir
30:46les menaces douanières
30:47dès qu'on s'en prend
30:48aux GAFAM.
30:49On voit donc mal
30:49comment la France seule
30:50pourrait porter ce projet
30:51sans en subir
30:52de lourdes conséquences économiques.
30:54Merci beaucoup Erwann Maurice.
30:55On en vient à ce nouveau tour de vie
30:57sur le compte personnel
30:59de formation
31:00qui se précise.
31:01L'exécutif avait déjà prévenu
31:02qu'il allait durcir
31:04les conditions
31:05pour ceux qui font
31:06des formations
31:06sans lien
31:07avec un projet professionnel.
31:09Selon les échos,
31:10Caroline Morisseau,
31:11le reste à charge
31:12pour les salariés
31:14grimpera
31:14alors à 350 euros.
31:17Oui, c'est ça.
31:17En fait,
31:18le ministre du Travail,
31:19Jean-Pierre Farandou,
31:20avait déjà expliqué le principe.
31:21Il veut mettre le haut là
31:22sur les formations
31:23qui, selon lui,
31:25ne sont pas vraiment
31:26professionnalisantes.
31:27Faute de quoi,
31:28le salarié aurait à payer
31:30davantage,
31:31à mettre davantage
31:31de sa poche.
31:32On sait désormais combien.
31:34Ce sera 350 euros
31:36de reste à charge
31:37au lieu de 150
31:38aujourd'hui.
31:39De quoi réaliser
31:40un peu plus de 300 millions
31:42d'euros d'économie
31:43sur les 2,5 milliards
31:45d'euros prévus
31:46rien que sur le budget
31:47du ministère du Travail.
31:49Encore faut-il, évidemment,
31:51que tout cela soit adopté.
31:52Et ce n'est pas la première fois
31:53que le CPF
31:54est dans le viseur
31:55du gouvernement.
31:55Alors non,
31:56mais depuis sa mise en place
31:57en 2018,
31:59il n'a cessé
32:00d'être raboté.
32:01Le gouvernement
32:02avait déjà instauré
32:03un reste à charge,
32:04d'abord à 100 euros,
32:05ensuite à 150 euros.
32:07Aujourd'hui,
32:07on parle de 350 euros.
32:10Pour les formations
32:11qui ne seraient pas
32:12vraiment professionnalisantes,
32:14reste à savoir
32:15comment le gouvernement
32:16va faire le tri.
32:17On n'y voit pas très clair
32:17entre ce qu'il considère
32:18être une bonne formation,
32:20une mauvaise formation
32:21qui ne serait pas réellement
32:22certifiante.
32:23Hier,
32:24Jean-Pierre Farandou
32:25a insisté sur les formations
32:26liées à l'IA.
32:27En fait,
32:28certains redoutent
32:29que le CPF
32:31soit vraiment recentré
32:32uniquement sur les formations
32:34les plus qualifiantes,
32:36enfin,
32:36les compétences
32:37les plus recherchées
32:38et que pour tous les autres,
32:39ce soit un reste à charge
32:40à 350 euros.
32:42Et puis,
32:42il y avait eu
32:42d'autres coups de rabot
32:43également.
32:45dans les précédents budgets,
32:46la prise en charge
32:47de certaines formations,
32:48le bilan de compétences,
32:49le permis B
32:50ont été plafonnés,
32:52le financement du permis moto
32:53a été strictement encadré,
32:56quasiment sorti du dispositif.
32:59Avec ces mesures,
33:00on a déjà eu
33:00plus d'un milliard d'euros
33:02d'économies
33:02sur le CPF
33:04depuis trois ans.
33:04Sauf que cette fois,
33:05certains considèrent
33:06que c'est le coup de rabot
33:07de trop.
33:07C'est ça,
33:08les syndicats,
33:09CGT,
33:10CFDT
33:10sont vent debout
33:11contre la mesure.
33:12Ils considèrent
33:12que ce nouveau tour de vie
33:13risque de tuer
33:14tout l'intérêt du dispositif.
33:16Il faut revenir
33:17en fait à la genèse
33:18de ce compte personnel
33:19de formation.
33:20Il avait été créé
33:20lors d'une réforme
33:21en 2018
33:22et il visait précisément
33:24à redonner
33:25la main aux salariés.
33:26Il devait permettre
33:27à tous,
33:28y compris des ouvriers,
33:29des demandeurs d'emploi,
33:30des salariés
33:31qui souhaitent se recouvertir
33:32ou faire des formations
33:33qui ne sont pas directement
33:35en lien avec le poste
33:36qu'ils occupent,
33:37de se former.
33:38Là,
33:38les syndicats redoutent
33:39que le compte personnel
33:40de formation
33:40devienne un outil
33:42à la main
33:42de l'employeur
33:43et que les employeurs
33:44l'utilisent en fait
33:45pour former,
33:46pousser les salariés
33:47à se former
33:48en fonction des besoins
33:49qu'ils ont eux
33:50au sein
33:51de leur entreprise.
33:52Et certains députés,
33:53y compris au sein
33:54du bloc central,
33:56vont dans le même sens
33:57en fait que les syndicats.
33:58Sylvain Maillard,
33:59qui est un député renaissance,
34:00qui avait porté
34:01cette réforme
34:02du compte personnel
34:03de formation,
34:04redoute
34:05que la formation
34:06redevienne
34:06le seul privilège
34:08des cadres
34:08dans les grandes entreprises,
34:10ceux qui ont les moyens
34:11de s'offrir une formation.
34:13Alors,
34:13quelle est la réalité ?
34:14Est-ce que ça a
34:15effectivement permis
34:16ce compte personnel
34:17de formation
34:18de démocratiser
34:19l'accès à la formation ?
34:20Alors,
34:20oui,
34:21ça a bien fonctionné.
34:22Sur les trois dernières années,
34:23vous avez plus d'un million
34:24de Français en moyenne
34:25qui ont pu se former
34:27grâce au compte personnel
34:28de formation.
34:29Et d'après un rapport
34:30sénatorial
34:30qui a été rendu
34:32en juillet dernier,
34:34dans 79% des cas,
34:35il ne s'agit pas
34:36de cadres,
34:37alors que c'était
34:37jusqu'ici essentiellement
34:38réservé aux cadres.
34:40Surtout,
34:40les deux tiers
34:41des utilisateurs
34:42du compte personnel
34:43de formation
34:43sont des personnes
34:44qui ont un niveau
34:45inférieur
34:45ou égal au bac.
34:47Et puis,
34:47l'autre point intéressant,
34:48c'est qu'il y a 10%
34:49des formations
34:49qui ont profité
34:50à des seniors
34:51de plus de 56 ans.
34:53Donc,
34:53oui,
34:53le compte personnel
34:54de formation
34:55a bien permis
34:56d'élargir,
34:57de démocratiser
34:58la formation
34:59à des personnes
34:59qui,
35:00jusqu'ici,
35:01avant la mise en place
35:02de ce compte personnel
35:03de formation,
35:04il n'y avait peu,
35:05voire pas du tout
35:06accès.
35:06Ce même rapport
35:07souligne en revanche
35:08que beaucoup
35:09de ces formations
35:10ne sont pas qualifiantes.
35:11C'était le cas
35:12pour plus d'un tiers
35:13des formations
35:14suivies l'an dernier.
35:15Il souligne aussi,
35:16et c'est tout le problème,
35:17que le dispositif
35:18coûte cher.
35:19On est à peu près
35:19sur 2 milliards
35:20d'euros par an
35:22et c'est tout
35:23l'intérêt du gouvernement
35:24qui cherche aujourd'hui
35:25à faire des économies.
35:26Jean-Pierre Farandou
35:26assume parfaitement
35:28cette réforme.
35:29Il explique que,
35:30compte tenu
35:31du contexte budgétaire,
35:32il faut faire des choix,
35:33il y a des priorités.
35:34Il a réussi
35:35à protéger
35:36l'apprentissage
35:37qui bénéficie
35:38essentiellement
35:38aux jeunes
35:39et ça suppose
35:39en revanche
35:40de faire cette réforme
35:41et d'aller chercher
35:42des économies
35:43sur le compte
35:43personnel de formation.
35:44Merci beaucoup
35:45Caroline Morisseau.
35:47Dans un instant,
35:48le 18h éco se poursuit.
35:49On va parler
35:50de la visite
35:50de Xi Jinping
35:51aux Etats-Unis.
35:52Visite de 3 jours
35:52pour aborder
35:53les nombreux différents
35:55entre les deux puissances.
35:56IA,
35:56terres rares,
35:57semi-conducteurs,
35:57guerre commerciale,
35:58guerre en Iran,
36:00guerre en Ukraine.
36:00On fait le point
36:01dans un instant.
36:01A tout de suite.
36:03BFM Business présente.
36:08Le 18h éco,
36:10Stéphanie Collot.
36:10On poursuit le 18h éco
36:12à l'international.
36:13Xi Jinping est attendu
36:14aux Etats-Unis
36:15pour une visite d'Etat
36:16de 3 jours
36:17et c'est un président américain
36:19affaibli
36:19sur le plan domestique
36:20qui accueille
36:21son homologue chinois
36:22au cœur
36:22de leur discussion à venir.
36:23l'intelligence artificielle,
36:25la guerre commerciale
36:26ou encore la guerre en Iran.
36:27On fait le point
36:28avec Romuald Siora.
36:29Bonsoir.
36:30Bonsoir.
36:30Vous êtes chercheur associé
36:31à l'IRIS,
36:32directeur de l'Observatoire
36:33politique et géostratégique
36:35des Etats-Unis,
36:36également auteur
36:37d'une lettre
36:39à Donald Trump
36:40d'un Américain
36:41de papier.
36:42Donald Trump
36:43a annoncé hier
36:44une reprise
36:45du dialogue
36:46entre les Etats-Unis
36:47et l'Iran.
36:48C'était en marge
36:49de la réunion annuelle
36:50de l'ONU
36:51et c'est une première
36:52depuis le mois de juin.
36:55Aujourd'hui,
36:55le président iranien
36:57s'est exprimé
36:57à la tribune
36:58et il s'est dit ouvert
37:00à la reprise
37:01des négociations.
37:02On l'écoute.
37:07L'Iran n'a jamais
37:08au grand jamais
37:09été un agresseur,
37:10n'a jamais déclenché
37:11de guerre
37:12et a toujours montré
37:13son attachement
37:14à la table
37:14des négociations.
37:15Ils nous ont imposé
37:16la guerre
37:17mais nous avons prouvé
37:18que nous n'avons pas peur
37:19de nous battre
37:20et que nous ne fuyons pas
37:21la négociation
37:22au service de la paix.
37:26On ne fuit pas
37:26la négociation
37:27au service de la paix.
37:29C'est un signe
37:29encourageant
37:30pour le processus
37:31de paix justement ?
37:31Oui, bien évidemment.
37:32Les deux parties
37:33de toute façon
37:33ont tout intérêt
37:35à négocier.
37:36Trump est toujours
37:38embourbé
37:38dans ce conflit
37:39qui lui vaut
37:40quand même la grande
37:41de sa base maga
37:42à quelques semaines
37:42des élections
37:43de demi-mandat.
37:44Des électeurs
37:45dont il pourrait avoir
37:45besoin même après
37:47le 3 novembre
37:48s'il désirait
37:49de contester à nouveau
37:51le résultat des urnes.
37:52Ce sont les mêmes
37:52qu'il avait suivis
37:53le 6 janvier 2021
37:54lors de l'assaut
37:55contre le Capitole.
37:57Quant à l'Iran,
37:59oui,
37:59Trump a replacé
38:01l'Iran
38:02sur le centre
38:02de l'échec
38:03qui est régional
38:04et a renforcé
38:05l'Iran.
38:05A renforcé
38:06politiquement,
38:07géostratégiquement
38:08l'Iran.
38:08Économiquement,
38:09quelque part aussi
38:09avec le détroit d'Hormuz.
38:11Économiquement
38:11avec le détroit d'Hormuz
38:12mais c'est quand même
38:13un pays
38:13qui est aussi
38:14affaibli de l'intérieur.
38:16N'oublions pas
38:16toutes les manifestations
38:17qui ont eu lieu
38:18en janvier dernier.
38:19Donc déjà,
38:19il y a quand même
38:20une contestation
38:20très forte
38:21au sein de la population.
38:22Cette guerre
38:23a coûté énormément d'argent,
38:25a affaibli
38:26les structures
38:27donc c'est quand même
38:27un pays fragilisé
38:29de l'intérieur
38:29mais effectivement
38:31solidifié
38:32sur la scène régionale.
38:34Aujourd'hui,
38:35l'Iran
38:35de petite puissance
38:37régionale
38:38est devenu
38:38une puissance mondiale
38:39moyenne.
38:40Merci à Donald Trump.
38:41Mais néanmoins,
38:42l'Iran a également
38:43tout intérêt
38:43pour les raisons
38:44dont je viens de vous parler
38:45concernant l'intérieur,
38:46la politique intérieure du pays,
38:48à traiter au plus haut
38:49avec les Américains.
38:50Alors cette guerre,
38:50vous l'avez dit,
38:51elle pèse sur la popularité
38:52de Donald Trump
38:53au niveau national
38:55et à quelques semaines
38:56des mid-termes,
38:57le galon est à
38:586,50 dollars
38:59en moyenne.
39:01Ça veut dire
39:01qu'il y a des états
39:01où c'est bien plus,
39:03parfois jusqu'à 8 dollars.
39:04On a même plusieurs figures
39:05du parti républicain
39:06qui prennent leur distance
39:07avec Donald Trump.
39:09On ne va pas sortir
39:10la boule de cristal
39:11mais comment ça se prépare là ?
39:15Comment Donald Trump
39:16anticipe ces élections
39:17de mid-terme ?
39:18Écoutez,
39:18selon tous les sondages,
39:19les élections devraient
39:20être perdues
39:21mais c'est un petit peu
39:22une tradition
39:22pour le parti au pouvoir.
39:24Le plus curieux,
39:25c'est que Donald Trump
39:26aurait pu glisser là-dessus,
39:27aurait pu laisser
39:28les élections se passer
39:29et se dire
39:29bon écoutez,
39:30après tout,
39:30tous mes prédécesseurs
39:31ont perdu les élections
39:32de mid-terme.
39:33Non,
39:33il en a fait un enjeu personnel,
39:34il a été très clair
39:35lors de la convention républicaine
39:37à Dallas,
39:38lorsque vous voterez,
39:39c'est mon nom
39:40que vous devez imaginer
39:41sur le bulletin de vote.
39:42Donc,
39:42cette élection
39:43est pour lui,
39:44je dirais presque existentielle
39:45mais pas uniquement pour lui,
39:46mais également pour les personnes
39:48qui l'entourent,
39:49J.D. Vance,
39:49la secrétaire générale
39:50de la Maison Blanche,
39:51bref,
39:51toutes ces personnes
39:51qui veulent se maintenir au pouvoir,
39:53une défaite serait
39:54un échec cuisant.
39:57Quelle alternative ?
39:58Donald Trump
39:58a déjà préparé
39:59la contestation.
40:01Cela a commencé
40:01le 3 juillet dernier
40:02au Mont-Rochemort,
40:04la veille du 250e anniversaire
40:05des États-Unis,
40:06lorsqu'il nous a annoncé,
40:08proclamé
40:09que l'Amérique
40:10était en danger de mort
40:12dû à un complot communiste
40:14qui risquait
40:14de nous submerger
40:15de l'intérieur.
40:16Ce sont ses propres mots.
40:17Quelques jours après,
40:17il a fait un appel à la nation
40:19en nous parlant
40:19des méchants chinois
40:20qui truquent
40:21et volent nos élections.
40:23Tout cela a pour objectif
40:24de légitimer
40:25une très probable contestation
40:28à l'issue des urnes
40:29le 3 novembre,
40:30lorsque les résultats
40:31ne seront pas
40:32en faveur des Républicains.
40:33Alors,
40:34c'est donc un président américain
40:35affaibli
40:36qui accueille
40:36Xi Jinping
40:37aujourd'hui
40:38et pendant trois jours.
40:40La dernière entrevue
40:41entre les deux dirigeants,
40:42elle date du mois de mai,
40:43c'était à Pékin.
40:44Il n'en était pas ressorti
40:46grand-chose,
40:47à vrai dire.
40:48À quoi faut-il s'attendre
40:49cette fois-ci ?
40:49Non,
40:50pas grand-chose
40:50à part l'achat potentiel
40:52de 200 Boeing
40:53par la Chine aux Américains,
40:55ce qui était un contrat
40:55quand même sympathique
40:57pour Donald Trump,
40:57mais effectivement,
40:58sur le plan géostratégique,
40:59géopolitique et politique,
41:01pas grand-chose.
41:02Écoutez,
41:03c'est un président américain
41:04effectivement affaibli
41:05sur la scène nationale,
41:06mais aussi internationale.
41:08Jamais les États-Unis
41:09n'ont été aussi isolés
41:10depuis plus d'un siècle.
41:11Regardez un petit peu
41:12ce que la politique
41:14de Trump agressive,
41:15sa politique de taxation
41:16tous azimuts,
41:17a produit.
41:17Le Canada,
41:18qui deviendra bientôt
41:19peut-être membre associé
41:21de l'Europe
41:21au lieu de devenir
41:22le 51e État américain
41:23comme le révèle
41:24le président des États-Unis.
41:25L'Europe qui se tourne
41:26vers d'autres partenaires.
41:27L'Afrique subsaharienne
41:29délaissée après l'abandon
41:30de USAID
41:31qui ouvre en grand
41:31ses portes cette fois-ci
41:32à la Chine,
41:33à la Russie.
41:33Les pays du Golfe
41:34qui se tournent vers
41:35d'autres partenaires.
41:35La Corée du Sud
41:36et j'en passe.
41:37Par contre,
41:38c'est un Xi Jinping
41:38qui est aujourd'hui
41:40à la tête du pays,
41:41qui est aujourd'hui
41:42le pôle de stabilité.
41:43Aussi ironique
41:44que cela puisse paraître,
41:45quel est le pôle de stabilité
41:47vers qui on se tourne
41:48pour une constance
41:49politique et géopolitique
41:50sur la planète ?
41:50C'est la Chine.
41:51Donc les rôles
41:52se sont inversés
41:52et c'est ce président chinois,
41:55pôle de stabilité,
41:56qui sera reçu
41:56à la Maison-Blanche.
41:57Et la Chine
41:58qui marche de plus en plus
41:59sur les plates-bandes américaines
42:01au niveau de l'influence mondiale,
42:03notamment par le truchement
42:04de l'organisation
42:06de coopération de Shanghai.
42:07Pékin pousse
42:09en faveur
42:09d'une dédolarisation
42:10du monde.
42:12Quelle peut être
42:12la réponse apportée
42:14lors de cette visite
42:15de trois jours
42:15par Donald Trump ?
42:16Elle ne pourra être
42:17que faible.
42:18Que peut faire Donald Trump
42:19face à quelque chose
42:21d'inéluctable ?
42:22Les Etats-Unis
42:23demeurent la plus grande
42:24puissance économique mondiale,
42:25la plus importante,
42:27la plus grande puissance
42:28militaire
42:28de l'histoire
42:29de l'humanité.
42:30Mais on sait très bien
42:30que les choses
42:31sont en train
42:31de se modifier.
42:32La Chine ne deviendra jamais
42:33une superpuissance
42:35unilatérale
42:36comme a pu,
42:36ont pu l'être
42:37les Etats-Unis
42:38dans les années 90.
42:39Nous sommes plutôt
42:39face à un monde
42:40multipolaire.
42:41Mais il est très clair
42:41que la Chine
42:42va être l'état
42:43dominant
42:43de ce nouvel ordre
42:44international
42:45et comme nous le disions
42:46précédemment,
42:47le pôle de stabilité
42:48militaire,
42:49géostratégique,
42:50politique,
42:50mais également économique.
42:52Et donc malheureusement,
42:53Donald Trump
42:54n'a pas grand chose
42:55à opposer
42:56demain
42:57face au président Xi.
42:59La Chine
43:00qui a acheté
43:01environ 1 million
43:02de tonnes
43:02de soja
43:03américain
43:04la semaine dernière,
43:06ce qui porte
43:06les achats chinois
43:07à près de la moitié
43:08des 25 millions
43:09de tonnes
43:09que Pékin
43:11s'était engagé
43:12à commander
43:12chaque année
43:13aux Etats-Unis
43:14jusqu'en
43:162028.
43:16Est-ce que ça,
43:17c'est un geste
43:18politique
43:18ou c'est une simple
43:20finalement nécessité
43:21économique
43:21pour la Chine
43:22d'acheter du soja ?
43:23Les deux.
43:23C'est une nécessité.
43:25Ça arrange tout le monde.
43:25Voilà,
43:26mais on a bien communiqué
43:27autour de cela
43:28pour en faire
43:29un geste politique
43:30qui évidemment
43:33fait sourire
43:33de plaisir
43:34Donald Trump
43:35et cela permet aussi
43:36à Donald Trump
43:37Xi est quelqu'un
43:38de très intelligent
43:39qui a une vision politique
43:41sur le long terme,
43:42le très long terme.
43:43C'est un joueur d'échecs,
43:44ce qui n'est pas le cas
43:45de ce bon Donald,
43:46on le sait tous.
43:48Et son objectif
43:49est aussi de donner
43:50à manger à Donald Trump.
43:51Trump ne va pas
43:52retirer grand chose
43:53de cette rencontre.
43:54Vous vous rendez compte
43:54que demain,
43:55il va aller accueillir
43:56le président chinois
43:56sur le tarmac
43:58de l'aéroport.
43:59Quand Emmanuel Macron
44:00et les dirigeants européens
44:01pour soutenir Zelensky
44:02étaient venus
44:02à la Maison Blanche
44:02la dernière,
44:03Macron avait été reçu
44:04sur le seuil
44:04de la Maison Blanche
44:05par une collaboratrice
44:06de Donald Trump.
44:07C'est vraiment
44:08le tapis rouge
44:09qu'il déroule
44:11pour le président chinois.
44:12Et Xi sait très bien
44:14qu'il ne va pas
44:14offrir grand chose à Trump.
44:16Donc il faut lui donner
44:16quelques miettes à manger
44:17et cet achat,
44:19toute la communication
44:20autour de ce
44:22lui-ci,
44:23réjouit Donald Trump
44:24et il permettra
44:25au président américain
44:26de se gargariser
44:27de succès
44:28face ou vis-à-vis
44:29de la Chine.
44:30Donc il faut s'attendre
44:30par exemple là
44:31à une prolongation
44:32de la trêve de 11 mois
44:34qui avait été conclue
44:35entre les Etats-Unis
44:36et la Chine
44:38concernant le conflit
44:39commercial
44:39entre les deux puissances.
44:40Oui, tout à fait.
44:41Il faut s'attendre
44:42également à de belles paroles
44:43concernant l'Iran.
44:45Il faut s'attendre
44:46également à quelques phrases
44:47bisounours
44:47concernant l'intelligence
44:49artificielle.
44:50Alors oui, justement,
44:51parce que Donald Trump
44:52est contre une régulation
44:54de l'intelligence artificielle.
44:55La Chine n'est pas contre.
44:57Il y a une sorte
44:58de ligne rouge
44:59qui a été mise en place
45:00entre les Etats-Unis,
45:02entre Washington et Pékin
45:03pour se coordonner
45:04en quelque sorte
45:05sur les alertes
45:06de sécurité
45:08concernant l'intelligence artificielle.
45:10Mais l'Inde
45:10ne va pas lâcher l'autre.
45:12Non, bien évidemment.
45:13Et la régulation
45:13que souhaite Pékin,
45:14c'est une régulation
45:15selon ses termes.
45:16C'est comme Pékin
45:17qui se présente
45:19comme le dernier chantre
45:19du multilatéralisme,
45:21défenseur d'un système
45:22multilatéral
45:22aux ordres
45:23du Parti communiste chinois,
45:25voyons les choses
45:26telles qu'elles sont.
45:26Mais il y a un autre enjeu
45:27au-delà de l'intelligence artificielle
45:28qui va être discuté
45:29demain à Washington.
45:30Ce sont les avancées
45:31du transhumanisme.
45:32On sait très bien
45:33aujourd'hui
45:34que les Américains
45:35travaillent sur ces puces
45:36cérébrales
45:37d'augmentation cognitive
45:38qui existe,
45:39qui fonctionne sur des êtres humains
45:40et qui devraient être
45:40commercialisés d'ici 5-6 ans.
45:42Et les Chinois également.
45:44C'est une nouvelle course
45:45en parallèle de l'intelligence artificielle
45:46dont on parle beaucoup,
45:48à raison,
45:48mais en oubliant un peu trop
45:49le grand enjeu de demain,
45:51le transhumanisme.
45:52Et cela va être
45:53un dossier évoqué demain
45:54parce qu'à l'heure qu'il est,
45:56c'est ZI
45:56qui a un coup d'avance
45:57quant à la vision
45:58politique
45:59et géopolitique
46:00qu'on pourra offrir
46:01le transhumanisme
46:02et l'augmentation cognitive
46:03à ceux qui en auront
46:05la maîtrise.
46:06Parce que c'est
46:06à l'heure actuelle
46:07les Chinois
46:07qui sont plus avancés
46:09en la matière
46:09que les Américains ?
46:10Techniquement, non.
46:11Ce sont les Américains
46:13essentiellement de Radap
46:14qui sont le plus avancés
46:15et qui ont fait des tests
46:16sur humains
46:17qui fonctionnent
46:18et ce sont eux
46:19qui devraient commercialiser
46:21ces fameuses puces
46:22qui pourront augmenter
46:22notre cognitivité
46:23d'ici quelques années.
46:25Donc je vous laisse imaginer
46:26l'illégalité
46:27que cela va produire
46:29au sein de la population américaine
46:30lorsque les plus riches
46:31pourront augmenter
46:31leur capacité cognitive
46:32et que les autres
46:33ne le pourront pas.
46:34Mais ça, c'est un autre débat.
46:35Par contre, non.
46:36La Chine est plus avancée
46:36quant à la stratégie.
46:37La Chine a peut-être
46:39un ou deux petits trains
46:41de retard
46:42technologiquement parlant
46:43sur les Etats-Unis
46:44mais ces deux petits trains
46:46vont être attrapés très vite
46:47avec un TGV
46:48qui sans doute
46:49est en train d'être construit.
46:50Et le jour où ce TGV
46:51sera construit
46:52ils seront prêts
46:53avec une véritable stratégie
46:54pour pouvoir maîtriser
46:56ces technologies
46:56alors que les Américains
46:58n'ont aucune régulation interne
47:00en seront encore
47:01au balbutiement
47:02non pas de la technologie
47:04mais de comment s'en servir
47:05comment l'exploiter
47:06au niveau politique
47:07et géopolitique.
47:07Merci beaucoup Romuald Siora.
47:09Je rappelle que vous êtes
47:10chercheur associé à l'IRIS
47:11directeur de l'Observatoire politique
47:13et géostratégique
47:13des Etats-Unis
47:14et auteur de cette lettre
47:16à Donald Trump
47:16d'un Américain de papier.
47:19Dans un instant
47:19sur BFM Business
47:20c'était Kenko
47:21présenté par François Sorel.
47:22Très bonne soirée.
47:24Le 18h écho
47:26sur BFM Business.
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