- il y a 12 heures
Sous couvert de choix dictés par les circonstances, le gouvernement instrumentalise l'épidémie pour imposer une école réduite à un socle de "fondamentaux" (français, maths), où les autres matières seraient externalisées ("2S2C") ou marchandisées (numérique). Cette école inégalitaire réduirait les enseignants au rôle d'exécutants dociles, encadrés par des managers. Avec ses incertitudes sanitaires et sans moyens supplémentaires (postes, travail en groupe) la rentrée annonce le maintien durable de ces dispositions. Une école ambitieuse pour tous est-elle encore possible ?
Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, pour l'Agora,le lundi 7 septembre 2020 à l'Espace Niemeyer (Paris).
Avec :
Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU,
Rodrigo Arenas, Co-président de la FCPE,
Marine Roussillon, Responsable du secteur Éducation du PCF.
Le débat est animé par Olivier Chartrain, Journaliste à l’Humanité
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NewsTranscription
00:00:00Nous sommes réunis aujourd'hui pour un débat sur l'école qu'on a intitulé
00:00:05« Quelle école après le Covid ? »
00:00:10Le milieu scolaire, la communauté éducative, comme on dit, vient de traverser
00:00:16depuis le mois de mars, un peu comme tout le pays, mais une période un peu compliquée.
00:00:23Les écoles ont été fermées, on sait que ça a eu un certain nombre de conséquences
00:00:27sur la scolarité des élèves et tout un tas de choses dont on va pouvoir mesurer
00:00:38peut-être les conséquences en cette rentrée.
00:00:42Je vais vous présenter nos intervenants.
00:00:47Donc j'ai ici Marine Roussillon qui est dirigeante du Parti communiste
00:00:53et qui est responsable du réseau éducation, c'est ça, je ne dis pas de bêtises, du PCF.
00:00:58À ma gauche, j'ai Sophie Vénétité qui est secrétaire générale adjointe du SNES-FSU
00:01:04qui est, à ma connaissance, toujours le premier syndicat dans le secondaire, c'est ça.
00:01:09Et Rodrigo Arenas qui est coprésident de la FCPE, la principale organisation de parents d'élèves en France.
00:01:18Donc pour commencer, peut-être Sophie, cette période de confinement, déconfinement, d'ordre, de contre-ordre
00:01:28d'élèves qu'on a peut-être pour une partie dont on ne sait pas exactement d'ailleurs combien d
00:01:35'entre eux
00:01:35on a perdu, comme on dit, les élèves qui ont décroché, etc.
00:01:39La fameuse continuité pédagogique qui a été mise en œuvre, on va dire, ou pas, peut-être à vous de
00:01:46nous le dire.
00:01:47Mais quels enseignements, rapidement, on peut tirer de cette séquence, de ce qui a été mis en place ou pas,
00:01:56et de ce que ça dit sur l'état du système éducatif en France.
00:02:02Oui, on peut tirer un grand nombre d'enseignements de la période qui vient de s'écouler,
00:02:06mais si on en distingue deux, trois, on peut quand même se dire que cette période qui a été exceptionnelle,
00:02:11elle a aussi été exceptionnelle pour l'école, mais elle montre, la première chose qu'elle montre vraiment,
00:02:17c'est le rôle qu'ont pu jouer les personnels de l'éducation nationale dans cette période.
00:02:21Je pense qu'il faut vraiment insister là-dessus.
00:02:23Ce sont les personnels qui ont tenu le service public, qui l'ont tenu à bout de bras, il faut
00:02:28bien le dire.
00:02:29Il faut se rappeler ce qui s'est passé quand le 12 mars, au soir, Emmanuel Macron annonce la fermeture
00:02:34des établissements scolaires.
00:02:36Contrairement à ce que Jean-Michel Blanquer a dit et continue de dire, rien n'était prêt.
00:02:40Rien n'était prêt, ça dit aussi des choses de l'état du service public d'éducation qu'on a
00:02:46été dans cette situation.
00:02:48Mais qui a été au rendez-vous dès le lundi 16 mars au matin et même avant ?
00:02:52Ce sont les professeurs, les CPE, les surveillants aussi, qui à distance ont pu jouer un rôle pour essayer de
00:02:58raccrocher les élèves.
00:02:59Et tout au long ensuite de cette période de confinement, puis pendant le déconfinement,
00:03:03et là encore ces derniers jours, quand on a bien vu à quel point la rentrée scolaire était improvisée,
00:03:09ce sont les personnels de l'éducation nationale qui ont tenu la maison.
00:03:12parce qu'on a ce sens du service public qui nous a parfois été reproché dans des mots assez blessants,
00:03:20dans la période de prof-bashing.
00:03:23Alors je mets beaucoup de guillemets parce que l'expression n'est pas très jolie.
00:03:25Mais quand au mois de mai-juin dernier, beaucoup sont tombés à bras raccourcis sur les professeurs
00:03:32qui ne voudraient pas revenir, etc., c'est se tromper franchement sur ce qui nous anime
00:03:37et ce qui nous a particulièrement animés dans cette période, c'est faire vivre le service public
00:03:42en dépit de ce qui se passe et en dépit d'une institution qui a été profondément absente.
00:03:47Notre hiérarchie a été profondément absente.
00:03:50Ensuite, on a un des grands enseignements, mais qui là je pense est partagé par tout le monde,
00:03:57c'est que cette école, pendant le Covid, elle a amplifié les inégalités.
00:04:02Alors c'est quelque chose que tout le monde a constaté, on a entendu le ministre le dire,
00:04:07mais il faut certainement aller plus loin dans le type d'inégalités que ça a révélé
00:04:11parce que ça dit aussi beaucoup de choses de notre école et de notre société, de fait.
00:04:15On a beaucoup parlé des familles qui n'étaient pas bien équipées d'un point de vue numérique,
00:04:20qui n'avaient pas accès à l'école, à l'école à distance.
00:04:24Mais au-delà de ça, il se joue aussi des choses dans les apprentissages.
00:04:28C'est-à-dire que dès lors qu'on renvoie l'école à la maison,
00:04:31on renvoie les élèves dans leur situation familiale et personnelle
00:04:34avec toutes les inégalités qu'il y a derrière,
00:04:36avec aussi des familles qui nous l'ont dit,
00:04:38qui nous ont dit mais nous on ne sait pas faire avec notre enfant,
00:04:42finalement c'est vous qui faites ce métier de prof,
00:04:45et prof ce n'est pas un métier qui s'improvise.
00:04:47Nous on l'a beaucoup entendu de la part de parents d'élèves qui nous ont dit
00:04:49mais en fait c'est dur ce que vous faites, c'est un métier.
00:04:52Et ça c'est aussi certainement un des enseignements.
00:04:55Mais il y a ces élèves-là aussi qui n'ont pas pu apprendre dans de bonnes conditions.
00:05:00Et puis il y a aussi des élèves qui peut-être étaient présents dans les cours à distance,
00:05:05mais qui étaient présents sans être complètement actifs, complètement acteurs,
00:05:11et qui étaient là, qui ne sont pas forcément dans les statistiques officielles
00:05:15de décrochage canon sur Michel Blanquer,
00:05:17mais qui ont quand même accumulé des difficultés pendant cette période.
00:05:21Et ça fait partie des défis auxquels on va devoir s'atteler dans les prochaines semaines,
00:05:26dans les prochains jours,
00:05:26mais pour bien prendre la mesure de ce qu'il va falloir faire pour dépasser ces inégalités,
00:05:32il faut clairement les identifier.
00:05:34Il y a la question des décrocheurs dont Jean-Michel Blanquer parle,
00:05:36avec des chiffres qui sont largement sous-estimés,
00:05:38mais il y a aussi tout le spectre des inégalités qu'il ne faut pas oublier.
00:05:42Et enfin, le dernier point, ce qui est quand même frappant à la fois sur le confinement et le déconfinement,
00:05:47c'est à quel point le ministère se défausse de ses responsabilités sur le niveau local.
00:05:54Et ça dit aussi beaucoup de choses de sa conception du service public,
00:05:58qui s'appelle pourtant éducation nationale.
00:06:01Mais on a quand même un ministre qui continue un peu à marche forcée
00:06:06de vouloir imposer son projet éducatif.
00:06:07On aura certainement l'occasion d'en rediscuter.
00:06:10Mais c'est quand même un projet éducatif qui fait voler en éclats les contours du service public d'éducation.
00:06:17Il y a eu un certain nombre de réformes qui avaient été menées par Coursup, le bac, le lycée,
00:06:22qui déstructurent complètement cette éducation nationale.
00:06:25Et le ministre, en disant, écoutez, moi je prends quelques décisions,
00:06:29mais je renvoie tout au local et après c'est vous qui allez décider,
00:06:32participe aussi à cet affaiblissement du service public de l'éducation nationale.
00:06:38On pourra, je pense, y revenir un peu plus après.
00:06:41Mais voilà quelques mots pour commencer.
00:06:44D'accord.
00:06:45Alors Rodrigo, du point de vue des familles, des parents,
00:06:48est-ce que vous partagez un peu ce constat ?
00:06:50Est-ce que vous avez le sentiment que le système a tenu pendant cette période ou pas du tout ?
00:06:58Ce qui a tenu, en fait, c'est la volonté des acteurs locaux de faire tenir.
00:07:03Parce que c'est les mots, parce que c'est le sens du travail.
00:07:06Quand on est prof, je pense, enfin j'espère,
00:07:10qu'on ne fait pas ça juste parce qu'on cherche un boulot.
00:07:14Il y a vraiment une vocation de faire ça.
00:07:16On peut faire autre chose pour un salaire équivalent,
00:07:17voire peut-être gagner mieux en faisant autre chose.
00:07:19Il y a vraiment une vraie volonté d'être enseignant en France.
00:07:22Et ça, c'est quelque chose qu'il faut reconnaître.
00:07:26La question qui se pose, c'est est-ce qu'on peut continuer à réfléchir
00:07:30avec les mêmes concepts, avec la même imaginaire qu'on a sur l'école avant le Covid ?
00:07:36Mon propos, c'est de dire que la réponse est non.
00:07:38On ne peut pas continuer à réfléchir l'école comme avant le Covid.
00:07:42Parce que cette école-là, en tant que système scolaire, a collapsé.
00:07:45C'est-à-dire que l'école à la maison,
00:07:46auquel on va se dire tu parce qu'on va faire semblant,
00:07:49on se connaît tous quand même.
00:07:51Moi, je la connais en tout cas.
00:07:53On travaille beaucoup ensemble avec les enseignants,
00:07:54contrairement à ce qu'il se dit.
00:07:55On travaille beaucoup avec les enseignants.
00:07:58Cette école qu'on a connue, nous, en tant que MOUM,
00:08:01elle a collapsé.
00:08:01L'école à la maison, ça n'a pas fonctionné.
00:08:03C'est-à-dire que le rapport traditionnel d'un enseignant dans sa classe
00:08:07avec ses 20, 30 MOUM en fonction du niveau,
00:08:09où on doit faire un programme à marge forcée,
00:08:11où on doit répondre à des examens à la fin de l'année, etc.,
00:08:14pour pouvoir passer année supérieure,
00:08:16de devoir avoir un bon livret parce que sinon, c'est compliqué.
00:08:19Tout ça, en fait, c'est bidon aujourd'hui.
00:08:23Non pas que l'exigence éducative soit à renier,
00:08:26c'est que les critères d'appréciation, d'évaluation
00:08:28et de reconnaissance du travail de l'enseignant
00:08:30et de reconnaissance de l'apport des parents
00:08:33est différents.
00:08:35Les enseignants, ils n'auraient rien fait
00:08:36si les parents, ils n'avaient pas été à la maison
00:08:38pour créer les meilleures conditions
00:08:40pour qu'ils puissent faire la classe dans des conditions pourries.
00:08:43C'est-à-dire que quand on est en télétravail
00:08:45avec deux ou trois MOUM
00:08:46pour pouvoir faire en sorte
00:08:47qu'ils fassent la visioconférence
00:08:49et que certains de nos MOUM, d'ailleurs,
00:08:51ils aient appris à certains profs
00:08:52à utiliser des réseaux sociaux ou des outils numériques
00:08:54parce qu'ils ne les connaissent pas,
00:08:55parce qu'ils n'ont pas été formés à ça,
00:08:57alors c'est un travail collégial qui s'est mis en place,
00:08:59un travail coopératif.
00:09:00Et ça, ce n'est pas le système scolaire qui l'a permis.
00:09:02C'est le fait que dans les écoles,
00:09:05dans les établissements,
00:09:06si on ne travaille pas ensemble,
00:09:08alors ça ne peut pas fonctionner.
00:09:09Et ça, c'est tout à fait nouveau.
00:09:10C'est tout à fait nouveau en cela
00:09:12que la responsabilité première
00:09:14de faire en sorte que le système d'éducation nationale,
00:09:17et là, je rejoins le propos de Sophie,
00:09:20est premier sur faire fonctionner
00:09:24la machine institutionnelle d'éducation nationale.
00:09:26D'ailleurs, les généraux, les caporaux,
00:09:28que tu disais, le système,
00:09:31ils sont tous déguisés en souvenir en vrai.
00:09:33En vrai, dans la réalité,
00:09:35s'il n'y avait pas eu ce lien,
00:09:37et d'ailleurs, là où ça a le mieux fonctionné,
00:09:39c'est quand les enseignants,
00:09:40avec les parents, les chefs d'établissement
00:09:41et les élèves ont travaillé ensemble,
00:09:44c'est là où ça a mieux bossé.
00:09:46C'est-à-dire qu'à travers les questions numériques
00:09:48et tout ce que ça correspond,
00:09:50c'est là où les équipes,
00:09:51la communauté éducative a été la plus autonome,
00:09:54c'est là où ça a le mieux fonctionné.
00:09:55Et ça, c'est une super bonne nouvelle
00:09:57pour la démocratie scolaire.
00:09:58Ça veut dire qu'à un moment donné,
00:10:00quand les règles sont idiotes,
00:10:02il n'y a aucune raison de les suivre.
00:10:03Il n'y a aucune raison de les suivre,
00:10:04dans l'intérêt de l'enfant.
00:10:06Par exemple,
00:10:07moi, ça m'est arrivé d'avoir quelques échanges sur Twitter,
00:10:10parce que maintenant, Twitter, c'est la France.
00:10:11Je rassure, tout le monde, Twitter n'est pas la France.
00:10:13Mais quand j'expliquais que dans la période du Covid,
00:10:16il fallait que ce soit
00:10:18les enseignants qui se déplacent
00:10:19et pas les élèves,
00:10:21c'est pas juste que tout à coup, il faut tout révolutionner.
00:10:23C'est que parce que les gestes barrières,
00:10:25parce que les points d'eau,
00:10:26parce que la situation fait que,
00:10:28ce sont les équipes pédagogiques,
00:10:30les élèves et les enseignants,
00:10:31et les chefs d'établissement,
00:10:32qui doivent organiser des nouveaux modes de déplacement
00:10:34dans un bâti scolaire qui ne permet pas
00:10:36de mettre en place les gestes barrières.
00:10:38De la même façon,
00:10:40quand on dit par exemple que les toilettes,
00:10:42excusez-moi de parler des toilettes,
00:10:44parce que quand on parle de Covid,
00:10:45on parle d'hygiène,
00:10:45on parle de choses sérieuses,
00:10:46on parle de sauver la vie des gens,
00:10:47quand on se contamine,
00:10:49il faut se laver les mains.
00:10:50Et que quand on est dans les établissements,
00:10:52vous n'avez pas les points d'eau suffisants
00:10:53pour pouvoir se laver les mains,
00:10:55à ce moment-là,
00:10:56on ne va pas attendre que le ministre de l'Éducation nationale
00:10:59vôtre des budgets.
00:10:59Ce sont les équipes qui s'organisent sur place
00:11:02pour que les enfants, les adultes,
00:11:04les personnels éducatifs,
00:11:05y compris les personnes qui font l'hygiène,
00:11:08puissent organiser le passage dans les sanitaires
00:11:11de façon différente.
00:11:11Ce qui veut dire inévitablement
00:11:13que l'idée qu'il y a les toilettes pour adultes,
00:11:17les toilettes pour enfants,
00:11:19les toilettes pour le personnel de service,
00:11:20tout ça, ça ne fonctionne plus.
00:11:23Aujourd'hui, on est obligé de se réapproprier
00:11:25le lieu qui est l'école et que sont les établissements,
00:11:28parce que ça ne résiste pas.
00:11:29Les règles de fonctionnement,
00:11:31les règles institutionnelles ne résistent pas
00:11:33par rapport à l'urgence de fonctionnement
00:11:35dans laquelle on est.
00:11:36Alors évidemment, il y a des questions qui se posent,
00:11:37mais par rapport à ça,
00:11:39je dis que le système normal a collapsé
00:11:41parce que le Covid oblige à se réinventer.
00:11:44Et dans cette réinvention,
00:11:45il y a notamment l'usage des espaces publics,
00:11:47mais il y a aussi les relations éducatives et pédagogiques
00:11:50où les parents sortent de cette idée
00:11:52où il faut contrôler l'école
00:11:53dans laquelle ils étaient enfermés.
00:11:54Et les enseignants comprennent aussi
00:11:56que sans les parents,
00:11:57c'est super difficile.
00:11:59Je parlais tout à l'heure de l'équipement informatique,
00:12:01ce n'est pas qu'une question d'équipement,
00:12:03c'est une question d'usage.
00:12:04Et que par rapport aux usages,
00:12:06quand on est enseignant
00:12:07et qu'utiliser l'informatique,
00:12:09c'est prendre en photo
00:12:10ce qu'on écrit sur le cahier,
00:12:12transformer en PDF
00:12:13et d'envoyer ça par mail à un élève,
00:12:15et que l'enseignant d'à côté
00:12:16est en train de chercher des applications
00:12:18pour permettre de faire des exercices
00:12:20sur l'enseignement qu'il a dispensé,
00:12:22soit sur Zoom, soit sur Discord,
00:12:23peu importe le logiciel qui a été adapté,
00:12:25même si c'est une question de protection
00:12:26des données personnelles qui est au cœur du problème,
00:12:28et bien in fine,
00:12:29c'est parce que aussi les parents et les enfants
00:12:31sont équipés
00:12:32et qu'ils ont compris,
00:12:33on a tous été démunis par rapport à ça.
00:12:35Parce que la question des usages,
00:12:36ce n'est pas simplement une fracture
00:12:37des enseignants, des parents et des élèves divisés,
00:12:41c'est que tous,
00:12:41nous avons été confrontés à ça.
00:12:43Parce qu'en France,
00:12:44on est démunis par rapport à ça
00:12:45à tel point,
00:12:46et je finirai juste mon propos là-dessus,
00:12:48à tel point
00:12:48que le ministère lui-même
00:12:50a dû louer
00:12:52des espaces dans les serveurs d'Amazon
00:12:54pour héberger
00:12:55les données personnelles
00:12:56des enseignants et des élèves.
00:12:57C'est-à-dire
00:12:58que le ministère lui-même
00:12:59a loué des espaces
00:13:01dans une entité
00:13:01qui est la Silicon Valley,
00:13:03qui dépend du Patriot Act,
00:13:04et en cela,
00:13:05la CNIL et la DOPI
00:13:06ne résistent pas
00:13:07par rapport à la législation nord-américaine
00:13:09qui est dans l'obligation
00:13:11de donner les données personnelles des gens
00:13:13si le gouvernement des États-Unis l'exige.
00:13:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:13:16l'État français
00:13:17n'a pas créé les conditions
00:13:18dans la période du Covid
00:13:19de protéger
00:13:21celles et ceux
00:13:21qui, de façon inévitable,
00:13:23vont devoir utiliser
00:13:24un logiciel
00:13:25dont on ne comprend pas
00:13:26l'intérêt,
00:13:28l'usage
00:13:28et les dangers
00:13:29que ça représente.
00:13:31Je m'arrêterai pour l'instant.
00:13:32Je pense qu'on ira plus loin
00:13:33tout à l'heure
00:13:33sur la taylorisation
00:13:35du métier de l'enseignant, etc.
00:13:36On reviendra
00:13:36sur ce qu'on appelle
00:13:37la place du numérique, etc.
00:13:38et ce débat-là.
00:13:40Mais peut-être,
00:13:40Marine Roussillon,
00:13:41on vient,
00:13:42les deux autres intervenants
00:13:44ont parlé des inégalités
00:13:46qui ont explosé
00:13:47dans cette période.
00:13:48Est-ce que pour vous,
00:13:49c'est une difficulté
00:13:54qui est juste
00:13:55conjoncturelle,
00:13:55qui vient de cette
00:13:56situation extraordinaire
00:13:57qu'on a connue
00:13:58ou est-ce que ça dit
00:13:58quelque chose
00:13:59sur la capacité
00:14:01de notre système scolaire
00:14:03à apprendre
00:14:04les élèves
00:14:05tels qu'ils sont ?
00:14:06Oui, je crois en effet
00:14:07que la crise
00:14:08qu'on a traversée
00:14:09révèle en fait
00:14:10la fragilité
00:14:11du service public
00:14:12d'éducation nationale
00:14:13tel qu'on le connaît.
00:14:15Et en même temps,
00:14:16elle a révélé aussi
00:14:17à quel point
00:14:17on en a besoin.
00:14:18C'est-à-dire qu'on vient
00:14:20de traverser une crise sanitaire
00:14:21où il est devenu évident
00:14:22que pour mener
00:14:23le débat démocratique,
00:14:24être pleinement citoyen,
00:14:26on avait besoin
00:14:26de maîtriser
00:14:27des savoirs complexes.
00:14:28C'est très clair.
00:14:29On a besoin
00:14:30d'une culture
00:14:30de haut niveau
00:14:31pour tout le monde
00:14:31et cette culture,
00:14:33c'est à l'école
00:14:33que ça se passe.
00:14:34C'est ce qu'on disait là,
00:14:36l'école à la maison,
00:14:37ça n'existe pas,
00:14:38ça ne marche pas.
00:14:39Mais ça,
00:14:39ça nous dit quelque chose
00:14:40de très fort
00:14:40sur l'école habituelle
00:14:41parce qu'en fait,
00:14:42l'école avant la crise
00:14:43déléguait déjà
00:14:44beaucoup aux parents.
00:14:46On parle des devoirs scolaires,
00:14:47mais on sait très bien
00:14:48que toutes les familles
00:14:49ne sont pas à égalité
00:14:49face à l'école
00:14:50et on sait bien
00:14:51que beaucoup de choses
00:14:52nécessaires pour réussir
00:14:53à l'école
00:14:54se transmettent
00:14:55dans les familles.
00:14:56Pas à cause
00:14:57de la mauvaise volonté
00:14:58des enseignants
00:14:58qui font tout ce qu'ils peuvent
00:15:00pour faire réussir
00:15:01tous les enfants,
00:15:02mais à cause
00:15:03de problèmes de formation,
00:15:04de problèmes
00:15:05de temps scolaire aussi,
00:15:06des programmes surchargés,
00:15:08des temps dédiés
00:15:09aux apprentissages
00:15:10qui sont très réduits.
00:15:11Et là,
00:15:11on a bien vu,
00:15:12on a vu dans une sorte
00:15:13d'expérience
00:15:15à grande échelle
00:15:16que plus on délègue aux familles,
00:15:18plus on accroît
00:15:19les inégalités.
00:15:20Et donc,
00:15:20si on veut répondre
00:15:21à l'exigence
00:15:22de savoir de haut niveau
00:15:23pour tous,
00:15:24ce qu'il faut,
00:15:24c'est que tout ce qui est nécessaire
00:15:26pour réussir à l'école
00:15:27soit enseigné à l'école.
00:15:28Et c'est à cette condition-là
00:15:29que les familles
00:15:29peuvent prendre
00:15:30toute leur place
00:15:30parce que justement,
00:15:31elles ne sont plus
00:15:32dans une position
00:15:33de sous-traitance
00:15:34ou de courir après
00:15:35ou de faire la classe
00:15:36après la classe.
00:15:37Elles sont dans leur rôle
00:15:38de famille,
00:15:38plein et entier.
00:15:39Et on peut discuter
00:15:40de ce qui se passe
00:15:40dans la famille
00:15:41et de ce qui se passe
00:15:41dans l'école
00:15:42comme de deux choses
00:15:43qui sont en contact
00:15:44mais qui sont...
00:15:46où personne n'est
00:15:47dans la dépendance
00:15:47de l'autre.
00:15:48Et donc,
00:15:49je crois que ça,
00:15:49c'est très révélateur
00:15:52de ce qui fait
00:15:53les inégalités
00:15:54de notre système scolaire,
00:15:56pas seulement
00:15:56pendant la crise
00:15:57mais tout le temps.
00:15:58Et puis,
00:15:59la deuxième chose,
00:16:00c'est que je crois
00:16:00que ça nous a révélé aussi
00:16:02les logiques profondes
00:16:03des politiques en cours.
00:16:05Ça fait très longtemps
00:16:06que tous ici
00:16:06autour de la table,
00:16:07on se bagarre
00:16:08contre les suppressions
00:16:09de postes,
00:16:10les fermetures de classes,
00:16:12les réformes
00:16:12à l'emporte-pièce
00:16:13imposées au personnel,
00:16:15etc.
00:16:17Et là,
00:16:17on a bien vu
00:16:18pendant la crise
00:16:18comment il y avait
00:16:19une sorte d'accélération
00:16:20de la refonte
00:16:22de l'école
00:16:22et on a vu se dessiner
00:16:24le modèle,
00:16:24le modèle d'une école
00:16:25justement
00:16:27qui n'est plus commune
00:16:28en fait,
00:16:28qui ne met plus
00:16:29tous les enfants
00:16:30de toutes les classes sociales
00:16:31dans la même école.
00:16:32Une école
00:16:33qui individualise,
00:16:34qui sépare,
00:16:35qui va déscolariser
00:16:36certains gamins
00:16:37parce que dans le fond,
00:16:38on n'a pas vraiment besoin
00:16:39de leur donner
00:16:39un haut niveau de formation
00:16:42avec, à l'arrivée,
00:16:44un chaos organisé
00:16:45qui fait que c'est
00:16:46aux familles de décider,
00:16:47ça c'était au moment
00:16:48de la soi-disant réouverture,
00:16:50c'est aux familles
00:16:50de décider
00:16:51si elles vont ou pas
00:16:53scolariser leurs enfants.
00:16:54Est-ce qu'on n'a pas le choix
00:16:55et du coup,
00:16:56on prend le risque
00:16:57ou est-ce qu'on a le choix
00:16:58et du coup,
00:16:58on va faire autre chose ?
00:16:59Et on voit l'horizon
00:17:01du service public
00:17:02d'éducation nationale
00:17:03qui serait la solution
00:17:04pour ceux qui n'ont pas le choix
00:17:05avec une frange
00:17:06de population
00:17:06complètement perdue,
00:17:08déscolarisée,
00:17:08décrochée,
00:17:09une frange
00:17:10qui a d'autres choix
00:17:11qui va se tourner
00:17:11vers le privé,
00:17:12vers les cours particuliers,
00:17:13vers le distanciel
00:17:14et puis l'éducation nationale
00:17:16pour ceux qui n'ont pas le choix.
00:17:17Et je crois que c'est important
00:17:18de connecter comme ça
00:17:21l'urgence de cette crise,
00:17:23les réponses
00:17:23qu'on doit y apporter
00:17:24et en même temps
00:17:25le projet d'école
00:17:26qui se dessine derrière
00:17:27et avec l'idée
00:17:29que répondre à l'urgence
00:17:30c'est aussi faire levier
00:17:31vers un autre projet d'école
00:17:33aujourd'hui.
00:17:34D'accord.
00:17:35Alors, justement,
00:17:38l'école d'après,
00:17:40il y a un angle
00:17:41par lequel on peut
00:17:42l'aborder,
00:17:43Rodrigo,
00:17:44vous venez d'en parler déjà,
00:17:45mais c'est la fameuse
00:17:47place du numérique.
00:17:48On a un ministre
00:17:49qui va nous organiser
00:17:50en novembre,
00:17:52si je ne dis pas de bêtises,
00:17:53c'est en octobre,
00:17:53en novembre,
00:17:54des états généraux
00:17:56du numérique.
00:17:58Qu'est-ce qu'on doit
00:17:59attendre de ça ?
00:17:59De cette volonté,
00:18:02apparemment,
00:18:02d'inscrire
00:18:03les outils numériques,
00:18:05cette démarche aussi
00:18:06d'enseignement à distance,
00:18:09dans la durée
00:18:10et dans une plus grande ampleur
00:18:12que ce qu'elle est aujourd'hui.
00:18:13Est-ce que c'est une bonne chose ?
00:18:14Est-ce que ce n'est pas
00:18:15une bonne chose ?
00:18:15Est-ce que le numérique
00:18:16est en soi inadapté
00:18:19à l'enseignement ?
00:18:20Ou est-ce que ça vient,
00:18:22je ne sais pas,
00:18:23moi, d'une réticence
00:18:25intrinsèque des enseignants
00:18:27à le mettre en œuvre
00:18:28ou d'une incapacité
00:18:29des enseignants réfractaires
00:18:31à le mettre en œuvre.
00:18:32Est-ce qu'on doit
00:18:32en attendre quelque chose
00:18:33de bien ou pas de ça ?
00:18:35Je vous pose la question, Sophie.
00:18:37Il faut très certainement
00:18:38distinguer le dossier numérique,
00:18:40le numérique dans son ensemble
00:18:42et ce que le ministre veut en faire,
00:18:45c'est-à-dire la vision
00:18:46que lui a du numérique.
00:18:47Parce que dans l'absolu,
00:18:49le numérique,
00:18:50de toute façon,
00:18:51on vit tous dans un monde
00:18:53qui est entouré
00:18:54par des outils numériques.
00:18:56Et si on veut aussi
00:18:57que tous les élèves
00:18:59soient en mesure
00:19:00de maîtriser ces outils-là
00:19:02et que ça ne soit pas facteur
00:19:03d'aggravation, d'inégalité,
00:19:04il y a un enjeu autour du numérique.
00:19:07Il y a un enjeu d'accès,
00:19:08il y a un enjeu de maîtrise,
00:19:09il y a un enjeu d'apprentissage.
00:19:10Et dans cette perspective-là,
00:19:12l'école a un rôle à jouer.
00:19:14Alors ça veut dire que
00:19:15nous, on doit être aussi formés,
00:19:17qu'on doit pouvoir former nos élèves.
00:19:19Il y a des enjeux,
00:19:21ce n'est pas juste des enjeux techniques,
00:19:22il y a des enjeux pédagogiques,
00:19:23mais je dirais qu'il y a aussi
00:19:24des enjeux citoyens.
00:19:25Combien on a vu d'élèves
00:19:28nous expliquer qu'après tout,
00:19:30les réseaux sociaux, Facebook,
00:19:32les données personnelles,
00:19:33ce n'était pas un problème
00:19:34qui postait absolument
00:19:35tout et n'importe quoi.
00:19:36C'est assez intéressant parfois
00:19:39de faire le test dans une classe
00:19:40et de dire aux élèves,
00:19:42vous savez, on peut remonter jusqu'à vous
00:19:45juste en cherchant votre nom
00:19:46sur un célèbre moteur de recherche.
00:19:49Ils nous disent, mais comment ça ?
00:19:50Donc il y a quand même un enjeu,
00:19:52il y a un enjeu éducatif,
00:19:53il y a un enjeu citoyen,
00:19:54il y a un enjeu pédagogique.
00:19:57Malheureusement, mais sans surprise,
00:19:59la direction que prend le débat du numérique
00:20:01avec ce ministère-là
00:20:03n'est pas un enjeu pédagogique,
00:20:06n'est pas un enjeu, je dirais, citoyen,
00:20:07n'est pas un enjeu d'émancipation.
00:20:09C'est plutôt un enjeu qui est lié
00:20:11à des aspects marchands.
00:20:13Il ne faut pas non plus se le cacher.
00:20:16On sait qu'il y a tout le secteur
00:20:18de ce qu'on appelle la EdTech
00:20:19qui est quand même à l'affût
00:20:21de tout ce qui se passe
00:20:23sur le marché éducatif,
00:20:24puisque eux considèrent l'éducation nationale
00:20:27et le numérique dans l'éducation nationale
00:20:28comme un marché.
00:20:30Et on voit bien à quel point
00:20:32c'est plutôt cette dimension-là
00:20:33qui est au cœur du projet Blanquer
00:20:35et cette dimension-là
00:20:37qui cherche à être accélérée.
00:20:40Alors nous, ce qu'on dit,
00:20:41c'est que le numérique,
00:20:44on doit l'utiliser,
00:20:45il y a des choses à faire
00:20:47avec les élèves,
00:20:48pour les élèves, pour nous.
00:20:49Mais ce n'est pas une fin en soi.
00:20:51C'est-à-dire qu'il ne faut pas se dire
00:20:52que l'éducation nationale
00:20:54doit devenir 100% numérique
00:20:57pour satisfaire telle ou telle volonté
00:21:00politique ou économique.
00:21:01C'est un outil,
00:21:03un outil qu'on doit développer
00:21:04autour de règles précises,
00:21:06autour de règles qui correspondent
00:21:08aux règles du service public,
00:21:10sans en faire un marché,
00:21:11un de plus,
00:21:12qui serait livré aux appétits
00:21:14des uns et des autres.
00:21:15Et pour l'instant,
00:21:16les états généraux du numérique,
00:21:19on a assez peu d'informations,
00:21:24si ce n'est quand on commence
00:21:25à explorer la plateforme
00:21:26qui a été mise en ligne,
00:21:27on voit apparaître
00:21:29quelques éléments
00:21:30qui peuvent être assez inquiétants,
00:21:32notamment sur la présence
00:21:33de certaines entreprises privées.
00:21:37Rodrigo,
00:21:37est-ce que vous n'avez pas l'impression
00:21:40aussi tout de même
00:21:41qu'on ne paye pas
00:21:44un retard énorme
00:21:47de prise en charge
00:21:48de toute cette culture-là,
00:21:50de toutes ces techniques-là,
00:21:51etc.,
00:21:52par le système éducatif,
00:21:53alors que dans les familles,
00:21:55dans la vie quotidienne des élèves,
00:21:56c'est devenu une dimension
00:21:57très importante,
00:21:59est-ce qu'on ne prend pas
00:22:00l'école en défaut là-dessus ?
00:22:02En ouvrant la porte,
00:22:03justement, à...
00:22:04Il y a deux espaces là-dedans.
00:22:05Il y a d'abord
00:22:06la question des usages,
00:22:08que je vais dissocier
00:22:09du numérique,
00:22:10de ce que ça représente.
00:22:12Marianne Wolf, par exemple,
00:22:13qui est chercheuse,
00:22:16explique dans ses travaux
00:22:18que le cerveau
00:22:19d'un élève chinois
00:22:21ne fonctionne pas
00:22:22de la même façon
00:22:23qu'un élève français.
00:22:24Ça ne veut pas dire
00:22:25qu'il y en a un
00:22:25qui est meilleur que l'autre,
00:22:26ça veut juste dire
00:22:27que le fait que nous soyons,
00:22:28nous, nos élèves,
00:22:29en France,
00:22:29sur des alphabets,
00:22:30nous ne développons pas
00:22:31les mêmes zones d'activité
00:22:32du cerveau
00:22:33qu'un élève chinois
00:22:34qui travaille en idéogramme.
00:22:36Moi, j'y suis pour rien,
00:22:37ce n'est pas l'AFCP
00:22:38qui le dit,
00:22:38c'est la recherche.
00:22:39De la même façon,
00:22:41Marie-Claude Bossière,
00:22:41qui est pédopsychiatre
00:22:42en Seine-Saint-Denis,
00:22:44explique que
00:22:44des mères de famille
00:22:45qui utilisent
00:22:46un téléphone portable,
00:22:48la luminescence,
00:22:49parce que les bébés
00:22:49ne voient pas les images,
00:22:51ils voient la luminescence,
00:22:51pour pouvoir allaiter
00:22:52quand l'enfant a du mal
00:22:55parce qu'il est nerveux,
00:22:56la mère aussi,
00:22:56et donc la luminescence
00:22:57permet de calmer l'enfant
00:22:58et donc qu'il tête,
00:23:00provoque le développement
00:23:01des symptômes de l'autisme.
00:23:05Ce n'est pas la FCPE
00:23:06qui le dit,
00:23:07ce n'est pas le SNES
00:23:07qui le dit,
00:23:08c'est la recherche.
00:23:09Et aujourd'hui,
00:23:09on se rend compte
00:23:10qu'à force de renier
00:23:11sur les budgets
00:23:12de la recherche
00:23:13et de la recherche universitaire
00:23:15en particulier dans notre pays,
00:23:16la France a pris
00:23:17énormément de retard
00:23:19sur ce qu'était le numérique
00:23:20et sur l'influence
00:23:21que ça avait.
00:23:22C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:23:23on sait que
00:23:26bébé plus téléphone portable
00:23:27plus allaitement
00:23:28égale syndrome de l'autisme
00:23:29et ce qui se passe
00:23:29dans le cerveau d'un enfant,
00:23:31ça, on ne sait pas.
00:23:32Et ça, c'est un problème.
00:23:33C'est un problème
00:23:34déjà d'un point de vue
00:23:35du développement
00:23:36de la recherche
00:23:36et de la connaissance,
00:23:37mais c'est aussi
00:23:38un problème pour les enseignants
00:23:39parce que les enseignants
00:23:40sont tributaires
00:23:40des avancées
00:23:42de la recherche
00:23:42et de la science.
00:23:44Je m'explique.
00:23:46Pour permettre l'équipement
00:23:48auquel
00:23:49Soufi fait référence,
00:23:50c'est-à-dire
00:23:51permettre que des conseils
00:23:52d'administration,
00:23:52d'établissement,
00:23:53décident d'équiper
00:23:54tous les élèves
00:23:55avec Microsoft
00:23:57et Google
00:23:58et tout ce qui va
00:24:00avec Open Office,
00:24:02c'est des décisions
00:24:02d'un conseil d'administration.
00:24:04Et quand vous n'avez pas
00:24:05les moyens d'équiper
00:24:06tous les élèves
00:24:06parce que vous êtes
00:24:07focalisé sur le problème
00:24:08d'usage,
00:24:09c'est-à-dire donner
00:24:09aux enfants des ordinateurs,
00:24:11alors de façon normale,
00:24:15on va dire,
00:24:15si on peut considérer
00:24:16que ce soit normal,
00:24:17des équipes pédagogiques,
00:24:18des chefs d'établissement,
00:24:19des parents d'élèves
00:24:19et des élus,
00:24:20décident d'équiper
00:24:21des écoles
00:24:22dès la primaire,
00:24:23dès la maternelle
00:24:24avec un environnement
00:24:25particulier
00:24:26qui s'appelle
00:24:27Microsoft
00:24:28ou Apple,
00:24:29même si Apple
00:24:30a perdu un process
00:24:30sur ce sujet-là.
00:24:31C'est-à-dire que
00:24:32la question de l'usage
00:24:33est à dissocier
00:24:35de l'impact
00:24:36du numérique
00:24:36et du digital.
00:24:38C'est-à-dire que
00:24:38quand vous équipez
00:24:40une école
00:24:41avec une technologie
00:24:43particulière,
00:24:44alors vous êtes dépendant
00:24:45de la technologie
00:24:46qui est embarquée.
00:24:47C'est-à-dire que
00:24:47vous êtes dépendant aussi
00:24:48des mises à jour
00:24:49des logiciels
00:24:49que vous utilisez.
00:24:51Dès lors que ces logiciels-là
00:24:52dépendent d'une entreprise,
00:24:54alors vous rentrez
00:24:56dans un process
00:24:57qui font transformer
00:24:58l'élève,
00:24:59l'enseignant,
00:25:00le chef d'établissement
00:25:01et l'élu
00:25:01dans une relation client
00:25:02et non pas
00:25:03dans une relation utilisateur
00:25:05avec un logiciel pédagogique
00:25:06qui correspond
00:25:07que l'avancée technologique
00:25:09que permet le numérique
00:25:11de la même façon
00:25:11que l'imprimerie
00:25:12était une avancée technologique
00:25:14dans le rapport
00:25:14des connaissances
00:25:15au savoir
00:25:15est dévoyée
00:25:16par le fait
00:25:17que vous n'êtes plus
00:25:17dans un rapport
00:25:18où vous avez un outil
00:25:19qui vous permet
00:25:20d'avoir accès
00:25:21à les bibliothèques universelles
00:25:22ou d'avoir accès aussi
00:25:24à des exercices
00:25:25de répétition
00:25:25dans le cadre
00:25:26des enseignements
00:25:26qui sont dispensés
00:25:27par un enseignant
00:25:28dont c'est un métier.
00:25:29Et là, je rejoins tout à fait
00:25:29ce que disait Sophie
00:25:30tout à l'heure,
00:25:31vous êtes dans une relation client
00:25:32qui fait que
00:25:33vous rentrez
00:25:34dans une logique business.
00:25:36Le meilleur exemple
00:25:37de tout ça,
00:25:37ça a été
00:25:38les vacances apprenantes.
00:25:39Les vacances apprenantes
00:25:40de cet été
00:25:41ont permis
00:25:42à travers les associations
00:25:43d'éducation populaire
00:25:44d'avoir
00:25:44des postes Twitter
00:25:46du ministre de l'éducation nationale
00:25:47en faisant du paddle,
00:25:49du canoë kayak,
00:25:50du baseball
00:25:50dans des centres
00:25:51des CMA,
00:25:51de la Ligue de l'enseignement,
00:25:52etc.
00:25:53pas de soucis.
00:25:54Mais il a aussi autorisé
00:25:55à ce que les vacances apprenantes
00:25:57se fassent
00:25:57dans un centre commercial
00:25:58au champ.
00:26:00C'est-à-dire que nous rentrons
00:26:00clairement,
00:26:01nous soumettons
00:26:01des enfants
00:26:02et leurs parents
00:26:03dans un lieu
00:26:04qui n'est pas une école,
00:26:05qui n'est pas un lieu
00:26:06qui est identifié
00:26:07dans la culture
00:26:07et dans la civilisation,
00:26:08si je peux réexprimer
00:26:09ainsi, française
00:26:10par rapport à son rapport
00:26:10à l'éducation nationale,
00:26:12dans un lieu
00:26:12qui est un lieu de consommation
00:26:14où vous êtes soumis
00:26:15à la publicité
00:26:15et aux techniques marketing
00:26:16les plus agressives
00:26:17pour avoir une relation client,
00:26:19c'est-à-dire
00:26:19que vous faites du français,
00:26:20de l'anglais
00:26:21ou de l'espagnol,
00:26:22je ne sais pas
00:26:22ce qu'ils ont fait
00:26:22parce que concrètement
00:26:23ça a été mis en place
00:26:24avec Atier
00:26:25qui est quelqu'un
00:26:25qui vend des bouquins
00:26:26et pas de soucis avec ça
00:26:28pour vous mettre
00:26:29dans la même période
00:26:30où vous avez toutes les pubs
00:26:31pour acheter votre cartable,
00:26:32acheter votre cahier,
00:26:33etc.
00:26:34C'est-à-dire qu'on rentre
00:26:35dans une relation
00:26:35qui est complètement changée
00:26:37où l'enfant,
00:26:38l'élève,
00:26:39nos enfants,
00:26:40vos élèves
00:26:41et les enseignants
00:26:42qui peuvent être parents aussi
00:26:43sont dans une logique
00:26:44où on accepte culturellement
00:26:46parce que peu de voix
00:26:47se sont élevés contre ça,
00:26:48de dire que non,
00:26:49l'école,
00:26:50l'éducation,
00:26:51l'enseignement,
00:26:52ce n'est pas
00:26:53dans un centre commercial.
00:26:54C'est dans un lieu
00:26:55qui s'appelle l'école
00:26:56ou pourquoi pas à la maison
00:26:57mais sous l'autorité
00:26:59d'un enseignant
00:26:59parce que les parents
00:27:00ne sont pas
00:27:01des auxiliaires d'éducation.
00:27:02Les parents
00:27:03sont des parents.
00:27:04Donc si les enseignants
00:27:05doivent dispenser
00:27:06leur travail,
00:27:07leur métier,
00:27:08c'est-à-dire donner accès
00:27:09aux connaissances
00:27:09et au savoir,
00:27:10être ses bergers de lettres
00:27:11comme disait
00:27:11le philosophe Heidegger,
00:27:12alors ça peut se faire
00:27:13à la maison
00:27:14mais à condition
00:27:15qu'il y ait les répétiteurs
00:27:16qui soient là
00:27:17pour faire répéter
00:27:18ce que vous leur enseignez
00:27:19mais c'est aussi
00:27:20avoir des surveillants
00:27:21qui surveillent
00:27:22que le gamin
00:27:22est bien en train de faire
00:27:23ses devoirs
00:27:24et pas de faire n'importe quoi
00:27:25devant l'ordinateur
00:27:25mais ça,
00:27:26ce n'est pas le job des parents
00:27:27parce qu'enseigner,
00:27:28faire répéter
00:27:29et surveiller,
00:27:30c'est un métier.
00:27:31C'est tellement un métier
00:27:31qu'il y a des diplômes pour ça.
00:27:33C'est-à-dire que la France
00:27:35dote les gens de diplômes.
00:27:36Ça veut dire que par exemple,
00:27:37dans le moment
00:27:37dans lequel nous sommes
00:27:38où des parents
00:27:39doivent s'occuper des gamins
00:27:41parce qu'on est en train
00:27:41de fermer des classes
00:27:42et des écoles.
00:27:43Concrètement,
00:27:44tout le monde s'est déguisé
00:27:44en souvenir.
00:27:45L'école à la maison,
00:27:46ça ne marche pas
00:27:47pour l'instant
00:27:48parce qu'il y a un vrai problème.
00:27:49Les serveurs ne sont pas activés
00:27:50par les recteurs,
00:27:51etc.
00:27:52En gros,
00:27:52c'est les parents
00:27:52qui se démerdent.
00:27:53Excusez-moi de parler comme ça.
00:27:55Et moi,
00:27:55je pense que c'est volontaire.
00:27:57Je pense que c'est volontaire.
00:27:58Je pense qu'il y a
00:27:59une vraie offensive idéologique
00:28:00en ce moment
00:28:00pour avoir une vraie
00:28:01transformation de valeur
00:28:02où on fait en sorte
00:28:04que les enfants et les parents
00:28:05deviennent des clients
00:28:05de l'éducation nationale
00:28:11l'automatisation
00:28:11et la robotisation
00:28:13des contenus
00:28:13et des pratiques éducatives.
00:28:15Ce qui veut dire qu'à terme,
00:28:15c'est mon propos,
00:28:17les enseignants
00:28:17ne vont plus être un métier.
00:28:19Ils vont devenir un emploi
00:28:20interchangeable
00:28:21sans avoir une reconnaissance
00:28:22qui soit celle d'aujourd'hui.
00:28:23Ce qui veut dire
00:28:24qu'un enseignant
00:28:25ou,
00:28:26comme c'est actuellement
00:28:27avec les deux S2C,
00:28:28la classe à la maison,
00:28:29etc.,
00:28:30des animateurs
00:28:30de centres de loisirs
00:28:31qui doivent garder les enfants
00:28:32d'après ce que dit
00:28:33la ministre actuelle du travail
00:28:35ou alors
00:28:36ceux qui vont surveiller
00:28:37qui peuvent être
00:28:39l'association de quartier,
00:28:40etc.,
00:28:40sans aucun mépris de ma part.
00:28:42Tout ça se vaut.
00:28:43Eh bien non,
00:28:43tout ça,
00:28:44ça ne se vaut pas.
00:28:45Enseigner,
00:28:45c'est un métier.
00:28:47Répétiteur,
00:28:47c'est un métier.
00:28:47D'ailleurs,
00:28:48pourquoi ne pas demander
00:28:49à des étudiants
00:28:50plutôt qu'ils aillent bosser
00:28:51dans des McDo
00:28:52ou à remplir les rayons
00:28:54de centres de commerce.
00:28:56Les étudiants sont
00:28:57dans un parcours académique.
00:28:58Ils peuvent très bien,
00:28:59sous l'autorité
00:28:59d'un enseignant
00:29:01parce que c'est eux
00:29:02qui sont en charge
00:29:03de savoir ce qu'ils conviennent
00:29:03de faire,
00:29:04comment faire les programmes.
00:29:05On peut très bien
00:29:05demander aux étudiants
00:29:07d'être ces répétiteurs
00:29:08que ne sont pas les parents.
00:29:09Et les animateurs
00:29:10de centres de loisirs
00:29:10dont on parle,
00:29:11qui ont des diplômes,
00:29:12ils ont le BAFA,
00:29:13le BATEP, etc.,
00:29:13peuvent tout à fait
00:29:14être dans des tiers-lieux
00:29:15qui ne sont pas l'école
00:29:16mais qui sont par exemple
00:29:17les gymnases, etc.,
00:29:18ou les bibliothèques,
00:29:20ou les parcs et jardins
00:29:21qui existent dans les communes
00:29:22et qui peuvent accueillir
00:29:23les enfants au lieu
00:29:24d'être à la maison,
00:29:25enfermés, etc.
00:29:26Ils peuvent se réveiller
00:29:27et les encadrer
00:29:27comme ils le font
00:29:28de façon très bien,
00:29:29mais toujours sous l'autorité
00:29:30de l'éducation nationale.
00:29:31Parce que là
00:29:32où je rejoins complètement Sophie
00:29:33et ce sera la conclusion
00:29:35que nous vous proposons
00:29:35à ce moment-là,
00:29:36c'est qu'on ne peut pas
00:29:38faire en sorte
00:29:39de déstructurer l'éducation.
00:29:41On ne peut pas faire en sorte
00:29:43que tout se vale.
00:29:44Non, aujourd'hui,
00:29:45enseigner, c'est un métier,
00:29:46on est d'accord.
00:29:48Celui qui est dans ce métier,
00:29:49c'est l'enseignant,
00:29:49c'est à lui d'organiser les choses
00:29:51avec le chef d'établissement
00:29:52pour dire où, quoi, comment
00:29:54et avec qui.
00:29:54On fait en sorte
00:29:55que les programmes soient au teint
00:29:56et surtout,
00:29:57arrêter de faire appel aux parents
00:29:58parce qu'on n'est pas enseignant,
00:30:00on n'est pas répétiteur
00:30:01et on n'est pas surveillant,
00:30:01surtout quand on est en télétravail.
00:30:07J'imagine que c'est
00:30:09une dénonciation
00:30:10que vous partagez,
00:30:10Marine,
00:30:11mais est-ce que
00:30:13vous voyez, vous aussi,
00:30:14pour revenir plus précisément
00:30:16sur la question
00:30:17de l'outil numérique,
00:30:18est-ce que pour vous,
00:30:20aujourd'hui,
00:30:21c'est en train de devenir,
00:30:22d'être utilisé
00:30:23comme un cheval de troie
00:30:24d'une marchandisation
00:30:25de l'éducation
00:30:27ou est-ce que ça pourrait
00:30:28être autre chose ?
00:30:29Alors, marchandisation,
00:30:31c'est une chose,
00:30:31mais je ne vais pas revenir
00:30:32sur ce que disait Sophie
00:30:33qui est très juste.
00:30:34Il me semble qu'il n'y a pas
00:30:35que la marchandisation,
00:30:36c'est un outil très fort
00:30:38d'individualisation
00:30:39et d'isolement des élèves.
00:30:41Et ça, ça fait partie,
00:30:42là aussi,
00:30:43d'un projet d'école,
00:30:45c'est-à-dire que l'élève
00:30:46est, au lieu d'être en classe,
00:30:48dans un collectif
00:30:49dans lequel on apprend ensemble,
00:30:51et ça, je pense qu'après
00:30:53l'interruption scolaire,
00:30:55tous les parents savent
00:30:56que l'élève tout seul,
00:30:58en face à face,
00:30:58que ce soit avec un parent,
00:30:59avec un enseignant,
00:31:00avec un précepteur,
00:31:01en face à face,
00:31:02on apprend beaucoup moins bien
00:31:03que quand on est tous ensemble.
00:31:06On apprend dans le collectif,
00:31:08et ça, c'est important
00:31:10et pour l'apprentissage
00:31:11de l'élève et sa progression,
00:31:12et pour la société,
00:31:13parce que ça veut dire
00:31:14qu'on construit
00:31:14une culture commune
00:31:15et que donc, après,
00:31:16en tant que citoyen,
00:31:17en tant que travailleur,
00:31:18on a des choses qu'on partage.
00:31:21Et l'enseignement,
00:31:22enfin, l'outil informatique
00:31:23est aujourd'hui utilisé,
00:31:25au contraire,
00:31:25pour individualiser,
00:31:28isoler, différencier,
00:31:29et faire en sorte
00:31:30que, que ça soit à la maison
00:31:31ou en classe,
00:31:32on n'apprenne plus ensemble.
00:31:33On apprend chacun
00:31:35dans son coin
00:31:35avec une progression personnalisée,
00:31:38mais ça veut dire
00:31:38qu'à la fin de l'année,
00:31:39on n'a pas tous appris
00:31:40la même chose
00:31:41et on n'a pas partagé
00:31:42et construit une culture commune.
00:31:43Et ça, je trouve que c'est très grave
00:31:45en termes de projet de société,
00:31:46parce que ça fait exploser
00:31:48le dernier lieu
00:31:49où les citoyens de demain
00:31:51peuvent se construire
00:31:52un langage commun
00:31:53qui est absolument nécessaire
00:31:54au débat démocratique
00:31:55et peuvent se construire
00:31:56des qualifications communes
00:31:58qui sont absolument nécessaires
00:31:59ensuite pour pouvoir revendiquer
00:32:00face à un patron,
00:32:01un niveau de salaire, etc.
00:32:04Alors évidemment,
00:32:04l'informatique,
00:32:05ce n'est pas que ça
00:32:06et ça pourrait tout à fait
00:32:08être autre chose.
00:32:09Nous, par exemple,
00:32:10ça fait longtemps
00:32:10qu'on revendique
00:32:11que la culture numérique
00:32:13ait toute sa place à l'école,
00:32:14mais via une véritable discipline
00:32:15avec des enseignants,
00:32:17avec des concours
00:32:18de l'enseignement
00:32:18dans ces disciplines-là
00:32:20qui permettent
00:32:21que l'enseignement
00:32:22d'informatique
00:32:23ou de culture numérique
00:32:24prenne toute sa place
00:32:25dans la culture scolaire,
00:32:26mais comme une discipline
00:32:27qui a une histoire,
00:32:28comme une technique
00:32:29où il y a différents choix possibles.
00:32:31Et de la même manière,
00:32:32du côté des outils,
00:32:34ça fait très longtemps
00:32:35qu'on défend
00:32:35un service public
00:32:37des télécommunications,
00:32:38parce que l'enseignement
00:32:39à distance
00:32:39via l'outil informatique,
00:32:41ça accroît les inégalités,
00:32:42on n'est pas tous équipés pareil.
00:32:44Et ce n'est pas en distribuant
00:32:45des tablettes
00:32:46qu'on résout le problème,
00:32:47parce qu'on a la tablette,
00:32:49d'accord,
00:32:49mais il y a la connexion Internet.
00:32:50Est-ce qu'on doit être
00:32:51dépendant de serveurs privés
00:32:52pour que tous les gamins
00:32:54aient accès
00:32:55à la même connexion Internet ?
00:32:56Et puis,
00:32:57il y a avoir une chambre à soi,
00:32:59parce que quand on est
00:33:00deux en télétravail
00:33:01et puis deux ou trois enfants
00:33:02qui doivent suivre
00:33:03du téléenseignement,
00:33:05s'il n'y a pas la place
00:33:06à la maison,
00:33:06on peut avoir
00:33:07tous les équipements
00:33:08qu'il faut,
00:33:08ça ne marche pas.
00:33:09Donc, il y a des inégalités
00:33:11d'équipements très fortes
00:33:12qui appellent un effort
00:33:13du côté du service public,
00:33:14du côté des télécommunications,
00:33:17du côté bien sûr aussi
00:33:20de l'équipement
00:33:21et du côté des logiciels.
00:33:22C'est ce que tu disais,
00:33:24Rodrigo,
00:33:24ce n'est pas possible
00:33:25qu'aujourd'hui,
00:33:26le service public
00:33:27d'éducation nationale
00:33:28soit dépendant
00:33:29de multinationales
00:33:30qui ensuite vont vendre
00:33:31les données d'apprentissage
00:33:32de nos enfants
00:33:33pour fabriquer des logiciels
00:33:34d'apprentissage
00:33:35qu'elles commercialisent ailleurs.
00:33:36On a besoin de développer
00:33:38les logiciels libres
00:33:39et l'éducation nationale
00:33:40devrait être un partenaire
00:33:41privilégié des logiciels libres.
00:33:42Donc, le numérique en soi,
00:33:45c'est une technique.
00:33:46On peut en faire
00:33:46différentes choses,
00:33:47mais comme beaucoup d'autres,
00:33:49elle est mise au service
00:33:50d'un projet libéral
00:33:51qui vise à casser
00:33:53l'école commune,
00:33:53je crois, aujourd'hui.
00:33:55Alors, au cœur
00:33:56de l'école commune,
00:33:59on a les enseignants.
00:34:03Je pense qu'il y a aussi
00:34:04des choses à dire
00:34:04sur ce qui leur est arrivé
00:34:05pendant cette période.
00:34:08Quand on suit un peu,
00:34:09on a l'impression vraiment
00:34:11que les enseignants,
00:34:13c'est Rodrigo qui le disait
00:34:14tout à l'heure,
00:34:14ont été laissés seuls
00:34:17face à tout ce qu'il y avait
00:34:19à gérer par leur hiérarchie,
00:34:20par ceux qui sont censés
00:34:21les aider, les encadrer.
00:34:23On a beaucoup d'enseignants
00:34:24qui dénoncent
00:34:26le système ordre-contre-ordre,
00:34:28l'anarchie presque totale
00:34:29qui a eu lieu entre Mars
00:34:31et peut-être même encore aujourd'hui,
00:34:32d'ailleurs,
00:34:33avec ces protocoles
00:34:34qui sont balancés
00:34:34du jour au lendemain,
00:34:35qui disent le contraire
00:34:36pratiquement de ce qui était
00:34:38en vigueur jusque-là, etc.
00:34:42Le ministre,
00:34:44à nouveau,
00:34:44après ou avant
00:34:47les états généraux du numérique,
00:34:49a annoncé maintenant
00:34:50son intention
00:34:51de faire un grenelle,
00:34:52un énième grenelle
00:34:53des professeurs,
00:34:55puisqu'il dit
00:34:55qu'il est le ministre
00:34:56des enseignants.
00:35:00Est-ce qu'on doit
00:35:01s'en inquiéter
00:35:01ou est-ce qu'on peut
00:35:02avoir un espoir
00:35:03que ça apporte
00:35:04des solutions
00:35:05aux problèmes
00:35:06que je viens d'évoquer,
00:35:06qu'on ait un métier
00:35:08qui redevienne attractif,
00:35:09problème de rémunération,
00:35:11problème de...
00:35:12Qu'est-ce que vous en entendez,
00:35:14vous,
00:35:14les syndicats enseignants,
00:35:15on va dire ?
00:35:16Quand on a entendu
00:35:18l'expression
00:35:19grenelle des professeurs,
00:35:21on a tout de suite noté
00:35:22une vraie capacité
00:35:23d'innovation sémantique,
00:35:24puisqu'en trois ans,
00:35:25on a eu
00:35:26l'observatoire
00:35:26des rémunérations,
00:35:28on a eu
00:35:28la grande enquête
00:35:29internationale
00:35:30sur le métier
00:35:31de professeur,
00:35:32on a eu
00:35:32les discussions,
00:35:34les sommes
00:35:34qui sont sur la table,
00:35:35et maintenant,
00:35:35on a le grenelle
00:35:37des enseignants,
00:35:38donc on peut quand même
00:35:38lui reconnaître
00:35:39une vraie capacité
00:35:40à parler de choses,
00:35:42à lancer des choses
00:35:44en l'air,
00:35:44mais qui ont quand même
00:35:45du mal à se concrétiser
00:35:47sur des choses
00:35:47extrêmement concrètes.
00:35:49Ça fait trois ans
00:35:50qu'on demande
00:35:52à parler métier
00:35:53et surtout rémunération.
00:35:55Ça fait trois ans
00:35:57que ce dossier existe,
00:35:59que le constat est connu,
00:36:00les enseignants français
00:36:01sont parmi les plus mal payés
00:36:03en Europe,
00:36:03il y a un déclassement
00:36:04par rapport aux autres
00:36:05fonctionnaires de catégorie A,
00:36:07et au-delà des enjeux,
00:36:09je dirais,
00:36:10salario immédiat
00:36:11pour les enseignants,
00:36:12c'est aussi un enjeu
00:36:13de société,
00:36:13parce que finalement,
00:36:14des enseignants bien payés,
00:36:16c'est un métier attractif,
00:36:18c'est un métier qui recrute,
00:36:19ça veut dire des postes
00:36:20qui sont pourvus,
00:36:20et donc ça veut dire
00:36:21que dans les collèges
00:36:23et les lycées
00:36:23de tout le monde,
00:36:25il y a bien un professeur
00:36:26formé devant les élèves.
00:36:28Or, ça fait quand même
00:36:29un certain nombre
00:36:29de rentrées
00:36:30que tous les ans,
00:36:31nous, on voit
00:36:31qu'il y a des élèves
00:36:33qui n'ont pas
00:36:34de professeur face à eux,
00:36:35je pense que Rodrigo
00:36:36pourra en parler
00:36:36encore mieux que moi
00:36:37vu les enquêtes
00:36:38qui sont faites,
00:36:39mais il y a même parfois
00:36:40pendant plusieurs mois
00:36:40des élèves
00:36:41qui n'ont pas d'enseignants.
00:36:42Donc, quand on parle
00:36:43de rémunération,
00:36:44il y a un enjeu,
00:36:45bien évidemment,
00:36:46pour les enseignants
00:36:47nous-mêmes,
00:36:47mais il y a aussi
00:36:47un enjeu de service public
00:36:49et un enjeu
00:36:49qui concerne tout le monde.
00:36:51Alors, nous,
00:36:52là-dessus,
00:36:52nos attentes,
00:36:53elles sont connues,
00:36:54il y a une revalorisation
00:36:55qui doit se faire
00:36:56le plus rapidement possible,
00:36:58à hauteur, bien évidemment,
00:36:59de ce qui a été perdu,
00:37:00et pour aller plus loin,
00:37:02pour vraiment parler
00:37:02de revalorisation,
00:37:04des augmentations
00:37:05qui doivent être conséquentes.
00:37:06Mais on sait aussi,
00:37:08et c'est pour ça
00:37:09que même si je souligne
00:37:10cette capacité
00:37:11à nous trouver
00:37:12des expressions
00:37:13qui font un très bel effet médiatique,
00:37:16on sait aussi
00:37:18ce que Jean-Michel Blanquer
00:37:19a en tête.
00:37:20C'est-à-dire que lui,
00:37:20il a une vision
00:37:21du métier d'enseignant.
00:37:23Il l'a écrit très tôt
00:37:24dans son livre,
00:37:25qui était quasiment
00:37:26un livre-programme,
00:37:27l'école de demain,
00:37:28si ma mémoire est bonne,
00:37:29et qu'il a déroulé ensuite.
00:37:31Et donc,
00:37:31il nous a déjà exposé
00:37:32un peu les contours
00:37:33au mois de janvier dernier,
00:37:34quand il a essayé
00:37:34d'éteindre un peu
00:37:35l'incendie qu'il y avait
00:37:36autour de la réforme des retraites,
00:37:37en disant,
00:37:37ah bah oui,
00:37:38finalement,
00:37:38vous êtes les grands perdants,
00:37:39il faut peut-être
00:37:40qu'on s'occupe un peu de vous.
00:37:41Et il a dit,
00:37:42on peut trouver des compensations,
00:37:44mais avec des contreparties.
00:37:46Et là,
00:37:46il a commencé à nous dire,
00:37:48il va falloir changer
00:37:49le métier enseignant
00:37:50si vous voulez avoir
00:37:51une augmentation de salaire.
00:37:54Par rapport à la situation
00:37:55dans laquelle on est,
00:37:56je n'ai pas le souvenir
00:37:57que d'autres professions
00:37:58se soient vues imposer
00:38:00cette sorte de donnant-donnant.
00:38:02C'est-à-dire que nous,
00:38:03on a tendance à dire,
00:38:04mais on a donné.
00:38:05Enfin, je veux dire,
00:38:05on a donné ces dernières années,
00:38:07on a donné ces derniers mois,
00:38:08on a joué un rôle
00:38:09que tout le monde a reconnu
00:38:10pendant le confinement.
00:38:12Maintenant,
00:38:13c'est au ministre
00:38:13de passer aux actes.
00:38:15Donc,
00:38:16ces discussions
00:38:17sur la revalorisation,
00:38:20je mets beaucoup de guillemets
00:38:21parce qu'on sait
00:38:22que dans la perspective
00:38:24de Jean-Michel Blanquer,
00:38:25ce n'est pas une revalorisation,
00:38:27c'est une redéfinition du métier
00:38:30pour que cela colle exactement
00:38:32à son projet d'école
00:38:33dans lequel l'enseignant,
00:38:36finalement,
00:38:37est amené à travailler toujours plus.
00:38:39C'est ça.
00:38:40C'est le retour du travailler plus,
00:38:43même pas pour gagner plus.
00:38:45Donc,
00:38:45c'est ce projet-là.
00:38:47Et ce projet-là,
00:38:48il est vraiment problématique
00:38:50parce que d'une part,
00:38:50il ne prend pas en compte
00:38:51la réalité salariale de nos métiers,
00:38:53mais en plus,
00:38:54il risque de dégrader encore plus
00:38:56l'attractivité de nos métiers.
00:38:59Et derrière,
00:38:59ça veut dire encore plus
00:39:01de postes
00:39:02qui ne sont pas pourvus au concours.
00:39:03Ça veut dire qu'on va
00:39:04toujours moins recruter.
00:39:05Et ça veut dire après,
00:39:06des élèves sans professeur
00:39:07dans les collèges et les lycées.
00:39:09Et peut-être après,
00:39:10des familles qui vont finir
00:39:11par perdre cette confiance
00:39:12dans le service public d'éducation.
00:39:14Et là,
00:39:15avec tous les risques
00:39:16qu'on connaît derrière
00:39:17de fuite vers le privé.
00:39:19Donc,
00:39:20le grenelle des professeurs,
00:39:22je dirais,
00:39:22une expression de plus
00:39:23en trois ans,
00:39:24mais bien peu d'actes.
00:39:26Il faut maintenant
00:39:27passer aux actes.
00:39:30Passer aux actes.
00:39:31Vous, Marine,
00:39:32est-ce que vous craignez
00:39:34que ce...
00:39:35Est-ce que vous pensez
00:39:36que ce passage à l'acte
00:39:38pourrait être une dégradation
00:39:40encore plus ?
00:39:41Ce donnant-donnant
00:39:42qu'évoque Sophie,
00:39:44est-ce que c'est pour faire évoluer
00:39:47le métier d'enseignant
00:39:49dans un sens peut-être
00:39:50qu'on doit craindre ?
00:39:51Ou est-ce que,
00:39:52vraiment,
00:39:53on va aborder ces questions
00:39:55de rémunération,
00:39:57de statut,
00:39:58je pense notamment
00:39:59au statut des directeurs
00:40:00aussi dans les écoles
00:40:01qui est censé évoluer
00:40:03assez vite maintenant
00:40:04puisqu'il y a un projet
00:40:05de loi qui a été déposé.
00:40:07Est-ce que vous partagez
00:40:08ces craintes ?
00:40:09Évidemment, oui, évidemment.
00:40:10On peut toujours espérer
00:40:11qu'un jour,
00:40:12Jean-Michel Blanquer
00:40:12se réveille en ayant
00:40:13complètement changé d'avis
00:40:14sur ce que doit devenir
00:40:15le métier d'enseignant.
00:40:16Mais sinon,
00:40:17on a quand même vu,
00:40:18ça fait des années
00:40:18qu'on voit évoluer le métier
00:40:20et on le voit évoluer
00:40:22dans un sens inquiétant.
00:40:23Bien sûr,
00:40:23il y a la perte
00:40:24de pouvoir d'achat,
00:40:25c'est très important.
00:40:27Il y a encore plus
00:40:28la perte de sens,
00:40:29je crois,
00:40:30parce que les enseignants
00:40:31sont bombardés
00:40:32d'injonctions contradictoires
00:40:34avec d'un côté
00:40:35cette vocation
00:40:37dont tu parlais,
00:40:37cette envie de faire réussir
00:40:38les élèves
00:40:39et l'idée qu'on est là pour ça
00:40:40et puis de l'autre,
00:40:42la fabrication
00:40:43d'une machine à tri
00:40:44qui est quand même
00:40:45très violente
00:40:46et de plus en plus violente
00:40:47au fur et à mesure
00:40:48que la scolarité se déroule
00:40:49pour aboutir
00:40:50à Parcoursup
00:40:51qui met quand même
00:40:52les enseignants
00:40:53dans une position
00:40:55excessivement difficile,
00:40:56je crois.
00:40:57En même temps,
00:40:58on voit petit à petit
00:40:59la transformation
00:40:59des enseignants
00:41:00en exécutant
00:41:01parce que travailler plus,
00:41:03ça veut dire quoi
00:41:03pour un enseignant.
00:41:04Ça veut dire
00:41:05qu'on perd petit à petit
00:41:06la maîtrise
00:41:07de ce qu'on transmet,
00:41:08de la façon
00:41:09dont on le transmet,
00:41:10le temps qui serait nécessaire
00:41:11pour réfléchir
00:41:12sur pourquoi tel élève
00:41:14a des difficultés,
00:41:15comment je peux
00:41:16reformuler mon cours,
00:41:17changer mes pratiques
00:41:18pour résoudre
00:41:19les difficultés
00:41:20de l'ensemble des élèves.
00:41:21On ne l'a plus ce temps-là
00:41:22parce qu'on est obligé
00:41:23de faire des heures subs
00:41:24pour boucler les fins de mois
00:41:25ou parce que les heures subs
00:41:26sont imposées
00:41:27par le chef d'établissement
00:41:28de plus en plus
00:41:29et quand ce temps-là
00:41:30disparaît,
00:41:31on se retrouve
00:41:31avec des enseignants
00:41:32qui sont des exécutants
00:41:33et les jeunes
00:41:34qui entrent dans le métier
00:41:36qui sont poussés
00:41:38de plus en plus
00:41:39à coups de livres blancs
00:41:40ou de livres d'autres couleurs
00:41:42à suivre des petites fiches
00:41:44toutes faites
00:41:45et puis dans leur formation,
00:41:46on leur explique
00:41:46comment gérer sa classe,
00:41:47etc.
00:41:48et on perd le côté créatif
00:41:51du métier d'enseignant.
00:41:52Et c'est très grave
00:41:53pour les enseignants
00:41:54mais c'est très grave
00:41:55pour les gamins
00:41:55parce que quand on a
00:41:57des exécutants
00:41:57en tant qu'enseignants,
00:41:58on ne peut former
00:41:59que des exécutants,
00:42:00on ne peut plus former
00:42:00des citoyens libres
00:42:01dans ces conditions-là.
00:42:03Donc je crois qu'il y a
00:42:04quand même quelque chose
00:42:04de très inquiétant
00:42:05qui est un mouvement
00:42:06de long terme
00:42:07qui va aussi
00:42:08avec ce qu'on décrivait
00:42:09tout à l'heure
00:42:10qui est le transfert
00:42:10vers le local.
00:42:11C'est-à-dire que petit à petit,
00:42:13la mission des enseignants,
00:42:14on enlève,
00:42:16là tu parlais
00:42:17du 2S2C,
00:42:18l'art,
00:42:19la culture,
00:42:20le sport,
00:42:21ça va être
00:42:22les collectivités locales
00:42:23et l'animation
00:42:23et on le sort
00:42:24et on réduit
00:42:25l'école aux fondamentaux
00:42:26et les enseignants
00:42:27à des exécutants
00:42:28de fiches
00:42:28autour de ces fondamentaux
00:42:29et comme ça
00:42:30on peut diminuer
00:42:31le nombre de fonctionnaires
00:42:32et puis surtout,
00:42:34j'y reviens,
00:42:35je dis toujours
00:42:35la même chose
00:42:36mais on casse
00:42:37l'école commune
00:42:38parce que le commun,
00:42:38on le réduit
00:42:39à ce petit fondamental
00:42:40sur fiche
00:42:41et puis tout le reste
00:42:42va se jouer ailleurs
00:42:43en fonction de ce que pourra
00:42:44offrir la collectivité locale,
00:42:46de ce que pourra offrir
00:42:47la famille,
00:42:47de l'environnement,
00:42:48etc.
00:42:49Et je crois que là
00:42:50on est dans un moment
00:42:51où on peut faire entendre
00:42:53autre chose
00:42:54parce que tout le monde
00:42:55le voit bien,
00:42:55on a besoin de plus
00:42:57d'enseignants.
00:42:58Là, c'est bien
00:42:59d'envoyer des enfants
00:43:00à l'école avec des masques
00:43:01mais en vrai,
00:43:02on aurait besoin
00:43:02qu'ils ne soient pas
00:43:0335 par classe,
00:43:04on aurait besoin
00:43:05d'avoir des demi-groupes,
00:43:06des tiers de groupe,
00:43:07on aurait besoin
00:43:07de pouvoir éviter
00:43:09le brassage,
00:43:10etc.
00:43:10Et pour ça,
00:43:11on a besoin d'enseignants.
00:43:13Et ça,
00:43:13ça peut être très largement
00:43:14entendu aujourd'hui
00:43:15dans la société.
00:43:16Donc je crois qu'il faut
00:43:17qu'on porte cette proposition
00:43:18aujourd'hui
00:43:19de recruter massivement,
00:43:21de pré-recruter
00:43:22parce que
00:43:23combien de jeunes
00:43:24vont sortir de formation
00:43:25sans emploi
00:43:26dans les mois qui viennent
00:43:28avec la crise
00:43:29qui s'annonce ?
00:43:30On peut aujourd'hui dire
00:43:31au niveau licence,
00:43:32au niveau bac,
00:43:32on pré-recrute
00:43:33et on vous forme.
00:43:34Et on a
00:43:35deux ans,
00:43:36trois ans de formation
00:43:37avec une entrée progressive
00:43:39dans le métier.
00:43:40Et c'est ça
00:43:40qui peut redonner sens
00:43:41au métier d'enseignant.
00:43:42Une entrée longue
00:43:43où on peut s'emparer
00:43:44d'une culture du métier,
00:43:46où on peut ensuite
00:43:47faire évoluer ses pratiques.
00:43:48Et puis, bien sûr,
00:43:49ça implique la relance
00:43:50de la formation continue.
00:43:52Mais je crois qu'il y a
00:43:52vraiment un grand chantier
00:43:53à lancer autour.
00:43:56C'est par là
00:43:57qu'on va renforcer
00:43:57le service public
00:43:58en reconstruisant
00:44:00le métier d'enseignant
00:44:01qui a déjà été
00:44:02très malmené.
00:44:04Rodrigo,
00:44:05un petit avis là-dessus.
00:44:06Quand par exemple
00:44:07Emmanuel Macron,
00:44:08la semaine dernière
00:44:08en présentant son plan
00:44:10de relance,
00:44:10dit en gros
00:44:10qu'on ne va pas
00:44:11recruter d'enseignants,
00:44:12ça ne participe pas
00:44:13au redressement productif,
00:44:15c'est quelque chose
00:44:16que vous partagez ?
00:44:18J'ai eu l'occasion
00:44:19de dire ça
00:44:21chez vos confrères
00:44:23de radio
00:44:25qu'on attend
00:44:25le démenti
00:44:26du ministre
00:44:27de l'Éducation nationale
00:44:28de l'Élysée.
00:44:29Ça paraît un peu
00:44:30hallucinant
00:44:30que quand le ministre
00:44:31de l'Éducation nationale,
00:44:32bon point pour lui,
00:44:33demande 3000 enseignants,
00:44:35le canard enchaîné
00:44:36se fasse l'écho
00:44:36que le chef de l'État,
00:44:37le chef du gouvernement
00:44:38ont dit que
00:44:39ce n'était pas d'actualité
00:44:40parce que ça participait
00:44:41par l'enlève du pays.
00:44:42J'espère que c'est bidon
00:44:43et j'espère que c'est faux
00:44:44mais j'attends le démenti.
00:44:45Il se fait un peu désirer
00:44:46le démenti.
00:44:47Mais la question,
00:44:50c'est pas qu'une question
00:44:54de moyens,
00:44:54c'est une question
00:44:55de sens aux choses.
00:44:56Je pense que là,
00:44:57de dire des moyens,
00:44:59des moyens,
00:44:59des moyens,
00:44:59bon ok,
00:45:00mais pourquoi faire ?
00:45:01Des moyens,
00:45:01des moyens,
00:45:02des moyens,
00:45:02ce n'est pas la réponse.
00:45:03Il n'y a qu'à un moment donné,
00:45:04c'est pourquoi des moyens ?
00:45:06Et là,
00:45:07on va parler sérieusement.
00:45:09Blanquer,
00:45:10c'est un moine soldat,
00:45:11il fait ce qu'il a dit.
00:45:13Voilà,
00:45:14on avait le droit
00:45:15de ne pas être d'accord avant,
00:45:15on a le droit
00:45:16de ne pas être d'accord aujourd'hui,
00:45:17on n'a le droit
00:45:17de ne pas être d'accord demain
00:45:18ou au contraire.
00:45:19Il y a aussi plein de gens
00:45:20qui sont d'accord
00:45:20avec ce qu'ils racontent
00:45:21et qui soutiennent
00:45:22le projet qu'ils met en place.
00:45:24Par exemple,
00:45:27beaucoup de parents,
00:45:28d'enseignants,
00:45:31de grands-parents,
00:45:32fortiori,
00:45:34considèrent que le rôle
00:45:35de l'école,
00:45:36c'est d'instruire.
00:45:37Ce n'est pas suffisant
00:45:38parce que
00:45:41le ministère
00:45:42de l'instruction nationale,
00:45:43c'était 1930.
00:45:44En 1930,
00:45:45c'est devenu
00:45:45ministre de l'éducation nationale.
00:45:47Ça dit des choses.
00:45:49Par exemple,
00:45:50l'école aujourd'hui
00:45:51permet d'oeuvrer
00:45:52pour l'égalité homme-femme.
00:45:54Par exemple,
00:45:55quand dans une famille,
00:45:56on vous apprend
00:45:56que la place de la femme,
00:45:57c'est à la cuisine
00:45:59et que c'est bien comme ça
00:46:01parce que c'est comme
00:46:01le mec qui décide,
00:46:03on n'a que l'école
00:46:04pour pouvoir dire
00:46:05peut-être qu'à la maison,
00:46:06on te dit ça,
00:46:07mais en vrai,
00:46:07si tu es une femme
00:46:08et même si tu es un homme,
00:46:09tu n'es pas obligé de le faire.
00:46:11Et en plus,
00:46:11si c'est quoi,
00:46:11c'est illégal de te l'imposer.
00:46:13Parce qu'en France,
00:46:14on a un truc particulier,
00:46:15c'est que l'école,
00:46:15elle est obligatoire jusqu'à 16 ans.
00:46:17Donc,
00:46:17c'est le seul outil
00:46:19obligatoire
00:46:20pour tous les enfants
00:46:21et les futurs citoyens,
00:46:22dont tu parles Marine,
00:46:23de permettre d'avoir une éducation
00:46:25qui va au-delà
00:46:26du lire-écrire-compté.
00:46:27Je ne veux pas dire par là
00:46:28que lire-écrire-compté
00:46:29n'est pas essentiel,
00:46:30mais je dis que ce n'est pas suffisant.
00:46:32Ce n'est pas suffisant,
00:46:33par exemple,
00:46:33en période de Covid,
00:46:35quand dans une famille,
00:46:36pour X raisons,
00:46:38les règles d'hygiène
00:46:39ne sont pas assumées
00:46:40ou ne sont pas enseignées aux enfants.
00:46:43Heureusement qu'on a des enseignants
00:46:44avec des ADSEM, etc.,
00:46:45qui dès le plus jeune âge
00:46:46apprennent, par exemple,
00:46:49à respecter des règles d'hygiène
00:46:50qui sont celles de la collectivité
00:46:52pour se protéger des...
00:46:54Au Japon, par exemple,
00:46:55je prends souvent cet exemple-là,
00:46:56c'est les gamins
00:46:57qui nettoient les toilettes sanitaires,
00:46:58les filles comme les garçons.
00:47:00Ça dit des choses.
00:47:01Ça dit des choses,
00:47:02surtout quand on regarde
00:47:03les statistiques des personnes
00:47:04qui s'occupent de l'hygiène
00:47:05dans les établissements,
00:47:06qui sont essentiellement des femmes,
00:47:09essentiellement sous-payées
00:47:10et qui étaient invisibles
00:47:12dans l'école.
00:47:14D'ailleurs,
00:47:14très peu d'établissements,
00:47:15je ne dis pas que ça n'existe pas,
00:47:17mais très peu d'établissements
00:47:19présentent ces personnels-là
00:47:20aux élèves
00:47:21comme on présente des enseignants,
00:47:22des CPE, des CDI, etc.
00:47:24Pourtant,
00:47:25elles font partie intégrante
00:47:26de la communauté éducative.
00:47:27Je dis elles
00:47:27parce que c'est fondamentalement
00:47:28des femmes.
00:47:29Ça dit des choses
00:47:30sur la société.
00:47:31C'est-à-dire que
00:47:32la façon dont on conçoit l'école,
00:47:34dont on l'imagine,
00:47:34dans la structure,
00:47:35et que la façon
00:47:36dont on donne des moyens
00:47:38pour répondre à ces objectifs,
00:47:40ça fait aussi partie
00:47:41du projet de la République.
00:47:42Et je pense aujourd'hui
00:47:43qu'il y a un affaiblissement
00:47:44du projet de la République
00:47:45à vouloir rentrer
00:47:46dans un schéma de pensée
00:47:48qui nous limite
00:47:49à grand effort de communication,
00:47:51et je suis d'accord
00:47:51avec ton analyse
00:47:52sur l'utilisation du marketing
00:47:53de façon éhontée
00:47:54de la part de ce ministère,
00:47:57de dire
00:47:57l'école,
00:47:58c'est lire,
00:47:59écrire, compter,
00:47:59et le reste,
00:48:00c'est la responsabilité des parents.
00:48:01Non, c'est pas la responsabilité
00:48:03des parents.
00:48:04Parce que chez les parents,
00:48:05comme chez les profs,
00:48:06comme dans l'ensemble
00:48:07de la société,
00:48:08il y a un peu de tout.
00:48:09Et quand on regarde,
00:48:11par exemple,
00:48:13dans le concordat,
00:48:14la question de la laïcité,
00:48:15c'est quelque chose
00:48:15de relatif.
00:48:17Quand on regarde,
00:48:17par exemple,
00:48:18certains élus
00:48:18qui organisent le fait
00:48:20qu'il n'y ait pas
00:48:21d'école publique
00:48:21dans leur commune
00:48:22parce qu'ils privilégient
00:48:23les écoles privées
00:48:24confessionnelles,
00:48:26on a un problème.
00:48:27On a un problème
00:48:28sur le fait
00:48:28que la règle commune
00:48:29n'est pas appliquée
00:48:30sur ses fondamentaux
00:48:32et c'est précisément
00:48:33ce qui a été en jeu
00:48:34sur la question du masque,
00:48:36non pas gratuit,
00:48:37parce qu'il n'y a rien
00:48:38de gratuit.
00:48:39C'est la prise en charge
00:48:40par la puissance publique.
00:48:42C'est-à-dire l'idée
00:48:42de casser
00:48:43l'idée que l'État,
00:48:45en République,
00:48:46c'est des fonctions régaliennes
00:48:48et que la santé
00:48:49et l'éducation,
00:48:50c'est de la responsabilité
00:48:51de l'État
00:48:51et non pas
00:48:52des collectivités locales.
00:48:54Et que quand on me répond
00:48:55que la décentralisation
00:48:57permet ça,
00:48:58il y a une confusion
00:48:59idéologique forte
00:49:00qui est auto-entretenue
00:49:01par le gouvernement actuel
00:49:02qui fait confondre
00:49:03que la décentralisation
00:49:04c'est le relais de l'État,
00:49:07ce n'est pas la réalité.
00:49:09La décentralisation
00:49:10telle qu'elle est portée
00:49:10aujourd'hui,
00:49:11c'est-à-dire laisser
00:49:11aux collectivités locales,
00:49:13mairies, départements
00:49:14et régions
00:49:14ou aux parents,
00:49:15le fait de prendre
00:49:16la responsabilité
00:49:17de fournir des masques
00:49:17aux enfants,
00:49:18d'abord c'est un problème
00:49:19de santé publique
00:49:19pour les enseignants
00:49:20parce qu'on ne les protège pas,
00:49:22on ne protège pas les enfants,
00:49:23mais surtout,
00:49:24c'est aller vers
00:49:25une république féodale
00:49:25où ça dépend
00:49:26du volontariat
00:49:27des baronnies locales,
00:49:28à savoir,
00:49:29est-ce qu'en fonction
00:49:30de la conception idéologique,
00:49:32subjective
00:49:32et parfois genrée
00:49:34de l'utilisation
00:49:36de l'impôt local,
00:49:37est-ce qu'on prend en charge
00:49:37ou pas
00:49:38les masques
00:49:39pour les enfants
00:49:40ou est-ce qu'on laisse ça
00:49:42à la liberté individuelle ?
00:49:44La somme
00:49:45des intérêts individuels,
00:49:46ce n'est pas
00:49:46l'intérêt général
00:49:47et là je pense
00:49:48qu'il y a un vrai problème idéologique
00:49:49et je pense que c'est ça
00:49:50qui est au cœur du truc.
00:49:51Les tablettes,
00:49:52c'est la même chose,
00:49:53on a fait le choix
00:49:53de l'équipement individuel.
00:49:55Quand on fait choix
00:49:55de l'équipement individuel,
00:49:56ça veut dire que les enfants
00:49:57n'ont pas de pause.
00:49:58Les enseignants,
00:49:58quand ils finissent de bosser,
00:49:59ils finissent de bosser.
00:50:00Moi, quand je finis de bosser,
00:50:01je finis de bosser
00:50:02et je m'occupe
00:50:02de mes affaires privées.
00:50:03Les élèves, non.
00:50:04C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:50:05quand on donne du boulot
00:50:07aux enfants,
00:50:07ça se fait entre 8h du matin,
00:50:09l'heure à laquelle
00:50:10ouvre l'établissement
00:50:10et ça s'arrête à 18h
00:50:12ou 19h sans l'écart
00:50:13quand on se ferme l'établissement.
00:50:14Ça veut dire que
00:50:14quand vous équipez individuellement
00:50:16les enfants
00:50:16avec des tablettes
00:50:17ou des ordinateurs,
00:50:18vous les obligez
00:50:19à travailler à la maison.
00:50:20Ce qui veut dire
00:50:21que quand ils arriveront
00:50:21à l'âge adulte,
00:50:22ils trouveront normal
00:50:23que leur patron leur dise
00:50:24« tu vas travailler
00:50:25pendant les heures ouvrables,
00:50:26par contre,
00:50:26quand tu seras chez toi,
00:50:27s'il te plaît,
00:50:27tu finis ton boulot. »
00:50:28Non, le droit du travail,
00:50:29il existe
00:50:30et il doit aussi être valable
00:50:31pour les enfants.
00:50:32C'est-à-dire que l'équipement
00:50:33ne doit pas être
00:50:33un équipement individuel
00:50:35clientèle,
00:50:36il doit être
00:50:36avec des équipements collectifs
00:50:37dans lesquels
00:50:38l'enfant peut étudier
00:50:39et utiliser
00:50:40de façon pédagogique
00:50:41sous l'autorité
00:50:41et l'injonction
00:50:42et la direction
00:50:43d'un enseignant
00:50:43que l'utilisation
00:50:45d'un ordinateur
00:50:45ou d'une tablette
00:50:46ou d'un téléphone portable,
00:50:47peu importe l'outil
00:50:47que vous choisissez,
00:50:48se fait pendant les heures
00:50:49« ouvrables »
00:50:50pour les élèves
00:50:51qui sont régis
00:50:52par un règlement intérieur
00:50:53et que tout ce qui se passe
00:50:54en dehors de ce moment-là,
00:50:55ça n'existe pas.
00:50:56Parce que le gamin,
00:50:57comme les adultes,
00:50:58il a le droit d'aller au sport,
00:50:59il a le droit de regarder
00:50:59un livre,
00:51:00il a le droit d'aimer
00:51:01ses parents,
00:51:03il a le droit de jouer
00:51:03avec ses frères et sœurs.
00:51:04Il y a des élèves
00:51:05qui ont des enfants,
00:51:05ceci est,
00:51:06ça arrive.
00:51:07C'est-à-dire qu'il a le droit
00:51:08d'avoir sa vie privée.
00:51:09C'est-à-dire que l'enfant
00:51:09n'est pas en dehors du droit.
00:51:10Et aujourd'hui,
00:51:11la France,
00:51:12l'éducation nationale,
00:51:13parce qu'il y a une perte de sens,
00:51:14elle impose à ses enfants,
00:51:16à nos enfants,
00:51:17à vos élèves,
00:51:17ce que les adultes
00:51:18n'acceptent pas pour eux-mêmes.
00:51:19Et ça, ça vaut autant
00:51:20pour le temps de vacances,
00:51:21comme j'ai parlé tout à l'heure
00:51:22des vacances apprenantes,
00:51:23que sur le temps scolaire
00:51:24où les élèves travaillent non-stop,
00:51:26en particulier pendant le Covid,
00:51:27où les gamins,
00:51:27ils ont bossé jusqu'à 2h du matin,
00:51:29d'après les témoignages qu'on a.
00:51:30Mais ça vaut aussi,
00:51:31y compris pour l'utilisation
00:51:31des toilettes,
00:51:32pour la question
00:51:32de la restauration scolaire,
00:51:34etc.,
00:51:34où il y a des gamins aujourd'hui
00:51:35qui sont en train de manger
00:51:36dans les cours d'école.
00:51:37Ce n'est pas de souci
00:51:38pour manger au plein air,
00:51:39sauf qu'à l'automne,
00:51:39il va pleuvoir.
00:51:40Donc, comment on fait ?
00:51:41Il faut arrêter de gérer la pénurie.
00:51:43Donc, les moyens,
00:51:43c'est par rapport à du sens,
00:51:44c'est par rapport à des objectifs.
00:51:45Et ces objectifs-là
00:51:47ne peuvent plus être élaborés.
00:51:48Rue de Grenelle,
00:51:48ils doivent être élaborés
00:51:49avec les enseignants,
00:51:50avec les parents,
00:51:51avec les élèves,
00:51:52notamment avec leurs organisations
00:51:54représentatives,
00:51:54et surtout,
00:51:55arrêter de nous convoquer
00:51:56à des réunions bidons
00:51:57où on vient nous expliquer
00:51:58comment on va travailler ensemble
00:51:59quand les annonces
00:52:00ont été faites la veille
00:52:02à grand renfort de médias
00:52:03sur France 2,
00:52:04les yeux dans les yeux.
00:52:05Ça, ce n'est pas possible
00:52:05de travailler comme ça.
00:52:06Ça suffit de nous convoquer
00:52:07à des réunions
00:52:08où on sait déjà
00:52:09ce qui va se dire
00:52:09parce que ça a été dit
00:52:10dans les médias la veille.
00:52:11Il faut arrêter
00:52:12de prendre les gens
00:52:12pour des idiots,
00:52:13surtout à l'ère d'Internet.
00:52:14Enfin, excusez-moi,
00:52:15tout se sait.
00:52:16Tout se sait.
00:52:17On ne peut pas dire,
00:52:18tu as vu le truc,
00:52:19nulle part dans le monde,
00:52:20on distribue des masques,
00:52:21etc.
00:52:22On tape dans Google
00:52:24ou dans Mozilla
00:52:24ou ce que tu veux,
00:52:25on sait qu'en Grèce,
00:52:26en Italie et en Espagne,
00:52:27c'est fourni gratuitement.
00:52:28Il faut arrêter
00:52:28de mentir aux gens.
00:52:29Mais qu'est-ce que c'est
00:52:30que cette idée ?
00:52:31Moi, je dis qu'à force
00:52:31de mentir aux gens,
00:52:33on dénature,
00:52:33on affaiblit la parole publique
00:52:34et on affaiblit
00:52:35la parole publique.
00:52:36Par contre, nous,
00:52:36on a un coup à jouer
00:52:37parce que nous,
00:52:38on est sur le terrain,
00:52:39on est au quotidien
00:52:39et on sait que
00:52:40établissement par établissement,
00:52:41école par école,
00:52:42on peut réinventer
00:52:43maillon par maillon
00:52:44l'école de demain
00:52:45indépendamment des pouvoirs publics
00:52:46parce qu'en réalité,
00:52:47dans la vraie vie,
00:52:48au quotidien,
00:52:49ils se sont déguisés en souvenir
00:52:50et on fait sans eux.
00:52:50Ils veulent qu'on fasse sans eux ?
00:52:52OK, portons ensemble
00:52:53un projet alternatif
00:52:53parce que je sais
00:52:54qu'on peut le faire.
00:52:55Pour la simple et bonne raison,
00:52:56c'est que cette école alternative,
00:52:57on l'a fait pendant le Covid
00:52:58et je pense que si on l'a fait
00:52:59pendant le Covid,
00:52:59on peut la faire aujourd'hui
00:53:00à condition de se prendre en main
00:53:01et de travailler intelligemment
00:53:03avec un projet novateur
00:53:04qui donne du sens,
00:53:05qui donne de la perspective
00:53:06et là, je suis convaincu
00:53:08que parents, enseignants, élèves,
00:53:10on est dans cette direction-là.
00:53:11Donc, redonnons du sens aux choses
00:53:13parce que les moyens,
00:53:13vous savez, ils existent,
00:53:14c'est nos impôts.
00:53:15Il faut arrêter de faire croire
00:53:16que les impôts,
00:53:17ce n'est pas à nous.
00:53:18C'est qui ces gens
00:53:18qui décident à notre place ?
00:53:19Ils jouent avec nos impôts.
00:53:21Excusez-moi,
00:53:21les moyens, ils sont là.
00:53:22Utilisons-les,
00:53:23proposons ensemble,
00:53:24travaillons
00:53:24et proposons une alternative
00:53:26à ce qu'on nous propose
00:53:30automatiser le métier
00:53:31de l'enseignant
00:53:31et abrutir une partie
00:53:32de nos enfants
00:53:33qui pensent que l'avenir,
00:53:35c'est d'être sur Netflix,
00:53:36etc.
00:53:37C'est ça la réalité.
00:53:38Donc, on a tout un champ
00:53:39devant nous,
00:53:40à nous de nous en saisir
00:53:41parce que personne
00:53:42ne le fera à notre place.
00:53:44Merci Rodrigo
00:53:44d'introduire la question suivante.
00:53:47Oui, non, mais voilà.
00:53:48Quelle école après le Covid,
00:53:49on disait,
00:53:50c'est aussi de quelle école
00:53:51on aurait envie,
00:53:52de quelle école on pense
00:53:54comment l'école
00:53:55devrait-elle se transformer
00:53:56pour répondre réellement
00:53:57aux besoins
00:53:59que les uns ou les autres
00:54:00on estime nécessaire
00:54:01de répondre ?
00:54:02Sophie, vous,
00:54:03vous avez une idée,
00:54:04j'imagine,
00:54:05sur la question
00:54:05de quelle école
00:54:06vous rêvez
00:54:07en dehors des cours
00:54:09ou après les cours ?
00:54:10On en a une,
00:54:11on a même plusieurs,
00:54:13plusieurs idées,
00:54:13mais pour faire assez rapide,
00:54:15il y a quand même
00:54:15trois points
00:54:16qui semblent incontournables.
00:54:18Sur la question des moyens,
00:54:20Rodrigo dit que c'est important,
00:54:21mais ce n'est pas tout,
00:54:22mais c'est quand même
00:54:22un élément incontournable
00:54:24et là, de toute façon,
00:54:24je pense qu'on est tous d'accord.
00:54:26Il faut quand même
00:54:27se rappeler que dans les collèges
00:54:29et les lycées,
00:54:30depuis 2017,
00:54:31il y a quand même
00:54:31près de 49 000 élèves en plus
00:54:33et pourtant,
00:54:35les collèges et les lycées
00:54:36n'ont connu que
00:54:36des suppressions de postes.
00:54:38On va avoir d'ici 2023
00:54:40une augmentation
00:54:41du nombre d'élèves
00:54:42dans les collèges
00:54:43et les lycées
00:54:43qu'on n'a jamais vu jusqu'ici.
00:54:45C'est de l'ordre
00:54:46de 17 000 élèves en plus
00:54:48en moyenne jusqu'en 2023.
00:54:50En 2023,
00:54:51ce sont les services même
00:54:52du ministère qui le disent,
00:54:53on n'aura jamais eu
00:54:55autant d'élèves dans le second degré
00:54:57en 2023.
00:54:58Donc, la question des moyens,
00:55:00elle est incontournable
00:55:01parce qu'on a tous ces élèves-là
00:55:03à accueillir.
00:55:03Déjà, en temps normal,
00:55:04il faut pouvoir les accueillir
00:55:06dans de bonnes conditions,
00:55:07c'est-à-dire diminuer les effectifs
00:55:09dans les classes
00:55:10et encore plus,
00:55:11là, avec tous les enjeux
00:55:13pour lutter contre les inégalités
00:55:14qu'on a face à nous,
00:55:17il faut qu'on puisse,
00:55:18c'est un peu ce que disait
00:55:19Marine tout à l'heure,
00:55:20certainement faire encore plus
00:55:21de petits groupes
00:55:23pour pouvoir travailler
00:55:24avec les élèves,
00:55:25mais travailler avec eux
00:55:26dans l'école.
00:55:27Et donc,
00:55:28cette question des moyens,
00:55:29elle est pour nous incontournable
00:55:31et elle est même
00:55:32une des premières questions
00:55:33qu'on doit traiter.
00:55:34Et si,
00:55:35alors,
00:55:35le mot plan d'urgence,
00:55:37on a eu tellement
00:55:38de plans d'urgence
00:55:39sur l'école que,
00:55:40voilà,
00:55:41mais quelle que soit la façon
00:55:42dont on l'appelle,
00:55:43la question des moyens
00:55:44sera centrale
00:55:45parce que c'est comme ça
00:55:46qu'on pourra
00:55:47vraiment s'attaquer,
00:55:49je dirais,
00:55:50à la racine des problèmes
00:55:51en travaillant
00:55:52comme il faut
00:55:53avec les élèves
00:55:54dans les établissements.
00:55:55Après,
00:55:56et là où je te rejoins,
00:55:56ce n'est pas l'unique
00:55:58porte d'entrée
00:55:58de l'école de demain.
00:56:00C'est-à-dire que
00:56:01ces moyens-là,
00:56:02ils doivent aussi
00:56:03nous permettre
00:56:04de mettre en place
00:56:06cette école d'après-Covid
00:56:07qui doit,
00:56:07à notre sens,
00:56:08passer par revoir
00:56:09complètement
00:56:10les réformes
00:56:11qui ont été appliquées
00:56:12ces dernières années.
00:56:14Est-ce qu'aujourd'hui,
00:56:15déjà,
00:56:16ces dernières années,
00:56:17ça n'avait pas de sens,
00:56:17mais est-ce qu'aujourd'hui,
00:56:18ça a encore un sens
00:56:20d'être dans la course
00:56:21à l'évaluation permanente,
00:56:23par exemple,
00:56:24dans le cadre
00:56:24du nouveau baccalauréat ?
00:56:26Est-ce que ça a encore
00:56:26un sens
00:56:27d'être face à des programmes
00:56:28qui sont absolument,
00:56:30enfin,
00:56:30qui sont encyclopédiques
00:56:31et qui reviennent
00:56:32à être dans une espèce
00:56:33de course
00:56:34contre la montre
00:56:35pour les programmes
00:56:36dans lesquels
00:56:37on sait très bien
00:56:37ce qui se passe ?
00:56:38Au bout de trois mois,
00:56:39quatre mois,
00:56:39on a perdu les élèves
00:56:40les plus fragiles.
00:56:42Et ces élèves-là,
00:56:44on ne pouvait pas
00:56:45se permettre
00:56:46de les perdre
00:56:46les années précédentes,
00:56:47mais là,
00:56:48avec toutes les difficultés
00:56:49qu'ils ont accumulées,
00:56:50l'objectif,
00:56:51ce n'est pas de boucler
00:56:52les programmes à tout prix.
00:56:53Donc,
00:56:54il y a aussi
00:56:54toute cette réflexion
00:56:55à avoir sur
00:56:56la façon dont on fonctionne,
00:56:58les programmes,
00:56:59et aussi,
00:57:00qu'est-ce qu'on veut apprendre
00:57:01finalement dans l'école
00:57:03d'après le Covid ?
00:57:04Quel savoir
00:57:05on veut mettre au centre ?
00:57:06Il nous semble
00:57:07qu'il y a toute une réflexion
00:57:09à avoir aussi là-dessus.
00:57:11Il y a aussi
00:57:11des nouvelles questions
00:57:12qui émergent
00:57:13dans le débat public
00:57:14qu'il faut très certainement
00:57:15traiter pour que les élèves
00:57:16soient aussi
00:57:17les citoyens de demain,
00:57:18les citoyens éclairés
00:57:19de demain.
00:57:20Donc,
00:57:20au-delà de la question
00:57:21des moyens,
00:57:21il y a la question,
00:57:22je dirais,
00:57:22de l'organisation
00:57:23du système éducatif
00:57:24et des programmes.
00:57:25Et puis,
00:57:26je reviens là-dessus,
00:57:27le troisième point,
00:57:28c'est que dans l'école
00:57:29d'après Covid,
00:57:30il faut consolider
00:57:31la place des personnels,
00:57:33il faut revaloriser
00:57:33les personnels,
00:57:34puisque ce sont eux
00:57:35qui font tenir
00:57:36le service public
00:57:37d'éducation.
00:57:37Et ça sera finalement aussi
00:57:40la meilleure solution,
00:57:41cette espèce de triptyque
00:57:43moyen,
00:57:43structure-programme
00:57:45et revalorisation
00:57:46des personnels,
00:57:47de conforter
00:57:48l'éducation nationale
00:57:49pour éviter
00:57:51après toutes les dérives
00:57:52qu'on voit aujourd'hui
00:57:53à coups
00:57:54d'externalisations
00:57:55diverses et variées
00:57:56d'un certain nombre
00:57:57de problèmes
00:57:58ou de phénomènes.
00:57:59D'accord.
00:58:01Plan d'urgence,
00:58:02vous avez dit.
00:58:03Eh bien justement,
00:58:05le Parti communiste
00:58:06en a proposé un
00:58:07au printemps.
00:58:09Marine,
00:58:09vous pouvez peut-être
00:58:10nous en parler
00:58:10et puis nous parler
00:58:11de cette problématique,
00:58:13de quelle école
00:58:14on rêve peut-être aussi.
00:58:16Oui,
00:58:16parce que c'est ce que
00:58:17j'ai dit tout à l'heure,
00:58:18je pense que répondre
00:58:19à l'urgence aujourd'hui,
00:58:20c'est aussi rendre
00:58:21l'école vraiment commune,
00:58:22faire que tous les enfants
00:58:23y aient leur place
00:58:24et qu'elle leur permette
00:58:26de réussir
00:58:26et donc forcément
00:58:28transformer l'école
00:58:28parce que l'école
00:58:29qu'on connaît,
00:58:30elle ne permet pas
00:58:30aujourd'hui
00:58:31à tous les enfants
00:58:31de réussir.
00:58:32Et je dirais
00:58:33que c'est un peu,
00:58:34disons pour nous,
00:58:35le fil directeur,
00:58:36c'est-à-dire d'un côté
00:58:37faire que là,
00:58:38dans l'urgence,
00:58:39l'école puisse accueillir
00:58:40tous les enfants
00:58:41dans de bonnes conditions
00:58:42pour qu'ils puissent
00:58:43vraiment apprendre
00:58:44et sur le long terme,
00:58:45refonder l'école
00:58:46pour qu'elle puisse
00:58:47faire réussir
00:58:48tous les enfants,
00:58:49ce qui n'est pas le cas
00:58:50pour l'instant.
00:58:52Alors,
00:58:52je ne reviens pas
00:58:52sur la question
00:58:53des recrutements
00:58:54qui me semble
00:58:54effectivement fondamentale.
00:58:56Aujourd'hui,
00:58:56on a besoin
00:58:57de plus d'enseignants,
00:58:57de plus de personnel,
00:58:58de reconstruire
00:58:59une médecine scolaire.
00:59:00Tu disais,
00:59:00on est dans des questions
00:59:02sanitaires,
00:59:02il y a la question
00:59:03des locaux,
00:59:03puis il y a la question
00:59:04de mettre des infirmiers,
00:59:05des infirmières,
00:59:06des médecins,
00:59:06etc.,
00:59:07dans les établissements
00:59:08scolaires aussi.
00:59:09Mais je ne reviens pas
00:59:09là-dessus
00:59:10parce qu'on en a parlé.
00:59:11je voudrais prendre
00:59:13un autre point
00:59:13qui est celui
00:59:14des programmes.
00:59:16Là,
00:59:16les gamins,
00:59:17ils ont eu six mois
00:59:18sans école,
00:59:18ils reviennent,
00:59:19il n'y a pas d'aménagement
00:59:20de programme.
00:59:21Et on demande aux enseignants
00:59:22de rattraper en un trimestre
00:59:24six mois,
00:59:26non pas six mois de pause
00:59:27parce qu'on sait bien
00:59:28qu'un enfant qui quitte
00:59:29l'école pendant six mois,
00:59:30on n'appuie pas
00:59:31sur le bouton pause,
00:59:32ce n'est pas une vidéo,
00:59:33ça recule,
00:59:34ça perd,
00:59:34ça s'oublie,
00:59:35ça se mélange,
00:59:35on passe à autre chose,
00:59:36etc.
00:59:37On désapprend à être élève aussi,
00:59:39on a plus de mal
00:59:39à tenir en place,
00:59:40il y a plein de choses
00:59:41qu'il faut réapprendre,
00:59:42c'est normal,
00:59:42c'est la vie,
00:59:43ce n'est pas grave,
00:59:44mais il faut du temps.
00:59:46Et je trouve que cette question-là,
00:59:48elle met en exergue deux choses,
00:59:49d'une part,
00:59:50les programmes actuels
00:59:51ne sont pas faits
00:59:52pour faire réussir tout le monde,
00:59:53non pas qu'il faille
00:59:54en rabattre sur les ambitions,
00:59:56on l'a dit,
00:59:57la crise qu'on vit
00:59:58montre bien
00:59:59qu'il y a besoin
00:59:59d'un très haut niveau
01:00:00de culture commune
01:00:01à la sortie de l'école,
01:00:02mais il faut penser
01:00:03les programmes
01:00:03pour rendre possible
01:00:05leur transmission,
01:00:06leur construction,
01:00:08leur appropriation
01:00:08par tous les élèves.
01:00:10Et pour ça,
01:00:11il faut du temps.
01:00:12Et là,
01:00:12tout d'un coup,
01:00:13on regarde un peu en arrière
01:00:14et on se rend compte
01:00:14que le temps dédié
01:00:15aux apprentissages,
01:00:16en fait,
01:00:17là,
01:00:17depuis une dizaine d'années,
01:00:17il n'arrête pas de diminuer.
01:00:19Il y a eu la demi-journée
01:00:20d'école supprimée
01:00:21en primaire,
01:00:22il y a eu la réforme du collège
01:00:24où tout d'un coup,
01:00:25il y a plein d'aides
01:00:26personnalisées
01:00:27de ceci,
01:00:27de cela,
01:00:27puis le temps des disciplines,
01:00:29il est rabougri,
01:00:30puis il y a du temps
01:00:31qui varie localement.
01:00:33Au collège,
01:00:3420% de l'emploi du temps
01:00:35dépend de l'établissement.
01:00:39Exemple relevé aujourd'hui
01:00:40de l'évidence,
01:00:41on a besoin de plus de temps
01:00:42pour les apprentissages,
01:00:44il faut augmenter
01:00:45le temps scolaire
01:00:46et il faut qu'on arrête
01:00:48de nous dire
01:00:48les pauvres choupis
01:00:49vont être fatigués.
01:00:50Parce que c'est toujours
01:00:51les mêmes qui sont fatigués.
01:00:52Bizarrement,
01:00:53moi, mes enfants,
01:00:53ils vont à l'école,
01:00:55puis après,
01:00:55ils vont à leur cours de musique,
01:00:56puis après,
01:00:57ils vont à l'escalade,
01:00:57puis ils ne sont pas fatigués.
01:00:59Et puis,
01:01:00les enfants dont on dit
01:01:01qu'ils sont en difficulté,
01:01:02on nous dit
01:01:03qu'il leur faudrait moins d'école
01:01:04parce qu'ils s'ennuient
01:01:04et qu'ils sont fatigués.
01:01:05Mais c'est dans l'autre sens
01:01:06qu'il faut réfléchir
01:01:07parce qu'ils sont en difficulté.
01:01:09Donnons-leur le temps
01:01:10de réussir,
01:01:11donnons aux enseignants
01:01:11le temps de varier
01:01:12leurs pratiques,
01:01:13de comprendre ce qui ne va pas
01:01:14pour résoudre les problèmes
01:01:14et les gamins,
01:01:15ils ne s'ennuieront pas à l'école,
01:01:16ça fera sens
01:01:17et ils ne seront pas fatigués
01:01:18à la fin.
01:01:19Donc,
01:01:19je pense qu'une des mesures
01:01:21d'urgence,
01:01:22c'est d'aménager
01:01:23les programmes tout de suite
01:01:24parce qu'on ne peut pas dire
01:01:26vous allez en un trimestre
01:01:27rattraper six mois,
01:01:29surtout qu'on ne sait pas trop
01:01:30ce que va être ce trimestre
01:01:30quand même,
01:01:31ça commence à refermer
01:01:33et puis donner du temps
01:01:35sur le long terme,
01:01:36reconquérir le temps scolaire
01:01:37qu'on a perdu.
01:01:39Deuxième mesure d'urgence,
01:01:40tu parlais de la gratuité
01:01:42des masques,
01:01:44on a bien vu là
01:01:45avec la question
01:01:45de l'enseignement à distance,
01:01:46les inégalités face à l'école,
01:01:49les inégalités économiques,
01:01:50les inégalités d'équipement
01:01:51face à l'école,
01:01:52il faut un fond national d'urgence
01:01:55pour la gratuité
01:01:55de tout ce qui est nécessaire
01:01:57à la réussite scolaire.
01:01:58Donc,
01:01:58les masques là,
01:02:00aujourd'hui tout de suite
01:02:00remboursés par la Sécu,
01:02:02mais la restauration scolaire,
01:02:04les transports scolaires,
01:02:05il faut aider
01:02:06les collectivités locales
01:02:07à financer
01:02:07les équipements nécessaires.
01:02:09Ce n'est pas normal
01:02:10que ça dépende
01:02:10des collectivités locales,
01:02:12il faut un plan national d'aide
01:02:14pour l'équipement des locaux,
01:02:15l'aménagement, etc.
01:02:18Et, je termine là,
01:02:20il faut un cadre national.
01:02:22L'urgence,
01:02:23c'est d'en finir
01:02:24avec la délégation permanente
01:02:25au local.
01:02:26Le gouvernement
01:02:27ne peut pas continuer
01:02:28à se défausser en permanence.
01:02:30Quand il y a des élèves malades,
01:02:31c'est le maire
01:02:32qui décide
01:02:32s'il ferme l'école.
01:02:34Les masques,
01:02:34c'est la collectivité locale
01:02:36qui finance.
01:02:36Et du coup,
01:02:37les enfants,
01:02:37en fonction de là où ils habitent,
01:02:38ils n'ont plus la même école.
01:02:39Il faut revenir
01:02:40à un cadre national.
01:02:42Et je pense que,
01:02:43mais là,
01:02:43je rejoins ce que disait
01:02:44Rodrigo tout à l'heure,
01:02:46je pense qu'au-delà
01:02:46du plan d'urgence,
01:02:47il faut tout de suite
01:02:49en finir avec
01:02:49toutes les mesures
01:02:50qui ont fragilisé
01:02:51le service public
01:02:51et qui nous ont amenés ici,
01:02:53moratoire sur toutes les réformes
01:02:54qui ont été imposées
01:02:55ces dernières années,
01:02:56et réunion d'États généraux
01:02:58pour l'éducation.
01:02:59Alors là aussi,
01:02:59comme plan d'urgence,
01:03:00États généraux,
01:03:01c'est une expression
01:03:01qui a été beaucoup galvaudée.
01:03:04Mais tu le disais,
01:03:05on a besoin de se mettre
01:03:05tous ensemble là
01:03:06et d'en faire un sujet de société.
01:03:08Aujourd'hui,
01:03:08il faut qu'on reconstruise,
01:03:09que les citoyennes,
01:03:11les citoyens
01:03:11s'emparent de l'école de demain
01:03:12et la reconstruise ensemble.
01:03:15Très bien.
01:03:16Je crois malheureusement
01:03:18qu'il faut qu'on s'arrête là.
01:03:19J'aurais bien aimé
01:03:20vous redonner un peu la parole
01:03:21pour un mot de conclusion,
01:03:22mais je crois que ça...
01:03:24Voilà,
01:03:24donc je vais me recharger
01:03:26de la conclusion
01:03:27en espérant,
01:03:27après vous avoir entendu
01:03:28les uns et les autres,
01:03:29après avoir entendu
01:03:30que les parents,
01:03:31les enseignants
01:03:32sont peut-être
01:03:32un peu mieux découverts.
01:03:34Ça peut être
01:03:34un des aspects positifs
01:03:35de ce confinement,
01:03:36etc.
01:03:37Quand on dit
01:03:37enseignant,
01:03:38c'est un métier,
01:03:39finalement,
01:03:40quand les enseignants
01:03:41aussi s'aperçoivent
01:03:42que les parents
01:03:43peuvent jouer
01:03:43un rôle actif
01:03:45dans l'éducation,
01:03:46on peut peut-être espérer
01:03:47qu'il leur sortira
01:03:49quelque chose
01:03:49de commun à faire
01:03:50par rapport
01:03:51à ce projet
01:03:52qu'on voit se dessiner
01:03:53dont vous avez
01:03:54un peu bien
01:03:55cerné les contours,
01:03:56je crois,
01:03:58de manière à empêcher
01:03:59peut-être,
01:04:00pas le pire,
01:04:01mais en tout cas
01:04:02quelque chose
01:04:03de pas très bon
01:04:03qui a l'air
01:04:04de se profiler.
01:04:05Voilà,
01:04:05en vous remerciant
01:04:06tous les trois
01:04:07d'être venus
01:04:09prendre part à ce débat.
01:04:10Merci.
01:04:11Sous-titrage Société Radio-Canada