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  • il y a 8 heures
Dans ce nouvel épisode de Scroll, on reçoit Lumir Lapray. Nous l'avions déjà accueillie pour son livre “Ces gens-là - Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer.” Elle revient pour nous parler des élections municipales et plus particulièrement du collectif “Victoires Populaires” qui veut faire gagner la gauche dans les communes de moins de 9000 habitants. Entretien mené par Melissa Amneris et Mathilde Gros.

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00:00 Introduction : c'est quoi "Victoires populaires"
2:55 Que faire à son niveau pour les municipales
12:05 Convaincre les gens qui votent RN
19:44 L'entre-soi militant de gauche
25:31 Le rôle des médias dans la fracture entre villes et campagnes
35:36 Conclusion

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Transcription
00:01Salut tout le monde, on se retrouve avec L'Oumir Lapré.
00:05On t'avait déjà reçu, L'Oumir, pour parler de ton livre « Ces gens-là » que j'ai
00:10fortuitement juste ici.
00:12Mais quel bazar !
00:13Et ça s'appelait « Le sous-titre s'était plongé dans cette France qui pourrait tout faire basculer ».
00:17Aujourd'hui, par contre, on te reçoit pour parler des actions municipales qui arrivent très très vite,
00:23et plus particulièrement de Victoire Populaire.
00:26Tout à fait. Est-ce que tu peux nous expliquer déjà un petit peu qu'est-ce que c'est
00:29Victoire Populaire ?
00:29Parce qu'il y a peut-être plusieurs personnes qui te suivent sous ton nom, L'Oumir Lapré.
00:33On peut suivre tes aventures sur ton compte Instagram, on pourra en reparler, je pense.
00:36Mais qu'est-ce que c'est du coup Victoire Populaire ?
00:38Alors Victoire Populaire, c'est un mouvement citoyen de gauche, qui est indépendant des partis de gauche,
00:42mais dont l'objectif, c'est de faire élire des personnes qui portent nos idées,
00:46donc le renouveau démocratique, la transition écologique, la justice sociale et fiscale,
00:50à tous les échelons politiques en France.
00:53Par contre, nous, on ne présente pas de candidats.
00:55Donc concrètement, ce qu'on fait, c'est qu'on va, par notre métier,
00:59c'est-à-dire surtout la mobilisation de terrain.
01:01C'est ça notre expertise chez Victoire Pop.
01:03On arrive à, on a ce qu'on appelle des conversations intentionnelles.
01:06En gros, on parle à des gens pour recréer de la confiance autour de ce que c'est la politique
01:10et pour lutter contre cette idée que c'est tous les mêmes,
01:14que voter, ça ne sert à rien, etc.
01:16Et pour convaincre nos voisins, nos voisines,
01:19d'aller voter à gauche à chacune des élections.
01:22Tu le dis bien, il y a un peu cette dimension de voisin-voisine.
01:25C'est quand même quelque chose qui est assez recentré sur l'humain et sur la proximité.
01:30Tout à fait.
01:30Parce que du coup, ce n'est pas trop sur des grandes villes.
01:32On est plutôt sur de la ruralité ou en région.
01:35En fait, il y a vraiment tout.
01:36On a des groupes locaux très actifs à Paris, Marseille et Lyon.
01:40Et puis, on a aussi des gens qui s'agitent en Saône-et-Loire, dans le Pays-Basque.
01:48Vraiment, il y a partout où il y a des gens de gauche, c'est-à-dire dans toute la
01:51France.
01:51J'espère.
01:52On a des actions prévues.
01:54Et après, ça prend forcément des formes un peu différentes.
01:56Parce que c'est vrai que si tu habites à Lyon,
01:59il y a un groupe local avec des dizaines et des dizaines de personnes
02:01qui fait des actions toute l'année,
02:02qui peuvent être des actions vraiment à visée électorale,
02:06donc de l'inscription sur les listes électorales.
02:07On a eu une grande campagne qui s'appelait « Chaque voix compte »
02:09où on a inscrit, je n'ai plus les chiffres en tête,
02:12mais des milliers de gens sur les listes électorales.
02:14Et puis après, dans des endroits plus ruraux,
02:16on a aussi eu de la conversation autour de c'est quoi la politique,
02:20ça sert à quoi, pourquoi est-ce que ça sert encore d'aller voter ?
02:23Et là, c'est beaucoup plus resserré autour des voisins, des voisines, en effet.
02:28Là où le groupe local, il établit dans des grandes villes,
02:32des zones où, nous, ce qu'on appelle des zones prioritaires,
02:35c'est-à-dire des zones où il y a beaucoup de jeunes,
02:37par exemple, parce qu'ils font leurs études,
02:39donc on n'est pas sûr de où ils sont inscrits et où ils votent.
02:41Il y a beaucoup de personnes issues de l'immigration
02:44qui, potentiellement, viennent d'avoir leur papier
02:46et donc n'ont pas eu toutes les infos sur comment on vote, etc.
02:50OK. Moi, d'ailleurs, ma question, c'était,
02:54tout ce que tu dis là, qu'on est quand même à quatre jours du scrutin.
02:58Normalement, cet entretien va sortir en replay le plus vite possible.
03:01Qu'est-ce qu'on peut faire au niveau interpersonnel aujourd'hui ?
03:05Ouais. On peut faire plein de trucs.
03:07Déjà, la base des bases, on peut aller voter.
03:09Oui.
03:10Non, non, mais je le redis.
03:11On peut vérifier son inscription sur la liste électorale,
03:14ça prend une demi-seconde littéralement.
03:15Vous tapez « Vérifiez mon inscription, liste électorale »,
03:17vous mettez votre nom, votre prénom, votre date de naissance,
03:19votre commune de vote, et ça vous sort.
03:21Est-ce que vous êtes inscrit ou est-ce que vous n'avez pas inscrit ?
03:23Deux, encore maintenant, vous pouvez, si vous n'êtes pas là,
03:26faire une procuration.
03:27Ça prend une demi-seconde, vraiment, enfin, trois minutes.
03:30Donc, vraiment, vous tapez « Procuration » sur Google,
03:34vous vous connectez avec France Connect,
03:36vous mettez votre nom, votre prénom, votre date de naissance,
03:37votre commune de vote, le nom, le prénom, la date de naissance,
03:40la commune de vote de la personne qui va aller voter pour vous.
03:43Si vous n'en avez pas, vous pouvez nous contacter sur « Victoire Populaire ».
03:46Elle votera à gauche, par contre, je vous préviens.
03:48Et si on est contacté par quelqu'un qui veut voter autre chose, ça m'a...
03:52Non, débrouillez-vous, mais trouvez-vous des amis !
03:55Chacun son dos !
03:57Et je le redis, parce que parfois, on ne sait pas toujours,
03:59la personne n'est pas obligée d'être inscrite dans votre bureau de vote.
04:02Par contre, elle doit aller voter dans votre bureau de vote.
04:04Mais je vais donner un exemple.
04:05Moi, je vote à Montluel, dans l'Ain,
04:08superbe ville où il y a une liste géniale qui s'appelle
04:10« Mieux vivre à Montluel » que je vous recommande.
04:12Le chat, si vous êtes du 0-1, dites-le, ça fera plaisir à l'oumire.
04:16Et donc, la personne qui va aller voter pour moi,
04:18elle habite à Dagneux, qui est une autre commune,
04:20mais elle peut aller voter pour moi à Montluel.
04:21Il faut juste qu'elle aille dans mon bureau de vote à moi.
04:23Donc, si vous votez, prenez une procu.
04:26Prenez une procu, vraiment.
04:27Donc, comment on fait pour prendre des procu
04:28et savoir à qui on va...
04:30À qui a besoin qu'on lui prenne une procu ?
04:32On fait ce que nous, on appelle du pote à pote.
04:34C'est très simple.
04:36Vous appelez trois potes,
04:38dont vous n'êtes pas sûrs, sûrs, sûrs qu'ils vont aller voter,
04:40et vous leur dites « Hé, coucou !
04:42Tu sais qu'il y a les élections municipales ?
04:44Est-ce que tu as prévu d'aller voter ? Oui ou non ? »
04:47Donc là, nous, on est toujours sur toutes ces conversations intentionnelles.
04:49On établit un peu un spectre.
04:50Il y a les gens qui sont 100% d'accord avec nous,
04:52sûrs d'aller voter.
04:53Bon, ben, eux, on leur dit
04:54« Est-ce que tu peux rappeler à trois potes d'aller voter ? »
04:56C'est ce qu'on appelle la méthode du flocon,
04:58qui a été vachement utilisée dans la campagne de Obama en 2008.
05:03En gros, tu as un cœur, tu as des ramifications.
05:07Des ramifications, et l'idée, c'est qu'en fait, tu es huit branches,
05:10et au bout d'un moment, ça va créer un autre flocon,
05:12parce que sur les huit gugus que tu contactes,
05:16il y en a bien un qui va se mettre aussi à faire le même taf,
05:19et ça finit par faire une boule de neige.
05:21Et ça, c'est les gens qui sont déjà chauds d'aller voter,
05:24donc parlez-leur de ce que ça s'appelle le vote tripling.
05:27En gros, une personne égale trois voix,
05:29parce que toi, tu vas voter, mais tu as convaincu
05:31deux autres personnes d'y aller.
05:33Et puis, à l'autre bout, il y a les gens qui ne vont pas aller voter.
05:36Moi, j'ai des potes comme ça, qui ont cramé leur cadre d'électeur,
05:38notamment pendant les Gilets jaunes.
05:39Bon, eux, ce n'est pas forcément leur délire.
05:41Vous, ce qui vous intéresse, c'est l'entre-deux.
05:43Les gens qui, si vous ne leur rappelez pas d'aller voter,
05:44ne vont pas y aller, les gens qui ne savent pas ce qu'ils font.
05:47En fait, avoir ces conversations,
05:49ça permet aussi d'ancrer dans la tête
05:52ce qu'on appelle un plan de vote.
05:54La science électorale nous dit que si jamais tu as fait un plan de vote
05:57dans ta tête, tu as 30% de chances de plus d'aller voter.
06:00Ce qui est énorme.
06:02Et pourquoi ?
06:02C'est parce qu'en fait, c'est comme, par exemple,
06:05je ne sais pas, vous avez un pote qui part en vacances
06:07et qui vous dit,
06:08« Ouais, tu pourras venir me chercher à la gare ? »
06:11Et vous répondez, « Ouais, ouais, on s'en reparle. »
06:13Ou vous répondez, « Ok, tu arrives à quelle heure ? »
06:16« Ok, je serai là, je viens de chercher. »
06:18Il y a un truc qui vous engage vraiment,
06:19parce que vous avez fait un plan dans votre tête,
06:20vous avez organisé votre journée autour de ça,
06:22et vous avez un plan où, si vous vous rappelez,
06:24où il vous le rappelle,
06:26vous allez venir le chercher.
06:28Mais se projeter dans sa journée de vote,
06:31ça change tout.
06:32Donc concrètement, demandez à votre pote,
06:33« Tu vas aller voter à quelle heure ? »
06:35« Tu veux qu'on aille boire un café après ? »
06:36« Tu veux qu'on y aille ensemble ? »
06:38« Trop cool, fier de toi, machin. »
06:39Parce qu'en fait, ça rend l'action d'aller voter
06:43une action priorisée dans la journée.
06:45Ça apparaît peut-être un peu...
06:47« Oui, ça l'inscrit dans un déroulement, en fait. »
06:50« Exactement. »
06:51« Donc tu projettes déjà mentalement dans... »
06:53« Exactement. »
06:54« Et puis on peut le rendre un peu plus fun aussi,
06:55comme tu le dis, en disant,
06:56« Bon, c'est l'occasion de revoir des amis, on va voir un coup. »
06:58« Exactement, on y va ensemble. »
06:59« En général, on habite dans la même ville. »
07:01« C'est l'occasion de revoir les potes du lycée. »
07:02« Pourquoi pas ? »
07:02« Moi, c'est ce que je vais faire. »
07:03« Je vais aller chercher mes potes du lycée pour aller voter. »
07:06« On habite tous dans la même ville encore, donc autant en profiter. »
07:08« Tu parlais de plusieurs profils de personnes. »
07:10« Il y a aussi les profils de personnes qui pensent que ça ne sert à rien,
07:12les élections municipales. »
07:14« C'est vrai que ce n'est pas celles qui ont le plus le vent en poupe. »
07:16« Est-ce que tu peux rappeler à quoi ça sert d'élire un maire
07:19et en quoi c'est utile, notamment dans le climat actuel,
07:22mais aussi en termes généraux, juste politiquement ? »
07:25« Carrément. »
07:26« C'est là où, moi, je pense que dans un contexte de défiance hyper fort face à la politique,
07:30qui vient beaucoup de la conviction assez profonde,
07:33de plus en plus de nos potes, nos voisins, voisines,
07:36que la politique n'a pas d'impact sur leur vie quotidienne. »
07:39« Vous savez, ceux qui disent, que ce soit lui ou un autre,
07:42moi, je serai toujours en galère, c'est tous les mêmes, etc. »
07:46« C'est de rappeler que vous, vous alliez voter ou pas,
07:49il y a quelqu'un qui va être élu. »
07:50« Et cette personne, elle va prendre des décisions qui vont vous impacter. »
07:55« Et a fortiori, le ou la mère de votre commune. »
07:58Un truc qui peut paraître un peu loin,
07:59genre, je ne sais pas, les sénatoriales, les élections européennes,
08:02alors même que, j'espère qu'on reparlera des sénatoriales,
08:05parce qu'en septembre, je ne sais pas si vous savez,
08:06mais il y a des élections sénatoriales.
08:08En septembre, le Sénat est renouvelé de moitié.
08:10C'est une dinguerie.
08:11On n'en parle jamais.
08:11« C'est pour ça que les municipales sont très importantes. »
08:14« Exactement, parce que qui vote pour le Sénat ?
08:16Les maires et les conseillers municipaux. »
08:18« Et le Sénat, en quelques mots, c'est l'après de l'Assemblée nationale. »
08:21« Exactement. En fait, toutes les lois qui sont proposées par l'Assemblée,
08:24on entend beaucoup parler des députés,
08:26parce qu'il y a les débats,
08:29les députés sont beaucoup plus visibles dans les appareils politiques,
08:32donc ils sont plus dans les médias, etc.
08:33Mais vous pouvez proposer tout ce que vous voulez à l'Assemblée nationale.
08:37Si le Sénat ne vote pas derrière, ça n'a rien.
08:40Et le Sénat, c'est bien plus conservateur que l'Assemblée encore.
08:43Donc, posez-vous la question de si des turbos fachos sont élus en masse dimanche,
08:50qui va voter pour les sénateurs ?
08:54Ce sont ces gens.
08:56Et du coup, le maire, juste pour finir sur à quoi concrètement ça sert,
09:00les compétences du maire, c'est vraiment les compétences de votre vie quotidienne.
09:04Si vous avez des enfants, combien ça va vous coûter leur cantine ?
09:07Est-ce qu'ils vont y manger ?
09:08Si vous avez des anciens, c'est pareil pour l'EHPAD.
09:12Si vous vous déplacez dans votre commune,
09:14donc j'imagine que c'est quand même tout le monde,
09:15ça ressemble à quoi ?
09:16La mobilité, est-ce qu'il y a des pistes cyclables ?
09:18Est-ce qu'il y a des bus gratuits ?
09:19Est-ce qu'il y a des places de parking ?
09:21Est-ce qu'on rénove les bâtiments municipaux ?
09:24Donc, je ne sais pas, si vous allez faire du basket ou si vous allez à la piscine.
09:28Est-ce que le gymnase, il est rénové pour que vous puissiez continuer à jouer au basket l'été,
09:32alors qu'on sait qu'on va faire face à de plus en plus de vagues de chaleur ?
09:35C'est aussi la manière dont on prend les décisions.
09:38Parce que le logement, pas mal.
09:40Le logement, évidemment, merci.
09:41Le logement, absolument.
09:43Notamment le parc d'habitat à loyer modéré.
09:50Mais pas que.
09:51C'est aussi le PLU, donc le plan local d'urbanisme.
09:54Est-ce qu'on construit ou pas ?
09:55Est-ce qu'on construit des pavillons, des lotissements ?
09:58Ou est-ce qu'on construit de l'habitat collectif ?
10:01Est-ce qu'on rénove l'ancienne gare ou l'ancien hangar
10:04pour en faire un truc qu'on va privatiser ?
10:06Ou est-ce qu'on va en faire un terrain pour les jeunes pour qu'ils fassent du skate et
10:11qu'ils kiffent ?
10:12Est-ce qu'on va soutenir des assos locales ou pas ?
10:15Et ça, je tiens quand même à le dire.
10:16Les subventions municipales.
10:18Exactement.
10:19Les sub, il suffit de regarder ce que font les mairies RN.
10:23On sait, maintenant, ça y est, ça fait deux mandats qu'on a des maires RN dans plusieurs endroits.
10:30Bon, cherchez pas.
10:32Les sub pour la culture, ça saute.
10:34Les sub pour même le secours populaire.
10:38Enfin, c'est zinzin.
10:39C'est-à-dire, on parle de personnes qui ont besoin de l'aide alimentaire
10:42pour donner à bouffer à leurs gosses.
10:45Ils n'ont plus de locaux.
10:47Enfin, donc en fait, ça, ça change.
10:49Et ça, c'est pour votre côté très pratico-pratique du quotidien.
10:53Mais il y a aussi, pour moi, le sujet des sénatoriales.
10:56Ça, c'est sûr, dont on parlait, parce que c'est eux qui vont voter pour le Sénat.
11:00Et puis, pour moi, il y a aussi le fait que c'est la dernière grosse élection avant la présidentielle.
11:06Et que si l'extrême droite arrive au pouvoir en 2027, il nous faudra des maires antifascistes.
11:15Concrètement, c'est quoi un maire antifasciste ?
11:17Est-ce que c'est un maire qui va protéger les voisins voisines qui n'ont pas de papier,
11:22les voisins voisines trans, les voisins voisines qui sont syndiqués ?
11:27Ou est-ce que c'est des maires qui vont jeter toutes les personnes vulnérables sous le bus,
11:31qui vont filer les listes électorales,
11:32qui vont mobiliser leur police municipale pour accompagner une police de l'immigration ?
11:37On l'a vu aux États-Unis, Minneapolis, par exemple,
11:40qui a été le théâtre d'énormes tensions, manifestations, voire de meurtres,
11:45de la part de la police de l'immigration.
11:48Ce n'est pas la même chose si le maire est en mode
11:50« Allez-y, allez-y, venez, tenez, nous, on vous facilite le fait de kidnapper nos voisins. »
11:55Ou si le maire dit « Non, en fait, non.
11:57Non, nous, notre police municipale, elle va protéger nos voisins voisines.
12:00On s'en cale de si jamais ils ont des papiers ou pas.
12:02Parce que ce n'est pas un crime de ne pas avoir de papier.
12:04Ce n'est pas la même chose. »
12:06Justement, pour revenir à l'extrême droite,
12:09toi, il y a une grosse partie de ton militantisme
12:11qui est d'essayer de faire en sorte que les gens changent d'avis.
12:15Parce qu'il y a une dizaine de millions d'électeurs du Rassemblement national en France.
12:21On va devoir essayer d'en faire changer d'avis certains si on veut gagner.
12:26Comment on s'y prend sur le terrain municipal, dans la forme locale ?
12:30Alors, déjà, je pense qu'il faut reclarifier sur qui on essaye de faire changer d'avis.
12:35Un parti qui passe de 10% à 42%, ça veut dire qu'il engrange des adeptes petit à petit.
12:42Moi, je ne parle pas aux gens qui sont radicalisés dans l'idéologie raciste, masculiniste, suprémaciste.
12:48Des gens qui ont décidé de faire du racisme, du masculinisme,
12:52le prisme structurel de leur rapport au monde.
12:54Les gens qui ne veulent pas que leurs enfants jouent avec des enfants rebeux.
12:59Qui ne veulent pas que leurs enfants se marient avec des juifs.
13:04Moi, je n'ai rien à leur dire à ces gens.
13:06On est adversaires, on est ennemis, même, je le dirais.
13:09Donc, eux, ils ne vont pas changer d'avis.
13:11D'accord ?
13:11Parce qu'ils ont fait un choix qui découle d'une idéologie cohérente, politique, machin.
13:18Ils ont choisi un camp.
13:20Moi, je parle de tous les gens que je connais, que je côtoie, qui sont mes potes, qui sont perdus.
13:25Et, en fait, souvent, on a tendance à croire qu'un vote, c'est choisir une équipe définitivement.
13:32Ce que je peux comprendre, notamment quand on est à gauche et qu'on est militant,
13:36parce que, oui, moi, par exemple, je vote à gauche à toutes les élections.
13:41Mes habitudes de consommation, les endroits où je vais en vacances, ce que je lis,
13:47tout ça, c'est façonné par mon idéologie politique.
13:50C'est vrai.
13:51Ce n'est pas le cas de tout le monde du tout.
13:53Il faut quand même le rappeler.
13:55Moi, chez mes potes, si on prend les trois idéologies dominantes,
13:57qui sont les néolibéraux, les racistes,
14:01et notre camp, qui est, à mon sens, le camp de la solidarité et de l'égalité entre les gens,
14:07ces trois explications du monde, elles cohabitent au sein de la même personne.
14:10Ce n'est pas binaire, ce n'est pas genre, ah, j'ai choisi,
14:13et du coup, je vois toute la vie à travers le prisme de néolibéralisme,
14:17démerde-toi, quand on veut, on peut, moi, je me suis fait tout seule, nan, nan, nan.
14:20Chez mes potes, face à une situation du quotidien,
14:24qui est, par exemple, l'immigration,
14:26ça, c'est un sujet qu'on aborde, que moi, j'aborde avec mes potes régulièrement,
14:30je suis sûre que si je demande à mes potes,
14:32est-ce qu'il y a trop d'immigrés en France, tout le monde dit oui.
14:35Moi, ma question, c'est, pourquoi tu dis ça ?
14:37Si ton sujet, c'est, je ne veux pas me mélanger avec eux,
14:41toi, dans ta tête, tu as lâché la rampe de l'égalité entre les hommes et les êtres humains.
14:47Là, c'est ce que tu disais, là, on arrête de se parler.
14:50Par contre, si tu me dis,
14:53l'immigration, plus il y a d'immigration, plus il y a de concurrence sur le marché du travail,
14:56parce que c'est ça, le néolibéralisme,
14:58c'est de dire, on est en compétition pour tout.
15:01Et c'est l'expérience concrète de beaucoup de classes populaires,
15:04notamment chez nous.
15:05Tu es en concurrence pour un médecin traitant,
15:06le nombre de fois où moi, j'ai entendu, on ne prend pas de nouveaux patients.
15:09C'est quoi, sinon, une concurrence entre des patients ?
15:11C'est ça.
15:12Tu es en concurrence pour le boulot,
15:14notamment pour, chez moi, en tout cas, je viens du rural industriel,
15:17pour la cédeïsation,
15:18ah, l'intérim, t'inquiète, il y en a pour tout le monde.
15:20Mais moi, dans les entrepôts de logistique où j'ai bossé l'été,
15:2352% de taux d'intérim.
15:24On ne va pas me faire croire que tout le monde a envie d'être un intérim.
15:26Quand tu es un intérim, tu ne peux pas faire de crédit,
15:28tu ne peux pas t'installer, tu ne peux pas te marier, c'est bon.
15:30Tu es en concurrence pour ce qu'on appelle le marché matrimonial,
15:34pour aussi juste te marier,
15:36parce que chez nous, les filles partent plus,
15:38parce qu'elles font plus d'études.
15:39En fait, ta vie est une mise en concurrence permanente,
15:42organisée par le capitalisme.
15:43Mais ça, personne ne te le dit.
15:46Aujourd'hui, les structures de politisation qu'il y avait au quotidien,
15:49c'est-à-dire le syndicat, le parti,
15:51l'association d'éducation populaire,
15:52elles ont disparu chez nous.
15:55Donc, tu constates que c'est de la mise en concurrence.
15:57Donc, on te dit, on va amener plus de gens
16:00qui, historiquement,
16:01notamment dans le rural agricole, on le voit,
16:03sont payés comme de la merde.
16:06Et tu te dis, attends, mais ils vont prendre mon taf.
16:08C'est obligé.
16:09Et puis, c'est surtout l'argument qui est mis en avant sur les médias,
16:11qui est repris par les droites, l'extrême droite, etc.,
16:14de vous allez perdre votre taf si l'immigration vient.
16:17Exactement.
16:17Et donc, en fait, comme les gens sont déjà dans un contexte
16:19de mise en concurrence permanente de leur existence,
16:21ils se disent, j'avoue,
16:23mais du coup, moi, je ne veux pas plus de concurrence.
16:25Déjà, je perds constamment au jeu du capitalisme
16:28parce que c'est ça, pour beaucoup de mes proches.
16:30Encore une fois, je ne nie pas qu'il y a du vote RN idéologique.
16:34Vraiment.
16:35Ce que je constate chez beaucoup de mes proches,
16:37c'est que ce vote, il découle d'une expérience du monde
16:39qui est une expérience de violence,
16:41de mise en concurrence, notamment.
16:43Et donc, du coup, ils se disent, mais en fait, c'est vrai.
16:46Quand tu as un discours politique qui vient valider ton expérience
16:50à toi, tu te dis, voilà enfin des gens qui ne sont pas des bisounours,
16:54voilà enfin des gens qui disent la vérité,
16:56que personne n'ose dire, etc.
16:58Là, au moins, je pense que dans leur cœur,
17:01vient aussi, c'est ce qu'ils disent parfois,
17:03mais ils disent d'autres choses.
17:04Ils disent aussi quand on creuse.
17:06Bien sûr que si c'était mes enfants, moi aussi, je partirais.
17:09Bien sûr que dans la 7e puissance mondiale,
17:11on devrait pouvoir accueillir,
17:13personne ne devrait dormir dehors.
17:14Non, ce n'est pas normal qu'il y ait des enfants qui dorment dehors.
17:17Ça, ils le disent aussi.
17:18Donc, moi, la question, c'est comment est-ce que cette vision du monde,
17:21elle gagne dans leur cœur et dans leur esprit ?
17:24Et elle ne peut arriver qu'en discutant, qu'en disant...
17:27Par exemple, moi, j'ai beaucoup de conversations
17:30autour de qui a du pouvoir sur ta vie.
17:32Parce que pour moi, ça, c'est ma conviction profonde,
17:35le vote RN, chez des gens qui ne sont pas radicalisés,
17:39il vient d'une incompréhension, d'une erreur sur
17:42qui est responsable de tes problèmes.
17:45Tes problèmes, ils sont légitimes.
17:47Enfin, nous, on nous a socialisés, on nous a fait vivre dans une vie
17:51où, par exemple, on ne peut pas vivre sans voiture.
17:53Là, le prix de l'essence, mais on va péter un plomb.
17:58Les gilets jaunes, ça va être...
18:00Si le litre, il passe à 4 balles, les gens, ils vont péter un plomb.
18:05Et donc, la question, c'est à cause de qui le litre, il passe à 4 balles ?
18:09Et quand on a ces conversations autour de qui a du pouvoir sur ta vie,
18:13c'est quand la dernière fois que tu as pleuré...
18:15Moi, c'est une question que je pose aux gens avec qui je discute.
18:17C'est quand la dernière fois que tu as pleuré de rage,
18:19d'impuissance, de désespoir,
18:21c'est jamais à cause d'une personne trans,
18:23c'est jamais à cause d'un migrant.
18:24C'est parce que soit l'administration t'a failli,
18:27c'est-à-dire que ton enfant, il est en situation de handicap,
18:29il n'a pas d'AESH,
18:30donc tu te demandes ce qu'il va faire
18:33parce que tu le vois être en difficulté,
18:34tu ne peux pas l'aider, tu es désespéré.
18:37Tu vois tes anciens à l'EHPAD maltraités
18:40parce qu'il n'y a pas assez de thunes
18:42et que pourtant, ils ont cotisé toute leur vie.
18:44Et tu te dis, mais c'est injuste, en fait.
18:47Ou c'est ton patron ?
18:49C'est ton patron.
18:50Qui c'est qui refuse de te CDI-ser ?
18:52Ce n'est pas parce que la nana en face de toi,
18:54à la chaîne, elle a eu un CDI et pas toi,
18:56que c'est à elle qu'il faut lui en vouloir.
18:58Pourquoi il n'y a qu'un CDI ?
19:00Et ça, c'est des conversations qui fonctionnent
19:03parce que petit à petit,
19:06en ayant ces conversations,
19:07on laisse aussi la porte ouverte aux gens
19:09de faire leur propre chemin.
19:12Je ne sais pas si les gens qui nous écoutent
19:14se sont déjà embrouillés dans leur vie quotidienne,
19:15j'imagine, en couple, avec leur famille.
19:18Est-ce que vous avez essayé,
19:20dans une embrouille, de dire
19:21« En fait, tu es vraiment trop con,
19:22tu n'as rien compris, je vais t'expliquer. »
19:26Est-ce que ça fonctionne ?
19:27Ou est-ce que de dire…
19:28En fait, tu sais, je t'aime,
19:30je t'aime, c'est la base de cette conversation,
19:32c'est que je t'aime.
19:32Par contre, ça, c'est pas possible.
19:34Tu peux pas refaire ça,
19:35tu peux pas redire ça.
19:36Ça, ça, ça, ça, ça me heurte, ça tue.
19:39Voilà ce que ça fait quand tu fais ça, en fait.
19:41Il y a une conversation qui se passe mieux que l'autre.
19:43Oui, mais c'était justement aussi là où je voulais arriver,
19:47c'est que j'ai l'impression,
19:49en tant que militante, journaliste,
19:51tout ça, dans des sphères progressistes,
19:53que dans les milieux urbains,
19:56vu qu'on est peut-être un peu plus nombreux,
19:58enfin, ou en tout cas, on est plus, comment, plus à côté,
20:01donc on peut plus facilement se retrouver,
20:03il y a très vite des effets de bulles qui se mettent en place,
20:06parfois des luttes, je dis pas mal placées,
20:08parce que toutes les luttes, je pense, ont leur importance,
20:10mais où, vraiment, il y a un peu une course aussi
20:13à la pureté militante,
20:14et voilà, ça nous fait des effets de bulles.
20:15Est-ce que toi, avec tout le travail que tu as fait sur la ruralité,
20:19tu as des conseils, justement, dans ces discussions,
20:21pour éviter ça, pour ne pas avoir peur d'aller à la,
20:24on va dire, la confrontation bienveillante
20:25que tu as décrit tout à l'heure ?
20:27Oui, je pense que déjà, les effets de bulles,
20:30ils sont aussi formés par les unzins capitalistes
20:34qui nous gouvernent, notamment par le biais des bulles algorithmiques,
20:37enfin, on en est toutes et tous victimes,
20:39je crois que c'est pas forcément de notre faute,
20:42il faut quand même le dire.
20:44Là où, et je pense aussi,
20:46qu'il faut rappeler que, moi, je dis pas
20:49que tout le monde doit faire le travail que je fais,
20:51si tu fais partie d'une communauté
20:53qui est mise en danger dans ta chair,
20:55dans ta vie, dans ton avenir,
20:56par l'accession de l'extrême droite au pouvoir,
20:58et que ton sujet, c'est pas que les gens arrêtent de voter pour,
21:01mais je comprends, mais vraiment,
21:03enfin, je suis pas en train de dire que c'est la seule,
21:06bien sûr qu'il faut lutter contre l'abstention,
21:08bien sûr qu'il faut faire passer le vote des étrangers,
21:10bien sûr, enfin, tu vois,
21:11moi, ce que je fais, pour moi, c'est une brique
21:13dans comment est-ce qu'on regarde le pouvoir.
21:15Donc déjà, je tiens à le dire,
21:16parce que je ne pense pas que ça soit la seule option,
21:19et il faut être réaliste aussi,
21:21on ne va pas regagner tout le monde,
21:23c'est sûr.
21:24Maintenant, quand on habite dans une zone rurale,
21:27on est, on côtoie beaucoup plus au quotidien
21:32des gens qui ne votent pas comme nous.
21:33Ça, c'est, on est obligé,
21:35il y a une seule école, un seul club de foot,
21:37un seul club de foot, un seul PMU.
21:40C'est un peu mathématique.
21:41Au quotidien, tu côtoies des gens qui ne votent pas comme toi.
21:43Dans ta famille, tu côtoies,
21:44aussi parce qu'il faut le rappeler quand même,
21:46les classes populaires et les petites classes moyennes,
21:47elles sont bien plus hétérogènes que les élites.
21:50Donc, dans une même famille,
21:51tu as des gens qui sont proprio,
21:52des gens qui sont locataires,
21:54tu as des gens qui sont petits fonctionnaires
21:56et des gens qui sont petits patrons,
21:58tu as des gens qui sont ouvriers,
21:59des gens qui sont agriculteurs.
22:01Donc, les gens, ils n'ont pas les mêmes intérêts,
22:02ils n'ont pas les mêmes quotidiens,
22:03ils n'ont pas les mêmes employeurs.
22:05Donc ça, ça crée déjà des tensions un peu.
22:07Moi, ce que je pense,
22:08et la raison pour laquelle je fais ce boulot,
22:10et que je donne des conseils,
22:11donc en gros, écoutez,
22:13ne pas...
22:13En fait, c'est comme une conversation
22:15avec des gens que vous aimez,
22:16avec qui vous n'êtes pas d'accord
22:17sur un truc intime.
22:18C'est la même chose.
22:20Parfois, on place la politique
22:21en dehors de l'intime.
22:23Mais la politique, c'est de l'intime.
22:25Enfin, je veux dire,
22:25si les féministes nous ont appris une chose,
22:27c'est que l'intime est politique.
22:29Et que le rapport à la politique,
22:32surtout quand on n'est pas politisé
22:34au sens idéologique,
22:35il est très quotidien,
22:37il est très charnel.
22:38Il est, est-ce que tu as un accident du travail ?
22:39Combien de kilomètres tu dois faire
22:40pour aller accoucher ?
22:41Qu'est-ce que mangent tes enfants à l'école ?
22:43Enfin, tout ça, c'est très intime,
22:45c'est très charnel.
22:46Et donc, pour moi, la politique,
22:48elle doit infuser nos vies.
22:51Donc, ayez des conversations politiques
22:53comme vous avez des conversations
22:55au quotidien avec les gens que vous aimez,
22:57qui peuvent être des conversations
22:58où il y a des frottements, des tensions.
23:00Donc, ça commence toujours par écouter,
23:02essayer de comprendre le point de vue de l'autre.
23:04Encore une fois,
23:05le sujet n'est jamais de vous renier.
23:07C'est pas de...
23:08Mais encore une fois,
23:09c'est comme dans une conversation de couple
23:10ou avec vos parents.
23:11Enfin, si la personne,
23:12elle fait quelque chose
23:13que vous trouvez très problématique,
23:14le sujet, c'est pas de mettre de l'eau
23:18dans votre vin en disant
23:18« Bah, tu peux un peu me crier dessus. »
23:20C'est un peu...
23:21Non.
23:22Par contre, c'est de dire
23:23« Moi, je t'aime et j'ai pas envie
23:24qu'on arrête d'être en relation,
23:25quelle que soit notre relation.
23:27Par contre, j'ai besoin de comprendre
23:28pourquoi tu fais ça.
23:29Et une fois que j'ai compris,
23:30j'ai besoin de t'expliquer
23:31ce que ça me fait.
23:32Et est-ce qu'on peut se mettre d'accord
23:33sur ce que nous, on appelle
23:34le plus petit nominateur commun ?
23:37Donc, des valeurs communes.
23:39Par exemple,
23:40quand on parle de l'immigration
23:40avec mes potes,
23:42on arrive sur...
23:43Je reformule beaucoup
23:44pour dire « Du coup,
23:45on est d'accord que tu trouves
23:46que c'est pas normal
23:47que dans le pays le plus riche
23:50de l'histoire de l'humanité,
23:51il y a des enfants
23:51qui dorment dehors.
23:52Ça, t'es d'accord,
23:53c'est pas normal. »
23:53Ok.
23:54Et tu crantes des trucs comme ça.
23:55Et on crante,
23:56et on crante,
23:56et on crante.
23:58Et du coup,
23:58t'es pas non plus d'accord
23:59que c'est pas normal
24:01que les patrons,
24:02ils puissent embaucher
24:03au noir
24:04des gens qui payent
24:05deux fois moins que toi.
24:06« D'accord, t'es pas d'accord ? »
24:07Ok.
24:08Et une fois qu'on a cranté
24:08des trucs sur lesquels
24:09on était d'accord,
24:10on dit « Ok, alors maintenant,
24:12c'est la faute à qui tout ça ? »
24:14C'est là que ça se...
24:15C'est là que ça devient
24:16un peu plus compliqué.
24:17Et c'est pour ça
24:17qu'il faut poser
24:18des questions du quotidien.
24:19Qui a du pouvoir sur ta vie ?
24:21Qui a le pouvoir de te nuire ?
24:23Et qui a le pouvoir
24:24de rendre ta vie plus positive ?
24:26C'est quand, la dernière fois,
24:27qu'un individu
24:28a rendu ta vie difficile ?
24:30Et ça, ça aide aussi
24:32les gens à prendre conscience
24:34des mécanismes
24:35de domination à l'œuvre.
24:37Il faut leur laisser
24:38une porte de sortie aux gens.
24:40Comme la fierté,
24:41c'est une émotion
24:42qui est très importante.
24:43Et la honte
24:44qui est son pendant,
24:45ce sont des émotions
24:46qui sont structurantes
24:47dans le vote RN.
24:48Le RN l'a bien compris.
24:50Je vous rappelle,
24:51il n'y a pas longtemps,
24:53tout le sujet autour
24:54de Jordan Bardella
24:55qui n'a pas fait d'études.
24:56Mais le problème
24:57de Jordan Bardella,
24:57ce n'est pas qu'il n'a pas fait d'études,
24:58c'est que c'est un fasciste.
24:59C'est ça le problème
25:01de Jordan Bardella.
25:02Mais nous,
25:03notre camp,
25:03on doit aussi apprendre
25:05à avoir des conversations
25:08qui ne nous centrent pas,
25:09nous et notre manière
25:11d'être au monde,
25:11c'est-à-dire éduqués
25:12avec des livres.
25:13En fait,
25:14moi, je suis désolée,
25:15mais je ne vais pas apprendre
25:17ce que c'est la domination
25:18à un ouvrier à la chaîne.
25:20Non.
25:21Par contre,
25:22on peut pour autant
25:23100% pas être d'accord
25:24sur à qui la faute,
25:26qui domine.
25:28Et ça,
25:28c'est une conversation
25:29que j'ai envie d'avoir
25:30avec lui et avec elle.
25:31Mais c'est ça qui est dingue,
25:32c'est qu'en fait,
25:32ce que tu racontes
25:33depuis tout à l'heure,
25:34ça montre vraiment
25:35dans la réalité,
25:37dans nos vies quotidiennes,
25:38comment les médias,
25:40soutenus par les droites,
25:41l'extrême droite
25:42et toutes les sphères
25:43bollorées, etc.,
25:44ont réussi
25:45à rendre réelle
25:46cette fracture
25:47entre plusieurs milieux sociaux
25:49en France.
25:50Tu vois,
25:50toi et moi,
25:51on vient vraiment
25:51de deux milieux
25:52totalement différents.
25:53Comme tu dis,
25:53tu viens de ruralité industrielle,
25:55moi,
25:55je viens des banlieues
25:56parisiennes,
25:56je viens du 93.
25:58Et donc forcément,
25:58on n'a pas les mêmes
25:59conversations.
26:00Là, tu me parles
26:00de conversations
26:00qui, moi,
26:01me sont totalement inconnues.
26:02C'est une façon
26:02que je ne connais pas
26:03parce que moi,
26:04quand je vais parler
26:04d'immigration
26:05avec mes potes,
26:05on est tous issus
26:06de l'immigration.
26:07Je n'ai pas un seul
26:08de mes potes
26:09qui n'est pas,
26:10quasiment,
26:10qui n'est pas issu
26:11de l'immigration.
26:11Franchement,
26:12il faudrait que je cherche
26:12ou alors ce serait
26:13des personnes
26:14qui sont issues
26:15des Outre-mer
26:15et qui vont vivre
26:16une certaine discrimination
26:17qui est la même
26:18que les nôtres.
26:19Enfin bref,
26:19on est des personnes
26:19racisées
26:20si je peux le dire
26:20autrement.
26:21Et donc forcément,
26:22c'est hyper intéressant
26:23et c'est pour ça
26:23que je trouvais aussi
26:24intéressant de t'inviter
26:24pour même ton livre,
26:26de comprendre
26:26en fait comment
26:27c'est orchestré tout ça
26:29et comment du coup
26:30on va devenir ennemi
26:31sans s'être jamais parlé.
26:33C'est quelque chose
26:34qu'on a vu
26:35notamment quand il y a eu
26:36les mouvements agriculteurs
26:38il n'y a pas longtemps
26:39qui étaient totalement légitimes
26:41avec des choses
26:41horribles qui se passent
26:42et franchement,
26:42je ne suis pas assez informée
26:44là-dessus
26:44parce que encore une fois,
26:45c'est une réalité
26:46qui n'est pas la mienne
26:47et je pense qu'on a encore
26:48des biais trop égocentriques
26:49qu'on devrait travailler
26:51moi la première
26:52mais on a quand même vu
26:53certaines vidéos passées
26:55d'agriculteurs
26:55qui nous remettaient
26:56la faute dessus
26:57et là quand je dis non
26:57c'est les personnes de banlieue
26:59les personnes issues
27:00de l'immigration
27:00etc.
27:01Et de l'autre côté
27:02en fait,
27:02comme si on se renvoyait la balle
27:03et c'est vrai qu'on oublie
27:04qui est le premier puissant.
27:06C'est quoi pour toi ?
27:08Petite parenthèse,
27:09n'hésitez pas à suivre
27:10les activités
27:10de la Confédération Paysanne
27:12si vous voulez être
27:13avec des agriculteurs
27:14qui portent des revendications
27:16progressistes.
27:16Existe quand même
27:17et ne tombant pas
27:18nous-mêmes
27:19dans cette sphère
27:21ce tourbillon médiatique
27:22de penser que du coup
27:23tous les agriculteurs
27:24seraient comme ça
27:24tous les personnes de ruralité
27:25seraient comme ça
27:26et seraient forcément
27:27des fachos
27:28des racistes
27:29qui votent RN
27:29pendant qu'eux pensent
27:31que tous les gens
27:31de banlieue
27:32c'est juste des racailles
27:33qui viennent tout casser
27:34et profiter de la France.
27:35Mais c'est hyper compliqué
27:36de sortir de ça.
27:37Donc là toi tu parles
27:38d'un espèce
27:39de lieu communautaire
27:41où c'est normal
27:43tu vas parler aux personnes
27:44qui sont à côté de chez toi
27:44et c'est aussi plus sain
27:46en tout cas plus safe
27:47parce que plus sécurisant
27:50puisque tu n'es pas
27:51comme tu l'as dit
27:52tu ne fais pas partie
27:52d'une communauté minorisée
27:53qui peut être en danger
27:54face à eux.
27:54Mais comment on peut
27:56renouer le dialogue
27:57entre ces deux communautés
27:58entre ma communauté
27:59et ta communauté
28:00là où les réseaux
28:01on a l'impression
28:01qu'on est tous liés
28:02qu'on est tous à la portée
28:03l'un de l'autre
28:04en fait on est dans des bulles quoi.
28:06Je pense que
28:07merci beaucoup
28:07d'avoir dit ça
28:08parce que je pense
28:09que c'est
28:10le projet
28:11de toute manière
28:12on se rappelle
28:12il y a 52 milliardaires
28:13en France
28:13dans une démocratie
28:14tu ne peux pas
28:15organiser un système
28:16qui te profite.
28:17Donc en fait
28:18le diviser pour mieux régner
28:19c'est immémoriel
28:22la race
28:22est inventée
28:23par le capitalisme
28:24en tant que
28:25la race sociale
28:25est inventée
28:27par le capitalisme
28:27pour diviser.
28:29Si on prend
28:30la situation
28:31par exemple
28:34dans l'Amérique coloniale
28:36enfin les Etats-Unis
28:37coloniaux
28:39l'esclavage
28:40de base
28:40ça n'est pas héréditaire
28:41le tout début
28:44de la plantation
28:46du système
28:47plantation
28:48dans le sud
28:48des Etats-Unis
28:49c'est des gens
28:50qui viennent
28:51qui sont des serfs
28:52en gros pendant
28:537, 8, 9 ans
28:54pour payer leur passage
28:55qui travaillent
28:55et puis qui après
28:56sont
28:57enfin gagnent leur liberté
28:59mais là
29:01les mecs
29:01les planteurs
29:02ils se disent
29:03attends
29:03on est trois
29:04ils sont des milliers
29:06le jour où ils se rendent compte
29:08qu'on est en train
29:09de leur bouffer
29:09la laine sur le dos
29:10et qu'en fait
29:11ils sont à notre service
29:12et qu'ils s'allient
29:13on est mort
29:14donc qu'est-ce qu'ils font
29:16ils inventent
29:16la race sociale
29:17en disant
29:18maintenant
29:18l'esclavage
29:19va être héréditaire
29:21donc tu vas naître
29:22esclave
29:22quand t'es noir
29:23et les blancs
29:24vont vous donner
29:24des petits privilèges
29:25alors tu crèves la dalle
29:26quand même
29:26mais au moins
29:27tu es blanc
29:28et ça
29:28je veux dire
29:29c'est pas moi
29:29qui l'invente
29:30Webb Dubois
29:31qui est le plus grand sociologue
29:32premier sociologue afro-américain
29:34le dit bien
29:35c'est ce qu'on appelle
29:35le salaire de la blanchété
29:37en fait
29:37ça n'est pas un salaire matériel
29:40mais
29:41t'es blanc
29:41donc
29:43et
29:44c'est
29:45encore une fois
29:46aujourd'hui
29:46c'est ce que le RN
29:47nous propose
29:48nous
29:48je parlais de fierté
29:50tout à l'heure
29:51le RN nous dit
29:52t'es français
29:53ouais
29:55mais ça n'a aucun sens
29:56c'est une fierté passive
29:58tu n'as rien fait
29:59pour la gagner
30:00moi je suis intéressée
30:01par comment est-ce qu'on recrée
30:02de la fierté collective
30:03je pense qu'on peut
30:05tout à fait
30:06utiliser les codes
30:07de la ruralité
30:08qui parfois
30:08il me semble
30:09ne sont pas si éloignés
30:10des codes
30:11en fait
30:12c'est des codes
30:12de classe populaire
30:13oui c'est ça
30:14quand on marche
30:15ce n'est pas hyper difficile
30:16être quelqu'un sur qui compter
30:19participer au collectif
30:21être fiable
30:22être au service
30:23tout ça
30:24c'est des codes
30:25qui sont très forts
30:26chez nous
30:27voilà
30:27t'es le gars
30:28qu'on appelle
30:29pour aller déménager
30:30t'es
30:31alors ça va avec
30:32parfois des codes
30:32qui sont réappropriés
30:33par le masculinisme
30:34la force physique
30:35etc
30:35mais en fait
30:37on peut les twister
30:38ces trucs
30:39en disant
30:39moi je suis désolée
30:40oui ça me parle
30:41ne pas prendre
30:42au pot commun
30:43sans y avoir mis
30:43si c'est pas un truc
30:44de solidarité
30:45et donc pas un truc
30:45de gauche
30:46je ne sais pas ce que c'est
30:47donc comment est-ce que
30:48nous on repolitise
30:49ces valeurs aussi
30:50pour dire
30:52les gens
30:53qui nous divisent en haut
30:54et qui pensent
30:55qu'on est assez cons
30:57pour tomber dans le panneau
30:59on va arrêter
30:59de les croire en fait
31:00on va s'allier
31:01avec les gens
31:02qui partagent
31:02les mêmes conditions
31:03matérielles que nous
31:04c'est à dire
31:06par exemple
31:06tu posais la question
31:07de comment on fait ça
31:08moi je crois beaucoup
31:09au syndicalisme
31:09parce que sur une chaîne
31:12il y a
31:12en tout cas chez moi
31:13dans la France périurbaine
31:15dans un entrepôt de logistique
31:17tu as une chaîne
31:17tu as
31:19moitié moitié
31:19des hommes et des femmes
31:20parmi les femmes
31:21moi j'étais une femme
31:22donc j'étais à la chaîne
31:22les hommes sont plutôt caristes
31:23ou ils portent des trucs lourds
31:25sur la chaîne
31:26tu as moitié de souches
31:28donc des blanches
31:29moitié des personnes racisées
31:31parmi les personnes racisées
31:32tu as des femmes voilées
31:33tu as des femmes
31:34des pays de l'Est
31:35ça parle dans toutes les langues
31:37et elles ont le même travail
31:40et donc je suis désolée
31:41mais si tu gagnes une pause chaleur
31:43parce qu'il fait 36 degrés
31:45et que les nanas s'évanouissent
31:47enfin je l'ai vu moi
31:50tu gagnes une pause chaleur
31:51pour tout le monde
31:52et pour moi il faut qu'on arrive
31:53à prouver ça
31:54parce que finalement
31:55on se bat pas contre
31:56le vote RN
31:57le vote c'est le résultant
31:58d'une vision du monde
32:00qui part du principe
32:01que les autres
32:02pour moi qui est née
32:03du libéralisme
32:03on nous a dit
32:04les autres servent à rien
32:05quand on veut on peut
32:06moi je me suis fait tout seul
32:08machin
32:09qui est devenu
32:11le moment où tu arrives plus
32:12à te faire tout seul
32:13les autres sont un danger
32:14si j'arrive plus à me faire
32:15c'est à cause des autres
32:15là où nous on propose
32:17un renversement ontologique
32:18quand même
32:19qui est de dire
32:19non non
32:20les autres sont notre force
32:21le collectif va nous sauver
32:24et ça je crois
32:25en tout cas chez moi
32:26je sais pas comment c'est chez toi
32:26mais
32:28chez moi on dit beaucoup
32:29je suis comme saint Thomas
32:29je crois que ce que je vois
32:30les grands discours
32:31c'est bon nous l'a suffisamment fait
32:32maintenant il faut des preuves
32:33et donc c'est pour ça
32:35que je fais le métier
32:35que je fais
32:36qui est un métier
32:37d'organisation collective
32:38pour reconstruire du pouvoir
32:39au plus près
32:40de la vie quotidienne des gens
32:42parce que je suis assez sûre
32:44que demain
32:45tu te mets en grève
32:47et tu organises
32:48la résistance
32:48au niveau de ton usine
32:50et tu gagnes
32:52ça va être plus compliqué
32:53quand on va essayer
32:54de t'expliquer
32:54que ton ennemi
32:56c'est Ahmed
32:56ton voisin
32:57ou Fatima
32:59qui travaille
33:00en face de toi
33:00sur la chaîne
33:01parce que tu vas dire
33:01qui c'est qui a mis
33:03à la caisse de grève
33:05c'est pas Bernard Arnault
33:06contre qui on était
33:08mais c'était pas contre Fatima
33:09en fait
33:09donc oui ok
33:12il y a parfois
33:13des tensions culturelles
33:14il y a des trucs
33:14qu'on fait pas pareil
33:15on ne prie pas le même dieu
33:15etc
33:16mais en vrai de vrai
33:17qui était là
33:18pour garder les gosses
33:19quand il fallait faire grève
33:20c'était pas Bernard Arnault
33:21et c'était pas les patrons
33:22et donc ça
33:23je pense qu'il faut le faire
33:24et il faut le repolitiser
33:25et c'est pour ça aussi
33:26que chez Victoire Populaire
33:28on a monté un programme
33:29qui s'appelle
33:29la Village Académie
33:31dans le cadre des municipales
33:32pour accompagner
33:33des listes de gauche
33:33ou progressives
33:35parce que chez nous
33:35il n'y a pas toujours
33:36les étiquettes de parti
33:37dans des villes
33:38de moins de 9000 habitants
33:40parce que c'est dur
33:41d'être de gauche
33:42à la campagne
33:43aujourd'hui
33:45moi j'ai eu ma tronche
33:46j'étais candidate en 2022
33:47donc j'ai ma tronche
33:48avec les gros logos
33:49France Insoumise
33:51partout dans ma circo
33:53c'est pas anodin
33:54c'est très isolant
33:56comme expérience
33:57alors ça
33:57ça dépend comment c'est géré
33:59il faut avoir un grand sens
34:00de la vanne
34:02voilà
34:02il faut accepter
34:04qu'on est dans un moment
34:05de conquête
34:07de reconquête
34:08sans vouloir faire
34:08de mauvais jeu
34:22non mais je suis désolée
34:23mais le RN dans les années 70
34:24c'est quoi
34:25c'est les losers
34:26c'est des losers de Vichy
34:28c'est les losers
34:29de l'Algérie française
34:30c'est les losers
34:30de la monarchie
34:31et c'est des gens
34:32ils n'ont pas digéré
34:32à 1789
34:34non mais
34:35et ben le vieux
34:36il a dit
34:36dans 50 ans
34:37on sera majoritaire
34:39et ben on y est
34:41et donc moi
34:41mon point il est de dire
34:42comment est-ce qu'on accompagne
34:43des gens qui sont déjà sur place
34:45sans avoir besoin
34:46d'emmener des néoruraux
34:47de dire des gens
34:49qui partagent nos valeurs
34:51la solidarité
34:52la coopération
34:54la lutte
34:55dire chez moi
34:56quand je veux
34:56je la mets au patron
34:58moi on me roule pas dessus
34:59etc
35:00mais ça si c'est pas
35:01un truc de syndicalisme
35:02je ne sais pas ce que c'est
35:03et ben ces gens là
35:04il faut les remettre
35:06dans des espaces de politisation
35:07autour de nos valeurs
35:08et je pense qu'il ne faut pas
35:09avoir honte
35:10et qu'il faut même
35:11porter fièrement
35:12le fait que nous sommes
35:13les héritiers du socialisme
35:14nous sommes les héritiers
35:15du syndicalisme
35:16oui c'est nous
35:17qui avons fait la sécu
35:18c'est nous qui avons fait
35:18les congés payés
35:19c'est nous qui avons fait
35:20la fin du travail des enfants
35:21et en fait on n'en a pas fini
35:22et on est encore là
35:23et on est là en tant que
35:24gens de gauche
35:25en tant que syndiqués
35:26en tant qu'engagés
35:28et on va nulle part
35:29et on est chez nous
35:30et on va gagner nous aussi
35:32à la fin c'est nous
35:33qu'on va gagner
35:35mais écoute
35:36merci Lumière
35:37je crois que ça sera
35:38le mot de la fin
35:40parce qu'on a peu pris
35:41par le temps
35:41c'est bien malheureux
35:43parce qu'on aurait bien
35:43discuté encore une heure
35:45avec toi
35:45et je pense que c'est hyper important
35:46toutes ces conversations
35:47notamment sur
35:49comment est-ce que
35:50on tisse
35:51des nouvelles relations
35:53entre nous
35:53parce que je crois
35:54profondément
35:55qu'elle vient aussi
35:57des stéréotypes
35:57qui nous sont
35:58enfin je veux dire
35:59il y a un projet
36:01de propagande
36:01financée
36:02organisée
36:03structurée
36:03pour qu'on se déteste
36:04les uns les autres
36:05et pour qu'on ne voit pas
36:06en les uns les autres
36:07des frères
36:08des camarades
36:09des alliés
36:11et ça
36:11je pense que ça doit
36:13beaucoup beaucoup
36:13nous occuper
36:14parce que
36:14au delà des guéguerres
36:16qui peut y avoir
36:17partisanes etc
36:17il y a des gens
36:19et les gens
36:20ils ont très envie
36:21de se connaître souvent
36:22donc je pense qu'il y a
36:23plein de choses
36:24très belles qui nous attendent
36:25et faisons le quoi
36:27merci merci pour ce message
36:28d'espoir
36:28ça fait du bien
36:29surtout vu le climat actuel
36:31je pense qu'on oublie
36:32de remettre à l'honneur
36:33ces choses là
36:34ces choses positives
36:35c'est ce qu'on s'était promis
36:36la dernière fois
36:36on avait reçu
36:37Léane Alestra
36:37le mois dernier
36:38où on s'était dit
36:39bon là cette fois-ci
36:40il faut qu'on parle
36:40de choses un peu plus
36:42positives
36:43populaires
36:43qui font les choses
36:44pour avancer vers le mieux
36:46et pas juste regarder
36:47derrière ce qui peut
36:49ce qui peut arriver
36:49même si ça fait très peur
36:50donc merci
36:51on les parlait
36:51d'alternatives désirables
36:52oui exactement
36:53et tu vois là
36:54on accompagne
36:54350 listes de gauche
36:56en ruralité
36:57et ils sont à fond
36:58ils sont à fond
36:59et ça concerne tout le monde
37:01aussi
37:01je rappelle quand même
37:01moi dans mon département
37:02il y a plus de 10%
37:03d'immigration
37:04cette idée que
37:05la ruralité
37:06c'est une zone blanche
37:07où il n'y a
37:08pas de couple gay
37:09pas de couple mixte
37:10pas de personnes trans
37:12pas de gens de gauche
37:13ça c'est un fantasme
37:14de l'extrême droite
37:15d'accord
37:16c'est leur
37:17France refuge
37:18où ils vont venir se cacher
37:19pour s'échapper
37:19du multiculturalisme
37:21c'est faux
37:21nous aussi on est
37:21transversés
37:22et transpercés
37:23par les dynamiques du monde
37:24nous aussi on est plus réels
37:26et on a tellement de trucs
37:27à faire ensemble
37:28et je pense vraiment
37:29sincèrement que
37:30l'échelon local
37:32c'est aussi l'échelon
37:32où on peut le faire
37:33parce qu'on parle de vie quotidienne
37:34et moi je suis trop fière
37:36je sais jamais
37:36il y a des gens qui nous écoutent
37:37qui se présentent au municipal
37:38merci vous êtes vraiment
37:39les héros et les héroïnes
37:41du quotidien
37:42merci d'avoir fait campagne
37:43merci de faire nos idées
37:44et merci de m'avoir reçu
37:46merci à toi
37:46d'ailleurs on a plein de messages
37:48dans le chat
37:48qui te remercient
37:49notamment pour ces gens là
37:51je me permets de le remettre
37:52à l'écran deux minutes
37:53merci de l'avoir lu
37:54merci de le faire
37:55vraiment offrez-le
37:56lisez-le
37:57c'est vraiment très chouette
37:58et si la Modo
37:59peut mettre
38:00Victoire Populaire
38:01l'insta de Victoire Populaire
38:03dans le chat
38:04ça pourrait être tout
38:04et la Village Académie
38:05sachant que
38:06là
38:07c'est la fin
38:08de la formation
38:10mais en fait
38:11tout ce qu'on a créé
38:12toutes les ressources
38:13la boîte à outils
38:13la communauté
38:14elle va rester vivante
38:15il y a les sénatoriales
38:16qui arrivent en septembre
38:17dans la moitié des départements français
38:18il y aura des élections
38:19nous on sera là
38:20pour faire gagner la gauche
38:21et j'espère que vous serez avec nous
38:23mais oui
38:24on se voit du coup
38:25pour les sénatoriales
38:27ça va
38:27c'est ça va
38:27c'est ça va

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