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  • il y a 10 heures
La première une du « Journal du dimanche » (« JDD ») version Bolloré et Lejeune, en 2023, était titrée : « Nous ne sommes pas des faits divers. » Pourtant, depuis, le journal n’a eu de cesse, avec les médias CNews, « Valeurs actuelles », Europe 1, de choisir dans l’actualité des histoires qui accréditent leurs thèses racistes. Le meurtre de Thomas Perotto à Crépol en novembre 2023, comme le viol et l’assassinat de la jeune Philippine Le Noir de Carlan, en septembre dernier, agitent à chaque fois le même chiffon : la volonté de désigner des auteurs issus de l’immigration.

À l’inverse, la pose d’une plaque, le 27 juin, en l’honneur de Nahel Merzouk, assassiné par un policier en juin 2023, leur donne des sueurs froides et fait pousser des cris d’orfraie à toute la fachosphère. Par leur force de frappe médiatique, par le biais de l’information en continu, assénée et répétée, par celui des réseaux sociaux, c’est ce récit, très difficile à contourner pour la gauche, qui s’impose dans l’actualité et dans l’inconscient collectif. En ces années 2020, le fait divers est-il donc devenu d’extrême droite ?

On en discute avec Caroline Constant, Tom Demars-Granja et Pierre-Antoine Valade.

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News
Transcription
00:00Crépole, Philippine, Naël, les faits divers sont-ils devenus un outil de l'extrême droite ?
00:05On a consacré une large couverture à cette question dans le magazine de l'UMA précédent, la semaine dernière.
00:11Pour en parler, on reçoit Caroline Constant, chef de la rubrique Média, et Tom Demar Grandja, journaliste web auparavant, à
00:20la rubrique Média.
00:20L'idée c'est surtout de comprendre comment certains faits divers sont traités, relayés, instrumentalisés,
00:26et quelles conséquences ça peut avoir sur le débat public et l'opinion, enfin l'opinion publique et le débat
00:32démocratique ?
00:33Caro, je vais commencer avec une question pour toi.
00:35Pourquoi les faits divers sont-ils devenus un terreau propice à des interprétations idéologiques, notamment xénophobes ?
00:41Est-ce que c'est un phénomène nouveau déjà ?
00:43Non, c'est pas un phénomène nouveau.
00:44Ça a toujours été plus ou moins le cas, disons que là, dans un contexte où on a énormément de
00:52journaux, de médias
00:55qui appartiennent à des gens d'extrême droite, ça a pris une autre dimension, en fait.
00:59Le fait de tirer un fait divers, d'en tirer une leçon de société, a toujours été une réalité de
01:10la presse, en fait.
01:11On peut le regarder.
01:13Je vais vous donner un exemple, qui est aussi un exemple littéraire en l'occurrence,
01:18mais je ne sais pas si les uns et les autres, vous avez lu La Petite Femelle de Jaénada, de
01:24Philippe Jaénada.
01:25Mais par exemple, le procès de cette femme dans les années 50 qui avait tué son amant,
01:30elle avait été littéralement jetée en pâture, comme une mauvaise femme, en fait,
01:35parce qu'elle avait des relations hors mariage, parce qu'elle avait la volonté d'être une femme indépendante,
01:43elle suivait des études de médecine, parce que ceci et parce que cela.
01:46Ça disait quelque chose de la place de la femme dans la société et de la façon dont on la
01:50voyait.
01:50On est dans les années 50.
01:52Donc, voilà, je pense que ça a toujours existé.
01:56Et comme il a toujours existé, une façon vertueuse de traiter les faits divers, en fait.
02:02D'ailleurs, qu'est-ce qu'un fait divers ?
02:05Et pourquoi c'est un théropropice à des interprétations xénophobes ?
02:11Tu veux que j'aille ?
02:12Ouais, vas-y.
02:14C'est un terrain propice, on va dire, à une récupération, et à une récupération notamment qui peut être raciste,
02:21xénophobe.
02:22Et c'est vrai que notamment la récupération par l'extrême droite et par la droite des faits divers vient
02:28tout de suite en tête.
02:30Déjà, tout simplement parce qu'un fait divers n'apparaît pas de nulle part et donc est toujours lié, on
02:36va dire, à un contexte sociétal, politique.
02:40Ce qui fait que, tout simplement, une récupération xénophobe, raciste d'un fait divers peut aussi partir du fait que
02:46le fait divers s'ancre justement dans un rapport raciste, xénophobe à la société.
02:54Les exemples les plus connus, on va dire, c'est... Et dernièrement, c'est le meurtre de Naël Merzouk, le
03:01meurtre de Abou Bakar Sissé, très dernièrement, pardon.
03:08C'est des meurtres qui s'inscrivent, par exemple, pour le cas de Naël, sur un rapport de l'État,
03:15de la police avec la population racisée, la population des quartiers populaires.
03:20Et donc, de ce fait, amène à des questionnements sur un racisme qui peut être structurel, un racisme de la
03:28police.
03:29L'extrême droite, elle, peut nier justement ce côté raciste structurel et prendre le parti de la police qui amène
03:35d'autres questions et donc à un débat, à un combat idéologique.
03:39Sur le cas de Abou Bakar Sissé, comme on l'a vu, d'un côté, il y avait la justice
03:45qui faisait son enquête et qui s'est déterminé le caractère potentiellement raciste, xénophobe du meurtre.
03:51Là où l'extrême droite, la droite, certains membres du gouvernement ont essayé d'éjecter cette question immédiatement.
03:58Là où des personnalités, des médias de gauche ont essayé de mettre ça sur la table et notamment aussi les
04:04premiers concernés qui ont dit on en a marre d'avoir peur de mourir parce qu'on va prier, parce
04:10qu'on sort dans la rue et de la manière dont on s'habille, etc.
04:12Et ça, ils le font par opposition ou par idéologie pure ?
04:16La droite et l'extrême droite. Quand, par exemple, on parle d'Abou Bakar Sissé, de Naël, ils le font
04:22par opposition à la gauche, est-ce qu'elle sous-entend ou c'est par idéologie pure ?
04:27C'est de l'idéologie pure. Je veux dire, sur l'affaire Naël, comme sur la plupart des histoires de
04:33violences policières, ils ne regardent jamais, ils criminalisent directement la personne qui est victime.
04:40Et les flics sont donc des héros qu'on n'a pas compris. Rappelez-vous de toutes les horreurs qui
04:47ont été dites sur Naël et sur sa maman, par exemple, au moment de cette affaire,
04:52mais qu'on retrouve dans beaucoup d'affaires de violences policières, quasiment toutes d'ailleurs.
05:01Ils criminalisent beaucoup les gens qui viennent des quartiers populaires, ils criminalisent beaucoup les gens qui sont racisés.
05:08Mais, par exemple, on les entend très peu sur les affaires de féminicide classiques.
05:13Si tu as le féminicide de la jeune Philippine, par exemple, qui a été victime d'un viol et qui
05:20a été assassinée par un type sous OQTF qui n'avait plus toute sa tête,
05:26là, on en entend des tonnes et des tonnes. Mais monsieur tout le monde qui assassine sa femme, sachant que
05:31ça fait système, etc.,
05:33ça, on ne l'entend pas de leur part. Et on les entend très peu sur toutes ces questions qui
05:39font système, mais qui vont à l'inverse de leur valeur à eux.
05:44Il y aura toujours des gens qui vont dire « mais c'est de sa faute, elle n'avait qu
05:50'à pas s'énerver ».
05:52On en est quand même à ce niveau-là. Le fait divers, c'est tous les jours.
06:02Moi, j'avais trouvé intéressant d'aller voir Fabien Roussel et Émeric Caron, parce qu'ils sont tous les deux
06:10d'anciens journalistes, en fait,
06:12qui sont devenus des hommes politiques. Et donc, le passage, la façon dont ils le regardaient, en passant de cet
06:19univers à un autre, m'intéressait.
06:21Et en fait, les deux qui ont eu à traiter des faits divers disent avant tout, et c'est tellement
06:26juste, avant tout, les faits divers, c'est un drame.
06:29C'est quelque chose... Voilà, il n'y a personne, quand on est journaliste, enfin, quand on est un journaliste
06:35digne de ce nom,
06:36qui peut se réjouir de voir une gamine violée assassinée, une autre assassinée, un gamin qui est victime d'un
06:44coup de couteau, tout ça, etc.
06:46Sauf que quand on parle de ces faits-là dans les quartiers populaires... Je me montre parce que j'habite
06:52dans un quartier populaire.
06:54Quand on parle de ces faits-là dans les quartiers populaires, c'est tout de suite les sauvages entre eux.
06:59Et quand on en parle hors de ces quartiers populaires, en fait, ça rentre dans une espèce de roman qu
07:04'ils écrivent avec des méchants et des gentils, quoi.
07:07Il y a un fait qui est très, très, très important là-dessus, sur l'affaire de Crépole, en fait,
07:11avec ce jeune homme, Thomas, qui avait été assassiné à la suite du...
07:15Enfin, pendant une fête dans une salle municipale.
07:19Il y a des journalistes du Monde qui ont fait une enquête rigoureuse, mais dont ils ne tirent pas de
07:24leçons,
07:24et surtout dont ils ne tirent pas de leçons sur... Il y a des méchants, il y a des gentils,
07:28et ces méchants sont racisés, et les gentils ne le sont pas, en fait.
07:31Ils se sont fait... L'enquête est vraiment impeccable, quoi. Ils se sont fait défoncer par la fachosphère. Défoncer.
07:38Alors que le travail journalistique qui a été mené, pour le coup, est incroyablement documenté.
07:43Parce qu'ils ne répondent pas à leur interprétation.
07:44Mais parce qu'ils ne répondent pas à cette interprétation qu'ils ont de la société, à dire, en gros,
07:49tous les gens racisés sont nos ennemis, en fait.
07:54Et nous, on est des espèces de héros qui résistons à une invasion.
08:00Enfin, c'est quand même... Si on prend sur l'affaire de la petite Lola, par exemple.
08:05Moi, il y a un des arguments de l'extrême droite qui m'a hyper choquée à ce moment-là,
08:09c'est...
08:10Ce ne serait pas arrivé la gamine... Si la dame qui a tué cette gamine, elle était sous OQTF, il
08:15aurait failli la renvoyer.
08:17Ben, désolé, les mecs, mais enfin, la dame, elle était surtout dingue, et elle aurait surtout dû être internée.
08:21Moi, qu'elle tue un enfant en France ou en Algérie, pour moi, c'est la même chose, quoi.
08:25Donc, voilà. C'est pas... Voilà. Bref.
08:30Et... On va aussi parler de la responsabilité des médias, parce que ça faisait partie aussi de votre grosse enquête,
08:37gros décryptage, comme ceux de Bolloré.
08:41C'est quoi leur responsabilité, à ces médias-là ?
08:43En général ?
08:44Ouais.
08:45Les médias, en général, ont un rôle qui est très particulier et qui est un peu bâtard sur les faits
08:51divers, parce qu'un fait divers a toujours un rapport à l'affect, à la morale,
08:56et donc est toujours un point de bascule, que ça soit au niveau familial, au niveau local, et des fois
09:01au niveau national, en fonction de l'affaire et de l'ampleur que ça prend.
09:04Donc, que l'on soit un journaliste d'un journal local, comme un journaliste d'un journal national,
09:11ou alors qui va sur un plateau de télévision situé à Paris pour parler d'un drame qui a lieu
09:15à l'autre bout de la France, du territoire,
09:20le journaliste a ce rôle qu'il est obligé, entre guillemets, on va dire, par pression économique aussi, par le
09:31business model de la presse et de la télévision, de la radio,
09:35de réagir en direct sur un fait qui peut demander des mois, des années d'enquête.
09:41Donc l'équilibre à trouver est toujours très compliqué.
09:43Moi, dans le cadre de mon article, j'ai discuté avec Florence Obna, Denis Robert et Patricia Touranchot,
09:50qui, tout au long de leur carrière, ont eu à traiter des faits divers sur les dernières décennies,
09:58et qui m'ont tous dit que le grand danger pour la presse est de devenir une presse accusatoire,
10:04à savoir que l'enquête judiciaire n'est pas terminée, et la presse essaye de deviner à la place de
10:11la justice qui est le coupable,
10:13les justifications du ou de la coupable, les motivations qui sont derrière, comment est-ce que cela s'est passé.
10:20Le cas qui est très historique, c'est l'affaire du petit Grégory, qui a mené une faillite complète des
10:25médias là-dessus,
10:26à savoir que la France entière se prend de passion pour cette affaire,
10:31que des journalistes nationaux de Paris foncent sur les lieux, que des journalistes locaux en profitent aussi pour tirer leur
10:40épingle du nez,
10:41et pour se faire connaître en multipliant les articles, en multipliant les apparitions à la télévision, à la radio, des
10:49fois sous pseudonyme.
10:51— Ça, ça aboutit à une faillite judiciaire, en plus.
10:53— C'est ça, faillite judiciaire. L'affaire du petit Grégory, pardon, est très connue pour cela,
10:59parce que justement, il y avait un couple de journalistes, donc c'était le couple Bézina,
11:04donc Jean-Michel et Marie-France Bézina, qui étaient des journalistes locaux,
11:09et qui ont été pointés dans ce drame et dans la faillite des médias,
11:14car ils pigeaient pour une dizaine de médias en même temps, et des fois sous pseudonyme,
11:19parce que c'était les journalistes locaux, parce qu'ils connaissaient la police,
11:21parce qu'ils connaissaient l'entourage de la famille Vimain, donc la famille du petit Grégory,
11:29ils connaissaient le juge plus ou moins qui était chargé de l'affaire.
11:35Et donc ils inondaient la presse au niveau national et local de leur point de vue,
11:41et il y a des cas qui sont documentés, où notamment Jean-Michel Bézina est allé voir une partie de
11:47la justice
11:48et leur a dit « moi je suis persuadé que c'est la mère du petit Grégory qui a assassiné
11:51son fils,
11:52vous devriez en quitter là-dessus », donc là il fait une interférence dans l'enquête judiciaire
11:56et il fait des paris entre guillemets, parce que lui il est persuadé,
11:59du coup il va incliner aussi ses articles et son travail journalistique, il va incliner la justice là-dessus,
12:04ce qui fait qu'une partie de la presse va reprendre ses accusations, va reprendre ses rumeurs,
12:10et ce qui fait qu'un couple qui est déjà endeuillé par la disparition, par la mort de leur fils,
12:17se retrouve accusé d'un meurtre sur lequel il n'y a pas, à ce moment-là il n'y
12:21a pas encore de preuves,
12:22il n'y a rien qui les incrimine, même si bien sûr ils sont suspects,
12:26parce qu'ils sont toujours suspects que c'est les parents et que c'est leur enfant qui a disparu,
12:30enfin voilà. Pour revenir à aujourd'hui...
12:32Donc il y a ce truc de journaliste peut devenir juge ou policier ?
12:35C'est ça, c'est le grand danger.
12:37Moi je dirais qu'aujourd'hui, un des problèmes, enfin je m'excuse Tom, je te coupe,
12:43mais un des problèmes c'est qu'on retombe exactement dans ce délire de ces deux journalistes
12:51qui ont fait des unes, vraiment il y a eu des dizaines d'articles,
12:55et des centaines d'articles sur Mme Villemin accusée du meurtre de son enfant,
13:03mère infanticide, ce qui était faux évidemment.
13:06Mais c'est qu'aujourd'hui quand on met autour d'un plateau en fait des gens qui parlent d
13:13'un fait divers,
13:13en plus on les choisit en fait, idéologiquement, c'est pas monsieur, madame, tout le monde quoi,
13:19c'est des gens qui ont une idéologie, et que c'est eux qui sont chargés de documenter,
13:24de faire une petite musique sur un meurtre, sur un viol, sur un fait divers quelconque.
13:34C'est tout sauf du journalisme en fait, c'est de la discussion du café du commerce,
13:38mais sauf que c'est ça la petite musique qu'on entend, parce qu'ils sont un peu omniprésents,
13:42c'est des chaînes de télévision, c'est des stations de radio, c'est de la presse en fait aujourd
13:46'hui,
13:46et donc du coup cette espèce d'omniprésence de discours, elle finit par imprégner les esprits.
13:53Et ça a quelles conséquences ?
13:54Et bien ça a pour conséquence aussi une droitisation de la société.
13:58Il y a des choses aussi qui, enfin ces gens font des raids aussi par exemple quoi,
14:01ils font des raids sur les réseaux sociaux, sur les papiers qui parlent de ces faits divers.
14:09Notre journal n'y échappe pas d'ailleurs sur ce genre de situation.
14:14Et il y a des raids numériques et aussi des raids dans la rue, après Crépaule,
14:19il y a eu aussi des milices d'extrême droite qui ont été pointés dans des quartiers pour en décider.
14:24Oui, bien sûr, ben oui, mais c'est tout le...
14:25Ça a des conséquences ?
14:27Ça a tout le... foutre le bordel au final, c'est leur volonté profonde et intense.
14:33Et alors si ça pète dans les quartiers populaires, là pour eux c'est la joie, tu vois,
14:38parce que ça montre l'ensauvagement de ces régions.
14:42Pour eux c'est ça en fait, c'est vraiment leur façon de voir les habitants de ces quartiers,
14:48c'est vraiment leur façon de voir la diversité de la population dans ce pays.
14:55Et c'est quelque chose qu'ils essayent d'assainer.
14:59Ce qu'ils notent sur la télévision, comme à l'époque de l'affaire du petit Grégory,
15:07c'est pas forcément ce que partagent la majorité des gens en vérité.
15:11Forcément, quand l'affaire du petit Grégory, quand ça arrive sur Christine Villemin,
15:17ça arrive pas tout de suite.
15:20L'accusation d'infanticide entre-temps s'était tombée sur Bernard Laroche,
15:29que Jean-Marie Villemin a tué, donc il avait déjà fait lui de la prison en fait.
15:34Et c'est à sa sortie de prison, quand sa femme est à nouveau enceinte,
15:37en fait que cette accusation tombe en fait, donc à un moment donné où ce coup
15:41essaie quand même de se rétablir comme il le peut.
15:43Donc il y a vraiment un côté absolument immonde, mais un côté de...
15:50C'est plus généré par la raison en fait.
15:52C'est généré par là, en l'occurrence, une envie de faire du fric,
15:55une envie de se mêler, de faire une enquête.
15:57Les journalistes ne sont pas des enquêteurs policiers en fait.
16:00On n'a pas les mêmes moyens, on n'a pas les mêmes méthodes.
16:03Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas faire jaillir la vérité, bien sûr.
16:06Qu'on le peut, mais pour le coup, on ne fait pas le même métier en vérité.
16:13On n'est pas chargé de rendre la justice.
16:15Et donc ces faits divers-là ont toujours été suivis par la presse.
16:20Mais en tout cas, c'est peut-être dans mon esprit, peut-être que ce n'est pas le cas.
16:23J'ai l'impression que les chaînes d'Info en Continu ont vraiment investi ce terrain-là.
16:26Et que les toutologues ont commencé à vraiment se prendre du plaisir, de passion sur ces sujets-là.
16:36Maintenant, on peut enchaîner des 3 ou 4 heures sur Lola, Philippine.
16:39Oui, mais parce que c'est plus facile de parler dans le vide de l'affaire Lola, de Philippine ou
16:46de Thomas Acrépole,
16:48que de parler d'économie, que de parler de politique, que de parler de culture, que de parler de justice.
16:54C'est plus facile de faire ça en direct d'un studio que d'aller sur le terrain
17:00et de se coltiner la réalité des gens qui vont être dans la souffrance d'interrogation
17:04et d'essayer de comprendre les choses.
17:06Ça coûte plus d'argent aussi, en vérité.
17:08Les toutologues, tu les retrouves sur tous les sujets.
17:10Mais ces sujets-là, qu'ils choisissent, encore une fois, ils choisissent.
17:15C'est fait divers, des faits divers.
17:16Il y en a tous les jours, malheureusement.
17:18Tu vois, des dizaines par jour de l'enfant qui va s'ébouillanter avec une casserole,
17:25à l'enfant qui va mourir dans une piscine parce qu'une seconde d'inattention des parents,
17:32à la fille qui va se faire violer et assassiner,
17:38aux violences conjugales en veux-tu en voilà.
17:41Donc si tu veux, la question, les faits divers, il y en a vraiment des dizaines et des dizaines par
17:45jour.
17:45Ils choisissent les faits divers sur lesquels ils vont intervenir.
17:48Et ils les choisissent parce que ça correspond à une idéologie.
17:51Oui, tu as raison. Tu as raison de pointer que ces chaînes se gavent de ces sujets autour de ça.
18:02Parce que c'est très regardé. Pourquoi c'est très regardé ?
18:04Parce que ça touche au cœur des gens, en fait.
18:07On se dit, évidemment, quand on voit la petite Lola, on se dit, ça pourrait être mon fils, ça pourrait
18:13être ma fille.
18:13C'est impossible de rien ressentir.
18:17C'est impossible de rien ressentir, en fait, par le meurtre de quelqu'un.
18:20Et alors le meurtre d'un enfant ou d'un adolescent, c'est encore pire parce que c'est l
18:26'avenir qui est tué, en fait.
18:27Tu vois, on te tue l'avenir.
18:29Donc c'est impossible de ne rien ressentir.
18:31À partir de ça, il y a deux solutions où tu décides de raison garder et de voir ce que
18:37disent la justice, la police, tout ça, etc.
18:39où tu décides de parler pour ne rien dire en lançant des anathèmes sans d'ailleurs connaître, tu vois, forcément,
18:46les tenants ou les aboutissants.
18:48Et je te le dis, dans le cas de la petite Lola, où tu arrives au truc, bon, si elle
18:52avait tué un gamin d'Algérie, ce serait moins grave que si elle avait tué en France.
18:56Mais à quel moment, en fait, quoi ?
18:58Enfin, je veux dire, non, c'est pas le problème de cette femme.
19:01C'est qu'elle avait peut-être rien à faire en liberté et qu'elle aurait dû être suivie avec
19:06des soins.
19:07Donc si tu veux, oui, ça fait. Mais on peut parler à l'infini.
19:12Vraiment, je pense que c'est plus facile de parler d'un fait divers à l'envie, en remouant toute
19:19la merde que ces gens sont capables de sortir sur tous les sujets,
19:25que de parler d'économie, de...
19:28Est-ce que... Déjà, je voulais remercier Medoli qui a fait le raid tout à l'heure.
19:34Je suis désolé, on était absorbé dans la conversation, j'ai pas eu le temps de te remercier, merci beaucoup.
19:38Est-ce qu'il y a des... Parce que là, on prend l'exemple, évidemment, de CNews et tout le
19:43bordel.
19:43Mais est-ce qu'il y a des alternatives à ça et des médias qui les traitent mieux, ou des
19:49journalistes qui les traitent mieux ?
19:50Toi, je sais que t'es journaliste avec moi, web, donc on fait souvent face à ce genre de faits
19:55divs-là.
19:56Comment est-ce que toi, tu peux les traiter en prenant peut-être un peu de distance, sans tomber dans
20:01une sorte d'instrumentalisation ?
20:03Le fait de bien traiter un fait divers plus que le titre de presse, que la chaîne de télévision en
20:08particulier,
20:10ça va être surtout une question de temps et de moyens, comme sur tout autre sujet, comme les sujets d
20:14'investigation,
20:15à savoir que si tu donnes le temps et des moyens à un, une journaliste pour traiter complètement un sujet,
20:23pour voir toutes les alternatives, pour prendre son temps sur l'écriture, sur la vérification des faits,
20:28le suivi sera bien traité. Là, on parle beaucoup de l'instrumentalisation des faits divers d'un côté point de
20:34vue négatif,
20:35d'un point de vue, on va dire, de panique morale, notamment du côté de l'extrême droite.
20:39Mais il y a aussi des exemples inverses. Par exemple, si on prend le succès du numéro du magazine Society
20:44consacré à l'affaire Dupont-de-Ligonnès, qui s'est vendu à à peu près 400 000, 500 000 exemplaires,
20:51donc un immense succès, c'est un magazine qui donne 4 ans à 4 journalistes pour travailler un dossier
20:59qui, déjà à l'époque, était tombé dans certains travers du fait divers, à savoir où on lance des hypothèses,
21:09on cherche où c'est caché Xavier Dupont-de-Ligonnès, on accuse les mauvaises personnes, est-ce qu'il est
21:15mort,
21:15est-ce qu'il a changé de pays, etc.
21:17Plusieurs années plus tard, on laisse du temps à des gens de travailler,
21:19et ça emmène à une longue enquête qui est fouillée, qui est précise,
21:24qui se base sur les faits, sur des enquêtes judiciaires,
21:26et qui marche et qui intéresse les lecteurs,
21:29sans avoir à tomber dans la panique morale ou dans l'instrumentalisation.
21:35Donc il est possible aussi, justement, par exemple, on a commencé à aborder ça un peu plus tôt dans la
21:40discussion,
21:40mais le fait d'avoir réussi à imposer le terme de féminicide dans la presse,
21:46et d'avoir montré que ce n'était pas seulement, on va dire, des affaires de mœurs,
21:52et que c'était plus que ça, à savoir un phénomène sociétal, structurel, politique,
21:58qui est lié à des questions de sexisme, de patriarcat,
22:01et là, ça part aussi de la presse et de journalistes qui se sont emparés du sujet,
22:05qui ont pris leur temps pour travailler, qui ont rabâché avec des articles,
22:09avec des enquêtes, qui sont allés questionner les victimes,
22:11qui sont allés questionner des spécialistes, qui se sont penchés sur des enquêtes judiciaires,
22:16et qui ont démontré A plus B de A à Z,
22:20qu'il y avait un phénomène politique et sociétal derrière,
22:23et qu'on ne pouvait pas décemment le remettre en cause.
22:26Je pense par exemple au travail de Lorraine de Fouchère,
22:28qui est une journaliste au Monde et qui travaille beaucoup sur des sujets féministes,
22:32sur le féminicide.
22:33C'est aussi elle qui avait fait une très longue enquête fouillée
22:36sur ces mères qui abandonnent leurs enfants dans des poubelles.
22:41Quand tu prends le cas de manière isolée,
22:43tu peux tomber dans cette panique morale, tu peux accuser la mère.
22:46Elle, ce qu'elle a fait, c'est qu'elle a fait un récapitulatif
22:49de toutes les affaires qu'il y avait eu sur les derniers mois, dernières années,
22:53où des mères avaient abandonné leurs enfants dans des poubelles.
22:56Elle a remarqué que c'est un procédé, un processus qui se répétait,
23:00quelle que soit la position à travers la France et sur les dernières décennies.
23:05Donc elle a récupéré tout ça et elle en a fait un long travail,
23:07en discutant, en essayant de reprendre contact avec ses mères,
23:10en prenant contact avec des proches, en prenant contact avec des spécialistes,
23:13avec des juges, avec des avocats, etc.
23:15Et elle a fait un très long travail.
23:16Elle montre que c'est aussi un phénomène
23:18qui est issu justement de ces problèmes de sexisme, de patriarcat.
23:21Et ce qui fait que la mère se retrouve très souvent seule à devoir gérer un enfant,
23:28que l'accès à l'IVG n'est pas forcément automatique,
23:31même aujourd'hui en France, pour certaines de ces femmes.
23:34Et donc leur dernière solution pour survivre elle-même,
23:38c'est de devoir abandonner cet enfant.
23:39Et ce n'est pas juste un acte de cruauté,
23:41c'est aussi leur seul moyen de survie.
23:42Et donc c'était un phénomène qui dépassait juste le fait d'hiver pur,
23:46comme on l'entend.
23:48Et donc il y a plein de cas comme ça.
23:50Un autre cas qui est historique,
23:51c'est le livre de Gilles Perrault qui s'appelle « Le pull au verre rouge »,
23:53qui a lancé un débat national sur la peine de mort,
23:57parce que le livre revient sur l'affaire
24:00ayant amené Christian Ranucci,
24:02donc un jeune homme, à être exécuté pour le meurtre
24:05d'une jeune fille de 8 ans,
24:07Marie-Dolores Rambla.
24:09Donc il avait été accusé,
24:13notamment parce qu'on avait retrouvé des affaires
24:15de la fille dans sa voiture,
24:18si je me souviens bien,
24:19tu me dis si je me trompe,
24:20mais de mes souvenirs c'est ça.
24:21Et en tout cas, lui se retrouve à proximité, etc.
24:24Sous le coup de la pression, dans l'interrogatoire,
24:26il avait avoué le crime,
24:27mais sans qu'il y ait de preuve précise
24:29que c'était bien lui l'auteur.
24:30Il a été exécuté.
24:32Et donc Gilles Perrault a fait un livre-enquête très fouillé
24:34qui demande des mois et des mois de travail.
24:36Il reprend tout de l'affaire,
24:38il reprend tous les dossiers judiciaires,
24:39il ne va rien torger les personnes.
24:40Il sort un livre qui ne prouve pas
24:42que Christian Ranucci est forcément innocent,
24:44parce que de toute façon,
24:45Christian Ranucci ne peut plus parler,
24:47il exécute, etc.
24:49Mais il lance le débat,
24:50il dit « et si on s'était trompé ? »
24:51Et juste cette question crée un vertige
24:53qui amène à questionner le fait
24:56de perpétuer la peine de mort,
24:57qui amène à un débat au niveau national.
25:00Le livre est un immense succès.
25:01Il y a plusieurs titres de journaux,
25:03des intellectuels, des philosophes,
25:04comme Michel Foucault qui s'empare de l'affaire.
25:08Badinter aussi a utilisé ce livre
25:10et cette enquête aussi
25:11pour abolir la peine de mort
25:13quand il s'est battu là-dessus.
25:15Enfin voilà.
25:16Donc il est possible aussi
25:17pour les journalistes
25:19d'investir les faits divers
25:19et d'en ressortir quelque chose de positif,
25:21de progressiste.
25:23Mais le truc qui est super intéressant,
25:24c'est que l'extrême droite réagit à chaud,
25:27à l'immédiat.
25:28Et en tout cas,
25:29pour démonter leur argumentaire,
25:30il faut du temps.
25:31Oui, alors, il faut du temps.
25:34Et en fait, en plus, en même temps,
25:35pour des...
25:35Moi, j'ai été très frappée
25:37par ce que me disait
25:39Alice Géraud,
25:40qui a écrit,
25:41qui a travaillé sur
25:42le violeur de la Sambre.
25:44Donc cet homme qui
25:46a fait sur 30 ans
25:47une cinquantaine de viols
25:49dans la Sambre,
25:51donc dans l'Est de la France,
25:54qui a fait...
25:58qui a eu d'ailleurs
25:59un deuxième jugement
26:01là, il y a quelques semaines
26:03de ça, en fait,
26:03parce qu'ils en ont encore trouvé
26:04en Belgique, des viols.
26:06Et elle a fait une enquête
26:08au long cours.
26:09En fait, au départ,
26:09elle part sur cette enquête
26:10comme ça, tranquillou,
26:13en se disant
26:14qu'elle va en faire
26:16pour les jours,
26:17le site des jours,
26:19des épisodes,
26:20qu'elle va suivre ce procès
26:21comme elle suit
26:21d'autres procès.
26:23En fait, elle commence
26:24à rencontrer des victimes.
26:26Elle se rend compte
26:26que ces femmes
26:27sont complètement cassées
26:30en mille morceaux,
26:31qu'elles n'ont pas été
26:31écoutées à l'époque.
26:33Elle se rend compte
26:34du nombre de victimes,
26:35en fait,
26:36et elle prend le vertige,
26:36d'autant plus qu'on ne sait pas
26:37s'il n'y en a pas d'autres
26:39encore qui sont cachées
26:40dans les placards.
26:42Et elle dit
26:43au moment où je prends
26:45conscience de ça,
26:46je me rends compte
26:46que je ne vais pas pouvoir
26:47en faire des papiers classiques.
26:48et je ne vais pas pouvoir
26:49faire des papiers
26:49comme j'en fais
26:50pour les jours,
26:51comme j'en fais pour...
26:52Voilà.
26:53Elle se lance dans cette enquête
26:54et ça va être un truc global
26:55qui va courir jusqu'au procès.
26:57Et en même temps,
26:58elle a une...
26:59Elle veut montrer
27:00que ça a aussi été un système
27:03que ce...
27:04Grâce à un système
27:05que ce mec
27:05n'a pas été chopé
27:07et n'a pas été chopé avant.
27:08C'est-à-dire que
27:09c'est les plaintes des femmes
27:11qui ne sont pas prises au sérieux,
27:12c'est les plaintes...
27:13C'est les femmes qui arrivent
27:14et qui sont renvoyées
27:16à la façon dont elles sont habillées,
27:18à la façon dont elles se sont conduites,
27:20à ce qu'elles se faisaient
27:20sur cette route
27:21à cette heure-ci
27:22et tout ça, etc.
27:24Par les gendarmes, en fait,
27:25et la police à l'époque.
27:27C'est une jeune...
27:29Une jeune juge
27:30qui prend l'affaire en main
27:32et de façon assez teigneuse,
27:35mais qui se retrouve
27:36donc dans les années 90,
27:39seul juge,
27:40femme et jeune,
27:40dans un tribunal
27:42où il n'y a que des hommes
27:45bien âgés
27:46et bien en position de puissance.
27:48Donc, elle se fait retirer l'affaire.
27:50Et elle dit
27:51que tout ça n'a pas aidé, en fait.
27:53Il y a une forme de patriarcat.
27:54Et donc, elle veut faire la démonstration.
27:56Et donc, elle fait ce livre.
27:57Voilà.
27:58Qu'elle a fini après la série.
27:59Je vais y venir tout de suite.
28:00Mais elle dit aussi...
28:02Et c'est le cas pour le livre du Monde.
28:06C'est le cas pour les enquêtes
28:07de Lorraine de Fouché.
28:08Elle a aussi coordonné
28:10pour le Monde
28:11un formidable hors-série
28:14sur 100 féminicides
28:15décortiqués, en fait,
28:16qui montrent que c'est toujours la même...
28:18Enfin, ça fonctionne toujours
28:19de la même façon
28:20qu'il y a un système.
28:21C'est que ça s'adresse
28:22à une niche de gens, en fait.
28:24Elle dit, au mieux...
28:25Elle bossait à Libération avant.
28:27Je touche quelques dizaines
28:29de milliers de lecteurs.
28:30Or, à un moment donné,
28:31sur ces questions-là,
28:32il faut frapper fort.
28:33Et elle, elle...
28:34C'est un travail
28:35qu'il lui a demandé
28:35quand même plusieurs années
28:37de 4 ans, je crois,
28:38de travail pour...
28:40Que ces femmes
28:42qui avaient souvent
28:43jamais parlé,
28:44elles ont même eu un poids
28:45de leur famille,
28:46de la société aussi
28:47sur elles, fort.
28:50Elle a dit, mais peut-être
28:52que la seule solution,
28:53ça a croisé une envie
28:54qu'elle avait,
28:55mais c'est d'en parler
28:56en fiction, quoi, en fait.
28:58Et parce qu'avec la fiction,
28:59tu touches pas des dizaines
29:00de milliers de personnes,
29:01mais tu touches des millions
29:03de personnes, en vérité.
29:04Et c'est ce qu'elle a fait
29:05en confiant le scénario
29:07de Sambre à Didier...
29:09Jean-Xavier de Lestrade,
29:12qui a donc été diffusé
29:14en 2023,
29:17avec une fiction exemplaire
29:18qui montre ce système
29:20qui a permis à un mec
29:21d'échapper aux violences séries
29:23qu'il a fait
29:23pendant 30 ans, quoi.
29:26Mais donc,
29:27se pose la question du temps
29:29quand les gens
29:31qui sont dans les autologues,
29:33comme tu les appelles,
29:34eux sont dans l'instant,
29:36alors que si on est
29:37un journaliste
29:37un peu consciencieux,
29:39on n'est pas dans l'instant,
29:40on est dans la durée,
29:40et dans l'instant,
29:41on va mettre
29:41des points d'interrogation.
29:43Et se pose la question
29:45après du nombre
29:45de personnes
29:46à qui tu parles,
29:47quand ces gens-là
29:47parlent à une quantité
29:51de gens importantes,
29:52vu qu'il y a plein
29:54de ces médias
29:56qui appartiennent
29:57à des milliardaires
29:59d'extrême droite.
30:00Et puis ça fait boucher oreille,
30:01moi.
30:02Et ça fait boucher oreille.
30:02Il me répète
30:04ce que me dit CNews.
30:05Il dit à ton père
30:06d'arrêter de regarder CNews.
30:06Oui, j'essaye.
30:08J'essaye.
30:09Mais il y a le même exemple
30:11avec l'affaire Quanta,
30:12récemment,
30:12à savoir qu'à l'époque
30:15où l'affaire Quanta explose,
30:16on tombe justement,
30:17la presse tombe justement
30:18dans cette pulsion meurtrière,
30:23etc.
30:23Donc tombe dans tous les travers
30:26que l'on peut reprocher
30:27à la presse
30:27sur le traitement
30:28d'un tel fait divers.
30:29Même des années plus tard,
30:31Quanta peut toujours
30:32terminer en une
30:33de magazine culturel,
30:35etc.
30:37Donc très récemment.
30:39Puis arrive
30:40cette série documentaire
30:41sur Netflix
30:43qui amène donc
30:44un travail de longue haleine
30:46qui reprend...
30:47C'est une contre-enquête,
30:48en fait.
30:48Très souvent,
30:49il y a des très nombreux
30:50cas de contre-enquête
30:51qui reviennent
30:51sur une affaire
30:52comme Xavier Dupont
30:53de Ligonnès avec Society.
30:54C'est des contre-enquêtes
30:55qui arrivent sur la durée,
30:56qui arrivent après,
30:57on va dire,
30:57après la tornade
30:58d'émotions,
30:59de presse,
31:00d'invective,
31:02d'accusation
31:03qui reprend
31:04le fil de l'affaire judiciaire,
31:05qui va interagir
31:06une nouvelle personne,
31:07qui prend son temps
31:07pour réfléchir.
31:09Et ça a des répercussions
31:11comme on peut voir
31:11récemment
31:12avec l'affaire Quanta,
31:14c'est-à-dire que l'affaire
31:15est redevenue
31:16sur le devant de la scène.
31:19En bien et en mal,
31:20quand on voit par exemple
31:20que,
31:21si je me souviens bien,
31:22c'est Paris Match
31:22qui a fait une
31:27sur la retraite
31:29de Bertrand Quanta
31:30qui ne peut plus sortir
31:31dans la rue tranquillement,
31:32etc.
31:33Donc Paris Match
31:35qui était dans le giron
31:36Bolloré
31:37jusqu'à il y a
31:38quelques semaines,
31:39mois,
31:39et ça a été racheté
31:40par le groupe
31:42LVMH,
31:42donc Berard-Arnaud.
31:44Mais donc,
31:44ça reste des multimilliardaires
31:47qui ont des projets
31:49réactionnaires,
31:49libéraux,
31:50derrière.
31:51Enfin voilà.
31:52Tout ça pour dire
31:52que même si c'est une affaire
31:55qui,
31:56dont l'ampleur
31:57n'a pas été jugée
31:59pertinemment
32:00par la justice,
32:00par la presse
32:01à une époque,
32:02peut ressurgir
32:04des années plus tard,
32:05des décennies plus tard
32:05et toujours avoir
32:06un impact
32:07sur la société
32:08parce que,
32:09même si l'affaire
32:10est il y a 20 ans,
32:1130 ans,
32:11ça reste souvent
32:12des mécanismes
32:12qui se répètent
32:13sur la durée
32:14et à partir du moment
32:15où on met le point
32:15sur ces mécanismes
32:16et qu'on peut en parler,
32:20on peut s'en servir
32:22pour faire évoluer
32:25la législation,
32:26le rapport de la presse
32:27par rapport
32:28à telle ou telle affaire.
32:29Pareil pour la vague MeToo,
32:30ça sort d'une enquête
32:31aussi du New York Times
32:32sur la longueur
32:33qui vient rappeler
32:34des faits
32:34qui se sont passés
32:35des années,
32:35des décennies avant
32:36et juste parce que
32:38deux journalistes
32:41ont travaillé,
32:42ont tenu tête
32:42face aux invectivaires,
32:44et aux menaces
32:45des avocats
32:46de Harvey Weinstein,
32:47ont sorti l'enquête
32:48et ça a amené
32:49à l'évolution
32:51qu'on a vue par la suite,
32:52à savoir une prise de conscience
32:53au niveau mondial,
32:54un débat qui s'ouvre,
32:55des voix qui se multiplient
32:57de victimes,
32:58des médias
32:59qui s'emparent du sujet,
33:00qui se remettent en cause
33:01la manière dont ils ont traité
33:02ces affaires auparavant
33:03et voilà,
33:03donc on voit un cheminement
33:04qui se crée.
33:05Et est-ce qu'on peut s'attendre
33:07à ce que cette manière
33:10de procéder,
33:10elle se renforce
33:12dans les prochaines années
33:13ou est-ce que nous,
33:15on a un rôle à jouer ?
33:16Là, par exemple,
33:17je pense à dernièrement
33:19l'affaire d'agression sexuelle
33:20sur des nourrissons
33:21dans un hôpital
33:22à Montreuil.
33:23C'est à Montreuil ?
33:25Montreuil.
33:25Au début,
33:26ils avaient épinglé
33:28comme infirmière
33:29une fille
33:30qui s'appelait Leïla.
33:31Alors que c'était
33:32totalement faux.
33:33Et en fait,
33:33c'était une infirmière
33:34qui s'appelait Juliette
33:35ou je ne sais plus
33:35comment elle s'appelle.
33:36Pas longtemps avant,
33:37il y avait eu quelque chose
33:38avec un gamin
33:39qui avait poignardé
33:40une gamine.
33:41Au début,
33:42ils avaient dit
33:42que c'était un rebeu
33:45ou je ne sais pas
33:46ce que c'était.
33:46En fait,
33:46c'était un blanc de blanc.
33:48Est-ce que...
33:49J'ai l'impression
33:51de les voir
33:51de plus en plus.
33:53J'ai l'impression
33:53qu'ils utilisent
33:54n'importe quel fait divers
33:55pour alimenter leur...
33:58C'est justement
33:58pas n'importe quel fait divers.
34:00Il y avait une question
34:02sur est-ce que vous avez
34:04déjà refusé
34:04de traiter un fait divers.
34:07En fait,
34:09la question,
34:10elle ne se pose pas
34:10exactement comme ça.
34:11C'est-à-dire que
34:15le fait divers,
34:17il y a celui
34:17qui est dans toute la presse
34:19et auquel
34:21vous pouvez difficilement échapper.
34:23je pense à Lola,
34:23je pense à Philippine.
34:24À un moment donné,
34:25quand ça tombe
34:26dans la presse
34:27à ce niveau-là,
34:27il faut aussi en avoir
34:28quelque chose à dire.
34:29Il faut s'en emparer.
34:30Ou vous en parlez
34:33sur...
34:35en allant
34:36vous-même
34:37rencontrer
34:37les témoins,
34:39rencontrer
34:41les victimes,
34:42tout ça, etc.
34:44et donc en faisant
34:44votre travail
34:45de journaliste
34:46de terrain
34:47où vous prenez
34:48quand même
34:48des pincettes
34:49où vous décidez
34:50si jamais vous décidez
34:51de ne pas en parler,
34:52c'est aussi un choix en fait.
34:53C'est-à-dire que
34:54de ne pas...
34:54Tous les jours,
34:55un journal,
34:55il est composé de choix.
34:57C'est-à-dire que
34:57vous pouvez aussi voir
34:58la ligne éditoriale
34:59d'un journal
34:59au sujet qu'elle traite
35:00et au sujet qu'elle ne traite pas.
35:03Nous,
35:03on ne fonctionne pas
35:05sur le fait divers en vérité.
35:06On en traite très peu.
35:07On en traite très peu.
35:09Cela posait
35:10quand ça nous est arrivé
35:11et je pense
35:12au travail magnifique
35:13qu'avait fait
35:14Anne Sico
35:15dans les années 90
35:16sur l'affaire
35:18du Portel
35:18où des jeunes femmes
35:19avaient été tuées
35:21par des marginaux
35:24et où elle avait fait
35:25un travail
35:27vraiment,
35:27elle était restée
35:29plusieurs...
35:29une semaine ou qu'un jour
35:30je ne sais plus
35:31sur place
35:31mais elle avait fait
35:32un travail remarquable
35:33qui recontextualisait
35:34encore une fois.
35:35Nous,
35:35je n'en ai pas
35:36à la recherche
35:36des coupables
35:37et des...
35:37Voilà,
35:38on va pouvoir
35:38juste contextualiser
35:40quelque chose
35:41mais non,
35:41on ne refuse pas
35:42a priori
35:43de traiter un sujet.
35:44On se pose la question
35:45sur est-il pertinent
35:47ou pas de se traiter
35:48un sujet ?
35:48A-t-on les moyens
35:49ou pas de le traiter
35:51et de le traiter correctement ?
35:53Voilà,
35:55souvent,
35:56avec juste l'AFP,
35:57ce n'est pas forcément
35:59l'idéal non plus
36:00pour traiter
36:02ce genre de choses
36:05et j'ai fait une erreur
36:06tout à l'heure,
36:06j'ai dit que
36:07Sambre,
36:07c'était dans l'Est
36:08et il y a un internaute
36:09qui m'a fait remarquer
36:10que c'est dans le Nord
36:10et il a complètement raison,
36:11je suis désolée
36:12de la mes cartes.
36:13Justement,
36:13tu as parlé de l'AFP,
36:14donc de l'agence France Presse,
36:15un cas d'exemple
36:16donc de traiter
36:19un fait divers
36:19qu'à partir de l'AFP.
36:22Par exemple,
36:23le meurtre
36:23d'Abou Bakar Sissé,
36:25si je me souviens bien
36:26mais je ne crois pas
36:28me tromper,
36:28la première dépêche,
36:30donc texte publié
36:31par l'agence France Presse,
36:33parlait d'une altercation
36:35entre fidèles,
36:36d'un meurtre fait d'un fidèle
36:38à un autre dans une mosquée.
36:39Donc si tu te bases
36:41sur la première version
36:43de l'AFP
36:44pour sortir l'info plus vite,
36:46tu sors un article
36:47où tu dis deux fidèles musulmans
36:49lors d'une prière
36:49sur une altercation
36:50et l'un d'entre eux est mort.
36:52La suite de l'enquête
36:53et les informations
36:56qui en ont découlé,
36:57la vidéo qui s'est diffusée
36:59du meurtre
36:59ont prouvé
37:00que ce n'était pas
37:01deux fidèles
37:02qui avaient une altercation
37:03et que c'était justement
37:05le meurtrier
37:06qui s'est fait passer
37:07pour un fidèle
37:07pour pouvoir rentrer
37:08et ensuite
37:09qui a assassiné
37:10Abou Bakar Sissé.
37:12Donc il y a aussi
37:13justement cette question
37:14de timing
37:14de comment tu traites
37:16le fait divers,
37:16est-ce qu'on le traite
37:17tout de suite ?
37:17Est-ce qu'on voit
37:18comment ça évolue ?
37:19Par exemple,
37:21un cas de fait divers
37:22récent
37:22qui a traité
37:23l'humanité sur la longueur,
37:25c'est le procès de Mazan,
37:26le procès des viols de Mazan.
37:27On ne pouvait pas
37:28ne pas passer à côté
37:29au vu de l'ampleur nationale
37:31et même mondiale
37:32qu'a pris...
37:33Est-ce que ça ne devient
37:34pas un fait de société
37:35plus qu'un fait divers ?
37:36Oui.
37:36Mais à la base,
37:38tout fait divers
37:39est un fait de société.
37:41Parce qu'il n'apparaît pas de lui.
37:42Je veux dire,
37:42un féminicide,
37:43un infanticide,
37:46un meurtre par couteau,
37:47par exemple,
37:48on voit bien
37:48que les meurtres par couteau
37:49aujourd'hui,
37:50chez les jeunes,
37:51ça prend une proportion
37:52inquiétante,
37:53en vérité.
37:54Bon,
37:54on le voit,
37:56il y a des chiffres,
37:57c'est documenté.
37:58Donc,
37:59ça rentre
38:00dans un fait de société.
38:01Pourquoi ?
38:01Pourquoi ce souci-là ?
38:04Mais non,
38:05je ne pense pas
38:05qu'on puisse dire
38:07que...
38:08C'est intéressant
38:09que tu parles
38:09de l'AFP
38:10et des médias
38:11en général,
38:12des premières dépêches.
38:13Parce qu'on sait,
38:15au journal,
38:16ce qui fait beaucoup de vues
38:18dans les journaux,
38:19en ligne en tout cas,
38:19sur la presse numérique,
38:20les faits divers,
38:21ça fait énormément de vues.
38:22Ce que l'on sait
38:23sur l'agression,
38:25ce que l'on sait.
38:26Et du coup,
38:27il y a ce besoin
38:28d'immédiateté
38:29sur l'information,
38:30sur les faits divers,
38:31qui peut pousser,
38:32par exemple,
38:33l'AFP
38:33à poster ce genre de machin
38:36et à comporter
38:37des fake news.
38:37Et ça,
38:38c'est profondément
38:39dommageable.
38:40Oui,
38:40d'où l'intérêt
38:42des fois
38:43de prendre
38:43un temps de recul,
38:46même si ça coûte
38:47quelques dizaines d'euros.
38:49Parce qu'en fait,
38:50c'est ce que je te disais
38:50tout à l'heure,
38:51le fait divers,
38:52ça vient te choper
38:53aux tripes,
38:54en fait.
38:54Donc,
38:55voilà,
38:55c'est le truc
38:57où tu te dis,
38:58pourvu que ça n'arrive
38:59jamais à l'un des miens,
39:00en vérité.
39:01Tu vois,
39:01c'est justement ça.
39:02Donc,
39:04la question,
39:05s'il y a un meurtrier
39:06en liberté,
39:07tu vas avoir envie
39:07qu'il se fasse choper
39:09le plus vite possible.
39:10Et donc,
39:10du coup,
39:11c'est pour ça
39:11que les gens sont aussi addicts.
39:13Et après,
39:13il y a aussi la question
39:14de la proximité.
39:15C'est-à-dire que,
39:16par exemple,
39:17pour un journal,
39:18pour un journal,
39:19oui,
39:19c'est le mort-kilomètre,
39:21si il y a un journal local
39:23qui ne traite pas
39:24d'un meurtre,
39:25d'un féminicide,
39:26d'un infanticide
39:26qu'il y a eu
39:27sur son territoire,
39:30il va déjà se prendre
39:31une bronca
39:31de la part
39:32de ses lecteurs.
39:33Mais c'est quasiment
39:35une faute,
39:35en fait,
39:36tu vois,
39:36en vérité.
39:37Quand tu es au niveau national,
39:39tu peux difficilement
39:40faire ce travail-là,
39:41en fait,
39:42de recension
39:42tous les jours
39:43d'effets divers
39:45et tu n'as pas
39:46des gens partout
39:46pour vérifier
39:47ce qui s'est passé
39:50et ce qui est
39:52l'effet brut,
39:54en vérité.
39:54Donc,
39:55voilà,
39:55c'est souvent le problème.
39:56La première dépêche,
39:58effectivement,
39:59elle peut te dire
40:00que
40:03des choses
40:04qui sont fautes
40:05mais qui t'alertent
40:06sur une situation,
40:09ça va dépendre aussi
40:10de la façon,
40:10effectivement,
40:11dont les médias
40:11le reprennent derrière
40:13et donc,
40:13du coup,
40:13c'est vrai qu'aussi,
40:14nous,
40:15on a cette tradition-là
40:16de ne pas foncer tête baissée
40:17sur l'effet divers.
40:18Mais non,
40:19on ne regrette jamais
40:20d'avoir traité un sujet
40:21et on espère surtout
40:22ne pas le maltraiter.
40:23Voilà,
40:24c'est surtout ça
40:26le sujet.
40:27Eh bien,
40:27merci beaucoup,
40:28les amis.
40:29C'est nous qui te remercions.
40:31Ça fait un plaisir.
40:33Le chat a l'air
40:33de s'embrouiller
40:34sur...
40:35Oui,
40:36sur...
40:37Il n'y a pas de...
40:38On ne veut pas
40:38de racistes et de fachos
40:39ici.
40:39Les racistes et de fachos,
40:40cassez-vous.
40:40Il y avait quelqu'un
40:41qui disait que...
40:43L'Observatoire...
40:44On n'y échappait pas
40:46sur les réseaux sociaux
40:47de l'UMA
40:48à la fachos sphère,
40:49mais c'est une réalité.
40:50Il y a des raids
40:51de temps en temps
40:52sur certains sujets,
40:53sur les réseaux sociaux,
40:54sur nos publications.
40:55Sur les publications
40:56Instagram ou tout.
40:57C'est vraiment
40:58de la folie.
40:59C'est intenable.
40:59Oui.
41:00Voilà,
41:01ils savent très bien
41:01faire ça aussi.
41:02Ils sont même bons à ça.
41:04Oui,
41:04ils sont très bons,
41:05mais comme quoi...
41:06Est-ce que parfois
41:07ça vous dégoûte, ça ?
41:09Moi,
41:09ça me...
41:10En dessous de liens
41:11de vos articles ?
41:12Moi,
41:13ça me...
41:14Alors,
41:15à la fois,
41:16ça me dégoûte
41:16parce que...
41:18Ce qui me dégoûte,
41:19c'est pas que ça existe,
41:21c'est pas que ce soit
41:22sous mes articles,
41:23c'est que ce genre de discours
41:23se tienne,
41:24en fait,
41:24quoi,
41:25tu vois.
41:25Après,
41:26il y a aussi quelque chose
41:27qui souvent me réjouit,
41:28c'est qu'on a des lecteurs
41:29qui sont assez réactifs
41:31là-dessus,
41:32et voilà,
41:32quoi.
41:32C'est vrai, ça.
41:34on peut pas être...
41:35On n'est pas assez nombreux
41:36à l'UMA
41:37pour faire...
41:38Même si Olivier Châtrin
41:40fait très bien le boulot aussi.
41:41Oui,
41:41Olivier,
41:41parce qu'Olivier,
41:42c'est quelqu'un
41:42qui est très énervé.
41:42Olivier était très fan de ça,
41:44il adore,
41:45il adore.
41:45Voilà.
41:46Mais oui,
41:48c'est agaçant,
41:49mais tu peux...
41:51Malheureusement,
41:52on va pas fermer les commentaires
41:53pour une bande de crétins,
41:56quoi.
41:56Donc,
41:56voilà,
41:57c'est pas...
41:57En plus,
41:58vraiment,
41:58il n'y a aucun débat possible.
42:00Enfin,
42:00tu peux pas débattre avec...
42:01Cassez-vous.
42:02Parce que...
42:03Il n'y a aucun débat possible,
42:04mais en même temps,
42:05il y a des moments donnés,
42:06si on ne peut pas supprimer
42:07le commentaire
42:08pour des raisons XYZ,
42:10parce qu'il y a certains commentaires
42:11qui auraient vocation
42:11à être supprimés,
42:12mais on n'est pas assez nombreux
42:13non plus pour faire ce travail-là
42:15tout le temps,
42:16mais il y a leur répondre
42:19et ne pas leur laisser
42:20le dernier mot sur le sujet.
42:22Moi,
42:22ça fait partie des petits plaisirs personnels
42:24que je me fais de temps en temps.
42:26Donc,
42:26après,
42:27j'arrive...
42:27Tom le sait.
42:28Après,
42:28j'arrive tout énervée
42:29parce que je me suis embrouillée
42:31avec un connard
42:33pendant deux heures
42:35sur le sujet,
42:36mais voilà,
42:36dans le métro
42:37pendant mon trajet.
42:39Mais oui,
42:40ça fait partie des...
42:41Mais en plus,
42:41on le sait
42:42qu'il y a des gens
42:43comme ça,
42:44ça fait partie des méthodes
42:46de la fachosphère.
42:47Ils ont des comptes
42:49et des pléiades
42:50de faux comptes aussi.
42:52Donc,
42:52des fois,
42:52c'est la même personne
42:53qui est sous 25 identifiants
42:54possibles
42:55et qui vont te balancer
42:57en mode raide
42:58le même argumentaire
42:59et tout ça.
43:00Et effectivement,
43:00il y a un moment donné,
43:01on a le droit
43:02de dire
43:04tout ça,
43:05c'est stop,
43:05quoi,
43:06en fait.
43:06Voilà,
43:06c'est pas un déversoir.
43:10Et puis surtout,
43:11mange ton vomi,
43:12camaradin,
43:12parce que voilà,
43:13c'est juste horrible
43:14ce que t'es en train
43:14de sentir,
43:15quoi.
43:15Donc voilà.
43:17Eh bien,
43:17merci beaucoup,
43:18Caro.
43:18Eh bien,
43:19c'est merci à toi,
43:20Pierre-Antoine.
43:20C'est merci à toi,
43:20c'est merci à toi.

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