- il y a 16 heures
Une délégation gouvernementale s’est rendue ce lundi en Gironde, un territoire gravement touché par le mégafeu de cet été. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a été hué dans le village sinistré du Porgne. Il a refusé tout mea culpa sur les moyens alloués aux pompiers malgré les déclarations du ministre Laurent Nunez révélées par Mediapart. Il y a annoncé 12 millions d’euros d’aides et promis des délais très rapides pour délivrer les permis de construire. Analyse avec Emilio Meslet et Aurélien Soucheyre de la rubrique politique.
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NewsTranscription
00:02Sébastien Lecornu, le Premier ministre, s'est rendu aujourd'hui au Porges, en Gironde, village le plus sinistré par les
00:06méga-feux de cet été.
00:08Le Premier ministre a été reçu. Comment, Emilio Mellet, tu es journaliste au service politique de l'humanité, comment il
00:13a été reçu et qu'est-ce qu'il est venu dire sur place ?
00:16Disons qu'il était attendu, mais pas vraiment le bienvenu au Porges, donc tu l'as dit, un des villages
00:20les plus sinistrés, il y a 183 maisons qui ont brûlé,
00:23et avec des habitants qui étaient très en colère, notamment parce qu'ils accusent l'État et les pouvoirs publics
00:29de ne pas avoir assez mis les moyens pour défendre le village
00:31au profit de la commune voisine, l'Eschkab Ferret. Et donc le Premier ministre est arrivé. Après déjà une première
00:39visite la veille, le dimanche,
00:40où il était venu en Catimini sans caméra rencontrer le maire et quelques habitants, voilà, il est revenu, cette fois
00:47avec les caméras qui l'y attendaient,
00:49et surtout un cordon de CRS qui maintenait près de 200 manifestants qui l'ont hué, qui lui ont dit
00:54qu'il était un menteur,
00:56que son attitude était minable et honteuse, voilà, il n'est pas venu à leur rencontre, et ils attendaient beaucoup
01:04du déplacement de Sébastien Lecornu,
01:06parce qu'il y a énormément de sinistrés, on peut le comprendre, des sinistrés qui se sont regroupés dans un
01:10collectif
01:11où il y a quasiment maintenant 800 personnes, en tout cas sur les discussions WhatsApp, on ne sait pas encore
01:15combien,
01:16ils seront en tout cas à déposer plainte, justement pour faire la lumière sur ce qui s'est passé.
01:23La plainte est en cours de constitution, j'ai eu l'avocat au téléphone juste avant notre vidéo,
01:28qui me disait parce qu'il voulait faire justement un inventaire très précis de chaque situation individuelle dans cette plainte,
01:34pour que chacun puisse savoir ce qui s'est passé.
01:39Et donc c'est dans ce contexte, j'allais dire incendiaire, mais littéral, que Sébastien Lecornu a débarqué
01:45pour faire quelques annonces sur lesquelles on va revenir.
01:48Voilà aussi, je peux vous dire qu'il y avait une petite chaise qui attendait Sébastien Lecornu là-bas,
01:52parce qu'ils accusent le gouvernement de mener la politique de la chaise vide là-bas,
01:55où c'était marqué Lecornu et sa clique.
01:59Et donc c'est le message qu'ils ont en tout cas voulu lui envoyer avant qu'il n'aille
02:01à Mérignac,
02:02donc dans la périphérie de Bordeaux, à une trentaine de kilomètres, un peu plus du Porges,
02:09où Sébastien Lecornu a rencontré quelques acteurs locaux et des élus avant de faire des annonces.
02:14Il était avec une délégation ministérielle, mais il n'y avait pas, c'est assez révélateur,
02:18la ministre de la Transition écologique, Monique Barbu.
02:21Il avait promis de sortir l'artillerie lourde dans ses annonces,
02:26pour créer un choc économique et relancer la région.
02:29Qu'en est-il des annonces réelles faites par Lecornu ?
02:32Est-ce qu'on est devant de l'artillerie lourde, ou plutôt des mesurettes, Emilio ?
02:35On pourrait penser que l'ancien ministre des Armées connaît le vocabulaire militaire,
02:38qu'il sait ce qu'il dit lorsqu'il utilise ce vocabulaire.
02:41On voit qu'en fait, il est surtout venu en opération des minages.
02:43Sébastien Lecornu, il se savait attendu sur le terrain.
02:47Il a sûrement beaucoup de considérations, d'ailleurs pour les sinistrés, ça n'empêche pas.
02:51Mais en tout cas, les annonces qui ont été développées, en plus par lui et six de ses ministres,
02:56qui étaient présents, ne satisfont pas grand monde sur place.
03:00J'ai eu beaucoup d'interlocuteurs, notamment d'élus, qui trouvent que c'est du saupoudrage.
03:07C'est ce que m'avait dit le secrétaire départemental du PCF, il appelle ça du saupoudrage.
03:10Parce qu'il n'y a pas de mesures structurelles.
03:12Je peux vous faire une petite liste.
03:14Donc il y a parmi cette artillerie lourde, qu'il faut mettre avec beaucoup de guillemets,
03:1912 petits millions d'euros pour un plan de relance à destination des collectivités,
03:22qui se distribue avec 10 millions pour la Gironde,
03:26et 2 pour les Landes, mais on ne sait pas encore quelles sont les modalités,
03:29quelles collectivités peuvent aller frapper à la porte pour réclamer un peu d'argent.
03:34Au vu des dégâts, notamment sur les infrastructures routières,
03:38sur tout un tas de services publics, sur les caisses des SDIS,
03:43qui sont les centres départementaux de secours,
03:46où sont les pompiers qui ont eu des dépenses qui ont explosé.
03:49On ne sait pas encore comment ça va distribuer.
03:5212 millions d'euros, ça ressemble assez peu à l'ampleur des dégâts.
03:54Ça ressemble assez peu.
03:55Alors ça, c'est uniquement à destination des collectivités.
03:58Parce qu'après, il y a un autre plan qui lutte, un plan de soutien à l'économie,
04:03avec des exonérations de cotisations sociales pendant 3 mois pour les entreprises
04:07qui étaient soit sur les lieux des sinistres,
04:09qui ont dû être dans les villes évacuées, soit qui ont brûlé.
04:13Il y a la prise en charge par l'État de la taxe foncière à la place des entreprises sinistrées.
04:18Un plan de communication pour faire revenir les touristes à hauteur de 2 millions d'euros.
04:22Un fonds de garantie de 30 millions d'euros associant à la BPI,
04:25donc la Banque Publique d'Investissement et la région Nouvelle-Aquitaine.
04:28Ça, c'est pour les aspects financiers, économiques de ce plan.
04:33Et sur le versant plus administratif, Sébastien Lecornu, dans la filiation macroniste,
04:39a promis beaucoup plus de simplification.
04:43Ce qu'on peut comprendre, parce qu'il y a quand même des gens qui sont sinistrés,
04:48qui n'ont plus une maison, ça va durer des mois.
04:51Il y a des plans aujourd'hui qui sont liés à des incendies,
04:56parce qu'il y avait des maisons vides, par exemple,
04:57de fait des appartements dans les communes voisines qui étaient vides
05:00parce qu'ils étaient destinés à la location,
05:01qui ont pu servir à reloger des gens.
05:03Il y avait des mobilhomes parce que les campagnes étaient vides.
05:04Mais voilà, c'est du conjoncturel et c'est une situation qui pourrait durer.
05:08Donc, il y a des plans de relogement qui vont être faits sur du plus long terme.
05:11C'est ce qu'a promis Sébastien Lecornu.
05:13Mais il a aussi promis qu'il y aurait des permis de construire
05:16qui seraient accélérés dans des délais d'un mois plus raisonnables.
05:20Mais donc, ça veut aussi dire, avec peut-être moins de garanties
05:24sur la faisabilité et surtout sur l'environnement.
05:29Parce qu'il y en a des maisons qui se situent à l'isère de forêt,
05:32etc.
05:33Ça pose beaucoup de questions.
05:34Et on a vu d'ailleurs les macronistes utiliser beaucoup
05:36l'argument environnemental, d'ailleurs, plutôt comme un frein.
05:38Ils ont assez peu parlé du réchauffement climatique.
05:40Mais voilà, les normes environnementales étaient un frein
05:42et qu'il fallait les balayer.
05:45Et voilà.
05:46Sur les permis de construire qui seraient délivrés dans un délai d'un mois,
05:49ça ne veut pas dire qu'à partir de maintenant,
05:51dans un mois, ils sont délivrés ?
05:52Non, c'est un mois après le dépôt d'une demande.
05:55Voilà, c'est les mairies et les préfectures.
05:58Ce sera dans la loi logement sur laquelle ils sont en train de travailler.
06:00Ils ont promis une loi Notre-Dame, en gros.
06:03Il faut le plan d'architecture de ta maison.
06:05Il faut avoir recours à un architecte.
06:07Il faut que le sol soit...
06:08Il y a plein de choses à faire.
06:10C'est un mois à partir du dépôt.
06:11De la demande de permis de construire déposée en mairie,
06:13qui sont ensuite délivrés par les préfectures et les mairies,
06:16enfin plutôt par les mairies à assister les préfectures,
06:19que ça se passe.
06:20Donc il y a quand même, même s'il y a une accélération
06:22sur le permis de construire, que les familles peuvent apprécier.
06:25En fait, il y a un long parcours du combattant
06:26qui les attend avec les assurances,
06:28avec l'armement d'interlocuteurs.
06:31Justement, il y a deux sujets qui ont été abordés pour l'un
06:35et pas abordés pour l'autre par Sébastien Lecornu.
06:37Premier, c'est le sujet épineux des assureurs.
06:40On sait que depuis des années, à mesure que le réchauffement climatique
06:43dévoile ses effets catastrophiques sur nos vies,
06:47sur tout notre territoire,
06:50les assureurs ont tendance à se désengager.
06:53Cette fois, ils ne sont pas forcément tous désengagés,
06:57mais Sébastien Lecornu a voulu leur mettre une petite piche nette,
07:00on va dire, en disant qu'il allait dénoncer les assureurs
07:06qui ne joueront pas le jeu publiquement,
07:08mais tout en gardant la loyauté envers eux.
07:12Donc il n'est pas loyaux, il n'a pas utilisé ce terme,
07:14en tout cas pour parler des sinistrés, pour parler des pompiers.
07:16C'est un terme qu'il a utilisé pour les assureurs.
07:19Il a dit qu'il aurait un merçage personnel
07:22en direction des dirigeants des principales filières d'assurance.
07:28Et surtout, il écarte quasiment,
07:31même si lorsque j'ai eu les élus,
07:33ce n'est pas aussi clair que ça par la suite,
07:35mais une taxe supplémentaire qui permettrait
07:38de servir de la manne des assureurs
07:43pour financer l'effort nécessaire
07:46pour augmenter les moyens des pompiers.
07:47En fait, on estime, par exemple,
07:49en 2022, lorsqu'il y a eu les feux de la Teste de Bûche
07:51et de l'Andiras,
07:52entre 4 et 5 milliards d'euros,
07:55la valeur des biens sauvés par l'intervention des pompiers.
07:59Donc c'est-à-dire que c'est autant d'argent
08:01qui fait que les assureurs n'ont pas eu à débourser
08:04à ce moment-là.
08:05Donc là, le département et les acteurs locaux
08:09vont faire la même chose sur la gérante.
08:12Donc c'est toutes les infrastructures
08:13qui étaient situées, en gros,
08:15à maximum 150 mètres des feux,
08:18ce qui fait relativement peu.
08:19Mais ça va quand même chiffrer en milliards d'euros.
08:22Et donc, il y a une demande très forte
08:25des départements,
08:26notamment de ce massif résineux,
08:28qui est le plan le plus important d'Europe,
08:31mais aussi de parlementaires,
08:32écologistes notamment, mais pas uniquement,
08:34justement pour aller chercher l'argent là où il y en a,
08:36c'est-à-dire chez les assureurs.
08:38Et ça, pour l'instant, Sébastien Lecornu
08:40a fait comprendre que, pour lui,
08:42ce n'était pas une bonne idée
08:42parce que ça allait être une répercussion financière
08:45sur le coût des assurances
08:48pour les citoyens.
08:49Donc on sent qu'il n'est pas encore
08:51pleinement intégré là-dessus.
08:52Mais Emmanuel Macron, lorsqu'il était venu il y a trois semaines,
08:54avait dit aux élus que c'était un chantier
08:56qui était toujours en réflexion.
08:57Et il y a un deuxième sujet
08:59qui n'a pas abordé, Sébastien Lecornu,
09:01c'est celui de l'accompagnement des victimes.
09:03Parce que tu disais qu'il y en a qui allaient se retrouver
09:04justement dans les parcours du combattant.
09:06Il y a un accompagnement social
09:08qui est fait par le département,
09:09parce que ça relève de sa charge
09:11avec des travailleurs sociaux,
09:13des psychologues, etc.
09:14Mais ça, l'État pourrait en prendre sa part.
09:18Ça n'a pas vraiment été abordé par Sébastien Lecornu.
09:20Ça, l'accès au droit, ou encore...
09:23Donc je veux dire, l'accès au droit,
09:26l'accompagnement social et psychologique,
09:28c'est ce que dénoncent en tout cas dans nos colonnes.
09:30Vous pourrez le lire très vite sur notre site.
09:34Le président du département socialiste de Gironne
09:37qui s'appelle Jean-Luc Gleize
09:38et qui regrette que le gouvernement
09:42ne prenne pas davantage sa part
09:43en la matière.
09:45Je le disais tout à l'heure,
09:47Sébastien Lecornu, Premier ministre,
09:48est venu avec plusieurs ministres.
09:50Mathieu Lefebvre pour l'environnement
09:52et la reforestation,
09:53Vincent Jambrun pour le logement,
09:54Françoise Gattel pour les collectivités,
09:56Annie Gennevard pour l'agriculture,
09:58Serge Papin pour l'économie.
09:59Et il y avait Laurent Nouniès,
10:00qui est ministre de l'Intérieur.
10:03Et il y a eu une révélation de Mediapart
10:04concernant Laurent Nouniès cette semaine.
10:07Un article qui a été publié hier, je crois,
10:10où en fait, Laurent Nouniès,
10:11qui a toujours publiquement dit
10:13que les pompiers avaient tous les moyens
10:14qu'il faut pour lutter contre les feux.
10:16Les moyens aériens.
10:17Les moyens aériens.
10:18Mais il a reconnu,
10:20il a été enregistré par les pompiers
10:21lors d'une rencontre à Beauvau,
10:24avec les syndicats de pompiers.
10:25Et il leur a dit
10:26qu'il fallait bien qu'ils comprennent
10:27qu'il était dans une posture,
10:29que quand des gens lui reprochaient
10:30que les moitiés n'étaient pas là,
10:31il fallait qu'il ait une posture.
10:32Donc ça, ça a été révélé dans Mediapart.
10:34Et il leur a dit,
10:36concernant les camions-citernes-feux de forêt,
10:39je cite,
10:40on n'a jamais dit que c'était suffisant en vrai.
10:42Donc il a reconnu qu'il y avait un manque de moyens
10:44concernant les camions-citernes-feux de forêt
10:47devant les syndicats de pompiers.
10:50Il pensait qu'ils n'étaient pas enregistrés.
10:51D'ailleurs, il a dénoncé une pratique déloyale.
10:54Mais en fait, publiquement,
10:56il avait toujours dit qu'il y avait les moyens
10:57concernant ces camions-pompiers.
10:59Et là, aujourd'hui, le gouvernement,
11:00interrogé là-dessus,
11:01balaie d'un revers de main
11:02le procès fait en manque de moyens.
11:04Disons que Sébastien Lecornu
11:06a parlé d'un recel douteux de Mediapart
11:08à propos de cet enregistrement.
11:09Il s'est concentré d'ailleurs sur la méthode,
11:11en fait, sur la forme,
11:12pour décrédibiliser, en gros, le messager
11:14plutôt que le message.
11:17Ce qu'on n'entend pas,
11:18mais ce que nous révèle Mediapart
11:20dans ce papier,
11:22c'est une situation que tout le monde sait
11:24et qu'en réalité, il n'y avait que le gouvernement,
11:26aujourd'hui,
11:26qui n'épousait pas la réalité des faits
11:30pour s'enfoncer dans un récit
11:32qui voudrait que les pompiers
11:33aient les moyens.
11:35Ils ont persisté et signé.
11:36D'ailleurs, il ne s'est pas démonté
11:37Laurent Nunez devant la presse
11:38lorsqu'il a été interrogé
11:40pour préciser encore
11:41que c'était bien les moyens aériens
11:42qui sont suffisants,
11:43mais pas les moyens globaux.
11:46En réalité,
11:47quand on parle des camions,
11:48la CGT a fait le décompte
11:49depuis 20 ans.
11:50Il manque 1000 camions citernes
11:51qui ont été détruits
11:52et qui sont soit obsolètes,
11:53qui ont été détruits dans les feux
11:54et qui, pour la plupart,
11:55n'ont pas été remplacés.
11:56On se souvient aussi,
11:57après les feux de 2022,
11:58des promesses en grande pompe
12:00d'Emmanuel Macron
12:01qui promettaient
12:03des investissements européens
12:03pour acheter 4 Canadair
12:05et d'autres aéronefs
12:07qui permettaient
12:07de lutter contre les feux
12:10parce que c'est la doctrine française.
12:12C'est d'essayer d'étouffer,
12:13de coiffer,
12:14comme on dit dans le jargon,
12:16de coiffer les feux
12:16le plus rapidement possible
12:17lorsqu'ils se déclarent
12:18avec des moyens aériens
12:19pour éviter qu'ils se déplacent.
12:21Or,
12:21ces moyens aériens
12:23ne sont jamais arrivés
12:24parce qu'ils n'ont tout simplement
12:25pas été commandés
12:26pour la plupart.
12:26Il y en a seulement un
12:27qui a été commandé
12:28à l'échelle européenne
12:29si ma mémoire est bonne.
12:32Et, en fait,
12:34Mediapart,
12:35au-delà de cette révélation,
12:36fait un des comptes
12:37heure par heure
12:38de comment est parti
12:39ce premier feu.
12:40Et, en fait,
12:40c'est parce qu'il manquait
12:41justement des moyens
12:43aériens
12:44dans la zone
12:45que ça a pu prendre
12:46parce qu'en plus,
12:47un autre feu
12:47s'est déclaré plus tard
12:48et il n'avait qu'un avion
12:50et, en fait,
12:50qui doit à chaque fois
12:52réatterrir,
12:52refaire le plein,
12:53etc.
12:53Pas comme, justement,
12:54les canadaires
12:55qui peuvent se recharger
12:55dans les lacs
12:56ou en mer facilement
12:57et donc qui ont des volumes.
12:59En fait,
12:59il n'y a pas que le nombre
13:00qui compte,
13:00c'est aussi le volume,
13:01c'est la puissance.
13:02Et, en l'occurrence,
13:03c'est ce qui n'est pas le cas,
13:04d'autant qu'une base aérienne
13:06de la sécurité civile
13:07avait été annoncée
13:08à Mont-de-Marsan
13:09au même moment.
13:10Or, elle est pour l'instant
13:10enterrée,
13:11même si Sébastien Lecornu
13:12et Laurent Nunez
13:13nous ont à nouveau
13:15précisé
13:15que les services de l'État
13:17allaient à nouveau
13:19réexaminer cette demande.
13:20Mais, en tout cas,
13:21cette base aérienne
13:21n'est pas là.
13:22On se sert simplement
13:23pour l'instant
13:23de l'aéroport
13:24de Bordeaux-Mérignac
13:24avec un avion
13:25qui est prépositionné,
13:26en l'occurrence
13:27celui dont je vous parlais.
13:28Mais, on voit aujourd'hui
13:29que ça ne suffit pas
13:30parce que nos moyens
13:31de secours
13:31sont aujourd'hui pensés
13:32pour les feux saisonniers
13:33et méditerranéens.
13:35Or, on voit que la menace
13:36des lignes de feu
13:38remontent très dangereusement
13:40parce que là,
13:40elle a atteint
13:41de plusieurs étés successifs
13:42les Landes.
13:43Mais, on se souvient
13:44dans les massifs bretons
13:45il y a quelques années aussi
13:47notamment dans les Monts d'Array
13:48on a vu dans la forêt
13:49de Fontainebleau
13:49ce qui s'est passé
13:50et dans d'autres pays européens
13:51jusqu'en Norvège
13:53on a vu aussi
13:54il y a quelques années
13:54en Grande-Bretagne.
13:55Donc, voilà,
13:56la ligne de front
13:57avec le feu remonte
13:58et nous ne sommes aujourd'hui
13:59plus dimensionnés
14:00pour gérer les feux.
14:01C'est-à-dire,
14:01concrètement,
14:02que lorsque plusieurs feux
14:03surviennent sur le territoire
14:04au même moment
14:04des feux massifs
14:05et bien,
14:06il faut faire des choix
14:07sur en gros
14:08quelles forêts vont brûler
14:10et quelles forêts
14:10ne vont pas brûler
14:11parce que les avions
14:12ne peuvent pas être partout
14:13au même moment.
14:13Parce qu'on n'a pas assez anticipé
14:15en termes de moyens
14:16et de moyens d'action.
14:17Clairement.
14:17Là-dessus,
14:18Sébastien Lecornu
14:19a écarté tout mea culpa.
14:20Il a dit, je cite,
14:21la polémique sur les moyens
14:22mais est un peu étrangère.
14:24On peut toujours dire
14:25qu'on n'a pas fait assez
14:26mais il faudrait poser
14:27des questions à ceux
14:28qui étaient là avant.
14:29Alors, ça c'est assez surprenant
14:30qu'il dit ça
14:31puisque Sébastien Lecornu
14:32a fait partie
14:33de tous les gouvernements
14:34successifs d'Emmanuel Macron
14:35depuis 2017.
14:36Donc ça va plutôt faire 10 ans.
14:38Mais quand Sébastien Lecornu
14:39dit ce qui était là avant,
14:40il parle de ce avant 2017
14:42en réalité.
14:43Mais depuis 2017,
14:44il y avait aussi des choses à faire.
14:45Et justement,
14:46c'est là où c'est intéressant.
14:47C'est que depuis 2017,
14:48il dit, mais attendez,
14:48mais moi j'ai une phrase
14:49qui est même presque pire
14:50que la tienne.
14:51Nous sommes les quittes
14:52qui ont remis
14:53les moyens sur la table.
14:54C'est la phrase
14:54qui a été prononcée
14:55pour dire en gros
14:56qu'au contraire,
14:58ils ont été extrêmement vertueux
14:59parce que jusque-là,
15:00les SDIS,
15:01il a été financé
15:02uniquement par les collectivités locales
15:03et en fait,
15:04l'État central a aussi mis de l'argent.
15:05Il a parlé d'un milliard d'euros.
15:07Je vous lis juste la phrase
15:08de Sandra Regol
15:09qui est députée écologiste
15:10et qui est spécialiste
15:11des questions de sécurité civile.
15:13Elle me dit
15:14un milliard d'euros supplémentaires
15:15depuis 2017 pour les pompiers.
15:16Ce n'est pas colossal
15:18quand on sait
15:18qu'ils étaient déjà à l'os
15:20et qu'ils ont vu
15:21leur activité exploser
15:22de façon exponentielle.
15:24Je rappelle
15:25qu'il y a l'explosion
15:25des carburants
15:26et qui impacte énormément
15:28les services de secours.
15:31Un exemple parmi d'autres
15:32que me donnait Sandra Regol
15:34à Grenoble,
15:35dans les casernes,
15:36ils sont obligés
15:36de chauffer les hangars
15:37pour éviter
15:38que les camions-citernes
15:41et que leur essence
15:42ne gèle.
15:43Et donc,
15:44imaginez les dépenses
15:45supplémentaires
15:46que ça recouvre.
15:47Et là,
15:47on parle d'une seule ville,
15:48celle de Grenoble.
15:48À l'échelle du pays,
15:50c'est sans commune mesure
15:50et donc un milliard d'euros
15:52avec l'inflation,
15:53etc.
15:54En réalité,
15:55ce n'est pas grand-chose.
15:56Et donc,
15:56c'est une façon
15:59malhabile,
16:00malhonnête
16:00de Sébastien Lecornu
16:01de renvoyer la responsabilité
16:02au gouvernement précédent
16:03en disant
16:04qu'ils avaient eu largement
16:04le temps d'anticiper.
16:05La preuve,
16:06puisqu'ils ont même promis
16:06qu'ils allaient anticiper en 2022
16:07après les feux
16:08et on en attend toujours la couleur.
16:09Et enfin,
16:10il y a un grand absent
16:11dans tout ce qu'on dit là.
16:12C'est que les moyens
16:13pour les pompiers,
16:14c'est une vraie question
16:14très importante.
16:15Comment venir en aide
16:18aux familles sinistrées aussi ?
16:19Mais qu'en est-il
16:21des propos concernant
16:22le réchauffement climatique
16:23contre lequel il faut lutter
16:23pour prévenir
16:25et empêcher
16:25les départs de feu aussi ?
16:27Ça n'existe quasiment pas.
16:28C'est là où c'est terrifiant.
16:30Ça a duré une heure
16:32à peu près,
16:32cette conférence de presse.
16:33Et les seuls moments
16:34où on a cru
16:35qu'il allait en parler,
16:36Sébastien Lecornu,
16:37c'est quand il dit
16:37« moi, je veux me projeter
16:38vers l'avenir ».
16:39Et là, spontanément,
16:40devant mon écran,
16:42de l'intensification
16:44du réchauffement climatique,
16:45le besoin d'atténuer
16:47et de respecter
16:48les modalités
16:49de l'accord de Paris
16:49qui date de 2015,
16:51d'adapter à la fois
16:53les forêts,
16:53nos villes,
16:54nos modes de vie
16:56au réchauffement climatique.
16:57L'ADEME
16:58et l'Office national des forêts
16:59prennent très cher
16:59de plus en plus
17:00depuis des mois des années.
17:01Et là,
17:02il parle d'un simple
17:03retour à la normale.
17:04Lorsqu'il parle
17:05de reconstruire les maisons,
17:06il dit qu'il ne...
17:07Non, il dit
17:07« je ne vais pas dire
17:08reconstruire à l'identique
17:09parce que peut-être
17:10que certains vont vouloir
17:10reconstruire différemment
17:12si il ne faut pas
17:14reconstruire à l'identique
17:15les habitations,
17:16c'est parce qu'il faut
17:17les adapter au réchauffement
17:18climatique,
17:19notamment d'un point de vue
17:20des matériaux,
17:21de la façon de construire,
17:22de l'orientation au soleil
17:25et la façon dont le soleil
17:26frappe les zones de vie,
17:28etc.
17:29C'est ça qu'on pourrait attendre
17:31d'un Premier ministre
17:32qui aurait pris la mesure
17:33de réchauffement climatique.
17:35Or, ce n'est pas le cas.
17:36Les préoccupations environnementales
17:37sont, je le disais tout à l'heure,
17:39renvoyées à un statut d'obstacle
17:42dans la reconstruction.
17:44On a une ministre de l'agriculture
17:46qui raconte n'importe quoi
17:48en disant que
17:49c'est les zones
17:51les plus préservées
17:53des incendies,
17:54en tout cas qui résistent
17:54le mieux aux incendies,
17:55sont les terrains agricoles
17:57irrigués.
17:58Or, on sait que la façon
17:59dont fonctionne aujourd'hui
18:00l'ingro-industrie
18:00avec l'irrigation,
18:01ça sert surtout à sécher
18:02les sols et donc
18:03les végétaux autour
18:04et donc ça rend davantage
18:06inflammables ces terrains-là.
18:08On est dans un délire
18:12absolu
18:12qui est dénoncé
18:13par les élus locaux.
18:15J'ai eu notamment au téléphone
18:16Stéphane Delpera-Vincent
18:17qui est le maire socialiste
18:19de Saint-Médéranjal
18:19qui est une ville
18:20de 35 000 habitants
18:21dans la métropole de Bordeaux
18:22qui avait été évacuée.
18:23Alors, les feux
18:23n'ont pas frappé
18:25la ville.
18:26Mais c'est une ville
18:26qui est plutôt pionnière
18:27sur les questions
18:28d'adaptation justement.
18:29Et il avait fait un communiqué
18:31juste avant
18:31pour dire qu'il n'attendait rien
18:32en réalité
18:33de Sébastien Lecornu
18:35et je l'ai eu au téléphone
18:36qu'en fait
18:36il est consterné
18:37malgré tout
18:38par ce qui est arrivé
18:39parce qu'il n'y a aucun
18:40changement structurel
18:41dans la façon de penser
18:42de ce gouvernement.
18:44Or, c'était typiquement
18:46au milieu de ce malheur
18:47le moment d'imposer
18:48l'atténuation
18:49et l'adaptation
18:50au cœur du débat public
18:52mais force est de constater
18:54qu'en réalité
18:54nos gouvernants
18:55ne sont pas la solution
18:56au problème
18:56mais le problème lui-même.
18:58Et pendant ce temps-là
18:59Emmanuel Macron
18:59fait du jet-ski.
19:01Voilà, fin de la blague
19:02et fin de cette émission.
19:03Merci beaucoup à toi
19:04Emilio.
19:05Merci Aurélien.
19:05Et on regardera
19:06ce qu'il en est
19:07pour la suite
19:07des indemnités
19:08mais aussi du possible
19:10en tout cas
19:10avec ce gouvernement
19:11ça va être compliqué
19:12mais en tout cas
19:13cette adaptation
19:14au réchauffement climatique
19:14et du porge
19:15et de ce qui se passe au porge
19:16on continuera à suivre
19:17évidemment.
19:18Merci.