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  • il y a 8 minutes
Avec Karine Martin-Laprade et Michelle guérie d'un cancer du sein

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Transcription
00:00Soyez les bienvenus, à vous de le dire, en ce lundi on est ensemble jusqu'à midi, on vous accompagne
00:05avec grand plaisir à l'occasion d'Octobre Rose.
00:08On parlera à partir de 10h, c'est-à-dire dans quelques instants, du dépistage du cancer du sein à
00:14l'occasion d'Octobre Rose.
00:15Peur de la douleur, peur du résultat. Est-ce que vous trouvez normal qu'on ait encore peur d'un
00:20examen qui peut nous sauver la vie ?
00:22On sera avec notamment la directrice de Ruban Rose et le témoignage de Michel, à vous de le dire, dans
00:28quelques instants.
00:30Et puis à partir de 10h30, trois débatteurs autour de la table pour commenter les sujets qui font parler la
00:34France ce matin.
00:35Tout d'abord cette victoire sans appel pour Raphaël Glucksmann au Parti Socialiste.
00:39Hier soir, le leader de Place Publique a remporté dès le premier tour la primaire de la gauche sociale démocrate
00:45avec plus de 66% des voix.
00:48Mais derrière ce scrutin, une question, est-ce que c'est vraiment un tremplin pour 2027 ?
00:52Ou finalement, une victoire sans lendemain ?
00:55Si vous êtes de gauche, est-ce que vous vous sentez représenté par Raphaël Glucksmann ?
00:58A vous de le dire.
01:00Le week-end marqué par des images insupportables du saccage de la faculté de Nantes occupée en soutien aux lycéens
01:06la veille d'une nouvelle journée de mobilisation.
01:08Et alors que les tensions reprennent ce matin, est-ce qu'il faut évacuer les occupations dès qu'elles empêchent
01:14les autres d'étudier ?
01:15A vous de le dire.
01:16Et puis on parlera des tickets restaurants.
01:18Les députés veulent pérenniser leur utilisation pour toutes les courses alimentaires.
01:22Mais certains réclament un plafond réduit en supermarché.
01:27Alors selon vous, liberté de remplir son caddie ou coup dur pour nos restaurateurs ?
01:32Faut-il laisser les salariés choisir ?
01:34A vous de le dire.
01:3710h midi, Sud Radio.
01:39A vous de le dire, Stéphanie Demury.
01:41Bonjour mon cher Gilles Gansman.
01:43Bonjour Stéphanie.
01:43Avez-vous passé un bon week-end ?
01:45J'ai passé un bon week-end.
01:47Bon, et bien votre zapping comme tous les jours à 10h30.
01:50Mais avant, à vous de le dire, de 10h30, de 10h à 10h30, un fait qui vous concerne, qui vous
01:56fait réagir.
01:57On va parler d'Octobre Rose.
01:59Vous voyez ce petit ruban pour ceux qui nous suivent en visio sur le site sudradio.fr.
02:06La lettre arrive, on la pose parfois dans un coin, on la repousse.
02:10La lettre de convocation à la mammographie, ça peut faire peur, peur de l'examen,
02:15mais surtout peur de ce qu'on pourrait découvrir.
02:17Et pourtant, détecter un cancer du symptôme améliore clairement les chances de guérison.
02:23Et vous savez que c'est la même chose pour les hommes.
02:26Moi, ça fait plusieurs fois que je reçois dans ma boîte aux lettres des tests pour aller me tester pour
02:32le colon et le cancer du colon.
02:34Et je ne le fais pas en fait.
02:36J'ai vraiment peur qu'on découvre quelque chose.
02:41Ah oui, c'est la peur du résultat.
02:43Oui, c'est la peur du résultat parce que je sais ce qui s'enchaîne derrière.
02:46C'est-à-dire qu'on imagine le basculement de la vie et on n'a pas envie que sa
02:51vie bascule.
02:52Alors évidemment, c'est encore plus dangereux qu'on le fait plus tard.
02:55On pourra en parler.
02:56On a Michel ici en témoignage qui regrette de s'être fait dépister trop tard.
03:01et que finalement, le cancer, quand il est là, il est là.
03:05Donc, c'est ça qui va être intéressant.
03:07Mais tout ce dont on va parler sur la prévention du sein, elle est applicable aussi pour l'homme.
03:13Et vous, est-ce que vous avez peur comme Gilles Gansman ?
03:15Parce que c'est vrai que c'est quelque chose qui ressort cette peur de faire des examens.
03:19N'hésitez pas.
03:200826 300 300 menu.
03:22Vous accueillez au standard.
03:23Bonjour, Karine Martin-Laprade.
03:27Vous êtes directrice de l'association Ruban Rose.
03:31On va parler de cette peur de l'examen parce qu'il faut vraiment sensibiliser les femmes qui nous écoutent.
03:38Ça peut clairement sauver des vies.
03:40Et c'est vrai qu'il y a plein de raisons pour lesquelles on ne va pas toujours faire une
03:43mammographie alors qu'on devrait.
03:45Mais tout d'abord, je voudrais quand même vous faire réagir à cette polémique du week-end.
03:49Elle est importante.
03:49La députée insoumise, Mathilde Panot, qui refuse de porter le Ruban Rose.
03:54C'est important.
03:54Pourquoi ? Parce qu'elle communique sur les réseaux sociaux.
03:56Elle a beaucoup de gens qui la suivent.
03:58Et ce n'est pas forcément un bon exemple.
04:01Elle dénonce les origines industrielles de la campagne et parle de cynisme absolu.
04:05Elle parle même d'Israël.
04:07Écoutez.
04:08Syngenta s'appelait avant l'Imperial Chemical Industries,
04:11qui fabriquait notamment des pesticides comme le DDT, un perturbateur endocrinien et cancérogène.
04:17Mais l'ancêtre de Syngenta commercialisait aussi un traitement contre le cancer du sein.
04:22Vous avez compris, ils vendent le poison qui vous rend malade et ils vendent ensuite le traitement pour cette même
04:27maladie.
04:28Voilà comment les empoisonneurs font double profit.
04:31Seulement au milieu des années 80, l'Imperial Chemical Industries a trouvé son marché de cancer du sein trop restreint.
04:37Alors pour l'élargir et favoriser le dépistage, ils ont lancé la campagne devenue Octobre Rose en France.
04:42Voilà pourquoi je ne porterai pas le ruban d'Octobre Rose.
04:46Syngenta, c'est aussi sa filiale israélienne Adama, qui produit des pesticides génériques.
04:51Syngenta est donc étroitement liée au projet d'expansion coloniale d'Israël,
04:55qui épand massivement des pesticides pour détruire les terres palestiniennes et libanaises.
05:00Donc Mathilde Panot, patronne accessoirement aussi du groupe à l'Assemblée Nationale.
05:04Je voyais Michel, qui prendra la parole tout à l'heure, ancienne malade,
05:10justement qui trouvait ça assez désespérant, penchant la tête.
05:15Vous, Karine Martin-Laprat, quelle est votre réponse à Mathilde Panot ?
05:19Comme vous l'avez dit, c'est une polémique qui est née ce week-end.
05:22Je n'ai pas envie de répondre à une polémique, à une vidéo d'une femme politique.
05:27Nous, on est une association apolitique, justement.
05:31Nous, on est là pour soutenir la recherche, pour informer justement sur le dépistage.
05:39C'est vraiment essentiel.
05:40Octobre Rose, qui est née effectivement fin des années 80 aux Etats-Unis,
05:45pour donner, pour qu'on parle du cancer.
05:48Nous, Ruben Rose, l'association en France, c'est encore autre chose.
05:52J'y reviendrai après.
05:52Mais l'association Ruben Rose, qui a permis de sensibiliser en France,
05:59et qui est née de ce petit Ruben Rose, effectivement,
06:04qui regroupe les gens, tous les personnes concernées.
06:07Karine Martin-Laprat, j'entends que vous ne souhaitiez pas répondre,
06:09et alimenter la polémique, et faire de la politique.
06:12Mais enfin, tout de même, elle a de l'influence, Mathilde Panot.
06:16Donc ça, si j'ose dire un peu familièrement, ça casse la baraque des associations,
06:20et de ce que vous essayez de véhiculer.
06:23Et les femmes qui l'entendent et qui la croient, peut-être, ne vont pas aller se faire dépister demain.
06:27Oui, alors nous, on est justement, comme je disais, on est surtout dans l'information,
06:30on est dans l'action, dans le concret.
06:33Donc voilà, c'est triste d'entendre ce genre de propos.
06:39Mais voilà, parce qu'effectivement, ça implique que des femmes ne vont pas aller se faire dépister.
06:45Évidemment, comme vous l'avez dit, on peut avoir peur du dépistage,
06:48on peut avoir peur du résultat.
06:50Et nous, toute notre campagne de cette année, c'est justement de dire,
06:54il faut agir pour soi, parce qu'on peut changer sa trajectoire de vie.
06:57Quand le cancer du sein est dépisté tôt, il guérit dans 9 cas sur 10.
07:02Ce qui est énorme.
07:04Donc nous, tout notre travail, c'est de dire,
07:08de donner l'élan aux gens qu'on aime autour de nous,
07:11pour leur dire d'agir, d'aller se faire dépister
07:14et de se faire surveiller aussi, de se surveiller soi-même.
07:17Et puis, on peut agir pour soi.
07:19On va en parler.
07:20Michel, vous, votre réaction à cette sortie de Mathilde Panot ?
07:24Ma réaction, c'est que nous, on est dans la réalité du terrain.
07:28On est dans la réalité du terrain.
07:31Et écoutez, ce qu'elle a dit, c'est innommable.
07:38C'est criminel.
07:41Parce que justement, comme vient de le dire Karine,
07:43l'intérêt de faire la mammographie de dépistage,
07:46c'est de découvrir suffisamment tôt qu'un cancer est installé.
07:52Et plus le traitement est pris rapidement.
07:56Et parfois, on peut ne pas avoir de chimiothérapie.
07:59On peut avoir que la radiothérapie, c'est quand même autre chose au niveau des effets secondaires.
08:06Et là, je trouve qu'elle a tout mélangé.
08:08Et je redis encore, c'est criminel pour les femmes.
08:11Karine Martin-Laprade, quelques chiffres peut-être pour planter le décor.
08:15Aujourd'hui, combien de femmes sont sauvées ?
08:19Vous avez dit 9 sur 10, je crois.
08:20Mais combien de femmes vont se faire dépister ?
08:23Quelles sont les détections précoces ?
08:24Est-ce que vous avez justement un baromètre ?
08:27Déjà, une femme sur 8 sera touchée par le cancer du sein au cours de sa vie.
08:31Donc, cela concerne tout le monde, c'est-à-dire les femmes comme les hommes.
08:35Parce qu'autour de nous, on a forcément des femmes qu'on aime.
08:37Notre mère, notre grand-mère, notre tante, notre cousine.
08:40Et donc, quand je dis donner l'élan, c'est vraiment à notre cercle premier,
08:44nos meilleurs amis, nos collègues aussi, pour leur dire qu'il faut se surveiller.
08:47Et se surveiller, ça commence d'abord par se regarder et s'auto-palper.
08:52Un autre chiffre, c'est que plus d'une femme sur deux ne va pas se faire dépister.
08:57Et comme vous l'avez dit, en France, on a la chance d'être plus d'une femme sur deux.
09:01Donc, c'est beaucoup trop.
09:03Et nous, notre rôle, c'est justement, quand je dis d'informer,
09:06c'est vraiment pour faire changer cette ligne-là.
09:08Et notre campagne cette année, c'est vraiment de dire qu'on peut agir pour soi et pour les autres.
09:13Parce qu'autour de nous, on peut aider une personne, ne serait-ce qu'en en parlant,
09:17déjà à l'inciter à aller faire son examen.
09:21Et là, on change la trajectoire de vie de la personne qu'on aime.
09:25Donc, autour de nous, si on fait la liste de dix personnes qu'on aime vraiment,
09:28des femmes qu'on aime vraiment, on leur adresse un petit message.
09:31Et on va peut-être, grâce à ce message, les engager vers un rendez-vous.
09:35Gilles Gansman, tout à l'heure, nous disait, moi, je ne vais pas faire tous mes examens
09:38parce que j'ai peur du résultat.
09:40Est-ce que vous constatez ?
09:42Quelle est la raison pour laquelle on ne va pas faire cette mammographie ?
09:45Bien sûr, on a peur. On a tous peur d'un résultat.
09:48Dès qu'on fait un examen, on a tous peur du résultat.
09:51Mais ne pas faire l'examen, la conséquence est bien plus importante, plus grave aussi.
09:58Quand je disais qu'il est détecté tôt, on est dans 9 cas sur 10 de guérison, dans 90%.
10:07Ça veut dire que le traitement va être beaucoup plus léger, ce que disait Michel.
10:11Et puis, le risque est beaucoup moins élevé.
10:15Donc, en fait, oui, la mammographie n'est pas forcément le meilleur moment de sa vie.
10:20Mais par contre, on peut changer vraiment sa trajectoire de vie.
10:24Donc, en fait, il faut se bouger, il faut se pousser, il faut dépasser sa peur pour rentrer dans l
10:31'action.
10:31Michel, vous avez 67 ans, vous êtes ancienne soignante, vous avez traversé un cancer du sein, justement.
10:38Racontez-nous, est-ce que vous vous êtes allée faire votre mammographie ?
10:41Vous l'avez faite plutôt en amont ou c'était presque un peu tard ?
10:46En fait, moi, j'ai été suivie parce que j'avais des kystes au niveau des seins, régulièrement.
10:53Et à un moment donné, on m'a dit, justement, ça répond aux questions, on m'a dit, c'est
10:58pas la peine de faire tous les ans, vous allez faire dans deux ans.
11:02Et j'ai eu la chance d'avoir un radiologue expert et j'avais développé un cancer.
11:09Et alors, à ce moment-là, on pense à quoi ? On réfléchit à quoi ? Et comment on l
11:14'annonce ?
11:14Alors, quand ça m'est tombé dessus, déjà, c'était pas sympa parce que je l'ai appris par téléphone
11:20par le médecin qui m'a convoqué, qui m'a appelé sur mon portable et qui me dit, on se
11:25voit demain.
11:26Alors, j'ai un cancer, elle me dit, ben non, je peux pas vous dire.
11:29J'ai dit, attendez, je suis infirmière, je pense qu'on me l'a fait pas à moi de me
11:32convoquer le lendemain s'il n'y a rien, quoi.
11:34Du coup, elle me dit, oui, c'est un cancer.
11:36Bref, je m'écroule au boulot.
11:38J'ai la chance d'avoir un médecin à côté de moi qui me console, on va dire.
11:43Et je rentre chez moi et je vais directement voir mon mari et je m'excuse auprès de lui.
11:50Il me dit, mais qu'est-ce que t'as ?
11:51Je lui dis, ben, je viens d'apprendre que j'ai un cancer et comme je sais complètement tout ce
11:55que ça va engendrer au niveau de la famille,
11:59donc je m'excuse de te faire passer par là aussi, quoi.
12:04Parce qu'on parle de nous, mais il y a tous ceux qui sont autour, la famille, les enfants.
12:11C'est vous qui vous excusez ?
12:12Oui.
12:13Alors que c'est vous la malade ?
12:14C'est moi la malade, mais en même temps, c'est moi la soignante.
12:17J'ai déjà travaillé en oncologie, j'ai déjà vu les effets secondaires de la chimiothérapie,
12:22de tout ce que ça entraîne, quoi.
12:25Et j'ai un mari extraordinaire qui est toujours là,
12:27parce que malheureusement, il y a des femmes que je connais qui se sont fait quitter,
12:31parce que les maris n'ont pas supporté,
12:35que nous-mêmes, une fois qu'on est malade, on change complètement,
12:39on s'affirme, on connaît le prix de la vie, en fait.
12:43Et des choses qu'on acceptait auparavant, qu'on n'accepte plus,
12:48et il y a des mecs qui se barrent, quoi.
12:50Donc ça entraîne la précarité, et plein de choses en plus à gérer, quoi.
12:56Double combat.
12:57Maman, quand je vous écoute, c'est assez poignant.
12:58Non, il faudrait envoyer ce témoignage à Mathilde Paneau.
13:01Oui.
13:02Tout simplement.
13:04Écoutez, vous restez avec nous, Michel.
13:06En tout cas, votre témoignage est extrêmement précieux,
13:08celui de Karine Martin, la Prat, directrice de l'association Ruben Rose aussi.
13:12On en parle.
13:13Qu'est-ce que vous en pensez ?
13:14Vous 0 800 26 300 300.
13:19A vous de le dire sur Sud Radio en compagnie de Gilles Gansman.
13:23On parle d'Octobre Rose, le dépistage du cancer du sein.
13:27Il faut le faire.
13:28On essaye de vous convaincre ici.
13:30On est avec Karine Martin, la Prat, directrice de l'association Ruben Rose.
13:34Également, Michel, ancienne soignante, qui a traversé un cancer du sein,
13:37qui vient nous raconter cette expérience, son parcours.
13:42Vous êtes nombreux à réagir.
13:430 800 26 300 300 sur Sud Radio.
13:46Bonjour, Catherine.
13:49Bonjour à vous.
13:50Bonjour, vous voyez la bienvenue.
13:51Oui, merci beaucoup.
13:53J'ai entendu la fin du témoignage de l'auditrice précédente.
13:58Michel.
13:59Michel, voilà, de Michel, qui m'a un petit peu touchée
14:01parce que j'ai été aussi confrontée au fait que la personne qui accompagnait ma vie
14:05à ce moment-là est partie quant à l'annonce de la maladie.
14:09Mais bon, c'est plutôt pour mon bien.
14:11C'était une très bonne chose.
14:12Finalement.
14:13Voilà.
14:13Oui, oui, oui.
14:14Mais souvent, c'est comme ça que les choses se passent, en tout cas dans ma vie.
14:18Donc moi, j'ai été, on m'a diagnostiqué un cancer du sein il y a trois ans.
14:23Et moi, mon témoignage va mettre vraiment l'accent, comme vous le dites,
14:26sur la prévention et d'aller se faire des pistes.
14:29C'est cette mammographie que j'avais, en fait, un peu occultée
14:33parce que ma vie était un peu compliquée à ce moment-là, un peu chaotique.
14:36Donc j'avais laissé passer quatre ans.
14:39Aujourd'hui, j'ai 63 ans.
14:42Et donc, je suis allée faire cette mameau.
14:45Et grâce et grâce à la mameau, je n'avais pas de douleur, rien du tout, aucun symptôme.
14:50Même, je me palpais le sein, je n'avais rien senti.
14:52C'était mon sein droit et j'avais la tumeur derrière le mamelon.
14:58Donc, voilà, je suis allée faire une, comment on appelle ça, une ponction, pas une ponction.
15:07Mammographie.
15:08Mammographie.
15:09Et ensuite, à l'oncopole, oui, je suis allée vers le prélèvement, vous savez, pour pouvoir...
15:15Biopsie.
15:16La biopsie.
15:16Le souffle, Karine Martin-Laprade.
15:19La biopsie, voilà.
15:21Et donc là, le couperet qui tombe, le cancer.
15:25Donc, ça a été un petit peu...
15:27Voilà, ça a été un peu...
15:28Parce que le cancer, moi, surtout que je suis atteinte d'une pathologie auto-immune depuis un certain temps,
15:32ou si vous voulez, je vais pas...
15:33C'est un peu compliqué pour moi.
15:36Dans le sens où, pour moi, le cancer, tout de suite, c'est égal la mort.
15:39Voilà, pour moi, c'est le stade ultime de la maladie.
15:42Mais je l'ai quand même...
15:44Bon, j'ai une nature assez...
15:46Combattive.
15:47Combattive, oui.
15:48À 100 ans.
15:49Vous voyez, parce que j'aime pas le combat.
15:50Oui, oui, je ne vais pas au combat.
15:52Même avec la pathologie que j'ai, j'accompagne, en fait.
15:56Et donc là, on m'a enlevé le sein droit.
15:59Le chirurgien m'a proposé, en fait, deux alternatives.
16:02Et la deuxième...
16:04Exérèse tout de suite.
16:05Ou de revenir...
16:07Alors, je ne sais pas ce qu'on avait dit.
16:08J'ai même oublié, vous voyez.
16:10Et puis qu'il fallait que je repasse, en fait, que je vienne quelques années après
16:14pour faire l'ablation du sein.
16:18Oh, je dis, écoutez, on va prendre la première sur le rond, on enlève tout, et puis on n'en
16:20parle plus.
16:21Pourquoi votre compagnon vous a quitté ?
16:23Quelle explication il vous a donnée ?
16:26Aucune.
16:27Ah, aucune, oui.
16:28En général, mon cher Gilles, ça ne donne pas d'explication dans ces moments-là.
16:31La lâcheté parle.
16:34Mais en fait, bon, il avait un problème avec la maladie, déjà.
16:40Puisque je suis quelqu'un de malade, j'ai une sclérose en plaques.
16:42Donc, déjà, il avait un petit peu tiqué, mais comme je vais bien,
16:46enfin, je vais bien parce que je m'accompagne bien sur cette maladie, j'ai 18 ans.
16:51Donc, aujourd'hui, elle ne m'embête pas.
16:53Elle m'a beaucoup embêtée dans le passé, mais aujourd'hui, elle me laisse tranquille.
16:56Donc, c'est ma colocataire très bienveillante.
17:00Karine Martin-Laprade, je taquine les Gilles, mais c'est vrai que c'est...
17:05Michel, on était tous émus d'entendre que ces hommes, ils sont nombreux à partir quand il y a cette
17:10maladie ?
17:11C'est souvent le cas.
17:14La femme se retrouve avec un double combat parce qu'elle doit affronter la maladie pour elle.
17:18Et puis, s'il y a des enfants, souvent, elle doit gérer l'ensemble.
17:24Et voilà, parfois, l'homme part parce que c'est un poids trop lourd pour lui.
17:34Michel, vous êtes en rémission.
17:36L'auditrice vient de dire que quand elle a appris qu'elle avait le cancer, elle disait, ça y est,
17:40je vais mourir.
17:41Ça a été la même réaction pour vous ?
17:43Non, je n'ai pas du tout pensé à la mort.
17:46Il a été pris à temps quand même, Michel, votre cancer ?
17:48Il a été pris un peu tard parce qu'on m'a quand même fait un curage axillaire.
17:52On m'a retiré toute la chaîne ganglionnaire.
17:54Votre dernière mammographie, elle datait de quand ?
17:57Quand on a découvert le cancer, ça faisait deux ans.
18:00Ah oui, donc, moi j'ai une question importante à Karine Martin-Laprade.
18:04Plus tôt, c'est dépisté, plus moins les traitements sont lourds.
18:08Est-ce que ça suffit deux ans ?
18:09Alors, c'est pris en charge et on est vraiment encadré par l'assurance maladie
18:15parce que c'est pris en charge entre 50 ans et 74 ans.
18:18C'est remboursé à 100% et on reçoit effectivement notre courrier
18:22pour dire qu'il faut aller faire sa mammographie.
18:25Alors, souvent, les femmes s'occupent du rendez-vous du dentiste du petit,
18:30du rendez-vous de sport de la petite, etc., du frigo, de la voiture, de tout.
18:35Et nous, notre papier, on le met de côté, on le repousse un peu
18:39et du coup, on décale.
18:41Il faut se dire que c'est un passage obligé.
18:45On se lave les dents le matin, il faut aller aussi faire son examen.
18:48Et auparavant, quand on est plus jeune, c'est aussi remboursé à 70%.
18:52Donc, on a la chance en France d'avoir ces examens
18:55qui sont quand même bien pris en charge.
18:57Et il faut s'obliger.
18:58Alors après, il y a des contextes familiaux.
19:01Et la première des choses à faire, c'est déjà de se regarder dans la glace,
19:05voir si entre le sein droit et le sein gauche, il peut y avoir des différences.
19:08L'évolution, c'est une évolution lente.
19:11Donc, se dire, tiens, là, c'est bizarre, ce n'est pas pareil,
19:13mais le mois d'après, est-ce que c'est pareil ou pas ?
19:15Donc, c'est se mettre dans le calendrier un petit rendez-vous.
19:17Et puis, c'est l'autopalpation où on va essayer de voir
19:21si on a une boule qui est un peu différente.
19:24Ce n'est pas une douleur qu'on va avoir,
19:25c'est vraiment une présence qui n'est pas normale.
19:28Et l'aspect physique peut changer.
19:29Donc, c'est ça qu'il faut surveiller.
19:31Et à ce moment-là, consulter tout de suite.
19:33Et quand on va chez son médecin régulièrement,
19:36c'est aussi un moment où il va surveiller notre poitrine.
19:41Il va pouvoir regarder s'il y a des choses anormales.
19:45Donc, ça suffit de le faire finalement que tous les deux ans, entre guillemets.
19:49Parce que si vous faites, je ne sais pas moi, demain un examen
19:52et qu'après-demain, vous développez un cancer,
19:54est-ce que ce n'est pas trop tard de faire la mammographie dans deux ans ?
19:56La règle, c'est deux ans.
19:58Mais après, c'est de se surveiller régulièrement.
20:02Tous les mois, on se dit que le premier du mois, par exemple,
20:07ou le 15, on choisit sa date.
20:08Mais voilà, on regarde s'il y a des différences,
20:11s'il y a des choses qui sont bizarres.
20:12Et on le ressent.
20:13Il faut être à l'écoute de son corps.
20:14Il faut prendre le temps de ça.
20:15Et Michel, comment allez-vous aujourd'hui ?
20:18Je vous remercie.
20:19Je vais bien.
20:20Et comme je dis toujours, là, je vis ma meilleure vie.
20:23Alors, racontez-nous votre parcours.
20:24Parce que, du coup, vous avez fait cette mammographie.
20:27J'ai envie de rajouter quelque chose.
20:29Je pense qu'au niveau de l'éducation nationale,
20:31on devrait faire une information pour les jeunes filles, déjà.
20:36Pas attendre d'avoir 50 ans sans leur faire peur,
20:39mais apprendre à regarder quand elles ont la puberté qui arrive.
20:46Juste ça.
20:48Est-ce que les nouveaux traitements ont changé aussi ?
20:51Parce qu'on a vu beaucoup de films,
20:53où on voyait une personne atteinte d'un cancer
20:55qui vomissait, qui perdait ses cheveux, etc.
20:59Un drame.
20:59Maintenant, les choses ont un peu évolué.
21:02Est-ce que les traitements sont toujours d'une douleur inimaginable ?
21:07Non, ça a énormément évolué.
21:09Je n'ai pas vomi une seule fois.
21:11J'avais un traitement à prendre la veille et le jour même.
21:15Et le matin, on vous injecte de la cortisone avant la chimiothérapie.
21:18Et quand je finissais, que je sortais,
21:20parce que c'est en ambulatoire, en hôpital de jour,
21:22je pétais la forme.
21:24Ah oui ?
21:24Avec la cortisone.
21:26C'était...
21:26Donc ça, ça a beaucoup changé.
21:29Oui.
21:31Et il faut le dire.
21:32Oui, ça a beaucoup changé.
21:34Justement, la recherche,
21:35c'est la deuxième mission de Ruben Rose,
21:38de soutenir la recherche.
21:40Les chercheurs essayent de comprendre
21:41pour mieux dépister, mieux diagnostiquer,
21:44mieux traiter et mieux accompagner aussi.
21:47Ça, c'est notre rôle,
21:48parce qu'on a des prix Ruben Rose
21:50qui soutiennent la recherche et la qualité de vie.
21:52Et dans le mieux traité,
21:55c'est évidemment des traitements
21:56qui sont de plus en plus personnalisés.
21:58et la recherche essaye de comprendre
22:02la cellule cancéreuse,
22:03pourquoi elle se multiplie,
22:05pourquoi elle voyage dans le corps,
22:07pourquoi elle va dans telle zone
22:08et quelle stratégie elle met en place,
22:10parce qu'elle est maligne.
22:12Et donc, il cherche à déjouer
22:15toute sa stratégie à elle,
22:17qu'elle peut avoir, la comprendre.
22:18Et donc, il y a plein d'axes de recherche
22:23qui sont lancés,
22:24notamment grâce à Ruben Rose
22:26et en 20 ans, d'ailleurs,
22:29on a soutenu plus de 130 projets
22:31pour 17 millions d'euros.
22:33Donc, ce n'est pas neutre.
22:34Il ne faut pas hésiter à faire des dons.
22:36Vous vous écoutez.
22:37Merci, merci en effet.
22:39On va sur quel site ?
22:40Cancerducein.org
22:41Combien de femmes meurent par an
22:43du cancer du sein ?
22:44Près de 12 000,
22:45la dernière statistique,
22:47sur 60 000 cas détectés,
22:51c'était en 2023.
22:52C'est la première cause de mortalité ?
22:54C'est le premier cancer,
22:56exactement,
22:57c'est le premier cancer féminin,
23:00le plus meurtrier,
23:01mais c'est aussi celui
23:02qui se soigne le mieux.
23:03Et moi, je veux vraiment insister
23:05sur cette partie-là
23:05pour justement déjà donner l'espoir
23:08et puis se dire que
23:09si on est dans l'action,
23:11si on dépasse sa peur,
23:13eh bien,
23:14on peut changer sa trajectoire de vie.
23:17Et ne pas écouter donc Mathilde Panot
23:19et aller se faire dépister.
23:20Merci à vous, Karine Marquard.
23:21Merci, on va se faire un fitting,
23:22Michel, ensemble.
23:23Merci, oui.
23:24On va se faire un petit peu plus.
23:25Vous attendez midi,
23:26vous restez avec moi quand même.
23:27Merci, Michel,
23:28d'avoir été avec nous
23:30sur Sud Radio.
23:31Il faut aller se faire dépister.
23:32Absolument.
23:33Merci à vous.
23:33On se retrouve dans quelques instants
23:34avec mes débatteurs.
23:36On parlera des sujets du jour,
23:38la primaire,
23:39Raphaël Glucksmann,
23:40qui la remporte.
23:41Mais enfin, est-ce que,
23:42bon,
23:42c'est un tremplin pour 2027,
23:44on ne sait pas trop encore.
23:45Il y a du boulot,
23:46il y a du pain sur la planche
23:47et puis on parlera évidemment
23:48des lycéens,
23:49ce n'est toujours pas terminé.
23:50Évidemment,
23:51mobilisation demain
23:52et puis le saccage
23:53de la faculté de Nantes,
23:54ces images effroyables
23:56ce week-end.
23:56On se retrouve dans quelques instants
23:58sur Sud Radio.

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