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Throughout the world, angry crowds are confronting heavily armed law enforcement forces. Journalist Paul Moreira immerses himself in demonstrations and interviews experts to shed light on the causes of this repressive shift.

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01:20Transcription by CastingWords
01:43Pouvoir crier dans la rue pour dire qu'on n'est pas d'accord définit la démocratie.
01:49Est-ce que ce droit est en danger ?
01:51Il n'y a pas eu de mort. Il n'y a pas eu de mort. Retenez cela.
02:15Aller, vous dégagez là, s'il vous plaît.
02:34Aller, dégagez.
02:42A partir de novembre 2018, des milliers de Français envahissent Paris chaque samedi pendant une année.
02:50Les Gilets jaunes se sont levés contre un impôt sur le carburant.
02:55Mais au fil des semaines, leur colère devient multiple.
02:59Elle déborde.
03:06En leur sein, se trouvait un transfuge.
03:10Je m'appelle Laurent Bigaud.
03:12J'ai été cinq ans sous-préfet, notamment trois fois directeur de cabinet de préfet.
03:15Donc c'est la fonction par laquelle on supervise les services de police et de gendarmerie et les dispositifs de
03:20maintien de l'ordre.
03:22Je quitte la fonction publique en 2013.
03:24J'ai un désaccord avec Laurent Fabius.
03:26Et je me mets, et comme je n'ai pas envie de faire de placard, je me mets en dispo
03:30et je décide de bosser à mon compte.
03:32Et en 2018, j'ai rejoint le mouvement des Gilets jaunes.
03:35Ça fait deux ans et demi que c'est comme ça.
03:39J'ai été complètement happé par le mouvement.
03:41Et après, c'était les manifs à Bordeaux le samedi, puis à Paris.
03:44On en a fait beaucoup à Toulouse.
03:46Et des rencontres extraordinaires.
04:11C'est ça qu'on essaye de vous dire.
04:18Allez, rejoignez-nous.
04:19On se va pour vous et vos enfants.
04:23Du côté du pouvoir politique, l'homme avec la lourde charge de contenir les protestations, c'était lui.
04:30Michel Delpuech, préfet de police dans la capitale à Paris.
04:33En particulier pendant les épisodes les plus violents, les plus difficiles de la crise des Gilets jaunes.
04:40Paris était une cible.
04:42Paris était une cible parce que c'est le lieu du pouvoir.
04:46Et quand je dis le lieu du pouvoir, c'était le cœur du cœur du pouvoir qui était visé, l
04:50'Élysée.
05:02Et mon devoir premier a été de le protéger, de le sanctuariser.
05:10Je vois vraiment ça en tant qu'ancien responsable du maintien de l'ordre.
05:16Je dis personne n'a vu venir le truc.
05:18Je dis franchement, si les gars décident à l'Élysée, ils y vont.
05:21Et je pensais, mais je dis le dispositif de maintien de l'ordre est complet.
05:24Ils n'ont rien vu venir.
05:29Et la colère est venue parce que ce qu'on leur a opposé comme retour, c'est circuler.
05:33Vous me faites suer, quoi.
05:36Dégager les gueux.
05:40Allez, défoncez-moi les gens qui sont sur la place du Rampois, là.
05:43Allez-y, on y va.
05:46Vous descendez et vous les mettez minables sur la terre de votre parc, sur l'arrière de votre parc.
06:05Le 1er décembre 2018, les gilets jaunes montent pour la troisième fois à Pannes.
06:12La population est toujours aussi hétéroclite, mais cette fois, la violence éclate.
06:24Le 1er décembre, c'était une vision apocalyptique.
06:28Ce n'était pas une manifestation à laquelle on avait assisté.
06:32C'était à des scènes insurrectionnelles.
06:45Autour de l'Arc de Triomphe, oui, on a tenté de tuer des policiers.
06:51Vous cuillez devant !
06:53Vous cuillez devant, les gars !
06:56Vous cuillez !
06:5714 manifestants seront arrêtés autour de l'Arc de Triomphe.
07:01L'un d'entre eux est proche de l'ultra-droite.
07:09Dans les cercles dirigeants de la police, les gilets jaunes vont entraîner une remise en cause complète des vieux schémas.
07:17Ce ne sont pas des manifestants.
07:19Ça s'appelle des émeutiers.
07:20Le maintien de l'ordre à la française, c'est simple, c'est pas de contact.
07:24Et pourquoi pas de contact ? Parce qu'on ne veut pas de mort, pas de blessés graves.
07:28C'est une doctrine. Et c'est une bonne doctrine.
07:31Seulement, c'est une doctrine qui n'est employable qu'en cas de maintien de l'ordre.
07:34Quand vous avez affaire à des délinquants, il faut passer la vitesse supérieure.
07:37Il faut que le gouvernement donne des ordres aux policiers et aux gens-là.
07:41J'ai parcouru l'avenue Clébert le 1er décembre à minuit.
07:48Incognito avec un de mes collaborateurs pour me rendre compte personnellement des visus.
07:52C'était une vision apocalyptique.
08:02Incroyable, incroyable.
08:03Inversement, le 8 décembre a été une démonstration de force, comme rarement il y en avait eu à Paris.
08:27Le 8 décembre, toute la planète a les yeux rivés sur Paris.
08:33La tête de la police, c'est nous le monde !
08:37La tête de la police, c'est nous le monde !
08:40La tête de la police, c'est nous le monde !
08:41La tête de la police, c'est nous le monde !
08:43Le 8 décembre, c'est nous le monde !
08:53Nous disposions de moyens tout à fait considérables.
08:57Et c'est le 8 décembre qu'on a vu intervenir dans les rues de Paris pour la première fois
09:01les véhicules blindés d'un gendarmerie.
09:04En ordre public, ça ne s'était jamais vu.
09:11Sur le terrain, les blindés semblent désespérément chercher un ennemi à leur mesure.
09:24Les blindés, c'était un geste politique, je suppose ?
09:28Oui, il y avait bien sûr un message pour montrer qu'on changeait de dimension.
09:33Je suis convaincu qu'il fallait donner cette démonstration en force pour bien montrer les limites.
09:39Et puis notre pays l'attendait.
09:40J'y tenais, le ministre y tenait aussi, et à juste titre.
09:49Il y a eu à ce moment-là un basculement qui s'est produit et qui a été renouvelé ensuite.
09:58Dans la rue, il y a des dizaines de policiers des brigades anticriminalités en civil.
10:04Les troupes de choc des banlieues.
10:06Ils sont équipés de fusils à balle en caoutchouc.
10:09Les LBD, lanceurs de balle de défense.
10:14Au gouvernement, ça commençait à ce moment-là à claquer un peu des jambes.
10:18On a peur d'assister peut-être à une révolution comme on a pu voir dans d'autres pays à
10:24ce moment-là.
10:30La décision qui est prise, c'est quoi ?
10:32Il faut rétablir l'ordre dans l'urgence.
10:34Et à ce moment-là, on nous dit, allez-y, rentrez-leur dedans.
10:48Quand on vous dit, rentrez-leur dedans, forcément, on redemande si on a bien entendu.
10:57On nous dit oui, oui, oui, on fait le job.
11:12Je m'appelle Alexandre Frey.
11:15J'ai été victime d'un tir de LBD40 sur les Champs-Elysées
11:18pendant la manif des Gilets jaunes du 8 décembre 2018.
11:22Pour ma part, c'était la première manif.
11:24Au fur et à mesure qu'on voyait les cordons de force de l'ordre,
11:28ils étaient là en train de dire, ouais, faites pas trop les malins.
11:30Aujourd'hui, on a tous les droits, tous les droits.
11:33Allez, charge, charge !
11:35Ça va, ça va, on va !
11:39On a senti que c'était une manif qui était super dangereuse.
11:44C'était la guerre.
11:49En fait, on s'est rendu compte que c'était un gai tapant,
11:52c'était une souris de cire, c'était impossible de s'en sortir.
12:02On entend des balles ricochées.
12:08Ça va ?
12:09Ça va, ça va ?
12:09J'ai un ami qui s'est touché dans la jambe.
12:17Et là, j'ai un peu un cri de révolte.
12:19Je leur dis, je n'avais pas marre de nous tirer dessus.
12:21J'avance un peu seul face à la foule.
12:25Puis là, j'entends un vent arriver.
12:28Boum.
12:29Je me fais viser dans l'œil.
12:32Donc, je perds mon œil.
12:44Tiens-le, tiens-le !
12:45Tiens-le, tiens ton œil, gros !
12:48Ça va aller, gros !
12:49J'aurais pas pensé ce matin
12:52arriver sur les Champs-Elysées
12:54et puis prendre une balle, quoi.
12:56Eh bien, viens, viens, viens, viens, viens, viens !
12:58Viens !
13:05Au soir du 8 décembre 2018,
13:0912 manifestants ont été blessés à la tête
13:11par un tir de balle en caoutchouc.
13:14Quatre d'entre eux vont perdre un œil.
13:22Quand vous avez perdu un œil, vous faites comment, quoi ?
13:24La main arrachée, vous faites comment ?
13:26Ça se répare jamais.
13:27Et moi, ancien sous-préfet,
13:29j'ai une colère,
13:30j'ai une grande colère de ce que j'ai vu.
13:34En démocratie, on ne gouverne pas avec la peur.
13:37Moi, je vais vous dire la chose suivante.
13:42On n'a pas eu de mort.
13:45Ni d'un côté, ni de l'autre.
13:46Le risque était là.
13:48Il n'y a pas eu de mort.
13:49Il n'y a pas eu de mort.
13:51Retenez cela.
13:56Pour la première fois,
13:58Paris aura vu des blindés de sortie
14:00contre de simples manifestants.
14:03Est-ce que ça sera la dernière ?
14:11L'heure de la manifestation est passée.
14:14Désormais, on est engagé sur de nouvelles formes de protestation de rue,
14:19qui sont des formes qui empruntent comme expression centrale la violence collective.
14:24Et aujourd'hui, il faut intervenir vite, fort, de manière extrêmement ciblée, extrêmement locale sur les excités, les meneurs.
14:33Ça, c'est la doctrine.
14:34Et dans le fond, on emploie à cette fin-là des armements qui auraient été complètement baroques,
14:43et même inimaginables, en maintien de l'ordre dans les années 70-80.
14:47Le baroque et l'inimaginable ont de beaux jours devant eux.
14:52Après la crise des gilets jaunes en 2020, le gouvernement français achète 90 blindés.
14:58Voici le maintien de l'ordre du futur.
15:01Un véhicule polyvalent.
15:03Contre les terroristes, on est sur de la mitrailleuse calibre lourd.
15:07Pour contrôler les manifestants, nous avons des diffuseurs de lacrymogènes sur les flancs.
15:13Ainsi qu'un lance-grenade multiple sur le toit.
15:16Sans oublier sa caméra 360 et ses micros.
15:20Pour ceux qui ont peur des tanks, rappelons qu'il sera toujours possible de protester,
15:24en toute sécurité, depuis chez soi, devant son écran.
15:33Quand est-ce que les manifs ont commencé à ressembler à des opérations militaires ?
15:41Pour trouver la manif zéro, il faut remonter au tournant du millénaire.
15:46Aux Etats-Unis.
16:03Novembre 1999, Seattle accueille un sommet international de l'Organisation mondiale du commerce.
16:14Pour la première fois, face à des enfants blancs de la classe moyenne, la police américaine sort les blindés.
16:47L'homme qui a donné le signal de l'attaque, c'est lui.
16:51Le chef de la police de l'époque.
16:56Je suis Norm Stamper, policier de 34 ans, les dernières 6 ans dans cette ville, Seattle.
17:02C'est un jour de la mort.
17:03C'est un jour de la mort.
17:07C'est un jour de la mort.
17:33C'est un jour de la mort, mais ils ne vont pas bouger.
17:38Il y a 20 ans, ce jour-là, Jason et Roger étaient venus manifester à ce carrefour contre la nouvelle
17:44économie qu'annonçait l'Organisation mondiale du commerce.
17:48Les usines confirment aux États-Unis, pour les envoyer dans le tiers-monde, le triomphe des multinationales.
17:56À la base, ils avaient l'intention de rester pacifiques.
18:08Ils avaient l'intention de tirer gas sur les crowds.
18:12Il était aussi à ce moment que le bloc de black a commencé à breaking les windows et des choses
18:19comme ça.
18:22Ils voulaient faire un point, ils voulaient faire des médias headlines, ils voulaient faire des déchets économiques, pour sûr.
18:29Mais, vraiment, les policiers ont mis en place.
18:33Comment peut-être qu'il y a des militaires de Tanks en ligne dans le street ?
18:41Dans les jours qui suivent, Norm Stemper, aux côtés du maire de Seattle, doit justifier ses décisions face à la
18:48presse.
18:50...
18:52...
18:52But if you...
18:55We're doing what it takes to protect the citizens of this community.
18:58I'm asking you whether you're using rubber bullets against unarmed protesters.
19:00I'll let the chief.
19:01We are using a variety of non-lethal weapons.
19:05Can you answer the question, are you using rubber bullets?
19:08I'm not going to explain to you the specific tactics.
19:12Can rubber bullets poke out ice?
19:15Any weapon can potentially cause grave injury.
19:19The police was using tear gas and rubber bullets.
19:22Wasn't that an early reaction? An overreaction?
19:25I don't believe it was an early reaction or an overreaction.
19:29I think by that time, 11 o'clock this morning, we had demonstrators who were rushing police lines,
19:35who were in fact engaged in destructive behavior.
19:38Can I just say, I was there and the demonstrators were seated and chanting.
19:43They were seated. They weren't rushing, they were seated.
19:45That was the last question.
19:47When you said that, did you believe what you were saying?
19:51Oh, absolutely. I believe that I'm an honest person.
19:55The problem is when we lie to ourselves.
19:58When I've told myself a big lie and nurtured it year after year after year
20:05throughout an entire 34-year police career, that's pretty powerful stuff.
20:12As early as 11 o'clock this morning.
20:13I owe him so much.
20:15He broke through my defenses.
20:17A right to be heard.
20:33On that Tuesday morning, in the middle of that rainstorm, I blew it.
20:40I mean, I just blew it.
20:47If we had set out to inflame passions, if we had set out to invite attacks on the police,
20:56on local businesses and the like, we couldn't have done a better job.
21:00You felt it right away or it took some days to realize?
21:05I took five years to come to that realization. I'm a slow learner.
21:13Since then, Norm Stamper is becoming a thinker of the police reform reform.
21:18He decided to cease to obey and say what policemen don't have the right to say.
21:24Why are we, in fact, gassing, tear gassing, non-violent, non-threatening fellow citizens?
21:35Why are we doing that?
21:36We say, we're the experts.
21:38Well, no, we're not.
21:40I mean, we really are not.
21:59In France, the police anti-émeute is very proud of having counted so few morts in her history.
22:05A model long export long abroad.
22:10For the needs of their training,
22:11some police officers play the role of gilets jaunes.
22:14Or rather, how they perceive them behind the visor of their helmet.
22:22Chains of group, are you ready?
22:24For the song, for a move offensive,
22:26I'm your command!
22:28All right!
22:32All right!
22:33All right!
22:33All right!
22:34All right!
22:35And that's what?
22:37Let's take a look!
22:38You, you, you, you!
22:44Let's go!
22:45How are you?!
22:45Come on, let's go!
22:45Come on, let's go!
22:47All right!
22:47You're like, let's go!
22:47You're not a guy!
22:55Come on, let's go!
23:03in the maintainer.
23:05Do you feel like there is more violence in the manifestations today?
23:10From the manifestants?
23:11On the episodes we had to know, yes.
23:14We were really on a separation of passions,
23:16a shared violence.
23:17We never saw that.
23:18In the 1970s, there were manifestations
23:22of an extraordinary violence.
23:24Yes.
23:27I think the manifestations of the 21st June 1973.
23:30An avant-garde of some 200 gauchistes
23:32attaquent au cocktail Molotov
23:33les barrages des forces de police.
23:38Bilan 73 policiers blessés
23:40dont 16 hospitalisés.
23:41Un number indéterminé dans l'autre camp
23:43qui a emporté ces blessés.
23:46C'est un niveau de violence
23:47qui n'a rien à voir avec ce qu'on vit aujourd'hui.
23:49C'est 50 rangs casqués armés
23:51cocktail Molotov.
23:53Mais la complexité d'aujourd'hui, alors à l'époque,
23:55d'abord il y a une très très très forte idéologie.
23:58Si vous regardez bien, ce sont des jeunes casqués.
24:00Ils ont tous le même profil.
24:03C'est très simple.
24:04C'était prévisible, c'était des affrontements
24:06si vous regardez bien, qui sont frontaux.
24:08Les policiers ont également saisi
24:10des matraques, des cocktails Molotov
24:11et six personnes interpellées.
24:14Bien sûr que le mouvement de 1973,
24:17c'est extrêmement violent, c'est impressionnant.
24:18Mais tout compte fait, ça peut se gérer.
24:20Parce qu'il y a une lisibilité de l'adversaire.
24:22Excusez-moi, ça n'a pas été géré du tout.
24:23Non, je sais.
24:24Les lignes policières sont arrivées devant le meeting
24:26dans Renouveau, il n'y a pas de mort par miracle.
24:27Ça n'a pas été géré du tout.
24:29Oui, mais aujourd'hui, bizarrement,
24:32on serait capable de le gérer, je pense.
24:34...
24:43Aujourd'hui, c'est violent,
24:44c'est très violent et c'est illisible.
24:47Avec des gens qui sont complètement différents.
24:49Donc, vous avez à l'intérieur de la manif
24:52des gens radicalisés, des gens qui sont passifs,
24:55qui vont s'opposer.
24:56La foule a changé.
24:57Avant, elle était redenticative.
24:59Une pétrie d'idéologie.
25:00Il y avait des codes.
25:05Cela revient sans cesse chez les policiers en France.
25:08La nostalgie des grandes manifestations syndicales.
25:13Mais il y a de moins en moins d'ouvriers.
25:20Les catégories socio-professionnelles
25:22qui manifestent aujourd'hui
25:23ne sont plus du tout des ouvriers d'industrie.
25:25En grande partie parce qu'il n'y a plus
25:28vraiment d'emplois industriels en France.
25:33Voilà ce qui s'est passé ces 50 dernières années.
25:37Les usines ont massivement fermé.
25:40Les gens se sont retrouvés seuls, précarisés.
25:43Les bataillons ouvriers disciplinés
25:46ont laissé place à une foule de colère solitaire.
25:55Elle est là, la France travaille !
25:57Fais tout pour nous donner du poulain !
25:59Le seul remerciement qu'on a,
26:01c'est les CRS !
26:03C'est les CRS !
26:06J'ai le souvenir de mes premières missions en CRS,
26:11dans mes premières années de CRS,
26:12où on est à Nanterre pour un procès
26:16de l'entreprise continentale
26:17qui est poursuivi par les salariés
26:19parce que l'usine ferme pour délocaliser.
26:22Et vous avez des gens de 50 ans
26:24qui ont les larmes aux yeux,
26:25qui n'ont rien d'autre
26:28que la force publique en face de...
26:30C'était quoi qu'on ferme demain ?
26:32Mais on ferme aujourd'hui !
26:34Alors pourquoi on ne nous laisse pas notre chance ?
26:38On est vraiment en bout de chaîne des dégâts d'une société.
26:44Nous, en tant que policiers, on n'a pas forcément conscience.
26:46La casse sociale, les délocalisations, la répartition des richesses,
26:52le taux de pauvreté, la précarité,
26:56c'est lié à des choix politiques.
26:57La France est en train de changer.
26:59Elle change beaucoup plus vite
27:01et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit.
27:03Désormais, quand il y a une grève en France,
27:05personne ne s'en aperçoit.
27:16Que restait-il des manifestations syndicales en France en 2022 ?
27:22Les manifs paisibles et bien encadrés.
27:26Le 5 octobre 2021, à Paris,
27:29les syndicats défilaient pour les retraites.
27:32Et ils avaient eu bien du mal à obtenir une autorisation.
27:37Force ouvrière reproche avec d'autres à la préfecture de police de Paris
27:40le refus de l'itinéraire demandé pour la manifestation du 5 octobre à Paris
27:44contre cette réforme de l'assurance chômage
27:46et contre la réforme des retraites.
27:47Mais aussi la CGT, FSU Solidaires et le syndicat étudiant UNEF
27:51parlent d'une entrave aux droits de manifester.
27:55Depuis que le préfet l'Allemand est arrivé sur Paris,
27:58c'est des refus.
27:59On ne veut pas que vous passiez par-ci,
28:01on ne veut pas que vous passiez par-là,
28:02on ne veut pas que vous approchiez les lieux de pouvoir.
28:04Donc on est vraiment sur des restrictions du droit à manifester.
28:10Et encore aujourd'hui,
28:11la manifestation est totalement encadrée par les forces de l'ordre
28:14où on ne peut même pas aller sur les trottoirs.
28:17Donc à chaque fois, ça met des moments de tension.
28:19Ça peut amener des échappements.
28:21La police de Paris était désormais dirigée par le préfet Didier Lallemand.
28:27Il avait remplacé Delpech et vaincu les Gilets jaunes.
28:31Devant les parlementaires français, il expose sa nouvelle stratégie.
28:35Alors c'est vrai que dans nos dispositifs d'accompagnement,
28:38ce qu'on essaye de faire, c'est de mettre en début de cortège
28:44et en queue de cortège les fonctionnaires ou les militaires au plus près du cortège.
28:49De manière à garantir sur les manifestations déclarées
28:52aux gens qui viennent pacifiquement que ne s'infiltreront pas des casseurs.
28:59Ce que décrit le préfet Lallemand, c'est une nasse mobile.
29:03Une mise sous contrôle étroite des manifestants.
29:10Alors, on essaye de pas être trop près
29:12parce qu'il faut pas que les gens aient l'impression qu'on met de la pression
29:17parce que c'est pas ça, mais on peut pas être trop loin
29:19parce qu'on sait que si on crée un trop grand espace,
29:22là on est à peu près sûr que vont s'engouffrer là-dedans des gens malfaisants.
29:26Donc, en quelque sorte, on fait le service d'ordre des manifestations
29:29telles qu'ils se produisaient précédemment, en ces temps anciens.
29:37Le préfet de police remplace donc les services d'ordre syndicaux d'antan,
29:42mais avec des militaires, dont 1 sur 5,
29:45portent un fusil d'assaut bien visible sur le 2.
29:51Liberté manifestée ! Pensez-y ! Pensez-y !
29:55Mon siberté, elle est là ! On lâchera rien ! On lâchera rien !
30:01Prêt pas ?
30:07Cela fait 50 ans que la police ne cesse de se rapprocher des manifestants,
30:13de les encadrer, de les canaliser.
30:18En allemand, ça s'appelle la cage.
30:24En anglais, la bouilloire.
30:29Donc aujourd'hui, les NAS, c'est employé à très grande échelle.
30:33Effectivement, vous avez des manifestations qui constituent des NAS mobiles,
30:37où à partir du moment où vous pénétrez dans le cortège,
30:40vous n'avez plus l'autorisation d'en sortir.
30:42Nous, ce sont des ordres qu'on a.
30:44Voilà, les gens qui sont dans le cortège, ils sortent pas.
30:48Mais...
30:48Je suis pas certain que ce soit légal.
30:55Kathleen, I think it's a horrible tactic.
30:58I do understand why the cops do it.
31:00...
31:01...
31:02...
31:03...
31:03...
31:03...
31:03...
31:03all that tear gas because of the threat, because of the provocation, the justification that
31:11the crowd gave us.
31:18How do you measure justification?
31:21Oftentimes through arrests.
31:31The way that you make mass arrests, we're going to kettle you.
31:36And then we're going to start plucking you off.
31:38We're just going to make arrests.
31:39Let's go, let's go, let's go!
31:43Let's go, let's go, let's go!
31:44That's not the case.
31:45Let's go!
31:48Let's go, let's go, let's go!
31:56Let's go, let's go, let's go, let's go, let's go!
32:11Let's go, let's go!
32:28Let's go!
32:30434-14, the code of deontology.
32:44This is what causes the blockage,
32:49it causes the nerves, it's all that it does.
32:52But those who command the command the difficulty,
32:55it's terrible.
32:55These maneuvers, they don't serve as much.
32:56They don't serve as much as these maneuvers.
32:58In addition, they need to recuse.
32:59Have you seen the skate?
33:00They don't see the obstacles and all that.
33:03And when it's on the ground,
33:04if there's one on the ground,
33:04they take shots, it's all.
33:06They are commanded by people who put them in danger.
33:09That's what I want to tell you.
33:14Since we're in the gilets jaunes,
33:15all the serious injuries, all the shocking images,
33:17it's that there's contact.
33:25On se calme !
33:26That's what?
33:30That's what?
33:31That's what?
33:32And the zone nations!
33:36They charge in the nas.
33:38So in plus, it creates a panic panic.
33:40Hallucinant.
33:48We see that they don't understand what they do.
33:50We don't understand the perspective of the maneuvers.
33:52And the last time they've executed for safeguarding
33:54a festing of the ropes.
33:56The center was locked.
33:57They had a very violent charge where all the people who passed away from the matrake
34:00and took it.
34:01It hurt everyone, and it had to degenerate the mania.
34:18So I was going to see the commissioner.
34:19It happens when there are charges that are not at all justified in terms of maintaining the order.
34:26You have caught up in the banderole, of course, it's an infraction to have a banderole.
34:30What?
34:31Is it an infraction to have a banderole, commissaire?
34:35Of violence for a banderole, and you are proud of your trophy?
34:40It's a very difficult job, which also aliment the reservoir of frustration.
34:44So when you have policiers who are frustrated, who may have maybe a propension to violence,
34:49etc.
34:50And so when it's in the units that have power and can employ the force,
34:55if the hierarchy doesn't cover their exercises,
34:58it's going to end up.
34:59I did not set out to be a cop.
35:02And when in fact I became one, it was like I'm going to be different.
35:08I'll be more like these people who are sensitive, they're compassionate.
35:12Well, those good intentions lasted about five minutes.
35:16I got sucked into, I think, one of the most powerful workplace cultures on Earth.
35:23Cette culture policière, elle va provoquer un événement qui va déclencher
35:28les plus grandes manifestations de l'histoire des Etats-Unis.
35:43Let me see your hands.
35:46What the hell, man?
35:47Stay in the car.
35:47Let me see your other hand.
35:48I'm sorry.
35:49Let me see your other hand.
35:56I'm sorry.
35:57Please.
35:58Don't shoot me, man.
35:59Please.
35:59Can you not shoot me, man?
35:59Step out and face away.
35:59Can you not shoot me, man?
36:00Step out and face away.
36:01Okay.
36:01Okay.
36:02Where you see police officers acting impulsively.
36:05When you see them get out of a car and scream at the top of their lungs for somebody to
36:10obey
36:10them.
36:11Get out of the car.
36:15You're seeing fear.
36:17Stop resisting, man.
36:18Raw, primitive, primeval fear.
36:22I got going home.
36:24All right.
36:24What's your name?
36:25George.
36:26George?
36:27George Perry Floyd.
36:28I don't know what's going on.
36:30George Floyd.
36:31George Floyd.
36:32George, and look it.
36:33You're still able to reach your side.
36:34You're making me nervous.
36:36What are we doing?
36:37We're afraid.
36:38We do everything we can to protect ourselves.
36:41Except what we should be doing.
36:43Which is calming ourselves.
36:47Disciplining ourselves.
36:48Stop falling down.
36:49I'm claustrophobic, man.
36:50But here's a nasty little secret.
36:53Cops like action.
36:54Because I'm with my hands in the windows down, okay?
36:56Please, man.
36:57Please, don't do this.
36:58Take a seat.
36:58I'm going in.
36:59I'm in.
37:00Please.
37:00As you get in this car.
37:01George Floyd
37:03Va mourir
37:04and sa mort est filmée par le téléphone portable d'une adolescente.
37:11There had never been a police killing that was so clear.
37:17It was just a national outrage.
37:19Let's get up.
37:22What do you want?
37:23I can breathe.
37:30Un Américain sur cinq descend dans la rue.
37:35Comme le mouvement des Gilets jaunes, il n'y a pas de chef et pas d'organisation.
37:39Il n'y a pas d'organisation.
38:09Il y a des différences entre les haves et les haves-nots.
38:13Des différences qui ont à faire avec la justice sociale, l'équité et l'faire.
38:19Je pense que tout ça a été apporté à un relief sharp.
38:23F*** la paix !
38:25L'émotion est telle qu'elle gagne même des membres des forces de l'ordre.
38:30C'est ce que nous voulons.
38:47C'est ce que nous voulons.
39:00Nous avons entendu beaucoup de défundir et de démantler les policiers, et ainsi de suite.
39:04Mais au bas, ce que nous cherchons est une partenaire authentique.
39:10Et si nous sommes intelligents, nous allons ouvrir le moment.
39:13Et nous allons avoir une conversation sur le plus efficace de police un protest.
39:26Mais trois jours après la mort de George Floyd, la situation commence à dégénérer.
39:35Police ont fait les mêmes choses que nous avons fait en 1999.
39:43Sous-titrage Société Radio-Canada
39:55The third precinct is up in flames.
40:00Wait a minute. Didn't we learn this lesson 20 years ago ?
40:06Le lendemain, alors que les émeutes ont éclaté partout,
40:10la Maison Blanche organise une conférence téléphonique de crise.
40:19Le président Trump a réuni son ministre de la Défense,
40:24son ministre de la Justice et les gouverneurs des Etats américains.
40:28« You have to dominate. If you don't dominate, you're wasting your time.
40:32You have to arrest people and you have to go to jail for more periods of time. »
40:52À Portland, des citoyens filment des policiers antiterroristes masqués dans des véhicules banalisés.
40:59Ils tournent dans la ville et emportent certains manifestants.
41:29« Get back to the right normal. »
41:32Au milieu de cette conférence guerrière, un gouverneur, un seul, finira par faire entendre une autre voix.
41:38« I've been extraordinarily concerned about the rhetoric that's been used by you.
41:44Inflammatory and it's not okay. We have to call for time. We have to have police reform called for.
41:52People are feeling real pain out there. That will help us to bring order. »
42:03« But that's okay. We don't agree with each other. So we need law and order. »
42:08« Thank you to Oliver. The call is concluded. You may disconnect. »
42:13Aux Etats-Unis, comme en Europe, les manifestations débordent et deviennent difficiles à comprendre avec un logiciel du XXe siècle.
42:22« So we've been very strong in law enforcement. We'll be doing things that you'll be, I think, very impressed
42:29with.
42:29The numbers are going to be coming down even if we have to go in and take over cities because
42:33we can't let that happen.
42:34That's worse than Afghanistan, I hate to say it. That's worse than any war zone that we're in by a
42:41lot. »
42:43Des experts américains, payés pour imaginer l'avenir, ont prédit de nouvelles révoltes.
42:49En 2018, un document confidentiel du Pentagone dessine un scénario d'insurrection mondiale pour 2025.
42:57Ils l'appellent la Z-B-Lyon, l'insurrection de la génération Z.
43:08Ils écrivent « Cette génération est vidéo intensive. Elle filme tout. Et elle s'organise à travers les réseaux sociaux.
43:19»
43:20« Pour ces jeunes, le système est truqué. La Z-B-Lyon s'attaque aux grosses entreprises et aux institutions
43:28financières. »
43:33En Europe, les autorités ont aussi identifié ce nouveau spectre. Ici, on l'appelle le Black Bloc.
43:42« Votre ambition est aussi vouée à enrichir chaque jour les plus fortunés d'entre nous. »
43:50« On a vu ces phénomènes de Black Bloc se développer avec des théoriciens de la violence qui ciblent les
44:00forces de l'ordre,
44:01qui ciblent les symboles du capitalisme et de la société capitaliste et qui tiennent le discours, le raisonnement.
44:10Seule la violence permettra de changer les choses. »
44:14« Les services de renseignement, les services spécialisés, savent très bien le lien qu'il y a entre les Black
44:24Blocs,
44:24l'ultra-gauche qui prône la violence, et le mouvement semblable en Allemagne, en Grèce, en Italie ou ailleurs. »
44:38Ce n'est pas le Black Bloc qui a cassé l'église de Lutzerath.
44:51Les bulldozers ont été envoyés par une entreprise allemande cotée en bourse, RWE,
44:57qui fait de la place pour l'exploitation du charbon.
45:07Les jeunes militants du climat de N2-Gelandeux ont fait de cette mine leur principal ennemi.
45:17»Ich bin Rai, Klimaaktivistin. Lutzerath ist eines der Dörfer, was wir gerade gegen RWE verteidigen.
45:24Das ist akut bedroht, eben geräumt zu werden, abgerissen, damit dann die Kohlebagger von RWE
45:30an die Kohle unter diesem Dorf gelangen können.
45:32Ich muss hier einmal darauf hinweisen, dass Sie bitte hinter der Verwannung bleiben,
45:36weil die dann Straftaten begehen hier in den Haus Friedensbruch und halten Sie sich von der Abholplatte fern
45:41und begehen Sie sich in äußerste Lebensgefahr.
46:03The white militants don't represent a physical danger for the police.
46:08As it relates to the police, she keeps a lot of pressure.
46:12In Germany, it's called the escalade.
46:15Go back, go back, go back, go back, go back, go back, go back, go back, go back, go back,
46:25go back, go back, go back.
46:31Go back, go back, go back, go back, go back, go back, go back.
46:34The support workers are still and we say RWE and all the big companies are familiar with it.
46:41The police never fails to stop the young ecologists.
46:45In 2022, the land of Rhenani, Westphalia, has endured the law of maintaining the order.
46:53My name is Norbert Ulrich.
46:55I'm a professor for public rights at the High School for Police and Public Law in Nord-Rhein-Westphalen.
47:01I've been told the government at the establishment of the new agreement.
47:05And the law says explicitly the mine of Garzweiler.
47:10There are places of assembly that present an important danger, like the case in the open mine of Garzweiler,
47:16can be prohibited.
47:16The threat for the public security or the order is entscheidend.
47:21This mine, this example I know, was probably the problem, this is just an example in the law,
47:27was probably the problem that there is a fairly sharp gap.
47:30That means you can fall down.
47:33The text also claims to criminalize the threatening uniforms.
47:38In the same phrase, we cite the example of the neo-nazis
47:41and that of the white combinations of young ecologists.
47:46Man wird nicht automatisch kriminalisiert,
47:49nur weil man eine weiße oder bunte oder sonst wie Uniform trägt,
47:53sondern wie ich schon sagte, nur bei Gewaltbereitschaft, wenn man einschüchternd auftritt.
47:57Ob dieses Beispiel glücklich ist, weiß ich nicht.
47:59Aber wie gesagt, entscheidend ist das Auftreten und hier kommt es nicht auf die politische Gesinnung an.
48:07Diese weißen Maler-Innenanzüge haben natürlich einen sehr hohen ikonischen Symbolfaktor.
48:13Gleichzeitig hat es natürlich auch eine Schutzfunktion eben davor, dass einzelne Menschen nicht so leicht aus einer Versammlung von Ende
48:21Gelände herausgezogen werden können
48:23und von der Polizei Repressionen erfahren.
48:26Dadurch, dass wir eben alle eine optische Einheit bilden.
48:30Sozusagen wie eine Art Herde funktionieren, die ein einzelnes Schaf dann beschützen kann.
48:40Die Polizei vor Ort könnte ganz willkürlich entscheiden, was sie jetzt als einschüchternd einstufen würden.
48:47Das ist in der Tat auch ein praktisches Problem für die Polizei, dass sie hier die Differenzierung immer hinbekommt.
48:54Man muss allerdings natürlich auch als Versammlungsteilnehmer sich überlegen,
48:58auf was für eine Dämonstration geht man und wo reiht man sich dort ein.
49:05Der 30 Oktober 2021, in Cologne, eine Manifestation ist organisée gegen die Nouvelle Loi über die Rassemblements.
49:14Der Spektrum ist großartig.
49:16Es gibt die Fans von Fußball, die verabschieden von den Uniformen verabschieden.
49:20Es gibt die Antifascisten, in Noir.
49:23Und auch Amnesty International, die über die Veränderung der öffentlichen Freude.
49:28Veränderung desote wünschen wir jetzt!
49:29Veränderung jetzt!
49:31Veränderung jetzt!
49:31Veränderung jetzt!
49:34Veränderung jetzt!
49:44Veränderung jetzt!
49:45Wir machen was wir wollen, heißt, dass wir uns darüber hinwegsetzen dass die Polizei zum Versammlungsgesetz gesagt hat,
49:50dass die Banners nur 6 m langs sein sollen.
49:52Und dass die Banners nur 1,5 m hoch sein sollen.
49:55And it can't be said that the police come and say that the Banner should be so big or should
50:01be so big or should be so big or should be a boiler or should be this and that say.
50:10A Banner in itself is never a danger. It is forbidden, if something is forbidden to read it.
50:15But if the Banner is used to protect people, and we know from demonstrations that it is often done, to
50:24set up against a Banner,
50:25to be able to set up against a Banner, to be able to set up against a Pyrotechnic so that
50:29you can't get this order anymore, then it is forbidden.
50:34In the middle of the courtage of the fans of football, the policemen have found a page that says the
50:40name of the minister of the interior of the land, Herbert Reul.
50:44They stop all the courtage. The manifestation could be dispersed.
50:52What the whole thing is particularly hilarious, is of course the description of the card.
50:57It is translated to Herbert Reul, you are a pimmel.
51:03The card is seized by the police, and the manifestation can go back.
51:21It is really an aura of fear and anger, which is created by the police, which is the whole time
51:30on the side,
51:31which is very, very, very, very close to the demonstration.
51:37I could always, every one of us could always be the one,
51:41who is from a police officer or a police officer
51:44from a police officer on the kicker.
51:46And then, yes, it can be to all possible.
51:50And then, yes, it is the same thing as in Düsseldorf.
52:01We had before a situation, it was pyrotechnic.
52:05That means a light bulb, that is forbidden.
52:09The colleagues thought that it was about the man that was.
52:13They took him out of the group, took him out of the group,
52:15took him to the personnel, but then realized that it was the wrong.
52:19That's why it was a personal investigation, a test, and there was no proof.
52:26That's why it was for us a normal group.
52:28Yeah, business as usual.
52:40That's why it's very problematic, that we are then only there,
52:45where we don't stop, where we don't stop.
52:47Where we don't stop.
52:51Because if it's not unbeatable and it's not unbeatable,
52:55it's only in the sense of what the state or the regime is.
52:59We want to, we want to, we want what the state or not,
53:05we like it or not.
53:06And that's not a democracy anymore.
53:08The subject is what we do with the manifestation and this ritual.
53:11What we decided to do?
53:12What sense, in fact, the state considers that it has?
53:16What also changed in the past 50 years,
53:19are the weapons in the hands of the police.
53:23More and more numerous.
53:25More and more sophisticated.
53:27They changed the face of the manifestations.
53:30We use war weapons.
53:31We balance war weapons on the manifestants who are not armed.
53:35Because the grenades of the encirclement are considered as war weapons,
53:37like the LBD.
53:39The signal that we send you is,
53:41I'm in a hostile environment,
53:43you are potentially a threat, a danger for me.
53:47Should cops look like soldiers?
53:50Should they act like soldiers?
53:53Should they be weaponized like soldiers?
53:58And the answer for me is absolutely not.
54:02They need to look like peacekeepers.
54:08Among the new police equipment,
54:11the most dangerous weapon is the gun-finger gun.
54:14This weapon is said less lethal,
54:17that is, less mortal.
54:20These guns are everywhere on the planet.
54:24We have not seen them.
54:25Where they come from?
54:27What is their power?
54:28And who control them?
54:31Loved the lights.
54:32The air estos罩 neods,
54:51You'd betterOGY.
54:58You're not even doing this.
54:58Well, that's final omen.
54:59Find this and the show.
54:59You are gonna be the opposite.
54:59Sojourneyondo.
54:59And he's a new authority.
54:59Is a new authority immersed.

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