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  • il y a 2 jours
Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), était l'invitée de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce lundi 19 octobre. Elles sont revenues sur l'estimation des dégâts face aux scènes de pillage sans
précédent qu'ont connu plusieurs villes de France ce week-end, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le Grand Entretien, Judith Giguet, bonjour.
00:02Merci d'avoir accepté notre invitation, déléguée générale de la Fédération du Commerce
00:06et de la distribution qui regroupe des enseignes comme Carrefour, Auchan, Casino, Aldi, Picard,
00:11La Vie Claire, Action, Decathlon ou encore Fnac Darty.
00:13La France a connu des scènes de pillage sans précédent dans plusieurs villes de France ce samedi
00:18et encore ce dimanche.
00:20A combien estimez-vous les dégâts ?
00:22Le président de la CCI disait plus de 2000 commerçants certainement touchés.
00:28Oui, bonjour.
00:29D'abord, c'est quand même un grand choc.
00:32Nous sommes dans un état de désolation et de colère.
00:37Hier, effectivement, nous étions à 1500 commerces mais tout n'était pas recensé.
00:41Et surtout, la casse et le pillage ont continué.
00:46Il y avait encore des reprises hier.
00:48Donc, sans aucun doute, les chiffres qu'il a donnés ce matin de 2000 seront malheureusement atteints voire dépassés.
00:55Est-ce que vous avez des cas très importants qui vous sont remontés ?
00:59Il y en a de partout, toutes les enseignes, petits commerces, plus grandes surfaces.
01:06Ça va être de la destruction intégrale jusqu'à des incendies, du pillage, évidemment, en masse.
01:16C'est extrêmement varié, mais c'est très important au niveau de l'ensemble de tous les commerces touchés.
01:24Donc, il y a des grandes enseignes, il y a aussi des tout petits commerces.
01:30Ça dit quelque chose de la crise du pouvoir d'achat ou pas, selon vous ?
01:34Alors, ça dit surtout que le commerce est toujours en première ligne.
01:38C'est quand même ce qui apporte la vie dans les centres-villes et dans les territoires, la vitalité des
01:45territoires.
01:46Donc, ça veut dire que c'est vraiment cette vie-là qui est atteinte.
01:49Il y a un objectif, en fait, sans aucun doute, un objectif politique d'empêcher la vie dans les villes
01:56et dans les territoires,
01:58d'empêcher ces entrepreneurs de première ligne de faire leur travail auprès de l'ensemble des Français.
02:04Donc, oui, c'est extrêmement violent pour ce secteur qui a quand même une mission, quelque part, auprès de l
02:13'ensemble des Français.
02:14Et c'est un secteur qui est déjà très fragilisé et que l'on retrouve là encore plus fragilisé.
02:21Vous êtes attendu à Bercy à 9h par Serge Papin pour un bilan des dégâts matériels, l'impact aussi sur
02:28la vie économique,
02:29définir les actions possibles en soutien à la réparation, à la pérennité des entreprises touchées.
02:34Quel discours allez-vous tenir ?
02:36Alors, d'abord, on va porter la voix de ce secteur et surtout la voix des femmes et des hommes.
02:43Parce qu'on a vu, on a vu hier à quel point ils étaient touchés.
02:47On a des entrepreneurs qui ont expliqué qu'ils perdaient le travail d'une vie,
02:51que derrière, ils avaient des salariés, la préoccupation pour leurs salariés,
02:55les femmes et les hommes qui travaillent dans ce secteur.
02:58Donc, on va apporter cette voix-là, faire comprendre, en fait,
03:03que ce secteur très humain, eh bien, il souffre.
03:08Il est aussi mobilisé.
03:10On l'a vu, hein.
03:11On l'a vu dès samedi.
03:12On a vu des commerçants qui tentaient de se défendre.
03:15On a vu des commerçants, déjà, dès le samedi soir et tout dimanche,
03:19à pied d'œuvre pour déblayer, pour essayer de nettoyer leur commerce.
03:27Aujourd'hui, on a besoin de solidarité, d'unité et on a besoin aussi d'accélération,
03:33d'accélération des procédures pour pouvoir gérer le chômage partiel,
03:37pour le remboursement par les assurances.
03:40On a besoin d'aide.
03:42Est-ce que vous avez besoin de moratoires sur les dettes, sur les aides sociales,
03:47la réactivité aussi des assureurs ?
03:49Oui, on a vraiment besoin que tout le monde, enfin, que ce pays joue la solidarité
03:53avec ce secteur fragilisé de première ligne, essentiel à la vie.
03:57On a besoin, effectivement, de l'accélération de tous les processus
04:01de remboursement des assurances, bien sûr.
04:04Mais on a aussi un secteur qui est extrêmement grévé, en fait, fiscalement.
04:09C'est le secteur le plus imposé.
04:11Eh bien, peut-être qu'il y a à réfléchir, effectivement, sur un moratoire,
04:15notamment pour ces commerces touchés.
04:16Ça va entraîner des faillites ?
04:19Sans aucun doute.
04:20Et c'est ce qui est vraiment la colère profonde.
04:23Ça veut dire que c'est des vies entières qui ont été balayées en quelques heures,
04:28quelques minutes, et certains ne pourront pas se relever, c'est sûr.
04:31Il y avait combien de faillites estimées ?
04:34À date...
04:35Ça pourrait monter à combien ?
04:36À date, c'est vraiment impossible de quantifier.
04:40C'est certain, quand on voit à quel point certains sont détruits,
04:44certains étaient fragiles, avec des emprunts.
04:48Donc, difficile de quantifier.
04:50Mais dans les jours prochains, on aura effectivement des chiffres plus précis.
04:54Et puis, il y a un conseil exceptionnel des entreprises
04:56qui sera réuni demain matin par les ministres du Travail, des Finances et des PME.
05:00Qu'est-ce qu'on peut en attendre ?
05:02Eh bien, c'est ce que je vous disais.
05:04D'abord, soutenir tout ce secteur qui a quand même une réactivité,
05:10une mobilisation, parce qu'il est fait de femmes et d'hommes.
05:13Ensuite, vraiment l'aider, d'un point de vue administratif,
05:18d'accélération de tous les process et procédures.
05:21Et puis, réfléchir aux conditions pour que ceci ne se déroule plus.
05:27Dans le reste de l'actualité, il y a une cyberattaque
05:30qui a affecté, il y a une semaine, des frigos dans 700 magasins en France.
05:34Quelles conséquences pour les distributeurs et quelle prise en charge ?
05:37Alors en fait, vous voyez, c'est dans la même semaine quand même.
05:40Du dimanche au lundi et du lundi au mardi,
05:42il y a à peu près 700 magasins qui ont subi une cyberattaque
05:46sur leurs meubles froids, leurs chambres froides.
05:48Et le samedi, ils vivent ça.
05:51Donc on voit à quel point ce secteur est exposé,
05:53à quel point il est vulnérable.
05:55Cette cyberattaque, elle renvoie là encore à cette vulnérabilité
06:00de cette chaîne, de ce secteur du commerce.
06:04Mais elle a aussi montré une mobilisation, une réactivité très grande.
06:08Parce que certains ont réussi à couper l'attaque pendant la nuit.
06:14D'autres ont montré la mobilisation dès les premières heures
06:18pour évacuer tous les produits alimentaires qui étaient fichus.
06:23parce que la sécurité alimentaire des consommateurs primait surtout.
06:27Donc le grand nettoyage.
06:29Et puis la mobilisation pour le retour à la normale.
06:32On a vu des magasins qui, malgré ce qu'ils vivaient,
06:36pouvaient rouvrir dès le lendemain ou le surlendemain.
06:39Il y avait vraiment cette mobilisation.
06:41Mais tout ne peut pas dépendre des commerces.
06:44On a vu aussi la dépendance sur une chaîne
06:46parce qu'il y a beaucoup d'opérateurs
06:48entre le fournisseur du mobilier de froid,
06:51les frigoristes.
06:53Et donc il y a tout un travail sur la chaîne
06:55parce qu'on craint vraiment...
06:58Voilà, la vulnérabilité vienne de partout
07:00et sur d'autres matériaux.
07:02Le gouvernement a annoncé qu'il réunirait bientôt
07:04distributeurs et industriels en amont
07:06des négociations tarifaires annuelles.
07:08On le sait, c'est du 1er décembre au 1er mars.
07:10Est-ce que vous avez une date ?
07:11Et puis, à quoi faut-il s'attendre ?
07:14Parce qu'au ciel, les industriels,
07:17eux, ont dit qu'ils allaient demander
07:18une augmentation supérieure à 4%.
07:21Est-ce que ce sera répercuté, ça, sur le consommateur ?
07:25Alors, d'abord, il faut savoir que tout ne se négocie pas
07:28du 1er décembre au 1er mars.
07:30On n'a que 44% des produits qui sont négociés à ce moment-là,
07:3444% en chiffres et seulement 35% en volume.
07:38Parce qu'en fait, on achète en dehors de ces négociations,
07:41par exemple, les fruits et légumes,
07:42on les achète au gré à gré toute l'année.
07:44On a aussi toutes nos marques de distributeurs
07:46qui ne rentrent pas dans ces moments de négociation.
07:49Donc déjà, il faut relativiser.
07:51Tout ne va pas se jouer pour les Français
07:53pendant ces trois mois.
07:55Ça, c'est la première des choses qu'il faut répéter
07:57et rassurer les Français.
08:01Ensuite, pendant les années d'inflation,
08:03de 2022 à 2023,
08:05la grande distribution a vraiment joué
08:07un rôle d'amortisseur de l'inflation.
08:09C'est-à-dire que les prix avaient augmenté
08:11de 30% en agriculture,
08:1334% au niveau de l'industriel.
08:15Et en rayon, sur la période 2020 à 2025,
08:18ils n'ont augmenté que de 25%.
08:20Donc la distribution a joué son rôle d'amortisseur, en fait.
08:24Elle a pris sur ses marges.
08:26Et ce qu'on attend cette année, c'est ça.
08:28C'est que la solidarité,
08:30elle se joue sur toute la chaîne.
08:31On a des maillons plus fragiles sur cette chaîne.
08:35Mais là, vous parlez des industriels
08:36parce qu'en fait, les agriculteurs,
08:38ils sont à l'os.
08:38Voilà, on a des maillons plus fragiles.
08:40Ce sont les agriculteurs, les consommateurs.
08:43C'est vraiment les maillons
08:44qui doivent nous guider dans ces négociations.
08:46Et à l'intérieur du bloc industriel,
08:48ils ne sont pas tous égaux.
08:50On a des PME, beaucoup plus fragilisés.
08:53Et on a des grands groupes industriels,
08:55voire des multinationales,
08:56qui vont très bien,
08:58qui ont des résultats financiers positifs.
09:01Donc vous leur demandez de faire un effort.
09:02C'est à eux qu'on demande de faire un effort, effectivement.
09:05Merci à vous, Judy Djiguet,
09:07d'avoir été avec nous ce matin,
09:09déléguée générale de la Fédération du Commerce
09:10et de la Distribution.
09:12C'est une interview à retrouver en podcast et en replay
09:15sur l'application BFM Business
09:16et sur toutes nos plateformes.
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