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  • il y a 1 jour
Tous les matins à 8h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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00:00Cette nuit, un couvre-feu au cœur de Paris, entre autres, bien sûr, autour de la place de la République
00:04et du quartier des Halles, interdit depuis 23h.
00:07Bonjour Ariel Veil.
00:09Vous êtes maire socialiste de Paris-Centre. Paris-Centre, c'est les quatre premiers arrondissements de la capitale.
00:14Première nuit de couvre-feu dans votre secteur. D'abord, les dernières infos, comment ça s'est passé ?
00:18Ça s'est passé assez bien pour l'instant. Ça a été une nuit beaucoup plus calme. Je ne sais
00:23pas pourquoi ça tient.
00:23Les couvre-feu, puis les dispositifs de... Il y avait des couvre-feu, il y avait aussi des zones un
00:28petit peu de filtrage qui ne sont pas vraiment des couvre-feu.
00:31Mais je ne sais pas si c'est le temps, si c'est la fatigue aussi, après 48 heures de
00:35pillage de tout le monde.
00:37Parfois, vous vous dites le 17 octobre, j'entends beaucoup maintenant le 17 octobre, mais vous l'avez bien dit
00:41aussi, c'était dimanche.
00:42Dimanche a été presque pire dans le centre de Paris que samedi soir.
00:47Et donc, c'est bien le 17 et le 18 octobre. Je vais essayer de faire en sorte qu'on
00:51n'oublie pas qu'il y a eu deux jours de pillage et de feu
00:54qui ont été très, très, très, très durs pour les commerçants.
00:57Avec, pardon, une petite différence, c'est qu'entre le 17 et le 18, on avait peut-être le temps
01:01de réfléchir au dispositif de maintien de l'ordre.
01:06Écoutez, c'est une question qui se pose. C'est pourquoi on n'a pas pu, sur 48 heures, adapter
01:10le dispositif.
01:11Enfin, en 48 heures, adapter le dispositif. Et c'est ce qui m'a amené à faire des propositions. En
01:15tout cas, à poser des questions, plutôt.
01:17Alors, dès dimanche, vous réclamiez ce couvre-feu. Et pourquoi pas l'armée ?
01:22Alors, pour le coup, un maire de gauche qui veut des militaires dans les rues de Paris a avoué que
01:25ça a pu surprendre.
01:26Pour quelle mission, précisément ? Garder les magasins pour patrouiller ?
01:29Oui, bien sûr. Alors, d'abord, je n'ai pas appelé à ce qu'on envoie l'armée.
01:33Vous avez dit pourquoi pas ?
01:35J'ai dit si on a un problème défectif.
01:37Si vraiment, il est impossible. C'est ce qu'on a vécu, quand même, pendant deux nuits d'enfer.
01:42On a vécu une situation, et encore une fois, moi, je rends hommage à tous les policiers qui ont été
01:47déployés,
01:47qui sont intervenus dans des conditions difficiles.
01:49Mais enfin, je le dis depuis 48 heures, et désormais, je crois que le ministre de l'Intérieur lui-même,
01:55qui j'ai eu beaucoup de respect, l'a dit, nous n'avions pas assez défectif.
01:59Je n'ai jamais vécu ça. Même au moment où j'ai les jolies...
02:02Tout le monde s'accorde à dire que...
02:04J'ai vu une situation dans laquelle vous avez en direct des magasins qui sont pillés,
02:09on a les images, on est des élus sur place, on est en train de regarder, on nous dit...
02:13Justement, monsieur le maire, pardon, à propos d'effectifs, nous avons eu au téléphone
02:18Anthony Samama, qui est maire adjoint du 15e arrondissement en charge de la police municipale,
02:22qui nous a indiqué qu'en fin d'après-midi, la police municipale avait reçu des consignes
02:25pour rester dans ses commissariats.
02:28Est-ce que c'est une information que vous démentez ? Est-ce qu'elle est vraie ?
02:31Et si ça s'est produit, est-ce que ça s'est produit dans d'autres arrondissements ?
02:33Non, je n'ai pas cette information. La police municipale a été très présente avec nous.
02:39Je ne peux pas lui dire ce que sa police municipale du 15e a reçu comme instruction.
02:43Je n'ai pas ces instructions-là.
02:45Et moi, j'ai été en contact permanent avec mon chef de la police municipale,
02:48avec mon commissaire et avec la préfecture de police.
02:51Je dis simplement que nous n'avions pas d'effectifs pour intervenir
02:54pendant parfois jusqu'à 45 minutes, une heure,
02:58où des pièges ont eu lieu.
02:59Et donc, j'ai dit, si on n'a pas d'effectifs suffisants,
03:02il faut se poser toutes les questions, y compris, pourquoi pas,
03:05le recours à l'armée à un moment donné,
03:07si c'est vraiment une question d'effectifs.
03:08Par ailleurs, je vous rappelle que l'armée, elle est déjà déployée à Paris.
03:12Les forces sentinelles, depuis les attentats, ils sont là.
03:15Et moi, je les invite à mes réunions de sécurité avec les aéroports, notamment.
03:19Et on se répartit les zones, par exemple, à la rentrée,
03:22ou quand on a des moments qui sont un petit peu durs,
03:23on se répartit, y compris avec les forces sentinelles.
03:25C'est-à-dire qu'on les utilise dans ce fameux continuum de sécurité
03:29qu'aime bien évoquer le ministre de l'Intérieur.
03:31Eh bien, j'utilise tout ce que j'ai, y compris les forces sentinelles.
03:34Et elles ne sont pas là, bien sûr, pour intervenir.
03:36Ce n'est pas le maintien de l'ordre, l'armée.
03:38Mais ça peut être une présence dissuasive à certains endroits
03:42et permettre justement de libérer les forces de l'ordre
03:45pour qu'elles puissent faire leurs interventions.
03:47– Ariel Veil, vous avez dit comprendre les commerçants
03:49qui veulent se défendre seuls.
03:50Avant de rappeler, il faut être précis et honnête,
03:52sur X, que le monopole de la violence légitime revient à l'État.
03:55Je vais vous demander lequel des deux messages est-ce qu'il faut retenir
03:58et est-ce qu'il faut craindre qu'en ce moment,
04:00on soit en train de légitimer des formes d'autodévence.
04:05– Bien sûr que la milice, c'est horrible.
04:08Quand les gens commencent à s'armer eux-mêmes,
04:09c'est que vous êtes dans un État qui a failli.
04:10Et donc je ne souhaite pas que la France soit un État qui soit failli.
04:13Mais jeudi, j'ai vu hier…
04:14– La République nous a abandonnés, disent-ils tous en cœur, ces commerçants.
04:17Vous avez entendu d'ailleurs hier soir sur BFM TV.
04:20– Il y a eu un sentiment d'abandon.
04:22J'ai été voir avec nos élus.
04:24On est allé voir beaucoup les commerçants.
04:26Et même des habitants nous ont dit ça.
04:28Ils ont eu le sentiment d'être abandonnés.
04:30Je vous ai décrit il y a un instant, une heure,
04:32parfois en pleine journée, en plein cœur de Paris,
04:34où la police n'est pas à même d'intervenir.
04:36Je peux comprendre le sentiment d'abandon.
04:38Je peux comprendre ceux qui ont essayé de repousser des assaillants.
04:41J'étais hier d'ailleurs avec le patron d'un des cafés
04:44qui a essayé d'ailleurs, qui s'est fait blesser très très sérieusement
04:49en essayant de repousser.
04:51C'est la boutique d'à côté de lui, c'est ses copains.
04:53Il a essayé de repousser, puis ils étaient 50 à un moment donné.
04:55Il s'est fait blesser.
04:57Je comprends moi cette solidarité avec les copains,
04:59cette volonté de défendre sa boutique.
05:01Je peux la comprendre.
05:02Mais bien sûr, si on arrive à une situation
05:03où les gens se défendent eux-mêmes,
05:05et qui plus est, ça pourrait être encore plus grave avec des armes,
05:07ce serait terrible.
05:08Il faut évidemment éviter ça.
05:09Ariel Vell, qu'est-ce que vous pensez du tweet d'Emmanuel Grégoire,
05:12dimanche, qui a appelé les Parisiens à venir ranger
05:14et réparer ce qui avait été cassé ?
05:15Vous n'avez pas l'impression que c'est un peu la dernière des insolences
05:18de la part d'une autorité publique en perdition après ce qui s'est passé ?
05:21Il n'y avait pas mieux à dire, franchement ?
05:23Non, en perdition, vous allez fort.
05:26Je pense que c'est le sentiment des Français qu'en ce moment,
05:28l'autorité publique est en perdition.
05:29Je pense vraiment qu'il a saisi quelque chose d'Emmanuel Grégoire,
05:32il a saisi quelque chose des Parisiens,
05:34qui n'ont pas attendu d'ailleurs qu'on leur demande.
05:35Dès samedi, vous aviez déjà des gens qui venaient ramasser.
05:40Dimanche, c'était très impressionnant de voir des Parisiens à la République
05:44venir ramasser, et pas qu'à la République d'ailleurs,
05:46mais on les a beaucoup vus à la République.
05:49Moi, j'ai des messages depuis samedi, des messages de Parisiens,
05:52des messages d'associations, des messages de responsables,
05:56même d'autres magasins qui n'ont pas été touchés,
05:59qui me disent qu'est-ce qu'on peut faire, comment on aide,
06:01on veut aider, on veut venir, et on en a vu spontanément.
06:04Et donc, il a voulu, il a eu parfaitement raison,
06:08accompagner cette générosité des Parisiens,
06:10cette volonté de participer.
06:12Vous ne pouvez pas imaginer les messages à la fois de choc et de volonté,
06:16c'est la régliance des Parisiens.
06:17On les entend aussi dans nos journaux,
06:18une énorme solidarité vis-à-vis des commerçants, pas que parisiens.
06:22D'ailleurs, Ariel Veil, merci beaucoup d'avoir pris quelques minutes ce matin.
06:25Pour les auditeurs d'RMC, je rappelle que vous êtes maire socialiste de Paris-Centre,
06:27les arrondissements 1, 2, 3, 4, je le dis pour nos auditeurs non parisiens.
06:31C'est le quartier des Halles, notamment, qui s'est illustré, tristement illustré dimanche soir.
06:35En ce deuxième jour des meutes, vous avez eu raison de rappeler
06:37que c'était 17 et 18 octobre pour de nombreuses villes.

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