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00:00Il est 7h46, quel avenir pour la mobilisation des lycéens et des étudiants après la casse et les violences de
00:07samedi dernier à Nice.
00:08Le mouvement de contestation a pris une tournure qui étouffe les revendications des jeunes, surtout pendant les vacances.
00:14Alors comment les faire émerger à nouveau ? On en parle ce matin avec le secrétaire général du syndicat CGT
00:19Éducation ce matin.
00:20Bonjour Arthur Leduc. Bonjour. Vous étiez à la manifestation samedi ? Oui j'y étais, oui.
00:24Comment vous avez vécu ces débordements ?
00:26Alors j'ai pas vécu déjà les débordements en tant que tels, parce que j'étais au cœur de la
00:31manifestation avec des manifestants et des manifestantes tout à fait pacifiques, dans la continuité du 6 et du 13 octobre.
00:37Vous n'avez pas vu ces individus vêtus de noir dans le cortège ?
00:40Mais ils étaient relativement extérieurs au cortège, il y a même d'ailleurs des groupuscules d'extrême droite qui sont
00:44venus de l'extérieur pour tabasser des manifestants et des manifestantes.
00:48Et quand on était au cœur de la manifestation, il y avait initialement énormément de joie, énormément de motivation.
00:55Et ensuite, il y a eu des charges policières à répétition, alors que la casse avait lieu ailleurs.
01:01Et donc ça aussi, ça nous questionne sur la manière dont ça a été géré.
01:03Mais en tout cas, cette manifestation, elle a aussi donné à voir qu'il y avait encore une colère lycéenne
01:09et étudiante, une colère de la jeunesse, une colère plus générale,
01:12qui pouvait aussi se manifester de manière tout à fait pacifique.
01:15On va reparler des revendications bien sûr, mais est-ce que vous condamnez les violences et les dégradations ?
01:20Les pillages, de toute façon, ce n'est pas quelque chose qui relève pour nous d'une possibilité de type
01:25d'action militante, ça n'est pas du tout.
01:27C'est quelque chose qui contribue à discréditer le mouvement, donc bien évidemment, on n'y est pas favorable.
01:33Mais je vous pose la question quand même, parce que vous dites bien évidemment, mais ce n'est pas si
01:36évident que ça.
01:37En fait, votre vision, elle n'est pas partagée par tous les étudiants.
01:40Par exemple, la coprésidente du Front populaire étudiant ne condamne pas, elle déclare que la violence institutionnelle est encore plus
01:46grande que celle des casseurs.
01:48Ça vous choque de tels propos ?
01:49Non, parce qu'en plus, elle a raison.
01:51Parce qu'autant on peut tout à fait considérer que les pillages sont inacceptables,
01:55mais autant on peut aussi considérer que la violence institutionnelle, la violence du système, elle est encore plus importante.
01:59Elle est quotidienne.
02:00Est-ce qu'elle justifie les casseurs de casser ?
02:02Bien évidemment, sauf qu'il y a un moment, il faut aussi comprendre pourquoi il y a des explosions de
02:05colère.
02:06Ces explosions de colère, elles ne viennent pas de nulle part.
02:08Ça fait des années et des années qu'il y a des mobilisations par la grève, par la manifestation, qui
02:13sont totalement méprisées par le pouvoir.
02:15On peut parler de 2023, des millions de personnes qui manifestent pendant plusieurs mois,
02:19qui font des grèves, qui le font de manière pacifique, par des moyens dits démocratiques.
02:24Et on se retrouve à la fin avec un 49.3 sur la contre-réforme des retraites.
02:28Et aujourd'hui, le gouvernement fait comme s'il était surpris que les gens soient en colère.
02:31Franchement, c'est juste ridicule de leur part.
02:33Il y a des jeunes, des étudiants parfois, qui ont été jugés en comparution immédiate.
02:38Certains ont été condamnés.
02:40Estimez-vous qu'ils ont été entraînés ou leur colère a motivé la violence ?
02:44Il faudrait voir au cas par cas.
02:46Il faudrait aussi leur demander pour quelles raisons il y a eu ça.
02:49Mais la colère, elle est forcément une cause initiale et une cause énorme de ce qui s'est passé.
02:55Ça fait trois semaines que les lycéens et les lycéennes étaient devant leur établissement
02:58à essayer de faire des blocages, à essayer de porter des revendications légitimes.
03:01Et par quoi on leur a répondu ? Par des gaz lacrymogènes.
03:04Évidemment qu'il y a de la colère.
03:05Comment peut-on faire semblant d'être surpris aujourd'hui qu'on en arrive à une situation pareille ?
03:10Maintenant, comment on la canalise cette colère ?
03:12Pour qu'on n'en arrive pas quand même à la situation de ce samedi ?
03:16Comment vous envisagez de remettre les revendications des étudiants au milieu de toute cette violence ?
03:22Nous, on appelle bien évidemment à l'organisation des cortèges.
03:27Et donc, on appelle à une journée de grève et de manifestation interprofessionnelle, intersyndicale, le 5 novembre.
03:32Pour nous, c'est le moment où il va pouvoir y avoir une traduction de masse,
03:36de la convergence entre les luttes du monde de la jeunesse et les luttes du monde du travail.
03:41Parce qu'il y a des convergences énormes entre ces deux mouvements.
03:44Cette manifestation du 5 novembre, vous la mettez en avant ?
03:47Pas forcément celle de samedi qui est à l'appel de gilets jaunes ?
03:52Nous, on sera dans la rue à chaque fois que les organisations de jeunesse y seront.
03:57Et si j'ai bien compris, les organisations de jeunesse, à Nice en tout cas, n'appellent pas réellement à
04:01ce 24 octobre.
04:03Qu'est-ce que vous dites alors aux jeunes qui hésitent à aller manifester samedi ?
04:06Ce n'est pas à moi de dire quelque chose aux jeunes qui hésitent, malheureusement.
04:09Enfin, malheureusement non, c'est aux jeunes eux-mêmes de s'organiser.
04:12Et donc, s'il y a des jeunes qui décident de sortir dans la rue le 24,
04:16moi je leur dis, faites attention, protégez-vous.
04:18Faites en sorte de ne pas être à proximité de groupus que l'exemple droite qui risque de vous agresser.
04:24Faites en sorte de ne pas être en capacité, en situation, de vous faire gazer par la police.
04:31Faites attention à vous. Voilà ce que je leur dis.
04:33Aujourd'hui, c'est une émission spéciale service public sur ICI Azur.
04:36L'éducation est un des piliers de la Ve République.
04:38Est-ce que vous avez l'impression que l'État aujourd'hui vous laisse tomber ?
04:42Oui, mais c'est pas qu'aujourd'hui. Ça fait des années et des années.
04:45Moi, je me souviens, je crois avoir fait une ou deux rentrées scolaires sur ce plateau
04:49pour dire que la situation était de plus en plus grave, de plus en plus dramatique,
04:53que le service public d'éducation était au bord de l'effondrement.
04:56En fait, on se rend compte que c'est la réalité.
04:59Et c'est une réalité qui se traduit aujourd'hui par une colère des jeunes.
05:03En même temps, comment peut-on être soi-disant surpris de cette colère des jeunes ?
05:07C'est juste pas possible.
05:08Merci beaucoup Arthur Leduc, secrétaire général du syndicat CGT ÉducAction.
05:13Vous étiez notre invité ce matin sur ICI Azur.
05:15Bonne journée.

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