00:00Il est 20h24 sur CNews et sur Europe 1, je vous donne les toutes dernières informations qui avaient été transmises
00:05notamment par Laurent Nunez
00:07qui faisait un premier bilan de la situation. 410 000 manifestants sur l'ensemble du territoire pour plus de 230
00:14rassemblements.
00:15Pour les cortèges dits officiels, les cortèges qui ont voulu manifester, les manifestations se sont déroulées dans le calme,
00:25elles se sont plutôt bien passées, mais dans un samedi de manifestations dites plus classiques et non inédites comme le
00:35week-end dernier,
00:35se sont agrégés des militants d'extrême gauche. On était à plus de 1000 interpellations à 19h30 contre 385 la
00:45semaine dernière à la même heure.
00:47signe aussi que le week-end dernier, on était complètement débordés. Les bâtiments publics ce week-end n'ont pour
00:55l'instant pas été touchés.
00:57Il y a eu des tentatives de s'attaquer aux bâtiments publics, mais ça a été rapidement repoussé par les
01:02forces de l'ordre.
01:03Les centaures ont été déployées. Il y a eu des dégradations et des pillages. On ne peut pas recenser toutes
01:10les dégradations et les pillages.
01:13Ça a été, en revanche, pour les forces de l'ordre, un samedi extrêmement violent, parce que vous aviez des
01:20groupes radicaux dans les principales villes
01:22qui se sont mobilisés pour s'en prendre aux forces de l'ordre. C'est ce qui s'est passé
01:28du côté de Paris, notamment,
01:30où plus de 500 casseurs étaient présents dans la manifestation. Quelques milliers de personnes étaient venues simplement pour affronter les
01:39forces de l'ordre.
01:40Il faut se dire quand même... Il y a quand même des gens qui se sont dit « Je vais
01:43passer le samedi sur le terrain pour tabasser du bleu ».
01:47Voilà ce qui se passe. Et à Orléans, où le Parti Socialiste et la CGT imaginaient une vague antifasciste,
01:56cette vague était un petit clapot, puisqu'il y avait 13 500 personnes seulement,
02:02et parmi ces 13 500 personnes, des éléments radicaux.
02:06Jules Laurence, peut-être un point, vous qui êtes journaliste frontière, j'ai une pensée pour tous les journalistes qui,
02:11sur le terrain,
02:12vivent des moments très complexes, avec un engrenage aussi dans la haine du journaliste et des médias,
02:18qui est relayé sur les réseaux sociaux, avec des incendiaires qui sont jusqu'à l'Assemblée nationale,
02:24avec des individus qui ne mériteraient, pour ce qu'ils ont dit sur les médias,
02:29qui mériteraient d'être devant les tribunaux, bien sûr.
02:31– Monsieur Jules Torres. – Jules Laurence.
02:33– Jules Laurence. Jules à l'autre.
02:34– Ce qui est sûr, c'est que quand on écoute Laurent Nunez, il parle beaucoup de chiffres,
02:38mais il y a aussi ce qu'il ne dit pas. Par exemple, j'ai été très frappé en ce
02:41début de semaine,
02:41j'ai pu échanger avec l'une des policières qui était présente au sein de la mairie de Limoges.
02:46Et elle, ce qu'elle explique, c'est qu'elle s'est vraiment vue mourir.
02:48Et en fait, derrière, c'est toutes ces histoires de policiers.
02:51Vous savez, on parle beaucoup de chiffres, de chiffres de mobilisation, de chiffres de policiers blessés.
02:55Mais quand vous échangez avec ces policiers qui, finalement, au sein de la mairie de Limoges,
02:58se retrouvent face à une foule d'ultra-gauches qui veulent pénétrer dans la mairie,
03:02qui lancent, finalement, des cocktails Molotov, des pavés,
03:05et que ces policiers se retrouvent à court, finalement, de matériel de désencerclement, de dispersion,
03:10et qu'ils se demandent, mais en fait, moi, comment je vais faire là ?
03:12C'est soit j'utilise mon arme, soit, en fait, je vais mourir parce que je suis face à une
03:15foule
03:16qui veut brûler cette mairie.
03:17Et bien, ces témoignages de policiers, ils sont extrêmement importants.
03:20C'est-à-dire que c'est ça la réalité concrète du terrain.
03:22C'est des gens qui, ils m'expliquaient, envoient des messages à leurs conjoints en leur disant
03:26je t'aime, je ne suis pas sûr de pouvoir revenir aujourd'hui.
03:29Fais attention, parce qu'aujourd'hui, il y a des éléments d'ultra-gauche.
03:32Et donc, ces policiers-là, finalement, ils ont dû prendre ce choix, finalement,
03:35d'abandonner la mairie face à une foule qui était hostile, coordonnée, organisée,
03:40préparée à y mettre le feu.
03:42Et c'est des policiers qui se retrouvent dans des situations extrêmement dures,
03:45et ils savent à chaque fois qu'on ne leur pardonnera pas,
03:47dès lors qu'ils vont utiliser leur arme, faire usage, finalement, de la force.
03:51C'est eux, à ce moment-là, qui seront pointés du toit.
03:53Donc, derrière les chiffres de Laurent Nunez, derrière, justement, vous savez,
03:56ces formules de « ça s'est globalement bien passé »,
03:59« la situation était globalement sous contrôle »,
04:02eh bien, en fait, on a des policiers qui mettent concrètement leur vie en jeu
04:05et qui racontent des témoignages qui sont souvent bouleversants.
04:07Et je remercie à cette chaîne de donner à chaque fois la possibilité, justement, qu'ils soient entendus.
04:12Je suis, en même temps que je vous écoute,
04:14en train d'échanger avec un commerçant qui s'appelle Will,
04:18qui connaît très bien Pierre Lelouch,
04:21et qui souhaiterait témoigner.
04:22Je vais donner ses coordonnées aux équipes de programmation
04:26parce que je veux que, dans la dernière demi-heure,
04:28on donne un maximum...
04:29Il a un magasin de téléphonie, lui.
04:31On donnera un maximum la parole aux commerçants sur le terrain
04:34qui se sont peut-être aujourd'hui barricadés
04:36ou qui ont craint pour leur sécurité.
04:38Avant de vous donner la parole, il y aura une manière,
04:39je voudrais juste prendre le terrain, le poux sur le terrain,
04:43avec une situation qui, semble-t-il, est plus calme aux abords de Cour de Vincennes.
04:51Mais les policiers vont travailler tout au long de la nuit
04:53parce qu'évidemment, il y a la crainte que des groupes sauvages se forment.
04:5821h30 sur CNews et sur Europe 1.
05:04Oui, mais à 23h, il y a un couvre-feu dans certains quartiers de Paris.
05:09Donc ça, c'est ce qu'il faut retenir.
05:12Avant ça, c'est vrai que nous venons d'assister à des scènes
05:15de balayage de la part des forces de l'ordre.
05:19L'objectif, c'est de vider toutes les rues de Paris
05:23qui sont aux abords de la porte de Vincennes,
05:27là où se finissait cette manifestation.
05:28Actuellement, nous sommes sur le boulevard des Maréchaux
05:32au bord d'un restaurant où les forces de l'ordre sont passées
05:35il y a une dizaine de minutes maintenant
05:37sans forcément faire de charges violentes
05:40mais juste des charges impressionnantes
05:42pour évacuer les personnes qui étaient encore présentes.
05:47Il reste des camions de police présents
05:49sur le boulevard des Maréchaux et dans les rues perpendiculaires.
05:54Mais l'objectif, ici, maintenant, c'est le bien
05:56de vider les rues de Paris.
05:59Et pour rappel, couvre-feu à partir de 23h dans des quartiers parisiens.
06:03Ce qui serait intéressant, c'est d'avoir, et je vous remercie
06:06et merci aux équipes qui sont mobilisées,
06:08d'avoir une carte où le couvre-feu est imposé.
06:13Ce n'est pas dans toute la capitale.
06:15Vous avez deux zones.
06:16C'est la zone du Châtelet, des Halles,
06:19et la place de la République, Johan Marras.
06:22Et je rappelle que vous êtes délégué Alliance Police Nationale.
06:26Oui, je voulais rebondir sur ce que votre journaliste de frontières disait.
06:32Le fiasco de Limoges de la semaine dernière,
06:35il est aussi sur l'anticipation.
06:38Il y avait 60 collègues engagés à Limoges,
06:4032 blessés ce jour-là.
06:42Voilà, les chiffres, ils sont implacables.
06:45Quand on met les moyens,
06:47aujourd'hui, les caméras sont un petit peu braquées sur Orléans.
06:53le préfet du 45, M. Moutou,
06:56il a déployé,
06:59en tout cas, il a demandé à avoir 15 unités de force mobile.
07:02Il a déployé 472 effectifs locaux,
07:0665 policiers de la police municipale,
07:09plus les pompiers.
07:10Quand on met un dispositif d'une ampleur comme celle-là,
07:13ça se passe bien en Orléans et on le voit.
07:16Alors par contre, il faut y mettre les moyens.
07:17On a mis 3 000 forces de l'ordre
07:18pour contenir une mobilisation de 11 000, 13 000,
07:22il y a peut-être une petite bataille de chiffres là-dessus,
07:24de 13 000 opposants au Rassemblement national.
07:30Ça démontre juste une chose,
07:32c'est quand on met...
07:34Le courage !
07:35C'est la force et le courage.
07:36Quand on met les moyens,
07:38et je vais faire un petit parallèle sur quelque chose
07:40qui a été dit sur votre antenne ce matin, je crois,
07:44mais que je trouve très intéressant.
07:47Depuis 1980, en France, il y a eu 2 millions de fonctionnaires supplémentaires.
07:54Mais dans la police nationale, on est monté de à peine 30 000 fonctionnaires.
07:59Quand nous, on vous explique qu'on est sous-dimensionnés
08:03par rapport à ce qui se passe dans notre pays,
08:05là, en fait, on le démontre.
08:06À partir du moment où vous mettez les moyens pour sécuriser,
08:09vous y arrivez.
08:10M. Marras...
08:11Je précise que M. Moutou, c'est un préfet
08:14qui a la sécurité qui est au corps de claquer au lit.
08:20J'ai travaillé avec lui du temps de Nicolas Sarkozy.
08:22Il ne plaisante pas, M. Moutou.
08:23C'est quelqu'un de très solide.
08:25Ce que vient de dire M. Marras,
08:27il va là pour tout l'État régalien.
08:30Oui, évidemment.
08:30Pas seulement pour la police ou la gendarmerie,
08:32pour l'armée, pour toutes les forces de sécurité,
08:35pour la justice aussi.
08:37L'argent, il n'est pas parti dans l'État régalien de 1980.
08:39Il est allé dans la redistribution.
08:42Aujourd'hui, la France dépense 900 milliards de redistribution
08:46entre les retraites, les aides diverses et variées,
08:50la santé et le reste.
08:51Mais l'État régalien, lui, il n'a pas augmenté.
08:53C'est pour ça qu'on est à court de matériel,
08:56on est à court de policiers,
08:57on est à court d'armée.
08:58M. Macron s'est beaucoup excité et mobilisé
09:01sur la guerre d'Ukraine,
09:02mais moi, je n'ai toujours pas vu
09:03la moindre augmentation d'effectifs de l'armée
09:06ou de matériel de l'armée.
09:07Non, mais surtout, dans les financeurs,
09:08ils comptent les retraites des militaires.
09:10C'est ce qu'il y a un truc qui ne fait aucun autre pays.
09:14La France n'en est plus tenue, tout simplement,
09:16parce que l'État régalien,
09:18c'est-à-dire les fonctions de base,
09:19la sécurité,
09:22la justice,
09:23l'armée, la police,
09:24ont été absolument sous-investis
09:26depuis au moins 20 ans.
09:30Le terrain, toujours,
09:31avec Europe 1 et avec C2,
09:33il est 21h34,
09:34et tout au long de la soirée,
09:36on va rester attentifs.
09:37Dans quelques instants,
09:38je vous montrerai toutes les séquences
09:39qui ont jalonné cette journée
09:41sous haute tension,
09:44avec des violences
09:45qui ont émaillé la journée,
09:47que ce soit à Paris, à Rennes,
09:49à Bordeaux, à Nantes.
09:50Jules Laurent.
09:51Je pense qu'il y a une question
09:52qui se pose,
09:53c'est que,
09:53est-ce que si on avait connu,
09:55et peut-être c'est pour Johan Maras
09:56que ça peut être intéressant
09:57qu'il puisse y répondre,
09:58c'est que si on avait eu,
09:59finalement,
10:00les mêmes attaques
10:01que la semaine dernière
10:02avec ce dispositif policier-là
10:04en cours,
10:04est-ce qu'il aurait été
10:05à la hauteur
10:06pour répondre
10:06à la violence du 17 octobre ?
10:08Est-ce que les policiers,
10:09aujourd'hui,
10:10ont la capacité,
10:11en termes de dispositifs,
10:12de répondre à la violence
10:13qu'il aurait eu le 17 octobre ?
10:15Moi, je vais juste vous répondre
10:16de manière très simple.
10:18Pendant les JO,
10:19on avait eu une énorme menace,
10:22justement sur...
10:23On ne s'est jamais senti
10:24autant en sécurité.
10:26Mais ça s'est fait
10:27sur la vie perso de mes collègues.
10:28Ça veut dire qu'on a rappelé
10:29à 100%.
10:30Il n'y avait pas de vacances.
10:31On a mis tous les fonctionnaires
10:32de police présents
10:33dans la rue
10:34avec des dispositifs
10:36énormissimes pour la capitale
10:38et ça a fonctionné.
10:39Ça démontre juste
10:40que si demain,
10:41on double les effectifs
10:42de la police nationale,
10:43vous allez me dire
10:44que je suis un doux rêveur,
10:45mais si demain,
10:45vous doublez les effectifs
10:46de la police nationale
10:47et de la gendarmerie nationale,
10:49vous pourrez tenir
10:50à peu près
10:51n'importe quelle situation
10:52en France.
10:53Accessoirement,
10:53on avait vidé Paris aussi,
10:55pardon,
10:55de ces migrants,
10:58des SDF.
10:58Il n'y en a eu plus un seul.
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