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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Et c'est un climat politique inédit, rendez-vous compte, à 6 mois, quasiment 5 mois et demi de la
00:07présidentielle,
00:08des insultes échangées, des responsabilités rejetées sur les uns et les autres,
00:13notamment après l'attentat horrible de Trappes, le tout dans un contexte de colère sociale qui ne faiblit pas, au
00:19contraire.
00:20Alors où va notre société ? On en parle avec vous.
00:23Bonsoir, M. le Premier ministre. François Bayrou, merci d'être avec nous.
00:27– Jusqu'où le climat politique va-t-il se dégrader dans notre pays ?
00:31J'ai noté que même certains élus demandent à ce que d'autres, et en particulier Rassemblement national,
00:37et plus à droite encore, ne puissent plus prendre la parole dans les médias.
00:41Depuis toujours, même si vous combattez les idées du Rassemblement national, vous vous êtes battus pour qu'il puisse s
00:46'exprimer.
00:47Comment vous qualifiez un tel climat aujourd'hui ?
00:49– C'est une démocratie malade, parce que ceux qui en sont les responsables et les acteurs
00:59ont l'air d'oublier tous les principes qui nous font vivre ensemble.
01:03Alors c'est vrai dans la politique, c'est pas vrai seulement dans la politique,
01:07c'est vrai dans, vous avez les images, dans tous les affrontements qui sont nourris à chaque instant.
01:14Et c'est tellement facile d'être dans cette violence, dans cette radicalité, comme on dit.
01:23– Même une forme de haine ?
01:23– C'est de la haine.
01:25– Entre forces politiques.
01:26– C'est la haine qui sert de moteur, qui sert de vecteur à des intérêts électoraux.
01:37Or, vous noterez, vous savez bien, parce qu'au fond, c'est ici que ça se passe, ou chez vos
01:43confrères.
01:45On considère que ce qui est le plus excessif est le mieux, que la radicalité,
01:52comme on dit, c'est un mot compliqué, ça veut dire cet excès sur les positions,
01:59que la radicalité, c'est mieux que la mesure.
02:02Moi, je pense exactement le contraire.
02:05Je pense que la société dans laquelle nous sommes a besoin d'équilibre, de recherche, de nuances.
02:12Je sais très bien que je suis à contre-courant de tout ce qu'on voit sur les plateaux,
02:17parce qu'évidemment, il arrive que la nuance se fasse de moins bons scores d'audience.
02:25– Je ne le crois pas.
02:26– Et moi, je crois le contraire, et on peut le vérifier.
02:29– Mais comment vous expliquez, vous dites démocratie malade,
02:31comment vous expliquez qu'on en arrive, quelles que soient les idées des uns et des autres,
02:35à faire en sorte qu'on puisse, qu'on veuille faire taire l'autre,
02:39l'autre qui parfois représente, à tort ou à raison, des millions de voix et des millions de Français ?
02:44– Souleyme Mabrouk, c'est bien parce que vous plaidez,
02:49vous énoncez des choses que j'ai défendues depuis très longtemps.
02:54Je vais essayer de vous dire pourquoi.
02:58On a l'impression que notre pays, c'est un champ clos où s'affrontent les uns et les autres.
03:07C'est une stupidité.
03:09Ça a peut-être été comme ça autrefois,
03:12mais aujourd'hui, la vérité est que ça n'est pas l'image d'un champ clos
03:16ou d'un ring de boxe qu'il faut.
03:18Nous sommes sur le même bateau.
03:21Notre pays, c'est notre bateau.
03:22Et donc, les affrontements systématiquement entretenus,
03:27on va en reparler, la recherche perpétuelle de boucs émissaires
03:33qui consiste à dire, ça n'est pas de votre faute, vous qui m'écoutez,
03:39c'est la faute des autres.
03:41On va savoir de quel bouc émissaire il s'agit.
03:44Tout ça, c'est une manière en réalité d'affaiblir notre pays.
03:48– Bien, mais la question, c'est qui va commander le bateau,
03:50puisque c'est le même bateau.
03:51Et pour l'instant, il y a deux forces qui s'apprêteraient à le commander,
03:56à en croire les sondages, M. Bayrou.
03:57Et ce ne sont pas les forces de la nuance, en tous les cas,
04:00ni dans leurs propos, ni dans leurs programmes.
04:01La France insoumise et le Rassemblement national.
04:04Mais alors, dites-moi, entre les deux,
04:05elles sont où les voix fortes du bloc central ?
04:08Vous les entendez ?
04:09Vous les entendez fortes, puissantes, prégnantes dans le débat public ?
04:12– Si vous m'invitez, c'est parce que je prétends qu'il y a un chemin
04:17pour trouver les voix fortes, mais que jusqu'à maintenant,
04:20ce chemin est totalement fermé, occulté.
04:23– Il est minuit moins une ?
04:25– Il est minuit moins une.
04:26Quelques fois, on peut se dire que c'est dans l'urgence
04:29que les choses vont bouger.
04:31– Vous y croyez encore ?
04:32– Oui, j'y crois, et je vais vous dire,
04:36très simplement et sincèrement, je crois que ça bouge.
04:40– À quoi le voyez-vous ?
04:41– Je crois que dans un certain nombre d'esprits,
04:45des personnalités qui méritent d'être entendues,
04:50un grand nombre commence à se dire, tout ça n'est pas raisonnable.
04:54La manière dont est organisée une compétition qui ne dit pas son nom,
05:03une primaire obscure.
05:07La manière dont c'est organisé, vous voyez bien,
05:10ça part d'un principe, tout le monde dit, il faut se réunir.
05:14– Mais personne ne le veut.
05:14– Et chacun ajoute, il faut se réunir derrière moi.
05:17– Oui, mais monsieur, quel est l'antidote à la bataille des égaux ?
05:22Quel est l'antidote quand chacun se pense l'homme providentiel ?
05:26– C'est que les citoyens, qui eux ne sont pas dans la bataille des égaux,
05:33décident, manifestent, affirment et obligent les postulants
05:41à oublier un peu leur intérêt personnel
05:43et à accepter qu'on regarde la situation comme elle est.
05:47Et vous avez tout à l'heure dit, je vais le reprendre en une formule,
05:51en une phrase, vous avez tout à l'heure dit,
05:54on est menacé par ce que j'ai appelé la tenaille du pire.
05:59– J'ai repris vos propos, oui.
06:00– Et on est menacé, pourquoi ? Parce que si l'un de ces deux blocs
06:10gagnait la bataille présidentielle, ma conviction,
06:14c'est que c'est la France qui, au bout du compte,
06:18va vivre le pire des cauchemars de son histoire.
06:20– M. Bayard, c'est très important ce que vous dites, oui.
06:24Mais permettez juste une question et vous expliquez pourquoi.
06:26Vous ne pensez pas que nous sommes déjà en train de vivre le pire des cauchemars ?
06:30– Oui, ce n'est pas terrible.
06:31– Le 17 octobre.
06:32– Vous avez absolument raison de dire…
06:33– Alors comment l'argument de dire…
06:34– Essayez de convaincre ce soir.
06:36Comment dire aux Français, M. Mélenchon, Mme Le Pen, c'est le chaos ?
06:40Mais certains vont vous dire, on le vit déjà.
06:42– Oui, vous vivez des difficultés qui sont importantes
06:47et un désordre dans les esprits qui est très grand.
06:50Ça, c'est vrai.
06:51Et donc cette revendication à la fois de vérité et de clarté
06:57est une revendication essentielle.
07:00Mais dans les situations humaines,
07:03même quand c'est difficile, ça peut être pire.
07:06Moi, je vous dis que…
07:07– Je ne sais pas si ça donne envie comme ça.
07:09– Non, eh bien, excusez-moi, ce n'est pas que ça donne envie.
07:13– C'est-à-dire qu'on a le choix entre, pardonnez-moi,
07:15de qualifier ainsi la peste et le cholera.
07:17C'est le pire ou le moins pire, en fait.
07:18– Non, ce n'est pas ce que j'ai dit.
07:21J'ai dit que les deux mâchoires de la tenaille du pire,
07:27toutes les deux représentent un danger mortel pour le pays.
07:31Je dis des choses assez simples.
07:34Vous savez, les crises qu'on est en train de vivre,
07:36elles seront accentuées et tout le monde le sait,
07:39et tout le monde le dit.
07:40– Si Marine Le Pen arrive au pouvoir
07:41et si Jean-Luc Mélenchon arrive au pouvoir, le même risque.
07:44– Et ça ne suffira pas.
07:45Non, je n'ai pas dit le même risque.
07:47Je dis des risques d'une égale gravité,
07:51d'une égale toxicité.
07:56Et pourquoi ?
07:58Il y a une première raison, c'est qu'aucune de ces deux forces
08:05qui cherchent perpétuellement des boucs émissaires
08:08n'est capable de conduire le pays sur la voie de son redressement.
08:12Parce que si vous cherchez des boucs émissaires,
08:14ça veut dire que vous mentez au peuple que vous avez en face de vous.
08:18Alors vous les connaissez, les boucs émissaires.
08:20D'un côté, les immigrés, de l'autre, les riches,
08:23ou je ne sais quoi.
08:24En tout cas, c'est jamais pour dire au pays la vérité sur sa situation.
08:29Et j'ajoute, et c'est très important,
08:32et je crois que personne ne le dit ou ne s'en rend compte assez,
08:36si cette situation se produit, alors il y a des conséquences immédiates.
08:42Et la première des conséquences, c'est une chute de l'Europe
08:46et de la capacité de l'Europe.
08:48– La France et l'Europe.
08:49– La France et l'Europe.
08:50– Monsieur Bayrou, expliquez en quelques mots,
08:52et on entend votre alerte ce soir.
08:56Certains disent, on a donné les commandes du bateau ou de l'avion
08:58à quelqu'un qui a craché cet avion ou qui a fait couler le bateau.
09:03Et aujourd'hui, on nous dit dans le bloc central,
09:05qui pour beaucoup, certains en tout cas sont des héritiers de ce même pilote,
09:10on va lui redonner les commandes.
09:12– Mais il faut essayer de voir la gradation du risque.
09:20Dans le monde comme il est, qui est un monde de guerre sauvage,
09:26on disait de compétition sauvage, on n'est même plus à la compétition.
09:30On est au-delà de la compétition, on est dans la volonté d'écraser
09:35et de soumettre les pays ou les nations
09:39qui ne sont pas à la botte de ceux qui veulent commander.
09:43On a vécu l'attaque de Poutine contre l'Ukraine,
09:47qui est pour nous une terrible menace.
09:50– Mais en quoi cela donnerait la prééminence ou la prime
09:53à quelqu'un du bloc central tel qu'on l'a dit ?
09:55– Eh bien écoutez, reprenons la dernière phrase.
10:00Vous dites d'accord.
10:02La dernière phrase, c'est l'Ukraine.
10:05Les deux forces, là en l'occurrence, annoncent qu'ils vont mettre fin
10:11à l'aide à l'Ukraine.
10:14Autrement dit, les deux forces, Le Pen et Mélenchon,
10:18ils sont les instruments de Poutine.
10:23Alors, je n'ai pas l'habitude de simplifier les choses,
10:25mais là, c'est absolument la situation que nous avons sous les yeux.
10:30Et en même temps, ils rassemblent à eux deux une grande partie des Français
10:33qui, regardez dans la rue autour de nous, M. Bayrou,
10:36ils veulent se chauffer, ils veulent rouler,
10:39ils veulent faire vivre un peu mieux leurs enfants qu'eux-mêmes,
10:42même si c'est très difficile.
10:44Alors, certainement qu'ils ont l'Ukraine en tête,
10:46mais ils ont aussi leurs propres préoccupations.
10:48– Non, non.
10:50Ce sont les gens qui sont de bonne foi et que vous décrivez
10:53qui sont derrière vous.
10:54Mais les deux forces en question, ils n'ont pas l'Ukraine en tête.
10:59– Ah non, je parlais des préoccupations quotidiennes des Français.
11:03– Ils ont tous les deux, ces deux forces-là,
11:06décidé, annoncé qu'ils abandonneraient l'Ukraine
11:11et que donc ils font le jeu de Poutine et donc le jeu de Trump.
11:14– Et parlons de l'abandon de la France.
11:15Comment vous expliquez, M. le Premier ministre,
11:18qu'il a fallu trois semaines ?
11:20Trois semaines pour des premières réponses à une crise lycéenne
11:24qui est devenue une crise protéiforme.
11:25Est-ce que c'est le jeu du pourrissement
11:27ou est-ce que c'est la sidération totale au point qu'on ne sache plus
11:31écouter, dialoguer et recevoir et qu'il faille attendre un mois
11:34avec des blessés de tous côtés ?
11:36Pourquoi ?
11:37– Alors, d'abord, les manifestations, ce n'est pas uniquement les lycéens.
11:41– Oui, crise protéiforme.
11:42– Il y a d'autres, oui, bien sûr, et encore des difficultés très grandes
11:48que les Français rencontrent ne sont pas encore exprimées.
11:51Par exemple, les agriculteurs, la crise agricole,
11:55au moment où nous sommes avec la terrible sécheresse
12:00qui nous a frappés comme en 1976,
12:04et pour l'instant, il va falloir trouver, articuler les réponses à cette crise.
12:09Et il y a bien d'autres crises, la crise financière qui vient,
12:12c'est une crise aussi d'une très grande ampleur.
12:17Mais comment on peut expliquer ça ?
12:21Parce que l'art du gouvernement,
12:25qui devrait être de prévoir les crises à l'avance,
12:29il se heurte au fait qu'il n'y a que le court terme
12:33qui intéresse très souvent les partis politiques.
12:37Je prends un seul exemple, pardon, il nous concerne.
12:41Il y a un an précisément, j'ai engagé l'avis du gouvernement
12:45pour qu'on puisse ensemble se rendre compte
12:48de la menace que l'accumulation de dettes faisait peser sur le pays.
12:54Qu'est-ce qui s'est passé ? Les oppositions…
12:56– On a dit que vous exagériez, que vous assombrissiez le tableau,
12:59et nous-mêmes vous avions posé des questions à ce sujet.
13:01– Oui, et vous vous souvenez…
13:03– Et nous y sommes.
13:04– Voilà, vous vous souvenez les réponses que j'avais faites, nous y sommes.
13:07Et qu'est-ce qui s'est passé ?
13:08Eh bien, le Rassemblement national, allié avec LFI, allié avec le PS,
13:15a préféré renverser le gouvernement
13:17qu'avoir le courage de regarder les choses en face.
13:22Je présentais, je l'ai fait devant vous,
13:24je présentais un constat qui était un constat absolument précis,
13:29en particulier sur la marée que les intérêts de la dette étaient en train de faire monter autour de nous.
13:34– M. Bayrou, je vous donne le poids sur la dette.
13:36Et comme beaucoup de Français peut-être qui nous écoutent,
13:39vous tirez la sonate d'anorme depuis très longtemps.
13:41Mais aujourd'hui, nous sommes toujours avec cette crise-là et d'autres crises.
13:45Est-ce que nous sommes face à un pouvoir en fin de règne ?
13:48Vous avez été au cœur du réacteur,
13:50qui aujourd'hui ne peut plus et ne tient plus.
13:52Quand on dit que l'État a failli, cette phrase,
13:56est-ce que vous pensiez, vous, du haut de votre expérience,
13:58l'entendre un jour, l'État a failli ?
14:00– Oh ben, ça fait à peu près 50 ans qu'on dit ça tout le temps.
14:04– Oui, mais qu'on le reconnaisse directement, c'est différent.
14:07– Oui, mais bon, il n'y a rien de plus difficile que les sociétés dans lesquelles nous vivons.
14:13Parce que c'est une interconnexion dans le monde.
14:19Ce qui se passe au détroit d'Ormousse a des conséquences directes chez nous, à la pompe.
14:25Ce n'était pas le cas autrefois, ce n'était pas comme ça.
14:28Et puis, deuxièmement, les repères avec lesquels nous vivions
14:33sont des repères qui se sont écoulés.
14:35Par exemple, nous estimions que nous appartenions à l'alliance des pays libres.
14:44et au cœur des pays libres, il y avait les États-Unis.
14:48Et au cœur des États-Unis, il y avait les présidents des États-Unis.
14:51– Renversement des valeurs.
14:52– Mais renversement des valeurs parce que…
14:55– Mais je ne vous parle pas du président du monde, je vous parle du président de la France.
14:58– Oui, mais j'y viens.
14:59– Oui, non, mais je sais bien.
15:00– Je veux bien.
15:01– Vous voulez les arrêtiser la focale, mais oui.
15:03– Mais vous ne pouvez pas ignorer cette complexité qui vient de…
15:09qui s'est installée en particulier ces derniers mois,
15:12à partir du moment où le président des États-Unis attaque ses alliés.
15:15– Monsieur Bayrou, moi, si je me mets dans la peau de certains Français,
15:19ils se disent « mais regardez notre pays,
15:20on dirait qu'il est déclassé sur l'échelle de la planète,
15:25et à l'intérieur, on vit pour certains un déclassement économique, social.
15:29Donc c'est peut-être complexe, mais comment on fait si on n'apporte pas de réponse ?
15:33Il reste six mois, on peut tenir comme ça ?
15:36– J'imagine, vous en êtes une des actrices,
15:41qu'en effet la demande de réponse est nécessaire,
15:45et moi je suis prêt à y participer avec vous autant que vous le voudrez.
15:50Mais vous ne pouvez pas penser que nous sommes les seuls à ce point.
15:55Peut-être qu'il y a quelque chose qui vous a échappé,
15:59et qui est extrêmement frappant pour moi.
16:02Ces manifestations en France ont provoqué des manifestations dans tous les pays du monde.
16:08– Oui, en Italie, etc. Bien.
16:09– Non, en Europe, en Italie…
16:13– Oui, ailleurs, en Amérique du Sud.
16:15– En Amérique du Sud, tout à fait.
16:17– Et partout les gens disaient « il faut faire comme en France ».
16:21Qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ?
16:23– Alors il faut essayer, je risque une explication.
16:28Je pense que dans tous les pays du monde,
16:31la situation de croissance des inégalités
16:41paraît invincible, c'est une partie de ce qui se passe aux États-Unis,
16:46et que le modèle de société que nous avons doit être réinventé.
16:52– Ah oui, à bout de souffle.
16:53– C'est vrai en France, à bout de souffle.
16:55– Donc là, vous appelez à tout changer, c'est une forme de révolution.
16:59– J'appelle à tout reconstruire.
17:02– Mais que n'est-ce que vous faites avant ?
17:04– Excusez-moi, au moins, vous pourrez dire que non seulement je l'ai essayé,
17:11mais je suis allé au bout de la logique pour que tout le monde comprenne.
17:15Je vous rappelle ce que nous disions, la contrepartie de la dette,
17:21c'est le fait qu'on ne produit pas assez dans notre pays.
17:24– C'est un programme présidentiel, M. Bayrou ?
17:26– Oui, tous les programmes sont présidentiels.
17:29– Ah ben alors, si vous le présentez ce soir, on rajoute un candidat au bloc central.
17:33– Vous risquez pas de m'entraîner là.
17:36Mais vous vous rendez compte, et la crise de l'éducation,
17:44les années et années que j'ai passées à essayer,
17:49que nous avons passées à essayer de défendre une vision du système éducatif.
17:55Vous vous souviendrez par exemple que, dans mon discours de politique générale,
17:59j'ai dit qu'il allait falloir changer Parcoursup, que c'était pas possible.
18:03– J'allais vous le dire.
18:04– Et c'est exactement ce qu'on est en train de vivre.
18:06– On va voir par quoi.
18:07Mais le tableau de cette société-là, qu'on voit en partie,
18:10les plus jeunes se sentent délaissés.
18:12Les anciens, pour lesquels on a beaucoup de respect,
18:15les retraités, ne veulent pas être les vaches à lait du gouvernement,
18:18ni les boucs émissaires.
18:19Donc les deux piliers de notre société, les jeunes et les retraités,
18:24qu'est-ce qu'on leur dit ?
18:26Écoutez, brave Jean, on n'a pas de réponse.
18:28– Attendez six mois, on va voir.
18:29– Je viens de consacrer un livre, vous m'avez invité pour ça il y a peu,
18:33qui s'appelle « Alertes sur la France qui vient »
18:35et dont l'alerte, c'est la guerre des générations.
18:39Ce qui vient, si on ne fait rien, c'est la guerre des générations.
18:42– Mais qu'il dit de vous ?
18:43– Pardon ?
18:44– À qu'il dit de vous ?
18:45Faut-il le dire au président qui doit encore présider six mois
18:47ou que c'est déjà terminé ?
18:48– Mais bon, c'est la situation d'un président qui ne peut pas se représenter
18:52dans aucun pays du monde, c'est facile.
18:54Aux États-Unis, il y a même, vous savez, des thèses et des thèses
18:58et des proverbes entiers sur le fait que…
19:00– Vous ne voulez pas me dire comment se terminera cette fin de règne, selon vous ?
19:04– J'espère qu'elle se terminera par le dessin, qu'on dessinera le changement de société
19:15dont nous avons besoin.
19:16Alors c'est un changement de société très exigeant parce que toutes ces manifestations-là,
19:22pour moi, elles portent une crise du sens des choses.
19:29à quoi ça sert tout ça ?
19:33Pense-t-il, disent les lycéens en particulier ?
19:36Les lycéens, qu'est-ce qui est frappant ?
19:39Qu'est-ce qu'ils reprochent à Parcoursup ?
19:42Que ça se joue très tôt, à l'époque où aucun enfant…
19:46– C'est inégalitaire totalement, oui, oui.
19:47– À l'époque où aucun enfant n'est prêt à savoir ce qu'il va faire demain
19:51et vous, à 15 ans, vous ne le saviez pas, et moi, à 15 ans, je ne le savais pas.
19:56– Oui, il y a plus de chances, peut-être que vous rêviez d'être président, moi, non ?
19:59– Non, pas du tout, pas du tout à cet âge-là.
20:01– Bien.
20:02– Je rêvais d'être le porte-voix des miens, de ceux qui m'entouraient, ça c'est vrai,
20:08pas d'être président.
20:10Et ensuite, deuxièmement, il y en a qui savent parce que leur famille sait
20:16et il y en a qui ne savent pas parce que leur famille ne sait pas,
20:20parce qu'ils n'ont pas les relations, parce qu'ils n'ont pas les codes.
20:23Or, c'est vrai que la promesse de 2017, c'était on va donner à chacun sa chance,
20:31sa première chance, et puis si ça ne suffit pas, une deuxième chance,
20:35et puis une troisième chance.
20:37Et c'est un rendez-vous qui est devant nous aujourd'hui.
20:39– Je le comprends, et donc une crise de sens, et vous appelez à tout reconstruire,
20:43et vous appelez aussi les candidats dont on entend peu,
20:46les voix puissantes et fortes, à se rassembler.
20:49Pour l'instant, on va voir les réponses.
20:50– Il n'y a pas le choix.
20:55– Il n'y a pas le choix, on verra.
20:56– Et tout le monde va s'en apercevoir.
20:57Et je vous disais, je crois que les esprits sont en train d'évoluer.
21:01– Vous reviendrez pour nous dire quand ce sera organisé, la primaire ?
21:04– J'espère bien.
21:05– Merci.
21:05– En tout cas, je vois beaucoup de gens qui commencent à se dire,
21:09mais au fond, on ne va pas supporter cette situation pendant longtemps.
21:13– Merci.
21:13– On est en train de nous conduire à un accident, il faut chercher le chemin qui permet d'y
21:18échapper,
21:19et ce chemin existe, c'est celui d'une confrontation loyale.
21:23– Et saine pour notre démocratie.
21:24– Dont sortira une légitimité.
21:26– Et un homme ou une femme.
21:28– Oui.
21:28– En tout cas, pour le Bloc central, c'est pour l'instant que des candidats.
21:30– Merci M. Bayrou, merci d'avoir été notre invité.
21:34En attendant, je pose quand même la question, est-ce que ça tiendra d'un point de vue sécuritaire ?
21:38Vous le savez, vous le voyez très bien, nos forces de l'ordre sont exténuées,
21:42les commerçants sont à bout, alors on va leur demander de tenir, de samedi en samedi.
21:47Et le président de la République a dit cette phrase, plus jamais de 17 octobre.
21:52Voilà une promesse qui va être bien difficile à tenir,
21:54on va en parler dans quelques instants avec une policière qui n'a pas sa langue dans sa poche,
21:57Nita Kebab, elle va nous en parler.
21:59– Et qui mérite d'être entendue.
22:00– Eh bien si vous le dites, on va l'accueillir dans quelques instants, on écoute Emmanuel Macron.
22:05– Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle,
22:08notre pays soit dans cet état d'ébullition.
22:10Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
22:14Donc plus jamais le 17 octobre.
22:16Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire pour qu'on ait des élections,
22:20c'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence, c'est ça
22:22une démocratie.
22:23Il faut le rappeler aux gens.
22:25Mais on continuera de tenir, à la fois samedi, le 5 novembre,
22:29pour la journée de mobilisation sociale et les samedis qui suivront.
22:34Si on fait bien notre travail collectivement,
22:36c'est un mouvement qui va se calmer parce qu'on répondra aux attentes légitimes
22:39et parce que l'ordre sera tenu.
22:41– L'ordre sera tenu et il n'y aura plus, plus jamais de 17 octobre.
22:46– Sous-titrage Société Radio-Canada

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