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  • il y a 2 minutes
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Hélène Roué pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, il est 18h15, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:08J'accueille mes débatteurs du soir, Georges Fenec, ancien magistrat, bonsoir Georges,
00:12ainsi que Vincent Roy, journaliste et essayiste. Bonsoir Vincent.
00:15Bonsoir Hélène.
00:15Nous accueillons Général Bertin Mallet, inspecteur de la gendarmerie mobile.
00:20Merci beaucoup d'être avec nous.
00:21On se doute évidemment que vous avez beaucoup de choses à préparer ce soir.
00:25Moi je voulais vous interroger sur l'état d'esprit avant demain.
00:28Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, parle d'un risque de violence urbaine très élevé.
00:32Son entourage parle de violence comparable même à celle du 17 octobre.
00:36Alors sont prévus 70 000 policiers et gendarmes.
00:39Concrètement, combien de gendarmes mobiles seront engagés demain
00:43et surtout dans quel état d'esprit vous abordez cette journée ?
00:46Dans l'état d'esprit du gendarme, il a choisi ce métier,
00:51il a été formé pour faire face à toute adversité dès l'instant où c'est pour assurer la sécurité
00:56de nos compatriotes.
00:59S'agissant de la gendarmerie mobile, vous le savez certainement,
01:02un certain nombre de rappels ont été effectués sur toutes les unités qui étaient en indisponibilité,
01:09comme on dit, c'est-à-dire en repos, en vacances familiales.
01:12Ou en formation également ?
01:14Mais la vraie vie continue.
01:15On a une trentaine d'unités qui agissent outre-mer actuellement,
01:18qui n'est pas toujours calme.
01:19des unités qui se préparent à partir outre-mer.
01:23Donc la mobilisation est maximale.
01:28L'état d'esprit,
01:31le gendarme, il est formé à faire face aux trois dimensions
01:35que représente cette journée, voire même cette soirée qui nous est annoncée,
01:39entre accompagner des manifestations
01:42pour qu'elles se passent le plus sereinement possible,
01:44parce que la liberté d'expression collective est à protéger,
01:48et ça c'est un pan où la gendarmerie mobile contribuera.
01:53L'autre partie avec ses appels à actions violentes,
01:57sédicieuses, voire contre les forces de l'ordre,
02:00en marge ou pas des manifestations à traiter.
02:03Et puis, les mouvements d'opportunité,
02:06on en parlait tout à l'heure,
02:07face à l'ambiance éventuelle au désordre
02:10et à la masse des groupuscules,
02:14en profiteront probablement
02:15pour essayer de venir se servir, s'approprier.
02:18Donc c'est les trois périmètres
02:19sur lesquels les forces devront être.
02:22Réactives, mobiles,
02:24et je retiens la phrase du ministre,
02:25extrêmement ferme, s'agissant des infractions.
02:28Alors le cocktail, effectivement,
02:30manifestation plus soirée d'Halloween
02:32est pris extrêmement au sérieux
02:33sur les réseaux sociaux,
02:34vous avez commencé à le mentionner.
02:36On appelle à une nuit des ténèbres,
02:38on promet des clowns tueurs
02:39contre des CRS,
02:40une purge toute la nuit.
02:42Le ministre de l'Intérieur et Beauvau
02:43redoutent aussi l'effet désinhibant
02:45des masques et de l'alcool
02:46d'une telle soirée,
02:47ce que ça pourrait avoir, évidemment,
02:48comme conséquence dans la rue.
02:50Comment on se prépare à une journée
02:51qui risque de durer jusqu'au bout de la nuit ?
02:54Alors, on se prépare déjà toute l'année.
02:57Il y a l'aspect formation,
02:59et je pourrais le développer ultérieurement.
03:01Mais par rapport à ces menaces,
03:04c'est clair dans la tête
03:06des forces de l'ordre.
03:08Où on est dans un cadre républicain
03:11de manifestation,
03:13où on est dans un cadre
03:15d'exaction et de délinquance,
03:19la question ne se posera pas.
03:21Le problème, ça va être les gens
03:22qui vont peut-être se mélanger,
03:25volontairement ou pas volontairement,
03:26à des groupes plus violents.
03:28Puisque, vous l'avez cité,
03:30Halloween, déguisements,
03:32déguisements, visages masqués,
03:35l'anonymisation peut conduire
03:37à des débordements,
03:40mais face à des pillages,
03:42face à des violences
03:43contre les forces de l'ordre,
03:44la réaction, elle est toute vue.
03:48Il faudra tenter d'interpeller,
03:50faire cesser immédiatement,
03:51et utiliser les moyens
03:52qui sont à notre disposition.
03:55Est-ce que les villes de province
03:57sont toutes aussi protégées
03:58que Paris ?
03:59C'est notamment des informations
04:00qui nous remontent
04:00de William Molinier,
04:01journaliste police-justice
04:02à Europe 1.
04:03En fait, il y a peut-être
04:05des types de villes,
04:06je dirais comme Limoges,
04:07qui sont en fait des villes
04:09qui sont trop petites
04:10pour bénéficier des renforts nationaux
04:12comme Paris, Marseille
04:13ou comme Lyon,
04:13mais qui sont suffisamment grosses
04:15pour avoir en leur sein
04:16des éléments très radicaux.
04:17Est-ce que vous nous assurez
04:18ce soir que ces villes
04:20ne seront pas les grands oubliés
04:21de demain ?
04:22Alors, il n'y a pas dans mon pouvoir
04:23de parler de l'articulation
04:26des forces au niveau national.
04:28Vous avez raison de souligner
04:29que les agglomérations moyennes
04:31sont des cibles potentielles.
04:33Chaque préfet dans son département
04:35a évalué la menace,
04:37a mobilisé les renforces territoriaux
04:40et a passé des commandes
04:42de renfort des unités
04:43de la réserve nationale.
04:45Une fois que j'ai dit ça,
04:46je peux vous parler du rôle
04:47de l'agent Marie au global.
04:49Bien sûr, allez-y.
04:50Il n'y a pas que la gendarmerie mobile.
04:52La gendarmerie départementale
04:54sur ces territoires
04:55va continuer de contrôler
04:56et d'assurer la vie courante
04:58avec la délinquance courante,
04:59va effectuer des contrôles
05:01de flux en profondeur
05:03et notamment sur ces mouvements
05:05vers les villes
05:06pour détecter le volume,
05:08l'intention,
05:09les armes par destination
05:10éventuellement transportées
05:11et les individus signalés
05:13ou recherchés
05:14et a mobilisé exceptionnellement
05:16dans le cadre d'un plan
05:18d'intervention,
05:19de surveillance renforcée,
05:20c'est le terme exact.
05:22On va mobiliser
05:23nos pelotons de surveillance
05:24et d'intervention
05:24de l'agent Marie départementale.
05:26Psygues.
05:27Les psygues
05:28qui sont mieux équipés
05:30qu'hier,
05:31qui d'ailleurs connaissent
05:33dans le rang
05:33des anciens gendarmes mobiles,
05:35qui sont formés
05:36aux interventions du quotidien,
05:38qui sont formés
05:39un petit peu au contre-terrorisme
05:40et qui sont formés
05:41également un peu
05:42aux violences urbaines,
05:43qui touchent de plus en plus
05:44les territoires périurbains
05:46parfois du ressort
05:47de la gendarmerie
05:48et qui vont se regrouper
05:49et être appliqués
05:51tant dans nos zones
05:53de gendarmerie
05:53que dans certains secteurs
05:55de la zone police nationale
05:56qui a besoin
05:57qu'on les aide aussi
05:59en fonction de la menace.
06:00Vincent Roy.
06:01Oui, mon général,
06:02vous venez de nous dire
06:03que devant l'ampleur
06:05de la menace,
06:06si j'ose dire,
06:07vous étiez obligés
06:09de rappeler
06:09des gendarmes
06:10qui étaient
06:11en indisponibilité,
06:13c'est-à-dire soit en vacances,
06:14soit en repos,
06:14soit en formation,
06:15c'est tenable ça
06:17sur le long terme ?
06:18C'est-à-dire que là,
06:19vous mobilisez
06:20énormément de force
06:21pour samedi,
06:22si samedi prochain
06:23ça recommence,
06:24si le samedi d'après
06:25ça recommence,
06:25si jusqu'à Noël
06:26ça recommence,
06:27si jusqu'aux élections
06:30ça recommence,
06:31comment allez-vous tenir ?
06:32Est-ce que c'est tenable
06:33sur le long terme ?
06:34Général Bertrand Mallet.
06:35Vous avez raison
06:36de poser la question.
06:37Je noterais
06:38en première approche
06:39que l'ordre public
06:40c'est une affaire globale
06:42et ce n'est pas
06:43qu'une affaire
06:44de confrontation
06:45à l'instant T
06:46dans la rue
06:47entre les forces
06:48de l'ordre
06:48qui sont qu'un intermédiaire
06:50de la population
06:52avec le gouvernant.
06:56La soutenabilité
06:57dans le temps,
06:58c'est pas la première fois
06:59qu'on va connaître
07:00une crise
07:01qui peut durer,
07:02je me rappelle
07:03de la période
07:03des gilets jaunes
07:04mais pas que.
07:06Notre système militaire,
07:08s'agissant
07:09de la gendarmerie,
07:10nous permet
07:11de tenir,
07:12de générer des forces,
07:14de reporter
07:15éventuellement
07:16ses droits
07:17à temps libre,
07:18tant pis pour nos familles
07:20malheureusement,
07:22et charge au commandement
07:23de faire des choix
07:26sur les missions prioritaires,
07:28celles qui le sont moins,
07:29pour être présent
07:30lors de ces temps forts.
07:31Parce qu'on peut comprendre
07:32que la population,
07:34les commerçants,
07:35pour parler d'il y a deux semaines,
07:36ne peuvent plus supporter
07:37que quelques individus
07:39créent le chaos
07:39ou créent le désordre.
07:41Et donc,
07:42les gendarmes
07:43seront présents
07:43au moment
07:44et aux endroits
07:45où on en aura besoin.
07:47Georges Fenech.
07:48En général,
07:48est-ce que vous pouvez nous dire
07:49le matériel,
07:51les armes intermédiaires
07:52dont vous disposez
07:53et quelles ont été
07:54les instructions
07:55du ministre de l'Intérieur
07:56sur l'usage
07:57de ces armes
07:58dites intermédiaires ?
08:00On pense évidemment
08:01aux fameuses grenades
08:02des assourdissantes,
08:04on pense au LBD,
08:06tout ce qui a fait polémique,
08:07notamment
08:08dans les précédentes manifestations.
08:10Est-ce qu'aujourd'hui,
08:10Quelle est la doctrine de demain ?
08:11Quelle est votre doctrine ?
08:12Est-ce que vous êtes soutenu ?
08:14Général Bertrand Mallet.
08:15La doctrine,
08:16c'est celle qui est
08:17dans la loi
08:18et dans le schéma national
08:19du maintien de l'ordre.
08:20Je ne peux vous dire
08:21qu'actuellement,
08:22le ministre
08:24n'a ordonné
08:26aucune restriction.
08:28Il demande
08:28à ce que les forces de l'ordre
08:31interviennent
08:32sur tout trouble,
08:33sur tout crime
08:35ou délit,
08:35et interviennent
08:36à effermeté.
08:37Vous vous rappelez
08:38de la suspension
08:39provisoire
08:40le temps
08:41de la crise lycéenne
08:42sur un modèle
08:43de munition
08:44qui avait été incriminé ?
08:46Il a levé
08:47dans le cadre
08:47des grands événements
08:48qui ont suivi.
08:49Aujourd'hui,
08:50la palette
08:51des moyens de force
08:52intermédiaires des forces
08:53qui sont prévus,
08:54le listing est prévu
08:55par le code
08:56de sécurité intérieure
08:57est à leur disposition
08:59soit
09:00pour du maintien
09:01de l'ordre administratif
09:02avec tout
09:02le rituel
09:03et la codification
09:04que vous connaissez
09:05sous l'autorité
09:06des préfets
09:07ou
09:09pour traiter
09:09de l'antidélinquance
09:11comme la vie quotidienne.
09:12C'est vrai qu'on a pu avoir
09:13le sentiment,
09:13je rebondis sur la question
09:14de Georges,
09:14que par exemple
09:15le 17 octobre
09:16et le 24 octobre
09:17on a pu voir des images
09:18qui montraient
09:19que la doctrine
09:19avait l'air différente
09:20en tout cas
09:21entre ces deux jours-là.
09:22Est-ce que vous confirmez
09:23ou pas du tout ?
09:24Vous nous dites
09:24que ça a toujours été
09:25la même chose ?
09:25C'est juste que le 17 octobre
09:27comme l'a dit
09:27le président de la République
09:28tout n'était pas préparé ?
09:29Alors je ne dirais pas
09:31qu'elle était différente
09:32et pas sur les moyens
09:34de force intermédiaire.
09:35Le week-end dernier
09:37on a beaucoup travaillé
09:38sur la séquabilité,
09:40la mobilité
09:41et tenté de résoudre
09:43ce problème multispatial
09:45pour apporter
09:46une réponse
09:47plus rapide.
09:49Pour le reste
09:50les textes sont là,
09:52les gens sont formés,
09:54alors les gendarmes mobiles
09:55en particulier
09:57qui ont fait
09:58passer des stages
09:59de perfectionnement
10:01en mode très dégradé,
10:02haut du spectre.
10:03Je vous rappelle
10:04qu'on a vécu
10:05des insurrections armées
10:06il n'y a pas si longtemps
10:06que ça
10:07en Nouvelle-Calédonie.
10:08Donc tout le spectre
10:10peut être balayé.
10:12Le tout
10:13c'est de détecter
10:15à temps
10:15un début
10:17d'exaction
10:18ou de commission
10:19des faits
10:20et d'appliquer
10:20les bons moyens
10:21et les bonnes unités
10:23au bon endroit.
10:24Mais à l'heure
10:25où je vous parle,
10:26on ne sait pas
10:26à quel endroit
10:27à part les manifestations
10:28déclarées,
10:29les troupes vont se déclarer.
10:31Général Bertin Malet,
10:31je voulais également
10:32vous interroger
10:33sur le renseignement,
10:34le bruit de la menace réelle.
10:35Comment faites-vous
10:36le tri
10:36entre ceux
10:37qui jouent
10:38à se faire peur
10:38sur les réseaux sociaux
10:39et les vrais projets
10:41de violence ?
10:41Et je voulais également
10:42vous demander
10:42comment en tant que gendarme
10:44vous allez gérer
10:44ces nouvelles applications,
10:46notamment on parle
10:47du Waze,
10:47du Manifestant,
10:48ces applications
10:48qui n'ont besoin
10:49ni d'internet,
10:50pas de 4G,
10:51pas de Wi-Fi
10:51et en fait dans un rayon
10:52de 300 mètres
10:53peuvent continuer,
10:54les manifestants,
10:54les pilleurs,
10:55peuvent continuer
10:56de se parler en fait.
10:58On sait que c'est
10:58un énorme casse-tête
10:59pour les forces de l'ordre.
11:00Comment vous allez gérer ça ?
11:01On parle d'un périmètre
11:02qui n'est pas le mien du tout.
11:05Ce que je peux dire
11:06sur ce point-là,
11:08l'influence
11:09des réseaux sociaux
11:10et d'internet
11:11est évidente.
11:13Est évidente
11:14dans le cas d'Espèce
11:14de ce week-end,
11:15mais depuis bien longtemps,
11:17l'Uber mobilisation,
11:18l'Uber manifestation,
11:20avec un vrai problème
11:22de détection
11:24des discours anonymes
11:26ou de la vraie mobilisation
11:28qu'il y aura derrière.
11:29Vous avez tout à fait raison.
11:30Donc,
11:30ce que je peux dire,
11:32c'est que
11:33la bataille de l'image,
11:34la bataille des réseaux sociaux
11:36doit être dorénavant
11:37prise en compte
11:38dans la pacification
11:40des mouvements à venir.
11:42Et qu'il n'y a pas
11:43qu'un raisonnement
11:44de capacitaire,
11:45de nombre de policiers
11:47et de gendarmes à mettre
11:48sur le terrain,
11:49mais que tous les outils
11:50juridiques
11:51qui peuvent aider
11:52à ramener la sécurité
11:53dans notre pays
11:54sont les bienvenus.
11:56Un immense merci
11:57général Bertin Mallet,
11:58inspecteur de la gendarmerie mobile,
11:59d'être venu dans Europe 1 soir.
12:01On continue nos débats
12:02et bien sûr,
12:02nous allons analyser
12:03avec Vincent Roy
12:04et Georges Penech,
12:04la teneur de la journée
12:05de demain.
12:06A tout de suite sur Europe 1.
12:07Sous-titrage Société Radio-Canada

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