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  • il y a 13 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00A la suite de BFM Grand Soir, toute l'équipe autour de moi en étant direct évidemment avec une date
00:04en tête, le 5 jeudi, journée de grève et de mobilisation nationale à l'appel de tous les syndicats.
00:09A quoi faut-il s'attendre exactement ? On en parle avec vous Thomas Vacheron. Bonsoir, merci d'être là.
00:13Secrétaire confédéral de la CGT, Maël Decalan nous a rejoint. Bonsoir, merci d'être là également président horizon du département
00:19du Finistère et porte-parole d'Edouard Philippe.
00:21On va jeter un coup d'œil au calendrier. Aujourd'hui et demain, il y a des blocus prévus dans
00:26les lycées, dans les universités.
00:28Jeudi, donc grève généralisée. C'est ce qu'avait appelé de ses voeux Sophie Binet pour la CGT avec une
00:34convergence d'élus.
00:35Vendredi 6, samedi 7, appel à la mobilisation notamment des gilets jaunes. On va s'arrêter sur le jeudi 5
00:40Thomas Vacheron.
00:40A quoi faut-il s'attendre ? Qu'est-ce que vous avez en tête comme plan pour le jeudi
00:445 ?
00:44Pour le jeudi 5, ce ne sera pas un jeudi noir, ce sera un jeudi arc-en-ciel parce que
00:48tout le monde va s'y mettre en fait, du public et du privé, des jeunes et des retraités.
00:52Tout le monde va participer à la grève parce que cette fois-ci, on a une chance absolue.
00:55C'est que se mettre en grève jeudi, c'est pour une fois gagner quelque chose de mieux.
00:59Ce n'est pas contre une réforme, c'est pour gagner des avancées.
01:02Par exemple, pour la première fois, il n'y a pas eu de coup de pouce du SMIC depuis 2012
01:05très exactement,
01:06mais pas eu de coup de pouce lié à des mobilisations et des manifestations depuis 1968.
01:12Et d'ores et déjà, grâce à la pression populaire, parce que les gens n'ont ras-le-bol et
01:16n'arrivent plus à vivre de leur travail tout simplement
01:18ou de leur pension de retraite, on va se mobiliser par centaines de milliers pour gagner des avancées.
01:23Et plus nous serons nombreux en grève, et j'en profite, je vous remercie de l'invitation, pour dire à
01:27celles et ceux qui sont du privé,
01:29vous avez le droit de faire une heure de grève.
01:31C'est que tout le monde doit se mettre au pot, vous allez perdre votre heure de travail, ça c
01:34'est sûr,
01:35mais plus on sera nombreux, plus on gagnera des avancées.
01:38Quand vous commencez par dire, on va parler des salaires parce que je pense que c'est le sujet central,
01:42et il faut qu'on en parle ce soir évidemment.
01:43Mais quand vous commencez par dire que ce ne sera pas une journée noire,
01:45est-ce que ce sera une journée arc-en-ciel, est-ce que vous n'êtes déjà pas un tout
01:49petit peu de revoir vos ambitions à la baisse ?
01:51Absolument pas, au contraire.
01:53Moi, je suis pour l'espoir.
01:55Et vous savez, aujourd'hui, les jeunes, ils relèvent la tête, par centaines de milliers comme ils l'ont fait.
02:00Tous les samedis, il y a une colère populaire qui s'exprime très positivement à 99%,
02:05je sais que vous allez me parler des 1%, mais moi je vais vous parler des 99%,
02:08qui par centaines de milliers, écoutez, trois samedis, plus de 2 millions de cent mille personnes qui sont mobilisées.
02:14Si on fait le bilan sur deux mois, c'est 3 millions de trois cent mille personnes qui sont mobilisées
02:19à un moment ou un autre.
02:20Vous n'aurez pas échappé que c'est peut-être les mêmes ?
02:21Alors pas tout le temps, vous savez pourquoi ?
02:22Les gens, ils ont une vie de famille, ils ont le week-end, vous parliez de vos enfants, je ne
02:26veux pas...
02:27C'est normal, c'est la vie normale des gens.
02:31On ne peut pas passer nos samedis à manifester.
02:33On veut passer nos samedis en famille, entre amis, pour nos loisirs, pour se reposer.
02:37Sauf que comme on n'est pas écouté, par centaines de milliers, on est obligé de manifester.
02:41Et cette fois-ci, on veut que ça rentre dans les entreprises,
02:44pour que les grands groupes, notamment, entendent la détresse de la population
02:48et payent les gens correctement pour leur travail.
02:50Encore une question avant de donner la parole à Malle de Calan.
02:52Est-ce que vous appelez toujours à généraliser la grève,
02:55à aboutir à partir de jeudi à une grève générale en France ?
02:59En fait, nous, on met des conditions dans le panier.
03:01Les conditions, c'est l'unité syndicale.
03:03Tous les syndicats appellent à la grève jeudi.
03:05C'est rare, ça fait un an et demi que ça n'a pas été le cas.
03:08Deuxième chose, du public et du privé.
03:10Troisième chose, des jeunes et des retraités.
03:13Quatrième chose, ça fait 20 ans qu'il n'y a pas une mobilisation de la jeunesse aussi importante.
03:16Mais vous ne répondez pas sur la grève générale.
03:18Alors, en fait, vous savez pourquoi ?
03:20Parce qu'on est un peu humbles.
03:21Contrairement au gouvernement, ou à certaines qui font la leçon à tout le monde, justement.
03:24Nous, on dit aux travailleuses et travailleurs, c'est à vous de décider.
03:27La démocratie, ce n'est pas nous d'en haut qui allons le faire.
03:29Nous, on permet les conditions pour le réaliser.
03:31Et ensuite, c'est aux travailleuses et travailleurs de s'organiser et de participer.
03:35Et je le redis très sincèrement, il faut que vous participiez aux manifestations.
03:39Cette fois-ci, on peut gagner de vraies avancées pour une chose.
03:42Que demain soit mieux qu'aujourd'hui.
03:44Et c'est ce que tout le monde veut.
03:45Bon, notamment sur les salaires.
03:46On va parler mal de calant.
03:47Vous allez manifester jeudi ?
03:48Alors non, je n'irai pas manifester.
03:50Je voudrais dire deux choses.
03:52D'abord, en réaction.
03:52La première, c'est que les syndicats jouent un rôle utile dans notre pays.
03:56La liberté de manifester et de faire grève sont des libertés qui sont constitutionnelles.
04:00Je préfère voir des cortèges encadrés par la CGT, même si je n'en suis pas l'un des adhérents.
04:05Plutôt que de voir...
04:06Je sens qu'il va y avoir un mail dans votre démonstration.
04:08Mais le grand n'importe quoi qu'on a vu, notamment le 17 octobre dernier.
04:11Donc c'est bien et positif que les syndicats, qui sont des corps intermédiaires importants,
04:14jouent un rôle dans les revendications sociales de notre pays.
04:18J'ajoute que je suis aussi d'accord sur le fait qu'il y a un gigantesque problème
04:22de pouvoir d'achat dans notre pays.
04:24Le MES, s'il y en a un, il est là aussi de deux ordres.
04:27Oui, il y a la liberté de faire grève et de manifester tant qu'on n'empêche pas
04:31ceux qui veulent étudier d'étudier.
04:33Et tant qu'on n'empêche pas ceux qui veulent travailler de travailler.
04:36D'ailleurs, ce n'est pas du tout ce qu'a dit monsieur.
04:38Donc ce n'est pas en réponse, c'est en complément.
04:39Je pense que c'est pas une illustration sur les lycéens.
04:41Il y a certainement 2 ou 3% des lycéens qui ont fait grève dans mon département du Finistère.
04:47Il y en a 95, un peu plus, qui n'ont pas fait grève.
04:50Et donc la liberté de manifester et de faire grève est formidable, intéressante, nécessaire,
04:54doit être défendue.
04:55En même temps, les blocus des lycées ne sont pas tolérables.
04:59Je conclue sur le pouvoir d'achat pour dire que l'enjeu, c'est moins de savoir
05:04s'il faut manifester contre le gouvernement ou les entreprises.
05:08C'est de savoir comment est-ce qu'on peut payer des meilleurs salaires en France.
05:10C'est ça qui semble être le sujet déterminant.
05:13Pas seulement des crises sociales du moment, mais des élections présidentielles.
05:15C'est là ce qu'il faut aller, évidemment.
05:16Comment est-ce qu'on crée les conditions économiques pour payer des bons salaires en France ?
05:20Pourquoi est-ce que le salaire en Allemagne, il est 500 euros plus élevé qu'en France ?
05:23Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas ?
05:25Pourquoi est-ce qu'on a cette smicardisation de la société française ?
05:27Parce qu'on a un constat en commun qui est que les salaires sont trop faibles.
05:30Peut-être des solutions qui ne sont pas les mêmes sur comment est-ce qu'on augmente les salaires dans
05:33notre vie.
05:33Vous, Thomas Vacheron, simplement sur le fond, sur les salaires.
05:35Vous, ce que vous dites, c'est augmentation de quoi ?
05:37Alors, il y a plusieurs choses.
05:38L'augmentation du smic et du point d'indice pour deux raisons.
05:43En France, alors qu'on est la deuxième économie de l'Union Européenne, on a seulement le sixième niveau de
05:48smic en Europe.
05:48Le smic français est très bas par rapport aux autres pays européens.
05:51Vous avez parlé de l'Allemagne, mais on peut parler des Pays-Bas, de l'Irlande.
05:53La liste est longue, malheureusement, alors qu'on est la deuxième économie.
05:56La deuxième chose, c'est qu'on n'arrive pas à vivre avec.
05:58Vous avez des témoignages tous les jours sur les plateaux, à juste titre, de gens et de femmes notamment.
06:02À 60%, c'est des femmes qui sont au smic.
06:04Donc, il faut tout de suite remonter le smic.
06:06Nous, on dit 10% maintenant, ça fait 150 euros net de plus par mois, 186 euros bruts.
06:11Très exactement pour arriver aux 2200 euros bruts.
06:14Mais je ne parle pas qu'au smicard et celles et ceux qui nous regardent.
06:16Aujourd'hui, tout augmente, sauf nos salaires.
06:18On veut l'indexation des salaires sur les prix.
06:21Je sens que c'est là où on n'allait pas être d'accord.
06:24Ni sur le smic, ni sur l'indexation.
06:25Il se trouve que le seul pays en Europe, enfin le pays voisin, industrialisé,
06:29où il y a une indexation des salaires sur les prix, c'est la Belgique.
06:32C'est un pays industrialisé, voisin, la croissance est supérieure, l'inflation est inférieure.
06:36Ça veut dire que si on a, quand les prix augmentent, nos salaires augmentent aussi,
06:40c'est bon pour l'économie et ça ne pose pas de problème qui ferait augmenter l'inflation.
06:45Par contre, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que l'inflation est due au profit.
06:49C'est une boucle prix-profit où certains, dans l'énergie, dans le pétrole, dans l'alimentation,
06:55sont des profiteurs, soit de crise, soit de guerre, ça dépend des situations.
06:59Et qui c'est qui rate ?
07:00C'est nous, on travaille, on est mal payé.
07:01On arrive au supermarché, on n'arrive pas à remplir le frigo.
07:04Et dernière chose, sur le carburant, c'est...
07:06Sauf que là, vous prenez exemple sur les grosses entreprises,
07:09mais le problème, on le rencontre à chaque fois qu'on fait un forum.
07:12D'ailleurs, quand on reçoit des chefs d'entreprise, de petites entreprises,
07:16ils vous disent, augmenter le smic, nous, on ne demande qu'une chose,
07:19c'est effectivement d'augmenter les salaires de nos salariés.
07:21Mais une augmentation du smic, on ne peut pas suivre.
07:24Parce que, vous voyez, sur le même discours, les charges sont très élevées.
07:28Et puis surtout, le ralentissement de l'économie est tel qu'aujourd'hui,
07:32on est dans l'impossibilité de faire.
07:33– Maël Decalan, on augmente le smic 10% d'il à CGT ?
07:35– Le problème, c'est que toutes les richesses qu'on distribue,
07:38il faut d'abord les créer.
07:39Vous pouvez redistribuer les richesses en payant du salaire
07:42ou en prélevant des impôts et en payant des aides sociales.
07:45Mais à un moment, il faut quand même les créer, ces richesses.
07:48Et la raison pour laquelle les salaires sont trop bas en France,
07:51c'est d'abord parce qu'on ne crée pas assez de richesses,
07:52parce que la croissance n'est pas assez importante.
07:54C'est parce qu'on fait énormément d'efforts dans notre pays
07:57pour contraindre, c'est-à-dire pour empêcher,
08:00tous ceux qui travaillent, tous ceux qui investissent,
08:02tous ceux qui innovent.
08:03On passe leur temps à les matraquer d'impôts quand on ne les insulte pas.
08:08Donc la grande différence avec l'Allemagne,
08:09parce que monsieur a raison de dire que le smic en France,
08:11il est plus faible que dans la plupart des pays d'Europe.
08:13Et en particulier avec l'Allemagne, si on se compare,
08:15l'économique est assez proche.
08:16Et donc il faut augmenter la création de richesses,
08:19la croissance économique pour ensuite être en capacité de payer des salaires.
08:22Si vous augmentez le smic comme ça,
08:24en disant d'entreprise que vous n'avez qu'à payer,
08:25et que vous considérez que,
08:27alors il y a certainement des grandes multinationales,
08:29mais vous avez 6 millions d'entrepreneurs dans notre pays,
08:31vous allez surtout créer du chômage.
08:33Vous allez créer du chômage.
08:34Mais ça peut aussi marcher dans l'autre sens,
08:35c'est-à-dire que vous commencez par augmenter,
08:37je vous pose la question,
08:37pour savoir si c'est envisagé comme ça par exemple par votre candidat,
08:40augmenter le smic d'abord, ce qui crée de la consommation,
08:43ce qui crée effectivement plus de profit pour les entreprises,
08:47donc des possibilités d'embauche supplémentaire.
08:48Ça marche aussi peut-être dans l'autre sens ?
08:50Alors ça en théorie, ça pourrait marcher dans le sens que vous évoquez,
08:53mais en pratique, dans tous les pays d'économie ouverte,
08:55ça ne marche jamais comme ça.
08:57Vous commencez par créer des richesses,
08:58en engageant une politique économique qui favorise le travail,
09:01l'investissement et l'innovation,
09:02et ensuite vous avez une masse de richesses,
09:04et en fonction des choix démocratiques,
09:05la gauche, la droite, le centre, peu importe,
09:07vous prélevez ces richesses et vous les redistribuez
09:09par les salaires ou par les aides sociales.
09:11Mais le vrai sujet...
09:12Pardon, mais je me dis que c'est ce que nous avait vendu Emmanuel Macron au départ.
09:15Oui, c'est exactement ce que j'ai dit.
09:17C'est que les richesses ne sont pas redistribuées,
09:19et donc si l'argument ne fonctionne pas.
09:21Et si jamais il y a une seule chose à retenir,
09:24de mon point de vue,
09:25je suis assez à l'aise,
09:26je n'ai pas été macroniste ni en 2017 ni en 2022,
09:28il y a une seule chose à retenir du premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
09:32en particulier quand Édouard Philippe était son Premier ministre,
09:34c'est que le chômage, il a diminué très fortement.
09:36On a fait baisser le chômage,
09:38on a remplacé le chômage par des salariés,
09:40et on arrête vers les allocations,
09:42mais on paye des salaires.
09:43Mais simplement, au-delà du bilan des dernières années,
09:46encore une fois, on vit dans une économie ouverte,
09:49il y a des pays qui nous entourent,
09:50les pays qui payent les bons salaires,
09:52on a mentionné l'Allemagne,
09:53vous avez mentionné les Pays-Bas,
09:55ce sont des pays qui favorisent le travail,
09:58l'investissement, l'innovation,
09:59ce sont des pays qui s'enrichissent.
10:01Et simplement pour conclure d'un mot,
10:02ce que dit Édouard Philippe,
10:04enfin peu importe,
10:05ce que je dis moi ce soir,
10:07ce qu'il dit,
10:08et moi ce que je voulais dire ce soir,
10:09le message important,
10:10c'est qu'un pays qui s'appauvrit depuis 50 ans,
10:13parce qu'on a expliqué aux Français
10:15qu'on pouvait travailler moins,
10:17baisser l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans,
10:19baisser la durée du travail à 35 heures,
10:22sans qu'il n'y ait aucune conséquence,
10:23c'est un pays qui paye des mauvais salaires.
10:25Thomas Vacheron.
10:26Déjà, je pense qu'il faut être très pondéré
10:28dans ce qu'on fait,
10:29dans ce qu'on affirme.
10:30Édouard Philippe,
10:30moi je respecte les partis qui sont républicains,
10:32c'est extrêmement important.
10:33Par contre,
10:36il y a eu la crise des Gilets jaunes,
10:37qui a été une crise sur la question
10:38des salaires,
10:39du pouvoir d'achat, etc.
10:40Quand on voit comment les Gilets jaunes
10:41ont été réprimés,
10:42éborgnés, etc.,
10:43ce qui s'est passé,
10:44le minimum,
10:45c'est d'être précautionné sur cet élément-là.
10:47Le deuxième,
10:48c'est que la politique du risseillement
10:50mis en place,
10:51y compris quand il y avait Édouard Philippe,
10:52c'est l'assèchement généralisé
10:53pour la population
10:54et la captation de profits
10:55pour une poignée.
10:56Et ce que M. Tréard
10:58soulevait tout à l'heure,
10:58moi je suis pour répondre
10:59à toutes les questions,
11:00pas au sens,
11:01je n'ai pas réponse à tout,
11:02mais je veux qu'on discute sérieusement de tout.
11:03On n'est pas dans n'importe quel moment.
11:05Là,
11:05il y a des centaines de milliers de personnes
11:06qui sont mobilisées,
11:08qui tous les samedis vont se mobiliser,
11:10le pays est dans un état catastrophique
11:12et c'est aussi ce bilan-là
11:14où il en est.
11:14Et donc du coup,
11:15comment on fait ?
11:15On sait aujourd'hui
11:16qu'augmenter les salaires,
11:17ça relance l'économie.
11:19Pourquoi ?
11:19Parce que les commerçants artisans,
11:20on leur achète directement.
11:22Notre argent,
11:23quand on le gagne,
11:23on ne le place pas
11:24dans les i-caïmans.
11:24On sait très très bien
11:25que d'augmenter les salaires,
11:27tous les salaires,
11:28ça permet de relancer l'économie
11:29pour ceux que vous citez.
11:30Première chose,
11:31parce que dans une boutique,
11:33pour un artisan,
11:34on discute avec eux,
11:35on a des syndiqués chez eux.
11:36Qu'est-ce que c'est
11:37la part des salaires
11:38pour faire tourner la production ?
11:39C'est une très faible partie.
11:41D'augmenter sensiblement,
11:42ça ne va pas foutre en l'air
11:43ni leur commerce.
11:44Nous parlons des artisans
11:44qu'on avait face à nous,
11:45notamment la semaine dernière,
11:46et nous disent,
11:46en fait, même plus de 10%,
11:47on ne peut pas.
11:48Un, il faut discuter.
11:50Il faut discuter.
11:51Deux, qui dit ça ?
11:52Déjà, qui dit ça ?
11:53Déjà, vous dites les aider,
11:54vous avez raison,
11:55parce qu'aujourd'hui,
11:56les aides publiques...
11:58Les PME, c'est à peu près
11:5930% des salariés en France.
12:01On peut aussi juste les aider.
12:03En fait, il y a deux choses.
12:04Il a parlé des artisans commerçants,
12:06il faut être précis,
12:07pour répondre très précisément.
12:09Artisans commerçants,
12:10ils ne seront pas
12:10les premiers impactés
12:11parce que la politique de la relance
12:12leur permet d'avoir un carnet
12:14de commandes qui est plein
12:14et d'augmenter sensiblement
12:17leur prix de vente
12:18parce qu'ils le peuvent,
12:18ils vendent en direct.
12:19Là où il y a un vrai souci,
12:20c'est les sous-traitants.
12:22Et la France a une deuxième spécificité.
12:24Elle est record européen
12:25de versement de dividendes,
12:27deuxième au monde
12:27de record de dividendes.
12:28Donc, tout le monde sait aujourd'hui
12:30qu'on dit qu'il n'y a pas d'argent.
12:31Nous, on le sait
12:31qu'ils vivent avec le salaire médian en France.
12:34Il est à 2200 euros net.
12:35Donc, on sait ce que c'est
12:36que ne pas avoir d'argent.
12:37Mais il y a de l'argent
12:37pour quelques-uns.
12:38Et aujourd'hui,
12:39ceux qui ne veulent pas
12:40entendre cet élément-là,
12:41c'est très très grave
12:41parce que c'est une des crises du pays.
12:43En disant,
12:43nous, on serre toujours la ceinture
12:45et on a quelques-uns
12:46qui s'en mettent à l'époque.
12:46– Pas des Thomas Vacheron.
12:47– Et j'arrive juste
12:48sur la sous-traitance.
12:49– Parce que je voudrais
12:49qu'on entend mal de Calan
12:50précisément sur cet argument-là.
12:51Quand vous dites
12:52ceux qui ne veulent pas entendre,
12:53et je vous laisserai la parole
12:53juste après sur la sous-traitance,
12:55pardon,
12:55mais quand vous dites
12:56ceux qui ne veulent pas entendre,
12:57est-ce que vous entendez
12:58le fait que met Thomas Vacheron,
13:00c'est-à-dire qu'on est
13:01numéro 2 au monde
13:02et premier en Europe
13:03pour le versement des lignes.
13:05– Oui, mais vous savez,
13:06moi, dans le Finistère,
13:07il n'y a pas les grandes multinationales
13:08que M. Vacheron évoque.
13:09– Moi, j'ai des dizaines
13:12de milliers d'entrepreneurs
13:13qui sont des artisans,
13:14des commerçants
13:14ou des PME
13:15ou de belles ETI
13:15dont on est fiers
13:17qui créent de l'emploi
13:19dans le Finistère
13:20et qui ne sont pas
13:21ces entreprises
13:21qu'on livre à la vindicte
13:23en attendant peut-être
13:24qu'elles aillent d'ailleurs
13:25quitter la France
13:26pour créer de l'emploi
13:27dans d'autres pays.
13:27Donc, ce que je veux dire,
13:28c'est qu'en théorie,
13:29le discours de M. Vacheron,
13:31il peut être séduisant.
13:33On peut dire,
13:33mais voilà, tiens,
13:33il y a un peu d'argent magique.
13:35Soit les uns,
13:36ce n'est pas ce que vous dites,
13:37mais soit les uns disent,
13:37tiens, on va verser
13:39encore plus de subventions,
13:40soit les autres disent,
13:41il n'y a qu'à prendre
13:42aux milliardaires
13:43ou aux grandes entreprises.
13:43– Vous-même,
13:44vous parliez de redistribution
13:45tout à l'heure.
13:46Vous parliez de redistribution
13:47des richesses,
13:47donc ce n'est pas de l'argent magique.
13:48– Bien sûr,
13:49l'argent magique,
13:50c'est de considérer
13:51qu'un État
13:52qui a déjà
13:52le record d'Europe
13:54de la dépense,
13:54des impôts,
13:55des déficits,
13:56de la dette,
13:57qui est le pays en Europe
13:59et dans le monde
13:59qui prélève
14:00et qui redistribue le plus,
14:02va pouvoir continuer
14:03à aller dans ce sens.
14:03Si ça fonctionnait,
14:04on serait le record d'Europe
14:06et du monde
14:06de la croissance économique.
14:08– Juste une précision,
14:08augmenter le SMIC ?
14:10– Augmenter le SMIC,
14:11vous allez augmenter le chômage,
14:12c'est assez simple.
14:13Si vous augmentez,
14:14juste pour finir d'un mot,
14:15augmenter le SMIC,
14:15nous, on souhaite
14:16que le SMIC augmente.
14:17Mais on pense que le SMIC
14:18doit augmenter
14:21des charges fiscales
14:21et sociales.
14:22– Il n'y en a plus sur le SMIC.
14:23– C'est pas vrai ?
14:24– Il n'y en a plus sur le SMIC.
14:25Alors dites-nous,
14:26le SMIC,
14:27il y a quand même
14:27une cotisation sociale, monsieur ?
14:28– C'est pas vrai ?
14:29Vous avez,
14:30entre la CSG
14:30et les cotisations sociales,
14:32vous avez entre 10 et 15 mois.
14:33– La CSG, c'est un impôt,
14:33c'est pas une cotisation.
14:34– Oui, c'est pour l'acte.
14:35– Vous savez que j'ai parlé
14:35des charges fiscales et sociales, monsieur.
14:37J'ai parlé des deux.
14:38– D'accord.
14:38– Donc vous avez
14:39des charges fiscales et sociales
14:40qui sont payées par les salariés
14:41et des charges sociales
14:43qui sont payées
14:43par les entreprises.
14:44– 40 euros pour un employeur.
14:44– Et on pense que c'est
14:46en réduisant cet écart
14:48entre le but et le net,
14:49en particulier sur les heures
14:51supplémentaires,
14:51pour pouvoir augmenter les salaires.
14:53– Et qu'on financie comment ?
14:53– Il a de la chance,
14:55il va être là toute la soirée.
14:56– Attendez, attendez.
14:57– Allez-y, Jean-Pierre.
14:57– Vous allez être là toute la soirée,
14:59vous allez pouvoir bien expliquer
15:00tous vos propos.
15:01Moi, je ne suis pas là pour longtemps.
15:02Et je vais vous dire
15:02quelque chose de très important.
15:03– Moi, je vous écoute
15:04et je vous respecte.
15:05Je trouve ça très intéressant
15:06ce que vous dites.
15:06– Je ne suis pas d'accord sur tout,
15:08mais je trouve ça intéressant
15:08et je vous en prie.
15:09– Merci beaucoup.
15:10Donc, ce que je voulais dire,
15:11très simplement.
15:12La première chose,
15:12c'est que quand vous dites
15:13rapprocher le brut du net,
15:14il faut que tout le monde
15:15comprenne cette arnaque.
15:16Les mêmes,
15:17je ne veux pas vous pointer du doigt,
15:18vous individuellement,
15:19mais cette logique-là
15:20qui dit qu'il faut diminuer
15:21le brut aujourd'hui,
15:22demain, ça sera pour diminuer
15:23votre net.
15:23C'est systématiquement
15:24comme ça que ça se passe.
15:25La deuxième chose,
15:26c'est que le brut,
15:27ce n'est pas des charges.
15:28– Pourquoi ?
15:28– Le brut, ce n'est pas des charges.
15:29Le brut, c'est du bonheur.
15:30Parce que vous savez,
15:31M. Tréhard,
15:31vous allez bientôt être à la retraite,
15:33parce que vous avez cotisé
15:34et vous avez des droits.
15:36Si on est malade,
15:38si on est licencié,
15:38et vous savez,
15:39on n'est pas dans n'importe quel moment
15:40parce qu'il y a une crise économique.
15:41Il y a une crise économique.
15:42Il y a beaucoup de gens
15:43qui sont licenciés,
15:44foutus à la porte.
15:45Heureusement qu'on a cotisé
15:46pour avoir du droit au chômage.
15:47Parce qu'en fait,
15:49le brut, ce n'est pas des charges.
15:50Et c'est un scandale
15:51que de l'appeler ça des charges.
15:52C'est une malhonnêteté intellectuelle.
15:53Le brut, ça donne du droit.
15:55Le net, c'est pour le mois.
15:56C'est quelque chose de fondamental
15:57de comprendre ça.
15:58Quand vous dites,
15:59c'est-à-dire que le net,
16:01le SMIC,
16:01puisqu'on va nous discuter du SMIC,
16:03on peut le faire
16:03sur n'importe quel salaire.
16:05C'est vrai pour tous ceux
16:05qui nous écoutent.
16:06Tous ceux qui nous écoutent
16:07savent une chose.
16:07Quand je suis payé au SMIC,
16:09je suis à 1477 euros net.
16:11Quand le brut,
16:11c'est 1867.
16:13C'est charges que vous appelez.
16:14Ce n'est pas des charges,
16:15c'est des droits sociaux.
16:16En fait, le net,
16:17c'est pour le mois.
16:19Le brut, ça donne des droits
16:20de ce que je viens de dire
16:21en cas de licenciement,
16:22de maladie,
16:22de parentalité,
16:24de bonheur
16:24ou de retraite, justement.
16:26Donc, si vous le supprimez,
16:27où est-ce que vous le prenez ?
16:27On ne dit pas qu'on les supprime,
16:28on dit qu'on les réduit
16:29sur les heures supplémentaires.
16:30On les supprime
16:31sur les heures supplémentaires.
16:32Comme c'était sa proposition,
16:33on va peut-être le laissé tenir.
16:34Oui, mais la seule chose
16:35que nous, on propose,
16:36c'est une chose qui fonctionne,
16:37qui peut être engagée dès demain.
16:39C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
16:40si on réussit à convaincre
16:41en allégeant
16:42les charges sociales
16:44que payent les entreprises
16:45sur les heures supplémentaires
16:46en réduisant à zéro.
16:48Non, c'est pas vrai
16:49qu'il n'y en a plus.
16:49Mais sur les cotisations sociales.
16:50Non, sur les cotisations sociales patronales.
16:52Mais pas sur les heures supplémentaires ?
16:54Bien sûr que si.
16:55Elles sont plafonnées.
16:56On peut en rentrer dans les détails
16:57si vous le souhaitez.
16:57Vous allez le garder sur Internet.
16:59Il y en a bien sûr encore
17:00puisqu'elles sont...
17:01Les allégements de charges
17:02sont plafonnés à 50 centimes
17:03ou 1,50 euro.
17:04Peu importe.
17:04C'est un détail qui est très technique.
17:06Mais retenez qu'aujourd'hui,
17:08on fait du travailler plus
17:09pour gagner plus.
17:10On fait du sarco.
17:11Ça a été supprimé
17:15essentiellement par Édouard Philippe
17:16quand il était Premier ministre.
17:17On pense qu'il faut aller encore au-delà.
17:18Et la question qui était posée tout à l'heure,
17:20c'est comment on finance ?
17:21Comment on finance ?
17:22C'est très facile.
17:23Quand vous engagez
17:24des heures supplémentaires
17:28dans l'économie,
17:29vous n'avez rien à financer.
17:30C'est les entreprises
17:31qui donnent des heures supplémentaires
17:32parce qu'elles ont intérêt
17:33à le faire à leurs salariés.
17:34Vous allez alléger
17:35les cotisations qu'elles payent.
17:37Et donc, vous relancez l'économie
17:38par le travail.
17:39C'est ça qu'on dit.
17:39C'est la question qui était posée tout à l'heure.
17:40Si vous incitez
17:41aux heures supplémentaires,
17:42en effet,
17:43est-ce que ça ne détourne pas
17:44la bonne volonté
17:45de certains patrons
17:46d'augmenter les salaires ?
17:48Parce qu'en fait...
17:48Si !
17:49Vous avez des heures de travail
17:50qui sont financées
17:52grâce aux heures supplémentaires.
17:52En fait, si vous voulez...
17:53Pas besoin d'embaucher.
17:54Le cœur de ce sujet,
17:55le cœur de ce débat,
17:57c'est peut-on...
17:57En fait, le vrai sujet
17:58est ailleurs.
17:59Le vrai sujet,
17:59c'est peut-on dans notre pays ?
18:00Je vais le formuler comme ça.
18:02Peut-on dans notre pays
18:04augmenter les salaires
18:05soit par l'allègement
18:07des charges sociales,
18:09soit ce que nous,
18:10nous, on propose,
18:11soit par l'augmentation
18:13obligatoire des salaires.
18:14Nous, on dit que
18:15l'augmentation des salaires
18:16par l'allègement
18:17des cotisations
18:17et des impôts,
18:18elle est possible,
18:20elle fonctionne partout ailleurs,
18:21elle peut avoir
18:21un effet direct
18:22sur le pouvoir
18:23d'achat des salariés.
18:24Alors même que
18:24l'augmentation obligatoire
18:26des salaires,
18:27parce que vous êtes
18:27ministre du Travail
18:28et vous dites
18:28à toutes celles et ceux
18:29qui emploient des SMIC-Cars
18:30qui vont augmenter
18:30leurs SMIC de 50 ou de 100 euros,
18:33vous allez surtout
18:33créer du chômage.
18:34Moi, ce que je voudrais vous dire,
18:36ce qui est quand même
18:37très important,
18:38c'est que ce que vous êtes
18:39en train de dire,
18:411993, les allégements
18:43de cotisations
18:43qui sont en fait
18:44des exonérations
18:45de cotisations sociales,
18:46c'est un échec total.
18:48Aujourd'hui, même,
18:49écoutez,
18:49écoutez les économistes
18:50qui sont libéraux,
18:52Bozio et Vassemer,
18:53d'accord ?
18:54Eux, ils disent
18:55qu'il faut infléchir
18:56les exonérations
18:57parce que ça nous amène
18:58au chaos.
18:58Qu'est-ce qui se passe ?
18:59La première dépense
19:00et c'est très important
19:00parce qu'on mélange
19:01tout, tout le temps.
19:02Il y a trois budgets,
19:03le budget de l'État,
19:04de la Sécu
19:04et des collectivités territoriales.
19:06Le budget de la Sécurité sociale,
19:08c'est le moins endetté,
19:09c'est le plus attaqué.
19:09Le budget de l'État,
19:11c'est le plus endetté.
19:11Pourquoi il est endetté ?
19:12Parce qu'il y a des aides publiques
19:13aux entreprises privées.
19:14Aujourd'hui,
19:15qu'est-ce qui est en train
19:15de se passer ?
19:16Le premier budget de l'État
19:17cumulé,
19:18c'est 211 milliards d'euros
19:19d'aides publiques
19:19aux entreprises cumulées
19:21et à l'intérieur desquels
19:22il y a les exonérations
19:23de cotisations sociales,
19:24ce que vous êtes en train de dire.
19:25Vous savez combien c'est ?
19:2690 milliards chaque année.
19:2790 milliards chaque année
19:28qui sont payés par nos impôts
19:29à tous,
19:30ceux qui regardent notamment
19:30parce que moins on est riche,
19:32plus on paye d'impôts
19:33à cause de l'impôt
19:33le plus injuste
19:34qu'est la TVA.
19:36Oui d'accord,
19:36vous direz que c'est faux après,
19:37mais il n'y a aucun problème.
19:38Les rapports sénatoriaux sont faux,
19:40M. Tréa,
19:41ils sont surtout patrolais.
19:42On part du salaire, c'est vrai.
19:43Mais je termine.
19:44On part du salaire, c'est vrai.
19:45On part du salaire.
19:48Et je termine.
19:48Ce que les gens ne savent pas,
19:49c'est qu'aujourd'hui,
19:50c'est avec nos impôts
19:51qu'on paye à la place
19:52des entreprises nos salaires.
19:54Et cette politique-là
19:55est un échec.
19:56Alors qu'aujourd'hui,
19:57il y a plus de 6 millions de chômeurs,
19:58vous êtes en train de dire
19:59qu'on va mettre des exonérations
20:02de cotisations
20:03sur les heures supplémentaires
20:06et dépiscaliser.
20:06Mais en fait,
20:08il faut travailler moins
20:08pour travailler tout et tout.
20:09Il y a 6 millions de chômeurs
20:11qui font tous au travail.
20:12Les jeunes qui sont privés d'emploi aujourd'hui
20:14ou les vieux qui sont licenciés
20:16avant 60 ans,
20:17nos anciens.
20:18Vous savez ce qui se passe
20:18dans les entreprises ?
20:19Parce que moi,
20:20je veux bien qu'on discute de tout.
20:21Aujourd'hui,
20:21quand on a 60 piges,
20:22le patron nous met dehors
20:23en disant...
20:24Mais ça, je sais.
20:24C'est une grosse bêtise.
20:27Les mêmes qui veulent nous faire travailler
20:28jusqu'à 64 ans,
20:29comme monsieur,
20:30c'est 64 ou 65 votre projet ?
20:3265.
20:3265, super.
20:33Que les téléspectateurs s'en souviennent ?
20:34Pour éviter la faillite.
20:35Bien sûr.
20:36Mais la faillite.
20:36Et vous avez fait des cadeaux
20:37par milliards aux entreprises.
20:38Justement, moi je pense que...
20:40Je termine là-dessus.
20:40Des cadeaux par milliards
20:41aux plus fortunés.
20:42Les 500 fortunes de France
20:44n'ont jamais été aussi importantes.
20:46Mais c'est pas avec leur argent
20:47que vous allez relancer la France.
20:48Une petite taxe Zuckman
20:49de 20 milliards d'euros,
20:50vous êtes opposés.
20:51Quand on propose juste
20:52d'augmenter les salaires
20:54qu'on puisse échanger.
20:57Moi, je voudrais simplement
20:58dire une chose.
21:00Moi, j'en ai assez qu'on dise
21:02les heures supplémentaires
21:03et puis on va les défiscaliser
21:04ou on va les détaxer
21:07pour une partie.
21:08Non.
21:08Il y a une chose
21:09qu'on ne fait pas dans notre pays
21:10et c'est pour ça
21:11que notre pays est à plat.
21:12Et depuis très longtemps.
21:13Parce qu'on ne travaille pas assez
21:15et on n'est pas assez nombreux
21:17à travailler.
21:18Et il n'aurait jamais fallu
21:19revenir aux 35 heures.
21:20Et on va me dire
21:21mais on ne peut pas revenir en arrière.
21:22Si, les Allemands,
21:23quand nous, on est passé
21:24aux 35 heures,
21:25ils étaient aux 35 heures
21:26et ils ont augmenté
21:28le temps de travail.
21:28Mais c'est très rare.
21:29Il faut impérativement
21:30qu'on change
21:32notre totalité
21:32et pour être payé de plus.
21:34Et pour y payer de plus.
21:35Si je peux simplement
21:36essayer de résumer
21:37notre débat
21:37qui devient parfois
21:38très technique.
21:39Nous, ce qu'on dit,
21:40c'est qu'il y a une manière
21:41qui fonctionne partout ailleurs
21:42en Europe
21:42d'augmenter les salaires.
21:44C'est de travailler
21:44un peu plus
21:45pour être rémunéré
21:46beaucoup plus.
21:47Si jamais un ordre de grandeur,
21:48un ordre de grandeur,
21:49vous n'avez pas d'être d'accord.
21:50C'est faux ce que vous dites.
21:51Si, c'est vrai.
21:52Et donc, si on travaille
21:54en moyenne
21:55deux heures de plus
21:57par semaine,
21:58ça représente quasiment
21:581000 euros
21:59pour un salarié
22:00qui est au SMIC.
22:00Ça, c'est une option.
22:01Mais deux heures de plus.
22:02C'est une option,
22:02juste si je peux terminer
22:03mon raisonnement,
22:04c'est une option
22:05qui fonctionne ailleurs,
22:06qui a fonctionné
22:07par le passé en France
22:08et qui permet d'augmenter
22:09le salaire
22:09sans endetter l'État.
22:11Et il y a une autre option
22:11consistant à dire
22:12qu'on va augmenter
22:13le pouvoir d'achat
22:131000 euros par an, bien sûr.
22:15Deux euros par semaine,
22:161000 euros par an,
22:16c'est quasiment un 13ème mois.
22:18Il y a une autre option,
22:19et donc ce ne sont pas les miennes,
22:20ce ne sont pas celles
22:20que je défends,
22:21qui consiste à dire
22:22qu'on pourra augmenter
22:22le pouvoir d'achat
22:23soit en versant
22:24des aides sociales supplémentaires
22:25alors que l'État
22:26est proche de la faillite,
22:27soit en forçant
22:28les entreprises
22:29à augmenter les salaires,
22:30ce qui peut peut-être
22:31fonctionner dans une multinationale
22:32et en Corse
22:33et s'il n'a pas envie
22:34de quitter la France,
22:34mais qui dans l'immense majorité
22:36des PME de ce pays
22:37va se traduire
22:37par du chômage.
22:38C'est ça qu'on dit.
22:39Donc moi, j'ai rien...
22:40Écoutez, vous vous rendez compte,
22:4210 ans de macronisme
22:43avec cette politique...
22:43Moi, je ne suis pas macroniste.
22:45Oui, vous êtes avec Édouard Philippe,
22:46c'est très différent,
22:46tout le monde a...
22:47Mais je vais vous dire quelque chose.
22:49Vous pouvez, vous pouvez...
22:49Écoutez bien.
22:50Vous pouvez continuer
22:53à déblatérer comme vous le faites.
22:54Mais je ne vous déblatère pas.
22:55C'est dans mon département,
22:56mais j'augmente les salaires.
22:57Écoutez, je ne vous ai pas coupé
22:58et je vous assure...
22:59Je vous assure que...
23:00Allez, je vous déblatère.
23:01Donc, je ne vous insiste pas.
23:02Vous dites que je déblatère,
23:03ce n'est pas très poli.
23:04Je vous dis juste une chose.
23:05Vous continuez avec condescendance
23:06à dire ce que vous êtes en train de dire.
23:07Les gens, ils souffrent aujourd'hui.
23:08Je n'ai aucune condescendance.
23:09Vous m'entendez bien.
23:10Les gens souffrent.
23:11Ceux qui nous regardent
23:12savent ce que c'est que se lever tôt,
23:14travailler tard,
23:15marner et travailler.
23:16Vous dites tout cela sur les plateaux
23:17et j'insiste vraiment là-dessus.
23:18Si on veut apaiser le pays,
23:20c'est bien beau de dire sur un plateau
23:21qu'il faut travailler plus.
23:22Mais qui c'est qui connaît le travail,
23:24la difficulté,
23:25là où on en est, etc.
23:26Si on n'entend pas cette colère populaire,
23:28on ne comprend rien comme d'habitude.
23:29Écoutez, moi, j'ai dit tout à l'heure,
23:31j'ai été invité il y a deux mois ici.
23:32Et j'ai dit, vous savez,
23:34c'était après les congés payés.
23:35Les congés payés,
23:36on les a gagnés par la grève
23:37il y a 90 ans.
23:38Et je dis que c'est la première fois.
23:39Je n'ai pas 90 ans, j'ai 46.
23:40C'est la première fois
23:41que j'entends les gens me dire
23:42que je n'en peux plus les congés,
23:43la canicule, les feux de forêt,
23:45la galère, quoi.
23:46C'était des congés de galère.
23:48Mais la vie est chère,
23:49le carburant, les enfants,
23:51tout ça, c'était en train de monter.
23:53Et vous êtes un certain nombre.
23:59Par contre, il n'y a pas de condescendance.
24:00Il y a de l'humilité.
24:01Moi, j'essaie d'être humble.
24:02Et je vous dis juste à tous,
24:03je dis juste à tous,
24:04en tout cas,
24:05ceux qui trouvent qu'il faut travailler plus,
24:07qu'il faut baisser les salaires,
24:08qu'il ne faut pas les augmenter, etc.
24:09Je vous dis de toute façon une chose.
24:10La colère populaire qu'il y a dans ce pays,
24:12elle est énorme.
24:13Il n'y aurait pas des centaines
24:14de milliers de personnes
24:15qui se sont mobilisées
24:17trois samedis de suite,
24:18les jeunes qui continuent
24:19et jeudi la grève qui va.
24:20Et donc, moi, je vous dis juste un truc
24:21pour terminer.
24:23Si on veut apaiser le pays,
24:24il faut entendre celles et ceux qui travaillent,
24:26augmenter, pas que le SMIC,
24:27mais tous les salaires,
24:28parce qu'on en a ras-le-bol
24:29de vie de galère,
24:30augmenter le point d'indice des fonctionnaires
24:31et que les retraités,
24:33qui nous regardent aussi,
24:34dont on entend peu parler,
24:35ils ne veulent pas se faire ratiboiser
24:36sur le prochain budget
24:37avec des retraites amputées
24:38à 1260 euros.
24:40Ce n'est pas possible.
24:40Donc, nous, on invite pacifiquement,
24:42mais avec détermination,
24:43à participer dans tout le pays
24:45aux grèves de ce jeudi 6-5 octobre.
24:48Je vais juste vous dire en 10 secondes
24:49que dans le Finistère,
24:50moi, je préside une collectivité
24:51de 4000 agents,
24:52on augmente les salaires,
24:53on augmente les salaires,
24:54monsieur,
24:54parce qu'on fait des économies.
24:55On fait des économies,
24:57on réforme notre organisation,
24:58il n'y a pas d'argent magique,
24:59je ne peux pas imprimer des billets,
25:01donc on augmente les salaires
25:02et notamment au bénéfice
25:03des agents publics
25:04qui sont les moins payés.
25:05Vous aviez 10 secondes.
25:06On a engagé des économies.
25:08Merci.
25:09Je crois aux gens
25:09que c'est de l'argent magique.
25:10Si Thomas Vacheron
25:10peut avoir été avec nous ce soir
25:12à trois jours de cette mobilisation.
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