00:00Tout pour investir, l'événement sur BFM Business.
00:03Et oui, dans TPI, on va soigner vos maux de tête, on va les soigner dans cette émission.
00:10Bien sûr, on va les soigner aussi le 18 novembre prochain au pavillon Cambon Capucine.
00:15Ce sera TPI, l'événement.
00:16Et on sera tous là, évidemment, pour parler création de valeur, finances personnelles, patrimoine.
00:22Les héros de cette édition annuelle, ce seront les CGP,
00:25ceux qui s'occupent de votre patrimoine et de vos finances personnelles.
00:29Les artisans de votre valeur, vous pouvez vous inscrire, bien entendu.
00:33Le QR code est là et ce sera un rendez-vous absolument passionnant.
00:36Au milieu de tout ça, et il en sera question alors de l'événement, les taux.
00:41Les taux qui grimpent, qui n'arrêtent pas de grimper,
00:44qui nous obligent à saisir un petit peu la situation sous un autre paradigme.
00:49On est avec Teddy De Witt de Flornoy Ferry.
00:53Bonjour.
00:54Bonjour.
00:54Alors, cette hausse des taux, est-ce que c'est une véritable défiance que subissent les marchés français obligataires ?
01:04On nous parle beaucoup, il y a encore des décisions d'agences de notation concernant notre note de crédit,
01:12pas tellement sur la note en elle-même, mais sur les perspectives.
01:14Sans doute, on a une situation budgétaire compliquée.
01:17Au milieu de tout ça, est-ce que du côté des investisseurs du marché obligataire,
01:21il y a un vrai coup de froid sur l'investissement, sur la dette française ?
01:26Alors, la réponse courte à votre question, c'est oui.
01:30Il n'y a pas de doute là-dessus.
01:31La réponse un peu plus longue, c'est qu'en fait, nous sommes seuls.
01:35La France est seule et elle est complètement à l'arrêt.
01:38En fait, on a déresponsabilisé les gens depuis assez longtemps, en leur faisant croire que tout était gratuit.
01:45En attendant, effectivement, la dette s'accumule.
01:49Le problème, c'est qu'effectivement, le coût est devenu pharaonique.
01:55Si on doit juste parler, en fait, de coût, d'un côté, on a la dépense publique, c'est à
02:00peu près 1710 milliards.
02:03Et de l'autre côté, on a les recettes, c'est 1560 milliards.
02:05Donc, entre les deux, il y a un déficit de l'ordre de 150 milliards.
02:09Il y a 10 ans, ce déficit, c'était moins 3,6 du PIB.
02:13Aujourd'hui, c'est moins 5,4.
02:15Donc, c'est 50% pire.
02:18L'autre gros ratio, c'est la dette publique sur PIB, donc sur la richesse de la France.
02:22Pareil, il y a 10 ans, on était à 98%.
02:25Aujourd'hui, on est à 120%.
02:26Donc, on est, encore une fois, sur une trajectoire qui est affreuse.
02:30Et le problème qu'on a, c'est que les politiques ne sont pas aujourd'hui en capacité de réduire
02:37ce déficit.
02:38Alors, d'abord, c'était pour des problèmes de courage politique.
02:43Ensuite, ça a été pour des problèmes de majorité.
02:46Et puis, il faut le dire, et même si ce n'est pas du tout un jugement de valeur,
02:49mais c'est une vérité qui est un peu compliquée à dire,
02:52mais c'est un sujet qui n'intéresse absolument pas les Français.
02:55Ça ne les intéresse pas, au point où ils ne prennent pas du tout,
03:01ils ne se rendent absolument pas compte de la gravité de la situation.
03:04C'est hyper grave.
03:05C'est-à-dire que le sujet revient quand même pas mal dans le débat public,
03:09mais ce qu'on ne voit pas et ce qui ne l'intéresse pas,
03:13finalement, ce sont les implications concrètes.
03:15C'est-à-dire que, globalement, à un moment ou à un autre,
03:18ça va signifier hausse d'impôt.
03:20Il faut bien prendre l'argent quelque part, les amis.
03:23Et ça, ça pique quand on ne se rend pas compte du phénomène du début à la fin.
03:29Alors, vous avez raison, mais il y a autre chose à faire que les hausses d'impôt,
03:33parce qu'en fait, on est déjà pas mal au taquet.
03:35En fait, quand on parlait tout à l'heure de dette publique,
03:37le problème numéro un, c'est les retraites.
03:42Les retraites sur la dette publique dont on parlait tout à l'heure,
03:45c'est un quart, c'est 400 milliards, c'est un quart des 1710 milliards.
03:50Et donc, effectivement, on va dire que les marchés, eux,
03:55se rendent parfaitement compte que c'est le problème numéro un,
03:58et ils ne font absolument plus du tout confiance à la France.
04:01C'est-à-dire qu'on disait que tout à l'heure, les Français, ils ne se rendent pas compte,
04:04les marchés, eux, se rendent bien compte,
04:05et à tel point que ça se voit sur les taux,
04:09puisque les OAT, en fait, on a commencé l'année à à peu près 0,7% au-dessus de
04:14l'Allemagne,
04:15on est presque à 2% complet au-dessus de l'Allemagne,
04:17donc ça s'est fortement dégradé.
04:19Et également, sur les actions,
04:21on a un CAC 40 qui est à la traîne de l'ordre d'une dizaine de pourcents par rapport
04:26au reste.
04:26Donc, c'est vraiment que là, on a besoin qu'il y ait une forme de contrainte extérieure,
04:33puisque les politiques n'y arrivent pas.
04:35Et la contrainte extérieure, on aurait pu avoir ce signal,
04:38vous parliez tout à l'heure de Moody's,
04:40et d'ailleurs, c'est presque étonnant ce statu quo.
04:43Ça fait un an qu'on est sous surveillance négative chez Moody's,
04:46les ratios se sont dégradés sur un an,
04:49et pourtant, ils ont décidé de ne rien faire.
04:51Alors, peut-être qu'on ne tire pas sur l'ambulance,
04:54peut-être qu'à l'aube d'un budget potentiel,
04:57c'était peut-être pas le moment,
04:58mais enfin, la note de Moody's est plutôt favorable.
05:02On a vu que Fitch, là, vient de passer en outlook négatif,
05:05donc en surveillance négative.
05:07L'autre grande agence de notation,
05:09et c'est le prochain rendez-vous, c'est le 27 novembre,
05:11c'est Standard & Poor's, eux, ils sont moins accommodants,
05:15et on est en surveillance, on va dire, stable.
05:17Ce serait assez logique qu'on passe en négatif.
05:20On a besoin d'un catalyseur.
05:21Oui, tout à fait.
05:22Le sujet, c'est qu'on ne sait pas quand ça arrive.
05:25L'Italie, en 2011...
05:27Et quand ça arrive, c'est extrêmement brutal.
05:29Donc, il y a l'Italie,
05:30il y a eu cette espèce d'échec et mat
05:33qu'a connu l'Istrus,
05:36au Royaume-Uni, c'était en 2022,
05:40où là, bon,
05:41il y a aussi tout le système...
05:43Enfin, c'était un danger systémique
05:45parce qu'il y a les fonds de pension
05:46du Royaume-Uni derrière,
05:47qui constituent un risque vraiment crucial,
05:50et on avait vraiment l'impression
05:51d'un échec et mat.
05:52C'était incroyable, pendant 48 heures.
05:55Est-ce que, bon,
05:56on risque
05:58un événement de ce type-là
05:59en France, selon vous ?
06:01Là aussi, je pense que la situation
06:04est tellement précaire
06:05que la réponse courte, c'est oui, tout à fait.
06:07En fait, il ne faut pas rêver,
06:08l'Italie et l'Angleterre,
06:10ce sont des grands pays.
06:11La France est un grand pays,
06:13donc ça n'arrive pas seulement
06:13à des petits pays,
06:15ce dont on est en train de parler.
06:16Et il y a un moment donné
06:17où tous ceux qui ont fait un effort
06:19il y a 15 ans,
06:20donc ce qu'on appelait les pigs,
06:22le Portugal, l'Italie,
06:24la Grèce, l'Espagne,
06:26ces pays-là ont fait
06:27des très gros efforts.
06:28Et ils sont passés
06:29par une douleur...
06:30À la paille de fer.
06:30Absolument, à la paille de fer,
06:32c'est tout à fait ça.
06:33Donc, je pense que la France,
06:35on doit s'attendre
06:36à plus de douleurs,
06:37on n'y est absolument pas.
06:39Mais très clairement,
06:40quand ça part,
06:41ça part très fort.
06:42C'est brutal, oui.
06:43L'Italie en 2011,
06:44c'était brutal,
06:45c'était 200 points de base,
06:46donc 2% immédiatement.
06:47L'East-Russ,
06:48ça a été 1%.
06:49La France,
06:51le point,
06:52c'est qu'on appelle
06:54dans les marchés
06:54le chemin de la résistance
06:56la plus faible.
06:57Il n'y a personne
06:57pour défendre la France aujourd'hui.
06:59Personne ne peut le faire.
07:00Même la BCE
07:01n'est pas suffisamment armée.
07:03La BCE a deux mécanismes.
07:05Un qui s'appelle le TPI,
07:06c'est pour la bonne transmission
07:08de la politique monétaire.
07:10Et donc,
07:11c'est un outil dit
07:12de anti-fragmentation.
07:13La fragmentation,
07:14dans un langage
07:15de banquier central,
07:16c'est lorsque un pays
07:16a des taux qui montent
07:17de façon désordonnée
07:18par rapport aux autres.
07:21Pour utiliser le TPI,
07:22qui n'a jamais été utilisé,
07:24il faut obéir
07:24à des règles extrêmement strictes.
07:26Et une de ces règles,
07:27c'est de ne pas être
07:27en déficit,
07:28excessif.
07:29La France y est.
07:30Donc,
07:30elle n'est pas éligible.
07:32Le TPI n'a jamais été utilisé,
07:33mais encore une fois,
07:34la France n'est pas éligible
07:36et en fait,
07:36la France est trop grosse.
07:39C'est-à-dire que l'autre système
07:40qui est l'OMT,
07:41c'est un peu un
07:42too big to fail,
07:43mais pour un pays,
07:44cette fois-ci,
07:45l'OMT,
07:46qui lui a déjà été utilisé,
07:48c'est 500 milliards.
07:49Mais si on doit mettre
07:49les choses en perspective,
07:50la France,
07:51elle emprunte
07:52340 milliards par an.
07:53Oui,
07:54voilà.
07:54Donc,
07:54500 milliards,
07:56sachant que tout n'est pas
07:57disponible d'ailleurs,
07:58c'est un gros pansement,
08:01mais ça n'est qu'un pansement.
08:02Donc,
08:03la France
08:05est trop grosse,
08:06il faut absolument
08:07une décision des politiques,
08:09ça passe par là,
08:10et s'ils ne le font pas,
08:11c'est les marchés
08:12qui vont le décider pour eux,
08:13et on se dirige vers ça,
08:15puisque les présidentielles,
08:16c'est dans un certain temps.
08:18l'intérêt se retrouve,
08:19c'est les manches.
08:20Teddy De Witt,
08:21Florenois Ferry,
08:22merci infiniment
08:22d'avoir été avec nous.
08:24Tout pour investir
08:25l'événement
08:26sur BFM Business.