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00:00On va continuer à évoquer évidemment ce contexte politique et social.
00:03On va retourner sur le terrain, vous voyez ces images à Paris où la dispersion s'est effectuée.
00:08Véritablement, il reste quelques personnes, vous voyez toujours ces forces de l'ordre en nombre.
00:12Et on va vous raconter cette fin de manifestation qui à 7h-ci, à 20h20, c'est son épilogue.
00:22Exactement, on est toujours place de la nation près de l'avenue du trône.
00:26La dispersion se poursuit, on a pu voir les forces de l'ordre qui repoussent progressivement les derniers manifestants vers
00:32les accès au métro et au RER nation.
00:35On a pu voir un mouvement de foule qui s'est formé dans les escaliers de la station.
00:39Et certains manifestants qui restent encore à l'extérieur, à proximité des forces de l'ordre.
00:44Il reste en tout quelques dizaines de personnes.
00:46La circulation a repris dans le secteur.
00:49Tout à l'heure, nous avons vu des bousculades qui ont éclaté alors que des CRS tentaient de faire évacuer
00:55les derniers manifestants.
00:56Mouvement de foule qui provoque quelques moments de confusion.
01:00Et puis vous voyez ces camions de CRS qui défilent ici aussi, place de la nation.
01:06Alors la situation est un peu confuse.
01:08On aurait du mal à vous expliquer exactement ce qui se passe.
01:11Mais voilà, vous voyez ce qu'on voit autour de la place de la nation sur les images.
01:18Merci à vous, effectivement.
01:20Et on vit cette fin de dispersion, place de la nation.
01:22Et on l'a rappelé, si vous nous rejoignez à l'instant, des cortèges fournis aujourd'hui à Paris.
01:27Puis évidemment dans différentes villes de France.
01:31Marseille, Nantes, Lyon.
01:32Quelques heures, mais dans l'ensemble, une véritable démonstration de force sociale.
01:37Selon les chiffres des syndicats, plus d'un million six cent mille personnes en France.
01:40Selon les chiffres, comme on dit, du ministère de l'Intérieur, 575 mille manifestants.
01:45Mais en tous les cas, du monde, ce qui fait dire au gouvernement, ce qui a fait pression, semble-t
01:50-il, sur le gouvernement,
01:51qui lundi va organiser une conférence sociale avec les partenaires sociaux.
01:55On va en parler, issues politiques, climat, politique délétère et contexte social qui reste inflabable.
02:01Merci d'être avec nous.
02:02Et bonsoir Agnès Verdier-Molinier.
02:04Bonsoir.
02:05Vous êtes directrice de la Fondation IFRAP et auteur du livre Arrêtez de nous taxer.
02:09On va en parler parce que là, c'est les demandes, c'est les salaires, c'est le SMIC.
02:14On va voir si c'est véritablement dans le même récit de ce que vous présentez.
02:20Serge Raffi, bonsoir.
02:21Merci de votre présence.
02:22Vous êtes éditorialiste au point.
02:23Monsieur le préfet Michel Aubouin, merci également.
02:26Bonsoir.
02:26Et bonsoir à vous.
02:27Nous sommes avec Dominique Rizé toujours, qui nous accompagne.
02:29On ne se quitte plus, Sonia.
02:30Non.
02:31Pour le meilleur.
02:32Et pour le meilleur, j'espère.
02:33Pour le meilleur et pour le meilleur.
02:34Peut-être une première question sécuritaire.
02:36Monsieur le préfet, là, est-ce qu'on peut dire véritablement qu'on a retenu,
02:40et je l'espère pour un certain temps,
02:42on a tiré le son véritablement des ratés du 17,
02:46et que là, on permet finalement à des milliers et des milliers de personnes de manifester tranquillement en France ?
02:52Oui, on peut dire ça.
02:53Puis surtout, on doit se féliciter de voir une manifestation qui ressemble enfin à une manifestation.
02:59On voit les images avec des drapeaux, les syndicats.
03:02Il y a même des drapeaux français maintenant dans les manifestations,
03:05ce qui est quand même ce qui fait plaisir aux Français que nous sommes.
03:09Et donc, cette manifestation traditionnelle, FO, CDT, CGT, etc.,
03:14j'en parlais la dernière fois,
03:16c'est effectivement la seule façon de manifester avec une certaine certitude
03:22de ne pas avoir de débordement avec des groupes autoproclamés
03:27qui font leur propre parcours, leur propre cortège, et créent leurs propres dégâts.
03:31Même s'il y en a eu, malheureusement, à Lyon, on a vu,
03:33c'est toujours ces mêmes Black Bloc, 800, et puis quelques heures.
03:37Mais effectivement, c'est le bilan de la journée.
03:39Le gouvernement n'avait pas le choix, Serge Raffi.
03:42Lundi, conférence sociale, pression, quand il a vu le nombre de manifestants,
03:46l'issue politique est inéluctable.
03:49Je dirais, il était temps.
03:51Mais nous partageons avec vous cette phrase.
03:53Il était temps que ce gouvernement, si faible, si fragile,
03:57si désespérément en situation de mort cérébrale, on peut dire presque,
04:02fasse quelque chose de sérieux.
04:04La chose sérieuse, c'est une conférence, comme ils l'ont décidé, sociale.
04:08Moi, j'ai un souvenir.
04:10Mai 68, le général de Gaulle lance la conférence sociale,
04:15qu'on appelait les accords de Grenelle.
04:17Ah oui.
04:18Alors là, vous faites une comparaison.
04:19Écoutez, 35% d'augmentation du minimum social à cette époque-là.
04:25Ce n'est pas la même époque.
04:26Je sais qu'Agnès est déjà en train de se déjeter.
04:29Elle va déjà me dire que, attendez, c'est un autre monde.
04:31C'est vrai.
04:31Mais c'était des décisions très simples, très politiques,
04:34qui ont suivi tout de suite une autre décision.
04:36C'était de faire la dissolution de l'Assemblée nationale
04:40et de lancer des élections législatives.
04:43Or, nous avons un pouvoir aujourd'hui qui est en paralysie complète.
04:48C'est un pouvoir en catalepsie, si je puis dire.
04:51Il n'a plus le pouvoir ?
04:52Vous diriez que le pouvoir n'a plus le pouvoir ?
04:54Bien sûr que oui, puisqu'il est condamné.
04:56C'est la fin de règne à Mèche-Lande qu'on est en train de vivre.
05:02Cette espèce de supplice chinois terrifiant crée justement cette anxiété,
05:07cette espèce d'enquistage de la société dans sa colère,
05:11dans ses demandes, dans ses demandes aussi légitimes de pouvoir d'achat.
05:18C'est totalement légitime, ça.
05:20Mais 5 mois, à 6 mois de la présidentielle, c'est inédit.
05:23C'est-à-dire, malgré tout, si les réponses politiques ne sont pas à la hauteur
05:29de certaines revendications, c'est bis repetita, c'est le jour sans frein,
05:32il faut tenir 6 mois.
05:33Mais ils ne tiendront pas 6 mois.
05:35Ah bon ? Mais qu'est-ce qui va se passer ?
05:36Je pense qu'il va falloir qu'il y ait une décision politique qui soit prise,
05:41sérieuse, peut-être en une dissolution, plus tôt que prévu,
05:44avant la présidentielle, ou peut-être un départ anticipé du président de la République.
05:49Mais je crois que c'est la première fois que je vous entends le dire.
05:51Non, je l'ai déjà dit, mais il y a longtemps.
05:53Oui, c'est ça, parce qu'on n'est pas dans la même situation.
05:56Après la dissolution, puisque après la dissolution,
05:59le président de la République perd les élections législatives.
06:02La réalité, c'est qu'il perd les élections législatives.
06:05Et qu'est-ce qu'il fait ?
06:06La logique des institutions de la Ve République,
06:09c'est qu'un président nomme la coalition majoritaire à l'Assemblée nationale.
06:14Il ne l'a pas fait.
06:15Il a refusé de cohabiter.
06:17Or, il fallait faire soit la cohabitation, soit qu'il parte.
06:20Il n'a fait ni l'une ni l'autre.
06:22Et on en paye les conséquences.
06:24C'est pour cette raison que la France est en dépression nerveuse.
06:28C'est une dépression nerveuse terrible.
06:33La dépression nerveuse, c'est exactement
06:35cette image-là.
06:36Mais alors, quand il y a une dépression nerveuse,
06:38quel est l'antidote ?
06:39Agnès Verdier-Molinier, votre livre s'intitule
06:42Arrêtez de nous taxer.
06:43Ça sonne comme un cri du cœur et un signal d'alarme.
06:46Nous allons en parler.
06:47Mais le cri qu'on a entendu aujourd'hui,
06:48c'est augmenter le SMIC, augmenter les salaires.
06:51Permettez-nous de vivre dans notre travail.
06:53C'est antinomique ?
06:55J'ai regardé toutes les revendications de la journée.
06:58Et quand on fait une petite addition,
07:00elle est absolument vertigineuse.
07:02Quand on dit la retraite à 60 ans,
07:05certains le demandent dans les revendications syndicales.
07:07C'est 40 milliards de dépenses en plus par an.
07:10Quand on dit augmenter le point d'indice de 20% pour certains,
07:14d'autres disent 10%.
07:15Là aussi, c'est 40 milliards de coûts supplémentaires.
07:18Quand on dit indexer tous les minima sociaux,
07:21là aussi, on est de l'ordre du milliard de plus de dépenses.
07:25Quand on dit indexer plus les pensions,
07:27là aussi, c'est 4 milliards de plus.
07:29Et donc, à la fin,
07:30si on regarde toutes les dépenses qui sont demandées,
07:34plus 5 milliards pour le bâti scolaire,
07:36enfin, etc., etc.,
07:37à la fin, on a quoi ?
07:38On a presque 90 milliards de demandes de dépenses supplémentaires.
07:44Mais, en fait, je crois qu'il y a un truc
07:45qui n'a pas été compris
07:47par ceux qui réclament plus d'argent.
07:50On est au bord de la faillite.
07:52On est dans une situation
07:53où on a déjà 150 à 160 milliards de déficit annuel.
07:59On est le pays, on l'a vu ces derniers jours,
08:02le plus taxé.
08:03On a 46% de taux de prélèvement obligatoire.
08:06On est devant les Danois, devant les Belges.
08:08Parfois, ils étaient devant nous.
08:09Maintenant, on est repassés devant.
08:10Tout ce qu'on a fait depuis la dissolution,
08:13qu'est-ce qu'on a fait ?
08:14On a matraqué fiscalement
08:15les entreprises et les entrepreneurs de ce pays.
08:18C'est normal qu'on n'aille pas bien,
08:19qu'on ait des problèmes de pouvoir d'achat.
08:20Expliquez-moi.
08:21Là, vous nous dites
08:21à combien vous chiffrez en milliards
08:25ces revendications,
08:26si elles devaient toutes être...
08:27Si on prend tout, le maximum de tout,
08:29on est autour de 90 milliards
08:31de dépenses de plus par an.
08:32Je vous pose la question.
08:33Si vous ne répondez pas
08:34à ces revendications
08:35et que vous laissez cette mèche lente,
08:37comme le dit si bien Serge Raffi,
08:39comme le pense Michel Aubouin,
08:40comme ça, s'enflammer,
08:42la facture, elle sera de combien ?
08:44La facture, elle est déjà gigante.
08:45On n'a plus d'argent.
08:46On a fait des chèques
08:47et des chèques et des chèques.
08:48Et vous croyez que ça marche
08:49de mettre plus de dépenses
08:52à chaque fois qu'il y a une demande de chèques ?
08:55En fait, on obtempère,
08:57on augmente les aides sociales,
08:59on a augmenté la prime d'activité.
09:00Ces dernières années,
09:01on l'a quasiment doublé en coûts.
09:02On est à 10 milliards de coûts
09:03de primes d'activité.
09:04Est-ce que ça a changé les choses en bien ?
09:06Mais pas du tout.
09:07Mais pourquoi ?
09:08Parce qu'il y a toujours quelqu'un qui paye.
09:10Et celui qui paye,
09:12celui qui paye l'impôt,
09:13et la cotisation,
09:15et la taxe,
09:15et la charge,
09:16et tout ça.
09:16Dans mon livre,
09:17je donne la liste.
09:18Elle est impressionnante.
09:19Il y a une annexe avec les 438 impôts,
09:22cotisations,
09:23contributions,
09:24taxes,
09:24que nous supportons en France.
09:26Mais est-ce qu'on peut comprendre
09:28à un moment
09:29que l'argent n'est pas gratuit,
09:31qu'il est toujours payé par quelqu'un,
09:32et que le problème de croissance
09:35que nous avons aujourd'hui,
09:36on ne parle même plus de croissance,
09:37on parle de croissance négative
09:39sur le troisième trimestre,
09:41et on pense que le quatrième trimestre,
09:42ça ne va pas être beaucoup plus flambant.
09:44Mais ça vient d'où ?
09:46Mais on a un saccage fiscal
09:48de notre croissance.
09:49C'est ce saccage fiscal.
09:51Et d'ailleurs,
09:52le pouvoir d'achat...
09:53On parle de pillage.
09:54Mais qui prend le pouvoir d'achat
09:56des Français ?
09:57C'est l'État et la Sécu
09:58qui prennent la part du lion
10:02sur le pouvoir d'achat des Français.
10:04Est-ce qu'à un moment,
10:05on peut regarder en face les choses
10:06et se dire,
10:06oui,
10:07il va falloir baisser les dépenses,
10:08pas les augmenter.
10:09Pour améliorer le pouvoir d'achat des Français,
10:11il va falloir baisser les dépenses.
10:13Parce que c'est comme ça
10:14qu'on pourra redonner de l'air
10:16à nos entreprises
10:17et qu'elles pourront produire en France.
10:18Parfois,
10:19on a ce débat.
10:20Vous l'avez sûrement eu aussi.
10:22Tiens,
10:23si on produisait,
10:24par exemple,
10:24de nouveau
10:25dans l'industrie pharmaceutique
10:27un peu plus en France
10:28ou dans l'industrie textile.
10:29Et quand on regarde les choses,
10:31on me dit,
10:32mais...
10:32Attendez.
10:32Non,
10:33en fait,
10:33c'est pas possible,
10:34c'est trop cher.
10:34Vous nous dites qu'on prend les choses
10:35totalement à l'envers.
10:37Absolument.
10:37Moi,
10:37je pose une question.
10:38Via les taxes et les impôts,
10:40on donne beaucoup à l'État.
10:42Pourquoi l'État nous rend si peu ?
10:44Nous rend si peu,
10:45si je puis dire,
10:45en mission régalienne,
10:48là,
10:48les derniers temps ?
10:49Parce que le modèle social
10:50n'est plus du tout adapté
10:51à notre temps.
10:53Le modèle social français,
10:54c'était un modèle social
10:55qui a été pensé
10:56à la libération
10:58du pays.
10:59Donc,
10:59il y a quand même
11:0180 ans.
11:02C'est quand même
11:03très différent.
11:04Il y a eu les 30 glorieuses
11:05et depuis quand même
11:06une trentaine d'années,
11:07ça ne fonctionne plus.
11:09C'est pas quelque chose
11:09de nouveau.
11:10Oui,
11:11mais là,
11:11on arrive à la fin
11:13du bout du système.
11:14Bien sûr.
11:15Et le problème,
11:15c'est que,
11:16justement,
11:16il n'y a pas d'homme politique
11:17parce qu'Agnès Moliné,
11:19sa force,
11:20c'est qu'elle est libre.
11:21C'est quelqu'un de libre
11:22et c'est une force terrible
11:23parce qu'elle n'a pas
11:24à chercher des électeurs.
11:25Elle a besoin d'électeurs
11:26mais pas d'électeurs.
11:27Les candidats ne peuvent pas
11:28tenir ce discours de vérité.
11:30Bien sûr.
11:30Alors,
11:30il y en a un qui l'a fait,
11:31c'est François Béroux.
11:32Il s'est fait racquerie
11:33en quelques heures.
11:34Ça a été plié.
11:35Il a parlé de l'Himalaya,
11:36de la dette.
11:37On pourrait attendre
11:37de notre président de la République
11:38qui le dise aujourd'hui.
11:40Mais politiquement,
11:41il ne peut plus rien faire.
11:41Oui,
11:42mais en fait,
11:43ce serait un discours de vérité
11:46pour la France
11:47de dire les choses,
11:48d'expliquer aux Français
11:49que si on continue comme ça...
11:50Mais je ne suis pas sûr
11:50qu'il pense comme vous,
11:51en plus.
11:52Je ne suis pas sûr
11:53qu'il a un rapport au réel
11:54aussi puissant que l'autre.
11:56Il connaît quand même
11:57la situation de nos finances publiques
11:58qui est catastrophique.
11:59Il voit qu'on va se faire asphyxier
12:01par la charge de la dette.
12:02Il voit bien
12:03que notre seule possibilité,
12:06finalement,
12:07de sortir par le haut
12:08de cette situation,
12:08parce que moi,
12:09ma conviction,
12:09et je le dis dans le livre,
12:10c'est qu'on peut s'en sortir.
12:12Il n'y a aucune fatalité.
12:13On n'est pas obligé
12:14de rester ceux
12:15qui taxent le plus,
12:15qui dépensent le plus,
12:16qui empêchent
12:17leurs entreprises d'embaucher,
12:19qui empêchent
12:19leurs entreprises
12:20de produire,
12:20d'exporter,
12:21qui empêchent
12:22les entrepreneurs,
12:23finalement,
12:23d'avoir un outil de travail.
12:25Mais qu'est-ce qui nous empêche
12:26de nous en sortir ?
12:26Nous sommes dans une campagne
12:28présidentielle.
12:28Et donc, forcément,
12:29on nage dans un océan
12:30de démagogie.
12:31Avec, monsieur le préfet,
12:33une situation sécuritaire
12:34qui, même si on le voit,
12:35là,
12:35avec cette manifestation,
12:37c'est contenu,
12:37mais à quel prix ?
12:39Moi, je le rappelle.
12:40110 000 policiers,
12:42BRI, etc.
12:43C'est-à-dire que si
12:44on lève un peu le pied,
12:45ça repart.
12:47Donc, il y a une...
12:47Est-ce que...
12:48Je le dis directement,
12:49est-ce qu'on est gouverné
12:51par la peur, en fait ?
12:52Je ne sais pas
12:53si on est gouverné
12:54par la peur,
12:54parce que comme je ne suis pas
12:55au gouvernement,
12:55je n'en sais rien.
12:56Ce qui est sûr,
12:57c'est qu'on n'est pas gouverné.
12:59Objectivement,
13:00globalement,
13:01quand on prend un peu
13:01de recul,
13:04depuis la dissolution,
13:05on n'a pas de majorité,
13:06donc on n'a pas de pouvoir.
13:07En fait, il n'y a pas de pouvoir.
13:08Et comme il n'y a pas
13:09de pouvoir,
13:10tous les services,
13:11c'est presque miraculeux
13:13que le ministère de l'Intérieur
13:15tienne encore,
13:17avec la police,
13:18avec la gendarmerie,
13:19etc.,
13:19je dis que c'est presque
13:20miraculeux,
13:20parce que comme il n'y a pas
13:21de consigne claire,
13:23ce n'est pas très facile
13:24de gérer.
13:25Effectivement,
13:26plus le temps va passer,
13:27plus ça va être compliqué.
13:28On le voit bien,
13:28les forces de l'ordre
13:29commencent quand même
13:30à être en difficulté.
13:31Je rajoute à ça
13:32qu'à un moment ou à un autre,
13:33il faudra quand même penser
13:34à donner des primes
13:35aux policiers,
13:36aux gendarmes
13:36qui sont sur le terrain
13:38et que 1 000 euros de primes
13:40par fonctionnaire
13:42de police mobilisé,
13:43ça fait...
13:43Et qu'ils sont touchés
13:43par le pouvoir d'achat.
13:44Et qu'ils sont touchés
13:45comme tout le monde
13:46par le pouvoir d'achat,
13:46d'autant plus qu'ils habitent
13:47souvent très loin
13:48de l'endroit où ils travaillent.
13:49Ça fait 70 millions de plus
13:51à rajouter à la formule.
13:53Donc, il n'y a pas vraiment
13:54de solution.
13:54Mais vous vous rendez compte
13:55de la situation inextricable,
13:57oui,
13:57Dominique Rizet ?
13:58On rajoute que la promesse
13:59de la sécurité n'est pas tenue.
14:01Il y a 160 000 policiers nationaux,
14:04130 000 gendarmes à peu près.
14:06Et je vous rappelle quand même
14:07que bon,
14:07tout ça nous coûte,
14:08mais on ne peut pas en faire l'économie.
14:10Et on les remercie d'être là.
14:12Mais dans les villes,
14:13les maires s'organisent
14:14en créant des polices municipales.
14:16Souvenez-vous,
14:16les premières polices municipales,
14:17il y a 25 ou 30 ans, Serge,
14:19je crois que c'était à Levallois
14:21et à Nice,
14:21les premières polices municipales.
14:23Patrick Balkany,
14:24à Nice, je ne sais plus,
14:25ce n'était pas Estrosi,
14:25c'était avant Estrosi.
14:27Et donc,
14:28tout le monde disait,
14:28mais comment une police municipale,
14:31une sous-police
14:32qui n'était pas armée,
14:34que la police nationale méprisait,
14:37mais méprisait,
14:38ils ne voulaient même pas
14:38en entendre parler,
14:39la mort d'Aurélie Fouquette,
14:41policière municipale.
14:42On les appelait
14:42les assistantes sociales.
14:43Absolument.
14:44J'avais fait un papier,
14:45j'étais au Figaro Magazine,
14:46en parlant d'elle,
14:48et un des patrons
14:49de la police nationale
14:50m'avait dit,
14:50ça n'est pas une policière nationale.
14:53Vous vous rendez compte
14:54comme c'est violent ?
14:55Mais s'il vous plaît,
14:56est-ce qu'en campagne présidentielle
14:58dans un pays normalement mature,
15:00est-ce qu'on peut,
15:01Agnès Verdier-Molinier,
15:02vous vous dites,
15:02arrêtez de nous taxer,
15:03est-ce qu'on peut tenir
15:04un tel discours
15:05que vous venez de tenir ?
15:06Est-ce qu'on peut le faire,
15:07attention,
15:08en étant porté par les Français
15:09au pouvoir ?
15:10En fait, je ne dis pas qu'on peut,
15:13on le doit,
15:14mais c'est une obligation,
15:16parce que si on ne dit pas
15:17la vérité aux Français maintenant,
15:18demain,
15:19on va être sous tutelle
15:21du FMI,
15:22de la BCE
15:22et de la Commission européenne,
15:24parce qu'on n'arrivera plus
15:25à payer la charge de la dette.
15:27Attendez,
15:27j'ai une question.
15:28Si on est sous tutelle demain,
15:30comment le candidat,
15:31celui qui est élu,
15:32arrivant à l'Élysée,
15:33comment il gouverne ?
15:34Est-ce qu'il peut mettre
15:34en place son projet ou pas ?
15:36Il sera obligé,
15:37comme l'a fait Tsipras en Grèce,
15:39de retourner complètement sa veste
15:41et d'accepter tout
15:43ce que demanderont les créanciers,
15:44parce qu'il n'y aura pas
15:45d'autre choix.
15:46Qu'est-ce qui s'est passé en Grèce ?
15:47Ce n'est pas une petite désindexation
15:48des pensions qui a été faite.
15:51C'est des baisses de 20 %,
15:53c'est des réductions de postes
15:54énormes dans la fonction publique,
15:56c'est des suppressions
15:56de 13e mois,
15:57c'est des baisses de salaire.
15:59Il faut comprendre
16:00la situation dans laquelle on est.
16:02Donc là,
16:03on est complètement hors sol
16:04dans les revendications
16:05de la manifestation,
16:07mais totalement hors sol.
16:08D'ailleurs,
16:08je remarque quand même
16:09que le plus gros décortège,
16:10c'est quand même,
16:11comme d'habitude,
16:11la fonction publique.
16:13Donc là,
16:13il y a quelque chose
16:14qui ne va pas,
16:15parce que la fonction publique,
16:16ils devraient être les premiers
16:17à manifester
16:18pour qu'on baisse les dépenses
16:19aujourd'hui,
16:20pour qu'on puisse,
16:21demain,
16:22continuer à payer leur salaire.
16:23Donc il y a un truc
16:24qui a complètement vrillé
16:26dans le débat public français.
16:28C'est pour cette raison.
16:29Il n'y a plus de réalité
16:30sur les milliards
16:31dont on parle.
16:32On dirait que la réalité
16:34de ces milliards
16:34est totalement effacée.
16:36Ah oui,
16:36c'est virtuel.
16:37Pour cette raison
16:38que la candidature,
16:40pour le moment hypothétique,
16:41n'est pas du tout sûre
16:42de Christine Lagarde,
16:43commence à émerger
16:45un petit peu dans les milieux économiques.
16:47pourquoi ?
16:47Oui, parce que, pardonnez-moi,
16:48auprès des Français,
16:49ça reste très gazeux,
16:50nébuleux, tout ça.
16:51Bien sûr,
16:52mais peut-être que ça,
16:52ça se travaille.
16:53Mais c'est quelqu'un
16:54qui a quand même été
16:55patronne du FMI,
16:56patronne de la BCE,
16:57et qui a vécu les crises
17:00que l'Agnès évoque
17:02et en particulier aussi
17:03celles qu'on a oubliées.
17:03Vous avez envie
17:03d'un président,
17:04d'une présidente
17:05qui vous dit
17:05du sang et des larmes ?
17:07C'est-à-dire qu'à un moment donné,
17:08plus on va avancer,
17:09plus le discours de vérité
17:11pour les Français,
17:11si on leur dit attention,
17:13c'est la catastrophe.
17:14Il aurait quand même fallu
17:15le dire un peu avant,
17:16parce que Agnès n'était pas
17:18la seule à tirer
17:19la sonnette d'alarme
17:20sur la dette
17:20que tout le monde
17:21était censé connaître.
17:23Ça fait,
17:23dans la haute fonction publique,
17:24ça fait 15 ans
17:25qu'on en parle quand même.
17:26Bien sûr.
17:26Donc, je me souviens
17:28une dizaine d'années
17:29à l'inspection générale
17:30de réunion sur le thème
17:31on va dans le mur,
17:32qu'est-ce qu'on fait, etc.
17:33Bon, on n'a rien fait.
17:34Les politiques n'ont jamais
17:35voulu s'emparer
17:36de cette question
17:36parce qu'elles les dérangent.
17:38Et je pense que le président,
17:40qui est à l'origine
17:41comme une partie des difficultés
17:43parce que le quoi qu'il en coûte
17:44a quand même coûté
17:44quelques dizaines de milliards de plus,
17:47il ne reviendra jamais
17:48sur cette erreur.
17:48C'est gentil quand vous dites
17:48quelques dizaines.
17:49Oui, bon.
17:51Pendant que les autres pays
17:52avaient la même crise que nous,
17:53nous, on fait 500 milliards
17:54de dettes en plus
17:55par rapport à eux.
17:56Donc, on a complètement lâché,
17:58lâché complètement
17:59sur les finances publiques
18:00et encore plus depuis 2022
18:02parce que nous n'avons pas
18:03de majorité
18:04à l'Assemblée nationale stable
18:06et que finalement,
18:07il n'y a personne
18:07pour voter les budgets
18:08et il y a encore moins
18:09quelqu'un pour voter
18:10des lois financiers
18:11réclicatifs.
18:12Il y a aussi une espèce
18:13d'utopie française
18:13qui pense que de toute manière,
18:15à un moment donné
18:15ou à un autre,
18:16on va trouver un emprunteur miracle
18:18qui va pouvoir payer
18:19comme par exemple
18:20François Mitterrand en 83
18:22pour sauver le pays.
18:23Il y a une croyance.
18:24Il y a une croyance.
18:25Il y a un emprunt
18:25de plusieurs dizaines de milliards.
18:27Il y a une croyance
18:31qui dit que la France
18:32c'est la France
18:33et qu'on s'en sortira toujours.
18:34Mais en réalité,
18:36ça, cette croyance,
18:37elle est très dangereuse
18:39pour nous tous
18:39parce que le jour
18:41où on sera en véritable
18:42crise de la dette,
18:43c'est qu'on va tous payer
18:44très cher cette crise de la dette
18:46et surtout les plus modestes.
18:48Donc, la vérité
18:49qu'il faut dire aux Français,
18:50il faut la dire
18:51pour l'ensemble
18:52de nos concitoyens
18:53et il faut...
18:54Et je pense que François Bayrou
18:55a peut-être échoué
18:57dans la matière
18:57mais il a été courageux
18:59d'une certaine manière.
19:00Il a essayé
19:01d'alerter
19:01la situation
19:04dans laquelle on est aujourd'hui.
19:07elle impose
19:07aux candidats
19:08et moi,
19:08c'est ce que je demande
19:09aux candidats,
19:10c'est d'arrêter
19:11de nous mentir
19:11en nous disant...
19:12Arrêtez de nous mentir,
19:13arrêtez de nous taxer.
19:14Mais surtout,
19:15arrêtez de faire croire aux Français
19:16qu'avec la taxe Zoukman
19:17ou avec la taxe ceci
19:18ou la taxe cela,
19:19je l'explique dans mon livre,
19:20toutes les nouvelles taxes,
19:21elles ne rapportent pas du tout
19:22ce qu'ils anticipaient
19:23parce qu'on est déjà
19:24au maximum du maximum.
19:26Donc,
19:26ceux qui vont raconter
19:27qu'on va aller chercher
19:28l'argent là où il est
19:29et que ça va résoudre
19:30le problème du déficit,
19:31c'est absolument
19:33dire des choses
19:33qui sont irréelles.
19:34On devrait faire défiler
19:35tous les candidats
19:36face à vous
19:37et comme ça,
19:37on finira peut-être
19:38par avoir un discours
19:39et on le fera.
19:41Et ce serait bien
19:41qu'ils arrêtent de nous taxer.
19:43Merci beaucoup Agnès Verdier-Mollinier.
19:45Merci à vous.
19:46Restez chère Dominique Rizet.
19:47Merci encore M. le Préfet.
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