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00:00Médicale, Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 18h30, tout pile, le journal permanent, c'est avec Frédéric Joncheret.
00:07Bonsoir Frédéric.
00:08Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Net recul de la mobilisation sociale partout dans le pays.
00:12Les chiffres sont en deçà des précédentes manifestations.
00:16146 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur, dont 46 000 à Paris.
00:20La préfecture de police précise que 5 813 contrôles ont été menés, 15 interpellations réalisées.
00:26Des tensions ont commencé place de la nation là où s'acheverait le cortège officiel.
00:30Policiers et gendarmes font face à 200 individus incontrôlables.
00:34En France, nous vivons l'agonie macroniste.
00:36La France est en état d'ébullition sociale.
00:39A notre tour de changer l'histoire.
00:41Jean-Luc Mélenchon tenait un meeting de campagne au parc des expositions du Bourget en Seine-Saint-Denis.
00:46Le candidat, il est fiel à la présidentielle, a évoqué durant son discours son programme de mille mesures.
00:51Ce n'est pas un projet pour redresser le pays, mais un projet de démantèlement de la France.
00:55C'est ainsi que Marine Le Pen perçoit le programme de Jean-Luc Mélenchon.
00:59Le candidat insoumis a publié une version actualisée de son projet avant son meeting.
01:03Pour la candidate du Rassemblement National, ce projet pousse jusqu'à son terme la logique de déconstruction engagée par Emmanuel
01:09Macron depuis son arrivée au pouvoir.
01:11Je crois profondément à l'universalisme républicain.
01:15Déclaration d'Edouard Philippe lors d'une réunion publique à la Ciotat dans les Bouches-du-Rhône.
01:19Le candidat horizon a fustigé le candidat insoumis qui, selon lui, tient des positions qui reposent sur une économie administrée
01:25et une vision communautariste des choses.
01:28Et puis, fin de l'aventure parisienne pour Lucas Van Haché.
01:31Le tennis main de français a été sorti en demi-finale du Rolex Paris Masters par l'américain Ben Shelton
01:37après un joli duel en 3-7.
01:39Merci Frédéric.
01:40On vous retrouve à 18h45 pour le rappel des titres.
01:47Toujours avec mes débatteurs Raphaël Stinville et Antonin André, ainsi qu'avec Eléonore Carrois, ministre déléguée auprès du ministre de
01:53l'Europe et des Affaires étrangères.
01:54Vous êtes chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger.
01:59On va parler de la présidentielle 2027, de la campagne.
02:02Est-ce que, selon vous, il faudrait une primaire de la droite et du centre, étant donné les derniers sondages
02:07et le véritable duel Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen qui se profile ?
02:11Alors, je sais qu'on parle beaucoup de la campagne qui est déjà bien commencée, campagne, pré-campagne et les
02:18meetings qui se succèdent.
02:19Mais, moi, je pense qu'aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est écouter quelles sont les préoccupations des Français.
02:23Qu'est-ce que nous demande, par exemple, la jeunesse qui est dans la rue ?
02:26Quels sont les investissements qu'il faudrait faire, justement, dans la jeunesse et qu'on fait aujourd'hui beaucoup trop
02:31dans une autre catégorie de personnes, des seniors, etc.
02:35et réfléchir au programme, à ce que l'on porte et à ce que l'on propose avant...
02:39Madame la ministre, je vous interromps parce que vous ne répondez pas à la question.
02:42La présidentielle, c'est un programme, certes, mais on voit bien que, même sur les programmes, à ce stade, les
02:47candidats de la primaire,
02:48qui font quand même des propositions comme ça au compte-gouttes, la présidentielle, c'est une incarnation.
02:52Vous-même, vous avez rejoint la politique pour l'incarnation d'Emmanuel Macron, pour ce qu'il incarnait.
02:56Donc, cette incarnation est importante.
02:59Moi, ça fait 4-5 ans que je fais de la politique et je n'ai pas rejoint la politique
03:03pour un homme ni pour une femme.
03:05J'ai rejoint la politique parce que les idées qui étaient portées me convenaient.
03:08Non, mais c'est très différent.
03:09Et vous savez pourquoi c'est d'autant plus différent en ce moment ?
03:11Parce que je ne suis pas sûre qu'après la présidentielle, il y ait une majorité à l'Assemblée nationale.
03:16Et on a vu, et je l'ai vu singulièrement en étant à l'Assemblée nationale, en étant élu plusieurs
03:20fois, coup sur coup, en une période très courte,
03:23à quel point vous avez besoin de porter, de faire adhérer à un projet.
03:28Et finalement, non pas de fédérer, comme on a l'habitude dans la Vème République, sous une personne qui incarne,
03:33disons, un espoir,
03:36mais sur la construction d'un projet responsable.
03:38Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, on a relativement peu de marge de manœuvre ?
03:42Et bien, notamment parce qu'on n'a pas réussi à réformer structurellement notre dépense publique.
03:47Et aujourd'hui, on dépense, la moitié de l'argent public passe dans les retraites et dans la sécurité sociale.
03:55Et bien, aujourd'hui, on devrait dépenser davantage dans les jeunes.
03:57C'est ce qu'ils nous disent lorsqu'ils manifestent.
03:59Et c'est sur ça que moi, j'ai envie de m'engager.
04:01C'est plus sur les projets que sur une personne.
04:03En revanche, je peux vous dire, je ne veux pas du duel mortifère entre Jean-Luc Mélenchon,
04:08qui en ce moment même fait son meeting, et Marine Le Pen.
04:12Et donc, évidemment, que je soutiendrai quelqu'un dans cette famille en temps voulu.
04:16Et aujourd'hui, vous ne vous êtes déclaré pour aucun candidat.
04:18Vous ne vous rangez derrière aucun candidat du bloc central.
04:21Est-ce à dire que vous attendez, aucun de ces candidats n'a un projet qui vous satisfait ?
04:25Ou est-ce que vous attendez un projet ou un homme providentiel qui, aujourd'hui, n'est pas dans le...
04:31Non, moi, il me semble qu'aujourd'hui, justement, dans cette phase de pré-campagne,
04:36plusieurs propositions sont faites, mais il n'y a pas un projet encore complètement établi.
04:41D'ailleurs, ce projet devrait s'établir avec...
04:42Est-ce que ce n'est pas inquiétant lorsque l'on voit, justement, notamment un Jean-Luc Mélenchon
04:46qui a un projet, une vision, et des hommes qui avancent vite ?
04:50Mais Jean-Luc Mélenchon, il a une vision extrêmement verticale du pouvoir.
04:54Et d'ailleurs, je pense que c'est un de ses principaux défauts et des principaux problèmes.
04:57C'est une forme de cowlige.
04:58Vous savez, moi, j'ai grandi en Amérique latine.
05:00Ce type d'homme, ça vous donne des hommes très autoritaires, voire dictatoriaux.
05:05Moi, je pense qu'au contraire, c'est sain d'avoir un débat, d'avoir une discussion.
05:08Mais à un moment donné, il va falloir se rassembler.
05:09Et moi, je serai prête au moment du rassemblement.
05:11Et Léonore Carrois, j'ai une dernière question pour vous.
05:13C'est sur notamment la position de votre collègue, Catherine Pégard, ministre de la Culture.
05:17Il y a une pétition qui réclame la fermeture de la chaîne CNews.
05:20Elle a dépassé les 933 000 signatures.
05:22Interrogée, la ministre de la Culture s'est contentée de dire que le débat relève de l'Assemblée nationale.
05:27Elle a même invité l'ARCOM à durcir ses positions face à l'augmentation des dérives.
05:31Hier, il y a une trentaine de militants qui ont retiré,
05:33qui ont vidé les rayons du relais de la gare de Montparnasse.
05:35C'est une enseigne qui est liée au groupe Bolloré.
05:37« Fermer une chaîne, vider des kiosques parce que la ligne déplaît.
05:41Est-ce que c'est acceptable dans une démocratie ?
05:43Et surtout, est-ce que le gouvernement ne devrait pas dire plus clairement que ça ne l'est pas ?
05:47»
05:48Écoutez, je suis fille de journaliste.
05:50Et je vois la multiplication des attaques envers les journalistes,
05:54à commencer par Marine Le Pen qui parlait du fait que Mediapart devait enfiler son costume en Kevlar.
06:01Enfin, ce type de déclaration, des déclarations haineuses envers des journalistes,
06:05le fait qu'on refuse des micros, etc.
06:07Moi, je ne les accepte tout simplement pas.
06:10Après, de se dire que certaines chaînes ou certains présentateurs ou certains journalistes
06:14peuvent confondre faits et opinions,
06:17et qu'on peut avoir une surreprésentation de certaines opinions dans certaines chaînes,
06:21et que cela peut poser un problème,
06:22on a justement des instruments dans une démocratie pour le signaler,
06:25pour que vous ayez des signalements de l'ARCOM, etc.
06:28Mais tout ce qui consiste à purement et simplement jeter en pâture des journalistes,
06:32vous ne me trouverez jamais pour le soutenir.
06:34Mais sur le principe de la fermeture d'une chaîne, comme c'est réclamé...
06:40Je n'ai pas lu les arguments de la pétition...
06:43Il y a une pétition de 900 000 personnes qui réclame la fermeture d'une chaîne.
06:46Est-ce que dans une démocratie, invoquait cette fermeture de chaînes qui créerait un précédent ?
06:51C'est-à-dire qu'ensuite, un pouvoir qui ne se satisfierait pas d'une chaîne pourrait la fermer...
06:56Je pense avoir répondu très clairement sur le fait de s'en prendre aux journalistes, moi, m'inquiète.
07:00Je n'ai pas lu les arguments de cette pétition et qu'est-ce qui est reproché à CNews.
07:05Je vois bien, en revanche, qu'il peut être reproché à certains journalistes de CNews
07:08en termes de représentation, de diversité, de ligne éditoriale, etc.
07:12Et on pourrait en débattre.
07:14Non, mais en revanche, je suis très claire sur les principes et sur les valeurs.
07:17Un grand merci, Eleonore Carroix, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
07:21Vous êtes également chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger.
07:24Merci beaucoup d'être venu dans Europe un soir.
07:27Antonin, André, Raphaël, Saint-Ville, on continue nos débats.
07:28Je ne fais pas, sinon.
07:30C'est vrai, on continue nos débats, on ouvre une page politique.
07:34Alors Jean-Luc Mélenchon, on l'a dit, était aujourd'hui au Bourget.
07:37Il était aujourd'hui en meeting.
07:38Alors je vous propose de l'écouter, ça nous fait la transition avec cette dernière question qu'on a posée
07:42à Eleonore Carroix.
07:43Il promet de briser les monopoles idéologiques dans les médias.
07:46s'il est élu président de la République en 2027.
07:48Il vise notamment ceux de Vincent Bolloré.
07:50Le moment venu, les gouvernements insoumis en prendra sa part.
07:58Il brisera les monopoles idéologiques comme celui de Bolloré.
08:07Et il financera, comme un bien précieux, le redéploiement de la création culturelle et des créateurs.
08:18Bon, Antonin, André, il y a deux Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il y a un côté où on l
08:21'entend dire des choses pareilles.
08:22Et ensuite, il fait une affiche un peu à la Mitterrand.
08:25C'était aujourd'hui l'affiche, en tout cas, du Bourget, où on avait un peu plus le sentiment qu
08:29'il essayait de chercher à rassurer.
08:30Et c'est vrai que cette affiche, si vous la regardez, elle fait vraiment penser, évidemment, à la force tranquille
08:33de 1981.
08:35Donc, quel est le vrai Jean-Luc Mélenchon ?
08:37Il a deux visages, mais c'est un habile tacticien Jean-Luc Mélenchon.
08:40Il ne faut pas le sous-estimer.
08:41Et la charge qu'il fait là, à l'encontre de CNews et des médias Bolloré,
08:44elle est faite précisément pour antagoniser encore davantage le débat public,
08:50et provoquer délibérément, et durcir encore le face-à-face qu'il a avec Marine Le Pen, notamment.
08:56Il ne faut pas tomber dans ce piège-là.
08:57Il ne faut pas se laisser, je vais dire, hystériser par les oucas et les interdictions de Jean-Luc Mélenchon,
09:03sans compter que si demain, on en parlait, si demain, moi, je lance une pétition pour la fermeture du service
09:08public,
09:09je ne suis pas sûr que je n'obtiendrai pas le million de signatures assez rapidement.
09:11C'est une bonne initiative, Antonin.
09:13Ce que je veux dire, c'est que quand on commence à se lancer dans ce genre d'interdiction et
09:18d'oucas,
09:19comme le fait Jean-Luc Mélenchon, on se rapproche du fascisme.
09:22Il y a quelque chose qui est étonnant, c'est-à-dire qu'on parle de ces deux visages de
09:26Jean-Luc Mélenchon,
09:27mais d'une certaine manière, il a répondu lui-même à cette question pendant son meeting
09:31où il explique que certains de ses amis ou commentateurs voudraient qu'il mette de l'eau dans son vin
09:38et lui-même a répondu qu'il n'était pas prêt à faire la moindre concession, finalement, à ce qu
09:42'il présente comme le système.
09:43Donc, il va falloir cohabiter avec un Mélenchon ivre de rage jusqu'à la fin de la campagne, je le
09:53crains.
09:53En tout cas, on a un peu le sentiment que Mélenchon est en train d'absorber toute la gauche.
09:56Quatre députés communistes, dont leur chef de file Stéphane Peu et cinq élus ultramarins, ont rallié sa candidature.
10:02Le PCF a décidé de les mettre en dehors du parti.
10:04Fabien Roussel lui maintient sa propre candidature.
10:06Face à un Raphaël Glucksmann qui est hué dans les cortèges,
10:09est-ce qu'il impose véritablement son hégémonie à gauche, Raphaël Stenville ?
10:12Oui, mais il faut savoir ce que signifie véritablement cette hégémonie.
10:18Aujourd'hui, finalement, lorsque l'on regarde et qu'on comptabilise l'ensemble des forces de gauche
10:23sur les dernières élections présidentielles, ça ne pèse jamais plus que 30%.
10:26Donc, d'une certaine manière, et c'est Aquino Morel que nous interrogerons dans le JDD qui le dit,
10:31et je résumerai ça par une formule.
10:33En fait, il règne, effectivement, il est hégémonique, mais sur un désert.
10:36Ça ne suffit pas, ça ne suffit pas en tout cas, à envisager de pouvoir conquérir l'Élysée.
10:44Pour autant, effectivement, il a mis sous coupe sèche l'ensemble des partis jusqu'au Parti Socialiste
10:52qui, quand bien même il a comme candidat Raphaël Glucksmann,
10:58on le voit à travers un certain nombre de déclarations, évidemment, d'Olivier Faure,
11:01ne désespère pas de contracter des alliances pour pouvoir obtenir un certain nombre de sièges lors des prochaines législatives.
11:09Antonin André, une petite souris m'a dit que le JDD, demain, on allait en parler de Jean-Luc Mélenchon.
11:14Qu'est-ce qu'on pourra retrouver demain dans le JDD, notamment sur Jean-Luc Mélenchon ?
11:17On va revenir sur son meeting, d'abord, il faut quand même le dire, moi j'étais frappé au début
11:22de ce meeting,
11:22à quel point la brutalité, la violence, la dureté de Jean-Luc Mélenchon.
11:25J'avais l'impression d'avoir face à moi un dictateur du temps de l'Union soviétique.
11:31Une dureté, une dureté vraiment extrêmement... qui fait peur, d'une certaine façon.
11:36Même si après il alterne, parce que c'est un tribun remarquable,
11:38avec une rupture et un mot d'humour pour tout d'un coup faire baisser un peu la température
11:42et puis repartir ensuite sur des propos extrêmement rudes.
11:46On va effectivement revenir sur le fait qu'en fait il cannibalise toute la gauche.
11:49Il est en train d'éjecter Raphaël Glucksmann de la gauche, en le poussant dans les bras du bloc central.
11:53Il est en train d'absorber les communistes.
11:56Ce qui va se passer demain, et c'est en gros le message de Mélenchon,
11:59c'est tout ce qui n'est pas Mélenchon n'est pas la gauche.
12:01Donc ça c'est très impressionnant.
12:03Et puis évidemment on reviendra aussi sur le débat sur la censure et sur la tyrannie
12:10que la France Insoumise essaye d'insuffler aujourd'hui dans le monde politico-médiatique
12:14pour faire la loi.
12:16Et là encore, il faut quand même nommer les choses.
12:19Quand on est face à un parti politique qui dans une démocratie comme la nôtre
12:23veut instaurer la censure, la fermeture et cadenasser le débat public,
12:28on s'approche du fascisme.
12:30Alors restez bien avec nous Raphaël Stainville et Antonin André.
12:33On parlera de la censure notamment qui se matérialise à la gare Montparnasse en l'occurrence.
12:37On parlera également d'Emmanuel Macron qui atteint ses records d'impopularité.
12:40Il fallait le faire.
12:41A tout de suite sur Europe 1.