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  • il y a 3 ans
Avec Sébastien Durand, éleveur et vice-président FDSEA Ariège.

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##C_EST_DANS_L_ACTU_7-2024-01-21##

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Transcription
00:00 - Bon matin, week-end, 7h10, Jean-Marie Bordry.
00:03 - Vous écoutez Sud Radio, il est 7h46 précisément, on accueille notre invité Sébastien Durand.
00:07 Bonjour à vous !
00:08 - Bonjour.
00:10 - Bienvenue sur Sud Radio et merci de nous répondre de si bon matin.
00:13 Vous êtes le vice-président de la FDSEA, de l'Ariège, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles.
00:19 Vous avez passé la nuit avec la délégation qui a été reçue par le préfet de la Haute-Garonne.
00:25 Comment s'est passée la rencontre ?
00:28 - La rencontre peut être vite résumée.
00:31 Un préfet de région un peu plus à l'écoute que mardi dernier, un peu moins fermé,
00:38 mais par contre, aucune, aucune avancée.
00:40 On est au même point, à part une explication qu'il nous donne,
00:45 c'est que c'est des sujets, comme c'est de nombreuses revendications,
00:50 c'est des sujets très, très complexes, très techniques.
00:56 Je l'accorde, il a totalement raison,
00:58 mais il dit que ça demande beaucoup d'études, beaucoup de réflexion,
01:03 qu'on ne peut pas avoir des avancées en quelques jours.
01:06 Et c'est ça qui est inacceptable, on ne peut pas l'entendre.
01:10 L'agriculture, elle est en danger.
01:12 On n'a plus aucune trésorerie.
01:15 - Plus aucune trésorerie, justement.
01:16 Alors c'est important, même si c'est très technique,
01:19 que vous nous détaillez ce que vous avez demandé concrètement au préfet hier
01:23 et ce que vous attendez en fait du gouvernement.
01:25 Les revendications précises des agriculteurs en ce moment en Occitanie, c'est quoi ?
01:31 - Je ne veux pas noyer le public sur des termes techniques.
01:36 On a une succession de crises sanitaires, en premier, sur de l'élevage,
01:40 avec une maladie qui s'appelle MHE.
01:42 Ça touche les bovins, on le répète depuis quelques jours,
01:46 mais aucun dossier d'indemnisation.
01:49 Comment on peut faire pour s'en sortir
01:52 quand dans un département ou certaines parties de départements,
01:56 comme nous par exemple le Couseran,
01:58 où il y a 80% des troupeaux bovins touchés ?
02:00 Qu'est-ce qu'on leur explique aux jeunes ?
02:02 Parce que nous on est fédés, FEDE, GIA, c'est un bloc, Géne agriculteur.
02:06 - GIA, Géne agriculteur, Fédération, FNSEA ou FDSEA,
02:10 ça c'est un premier point, c'est l'urgence, c'est une maladie.
02:12 - Le second point, c'est l'eau. L'accès à l'eau pour tous les agriculteurs.
02:16 L'eau, c'est la vie.
02:19 Toutes les productions ont un besoin,
02:22 qu'on soit en bio, qu'on soit en conventionnel,
02:25 il y a besoin de l'eau pour avoir du rendement de la production.
02:28 S'il n'y a pas de production, il n'y aura pas de nourriture.
02:31 Mais ce n'est pas un problème, le gouvernement apparemment,
02:33 il a décidé d'aller le chercher dans d'autres pays.
02:36 Je vous donne un exemple, les troupeaux laitiers,
02:40 on les a anéantis ou quasiment en France,
02:43 on est en train de finir de les anéantir,
02:46 à partir du 1er janvier 2027, on n'est plus autonomes en lait.
02:49 - Et ça, ça va faire des complications encore supplémentaires.
02:52 - Sur les rayons des distributeurs, il y en aura toujours autant de lait.
02:56 - Oui, ça c'est vrai, mais ils ne viendront pas forcément de chez vous,
02:58 ça fait partie de vos inquiétudes.
03:00 Le préfet vous a répondu, Pierre-André Durand,
03:02 en disant qu'il n'était pas possible d'apporter des réponses dans l'urgence,
03:05 et qu'il demandait, en attendant que le travail se poursuive,
03:09 de lever les blocages. Est-ce que vous allez les lever ?
03:12 - Non, non, pas du tout. On tiendra,
03:14 parce qu'on veut une visite,
03:16 on veut un rendez-vous de Gabriel Attal en Occitanie,
03:19 pour lui expliquer l'agriculture de notre département,
03:22 parce qu'elle est très particulière, très diversifiée.
03:25 Mais là, on a parlé des crises sanitaires,
03:28 on a parlé de l'eau, mais c'est un tout.
03:32 C'est un tout, on a une inflation de normes,
03:35 une inflation de règles, que n'ont pas les autres pays,
03:39 et qui nous anéantisse complètement,
03:41 qui nous écrase l'agriculture en France.
03:45 Et ça, ça ne va pas.
03:47 - Alors, ça ne va pas non plus en Allemagne,
03:49 ça ne va pas non plus aux Pays-Bas,
03:50 on a vu les mouvements de vos collègues aussi,
03:51 ce qui signifie que des problèmes de normes, par moments, il y en a.
03:54 Parlons d'environnement, vous n'êtes pas du tout lié à cette action, en tout cas,
03:58 mais c'est important d'en parler aussi,
03:59 pour savoir ce que vous pensez de la suite de votre mouvement.
04:02 Est-ce que ça risque de dégénérer ?
04:04 J'aimerais revenir sur ce qu'on abordera après 9h,
04:06 ça s'est passé à Carcassonne, pas très loin de chez vous,
04:09 il y a un mouvement de grogne des vignerons, sur un sujet très particulier,
04:12 et il semblerait que des vignerons aient fait exploser un bâtiment vide de l'État,
04:18 un bâtiment du ministère de la Transition écologique.
04:21 Est-ce que vous condamnez ces actes-là, s'ils sont avérés ?
04:24 Est-ce que vous craignez que certains agriculteurs de votre mouvement à vous,
04:28 en viennent au même genre d'actes ?
04:30 - Non, moi je n'ai aucun commentaire sur cet acte-là,
04:33 parce que je ne connais pas du tout, du tout ce secteur.
04:36 Je parle de la viticulture, et de ce secteur là où le bâtiment a explosé.
04:42 Mais par contre, ce que je peux vous dire, que ce soit la FEDESOA ou l'IA,
04:46 même au nom de l'Occitanie, mais principalement moi du département,
04:50 on fera tout dans notre moyen pour que ça n'arrive pas.
04:54 Mais les gens sont à bout, ils sont désespérés.
04:58 Mais les agriculteurs, on nourrit la France,
05:02 donc on est fiers, je le dis souvent moi sur vos antennes,
05:05 on est fiers de la nourrir, on est des gens responsables,
05:09 on fera tout pour que ça ne dégénère pas.
05:11 Mais au bout d'un moment, quand on ne peut même pas se sortir,
05:17 on se sort moins de 1000 euros par mois,
05:20 au bout d'un moment, je comprends que les gens sont complètement désespérés,
05:24 au bord du précipice.
05:26 - Bon, mais en tout cas on reparlera d'une part du mouvement des agriculteurs,
05:30 puisque manifestement il ne va pas s'arrêter,
05:31 les blocages continuent du côté de Toulouse,
05:33 et vous appelez d'ailleurs tous ceux qui peuvent à vous rejoindre,
05:36 c'est important de le rappeler,
05:37 et puis on redonnera la parole aux agriculteurs,
05:39 y compris quand ça ira bien, d'ici le salon de l'agriculture, on a hâte en tout cas.
05:42 Merci beaucoup d'avoir pris la parole ce matin sur Sud Radio,
05:45 Sébastien Durand, vice-président de la FDSEA de l'Ariège,
05:49 et puis bon courage si vous êtes dehors, parce qu'il fait froid quand même en ce moment,
05:52 c'est important de le rappeler également, il est 7h52 sur Sud Radio,
05:55 tout de suite on remonte à Paris.
Commentaires

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  1. Sud Radio
    il y a 14 heures