00:00 Un mot sur la question de l'imprescriptibilité.
00:03 Nous savions que nous ne pourrions pas esquiver
00:07 de répondre à cette question.
00:09 Et nous avons pris trois ans pour y réfléchir
00:13 avec des anthropologues, des philosophes,
00:16 des juristes, des médecins.
00:19 C'est une préconisation qui s'insère dans un ensemble cohérent
00:22 de 82 préconisations.
00:24 Quand on y réfléchit,
00:26 les obstacles qui sont avancés pour s'y opposer
00:29 sont moins insurmontables qu'il n'y paraît.
00:32 On pourrait développer.
00:34 -Il y a la question de la difficulté de prouver, d'enquêter.
00:38 -C'est ce qu'on dit aussi... -C'est ce qu'on dit au bout de 10 ans.
00:42 -Je suis d'accord pour le fait de revenir sur cette question,
00:46 mais c'est l'argument qui est souvent donné.
00:49 -Il y a toujours un argument opposé aux victimes.
00:51 Quand elles déposent plainte, le lendemain,
00:54 on leur dit "pourquoi si vite ?"
00:56 Quand elles déposent plainte plusieurs décennies après,
00:59 on leur dit "pourquoi si tard ?"
01:01 Quand elles le disent clairement, on leur dit "pourquoi c'est clair ?"
01:04 Quand elles le disent sans dénommer l'agresseur,
01:08 on dit "pourquoi vous n'êtes pas courageuse ?"
01:10 Il y a toujours un obstacle.
01:12 Les preuves matérielles, physiques,
01:15 sont très rares.
01:17 C'est un mauvais argument.
01:19 Il n'y a en réalité pas beaucoup de bons arguments.
01:22 On voit que c'est beaucoup plus consensuel que ça.
01:26 Quand d'autres commissions proposent une indemnisation,
01:30 même si les faits sont prescrits,
01:32 c'est bien une imprescriptibilité de l'indemnisation.
01:35 Le seul problème, c'est l'imprescriptibilité
01:40 de la déclaration de culpabilité.
01:42 C'est toujours ça, le problème.
01:44 L'impunité des pédocriminels.
01:47 ...