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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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Transcription
00:00On va poursuivre notre émission, reprendre le fil de nos débats d'actualité.
00:05Je vous rappelle que notre invité politique ce soir fera sa rentrée sur BFM TV.
00:09Sa parole, je le dis, est attendue tant la pression politique est forte autour de lui.
00:13Ce sera Bruno Rotaillou, je lui poserai la question, que va-t-il faire ?
00:16Alors que certains appellent au rassemblement.
00:19Entendez par rassemblement, eh bien désistement.
00:22Pour ne pas avoir, disent-ils, un duel Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen.
00:26Donc ce sera l'heure de la grande clarification à partir de 20h30.
00:29Pour l'heure, vous les avez entendus, ces appels à la désobéissance civile.
00:34D'ailleurs, qu'est-ce que la désobéissance civile ?
00:37Ce serait en cas de victoire du rassemblement national.
00:40Véritablement, il y aurait de tels actes.
00:42Véritablement, il y aurait un risque, certains disent même, de troubles beaucoup plus graves.
00:47Qu'est-ce que cela dit de notre système démocratique du cœur, véritablement notre démocratie ?
00:52On va en parler, c'est notre thème incontournable ce soir.
00:58Merci.
01:01Nos invités s'installent.
01:03Je rappelle le contexte.
01:04Marine Tondelier, Mathilde Panot, les appels plus ou moins assumés, d'ailleurs,
01:07des formes de désobéissance civile en cas de victoire du RN.
01:11Eh bien, ces appels peuvent-ils infuser auprès de certains et être suivis ?
01:15Si Marine Le Pen s'impose, Marine Tondelier et Mathilde Panot, eh bien, sous-tendent par leur prise de position,
01:21en plus que cette désobéissance serait une forme de devoir, de résistance, même un élan patriotique.
01:27On va en parler parce que ça interroge quand même les fondements de notre démocratie.
01:31Et puis, il est intéressant de savoir, c'est un scénario tout à fait plausible en cas de victoire du
01:35RN.
01:35Que se passerait-il dans notre pays ? Eh bien, le soir même, le lendemain,
01:40est-ce qu'un scénario de la peur ou un scénario de science-fiction ?
01:43Pour en parler, je salue Rocaïa Diallo qui nous accompagne.
01:46Merci d'être là et bonsoir à vous.
01:49Vous êtes auteur, vous êtes réalisatrice et éditorialiste au Guardian.
01:53À vos côtés, Bruno Jeudy.
01:54Merci d'être là.
01:55Bonsoir.
01:55Éditorialiste politique chez BFM TV.
01:57Arthur Berda, merci également d'autres présences, éditorialiste politique chez nous et au Figaro.
02:03Je salue Olivier Babaud.
02:05Bonsoir.
02:05Merci d'être là, cher Olivier Essayiste, président de l'Institut Sapiens.
02:10Peut-être déjà, avant de vous demander s'il y a déjà eu des précédents, vous interrogez Rocaïa Diallo.
02:15Je dis parfois que ce sont des appels à la désobéissance plus ou moins assumés
02:19parce que quand on pousse la question, on voit bien quand même que ces élus politiques hésitent
02:24parce qu'elles mesurent aussi quelque part les conséquences.
02:27Est-ce que vous vous assumez ?
02:28Vous dites en cas de victoire du RN, une forme de désobéissance, c'est de la résistance.
02:32La désobéissance civile, c'est une longue tradition politique qui s'inscrit à la fois dans notre histoire
02:36et dans l'histoire internationale de l'émancipation et des droits.
02:40On vient de célébrer par exemple cette semaine les 30 ans de l'occupation de l'église Saint-Bernard à
02:45Paris en 1996
02:46où ceux qu'on appelait à partir de ce moment-là des sans-papiers ont occupé une église
02:49pour protester contre la politique migratoire qui était à l'œuvre à cette époque
02:53et pour demander la régulération de tous les sans-papiers.
02:55Donc à l'encontre du droit positif de l'époque, ces personnes ont décidé d'occuper un espace, une église
02:59pour demander aux politiques d'appliquer un droit plus clément à l'égard des personnes qui vivaient en France
03:05et qui travaillaient en France.
03:06Donc la désobéissance civile, c'est ça.
03:08C'est aussi le fait de proclamer des droits qui correspondent à une certaine philosophie.
03:12Alors c'est bien qu'on pose le débat et qu'on se demande qu'est-ce qu'un acte
03:16de désobéissance civile
03:17puisque moi dans mon esprit, vous allez me dire si c'est le cas, Arthur Barda,
03:19la désobéissance civile vient aussi par les fonctionnaires, les serviteurs de l'État
03:24qui, comment dire, le droit est clair sur ce sujet, c'est-à-dire l'obéissance hiérarchique
03:30est la règle dans la fonction publique et autrement dit le simple désaccord politique
03:34évidemment ne suffit pas à justifier ou ne pourrait pas justifier de tels actes.
03:38Donc ce n'est pas parce que je ne suis pas d'accord avec le prochain ou la prochaine présidente
03:41que moi, serviteur de l'État, je peux dire ah non, moi c'est la désobéissance.
03:45Et vous aurez remarqué que Jean-Luc Mélenchon, dimanche, a d'ailleurs déjà commencé à,
03:50je ne veux pas dire menacer, mais en tout cas à mettre en garde les préfets
03:52en leur expliquant que lui, président, il verrait ce qu'ils allaient voir.
03:56Je pense surtout moi que en réalité ce que cherchent à faire LFI en ce début de campagne,
04:00en cette rentrée de campagne présidentielle, et ils le font plutôt avec succès,
04:03c'est à faire de l'agite propre mais oratoire et donc à trouver chaque jour un nouveau thème
04:09pour occuper le débat, ils le font avec un certain succès.
04:12Qui a commencé à le faire en l'occurrence ?
04:14C'est Marine Tondelier, la première, qui a ouvert la voie à cette désobéissance civile
04:18en cas d'élection de Marine Le Pen.
04:18Elle a été suivie par Mathilde Panot sur BFM TV,
04:21mais Marine Tondelier, c'est tout à fait intéressant de l'entendre, elle, évoquer cette possibilité.
04:26Marine Tondelier, rappelons-le, elle est élue à Hénin-Beaumont.
04:28Elle en fait même d'ailleurs une blague, elle dit, il y a les deux Marines à Hénin-Beaumont.
04:32Marine Tondelier pour l'une, qui est élue d'opposition,
04:34et qui est l'autre Marine, évidemment, vous avez compris, c'est Marine Le Pen.
04:37Marine Le Pen, elle est députée d'Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais.
04:39Hénin-Beaumont, ville qui est tombée aux mains du front,
04:42devenue Rassemblement National depuis plusieurs années,
04:44où le RN a été réélu aux dernières municipales.
04:47Marine Tondelier, à Hénin-Beaumont, elle a été une élue d'opposition.
04:50Mais est-ce que ça peut infuser chez une partie des Français ?
04:53Est-ce qu'il y a un précédent ?
04:54Alors, je ne sais pas si comparaison vous raison,
04:56mais je me souviens, et je parle sur votre contrôle Bruno Jeudy,
04:58c'était pendant les législatives de mémoire de 2024,
05:02où il y a eu une pétition qui a été lancée
05:04par certains cadres de l'éducation nationale,
05:07et ils avaient dit qu'ils n'appliqueraient pas
05:10certaines mesures du RN,
05:13si véritablement ils venaient à gouverner.
05:15Oui, bien sûr, ça a existé, mais c'est assez sporadique.
05:19Sans être appliqué, forcément.
05:20Ça n'a pas été appliqué.
05:21Inversement, en 1981, on se souvient aussi de préfets,
05:24Philippe de Villiers, qui avaient quitté la haute fonction publique.
05:30On peut aussi donner comme exemple...
05:31Ça, c'est une liberté, quand même.
05:33Bien sûr, c'est une liberté.
05:33Mais on peut donner comme exemple plutôt les...
05:35C'est pour ça que je dirais qu'il y a deux formes de désobéissance,
05:38y compris entre Mathilde Panot et Marine Tondelier.
05:40Marine Tondelier, elle est issue de cette désobéissance civique écologiste.
05:44C'est-à-dire que c'est les actions où ils contestent,
05:47y compris la loi, la A69,
05:50et il faut reconnaître qu'on est sur une mauvaise fente,
05:52parce qu'on a bien vu que même les juges commençaient un peu
05:54la cour de cassation en janvier 2026.
05:57Elle donne presque raison dans sa décision
06:01qu'il peut y avoir, faire un lien.
06:04Donc, on est quand même sur une pente assez inquiétante
06:07et on voit bien qu'il y a une pression quand même
06:09de la gauche, de la gauche écologiste, de l'extrême-gauche.
06:12Avec Ankaïa Diallo, l'élection présidentielle, c'est pas une ZAD.
06:15Mais moi, je pense que...
06:16Il y a des règles.
06:17De toute façon, déjà, la dernière fois, mais l'avant-dernière fois,
06:20en gros, Jean-Luc Mélenchon, il n'était pas loin de contester le résultat.
06:25Donc, on voit bien qu'ils essaient de préparer un peu un terrain.
06:28Moi, je trouve qu'on est sur une pente, là, sitôt...
06:30Il y a encore des obéissances, c'est presque ça.
06:32Je pense que Bali Bagayoko, il n'a pas parlé de désobéissance civile
06:34en cas d'élection de Marine Le Pen.
06:36Souvenez-vous, qu'est-ce qu'il a dit ?
06:37Il a parlé d'un risque d'insurrection.
06:39Alors, c'est toujours facile.
06:40Quand on semble souhaiter quelque chose, mais qu'on ne veut pas le dire,
06:42on parle d'un risque de...
06:43Est-ce que c'est un risque, Rocaya Diallo, et je vous donne tout de suite la parole,
06:46Olivier Babo, que vous voulez, eh bien, voir arriver,
06:49ou est-ce que c'est un risque, au contraire, vous voulez vous en prémunir ?
06:53C'est la question.
06:54En tout cas, moi, je me réclame, à titre personnel,
06:56de l'héritage de la désobéissance civile.
06:57Mais pas de l'insurrection, rassurez-me.
06:59Pas de l'insurrection, mais la désobéissance civile.
07:00On a quand même, si on a le droit aujourd'hui, en tant que femme,
07:03d'accéder à l'avortement, il y a des gens qui ont bravé la loi,
07:05qui ont avorté des femmes contre la loi,
07:07et c'est de la désobéissance civile.
07:13Éclairé publiquement, être contrevenu à la loi,
07:15parce qu'on considère que le gouvernement propose des mesures
07:19qui sont attentatoires aux libertés fondamentales,
07:21à l'égalité, et potentiellement à la volonté populaire.
07:26Il y a des manifestations pour une mesure.
07:28Pour obtenir, pour arracher des droits.
07:29Ce n'est pas des manifestations, on fait quelque chose qui est illégal.
07:31Pour obtenir, pour arracher des droits sociaux, sociétaux, ou autre que sais-je.
07:35C'est une chose.
07:36Là, on parle de contester le résultat des urnes.
07:38Non, de contester.
07:39En fait, pardon, si je peux me permettre, c'est juste que, en fait,
07:41la crainte qu'on a par rapport à l'arrivée du RN au pouvoir,
07:44c'est qu'ils mettent en place des dispositifs
07:46qui entravent les droits d'une partie de la population
07:48et qui menacent les principes d'égalité et de liberté fondamentale.
07:51Par exemple, la priorité nationale,
07:52c'est remettre en question la Constitution
07:54et c'est remettre en question un certain nombre de traités internationaux
07:56que nous avons cités.
07:57Alors, si c'est anticonstitutionnel, vous n'allez pas vous inquiéter ?
07:59Non, parce qu'en fait,
08:01ça veut dire qu'en fait, ils veulent modifier la Constitution.
08:03C'est ce que veut faire le RN.
08:04Oui, mais si elle est modifiée.
08:04C'est ce qu'ils veulent faire.
08:05Non, mais ce que je veux dire,
08:06c'est qu'on peut considérer qu'il y a des droits fondamentaux
08:11qui sont dans les traités qu'on a signés
08:13et le fait de les remettre en question,
08:14c'est un danger pour une partie de la population.
08:16Je trouve que le débat n'est pas illégitime,
08:18mais il est un peu inquiétant.
08:19On est à la veille d'une année présentielle
08:21extrêmement importante et puis de législative.
08:24Il faut quand même réexpliquer aux Français la règle du jeu,
08:26qui est celle du débat démocratique.
08:28Ce n'est pas toujours le candidat qu'on préfère qui va être élu,
08:30ce n'est pas toujours le programme qu'on préfère,
08:32mais le jeu démocratique fait qu'une fois qu'on a débattu
08:35et qu'on a été battu,
08:37on est obligé d'accepter que des mesures
08:38avec lesquelles on n'est pas d'accord,
08:39dans le cadre de la loi,
08:41dont vous avez bien rappelé que son sommet
08:43est évidemment la Constitution,
08:45qui peut changer, qui peut évoluer,
08:46dans des conditions, elles aussi, prévues par la Constitution,
08:50et que, évidemment, des mesures peuvent être prises.
08:53Je trouve que c'est très inquiétant, effectivement,
08:55de confondre des accords tout à fait légitimes
09:00avec contestation du fruit
09:02et du résultat des élections,
09:03avec toute cette idée qu'on a entendue, d'ailleurs, à gauche,
09:06le pouvoir, la rue peut décider,
09:09c'est à la rue de faire quelque chose,
09:10contre un système de décision collectif,
09:13qui est imparfait, certes,
09:15mais qui a le mérite, justement,
09:16d'organiser ces désaccords, qu'on le veuille ou non.
09:18– Mais je voudrais rappeler quand même un point,
09:20parce que, imaginons, à Londans,
09:21c'était un scénario plausible,
09:23le rassemblement, on arrive au pouvoir,
09:24le rassemblement national,
09:25il y a des actes de désobéissance civile.
09:27Je fais la différence avec des manifestations
09:29et des rassemblements, fort heureusement,
09:30dans notre pays.
09:32Mais, pardonnez-moi,
09:33que vont dire tous ces autres Français
09:36et ces millions de Français majoritaires
09:37qui auront voté pour le rassemblement national ?
09:39Eux aussi, alors,
09:40peuvent aussi aspirer à des actes de désobéissance civile.
09:42Vous arrivez à quoi, dans ce cas-là, dans notre pays ?
09:44Et je pense que vous êtes animés par la même passion que moi,
09:47qu'on est un pays, finalement,
09:48qui reste, évidemment,
09:50j'allais dire, où on peut vivre.
09:51Alors, moi, je fais vraiment une différence
09:53entre le fait de débattre d'idées
09:54et le fait de voir appliquer des mesures
09:56qui peuvent être des atteintes fondamentales
09:58à nos droits.
09:58Alors, ce qui est au-dessus,
09:59ce n'est pas la Constitution,
10:00mais les traités internationaux
10:00qui garantissent, en fait,
10:04dans la hiérarchie des normes,
10:05ce sont les traités internationaux
10:08auxquels sont soumis les lois.
10:10Et le fait est que
10:12ce que propose le rassemblement national,
10:13c'est justement d'infléchir
10:14la hiérarchie des normes
10:15et de permettre aux lois
10:17qu'ils vont faire voter
10:18de ne plus avoir à respecter
10:19les traités internationaux.
10:20Sauf que les traités internationaux,
10:22ils garantissent nos droits humains,
10:23les droits des minorités,
10:25les droits des LGBTQIA,
10:26les droits des enfants.
10:27Mais c'est projet contre projet.
10:28À un moment donné,
10:28on peut aussi, en tant que citoyen,
10:29le match, c'est jamais le lendemain.
10:31Oui, mais la philosophie républicaine,
10:32c'est...
10:32En fait, si la République
10:33est celle qu'elle est aujourd'hui,
10:34c'est parce qu'il y a des gens
10:35qui ont des obéis.
10:35On n'aurait jamais eu le droit de vote
10:36en tant que femme
10:37si des femmes n'avaient pas des obéis.
10:39On n'aurait jamais eu le droit...
10:39Mais ce n'est pas la même chose.
10:41Bien sûr que ça.
10:41Mais non, mais non.
10:42La priorité nationale,
10:43c'est une entrave aux droits des droits des droits des droits.
10:44Mais le Rassemblement national
10:45propose de la faire exprimer
10:46non pas ni par les sages
10:48du Conseil constitutionnel,
10:49ni par les traités internationaux,
10:51par l'expression du peuple souverain.
10:52Ça me paraît quand même surprenant,
10:54ou en tout cas inquiétant à tout le moins,
10:55qu'on n'en arrive pas à tomber d'accord
10:56sur le fait que l'expression du peuple souverain
10:58est celle qui...
10:59C'est le pire des systèmes
11:00à l'exception de tous les autres.
11:01Et celui-là ne vous convainc
11:03ou ne vous convient pas ?
11:04Je pense qu'on a le droit de protester
11:05si on considère qu'il y a des mesures
11:07qui contreviennent à la philosophie républicaine.
11:09Vous parlez déjà de l'élection possible de Marine Le Pen.
11:11Vous vous passez dans l'après-élection.
11:13Dans les mesures, en fait, qui vont être appliquées.
11:14Donc dans l'après-élection.
11:15La désobéissance viendrait en fonction de l'application du programme.
11:18Oui, absolument.
11:18D'accord.
11:18Ce n'est pas tout à fait pareil que ce que tu veux.
11:20Écoutez le choix des mots.
11:21J'insiste sur ça depuis quelques jours.
11:23C'est très important le choix des mots qu'on utilise
11:24parce qu'il dit beaucoup, évidemment,
11:26des actions que l'on peut préparer
11:27ou de la manière à laquelle on appréhende notre pays,
11:30une démocratie, ce qui peut se passer.
11:35C'est-à-dire qu'il faut, évidemment.
11:36C'est vers quoi résister ?
11:37C'est-à-dire que s'opposer de toutes les manières possibles.
11:39Vous savez, même la désobéissance aujourd'hui,
11:41on la soutient.
11:42Même sous Emmanuel Macron.
11:44Mais ce que je veux dire, c'est que Marine Le Pen,
11:45si elle est élue par une majorité des Français,
11:48est-ce que vous direz, c'est le jeu, elle est élue ?
11:50Non, ce que nous faisons à ce moment-là,
11:52c'est, en ce moment, d'empêcher de toutes nos forces
11:55que l'extrême droite puisse gagner dans ce pays.
11:57La question fondamentale, je pense, qui se pose, Bruno Jeudy,
12:00c'est jusqu'où, en fait, accepter le verdict des urnes ?
12:03Je ne pensais jamais la poser, cette question.
12:05C'est-à-dire, est-ce qu'il y a une limite ?
12:07Mais même, on peut prendre à l'inverse.
12:08Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi un scénario qui est tout à fait plausible,
12:12est élu.
12:12Dans les deux cas...
12:14Que pourrait faire une partie de la France ?
12:15Dans les deux cas, évidemment, on est dans de l'hypothétique.
12:18Dans les deux cas, ça provoquerait, évidemment,
12:20beaucoup de...
12:21Une énorme contestation, parce que...
12:24Extrême contre extrême, forcément, ça crée
12:28un magma de contestation qui sera très important,
12:30que ce soit l'extrême droite ou l'extrême gauche.
12:33Et l'éclipse des forces centrales sera...
12:38Est-ce que vous en êtes si sûr ?
12:39Est-ce qu'on ne peut pas parier ?
12:40Et moi, je suis sûre que vous faites le parier comme moi.
12:44Je vais dire l'intelligence...
12:45Enfin, je vais dire l'attachement à la démocratie des Français.
12:49Je ne suis pas si sûre.
12:50Je ne suis pas aussi sûre que vous, vraiment, de tout cela.
12:52Je pense qu'entre forte contestation, sidération,
12:58viendra un moment de forte contestation dans les deux cas.
13:01Après, il y a l'élection et il y a la mise en œuvre du programme.
13:06Ça, c'est encore autre chose qui peut provoquer, à ce moment-là,
13:09d'autres formes de contestation.
13:11Mais dans l'élection, je crois qu'il y aura d'abord une énorme sidération,
13:15d'avoir une énorme contestation.
13:17On a vu des exemples de contestation, il y a quelques temps,
13:21de manière contemporaine, par rapport à des politiques qui étaient mises en œuvre.
13:24On se souvient, par exemple, que quand Nicolas Sarkozy a été élu
13:26sur un programme qui était extrêmement hostile à l'immigration,
13:28des réseaux de solidarité aux immigrés qui se sont organisés,
13:30le réseau égalité.
13:31C'est exactement ça.
13:32C'est-à-dire que si on est dans un pays,
13:33où moi, je pense à ce qui est en train de se passer aux États-Unis,
13:36où le gouvernement décide d'organiser la traque des personnes
13:38qui n'ont pas de papier,
13:39eh bien, peut-être que les citoyens décideront d'engager chez eux.
13:41Justement, vous dites qu'il y a une traque,
13:43comme vous dites, des migrants.
13:43Oui, c'est la désobéissance civile, oui.
13:45Mais oui, mais pardonnez-moi, c'est aussi une volonté populaire qui est derrière.
13:48Oui, mais on a le droit de se dire que c'est inhumain
13:49et que c'est contraire au principe de fraternité.
13:51Mais dans ce cas-là, avancer sur un plan de vue démocratique,
13:54intellectuel, et gagner la bataille des idées,
13:56si vous l'avez perdue.
13:57Il y a des urgences vitales quand on a des enfants,
13:59des parents, des familles qui se sont séparées.
14:01Est-ce que vous comprenez que pour les autres Français,
14:03il y a aussi l'urgence vitale de la maîtrise de l'immigration, par exemple ?
14:05Oui, sauf qu'en fait, si la maîtrise de l'immigration
14:07contrevient à ce point à la solidarité nationale
14:09et au principe d'égalité, on peut aussi se dire
14:11que ce n'est pas la République qu'on veut.
14:12Et on peut effectivement décider de gâcher des personnes,
14:14par exemple, chez soi.
14:15Olivier Babaud ?
14:16C'est intéressant de remarquer que la constitution américaine,
14:19le fonctionnement, le système américain,
14:20a pris en compte la nécessité pour une nouvelle équipe
14:22d'orienter les dirigeants de l'administration
14:26avec les nouvelles décisions populaires
14:29de la personne qui a été élue.
14:30Ce qu'on appelle le système des dépouilles,
14:32le spoil system.
14:33Et on est nombreux en France à expliquer
14:35que c'est ce qui nous manque,
14:35c'est-à-dire qu'on a besoin de hauts fonctionnaires
14:38qui changent et qui s'adaptent
14:39pour être, non pas à la coupe du pouvoir,
14:42mais dans le même sens,
14:43parce qu'on comprend en fait qu'une administration,
14:46qu'une bureaucratie peut en fait faire obstacle
14:48à la décision des urnes, tout simplement.
14:50Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs averti dimanche
14:52sur ce point-là, par rapport au préfet,
14:54il y a eu des propos qui étaient assez tranchés.
14:59Ben non, mais dites-les les choses,
15:00c'est une forme de menace ?
15:01Oui, bien sûr, tranché au sens menaçant.
15:03Écoutez, moi ce que j'ai envie,
15:04c'est qu'on soit équilibré
15:06quel que soit vraiment d'un bord ou l'autre.
15:08Si Marine Le Pen avait dit cela sur les préfets,
15:10qu'est-ce serait-il passé ?
15:12Ben, il y aurait eu une polémique charité.
15:16Ben, pour sûr, c'est évident.
15:16Si Jean-Luc Mélenchon le dit,
15:18il faut aussi qu'on s'intéresse.
15:18Oui, c'est évident, mais oui.
15:20Rocaille à diallo, soyons honnêtes.
15:21Jean-Luc Mélenchon dit régulièrement.
15:22Les préfets sont des serviteurs de l'État,
15:24ils ont sans doute une couleur politique,
15:26mais c'est pas pour autant qu'il faut les mettre au pas.
15:28Oui, d'ailleurs, le ministre a réagi.
15:29Il a réagi, Laurent Nunez.
15:31Oui, absolument.
15:31C'est-à-dire que les propos de Jean-Luc Mélenchon
15:32ne resteront sans doute pas sans suite.
15:34Alors, je ne sais pas s'il se passera des choses
15:36sur le terrain judiciaire,
15:37en tout cas sur le terrain politique.
15:39Les propos de Jean-Luc Mélenchon
15:40ont suscité la controverse
15:41qu'ils appelaient et qu'ils exigeaient.
15:42C'est vrai qu'en général,
15:43Laurent Nunez, il fait plutôt ce qu'il dit.
15:45Quand il dit que ceux qui ont tenu
15:48des propos anti-russes, par exemple,
15:50il exécute ce qu'il dit.
15:52Il vient de le faire avec Mme Federova.
15:54Donc, je pense que quand il avertit Mélenchon
15:56sur la question des préfets,
15:58c'est le seul qui a réagi.
16:01Et donc ?
16:03Je pense que c'est le minimum qui puisse faire.
16:05Ne pensons pas trop loin aussi
16:06la judiciarisation de débats politiques,
16:09parce que Jean-Luc Mélenchon
16:10est aussi un candidat.
16:12Oui, bien sûr.
16:12Non, mais il a le droit.
16:13Il a le droit.
16:14Mais huit mois avant,
16:15il commence déjà à mettre la pression
16:17sur les préfets.
16:20Laissons passer la campagne
16:22avant de s'en prendre aux préfets.
16:24Madame Messina,
16:24c'est que la campagne déjà se passe,
16:26qu'il soit projet contre projet.
16:27Donc, je suis ravie de vous accueillir également
16:29au cas de Diallo
16:30dans ce tour de table.
16:32Merci.
16:32On continuera certainement d'en parler,
16:34parce que je crois que la pression va grandissante.
16:36On posera la question d'ailleurs
16:37dans quelques instants à notre invité,
16:39parce que peut-être que les patrons,
16:41sans doute, le MEDEF,
16:43comme on l'appelle,
16:43lui a été patron des patrons,
16:44aura à travailler ou pas,
16:46soit avec Marine Le Pen,
16:48Jean-Luc Mélenchon,
16:49un autre candidat du Bloc central.
16:50Je pense que ce sera plus naturel.
16:52On va poser la question à Geoffroy Roux-de-Bézier
16:55dans quelques instants.
16:55Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire
16:56sur le blues des patrons.
16:57Il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire.
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