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  • il y a 6 jours
Policier

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00:07Quand on était petit, c'était un chouette quartier.
00:11Mais maintenant, je ne viendrai pas me promener ici tout seul la nuit.
00:16Je suis toujours sur mes gardes, ça m'est resté.
00:19Je veux éviter les ennuis.
00:24Je ne peux pas revivre ça.
00:28Les appels aux urgences se succèdent ce soir-là.
00:31Ça a explosé.
00:33Tout à coup, un homme sort de l'ombre.
00:36Il a pointé son arme sur un des enfants.
00:39C'est monstrueux.
00:41Mon frère a été arrêté.
00:43J'avais la tête qui tournait, c'était surréaliste.
00:47Je ne pouvais pas le croire, c'était une erreur.
00:50Personne n'a remis en question son identification.
01:20Je m'appelle Cynthia Sands.
01:22Je suis directrice éditoriale de notre magazine.
01:26Cette affaire est à l'intersection des faits divers et des problèmes de société.
01:31D'un côté, on a un meurtre.
01:33De l'autre, un homme qui clame son innocence.
01:38Alors la justice a-t-elle été rendue ?
01:42Parfois, le dénouement se fait attendre.
01:49Je m'appelle Thomas Vence.
01:52Je suis avocat dans le comté de Lake, dans l'Indiana.
01:56Dans les années 50 et 60, la ville de Gary a connu une période de prospérité grâce à l'industrie.
02:04Les usines sidérurgiques attiraient énormément de gens qui venaient de partout aux Etats-Unis pour trouver un emploi.
02:12Mais cette période dorée s'était soufflée progressivement.
02:18A partir des années 70, les familles en difficulté s'installent dans des quartiers comme Glen Park, où les logements
02:24sont plus abordables.
02:27A l'origine, le quartier de Glen Park était l'un des plus stables.
02:31Mais finalement, la criminalité a explosé.
02:37Je m'appelle Scott King, je suis avocat.
02:41A la fin des années 80, on assiste à l'arrivée en force du crack.
02:46Et l'augmentation des crimes violents, à partir du début des années 90, en est la conséquence.
02:53A cette époque, il y avait au moins une centaine de meurtres par an.
02:58Parmi les familles tentant de survivre dans cet environnement difficile, il y a la famille Donald.
03:06Je m'appelle Willie Donald, mais on me surnomme Timmy.
03:12J'ai grandi dans le quartier de Glen Park, à Gary, dans l'Indiana.
03:16Notre famille était plutôt pauvre, mais unie.
03:22Je m'appelle Sheila Hopkins, je suis la sœur de Willie, Timmy Donald.
03:28Je m'appelle Dan Hopkins, je suis le beau-frère, le mari de Sheila Hopkins.
03:35On a grandi dans des logements sociaux, avec des allocations.
03:39Mais on n'a pas réellement souffert de la pauvreté.
03:43Ma mère s'occupait très bien de nous, on n'a jamais manqué de nourriture,
03:47et on était habillés comme les autres enfants à l'école.
03:52En tant qu'aînée, j'étais responsable de tous mes frères et sœurs.
03:57Et Timmy, on lui pardonnait beaucoup.
04:00Comme j'étais le seul garçon, mes parents étaient plutôt indulgents.
04:07Quand on était petit, je lui ai appris à jouer au baseball.
04:11Et il a rejoint l'équipe de baseball de l'école.
04:15Je rêvais de devenir pro et de jouer pour les Chicago Cubs.
04:23Bernard Jiménez, un autre fan des Chicago Cubs,
04:27habite dans le même quartier que les Donalds.
04:29Et il travaille dans une station service familiale
04:31pour subvenir aux besoins des trois filles de sa fiancée, Kimberly Belinsky.
04:37La plus jeune n'est âgée que d'un an.
04:43Ces deux familles vont voir leur vie basculer dans la soirée du jeudi 27 février 1914.
04:55Il est un peu plus de 21h lorsque Bernard Jiménez rentre chez lui avec sa famille
05:00après avoir fait du shopping.
05:02Tout à coup, un homme sort de l'ombre.
05:05Et il brandit une arme.
05:08Bernard pousse Kimberly et les enfants à l'intérieur.
05:11Mais c'est trop tard.
05:13Il a pointé son arme sur un des enfants.
05:18Bernard crie à Kimberly de rentrer et d'aller chercher son pistolet.
05:24Là, Kimberly entend des coups de feu.
05:29Elle se précipite dehors et voit Bernard affalé par terre devant la porte du voisin.
05:36Une ambulance arrive.
05:38Bernard est pris en charge.
05:39Mais son état est grave.
05:41Il est emmené d'urgence à l'hôpital Sainte-Mérie.
05:44Kimberly ne peut pas l'accompagner.
05:46Des inspecteurs veulent lui parler.
05:48Deux inspecteurs de police sont sur place.
05:51L'inspecteur principal s'appelle Bruce Outlaw.
05:54Et l'inspecteur adjoint s'appelle John Jelks.
05:59Les inspecteurs interrogent Kimberly à l'intérieur de la maison.
06:03Mais elle est hystérique.
06:04Il lui demande d'essayer de se calmer pour décrire l'agresseur.
06:09Elle a décrit un individu afro-américain.
06:13Un homme plutôt mince, avec des cicatrices d'acné sur le visage.
06:18C'est un individu ni très grand ni très petit.
06:21Plutôt de corpulence moyenne.
06:24Elle dit qu'il porte un bob noir, un bandana rouge et une veste en cuir noir.
06:29Elle lui donne la vingtaine.
06:31Les policiers vont voir les voisins pour demander s'ils ont vu ou entendu quelque chose.
06:36Et ils commencent par la famille qui vit de l'autre côté de la rue.
06:40Le voisin dit au policier qu'il a entendu Bernard frapper à la porte en criant à l'aide.
06:45Et après ça, des coups de feu.
06:51Un autre voisin dit qu'il a vu un homme noir partir en courant.
06:57Mais il ne peut pas donner plus de détails.
07:02Quinze minutes plus tard, l'inspecteur Outlaw est informé que Bernard a succombé à ses blessures.
07:09Pour la police de Gary, l'affaire est désormais un homicide.
07:14Les policiers prennent des photos de la scène de crime et cherchent des douilles vides par terre.
07:22Mais ils ne trouvent rien.
07:25Les inspecteurs remarquent un banc que Bernard a jeté sur son agresseur pour tenter de protéger sa famille.
07:31Mais la surface est trop rugueuse.
07:33Il n'y a pas d'empreinte dessus.
07:35Et le tueur n'est pas parvenu à rentrer dans la maison.
07:38Il n'y a donc pas d'empreinte non plus à l'intérieur.
07:45Les policiers vont chercher les vêtements de Bernard à l'hôpital et les ramènent au commissariat.
07:52Lorsque les policiers passent en revue les pièces à conviction, ils prennent la veste de baseball.
07:59Et une douille vide de calibre 25 s'en échappe.
08:03Ils l'envoient au laboratoire de balistique.
08:06Ce soir-là, les appels se succèdent au commissariat.
08:10Plusieurs vols sont signalés.
08:11Et tous ont eu lieu à proximité immédiate de l'endroit où Bernard Rimenez a été abattu.
08:19À 20h20, une femme sort de sa voiture sur la rue Virginia lorsqu'un inconnu portant des vêtements sombres s
08:25'approche.
08:26Il la menace d'une arme et la dévalise.
08:29Dix minutes plus tard, une autre jeune femme est dévalisée dans la même rue un peu plus au nord, au
08:34croisement de la 39e avenue.
08:37Peu de temps après, il y a une troisième agression juste à côté.
08:41Rhonda Williams est dévalisée chez elle, dans la rue Connecticut.
08:47Peu de temps après, à 21h15, Bernard Rimenez est abattu devant chez lui.
08:55Même le meurtre ne met pas fin à la flambée de violences.
09:00À 21h28, une policière et sa fille sont dévalisées en rentrant chez elle, dans la rue Pennsylvania.
09:06Là encore, c'est dans le quartier de Glen Park.
09:14Le lendemain, l'inspecteur Outlaw lit le rapport de police sur le vol subi par Rhonda Williams, juste avant le
09:21meurtre de Bernard.
09:22La jeune femme a donné une description du suspect très proche de celle faite par Kimberly Belinsky.
09:32Les deux témoignages sont cohérents, notamment pour les vêtements, puisque Rhonda Williams mentionne un chapeau qu'on appelle Kangol, je
09:40crois, et une veste noire.
09:43L'individu serait de taille moyenne et il aurait des cicatrices d'acné sur le visage.
09:48Ces informations mènent à penser que la série de vols et l'homicide ont été commis par un seul et
09:53même individu.
09:59Lorsque la nouvelle se répand dans le quartier, beaucoup d'habitants prennent peur.
10:04Ils craignent de croiser le chemin du tueur.
10:08Je me souviens avoir dit à Timmy et sa copine d'être prudents.
10:12Faites attention quand vous vous promenez dans le quartier.
10:16Les policiers se mobilisent pour retrouver le dangereux criminel.
10:20Mais pour l'instant, ils n'ont pas d'autre piste que le signalement du suspect donné par les témoins
10:24oculaires.
10:28Le 28 février, l'inspecteur Outlaw appelle Rhonda Williams pour lui demander ce qu'il s'est passé le soir
10:34de son agression.
10:37Rhonda dit aux policiers qu'elle était seule le soir du 27 février.
10:42Et vers 21h30, elle a entendu quelqu'un frapper à la porte.
10:50Il l'a poussé et il est entré de force.
10:55Elle se retrouve née à née avec un pistolet de calibre 22.
10:59Elle est terrifiée.
11:02L'inconnu lui a dit d'aller dans la chambre.
11:04Il lui a mis un oreiller sur le visage.
11:07Il a dit qu'il allait lui mettre une balle dans la tête si elle ne donnait pas son argent.
11:15Au bout de 15 minutes, l'homme s'apprête à quitter l'appartement tout en gardant l'arme en main.
11:21Il dit à Rhonda d'attendre avant d'appeler la police.
11:24Et il ferme la porte derrière lui.
11:27Rhonda est terrifiée.
11:28Il pourrait revenir.
11:31Donc elle prend son téléphone et s'enferme dans la salle de bain pour appeler la police.
11:39Tous les témoins décrivent le suspect de la même façon.
11:43Un individu mince a la peau noire claire.
11:47Et tous les témoins mentionnent un visage grêlé ou avec des cicatrices.
11:52L'inspecteur Outlaw pense qu'il s'agit d'un récidiviste.
11:55Donc il veut montrer des photos d'identité judiciaire aux victimes tant que leur mémoire est fraîche.
12:01Le 2 mars, soit 4 jours après la mort de son fiancé, Kimberly Belinsky arrive au commissariat de la ville
12:09de Gary.
12:12Kimberly regarde des centaines de photos et s'attarde finalement sur l'une d'elles.
12:18Le numéro 41-357.
12:22William Donald.
12:25Kimberly dit aux policiers que c'est probablement cet individu qui a tué Bernard.
12:31Rhonda Williams doit elle aussi passer en revue des centaines de photos.
12:34Et elle désigne le numéro 41-357.
12:37William Donald.
12:40L'inspecteur Outlaw prend la photo et il la met au milieu d'une série avec 5 autres individus.
12:47Il montre cette série de photos à deux autres victimes,
12:50mais elles ne parviennent pas à identifier William Donald comme leur agresseur.
12:55L'inspecteur Outlaw est quand même encouragé par le fait que deux témoins ont formellement identifié William Donald.
13:02Et en l'absence d'autres pistes, il décide de poursuivre l'enquête dans cette direction.
13:08L'inspecteur Outlaw découvre que William Donald a été arrêté le 19 mai 1989 pour vol de voiture, mais jamais
13:15inculpé.
13:18Il découvre également qu'un mandat d'arrêt a été émis le 20 décembre 1990 au nom de William Timmy
13:25Donald.
13:27Monsieur Donald avait commis une infraction routière et il ne s'était pas présenté au tribunal.
13:33Dans les années 90, on émettait un mandat d'arrêt dans ces cas-là.
13:36Pas pour l'infraction routière, mais parce que le défaut de comparution constituait un outrage au tribunal.
13:45Le 3 mars, l'inspecteur Outlaw vient au domicile de la famille Donald avec d'autres policiers.
13:55J'étais à la maison en train de regarder une émission sportive quand on a frappé à la porte.
14:03C'était la police.
14:04Je me suis dit que c'était peut-être parce que mon neveu avait fait des bêtises.
14:13La police a encerclé la maison.
14:17On n'avait aucune idée de ce qu'il se passait.
14:22Les policiers ont dit que je devais venir au commissariat.
14:25J'ai demandé pourquoi et ils ont dit, on a un mandat d'arrêt à cause d'un stop que
14:30vous avez grillé.
14:32Là, j'ai dit, il y a vraiment besoin de toutes ces voitures de police juste pour une infraction routière
14:36?
14:38Ils ont dit que j'avais été identifié dans une série de photos.
14:43Mais ils ne m'ont pas dit de quoi j'étais suspecté.
14:48Le soir même, l'inspecteur Outlaw organise une parade d'identification avec plusieurs personnes qui étaient déjà en garde à
14:55vue.
14:56Donald et les autres sont placés côte à côte face à un miroir sans teint.
15:01Les policiers demandent à Kimberly Belinsky, Rhonda Williams et une autre victime
15:06de venir voir la parade d'identification.
15:09Parmi les victimes du 27 février, il y a une policière qui s'appelle Mary Banks
15:15et qui a déjà une longue expérience dans les forces de l'ordre.
15:20Elle regarde les individus côte à côte
15:23et grâce à son sens de l'observation, qui est probablement plus aiguisé en tant que policière,
15:29elle dit que son agresseur n'est pas parmi eux.
15:34Ronda Williams arrive elle aussi au commissariat pour essayer d'identifier son agresseur.
15:39Elle est tellement nerveuse qu'elle vomit dans les toilettes.
15:42Les policiers essaient de la calmer, puis ils lui montrent la parade d'identification.
15:46Rhonda désigne le numéro 4, c'est-à-dire Willie Donald.
15:52Kimberly Belinsky arrive à son tour au commissariat.
15:56Et elle aussi identifie formellement le numéro 4,
15:59qui serait donc le meurtrier de son fiancé, Bernard.
16:05Willie a été identifié par les deux témoins
16:07qui avaient déjà désigné sa photo d'identité judiciaire.
16:12Un policier m'a dit que deux victimes m'avaient formellement identifié comme leur agresseur
16:17et que j'étais suspecté d'avoir commis une série de vols et un meurtre.
16:21J'avais la tête qui tournait. C'était surréaliste.
16:26Je n'ai même pas pu téléphoner à ma famille.
16:30Et j'ai passé la nuit en cellule.
16:32Mais je continuais de me dire qu'ils allaient se rendre compte de leur erreur
16:36et que j'allais être libéré.
16:40Le lendemain, le 4 mars, la police perquisitionne la maison des Donalds
16:44à la recherche d'indices permettant de faire le lien entre Willie Donalds
16:47et l'agression meurtrière.
16:50Les policiers ne nous ont rien expliqué.
16:55Ils ont dit qu'ils avaient un mandat, mais ils ne l'ont pas montré.
17:00Ensuite, ils sont rentrés
17:02et ils ont tout saccagé dans la maison.
17:06Ils n'ont rien trouvé.
17:08Pas d'armes, aucun des vêtements portés par l'agresseur
17:12ni les produits des vols.
17:15La perquisition n'a fourni aucun indice permettant d'incriminer Willie Donalds.
17:21Après la perquisition,
17:23Sheila apprend que Willie est inculpé d'une longue liste de crimes,
17:27notamment de meurtres,
17:28de coups et blessures graves
17:30et de vols à main armée.
17:34Quand on l'a appris,
17:37c'était plus qu'un choc.
17:40Je n'arrivais pas à le croire.
17:42On était dans un tel état que...
17:46Je ne trouve pas les mots.
17:48Honnêtement, j'étais vraiment sous le choc.
17:52J'étais sous le choc.
17:54Donc je me suis dit que ça devait être une erreur d'identité.
17:57On savait que Willie n'était pas capable de choses pareilles.
18:00C'était une erreur.
18:02Willie n'avait jamais eu d'ennuis judiciaires.
18:06Il n'avait jamais été arrêté.
18:08Aucun problème avec la police
18:10ou avec la justice.
18:13En fait, l'arrestation pour vol de voiture
18:15à la suite de laquelle Willie Donald avait été pris en photo
18:18n'avait pas mené à une inculpation.
18:24La voiture appartenait à l'oncle d'un ami.
18:29Malheureusement, on a été contrôlé
18:30et le policier a cru qu'elle était volée.
18:34Les policiers les ont arrêtés,
18:36ils ont pris leurs empreintes
18:37et ils ont fait des photos.
18:39Mais le propriétaire du véhicule
18:41était l'oncle du conducteur,
18:43cet ami de Willie Donald.
18:46Son oncle a montré les papiers du véhicule
18:48et j'ai été libéré.
18:50Il n'y a pas eu d'inculpation.
18:54Mais les empreintes et les photos
18:56sont restées dans les dossiers de la police.
18:59Et quelques temps plus tard,
19:01le cliché a été inclus
19:03dans une séance d'identification photographique.
19:08Mon frère n'avait jamais eu d'ennui avec la police.
19:11Mais là, c'était grave.
19:14Donc la famille s'est rassemblée
19:16pour lui trouver un avocat.
19:19Et ils ont engagé Scott King.
19:23Quand j'ai été engagé pour assurer la défense
19:27de M. Donald,
19:29je me suis dit que les éléments à charge
19:31étaient peu convaincants
19:32pour une accusation de meurtre.
19:36Après avoir étudié le dossier,
19:39Scott King rend visite à Willie Donald
19:41pour établir la chronologie de ses allées et venues
19:43dans la soirée du 27 février.
19:47Je me souviens que j'ai été au travail.
19:50J'ai pointé.
19:51Ensuite, j'ai travaillé toute la journée.
19:54Et c'était le jour de paix.
19:55Donc je n'avais aucune raison
19:57d'aller dévaliser des gens.
20:00Je me souviens qu'en rentrant du travail,
20:03en arrivant devant la maison,
20:07j'ai croisé ma sœur Sheila et Dan.
20:11On voulait acheter une voiture
20:13et on allait voir les concessionnaires.
20:15Willie voulait venir et on a dit,
20:17bien sûr.
20:21Ce soir-là,
20:22on a été voir plusieurs concessionnaires.
20:28Quand on est rentré,
20:30il était environ 10 heures du soir.
20:36Scott King remarque
20:38que d'après les rapports de police,
20:40la série de vol et le meurtre
20:42ont eu lieu avant 22 heures.
20:45Donc si l'alibi de Willie est confirmé,
20:48cela veut dire qu'il n'était même pas
20:49dans le quartier de Glen Park
20:50quand tous ces crimes ont été commis.
20:53Les principaux témoins de la défense
20:55seront les membres de la famille.
20:58Ils peuvent dire où était Willie
20:59et fournir un alibi.
21:00« Je pensais que sa stratégie de défense
21:06était viable
21:06et qu'il était innocent. »
21:12Dans cette affaire,
21:13la justice avance rapidement
21:15et moins de trois mois après les faits,
21:18en juin 1992,
21:19le procès de Willie Donald
21:21commence.
21:24« Quand je suis rentré
21:25dans la salle d'audience
21:26le premier jour,
21:27ça m'a brisé le cœur
21:28de voir la peine
21:29que cette affaire
21:30avait causé à ma mère
21:32et au reste de la famille.
21:33C'était encore plus difficile
21:35pour eux que pour moi. »
21:38« Depuis tout petit,
21:40c'était moi l'aînée.
21:41Je me sentais responsable.
21:43Mais là,
21:44je ne pouvais pas l'aider. »
21:54L'accusation présente
21:56Willie Donald
21:56comme un prédateur
21:58prêt à tout pour obtenir
21:59de l'argent.
22:02Le procureur
22:03joue sa carte maîtresse
22:04et appelle à la barre
22:05son premier témoin,
22:06Kimberly Belinsky.
22:09« Mlle Belinsky
22:10était un témoin convaincant.
22:13Elle a pleuré
22:14la mort de son fiancé
22:15et elle a dit
22:16avec certitude
22:17que Willie Donald
22:19était responsable
22:20de sa mort. »
22:23« Elle m'a désigné
22:26en disant
22:27que c'était moi
22:27l'individu
22:28qui avait tué
22:29son fiancé.
22:30Ça m'a fait très mal. »
22:35Le procureur
22:36marque à nouveau
22:37des points
22:38grâce au témoignage
22:39de Ronda Williams.
22:42Elle raconte
22:43avec beaucoup d'émotion
22:44qu'elle est restée
22:45sous la menace
22:45d'une arme
22:46pendant plus de 15 minutes.
22:48« Le procureur
22:49a demandé
22:50à Ronda Williams
22:50si elle voyait
22:51son agresseur
22:52dans la salle
22:52et elle m'a désigné
22:53du doigt.
22:55Là encore,
22:56ça fait mal. »
23:00Scott King
23:00dit au jury
23:01que c'est une erreur
23:02d'identification
23:02et qu'il n'y a
23:03aucune preuve physique
23:04pour faire le lien
23:05entre Willie Donald
23:06et tous ses crimes.
23:09Scott King
23:10appelle les témoins
23:11de la défense
23:12pour prouver
23:12l'alibi de Willie Donald.
23:14Les vendeurs
23:14de voitures
23:15passent en premier
23:15mais ils ne sont
23:16pas vraiment convaincants.
23:19Les vendeurs
23:20étaient concentrés
23:21sur leurs clients
23:21potentiels.
23:22Or,
23:23ce n'était pas
23:23Willie Donald
23:24qui allait acheter
23:25une voiture.
23:28Les vendeurs
23:29ont dit
23:29qu'ils se souvenaient
23:30bien de Dan Echella
23:31mais ils n'étaient
23:32pas certains
23:33d'avoir vu
23:33Willie Donald
23:34dans leur showroom
23:35ce soir-là.
23:37Quand j'ai témoigné,
23:39j'ai dit
23:39qu'il était avec nous
23:40ce soir-là.
23:41On faisait le tour
23:42des concessionnaires.
23:45J'étais de plus en plus
23:46furieux
23:47mais mon avocat
23:48a dit
23:49qu'il fallait rester
23:49impassible.
23:51Je devais rester assis
23:52et attendre
23:53que ça passe.
23:56compte tenu
23:57de son alibi
23:57avec le temps
23:59nécessaire
23:59pour revenir
24:00de cette visite
24:00des concessionnaires
24:01Willie Donald
24:03ne pouvait pas
24:04se trouver
24:04à proximité
24:05des scènes de crime
24:06donc si le jury
24:07s'en tenait au fait
24:08il fallait la quitter.
24:11Le 12 juin
24:121992
24:13les plaidoiries
24:14finales sont prononcées
24:15et le jury
24:16se retire pour délibérer.
24:20Mon avocat
24:21avait présenté
24:21un alibi
24:22et expliqué
24:23que c'était
24:23une erreur
24:24d'identification.
24:25donc je pensais
24:26que ce serait suffisant
24:27pour convaincre
24:28le jury.
24:30On s'attendait
24:31à un verdict
24:32non coupable.
24:34C'était impossible
24:35autrement.
24:38La famille
24:39et l'avocat
24:40de Willie Donald
24:40espèrent un verdict
24:42rapide
24:42pour qu'il puisse
24:43sortir de prison.
24:47J'attendais
24:47dans une cellule
24:48et un huissier
24:49m'a demandé
24:50si je voulais
24:50manger quelque chose
24:52mais je n'avais
24:53pas d'appétit
24:54à ce moment-là
24:54évidemment.
24:59Le temps passe
25:02et on commence
25:04à se dire
25:04que c'est mauvais signe.
25:07Dans ma tête
25:08j'étais sûr de moi
25:09je me disais
25:10c'est impossible
25:11qu'il me déclare coupable.
25:16Après quatre heures
25:17de délibération
25:18le jury arrive
25:19à un verdict.
25:22j'ai dit
25:23à mon mari
25:24que je ne pouvais
25:25pas retourner
25:25dans la salle
25:26d'audience.
25:30Si on le déclarait
25:31coupable
25:31je ne voulais pas
25:32voir ça
25:34sinon c'est comme ça
25:35que je me serais
25:35souvenu du visage
25:36de Willie
25:37pour le restant
25:37de mes jours.
25:41Un juré
25:42a lu le verdict
25:44et j'ai été
25:44déclaré coupable
25:45de vol.
25:48Ensuite
25:49on m'a déclaré
25:50coupable
25:50du second chef
25:51d'acculpation
25:51homicide.
25:57Quand on a
25:58entendu ce mot
25:59coupable
26:01j'ai senti
26:02un frisson
26:04c'était
26:06je ne peux pas
26:07l'expliquer
26:07je ne m'étais
26:08jamais senti
26:09aussi faible
26:10et impuissant
26:10que ce jour-là.
26:12je me suis
26:14tourné
26:14vers ma famille
26:15qui a commencé
26:17à pleurer.
26:20Après ça
26:20c'était
26:21chaotique.
26:23J'ai entendu
26:25mes soeurs
26:25et ma mère
26:26qui pleuraient
26:27qui criaient
26:29et qui pleuraient
26:31et qui criaient
26:32encore.
26:34Le 1er octobre
26:351992
26:36Willie Donald
26:37est condamné
26:38à 60 ans
26:38de prison.
26:40Il n'a que
26:4123 ans.
26:43J'ai tout de suite
26:44commencé à faire
26:45des calculs
26:45dans ma tête
26:46et le résultat
26:47ne m'a pas plu
26:48du tout.
26:49Je me suis dit
26:50que je ne sortirais
26:51pas de prison
26:51avant d'avoir
26:52la cinquantaine.
26:55Je n'arrêtais
26:56pas de répéter
26:57mais comment
26:57on peut être
26:58condamné
26:58sans preuve ?
26:59Je serais incapable
27:00d'expliquer
27:01ce qu'on a vécu
27:02les conversations
27:03qu'on a eues.
27:04D'une certaine façon
27:05c'est comme si
27:05on était tous
27:06en prison.
27:08Je me suis dit
27:09que la justice
27:09n'avait pas été rendue
27:11et j'ai perdu
27:12confiance
27:12dans le système
27:13judiciaire.
27:17J'ai été transféré
27:18au pénitencier
27:19d'état
27:19de l'Indiana.
27:22Je ne pouvais
27:23plus voir
27:23ma famille.
27:25Je me sentais
27:26très seul.
27:28Mais je n'ai pas
27:29abandonné.
27:29Je m'accrochais
27:30à l'idée
27:31qu'un jour
27:31la vérité
27:32serait enfin révélée.
27:36environ six mois
27:37plus tard
27:37en février
27:381993
27:39l'inspecteur
27:40John Jelks
27:41discute avec
27:42Scott King
27:42dans un couloir
27:43du tribunal.
27:45John Jelks
27:46demande à Scott King
27:47si Willie Donald
27:48a été condamné
27:49et il lui donne
27:50une information
27:50capitale.
27:53D'après
27:54les souvenirs
27:55que j'ai
27:55de cette conversation
27:57John Jelks
27:58a exprimé
28:00des doutes
28:00sur la culpabilité
28:02de Willie Donald.
28:06John Jelks
28:07rapporte
28:08à Scott King
28:09un incident
28:09qui s'est produit
28:10quatre jours
28:11après les crimes
28:11mais avant
28:12l'arrestation
28:13de Willie Donald.
28:15Rhonda Williams
28:16a rappelé
28:17la police.
28:19Rhonda Williams
28:21a appelé
28:21le commissariat
28:22pour dire
28:23que de sa fenêtre
28:24elle voyait
28:25l'individu
28:26qu'il l'avait agressé
28:27et elle a dit
28:28il faut que la police
28:29vienne ici tout de suite
28:30mais quand les policiers
28:31sont arrivés
28:32l'individu
28:33était parti.
28:35Rhonda Williams
28:36a dit qu'elle voyait
28:37son agresseur
28:38dans la rue
28:38or à ce moment précis
28:40Willie Donald
28:41était au travail.
28:46Les policiers
28:47interrogent
28:48la chef de rayon
28:49de Willie Donald
28:51or
28:52celle-ci leur répond
28:53qu'elle était
28:54dans la salle
28:55de pause avec lui
28:56à l'heure
28:58où Rhonda Williams
28:59a appelé
28:59la police
29:01pour dire
29:02qu'elle voyait
29:02son agresseur
29:03devant chez elle.
29:05Ce n'était pas lui
29:06puisque Willie Donald
29:07était au travail.
29:09C'est un élément
29:09crucial.
29:12John Jelks
29:13qui était
29:14l'inspecteur adjoint
29:15a informé
29:16Bruce Outlaw
29:17l'inspecteur principal
29:18et ça s'est arrêté là.
29:20L'inspecteur
29:21Outlaw
29:22a dit à John Jelks
29:23que ce n'était pas
29:24la peine
29:24d'aller plus loin.
29:28Après l'inculpation
29:29de Willie Donald
29:31les policiers
29:32ont décidé
29:32qu'il valait mieux
29:33ne pas lancer
29:34un pavé dans la mare
29:35en ajoutant
29:36d'autres éléments
29:37au dossier.
29:41Un inspecteur
29:42de police
29:42ne devrait jamais
29:43étouffer
29:44des informations
29:45permettant
29:46d'innocenter
29:46un suspect.
29:48C'est monstrueux
29:49de faire une chose
29:50pareille.
29:53John Jelks
29:54dit également
29:54à Scott King
29:55qu'il est venu
29:56au procès
29:57de Willie Donald
29:57au cas où
29:58le procureur
29:59voudrait l'appeler
30:00à la barre.
30:01Mais on lui a dit
30:02non, pas la peine,
30:03rentrez chez vous.
30:08Donc,
30:08un inspecteur
30:10a donné au procureur
30:11des informations
30:12semblant innocent
30:13et l'accusé.
30:14Et là,
30:15rien ne se passe.
30:16C'est une faute
30:17monumentale.
30:20Cette information
30:21aurait forcément
30:23influé sur le verdict.
30:25Le jury
30:26aurait su
30:26que ce n'était
30:27pas Willie Donald
30:28dans la rue
30:28de Ronda Williams,
30:30étant donné
30:30qu'il était au travail
30:31quand l'appel téléphonique
30:32a eu lieu.
30:36Il suffit
30:37de regarder
30:37un film policier
30:38pour le savoir.
30:41La présomption
30:42d'innocence
30:43est notre droit
30:44le plus précieux.
30:47Dès qu'un jury
30:48déclare
30:49une personne
30:49coupable,
30:50la situation
30:51bascule.
30:52Non seulement
30:53la présomption
30:54d'innocence
30:55disparaît,
30:55mais il y a
30:56un renversement.
30:57À partir
30:58de ce moment-là,
30:59le système judiciaire
31:00dans son ensemble
31:01part du principe
31:02qu'on est coupable.
31:05Revenir en arrière
31:06et prouver
31:07son innocence
31:08est extrêmement
31:09difficile.
31:13J'ai raté
31:14beaucoup de choses
31:14pendant que
31:15j'étais en prison.
31:16Mon père
31:17est décédé.
31:17Je n'ai pas pu
31:18aller à son enterrement.
31:20Ma sœur
31:20s'est mariée.
31:21Il y a eu
31:22plusieurs naissances
31:23dans la famille.
31:25Mais pendant
31:25ce temps-là,
31:26j'ai passé
31:27un diplôme
31:28d'études bibliques
31:29et une licence
31:30de gestion.
31:33J'allais aussi
31:34à la bibliothèque
31:35de droit
31:35de la prison
31:36pour faire
31:37des recherches
31:38parce que
31:40j'écrivais
31:40à tous ceux
31:40qui me semblaient
31:41capables
31:41de m'aider
31:42à retrouver
31:43la liberté.
31:49Deux ans plus tard,
31:50le projet
31:51Innocence
31:51de l'école
31:52de journalisme
31:52Medill
31:53s'intéresse
31:53à l'affaire.
31:56Ces étudiants
31:57ont travaillé
31:58très dur
31:58pour rassembler
31:59des informations.
32:01Et ils ont été
32:02les premiers
32:03à nous tenir
32:03informés
32:04de ce qu'il se passait.
32:08Ça nous a redonné
32:09espoir.
32:11Ils pensaient
32:12que Willie Donald
32:13était innocent,
32:15mais ils avaient besoin
32:16de l'aide
32:16d'un avocat.
32:18J'ai accepté
32:19de prendre l'affaire
32:20et j'ai décidé
32:21que la priorité
32:22c'était de retrouver
32:23Rhonda Williams.
32:26Sur les conseils
32:27de Thomas Vence,
32:28les étudiants
32:29en journalisme
32:30retrouvent
32:30de Rhonda Williams.
32:33Quand ils ont
32:34contacté
32:35Rhonda Williams,
32:36elle n'a pas été
32:37surprise.
32:37En fait,
32:38elle s'y attendait.
32:40Elle a dit
32:41qu'elle regrettait
32:41son témoignage
32:42au procès
32:43et qu'elle n'était
32:44pas du tout
32:45certaine
32:45que Willie Donald
32:46était réellement
32:47le coupable.
32:49Une déclaration
32:50de Rhonda Williams
32:51fait l'effet
32:52d'une bombe.
32:52Le jour où
32:53elle a regardé
32:54toutes ses photos,
32:55la fiancée
32:56de Bernard,
32:57Kimberly était
32:57avec elle.
33:00Les deux témoins
33:01n'auraient pas dû
33:02être dans la même
33:02pièce,
33:03ni collaborer
33:04pour identifier
33:04un suspect.
33:06Or,
33:06c'est bien ce
33:07qu'il s'était passé
33:07ce jour-là.
33:10De plus,
33:11Rhonda Williams
33:12a dit que
33:12l'inspecteur principal
33:13avait insisté
33:14sur l'une des photos
33:15en désignant
33:16cet individu
33:16comme l'agresseur.
33:17C'est contraire
33:18à toutes les pratiques.
33:22Il est donc établi
33:23que Rhonda Williams
33:25avait identifié
33:26M. Donald
33:26sous la contrainte.
33:30Les étudiants
33:31s'intéressent également
33:32à un dénommé
33:33Lavelle Thompson.
33:35À l'origine,
33:37Scott King,
33:37l'avocat de
33:38Willie Donald,
33:39avait désigné
33:40Lavelle Thompson
33:41comme un suspect
33:42possible.
33:43À l'époque,
33:44il avait 17 ans.
33:45C'était un membre
33:46de gang
33:46et son apparence physique
33:48correspondait
33:49avec la description
33:49du suspect.
33:50Mais si son nom
33:51n'a pas été évoqué
33:52par la défense
33:53lors du procès,
33:54ce n'est pas pour rien.
34:00Lavelle Thompson
34:01a été tuée
34:02à son tour
34:02quelques jours
34:03après le meurtre
34:04de Bernard Rimenes.
34:06On ne peut pas
34:07condamner un homme mort,
34:08mais peut-être
34:09est-il possible
34:09de prouver
34:10la présence
34:11de Lavelle Thompson
34:11sur la scène du crime.
34:17Il est possible
34:18que dans les chauffourées,
34:20l'ADN de l'agresseur
34:21se soit déposé
34:22sur la veste
34:22de Bernard Rimenes.
34:27En 1992,
34:29la technologie ADN
34:31n'était pas aussi avancée
34:32qu'aujourd'hui.
34:34Mais lorsque le projet
34:35Innocence
34:36prend l'affaire en charge,
34:38la veste est envoyée
34:39en laboratoire
34:40pour faire une analyse ADN.
34:44Des cheveux sont retrouvés
34:46sur la veste.
34:48Lavelle Thompson est mort,
34:49on ne peut pas
34:50prélever son ADN,
34:51mais on peut prélever
34:52celui de sa sœur.
34:55En mars 2010,
34:56l'ADN retrouvé
34:57sur la veste
34:58est comparé
34:59avec des échantillons
35:00provenant de la sœur
35:00de Lavelle Thompson
35:01et de Willie Donald.
35:06On ne trouve
35:07aucune correspondance.
35:10Et bien que
35:11Ronda Williams
35:12ait rétracté son témoignage
35:13et qu'il n'y ait pas
35:14de preuve ADN,
35:15Willie Donald
35:16reste emprisonné
35:17et les efforts
35:18pour prouver son innocence
35:19continuent.
35:21C'est un vrai combat
35:22et je pense que les gens
35:23ne réalisent pas
35:24le temps qu'il faut
35:25pour le mener à bien.
35:26Il n'y a rien d'automatique
35:28et pour disculper
35:28un innocent,
35:29c'est vraiment une lutte
35:31de longue haleine.
35:36Puis en 2013,
35:37suite à la rétractation
35:38du témoignage
35:39de Ronda Williams,
35:40le procureur propose
35:41de lever l'accusation
35:42de vol à main armée.
35:44Le procureur a dit
35:46que le verdict
35:46était remis en doute
35:47et que si Willie Donald
35:49plaît des coupables
35:50du meurtre,
35:51l'accusation de vol
35:52serait levée.
35:53Donc il pourrait sortir
35:54de prison
35:54puisqu'il avait déjà purgé
35:55sa peine pour l'homicide.
35:58J'aurais quand même gardé
36:00sur mon casier
36:00la condamnation
36:01pour meurtre.
36:02Donc j'ai écrit
36:03personnellement
36:04au procureur
36:04pour dire que je refusais
36:06de plaider coupable
36:06d'un crime
36:07que je n'avais pas commis.
36:11En 2013,
36:13la chance tourne enfin
36:14pour Willie Donald
36:15grâce à l'élection
36:16d'un nouveau procureur
36:17dans le comté de Lake,
36:19Bernard Carter.
36:22Après mon entrée
36:23en fonction,
36:24j'ai étudié
36:25le dossier
36:25de Willie Donald
36:26et l'une des choses
36:28qui m'a convaincu,
36:29c'est la volonté
36:30dont il avait fait preuve
36:32en refusant
36:32de plaider coupable
36:33d'un crime
36:34qu'il n'avait pas commis.
36:35Tous les éléments
36:37à ma disposition
36:37et les témoignages
36:39recueillis
36:39après le procès
36:40montraient clairement
36:41que ce n'était pas
36:42lui le coupable.
36:43Il était réellement
36:44innocent.
36:47En 2016,
36:48le procureur
36:49du comté de Lake,
36:50Bernard Carter,
36:51annule officiellement
36:52la condamnation
36:53de Willie Donald.
36:59« J'ai appelé Timmy
37:01pour lui dire
37:01qu'il allait être libéré.
37:04Ça y est,
37:05c'est terminé.
37:08Il a dit
37:09arrête de mentir.
37:10Il avait du mal
37:11à le croire
37:12et je lui ai dit
37:13que je ne pourrais pas
37:14faire de blagues là-dessus.
37:15Je ne me permettrai pas.
37:17Là,
37:17il est resté incrédule.
37:18Je ne sais pas
37:19ce qui s'est passé
37:20mais il n'a plus rien dit
37:21pendant un bon moment.
37:24« J'ai lâché le téléphone
37:26et j'ai pleuré. »
37:34Le 28 janvier 2016,
37:37Willie Donald
37:38attend impatiemment
37:39de retrouver sa famille
37:40et de retrouver sa liberté.
37:46Le jour de ma libération,
37:49j'ai mis un jean
37:49et une chemise.
37:51on m'a donné une veste aussi.
37:54Je ne sais pas
37:55si vous vous rendez compte
37:56mais ça faisait
37:57environ 24 ans
37:58que je n'avais pas
37:58mis d'habits civils.
38:01J'étais tellement habitué
38:03à l'uniforme de prisonnier
38:04que ça m'a fait bizarre
38:06de mettre des vêtements normaux.
38:08Et puis,
38:11quand j'ai posé mon oreiller
38:12et mon matelas
38:13sur le lit,
38:14l'individu
38:15qui partageait ma cellule
38:16a dit
38:16« Tu ne vas pas faire ton lit ? »
38:19j'ai dit
38:19« Non,
38:20je vais rentrer chez moi. »
38:23Je n'arrêtais pas
38:24de tourner en rond
38:25et à chaque fois
38:26que la porte
38:26de l'unité s'ouvrait,
38:28j'essayais de sortir.
38:29La gardienne a dit
38:30« Monsieur Donald,
38:31on est tous au courant »
38:33mais ils ne vous ont pas
38:33encore appelé.
38:35Et puis,
38:36plus tard,
38:37elle a enfin dit
38:37« Monsieur Donald,
38:39on vous attend. »
38:43On attendait à la prison
38:44du comté,
38:45on était tous assis.
38:49On attendait patiemment.
38:51On essayait
38:52de rester patients.
38:54On avait tous
38:55très hâte
38:55de le voir arriver.
38:58On attendait
38:58de le voir passer
38:59par cette porte
39:00et à chaque fois
39:01que la porte s'ouvrait,
39:02on regardait
39:04en s'attendant
39:05à le voir.
39:06Et là,
39:07« Oh non,
39:07c'est pas lui. »
39:11Et puis,
39:12la porte s'est ouverte.
39:15C'était lui.
39:17Il a souri.
39:19Et j'ai pu prendre
39:20cette photo
39:21de ses premiers pas
39:22en tant qu'homme libre.
39:24On s'est tous pris
39:25dans les bras
39:26et c'était incroyable.
39:31La première chose
39:32que j'ai faite
39:32en sortant de prison,
39:33c'était d'aller
39:34au bureau de Thomas Vance.
39:38Et je l'ai fait
39:39remercier d'avoir cru
39:40en moi.
39:41Je lui ai serré
39:42la main
39:42et je l'ai pris
39:43dans mes bras.
39:46Le voir en liberté
39:48plutôt que derrière
39:49les barreaux,
39:49en tant qu'avocat,
39:51c'était une grande joie.
39:55Quand j'ai appris
39:56qu'il avait été libéré,
39:58ça m'a fait plaisir.
39:59Mais ça a été long,
40:01très long même.
40:04Et malheureusement,
40:04Willy est passé
40:05à côté
40:06de tout ce qui fait
40:06une vie,
40:07avoir un métier,
40:08un chez-soi,
40:09une relation amoureuse,
40:11des enfants,
40:12c'est inimaginable.
40:13Et pour lui,
40:14je pense que ça ne sera
40:15jamais vraiment terminé.
40:19Les choses s'améliorent
40:20et il arrive à s'adapter.
40:22Mais le traumatisme
40:23est toujours là.
40:25C'était génial
40:26de le voir sortir.
40:27Et quand il est rentré
40:29à la maison,
40:29on était tous très heureux.
40:31C'était comme
40:32un nouveau départ.
40:33Ce qui nous déprimait avant,
40:34ça devenait une raison
40:35de se réjouir.
40:36C'était vraiment fantastique.
40:40Il a dû réapprendre
40:41à conduire
40:41et je l'ai forcé.
40:42Il disait non,
40:43je lui répondais,
40:44oh, que si tu vas conduire
40:45et moi,
40:46je serai sur le siège passager.
40:48Et je ne sais pas
40:48comment on va faire
40:49pour rentrer
40:50si tu conduis pas.
40:51Allez,
40:52assieds-toi là,
40:52t'as pas le choix.
40:53T'es un oblime maintenant.
40:54C'est comme ça
40:55qu'on est libre.
40:56C'était pareil
40:57avec les téléphones.
40:58Il a dû se réhabituer.
41:00Tout était nouveau.
41:01C'était excitant
41:02et effrayant
41:03à la fois pour lui.
41:04on a eu des conversations
41:06profondes
41:06où il m'a dit
41:07ce qu'il avait vraiment
41:08sur le cœur.
41:10Il est comme un frère
41:11pour moi.
41:12Et je lui ai dit,
41:13tu vas conduire à nouveau,
41:14travailler,
41:15rencontrer des gens,
41:16tomber amoureux.
41:17J'ai compris
41:18que le plus important,
41:19c'est de parler
41:19le langage de l'amour.
41:21Et je me souviens
41:21de lui avoir dit,
41:23tu vas retomber
41:24sur tes pieds.
41:3124 ans de prison.
41:34C'est le pire
41:35des traumatismes.
41:37Quand je suis
41:38dans une station service
41:39ou un magasin,
41:40je fais bien attention
41:41de rester devant
41:42les caméras
41:44et je garde
41:45le ticket de caisse.
41:48Si jamais
41:49il lui arrive
41:49encore quelque chose
41:50comme ça,
41:51il veut avoir
41:51une preuve.
41:53Le ticket de caisse
41:54était un alibi.
41:56Quand je regarde
41:58dans le rétroviseur,
41:59je m'attends toujours
42:00à voir la police
42:01derrière moi.
42:06Encore aujourd'hui.
42:12Willy Donald
42:13a retrouvé
42:14son équilibre
42:14en partie
42:15grâce à l'aide
42:16de Nicky Jackson
42:17qui est entré
42:18en contact
42:18avec lui
42:18peu après
42:19sa libération.
42:22Nicky Jackson
42:22fait partie
42:23de mes meilleurs amis.
42:25Ça,
42:26c'est les formulaires
42:27qu'on a reçus.
42:29Elle m'a aidé
42:30à me réadapter
42:31à la vie normale.
42:34Willy Donald
42:35et Nicky Jackson
42:36ont créé
42:37une fondation
42:37pour aider
42:38les personnes
42:38condamnées à tort.
42:40Je ne sais même
42:40pas d'où ça vient.
42:43Texas ?
42:44Du Texas.
42:44D'accord.
42:46Notre fondation
42:46a pour objectif
42:47d'aider les personnes
42:48innocentées
42:49à se réinsérer
42:49dans la société.
42:51On apporte
42:52une aide
42:52pour la santé mentale,
42:53les soins dentaires,
42:54le logement,
42:55ce genre de choses.
42:57Le message
42:58que j'ai à faire passer
42:59à ceux qui se retrouvent
42:59dans la même situation
43:00que moi,
43:01c'est de ne jamais
43:02abandonner.
43:03Il faut se battre
43:04jusqu'au bout
43:05et croire au pouvoir
43:06de l'innocence.
43:07C'est comme ça
43:08qu'on peut s'en sortir.
43:11Encore aujourd'hui,
43:12la famille de Bernard Rimenez
43:14pense que son assassin
43:15a échappé à la police
43:16et l'affaire a été classée.
43:18Donc, malheureusement,
43:20Willy Donald
43:21n'a pas été le seul
43:22à subir une terrible injustice.
43:23de la police.
43:24C'est parti.
43:34C'est parti.
43:35Sous-titrage FR ?

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