- il y a 7 heures
Ce mardi 13 octobre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00BFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'information économique, d'analyse et de débat.
00:13A la une de ce mardi 13 octobre, le coup d'envoi des discussions budgétaires à l'Assemblée Nationale
00:18avec déjà le Parti Socialiste qui présente ce soir une motion de rejet du texte
00:23même si elle a peu de chances d'être adoptée en l'absence de soutien du Rassemblement National
00:28on sera en direct de l'Assemblée dans quelques instants.
00:32Pendant ce temps, le gouvernement répond à la polémique sur les aides aux entreprises
00:36et leur chiffrage 166 milliards ou 211 milliards.
00:40Bercy a tranché sur la méthode de calcul, Caroline Morisseau nous explique tout dans un instant.
00:46On reviendra aussi sur les prévisions du FMI.
00:49Oui, l'intelligence artificielle permet à la croissance mondiale de résister grâce aux investissements massifs
00:55mais attention, c'est un tsunami qui bouleverse déjà le marché du travail
00:59et cela va aussi concerner à terme les finances publiques.
01:02Alors l'IA rebat-t-elle les cartes de la croissance mondiale ? On en débat dans un quart d
01:06'heure.
01:06Et puis à 18h45, on parlera de la situation en Arabie Saoudite,
01:12toujours la cible des outils milices pro-iraniennes basées au Yémen
01:15qui multiplie les frappes, déstabilisant le royaume
01:18qui pourtant investit massivement dans son armement.
01:22Alors comment expliquer que Riyad ne parvient pas à repousser les attaques des outils ?
01:27Décryptage avec David Rigoulet-Rose, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique
01:33et rédacteur en chef d'Orient Stratégique, ce sera dans trois quarts d'heure.
01:40Mais d'abord, on commence avec ce débat explosif, celui sur les aides aux entreprises.
01:45Bercy vient de dévoiler son premier chiffrage officiel.
01:49Le montant global s'élève à 166 milliards d'euros pour l'année 2024.
01:54De quoi alimenter, Caroline Morisseau, le débat budgétaire
01:58alors que les exonérations de cotisations patronales sont une nouvelle fois dans le viseur ?
02:02C'est ça et on a désormais un chiffre officiel.
02:05En effet, selon Bercy, les aides aux entreprises s'élèvent entre 60 et 166 milliards d'euros.
02:11Tout dépend de ce qu'on intègre dans le calcul.
02:13La fourchette basse, donc 60 milliards, ne tient compte que des aides qui ne font aucun doute, explique Bercy.
02:19En gros, les aides incontestables comme par exemple les subventions aux énergies renouvelables,
02:24aux apprentis ou le crédit d'impôt recherche.
02:26La facture grimpe en revanche à 166 milliards d'euros maximum.
02:30Si on intègre dans ce calcul toutes les exonérations de cotisations patronales.
02:36Bercy n'intègre pas en revanche toutes les aides versées par les collectivités territoriales,
02:41ni les aides versées, enfin liées aux fonds européens,
02:45ni le pacte d'Utreil dans la mesure où cet argent ne bénéficie pas directement aux entreprises.
02:50Ce n'est pas de l'argent qui arrive dans les caisses de l'entreprise.
02:53Le ministère publiera désormais ce chiffrage chaque année pour permettre d'y voir plus clair sur ces aides,
02:59leurs évolutions, alors que c'est un sujet dont l'opacité est régulièrement dénoncée.
03:04Une enquête sénatoriale, faute de chiffres officiels, avait dû d'ailleurs elle-même se livrer à l'exercice.
03:11Et selon les sénateurs, le montant des aides aux entreprises s'élevait à 211 milliards d'euros.
03:18Alors c'est un chiffre supérieur à ce que nous dit Bercy aujourd'hui,
03:22parce que leur calcul portait sur l'année 2023.
03:26On était juste après la crise Covid, il y avait eu énormément d'aides aux entreprises,
03:30et eux intégraient notamment dans leur calcul des prêts ou des investissements de BPI France,
03:36ce que ne fait pas Bercy.
03:37Il n'empêche, même si le chiffre de Bercy est inférieur,
03:40il risque effectivement d'enflammer le débat budgétaire,
03:44alors que les exonérations sont effectivement dans le viseur.
03:47Les députés de droite justifient, considèrent que ces exonérations
03:52et ces aides aux entreprises sont parfaitement légitimes
03:56parce qu'elles ne font que compenser les prélèvements obligatoires
04:00qui en France battent des records.
04:01Et puis à l'inverse, la gauche va se battre pour réduire la facture.
04:05Merci beaucoup Caroline Morisseau.
04:06Justement, le marathon budgétaire démarre sous haute tension.
04:10Dès 21h ce soir, les députés vont s'attaquer à l'examen du projet de loi de finances
04:14en séance publique et avant même le coup d'envoi officiel des débats.
04:19Les socialistes ont déposé une motion de rejet.
04:22En face, le Rassemblement National, lui, veut montrer qu'il négocie.
04:27Margot Foudéré, on vous retrouve en direct de l'Assemblée Nationale.
04:31cet après-midi, Jean-Philippe Tanguy a donné le ton.
04:37Absolument Stéphanie, nous voulons aller au débat, nous irons au débat
04:42et nous porterons nos propositions.
04:44C'est exactement ce qu'a déclaré cet après-midi le député RN de la Somme
04:49qui a organisé un point presse avec les journalistes avant le début des questions au gouvernement
04:55pour en donner plus sur l'état d'esprit avec lequel aborde le Rassemblement National
05:00tous ces débats budgétaires.
05:02Jean-Philippe Tanguy cherche clairement à faire infuser l'idée
05:05que son parti est conscient des enjeux budgétaires
05:09et qu'il est sérieux sur le plan économique.
05:11D'ailleurs, selon Jean-Philippe Tanguy, il n'y a que deux partis qui sont sérieux
05:15et qui veulent vraiment discuter du fond.
05:17C'est le Rassemblement National et les Insoumis.
05:19A l'inverse, pendant ce point presse qui a duré quasiment 45 minutes,
05:25Jean-Philippe Tanguy a adressé beaucoup de tacles au Parti Socialiste
05:28qui, vous l'avez dit, a déposé une motion de rejet sur le budget
05:33avant même le coup d'envoi des débats budgétaires ce soir à 21h.
05:37Pour Jean-Philippe Tanguy, c'est en fait une manière de vouloir fuir les débats.
05:41Il a donc annoncé que le Rassemblement National votera contre cette motion de rejet.
05:46Je vous propose de l'écouter.
05:48Il y a deux choses.
05:49D'une première chose, nous considérons,
05:52sinon on ne se présenterait pas au suffrage des Françaises et des Français,
05:55que Marine Le Pen peut gagner.
05:57Donc évidemment, ce n'est pas la même chose de gérer un budget au bout de 6 mois
06:00que de gérer un budget au bout de 5 ans.
06:03Deuxième chose, il y a des tensions obligataires qui existent.
06:05Je ne peux pas faire comme s'ils n'existaient pas.
06:07Est-ce qu'aujourd'hui, la question c'est
06:10est-ce que voter une motion de rejet aujourd'hui
06:13pourrait se payer sur les marchés ?
06:14Oui.
06:18Voilà donc la réponse cinglante de Jean-Philippe Tanguy contre l'EPS.
06:23L'EPS qui, effectivement, semble être dans une attitude bien plus fermée
06:27cette année que les autres années.
06:29D'ailleurs, les socialistes estiment, mot pour mot,
06:31que ce budget est mauvais et que le gouvernement fait la sourde oreille.
06:35Et pourtant, Margot Faudéré, le Premier ministre,
06:37a essayé de calmer le jeu en envoyant une lettre au Parti Socialiste.
06:43C'est vrai, en fait, Sébastien Lecornu propose aux socialistes
06:47de se réunir autour de trois chantiers communs
06:50sur la jeunesse, la lutte contre les violences faites aux femmes
06:53et la protection de l'enfance, ainsi que l'agriculture.
06:56Mais dans cette même lettre, Sébastien Lecornu a quand même rappelé
06:58que l'objectif reste inchangé,
07:01c'est de ramener le déficit à 5% du PIB l'année prochaine.
07:05Cette lettre n'a pas du tout plu au Parti Socialiste.
07:08Nous n'avons pas vu un seul signe de bouger en notre faveur.
07:11C'est ce que déclare le député Arthur Delaporte.
07:14Même son cloche du côté d'un haut responsable du parti
07:17qui en remet une couche, il n'y a rien à retenir dans cette lettre.
07:21Et donc, même si cette motion, désormais,
07:23n'a aucune chance d'être adoptée ce soir
07:25sans le soutien du Rassemblement National,
07:27ça vous donne quand même une idée de l'ambiance très tendue
07:29dans laquelle les débats vont débuter ce soir ici à l'Assemblée.
07:32Ça va être tendu, ça va être compliqué.
07:34Merci beaucoup Margot Fauderé, en direct de l'Assemblée Nationale.
07:38Les émissions de CO2 en France sont en très nette baisse
07:44selon les derniers chiffres du CITEPA,
07:45l'organisme indépendant chargé de leur estimation.
07:48Et en parallèle du projet de loi de finances,
07:51le gouvernement vient de publier son budget vert.
07:54Conclusion, peu mieux faire, Astrid Olivier.
07:58L'année prochaine, la France consacrera près de 49 milliards d'euros
08:01à son budget vert, c'est-à-dire aux dispositifs publics bas carbone.
08:05Ces fonds seront complétés par plus de 13 milliards d'euros
08:08de financement extra-budgétaire, dont les certificats d'économie d'énergie.
08:12Et cela semble porter ses fruits.
08:14Le baromètre des émissions de gaz à effet de serre
08:16affiche en effet une baisse de plus de 4% au premier trimestre sur un an.
08:20Sur les dix dernières années, la France peut se targuer d'avoir fait baisser
08:23ses émissions de 25%, mais ses performances restent insuffisantes.
08:28Les émissions nationales doivent baisser de 50% d'ici à 2030
08:31par rapport à 1990, soit un rythme annuel de moins 5% entre 2024 et 2030.
08:37Nous ne les avons atteints qu'en 2023 et jamais depuis.
08:41Pour atteindre ces objectifs, le constat de Bercy est net.
08:44Il faut parvenir à multiplier par deux les investissements bas carbone.
08:47en commençant par faire baisser drastiquement les investissements carbonés
08:51dans le secteur des transports et du bâtiment par exemple.
08:54Les investissements sont essentiellement portés par l'achat de véhicules neufs thermiques.
08:58Et pour les ménages, il faut s'appuyer sur les dispositifs de rénovation énergétique,
09:03des vecteurs de chauffage des logements, ainsi que les achats de voitures électriques.
09:07Et les supermarchés planchent aussi sur l'adaptation au changement climatique.
09:11Les grandes surfaces doivent faire face à tous les aléas.
09:14On est en ligne avec Christine Bourge.
09:15Bonsoir, vous êtes responsable d'environnement de Perifem.
09:19C'est la fédération qui regroupe l'ensemble des acteurs de la distribution.
09:22Vous représentez 35 000 magasins, 400 centres commerciaux.
09:28Alors vous planchez sur l'adaptation climatique depuis plusieurs mois évidemment.
09:33Un nouveau guide est en préparation.
09:35Quelles sont les solutions que vous préconisez ?
09:39Oui, alors bonjour.
09:40Donc nous avons effectivement à l'échelle de Perifem et donc du secteur de la grande distribution établi un référentiel.
09:47On est d'ailleurs l'un des premiers secteurs économiques à avoir établi ce type de référentiel
09:51qui va venir apporter, montrer des solutions pour un certain nombre d'aléas.
09:57Donc on a travaillé sur les aléas chaleur, inondations, tempêtes, grêles et feux de forêt.
10:04Et donc ce référentiel vient présenter un certain nombre de solutions techniques, organisationnelles,
10:10de solutions fondées sur la nature aussi qui sont extrêmement importantes.
10:14Et en fait l'idée étant que pour chacun des aléas, les magasins puissent choisir une combinaison de solutions
10:22puisqu'il n'existe pas de solution unique pour un aléa.
10:26Oui parce que les magasins doivent s'adapter en fonction de leur environnement.
10:29Évidemment les enjeux ne sont pas les mêmes selon si le magasin se situe dans le sud de la France
10:34ou dans le nord de la France.
10:36Exactement. C'est vrai que c'est un point extrêmement important.
10:39Donc vous l'avez dit, on représente plus de 35 000 sites en France qui sont implantés partout au cœur
10:45des territoires.
10:46Et chaque territoire finalement va subir des aléas, un ou plusieurs aléas qui vont être différents.
10:52Et chaque magasin aussi, de par sa nature, de par la manière dont il a été construit, de la manière
10:58dont il est équipé,
10:59va vivre ces aléas de manière différente.
11:02Et donnez-nous un exemple de solution que vous mettez en place ou que vous proposez à vos adhérents pour
11:09faire face aux aléas climatiques.
11:11Alors prenons l'exemple par exemple des inondations.
11:15Donc il y a plusieurs façons de lutter contre une inondation et de s'adapter à cet aléa-là.
11:20Ça va bien sûr passer par les extérieurs dans un premier temps.
11:23Donc on va désinperméabiliser les parkings.
11:26On va les végétaliser, ce qui permet en plus de lutter contre les élo de chaleur par la même occasion,
11:32j'ai envie de dire.
11:32Mais pour l'inondation, on a aussi besoin peut-être d'équiper les magasins avec des bâtards d'eau qui
11:38vont former des barrières pour étanchéifier les magasins
11:40quand l'eau, notamment par ruissellement, arrive sur le site.
11:45Ou encore des solutions un peu organisationnelles qui vont permettre de mettre en place des protocoles pour que les équipes
11:52en magasin,
11:52quand l'allée arrive, quand l'inondation arrive, grâce notamment à des alertes météo de plus en plus fines qui
11:59sont installées, qui sont utilisées par les magasins.
12:03Des protocoles sont aussi mis en place pour que les équipes sachent à quel moment, par exemple, déployer les bâtards
12:09d'eau.
12:09Est-ce que vous avez chiffré le coût moyen par magasin pour s'adapter au changement climatique ?
12:16Alors ce chiffrage aujourd'hui, il est extrêmement complexe.
12:19Comme on vient de le dire, chaque cas est unique, chaque magasin est unique.
12:22en fonction de son implantation, de son équipement.
12:24Si on reprend l'exemple de l'inondation, le coût d'une inondation, ça peut aller de 100 000 à
12:30500 000 euros.
12:31Mais ce qui est important, je pense, de comprendre, c'est que l'adaptation n'est pas un coût, c
12:36'est un investissement.
12:39La CCR a émis un rapport qui chiffre justement les investissements en rapport avec les coûts évités.
12:49Donc pour, en moyenne, c'est une moyenne, j'insiste là-dessus, un euro investi dans l'adaptation, c'est
12:55en moyenne 4 euros de dommages évités.
12:58Donc il faut plus le voir comme un investissement que comme un coût.
13:01Il y a aussi, en parallèle de cette adaptation au changement climatique, il y a l'enjeu de la décarbonation
13:07des sites de grands magasins.
13:13Concrètement, elles s'organisent comment aujourd'hui ?
13:16Il ne s'agit pas simplement, et encore, d'installer des panneaux solaires sur le toit des parkings de supermarchés
13:22?
13:23Alors, les deux démarches, décarbonation et adaptation, sont absolument nécessaires et sont complémentaires.
13:32Donc ça, c'est vraiment un point qui est extrêmement, je pense, important à comprendre.
13:36Décarboner, c'est agir sur les causes du réchauffement climatique.
13:39S'adapter, c'est en limiter les conséquences.
13:41Donc, pour répondre à votre question, effectivement, on peut décarboner en limitant la consommation d'énergie et en utilisant plus
13:52d'énergie renouvelable dans les magasins.
13:54Mais on va aussi décarboner en travaillant sur sa chaîne de valeur et donc sur les produits qui sont vendus
14:00dans les espaces commerciaux, dans les magasins,
14:02qui représentent une part importante du bilan carbone aujourd'hui des enseignes.
14:06Merci beaucoup, Christine Bourge. Je rappelle que vous êtes responsable environnement de Périfem,
14:12fédération qui regroupe l'ensemble des acteurs de la distribution.
14:16On en vient aux toutes dernières prévisions de croissance du FMI.
14:19Le FMI est optimiste au niveau mondial, malgré la guerre au Moyen-Orient qui provoque une flambée des prix de
14:26l'énergie.
14:27Le PIB de la zone euro, lui, devrait progresser de 1,1% cette année, en hausse de 0,2
14:33points.
14:33Mais la France, elle, décroche par rapport à ses voisins, Alexandre Apagé.
14:38Effectivement, le FMI révise à la baisse ses prévisions pour la croissance française de 0,2 points cette année et
14:45l'année prochaine.
14:46Seulement 0,4% cette année, 0,7% en 2027.
14:52La hausse du PIB de la zone euro est en revanche portée par l'Allemagne, première économie européenne.
14:58Le FMI prévoit une forte accélération de 0,6 points à 1,3%.
15:04L'Espagne, moteur de l'activité économique européenne, elle aussi depuis 4 ans,
15:09confirme son dynamisme avec 2,5% de hausse du PIB prévu cette année.
15:16Mieux qu'anticipé également pour la croissance italienne, attendue à 0,8%, Stéphanie.
15:22Et dans le reste du monde, c'est mieux que prévu.
15:24Le FMI relève légèrement sa prévision de croissance à 3,1% cette année.
15:30Le FMI anticipe 3,4% l'année prochaine.
15:33Mais le FMI met en garde contre la dérive concernant les finances publiques.
15:39Alors effectivement, la croissance mondiale est en fait tirée par le boom de l'IA.
15:43Vous allez en parler tout à l'heure.
15:44Un tsunami, dit la directrice du FMI.
15:47Il sera aussi question à Bangkok des conséquences négatives de l'intelligence artificielle
15:52sur le marché de l'emploi et les finances publiques,
15:56ainsi que sur les valorisations des acteurs du secteur.
15:59Mais cet essor profite essentiellement aux économies asiatiques.
16:04Taïwan, notamment, grand producteur de semi-conducteurs,
16:07surperforme avec plus de 10% de croissance attendue cette année.
16:11A l'inverse, sans grande surprise,
16:13le FMI anticipe une contraction à deux chiffres du PIB au Moyen-Orient,
16:19notamment en Irak, au Koweït, au Qatar et à Bahreïn.
16:21Et le Fonds prévient.
16:23Les principales économies mondiales se dirigent vers leur plus important déficit budgétaire.
16:29Depuis la crise du Covid, l'emprunt net des économies avancées
16:34atteindra 5,2% du PIB cette année, son plus haut niveau depuis 2021.
16:41Merci Alexandra Pagé.
16:44Et notez que le FMI, la Banque mondiale,
16:46tiennent leur assemblée générale annuelle à Bangkok, en Thaïlande,
16:49à partir de ce jeudi.
16:51Roland Lescure sera présent sur place,
16:54tout comme le gouverneur de la Banque de France.
16:56Restez avec nous dans un instant.
16:57On va continuer à parler de ce tsunami de l'intelligence artificielle
17:02qui bouleverse donc le marché du travail et à terme les finances publiques.
17:06L'IA rebat-t-elle les cartes de la croissance mondiale ?
17:10On en débat dans un instant.
17:11A tout de suite.
17:19C'est l'heure du débat dans le 18h éco avec ce soir Anthony Morley-Lavidali.
17:25Bonsoir.
17:25Vous êtes économiste chez Rexécode et Guillaume Duval.
17:29Bonsoir.
17:29Bonsoir.
17:29Vous êtes président du club Maison Commune
17:32et ancien rédacteur en chef à Alternatives économiques.
17:35La croissance mondiale résiste, nous dit le FMI,
17:37qui relève sa prévision pour cette année.
17:40Malgré les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine,
17:42malgré la flambée des prix de l'énergie,
17:45une révision à la hausse grâce aux bonnes performances des économies avancées.
17:49Etats-Unis, Taïwan, Corée du Sud,
17:51elles-mêmes portées par le boom des investissements en intelligence artificielle.
17:54Alors messieurs, l'IA rebat-t-elle les cartes de la croissance mondiale ?
17:59Anthony Morley-Lavidali.
18:00Oui, pour partie.
18:01On assiste, on a eu un prix Nobel il n'y a pas très longtemps
18:03qui était Philippe Aguillon,
18:04qui nous parlait bien de la destruction créatrice
18:06et de ces vagues technologiques qui permettent de stimuler la croissance
18:09quand on arrive, j'allais dire à plat, sur les gains de productivité.
18:12Il faut se rappeler que juste avant le Covid,
18:14on était tous inquiets, puis on se disait
18:15mais quel ressort à la productivité on va bien pouvoir trouver,
18:18à la croissance également mondiale.
18:19Et là, on a quand même quelque chose d'assez fabuleux qu'est l'IA
18:22et qui tire en partie, en tout cas, la croissance de grands nombres de pays.
18:26Alors là, c'est plutôt les fabricants,
18:27on voit bien notamment de hardware, de puces
18:30qui sont mis à l'avantage et qui voient leur excédent notamment gonfler,
18:35mais également le software pour les Américains.
18:37Maintenant, la vraie question pour l'Europe,
18:39c'est comme nous ne sommes malheureusement
18:40ni en amont ni en aval des chaînes de valeur,
18:43c'est est-ce qu'on est capable de devenir des adopteurs
18:45de solutions IA pour maximiser nos gains de productivité ?
18:48Et là, la question reste encore en suspens.
18:50Oui, pour l'instant, c'est encore en suspens.
18:52Guillaume Duval, la croissance de la zone euro montre des signes de solidité,
18:57nous dit le FMI.
18:58Par contre, la France, elle fait figure d'exception avec une révision à la baisse.
19:02Est-ce que la France est hors course ?
19:04La France traverse une crise assez grave,
19:08à la fois politique, économique et de ses finances publiques, c'est connu.
19:12Je pense malheureusement qu'il n'y aura pas d'éclaircie
19:16avant les élections présidentielles,
19:18donc avant le milieu de l'année prochaine,
19:20et ça dépendra évidemment de la nature du résultat de ces élections.
19:24Mais je voudrais revenir sur la croissance mondiale.
19:27Alors d'une part, c'est le rôle du FMI d'être toujours positif, optimiste, etc.
19:32Si le FMI commençait à dire que les choses vont mal
19:35et vont aller encore plus mal demain,
19:37ce serait auto-réalisateur.
19:40C'est le rôle de ce genre d'organisme d'être positif.
19:46Après, je pense qu'en 2000 ou en 2008,
19:49la croissance mondiale était aussi très forte,
19:52portée par une bulle,
19:55enfin ce qui s'est révélé par la suite,
19:56une bulle importante sur les marchés financiers.
19:59Oui, ça ne nous protège pas des crises.
20:00Autour d'Internet, autour des subprimes, etc.
20:04Je pense qu'on est en train de vivre un peu le même genre de choses autour de l'IA.
20:08Donc il y a manifestement une bulle spéculative autour de l'IA.
20:11Ça ne veut pas dire que ce n'est pas du tout important ce qui se passe autour de l
20:14'IA.
20:15Je pense que la plupart des choses majeures qui ont été construites dans le monde
20:19l'ont été construites en pillant les investisseurs
20:23qui avaient cru bon d'investir dedans en pensant qu'ils feraient des gains fantastiques derrière
20:28et qu'ils se sont retrouvés plumés au bout du compte.
20:33Donc que ce soit le canal de Panama ou le canal sous la Manche,
20:38ça se passe un peu toujours pareil.
20:40Et ce qui restera de l'IA sera probablement important.
20:43Mais en attendant, je pense qu'il ne faut pas surestimer
20:47la croissance réelle que ça génère dans l'immédiat.
20:51Il y a beaucoup de spéculations derrière.
20:53Je pense qu'il y aura des corrections importantes qui vont se produire,
20:57notamment dans ce secteur.
20:58Mais pourquoi la France ne bénéficie pas des investissements en IA
21:03par rapport aux autres pays ?
21:04Parce qu'on n'est pas fabricant de semi-conducteurs tout simplement ?
21:06Pourtant, on bénéficie d'une énergie pas chère ?
21:09Oui, alors on essaye de se positionner.
21:11On voit bien que sur les data centers, on essaye d'augmenter la capacité installée.
21:14Mais c'est compliqué.
21:14On fait face à quand même des contraintes politiques, notamment locales, fortes.
21:19Mais ce n'est pas que la France.
21:20Pour le coup, c'est vraiment l'Europe.
21:21C'est l'Europe qui est en dehors de cette révolution technologique.
21:24Il faut bien avoir en tête que les États-Unis,
21:26là où ils nous ont vraiment distancés, c'est au tournant des années 2000,
21:28quand ils ont fait le grand virage des TIC,
21:30donc des technologies de l'information et des communications,
21:32qu'on n'a jamais complètement faites.
21:34Et à partir de là, un écart s'est vraiment creusé entre États-Unis et Europe.
21:38Et on est en train de vivre un deuxième découplage, en quelque sorte.
21:42Et c'est plutôt toute la recherche au fond européen qui est sinistrée.
21:46On ne sait plus prendre de risques.
21:47On ne sait plus financer, justement, des entreprises qui vont mourir demain.
21:50Mais ce n'est pas très grave.
21:51L'innovation, c'est ça.
21:52Vous avez 10 coureurs sur la ligne de départ.
21:56Et à la fin, il vous en reste un si vous avez un peu de chance.
21:58C'est ça, l'innovation en permanence.
21:59Et on ne sait plus fabriquer, aujourd'hui, de l'innovation haut de gamme.
22:03Et c'est ce qui nous manque.
22:04Et c'est là-dessus qu'il faudrait qu'on travaille.
22:05Et aussi adopter les solutions disponibles sur le marché.
22:08Puisque vous avez deux manières de faire des gains de productivité.
22:10C'est soit être leader à la frontière sur l'innovation.
22:12Soit adopter l'ensemble de ce qui est disponible sur le marché.
22:15Et même de ce point de vue-là, on le voit bien.
22:17Sur l'adoption, on est un peu plus en retard que ce qui se passe en Asie ou aux États
22:20-Unis.
22:20Guillaume Duval ?
22:22Oui, je crois que surtout ce qu'on a loupé jusque-là, et c'est pour cette raison qu'on
22:26a loupé
22:26toutes les dernières révolutions technologiques qui se sont produites,
22:29c'est surtout la mise en place d'une politique industrielle un peu consistante à l'échelle européenne elle-même.
22:36Je sais bien qu'il y a toute la légende sur la Silicon Valley, les startups, etc.
22:41Mais enfin, tout ça dépend quand même très étroitement, notamment dans l'IA,
22:45en particulier du budget colossal de la défense américaine
22:49et de la capacité que ça a d'impulser l'innovation et d'organiser l'innovation aux États-Unis.
22:54Quant à la Chine, évidemment, c'est tout à fait autre chose.
22:57Mais ça ne vient pas du ciel et de l'esprit d'entreprenariat des start-upers.
23:05Ça vient dans tous les cas de figure.
23:07Et puis, dans le passé, ce qui s'était passé au Japon, en Corée,
23:11autour des technologies de l'information ou des micro-électroniques,
23:16n'avait pas grand-chose à voir avec le libéralisme économique non plus.
23:19Donc, ce qu'on a loupé jusque-là, et ce qui fait qu'on a loupé...
23:21C'est la commande publique de l'Europe qui n'a pas suivi, quoi.
23:23Oui, enfin, c'est ce que dit Mario Draghi.
23:26Donc, il faudrait qu'on investisse beaucoup plus.
23:28Mais pour pouvoir investir beaucoup plus de manière privée,
23:31il faut aussi investir derrière, de manière publique, dans la recherche,
23:35dans le soutien à l'innovation, notamment à travers la défense aussi en Europe.
23:40Et c'est ça qu'on n'a pas su faire jusque-là.
23:42C'est ça qui nous coule aujourd'hui.
23:43Le FMI qui alerte aussi sur les conséquences négatives de l'intelligence artificielle
23:48sur le marché de l'emploi et sur les finances publiques, sur l'emploi notamment.
23:53Le FMI dit qu'elle réduit déjà la demande de main-d'œuvre humaine
23:57en prenant en charge les tâches routinières et répétitives.
23:59Et parallèlement, qu'elle favorise la multiplication des emplois peu rémunérés.
24:04Il y a une étude de HEC et de la Banque de France qui est sortie la semaine dernière
24:07qui disait qu'il y avait beaucoup moins de CDI pour les très jeunes générations
24:12qui rentraient sur le marché du travail.
24:14Est-ce que l'IA, c'est aussi un tsunami qui va mettre énormément de jeunes au chômage ?
24:19C'est un risque.
24:20Ou c'est juste l'adaptation qui est en train... une question d'adaptation ?
24:23J'ai envie de dire les deux, mon capitaine, dans le sens où effectivement, c'est un risque
24:27et il ne faut pas l'occulter.
24:28Il y a des risques autour de l'IA, mais comme dans toutes, d'ailleurs,
24:31au fond, transformations ou révolutions technologiques,
24:34néanmoins, ça reste un grand bénéfice à long terme.
24:37Et là, la question, c'est est-ce qu'on est capable de réallouer correctement la main-d'œuvre
24:40là où on va en avoir besoin ?
24:41On a bien vu pendant le Covid que nous, on préférait avoir des politiques
24:44de gel complet du marché du travail avec de l'activité partielle
24:47qui a empêché les réallocations d'emplois.
24:49Là où aux États-Unis, au contraire, ils ont été beaucoup plus vite pour réallouer l'emploi.
24:52Et ça, c'est ce qui nous manque vraisemblablement en Europe,
24:54c'est d'avoir au fond un peu de flexibilité pour permettre de faire en sorte
24:59que l'emploi aille là où il est nécessaire
25:01et qu'on n'ait pas des rétentions de main-d'œuvre trop fortes
25:03qui, à la fin, sont pénalisantes.
25:04Mais est-ce qu'il y a des sujets pour les jeunes ?
25:06Bien sûr.
25:06Et la formation initiale, comme continue,
25:08vont être des sujets absolument cruciaux dans les années à venir.
25:12Ça, c'est très clair.
25:13Guillaume Duval.
25:15Les emplois qui nécessitent un contact humain, une relation humaine,
25:20ceux-là vont rester.
25:22Oui, infirmières, assistantes maternelles.
25:24Et ceux-là doivent être surtout revalorisés.
25:27Ce que vous disiez, ça favorise le développement des emplois mal payés.
25:32Ils sont mal payés parce qu'ils ne sont pas reconnus pour l'instant.
25:35Alors que ce sont des emplois absolument essentiels
25:38et qui vont le devenir de plus en plus avec le vieillissement de la population, etc.
25:42Ça, c'est une chose.
25:43L'autre chose, c'est que normalement, l'IA, ça permet des gains de productivité.
25:50Donc, les gains de productivité, après, il faut les répartir.
25:54Si ça reste uniquement pour les actionnaires, si ça reste uniquement coincé pour les très riches,
26:01là, effectivement, il y aura un problème économique et un problème d'emploi derrière.
26:04Donc, il faut taxer les gains de productivité.
26:06Si on les répartit réellement et qu'on en profite, qu'on profite de la productivité que ça dégage
26:11pour, notamment, mieux payer les infirmières, mieux payer les gens dans d'autres secteurs
26:19et créer d'autres emplois dans des secteurs où on en manque beaucoup aujourd'hui,
26:24ça pourra se compenser.
26:26Évidemment qu'en partie, en Europe, un des problèmes, c'est qu'on n'est ni fabricant de logiciels,
26:34ni fabricant de puces, où il y a aussi des emplois qui sont créés à travers l'IA.
26:39Donc, ça, c'est un problème auquel il faut s'attaquer.
26:42Mais, en soi, le fait que ça dope la productivité n'est pas forcément un problème pour l'emploi
26:50sous les réserves des difficultés d'adaptation.
26:54Ce qui nous sépare avec Guillaume, probablement, c'est que moi, je suis d'abord attaché
26:59à ce qu'on les réalise, les gains de productivité, avant de parler de la question de la redistribution
27:01de ces gains-là.
27:02Et on voit bien qu'en Europe, on a surtout du mal à les matérialiser aujourd'hui.
27:06On espère, par exemple, que dans les administrations publiques, je pense aux collectivités locales,
27:10il y a des gains de productivité complètement dingues à faire.
27:13Quand on voit le retard qu'on a pris en numérisation dans les administrations, il y a plein de choses
27:16à faire.
27:16Les entreprises devront faire leur part.
27:18D'ailleurs, les moins productives disparaîtront.
27:20Ça, c'est la beauté du marché.
27:21C'est qu'à la fin, vous évacuez les plus mauvais, mais il faut absolument les réaliser.
27:24Ensuite, se posera la question, effectivement, de la redistribution ou du partage de ces
27:28gains.
27:28Mais pour l'instant, on est encore très loin du compte sur le fait de voir la matérialisation
27:31de ces gains de productivité en Europe.
27:33Merci beaucoup, messieurs.
27:34Anthony Morley, Lavidali, économiste chez Rexécode et Guillaume Duval, co-président
27:37du club Maison Commune et ancien rédacteur en chef d'Alternative Économique.
27:42Restez avec nous.
27:43Dans un instant, on va faire un point sur les marchés.
27:45On ira aussi au Mondial de l'Auto découvrir de nouveaux modèles, notamment la nouvelle Smart
27:50for Tout.
27:57Le 18h écho, Stéphanie Collomb.
28:00Le 18h écho se poursuit.
28:01On fait tout de suite un point sur les marchés avec Antoine Larigauderie.
28:03Bonsoir Antoine.
28:04Bonsoir Stéphanie.
28:05Le CAC termine quasi à l'équilibre ce soir.
28:07Oui, on a longtemps hésité.
28:08On termine sur cette très légère baisse de 0,07%, 7 827 points.
28:13On signe une moins mauvaise performance, on va dire, que le reste de l'Europe.
28:17L'Eurostock 50, moins 0,55%.
28:19On a du moins 0,37% du côté de Madrid.
28:23Et une cote un petit peu morcelée.
28:26Alors c'est vrai qu'on va en reparler, mais on a eu quand même un gros coup de mou
28:29du côté des semi-conducteurs.
28:31Avec ST Microelectronics qui a perdu 3,8% à 43,84 euros.
28:36En gros, ce sont nouvelles de progrès technologiques du côté d'une société chinoise, du côté des puces mémoires qui
28:41a mis le feu aux poudres ce matin.
28:43Ça a d'ailleurs fait tanguer la bourse de Séoul.
28:46Il y a eu des répercussions du côté de Wall Street.
28:48Et l'ensemble du secteur des semi-conducteurs en Europe aussi a souffert.
28:51Donc ST Micro, plus forte baisse du CAC, moins 3,8% à 43,84 euros.
28:56L'autre secteur évidemment qui a fait parler, c'est le secteur du luxe.
28:59Avec les résultats d'LVMH, les ventes, en tout cas du troisième trimestre qui ont été publiées hier soir,
29:05ont fini sur une baisse de 0,12% à 384,05 euros.
29:09Preuve que les analystes, de toute manière, se doutaient que le marché chinois serait difficile.
29:13Ils pèseraient sur l'activité mode maroquinerie, non.
29:15On a préféré rattraper un petit peu le titre au vol, notamment grâce aux bonnes perspectives du côté de l
29:20'horlogerie
29:21et puis du côté des vins et spiritueux.
29:23Ça, ça a inspiré la bourse, vous allez voir.
29:25Parce que paradoxalement, Hermès a perdu 1,9% à 1,284,50 euros.
29:31Kering aussi en baisse marquée, moins 45 à 210 euros, baisse plus marquée qu'LVMH.
29:36Mais ces bonnes nouvelles ont en tout cas fortifié Pernod Ricard, qui a gagné 4,9%.
29:40C'est la plus forte hausse du CAC à 65,52.
29:42Et puis, à signaler Capgemini aussi, qui a gagné 3,4% à 119,30 euros.
29:47Voilà pour les principales hausses du jour.
29:50À noter le marché obligataire, qui s'est légèrement détendu.
29:53On est à 4,83 sur le 10 ans français.
29:56Et du côté des marchés américains, on est dans le rouge pour l'instant.
29:59Oui, pour l'instant.
30:00C'est vrai qu'on avait une tendance mitigée à l'ouverture.
30:02Et puis, ça s'est un petit peu effrité.
30:03Alors, on reste dans l'ombre de choc de ces nouvelles en provenance de Chine,
30:07sur les progrès dans la DRAM, dans les puces mémoires.
30:10Et du coup, ça pèse sur tout un tas de valeurs,
30:13notamment les Micron, les Applied Materials, les Sandisk, etc.,
30:18qui sont spécialistes aussi des stockages et des puces mémoires.
30:21Donc, ils sont en forte baisse.
30:22Mais on s'est aussi plutôt enthousiasmés pour les résultats du secteur bancaire,
30:26du côté de Wall Street.
30:26Parce que c'est vrai qu'on sortait, il y a quelques semaines,
30:28d'un avertissement marqué de Goldman Sachs, de Bank of America,
30:32qui disait, attention sur la période.
30:34L'activité de trading, et notamment du côté des taux,
30:37ce qu'on appelle le fixed income,
30:39a été très perturbée par la très forte hausse du marché obligataire.
30:43Et sa très forte volatilité.
30:44Tout le monde s'est pris les pieds dans le tapis à ce niveau-là.
30:47Personne n'échappe à la règle.
30:48Sauf qu'il y a des bons élèves, et notamment JP Morgan,
30:52qui est en hausse.
30:54La plus 0,2% pour le titre à 334,98 euros,
30:58avec notamment de bons résultats sur tout un tas d'autres activités,
31:01notamment la banque de marché, les actions.
31:04Goldman Sachs, qui s'en tire bien,
31:05malgré son avertissement il y a quelques semaines,
31:08le titre gagne 0,65%.
31:11898,81 dollars.
31:13En revanche, c'est plus compliqué pour City.
31:14Oui, City Group, qui est en baisse de 3,6%.
31:17On est sur un plus bas de séance.
31:18Là, à 127,19 euros.
31:19Les activités de détail commencent à souffrir de la hausse des taux.
31:22Beaucoup de demandes pour les crédits immobiliers,
31:24pour les crédits hypothécaires, etc.
31:27Et puis Wells Fargo aussi, qui est un petit peu dans le même cas.
31:29Les résultats étaient en dessous du consensus.
31:32Le titre Wells Fargo, là, qui est en baisse d'1,6% à 81,97 dollars.
31:38Merci beaucoup, Antoine Larigauderie.
31:40Et puis, on apprend ce soir que Nvidia va entrer au capital de Doctolib en tant qu'actionnaire minoritaire,
31:47annonce de son patron, Jenseng Wang, lors d'un point presse ce soir à Paris.
31:53Cette participation a vocation à lancer la révolution de l'IA en Europe, a-t-il déclaré.
31:59Il a aussi indiqué avoir investi dans les entreprises d'IA françaises Genesis, IA et Pigment.
32:04On en vient au Mondial de l'Auto, qui se poursuit, porte de Versailles à Paris.
32:08Au menu aujourd'hui, un sommet qui a réuni un parterre de dirigeants du secteur.
32:12Les industriels européens continuent à mettre la pression sur Bruxelles
32:17et sur les leaders politiques pour faire entendre leur voix.
32:20Ils poussent à ce qu'un accord soit trouvé entre la France et l'Allemagne
32:23sur le Made in Europe et la réglementation CO2.
32:27Et pour que le Conseil européen, qui va se tenir jeudi,
32:30enterrine aussi le compromis trouvé avec Pékin sur les véhicules hybrides.
32:36Justine Vassogne.
32:36Oui, il y a beaucoup de choses.
32:38Clairement, ce mondial de l'automobile, les constructeurs l'ont bien compris.
32:42C'est le moment pour se faire entendre.
32:44Tout le monde est là.
32:45Première revendication que les 27 États membres enterinent lors du Conseil européen de jeudi.
32:50Donc, la limitation à l'exportation des véhicules hybrides chinois, c'est urgent,
32:56selon François Proveau, le patron de Renault.
32:59Qu'est-ce qui va se passer s'il n'y a pas de limitation des véhicules importés ?
33:03La part de marché des véhicules importés va passer de 15, 20, 25%.
33:08Au Brésil, en ce moment, c'est 25%.
33:10Tout passe par un accord entre l'Europe et la Chine.
33:14Moi, je le dis depuis deux ans.
33:15Ce n'est pas un accord pour fermer les frontières.
33:17C'est un accord pour faire ce que la Chine a si bien fait il y a 30 ans.
33:20Clairement, il faut limiter les flux entrants de véhicules importés
33:24qui n'ont aucune valeur ajoutée pour l'industrie, les emplois, l'Europe.
33:31Justine, l'autre revendication majeure du secteur,
33:34on en a déjà beaucoup parlé ici évidemment,
33:36c'est qu'un accord soit trouvé sur le Made in Europe.
33:39Absolument.
33:40Le message est très clair.
33:41Il faut que Paris et Berlin s'entendent au plus vite sur la préférence européenne.
33:45Les trois constructeurs généralistes européens y sont bien parvenus, eux.
33:49Oliver Blumeux, le patron de Volkswagen, a même pris un nom pour leur groupe.
33:53Ce sont les Big Free.
33:54Les Big Free européens, on avait les Big Free américains.
33:57Maintenant, voilà, ce sont les Big Free européens,
33:58c'est-à-dire Volkswagen, Renault et Stellantis.
34:01Ils ont donc réussi à faire front commun et ce n'était pas forcément gagné.
34:05La balle, elle est maintenant dans le camp des 27,
34:08selon Oliver Blumeux.
34:09On l'écoute.
34:14Volkswagen, Renault et Stellantis soutiennent une stratégie Made in Europe.
34:17Nous avons fait une proposition concrète pour être éligible.
34:20Il suffira que 70% des véhicules assemblés par un constructeur dans l'Union européenne
34:25répondent aux critères du contenu local.
34:27Cela renforce la production européenne
34:29et cela respecte les accords commerciaux déjà en place.
34:32Antonio Filosa, le patron de Stellantis,
34:34estime lui aussi qu'il y a urgence,
34:36même si les industriels, effectivement, ne sont pas d'accord complètement à 100%.
34:41Merci beaucoup, Justine.
34:47Sur les détails, on peut avoir des points de vue légèrement différents,
34:49mais maintenant, on ne parle plus des détails.
34:51Maintenant, il faut trouver le compromis, car le temps presse.
34:54Bien sûr, il faudra faire des concessions.
34:56Je vais être perdant sur certains points,
34:58d'autres vont perdre sur d'autres points,
35:00mais à la fin, tout le monde va gagner.
35:06Lundi, Emmanuel Macron, qui était en visite lors du salon de l'automobile,
35:10a estimé qu'un accord avec l'Allemagne sur le sujet de la préférence européenne était imminent.
35:15Le secteur espère donc qu'un compromis va être trouvé dans les prochains jours,
35:19pourquoi pas jeudi, lors de ce fameux Conseil européen.
35:22Et on le suivra évidemment de près sur BFM Business.
35:24Merci beaucoup, Justine Vassaigne.
35:26C'est l'une des stars du salon de l'automobile.
35:28Smart fait son retour avec son iconique modèle à deux places.
35:32La Fortou est devenue la hashtag tout.
35:34Et Smart compte bien dessus pour effectuer son comeback.
35:38François-Xavier Roux avec Valentina Deby.
35:41Ces dernières années, Smart, aujourd'hui détenue par Mercedes, le chinois Geely,
35:46s'était essayée au SUV sans beaucoup de succès.
35:49Alors cette année, la marque a décidé d'effectuer un retour aux sources.
35:52En ressuscitant la Fortou, son modèle à deux places, baptisé hashtag 2,
35:57Cyril Bravard est le président de Smart en France.
35:59C'est un retour de l'icône.
36:00On a repris tout ce qui avait fait le succès de la Smart Fortou.
36:03Donc bien évidemment déjà son côté unique avec ses deux places.
36:07Sa taille ultra compacte, 2,74 m.
36:11Énormément d'agilité en ville grâce à un rayon de braquage d'un peu moins de 7 m.
36:15La nouvelle Smart atteint jusqu'à 290 km d'autonomie,
36:18deux fois plus que sa prédécesseur lancée en 2019.
36:21Un bond technologique permis grâce à Geely qui produit la voiture en Chine.
36:25Mercedes, de son côté, a designé la voiture.
36:28Son prix, tout juste en dessous de 20 000 euros.
36:30Plus cher que les nouvelles citadines électriques qui arrivent sur le marché
36:34comme la Dacia Spring ou la future de chevaux.
36:36Mais cela n'inquiète pas Cyril Bravard.
36:38Quand on me demande quelle est la concurrence de la Smart deux places,
36:41j'ai un mal fou à répondre.
36:42Le prix des autres, c'est très bien.
36:44Je suis très heureux pour eux.
36:46Nous, on a une voiture qui est unique sur son segment.
36:49Pour ne pas dire qu'elle a créé un segment, elle, toute seule.
36:52La Smart Hashtag sera commercialisée en France et en Europe à la fin du printemps 2027.
36:56Mais elle vise aussi la conquête du marché asiatique.
36:59Dans le secteur de l'énergie, on a appris aujourd'hui que plusieurs entreprises
37:03en charge de la maintenance nucléaire ont été perquisitionnées.
37:06C'est dans le cadre d'investigations sur des soupçons de corruption en bande organisée
37:11et d'ententes anticoncurrentielles au détriment d'EDF.
37:15C'est ce qu'indique le parquet national financier.
37:18Cette série de perquisitions a aussi visé des domiciles de salariés et agents EDF.
37:23Toujours dans l'actualité entreprise, les défaillants sont quasiment stabilisés pour ce trimestre.
37:29Près de 15 000 ont fait défaut selon une étude d'Altarès.
37:33Mais la hausse est contenue, plus 0,5% par rapport à la même période l'année dernière.
37:39Mais la calme pourrait ne pas durer entre incertitude géopolitique et crise énergétique
37:44et l'inflation qui repart à la hausse.
37:46Ça serait Olivier.
37:48Parmi les secteurs qui ont le plus souffert, l'hôtellerie-restauration.
37:52Alors que la fréquentation estivale dans les hébergements de tourisme a progressé par rapport à l'année dernière,
37:58c'est un paradoxe, souligne Thierry Millon, directeur des études chez Altarès.
38:02L'été n'a pour autant pas été extraordinaire, notamment parce qu'il y a les effets de la canicule
38:07au-delà du pouvoir d'achat qui a naturellement largement contraint les dépenses.
38:12Et nous avons à la fois des acteurs qui s'en tirent très bien, c'est notamment l'hôtellerie haut
38:18de gamme.
38:19En revanche, le milieu de gamme est effectivement plus en souffrance.
38:22Tous secteurs confondus, 50 000 emplois sont menacés par les défaillances du trimestre
38:27et l'incertitude va continuer de peser sur les entreprises jusqu'à la fin de l'année.
38:32Les entreprises sont hésitantes, elles veulent voir comment est-ce que le budget va les impacter.
38:39Et puis à l'approche évidemment du calendrier électoral cette fois,
38:43un autre attentisme quant à savoir s'il est encore temps, trop tôt ou pas du tout, de recruter.
38:51Pour ces raisons, le spécialiste estime que le nombre de défaillances d'entreprises
38:55pourrait atteindre le record de 72 000 défauts d'ici à la fin de l'année.
39:00Le coût d'un poste de travail ne cesse d'augmenter.
39:03Entre éclairage, chauffage et prix de l'immobilier,
39:05les frais sont nombreux pour accueillir les salariés.
39:08Selon une étude de Beziratio, les coûts grimpent de 3% depuis deux ans,
39:12en particulier pour les dépenses de fonctionnement et les services proposés au travail.
39:16Apolline Dabé.
39:18Le coût total d'un poste de travail s'élève en moyenne à 11 406 euros par an
39:23et par salarié, un chiffre en progression pour les entreprises,
39:25car le fonctionnement des bâtiments coûte plus cher,
39:28souligne Hubert Labouche qui a piloté l'étude.
39:30Les dépenses d'exploitation du bâtiment sont en forte croissance.
39:34Elles sont portées par deux natures de coûts.
39:36La première, c'est le coût de l'énergie.
39:38Et la seconde, ce sont le coût de maintenance.
39:39La hausse de 17% par mètre carré l'année dernière pour les dépenses énergétiques
39:43et hausse également des services aux collaborateurs.
39:46Les entreprises dépensent en moyenne 1052 euros par salarié
39:49pour les attirer dans les bureaux,
39:50en misant sur la restauration, voire même les salles de sport.
39:54Alors que le coût global augmente,
39:55le poids de l'immobilier, lui, recule jusqu'à 3%.
39:58La surface moyenne passe à 14 mètres carrés par poste de travail
40:01contre 15 mètres carrés l'année précédente.
40:03L'immobilier reste malgré tout le premier poste de dépense pour les entreprises.
40:07La première, c'est la baisse des surfaces locatives
40:10du fait d'un besoin moins important de surface à cause du télétravail
40:15et d'autre part, un marché qui est aujourd'hui plus favorable aux locataires.
40:20Quant au coût d'un véhicule professionnel, il a bondi de 12% en un an,
40:24une charge qui va encore s'accentuer avec la hausse du prix du carburant.
40:27Restez avec nous sur BFM Business.
40:29Dans un instant, on va parler de la situation en Arabie Saoudite,
40:32toujours la cible des outils.
40:33La milice pro-iranienne basée au Yémen
40:36multiplie les frappes ces derniers jours, déstabilisant le royaume
40:39qui pourtant a investi massivement dans son armement.
40:42Alors comment expliquer que Riyad ne réplique pas pour l'instant ?
40:46Décryptage à suivre avec David Rigoules et Rose.
40:50A tout de suite.
40:57Le 18h écho se poursuit à l'international.
41:02Les attaques de Houthis se multiplient ces derniers jours contre l'Arabie Saoudite.
41:06Leur ampleur atteint un niveau sans précédent.
41:08L'aéroport de Riyad et de Daman sont touchés depuis le week-end dernier.
41:11Hier encore, de fortes explosions ont encore secoué la capitale saoudienne.
41:16Alors comment expliquer que la puissance militaire saoudienne ne réplique pas encore massivement ?
41:22On va voir ça avec vous, David Rigoules et Rose.
41:24Bonsoir.
41:25Vous êtes chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique,
41:28rédacteur en chef d'Orient Stratégique.
41:31D'abord, comment expliquer cette recrudescence
41:33des attaques de cette milice Houthis contre l'Arabie Saoudite ?
41:39En fait, ça remonte à l'été dernier,
41:40quand il y a eu l'interception d'un vol à destination du Yémen
41:44qui rentrait de Téhéran
41:46et qui avait fait l'objet d'une interdiction de se poser à Sanaa.
41:50Il avait été dérouté sur Deïda.
41:52Et puis, il y a eu le début des frappes.
41:54Et les Houthis avaient signalé de toute façon
41:56qu'ils se préparaient éventuellement à rentrer en lice.
42:00et il se trouve qu'il y avait manifestement
42:02sur la sollicitation insistante de Téhéran
42:06parce qu'il y avait une manière...
42:07Dans l'idée de Téhéran, c'était, après le détroit d'Ormous,
42:10c'était de perturber évidemment le détroit du Babel Mandèbe.
42:12Ça donnait lieu à une forme de blitzkrieg,
42:14très rapide, on s'en souvient,
42:16qui leur a permis de contrôler tout le littoral sur la mer Rouge
42:20en allant jusqu'au détroit du Babel Mandèbe
42:22et en prenant possession d'ailleurs de l'île qui sert de verrou.
42:25Donc, ça a justifié évidemment des répliques,
42:28mais de manière très déconstruite
42:31de la part des forces dites loyalistes
42:32au gouvernement officiel,
42:34moins reconnu et soutenu par l'Arabie saoudite.
42:37Et puis, dans le prolongement de ce succès,
42:39il y a eu la multiplication de frappes
42:42justement contre le royaume saoudien.
42:44Alors d'abord des bases militaires,
42:45mais des infrastructures énergétiques.
42:48Là, on a vu dernièrement ce week-end,
42:50c'était l'aéroport international de Riyad
42:52puisqu'il y a une forme de no-fly zone
42:54qui veut être instituée par les outils
42:56justement pour pénaliser, on va dire,
42:59le statut et l'économie du royaume.
43:00Et le ministère saoudien de l'énergie
43:02reconnaît que le royaume,
43:03premier exportateur de pétrole,
43:05était mis à l'épreuve par la série d'attaques
43:07et a promis une réponse ferme.
43:09Mais quelle réponse justement ?
43:11Les modalités de la réponse saoudienne,
43:16elle est essentiellement aérienne.
43:17Mais c'était déjà le cas,
43:18déjà dans l'opération qui avait été menée
43:20à partir de 2015,
43:21déjà contre les outils
43:22et qui n'avaient pas été un succès exceptionnel.
43:26Loin s'en faut puisqu'ils sont toujours là
43:27et plus actifs que jamais.
43:29Et donc sinon,
43:30c'est le soutien aux forces loyalistes au sol.
43:33Mais le problème de ces forces loyalistes,
43:35c'est qu'elles sont...
43:36Il y a une chaîne de commodements
43:37qui n'est pas unifiée.
43:38Il y a des rivalités
43:39entre les différentes composantes
43:41de ces forces loyalistes
43:42qui profitent évidemment
43:44à l'homogénéité outil,
43:47du bloc outil,
43:48soutenu par Téhéran évidemment.
43:51Et il se trouve qu'en plus,
43:53ces forces loyalistes
43:54ont été pénalisées
43:55par les dissensions
43:56entre Riyad et Abu Dhabi,
43:57notamment puisque les Émiratis
43:58se sont retirés justement
44:00de l'alliance.
44:02Et du coup,
44:03l'Arabie saoudite se retrouve un peu seule
44:05avec la tutelle justement
44:06de cette coalition
44:07qui doit faire face aujourd'hui
44:09justement à la pression outil,
44:10plus seulement au Yémen,
44:12mais évidemment sur le sol du royaume.
44:14Est-ce que l'Arabie saoudite
44:15prépare une offensive militaire
44:17massive au Yémen,
44:19contre les outils ?
44:20Pas avec des troupes au sol,
44:22oui.
44:22Elle a effectivement...
44:24Elle mobilise toute son aviation.
44:26Elle essaie de restructurer
44:28les forces loyalistes
44:29pour qu'elles soient en capacité
44:30de reprendre les territoires perdus.
44:33ce n'est pas acquis
44:34parce qu'il y a une force outil
44:39qui est extrêmement opérationnelle
44:40et vraisemblablement encadrée
44:41par des gardiens
44:42de la Révolution iranienne.
44:44Ça semble-t-il avéré aujourd'hui.
44:46Et puis une capacité balistique
44:48des outils qui leur est propre,
44:50qui a été perfectionné.
44:52On le voit.
44:52Fournie par l'Iran ?
44:53Alors, à la base,
44:54elle existait sous l'Ancien Régime.
44:57Mais elle a été largement développée,
44:59évidemment,
45:00en termes de portée
45:02et en termes d'efficacité.
45:04Et surtout,
45:04le problème pour l'Arabie saoudite
45:06aujourd'hui,
45:06c'est le manque cruel
45:08d'intercepteurs.
45:10Parce que beaucoup des intercepteurs
45:12de type patriote ou TAD
45:14ont déjà été utilisés.
45:16On parle de plus de 80%
45:17au moment de la guerre
45:18dite des 40 jours.
45:19Lorsque l'Arabie,
45:21comme d'autres pétro-monarchies,
45:22avait été visée justement
45:22par les tirs iraniens.
45:24Et le problème,
45:24c'est qu'il y a eu
45:25une surconsommation,
45:26c'est-à-dire un usage immodéré
45:28des stocks disponibles,
45:30parfois contre des simples drones.
45:32Ce qui fait qu'aujourd'hui,
45:33évidemment,
45:34quand il y a la nécessité
45:36d'intercepter des missiles,
45:38ça devient plus compliqué
45:39en quantité.
45:40Et puis on voit que ça passe.
45:43Et malgré le fait que
45:44l'Arabie saoudite affiche
45:46l'un des budgets de défense
45:47proportionnellement
45:48les plus élevés au monde,
45:49à 5,7% du PIB,
45:5271 milliards de dollars.
45:55C'est 257 000 hommes.
45:59C'est aujourd'hui
46:00l'armée la plus puissante
46:01de la région ?
46:02Oui, mais ça,
46:02c'est en termes d'affichage.
46:03Parce qu'effectivement,
46:04beaucoup plus que le budget iranien,
46:06par exemple.
46:07Mais ce sont des achats d'armes.
46:09Donc effectivement,
46:10mais en termes de compétences
46:12militaires strictes,
46:14opérationnelles,
46:15il y a parfois des défaillances,
46:16notamment au niveau au sol.
46:19L'aviation est mobilisée
46:21de manière très importante.
46:22Effectivement,
46:23elle est efficace.
46:25Mais le problème,
46:26c'est que très souvent au sol,
46:28c'est sous-traité,
46:28en réalité,
46:29à des contingents étrangers.
46:31Et c'est pour ça
46:31qu'aujourd'hui, d'ailleurs,
46:33l'Arabie saoudite,
46:34qui demande de l'aide
46:35à ses partenaires,
46:35on l'a vu dernièrement,
46:37a essayé de faire jouer
46:38le pacte dit de l'Amec
46:40avec justement
46:42le Pakistan
46:43et la Turquie.
46:45D'ailleurs,
46:45le Pakistan qui a déjà
46:46prépositionné depuis
46:48plusieurs semaines
46:498 000 hommes,
46:49envisage d'envoyer
46:51près de 30 000 hommes,
46:53voire 40 000,
46:54pour protéger justement
46:55le royaume saoudien
46:56en vertu de ce pacte
46:58de défense.
46:58Et donc,
46:59ça veut dire aussi
47:00qu'en vertu de ce pacte
47:01de défense,
47:02le Pakistan et la Turquie
47:04pourraient intégrer
47:05ce conflit ?
47:06Théoriquement,
47:07c'est possible,
47:08puisque dans la structuration
47:10du pacte,
47:11il y avait effectivement
47:11l'idée d'une équivalence
47:13de l'article 5
47:14du traité de l'OTAN,
47:15c'est-à-dire d'une solidarité
47:17immédiate en cas d'agression
47:18caractérisée,
47:19ce qui est avéré aujourd'hui.
47:21Donc,
47:22on a glosé sur
47:23la vacuité
47:24du pacte en question
47:26un peu vite,
47:28parce que
47:29les parties prenantes
47:30sont quand même tenues
47:31de faire valoir
47:33la pertinence
47:36militaire
47:37de ce pacte
47:38en termes de dissuasion.
47:39et vraisemblablement,
47:41le Pakistan a dit
47:42qu'effectivement,
47:43non seulement il y a
47:44des condamnations
47:44par rapport au Frapouti,
47:45mais qu'il irait
47:47jusqu'au bout
47:47des attendus du pacte.
47:49L'Arabie Saoudite
47:50qui a également demandé
47:51l'aide,
47:52encore une fois,
47:53de Washington,
47:54une aide qui n'arrive
47:55toujours pas.
47:56Pourquoi ?
47:57Est-ce que Donald Trump
47:58peut ajouter
47:59un nouveau front ?
48:01Alors,
48:01voilà,
48:01il faut relativiser
48:02l'absence d'aide,
48:04parce qu'en réalité,
48:05ce n'est pas le cas.
48:06J'évoque souvent
48:07le fait qu'il y ait
48:08une aide
48:09satellitaire
48:09en termes de renseignement,
48:11une aide de ciblage
48:12opérationnel
48:13dans les cas
48:14des bombardements.
48:14Il y a près
48:15de 200 conseillers
48:16américains au sol
48:17qui coordonnent,
48:18qui travaillent
48:19avec leurs homologues
48:20saoudiens
48:20pour aider justement
48:21le royaume
48:22à maîtriser
48:23la situation.
48:24En revanche,
48:25effectivement,
48:25le prince Mohammed Missaman
48:26avait sollicité
48:27à deux reprises
48:27par téléphone
48:28Donald Trump
48:28qui a décliné,
48:30qui a mis une fin
48:31de recevoir
48:32dans les médias
48:32pour un engagement direct,
48:34comme ça avait pu être
48:34le cas par le passé,
48:35parce qu'il faut rappeler
48:36qu'en 2025,
48:37pendant deux mois,
48:38les Américains
48:39avaient bombardé
48:40les outils
48:40et que ça avait donné lieu
48:41à un accord
48:41de cessez-le-feu
48:42entre les deux parties.
48:43D'ailleurs,
48:43les outils aujourd'hui
48:44menacent
48:44ces Américains
48:45dans le cas
48:47où ils rentraient
48:47à nouveau dans le jeu
48:48de les viser
48:50délibérément
48:50en tant que tels.
48:51Donc,
48:52on voit bien
48:52que la situation
48:53est d'une extrême complexité,
48:54mais comme il y a eu
48:56un mort américain
48:57à l'aéroport
48:57de King Khaled,
48:59l'aéroport international,
49:01ça a évidemment
49:02alimenté les spéculations
49:03et Donald Trump lui-même
49:04a dit qu'une décision
49:05devrait être prise
49:06d'une manière ou d'une autre.
49:07Il y a un risque réel
49:08d'escalade aujourd'hui ?
49:09Elle est là,
49:10l'escalade.
49:10Elle est là,
49:11c'est une escalade
49:13depuis le début
49:14de la guerre,
49:15dit des 40 jours.
49:16Elle est plus concentrée
49:17sur le Golfe
49:18et sur Hormuz.
49:19Il y a une escalade horizontale,
49:20puisque ce que souhaitaient
49:21d'ailleurs
49:22les Iraniens.
49:23C'était écrit,
49:24c'était dans le scénario
49:24des Iraniens.
49:25Ça faisait partie
49:25du scénario
49:26qui avait été
49:27plus ou moins explicité
49:28par les Iraniens.
49:29Ils commençaient
49:30par Hormuz
49:31et ensuite,
49:31effectivement,
49:32il y avait la potentialité
49:33d'un élargissement géographique,
49:34ça s'appelle
49:34une escalade horizontale.
49:36Et là, manifestement,
49:37ils vont plus loin
49:38parce qu'ils auraient fait
49:39passer un message
49:40aux pétromonarchies du Golfe
49:41en leur signalant
49:43qu'il y avait un risque
49:43d'escalade non plus seulement
49:45horizontale mais verticale
49:46avec un ciblage
49:47beaucoup plus important
49:49que précédemment,
49:50justement,
49:51sur certaines infrastructures critiques.
49:52Ça veut dire que
49:53ça sous-entend
49:55que ce conflit
49:56pourrait aussi
49:57à nouveau toucher
49:58les autres pays
49:59de la zone ?
50:00On ne peut rien exclure.
50:01Pour l'instant,
50:02il y a une logique d'escalade
50:03qui est actée
50:04et qui est difficilement
50:06maîtrisable
50:06parce qu'il y a
50:07un effet d'engrenage
50:08et de volonté
50:10des parties prenantes
50:11de rétablir
50:12à chaque fois
50:12une forme de dissuasion.
50:14Et donc,
50:15effectivement,
50:15ce risque est là.
50:17Les outils,
50:18aujourd'hui,
50:18qu'est-ce qu'ils veulent ?
50:19Qu'est-ce qu'ils demandent ?
50:20Les outils sont
50:22objectivement indexés
50:23sur l'agenda iranien,
50:24même s'ils ont
50:25leur propre considération.
50:26On a tendance
50:27à dire que les outils
50:27sont un proxy,
50:29un mandataire strict
50:30des Iraniens.
50:31Ce n'est pas le cas.
50:32Ils sont effectivement
50:33indexés sur leur agenda
50:34régional,
50:35ce qui explique
50:36qu'ils soient rentrés
50:36justement dans le conflit.
50:38Mais ils ont aussi
50:39leur propre considération
50:41intra-yéménite
50:43et intra-péninsulaire,
50:45dans le cadre
50:46de la péninsule arabique.
50:48on va dire
50:49que c'est assez complexe
50:50parce que c'est
50:50une articulation
50:51entre les problématiques
50:52intérieures au Yémen
50:53et des problématiques
50:55régionales.
50:56C'est ça qui rend
50:56la situation
50:57difficile à maîtriser.
50:59Dans la mesure où les outils,
51:00c'est la première fois
51:00que c'est un groupe
51:01non étatique
51:02qui est en mesure
51:03de peser
51:03sur un des trajets
51:06mondiaux maritimes
51:07les plus importants.
51:08Et qui empêche
51:09l'Arabie saoudite
51:10d'avoir accès
51:10aux mers du Sud.
51:12Oui.
51:12Et c'est quand même
51:14primordial pour le royaume
51:16qui ne dispose que
51:17entre guillemets
51:18de l'accès
51:18à Bab el-Mandeb
51:20et au Détroit d'Hormuz.
51:21Oui, surtout
51:22on l'a vu
51:22avec l'obstruction
51:23du Détroit d'Hormuz
51:24puisqu'il y a eu
51:24un aménagement
51:26en amplitude
51:27du fameux
51:27oléoduc Est-Ouest
51:29qui permet d'exporter
51:30entre 5
51:31voire 6 millions
51:32de barils
51:33qui a été d'ailleurs touché
51:34non pas par les outils
51:35mais par les groupes
51:36pro-iraniens d'Irak
51:37en coordination
51:39avec les outils
51:39qui a été
51:40semble-t-il réparé
51:41mais pas totalement
51:42et donc effectivement
51:43une partie du flux
51:44qui avait été détournée
51:45justement pour éviter
51:47la menace
51:47sur Hormuz
51:49et se retrouvait
51:50sur Yonbu
51:50sur la mer Rouge
51:52les deux tiers
51:52allaient vers l'Asie
51:53notamment la Chine
51:54qui est un élément central
51:56parce que la Chine
51:57a une base à Djibouti
51:58et regarde ça
51:59avec une très très grande attention
52:00et puis une autre partie
52:01vers l'Europe
52:01et avec les condensats
52:03notamment
52:04les condensats pétroliers
52:05tout ce qui est
52:06pétrole brut
52:07mais pas seulement
52:08évidemment
52:08diesel et autre chose
52:09donc on voit bien
52:10que la mer Rouge
52:12est devenue
52:12extrêmement sensible
52:13et elle n'est pas
52:14déconnectée
52:15de la mer du Golfe
52:17bien sûr
52:17et une dernière question
52:18sur Emmanuel Macron
52:20qui avait annoncé
52:21l'envoi de troupes
52:22uniquement
52:24en défensif
52:25pour défendre
52:27les intérêts
52:28du royaume saoudien
52:29sur les infrastructures
52:32pétrolières
52:32notamment Yonbu
52:33notamment le Leoduc
52:35ça veut dire
52:36que la France
52:37va se rendre sur place
52:38des soldats français
52:39vont se rendre sur place
52:40pour une mission défensive
52:42à aucun moment
52:43elle ne peut entrer
52:44en guerre
52:45de toute façon
52:46c'est en vertu
52:46du partenariat stratégique
52:48avec l'Arabie saonite
52:49pour montrer
52:50que la parole
52:51de la France
52:52est tenue
52:53en termes de sécurité
52:54de soutien
52:55il n'y a pas que les français
52:57il faut préciser
52:58qu'il y a une batterie
52:58patriote grecque
52:59qui est là
53:00il y a des avions italiens
53:02dont l'un a été touché
53:03dernièrement justement
53:05sur la frontière
53:06méridionale
53:06donc il y a
53:07des soutiens
53:09diversifiés
53:09mais évidemment
53:10le soutien essentiel
53:11c'est le soutien américain
53:12et ça va être déterminant
53:13dans l'évolution
53:14de la situation
53:15en question
53:16Merci beaucoup
53:17David Rigolet-Rose
53:18je rappelle que vous êtes
53:18chercheur à l'Institut français
53:20d'analyse stratégique
53:21et rédacteur en chef
53:22d'Orient Stratégique
53:23dans un instant
53:24sur BFM Business
53:25c'est Tech & Co
53:26présenté par François Sorel
53:27très bonne soirée
53:28à demain
53:29le 18h éco
53:31sur BFM Business
53:33Sous-titrage Société Radio-Canada
53:34Sous-titrage Société Radio-Canada