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Ce jeudi 29 octobre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Erwan Morice sur BFM Business.
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00:00DFM Business présente
00:05Le 18h écho, Erwan Morris
00:08Soyez bienvenue dans votre émission d'actualité du soir, une heure d'information économique, d'analyse et de débat.
00:13A la une de ce jeudi 29 octobre, les comptes à rebours est lancé pour Christine Lagarde.
00:18La présidente de la BCE annonce son départ et donne une date le 7 février, 9 mois donc avant le
00:24terme de son mandat.
00:24On va faire le point sur son bilan dans un instant avec Bastien Drue, responsable des études et de la
00:29stratégie chez CPRAM.
00:31Nous vous donnerons aussi les noms qui circulent pour remplacer la patronne de la BCE à Francfort.
00:36L'actualité en France ce jeudi, ce sont aussi les commerçants qui ont du mal à se remettre de la
00:40vague de pillage et de saccage, 2500 magasins dégradés au total.
00:44D'autant que de nouvelles manifestations se préparent ces prochains jours au pire moment puisque s'ouvre la saison des
00:49achats du Black Friday et de Noël.
00:51Alors comment sauver le commerce ? Ouvrir le dimanche comme le réclament les professionnels ? Est-ce la solution miracle
00:56pour combler les baisses de ventes ?
00:58Ce sera le débat dans un quart d'heure avec Philippe Gaudry de la Fédération des associations de commerçants de
01:03Paris face à l'économiste Sylvain Bercinget.
01:06Et puis l'actualité internationale à 18h45, nous prendrons la direction de l'Argentine dont les résultats économiques sont salués
01:13par le FMI
01:13qui débloquent 900 millions de dollars d'aides supplémentaires pour le pays.
01:17Alors de bonnes performances sur certains indicateurs économiques, oui, mais à quel prix ?
01:21Nous en parlerons avec Jean-Louis Martin, spécialiste de l'Amérique latine à l'IFRI.
01:30Je quitterai mes fonctions à compter du 7 février 2027.
01:35Je pense quitter cette institution avec le sentiment d'avoir accompli un travail de qualité
01:39et de laisser derrière moi une BCE prête à affronter l'avenir.
01:44Voilà, vous venez d'entendre Christine Lagarde qui annonce donc ce soir son départ de la BCE.
01:49Antoine Larigauderie, c'est la fin d'une ère qui intervient donc un peu plus tôt que prévu.
01:53Petite colle, l'euro est à 1,11 en ce moment face au dollar.
01:56Est-ce que vous vous souvenez du niveau de l'euro-dollar quand Christine Lagarde a pris les rênes de
02:01la BCE en 2009 ?
02:03Pas du tout.
02:031,11.
02:04Ah, inchangé.
02:05Elle rend l'euro exactement au niveau où elle l'a trouvé en arrivant.
02:09Et en gros, Gilles Mouèque d'Axane, on le disait tout à l'heure, c'est peut-être tout un
02:13symbole.
02:13C'est le symbole qu'elle a couvert à elle seule, tout un cycle monétaire de la politique de la
02:18BCE.
02:19Et en ça, bon alors premièrement son bilan fait l'unanimité, elle a été extraordinairement efficace.
02:24C'est vrai que ça avait commencé par un petit faux pas à base de vos histoires de spread et
02:29de problèmes budgétaires au sein de l'Europe.
02:31Bon, c'est pas mon problème.
02:32Elle a vite corrigé le tir et elle termine là aussi, coïncidence, un mandat qui aura été marqué sur les
02:38derniers mois par les problèmes budgétaires et notamment du côté de la France.
02:42Donc ça reste évidemment un mandat qui est salué par tout le monde.
02:46Une efficacité, elle aura quand même que géré la crise du Covid.
02:50C'est un truc totalement inconnu dans l'histoire de la politique monétaire de quelque institution que ce soit.
02:56Donc voilà, le monde entier économique lui rend hommage.
03:00Et puis elle termine effectivement un cycle monétaire qui sera passé des risques de déflation à davantage d'inflation en
03:08ce moment.
03:09Et là aussi c'est quelque chose de symbolique et d'intéressant.
03:11Nous serons dans moins de cinq minutes avec Bastien Dru au téléphone, responsable des études et de la stratégie chez
03:16CPRAM.
03:17Pour revenir un peu plus longuement sur ce bilan, on se penche aussi avec vous Antoine Larigaud-Derry ce soir
03:22bien sûr sur la réunion de la BCE
03:24qui est intervenue quelques heures après cette annonce de Christine Lagarde.
03:28La BCE qui laisse donc ses taux inchangés de 1,5% après deux hausses cette année.
03:33Oui, ce qui est assez étonnant c'est que pour des raisons éminemment différentes et dans des contextes économiques éminemment
03:40différents là aussi,
03:41la Fed et la BCE se trouvent exactement sur la même longueur d'onde.
03:44C'est-à-dire que globalement on s'attend là du côté des économistes, si on regarde les anticipations,
03:49à une hausse de taux de 25 points de base avant la fin de l'année, sans doute la réunion
03:53de décembre
03:53qui sera donc l'avant-dernière de Christine Lagarde et puis même diagnostic pour ce que pourrait faire la Fed
04:03avec peut-être une nouvelle action du côté de Mars pour les deux institutions.
04:07Mais là encore, en Europe on a peu de croissance mais on a beaucoup d'inflation.
04:13On n'est pas soumis aux mêmes problèmes que l'économie américaine
04:16mais pour des raisons éminemment différentes on se retrouve à peu près sur la même trajectoire.
04:21Là aussi ça a quelque chose de, on va dire, plutôt encourageant dans la prévisibilité
04:26et c'est ça qu'attend la sphère économique bien sûr.
04:29Merci Antoine, on vous retrouve à 18h30 pour un point complet sur les marchés.
04:32On continue à parler de ce sujet, on le disait, Christine Lagarde quitte la tête de la BCE en avant
04:38sur le calendrier et 9 mois plus tôt, donc en février, Nathan Coquampo, cela doit permettre à Christine Lagarde
04:44de s'exprimer aussi plus facilement à l'approche de la présidentielle en France.
04:48Oui, ma voix peut être utile pour des principes qui me sont chers.
04:51Après 7 ans à la tête de la BCE, après avoir navigué, on l'a dit non, sans difficulté
04:56entre la pandémie du Covid, la guerre en Ukraine, du Moyen-Orient et la flambée des prix du carburant,
05:01Christine Lagarde veut s'engager différemment.
05:04L'ancien ministre de l'économie sous Nicolas Sarkozy, l'ancienne directrice générale du FMI jusqu'en 2019,
05:10ne veut pas rester les bras croisés à moins de 6 mois de l'élection présidentielle.
05:15Je ne pense pas pouvoir rester neutre.
05:19Je veux avoir la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de m'engager
05:24sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire.
05:29Je vois que la vérité est souvent altérée, contredite par une présentation erronée.
05:36En ce moment, dans plein de coins du monde, pas que dans l'UE, je pense que ma voie,
05:41mon action peuvent être utiles pour des principes qui me sont chers.
05:48Alors que va dire Christine Lagarde dans les prochains mois ?
05:51Si on regarde un peu ces dernières déclarations, bien que sous la casquette de présidente de la BCE,
05:56elle avait livré son regard sur la situation économique française.
05:59Cet été, elle avait expliqué que le principal handicap de la France était son incapacité à se réformer,
06:05à mener des réformes structurelles pour améliorer la situation budgétaire,
06:08à prendre des décisions courageuses sur des sujets difficiles.
06:12Christine Lagarde qui mettait aussi un point d'honneur à ce qu'une voix européenne
06:15puisse s'exprimer dans le débat présidentiel.
06:17Mais alors, est-ce à dire pour autant Nathan Coquampo que Christine Lagarde pourrait être future candidate à la présidentielle
06:23?
06:23Non. Elle l'a encore affirmé clairement il y a quelques semaines au journal La Croix.
06:26Ce ne sera pas du tout une bonne idée.
06:29Ce n'est pas le même métier.
06:31Il y a d'abord une question de vitalité, d'énergie, de force.
06:34Il y a aussi, je cite,
06:35Un sens du sacrifice inéluctable dans ce type d'engagement.
06:38Et j'ai 70 ans.
06:40On entend donc tout de même en substance que l'idée a pu lui traverser l'esprit,
06:44mais que ce n'est donc pas ou plus du tout à l'ordre du jour.
06:48Après Francfort, Christine Lagarde pourrait se rendre à Genève pour diriger le Forum économique mondial.
06:53C'est en tout cas ce que rapportent plusieurs médias.
06:55Heureux hasard, lundi prochain, le WEF réunit son conseil d'administration,
06:59dont fait partie Christine Lagarde, pour élire sa nouvelle présidence
07:02ou du moins fixer une date de vote dans les prochaines semaines.
07:05Les calendriers concordent.
07:07La prochaine édition du Forum économique mondial aura lieu
07:09comme chaque année mi-janvier à Davos dans les Alpes-Suisses.
07:12Quelques jours avant donc son départ officiel de la BCE.
07:15Et BFM Business sera bien sûr présent à ce Forum économique de Davos
07:18comme chaque année au mois de janvier avec vous Nathan Cocampo et Laure Closier.
07:22Et on en vient donc aussi à cette question ce soir.
07:25Que retiendra-t-on de l'air Lagarde à la tête de la BCE ?
07:29Bonsoir Bastien Drue.
07:30Merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business.
07:32Vous êtes responsable des études et de la stratégie chez CPR-AM.
07:37Alors que retiendra-t-on selon vous
07:39comme la plus grande réussite de Christine Lagarde à Francfort ?
07:44C'est difficile à dire.
07:46Son mandat, il a été vraiment extrêmement riche.
07:48Il a été très différent de celui de Mario Draghi.
07:51Le mandat de Mario Draghi, c'était vraiment un mandat d'exploration
07:54des politiques monétaires non conventionnelles.
07:56il y avait le premier QE de la BCE, il y a eu l'opération de TLT-ROU,
08:01l'opération de refinancement de longue période.
08:05Alors le mandat de Christine Lagarde, lui, il a commencé avec la crise Covid.
08:09Donc ça a commencé avec une nouvelle opération de quantitative easing.
08:12Et puis ensuite, il y a eu le choc inflationniste en 2021 et en 2022.
08:18Et puis, le resserrement monétaire le plus fort, le plus brutal de la BCE depuis son existence.
08:25En quelques trimestres, le taux de dépôt est passé de moins 0,50 à 4%.
08:31Pour autant, comme le disait à l'instant Antoine Larigauderie,
08:35il y a des choses qui sont restées les mêmes.
08:38Donc Antoine Larigauderie a évoqué l'euro-dollar qui était à 1,11 à l'arrivée de Christine Lagarde
08:44et qui reste à 1,11 après le départ de Christine Lagarde.
08:47On pourra quand même aussi souligner la taille du bilan de la BCE.
08:51Parce qu'à son arrivée, le bilan de la BCE, il était d'à peu près 38-39% du
08:56PIB de la zone euro.
08:57Il y a eu un quantitative easing, donc là, c'est beaucoup monté jusqu'à 65% du PIB.
09:01Et puis ensuite, il y a eu un quantitative tightening.
09:04Et actuellement, la taille du bilan de la BCE, c'est à peu près 36-37% du PIB de
09:08la zone euro.
09:08Donc le bilan de la BCE a été ramené là où il était à peu près quand Christine Lagarde est
09:15arrivée.
09:15Donc ça, c'est quand même aussi un point qui est important, notamment pour la suite,
09:20pour la capacité future de la BCE à éventuellement effectuer de nouvelles opérations de quantitative easing.
09:26C'est quelque chose qui a été rendu possible justement parce qu'on a pu ramener la taille de ce
09:30bilan
09:30là où il était quand Christine Lagarde est arrivée.
09:33Plusieurs grandes décisions sous ce mandat, notamment l'abandon de la Forward Guidance,
09:39l'orientation future des taux au profit d'un pilotage au jour le jour, selon les fondés sur les données.
09:45Est-ce que Christine Lagarde, avec cette décision par exemple, n'a pas créé plus d'incertitudes sur les marchés
09:50parfois que ce qu'elle a apporté comme réponse ?
09:54Alors l'outil de Forward Guidance, c'est un outil qui permet finalement d'amplifier l'efficacité de la politique
10:00monétaire
10:00à des moments où il faut par exemple rendre une politique accommodante encore plus accommodante.
10:07Et on n'est plus du tout actuellement dans une période de ce type-là,
10:11on n'est plus du tout dans cette configuration, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.
10:15Et on voit que les banques centrales actuellement ne cherchent plus à donner des indications
10:19sur ce qu'elles vont faire dans le futur.
10:21Et d'une certaine façon, en fait, c'est une normalisation de la politique monétaire,
10:26de la stratégie de politique monétaire, des outils de politique monétaire.
10:28Ça, ce n'est pas du tout quelque chose qui est propre à la BCE.
10:31On trouve la même chose à la Fed et on pourrait dire que c'est à peu près normal.
10:35Christine Lagarde voulait aussi mettre le risque climatique au cœur de son mandat.
10:39Verdissement de la BCE qui finalement a été quand même reléguée au second plan derrière la politique d'auto ?
10:46Oui, alors c'est vraiment sous la présidence de Christine Lagarde
10:49que la BCE a utilisé ses outils de politique monétaire pour lutter contre le changement climatique.
10:54C'est quelque chose qui n'avait pas été fait auparavant.
10:57La façon dont ça s'est fait, c'est que la BCE achetait davantage d'obligations des entreprises
11:03qui avaient un bon score climatique.
11:05Mais en quelque sorte, finalement, la normalisation de la politique monétaire de la BCE
11:11avec le quantitative tightening, c'est-à-dire le fait que la BCE réduise
11:15les quantités d'obligations d'entreprises qu'elle détenait,
11:18ça a fait que la BCE n'a pas pu continuer finalement ce verdissement de son portefeuille,
11:24tout simplement parce que le portefeuille est en train de diminuer au fil du temps.
11:27Et donc, c'est quelque chose qui s'est arrêté.
11:30Mais on peut en tout cas souligner le fait que c'était vraiment sous la présidence de Christine Lagarde
11:35que ça a été fait pour la première fois.
11:37On retiendra peut-être aussi l'outil anti-fragmentation,
11:40alors jamais activé jusqu'à aujourd'hui,
11:42mais qui a permis de limiter quand même un effet dissuasif, l'écart des spreads.
11:48Oui, tout à fait.
11:49Ça a été mis en place lors du resserrement monétaire de 2022-2023
11:55parce que l'une des questions qui se posait, c'était
11:58est-ce que dans un cycle de resserrement monétaire,
12:00c'est-à-dire quand les taux directeurs vont être remontés,
12:03est-ce que ça ne va pas impliquer des élargissements des spreads souverains ?
12:06Et c'était vraiment une question qui se posait à l'époque.
12:09Et la BCE, pour empêcher ça, pour empêcher qu'il y ait des élargissements de spreads
12:13qui soient injustifiés, avait annoncé la mise en place de ce mécanisme
12:19qui n'a jamais été utilisé.
12:23Mais on voit bien que c'est vraiment le côté dissuasif, finalement,
12:27de cet outil qui fonctionne et qui a fait en sorte
12:29que les spreads souverains à l'époque ne s'étaient pas trop écartés.
12:33Un peu comme quand Mario Draghi avait annoncé le programme OMT.
12:38Donc là, c'était dix ans plus tôt.
12:40C'était en 2012, c'était l'été du Whatever It Takes.
12:43pour sauver la zone euro.
12:46Cet outil n'avait pas été utilisé non plus.
12:48Et d'une certaine manière, finalement, on voit bien que la dissuasion
12:52est presque plus importante, finalement,
12:54enfin au moins aussi importante que l'utilisation de cet outil.
13:00Un chantier, peut-être, pour conclure,
13:02lancé aussi sous le mandat Lagarde,
13:05mais retardé, reporté de nombreuses fois,
13:08et dont la charge incombera à son successeur,
13:11celui de l'euro numérique, qui est une espèce de serpent de mer.
13:14Où est-ce qu'on en est ?
13:15Est-ce que ça sera vraiment une avancée stratégique aussi
13:17si cet outil vient à son terme pour la souveraineté européenne ?
13:23C'est un outil qui a été évoqué à partir de 2021.
13:30Et à l'époque, Christine Lagarde avait indiqué
13:32qu'elle pensait que d'ici 2025, un euro numérique verrait le jour.
13:37Bon, on est presque fin 2026.
13:40L'euro numérique n'est pas encore arrivé.
13:43Il y a eu plusieurs expérimentations.
13:44Il y a beaucoup de chantiers de réflexion.
13:46Ce qu'on sait, c'est qu'il y aura un chantier pilote
13:49qui sera mis en place au deuxième semestre 2027.
13:53Et voilà, ça fait partie des chantiers,
13:56en tout cas, que Christine Lagarde n'a pas pu mener jusqu'à son terme.
14:01Voilà.
14:02Et bien voilà, ça sera son successeur
14:05de se reprendre ce chantier en main.
14:07Merci beaucoup pour tous ces éclairages avec nous ce soir,
14:10Bastien Derue, responsable des études de la stratégie
14:12et chez CPRAM.
14:13Et la question, donc, on en vient là,
14:15qui se pose déjà, c'est de savoir qui sera désigné
14:17pour prendre la suite de Christine Lagarde
14:20à la tête de la BCE dès l'année prochaine.
14:22Astré-Olivier, Antonio Costal, président du Conseil européen,
14:25a annoncé que le processus de remplacement
14:27est d'ores et déjà lancé.
14:29Oui, tout à fait.
14:30Alors, pour vous expliquer,
14:32c'est le Conseil européen qui va choisir
14:34le remplaçant de Christine Lagarde.
14:37C'est le Conseil européen, mais dans sa forme réduite.
14:39Il n'y a que 21 États membres,
14:41ceux de la zone euro.
14:42Et pour choisir les candidats,
14:44c'est d'abord les ministres des Finances
14:46qui proposent des noms.
14:48Ensuite, le Parlement européen
14:49qui donne son avis.
14:50Et enfin, les chefs d'État
14:52qui ensuite votent.
14:54Le vote est à la majorité qualifiée,
14:56c'est-à-dire qu'il faut 16 pays
14:58qui représentent 65% de la population
15:00de la zone euro.
15:02Alors, est-ce qu'il y a déjà des candidats en lice
15:03pour apprendre la suite ?
15:04Le premier est Klas Knotte,
15:06ancien gouverneur de la Banque Centrale néerlandaise.
15:09Il a siégé déjà 14 ans au Conseil des gouverneurs.
15:13C'est le Conseil qui fixe les taux d'intérêt
15:15et décide des politiques monétaires européennes.
15:18Il est constitué des 6 membres du directoire de la BCE
15:21et de l'ensemble des gouverneurs
15:24de Banque Centrale Nationale de la zone euro.
15:27Il a un profil expérimenté,
15:29plutôt favorable à une politique monétaire
15:31qui contient l'inflation, un faucon.
15:33C'est le candidat soutenu par Emmanuel Macron
15:36qui pourra voter avant l'élection de 2027.
15:39Ça, c'est une information de Reuters.
15:41Face à lui, on a Pablo Hernandez de Kos,
15:44ancien gouverneur de la Banque d'Espagne.
15:46Il dirige depuis l'année dernière
15:47la Banque des règlements internationaux,
15:49l'organisation mondiale qui chapote
15:51l'ensemble des banques centrales.
15:53Il est plus modéré que son concurrent néerlandais,
15:56une colombe, qui préfère une politique monétaire
15:58qui soutient la croissance,
16:00plutôt avec des taux bas.
16:02Parmi les autres noms qui circulent,
16:04il y a l'allemand Joachim Neigl
16:06à la tête de la Bundesbank depuis 4 ans
16:08et la présidente de la Banque Européenne d'Investissement,
16:11Nadia Calvino.
16:13Cela veut donc dire à Astrid
16:14qu'il n'y aura pas de Français ?
16:15Non, politiquement, c'est compliqué
16:17d'imposer auprès du Conseil
16:19un autre candidat français,
16:21un candidat de la même nationalité
16:23que le président sortant.
16:24Souvenez-vous, après la présidence
16:26de Jean-Claude Trichet,
16:27il y a eu ensuite Mario Draghi,
16:29puis une Française, Christine Lagarde.
16:32La France cherche plutôt à obtenir
16:34le poste de chef économiste de la BCE.
16:37C'est un poste qui fait partie
16:38des membres du directoire
16:40et qui siège au Conseil des gouverneurs.
16:42C'est un peu un décideur de l'ombre
16:44qui a un rôle important
16:45sur le choix des politiques militaires.
16:47Et l'actuel chef économiste en poste,
16:50l'Irlandais Philippe Leyn,
16:51doit quitter ses fonctions au printemps prochain.
16:53Plusieurs noms côté français
16:55sont déjà envisagés.
16:56Agnès Benassi-Cheré,
16:58qui est la deuxième sous-gouverneure
16:59de la Banque de France,
17:00ou Laurence Boone,
17:02qui est l'ancienne chef économiste
17:03de l'OCDE,
17:04également ancienne secrétaire d'État
17:06en charge de l'Europe.
17:07Avec ce poste,
17:09la France pourrait garder
17:10une influence forte
17:11au sein des politiques monétaires
17:13et se repositionner ensuite
17:15dans huit ans
17:15pour proposer un nouveau candidat
17:18à la tête de la présidence
17:19de la BCE.
17:20Sauf qu'avec notre situation budgétaire,
17:23l'influence française est mise à mal.
17:25Un avantage pour le candidat de Berlin
17:27qui lorgne justement
17:28sur le même poste stratégique.
17:30Merci Astré-Olivier.
17:32Voilà ce qu'on pouvait dire
17:32sur ce dossier ce soir.
17:34Il est 18h15
17:35et dans l'actualité de ce jeudi aussi
17:37des résultats d'entreprise.
17:39Et pour commencer,
17:39ceux de Total qui étaient très attendus.
17:41Margot Faudéré,
17:42sans surprise,
17:43ils sont records.
17:44Au troisième trimestre,
17:44le bénéfice net de Total Energy
17:47a plus que doublé
17:47pour atteindre 8,2 milliards de dollars.
17:50Résultat apporté, bien sûr,
17:51par l'envolée des cours.
17:52Absolument.
17:53Le Brent était en moyenne
17:54à 69 dollars
17:55au troisième trimestre 2025
17:56et cette année,
17:58il flirtait avec les 97 dollars.
18:00Et donc, mécaniquement,
18:01le résultat opérationnel net
18:03ajusté du groupe
18:04a bondi.
18:05Plus de 9,5 milliards de dollars
18:07au troisième trimestre,
18:08tirés en particulier
18:09par le raffinage
18:10avec des marges
18:11qui ont explosé.
18:12L'activité raffinage
18:13a vu son résultat opérationnel
18:15multiplié par 5 ou un an
18:17au troisième trimestre,
18:18justement.
18:18Et donc, évidemment,
18:19vous imaginez,
18:20ces résultats remettent immédiatement
18:22une pièce dans la machine
18:23pour tous ceux qui appellent
18:24Total à baisser ses prix,
18:26à commencer par le gouvernement.
18:28Quelques minutes seulement
18:28après la publication
18:30de ces chiffres ce matin,
18:31la ministre de l'Énergie,
18:33Maude Bréjon,
18:33a appelé le groupe
18:34à maintenir ses engagements
18:35en faveur du pouvoir d'achat
18:37des Français.
18:37Écoutez.
18:38On demande à Total
18:39d'être exemplaire.
18:41On demande à Total
18:41de répercuter,
18:43encore une fois,
18:43à la baisse l'avantage
18:45de la libération des barils
18:47qui se sont engagés
18:48à faire de poursuivre
18:49son plafonnement
18:50autant que nécessaire
18:51tant que cette crise perdure.
18:54Du côté des oppositions,
18:55là, les appels
18:56à prendre des mesures
18:57encore plus drastiques
18:58se multiplient.
18:59Aurélie Trouvé,
19:00par exemple,
19:01députée LFI
19:01de Seine-Saint-Denis,
19:03réclame à la fois
19:03une taxation des super profits
19:04mais aussi un blocage
19:06des prix
19:06et des marges des raffineurs.
19:08En parlant des prix
19:10à la pompe,
19:10justement, Margot,
19:11l'opération de déblocage
19:12des stocks de diesel
19:13doit débuter dimanche.
19:14Effectivement,
19:15et c'est une véritable
19:16course contre la monde
19:17dans laquelle s'est lancé
19:17le gouvernement.
19:18Pour rappel exécutif,
19:20c'est fixé pour objectif
19:21que les prix à la pompe
19:22baissent de 12 à 18 centimes
19:24par litre en moyenne
19:25dès le 1er novembre,
19:27donc dès dimanche.
19:27Et pour tenir ces délais,
19:29il autorise tous les distributeurs,
19:30via un décret,
19:32à baisser leurs tarifs
19:33avant d'avoir réceptionné
19:35effectivement les carburants
19:36dans leur cuve.
19:37Car si la libération
19:38des stocks
19:38est enclenchée cette semaine,
19:40il faudra beaucoup de temps
19:40derrière potentiellement
19:41pour que les stations
19:43les réceptionnent.
19:44En fait,
19:44l'opération représente
19:45un immense défi logistique.
19:47Il faut réussir
19:48à approvisionner
19:48les stations-services
19:50partout sur le territoire,
19:51y compris celles
19:52qui sont situées
19:53en outre-mer.
19:54Et donc,
19:54si le gouvernement
19:55promet des baisses
19:56de tarifs
19:56dès ce week-end,
19:58eh bien,
19:58Philippe Casbas,
19:59qui est le président
19:59de l'UFIP,
20:00n'en est pas si certain.
20:03Suivant les niveaux de stock,
20:04la capacité à accéder
20:05aux offres,
20:06etc.,
20:06dans ce nombre de stations
20:08qui sont plus petites
20:09ou distribuées différemment,
20:11ça pourra s'étaler
20:12dans les jours qui suivent.
20:13Alors,
20:13pour aider ces stations,
20:14le gouvernement a prévu
20:14des prêts à taux zéro
20:16pour qu'elles puissent baisser
20:16les prix dès que possible
20:17sans gréver leur trésorerie.
20:19Et puis,
20:20une fois l'opération lancée,
20:21Bercy promet des contrôles
20:22pour vérifier
20:23que tous les acteurs
20:24qui se sont engagés
20:25dans l'opération
20:26baissent bien les prix
20:27et aussi que les distributeurs
20:28affichent clairement
20:29les remises à la pompe.
20:30Merci Margot Faudéré.
20:31Nous parlions des résultats
20:32de Total Energy.
20:33La concurrence aussi
20:34se porte très bien.
20:35L'Espagnol Repsol,
20:36dont l'activité est particulièrement
20:37dépendante du raffinage,
20:39multiplie lui son bénéfice net
20:40par 4 sur les 9 premiers mois
20:42de l'année.
20:42Le géant britannique Shell
20:44annonce lui une hausse
20:45de son bénéfice net
20:46équivalente à celle de Total,
20:47plus 126% sur un an
20:49à 12,1 milliards de dollars.
20:5118h18,
20:51on marque une pause.
20:52On se retrouve dans un instant
20:53pour notre débat
20:54avec l'actualité en France
20:55et les commerçants
20:56qui ont du mal
20:56à se remettre
20:57de la vague de pillages
20:58et de saccages
20:59et redoutent les prochaines
21:00journées de mobilisation
21:01dès samedi
21:02qui pourraient encore
21:03dégrader leurs activités
21:04dans les centres-villes.
21:05Au pire moment,
21:06puisque s'ouvre la saison
21:07des achats du Black Friday
21:08et de Noël,
21:08alors comment sauver le commerce ?
21:10Ouvrir le dimanche,
21:11peut-être,
21:12comme le réclament
21:13les professionnels.
21:13Est-ce la solution miracle
21:14pour combler les baisses de ventes ?
21:16Débat dans un instant
21:17avec Philippe Gaudry,
21:18vice-président de la Fédération
21:20des associations de commerçants
21:21de Paris
21:21et l'économiste Sylvain Bersinger.
21:25DFM Business présente.
21:30Le 18h éco,
21:32Erwan Maurice.
21:3318h20,
21:33soyez les bienvenus
21:34si vous nous rejoignez.
21:35On est en direct
21:35jusqu'à 19h
21:37et c'est l'heure
21:37de votre débat
21:38sur BFM Business
21:39alors que s'ouvre
21:40la saison des achats
21:41du Black Friday
21:41et de Noël.
21:42Les commerçants
21:43ont du mal
21:44à se réjouir.
21:45En réalité,
21:46la vague de pillages
21:47déjà et de saccages
21:47qui a touché
21:482500 magasins en France
21:49l'expliquent.
21:50Les professionnels
21:51redoutent
21:52en plus de cela
21:53les prochaines journées
21:54de mobilisation
21:54qui pourraient encore
21:55dégrader leurs activités,
21:57notamment dans les centres-villes.
21:58Alors,
21:59comment sauver les commerces ?
22:00On en débat
22:01avec nos deux invités
22:02ce soir que j'accueille.
22:03Philippe Gaudry,
22:03bonsoir.
22:04Bonsoir.
22:05Vous êtes le vice-président
22:06de la FACAP,
22:06la Fédération des Associations
22:08de Commerçants et Artisans
22:09de Paris.
22:10Vous alertez
22:11avec votre fédération
22:12sur la situation
22:13des professionnels
22:14que vous représentez.
22:15Vous parlez
22:15pour certains
22:16d'une situation dramatique.
22:18On va y revenir.
22:18Face à vous ce soir,
22:19l'économiste
22:20Sylvain Bersinger.
22:21Bonsoir Sylvain.
22:21Bonsoir.
22:22Alors,
22:22le bilan économique
22:23est très lourd,
22:23plus d'un milliard d'euros
22:28qui peuvent atteindre 80%
22:31dans certains commerces
22:32les jours de mobilisation.
22:33Philippe Gaudry,
22:34est-ce que la situation
22:35est devenue intenable ?
22:38Oui,
22:39elle est devenue intenable
22:40et surtout,
22:41elle présage
22:41de rien de bon.
22:44Si la situation
22:45s'arrêtait maintenant,
22:47on peut encaisser
22:48quelques chocs.
22:50Mais si ces chocs
22:51se répètent
22:52jusqu'à la fin de l'année,
22:53voire débordent
22:54jusqu'aux élections,
22:55c'est clair
22:56qu'autant qu'on ferme tous,
22:58nos magasins
22:59et qu'on fasse autre chose.
23:01On ne peut pas,
23:02même pour nos salariés,
23:04c'est intenable.
23:05Moi,
23:06on les fait venir le samedi
23:08puis finalement,
23:09le samedi midi,
23:10on leur dit
23:10de rentrer chez eux
23:11parce qu'on va fermer.
23:13Ils voient passer
23:14des scènes hallucinantes
23:16qui sont angoissantes.
23:19Et le commerce,
23:20on échappe,
23:22entre guillemets,
23:23jusqu'à maintenant,
23:24on n'est pas assez entendus
23:25et on est méconnus
23:26sur notre situation.
23:29on a des commerçants
23:30qui gagnent à peine le SMIC,
23:31on a des commerçants
23:31qui travaillent
23:33fête et dimanche.
23:34Donc là,
23:35l'État propose
23:36de travailler le dimanche,
23:37mais avant,
23:39pourquoi on nous empêchait
23:40de travailler le dimanche
23:41alors qu'on le réclamait ?
23:42Et là,
23:42maintenant,
23:43on nous dit
23:43qu'on peut travailler le dimanche
23:45et surtout la veille
23:46pour le lendemain,
23:47comment on s'organise,
23:48comment on fait.
23:48on a l'impression
23:49d'une...
23:52je ne sais pas,
23:53tout ça,
23:53c'est une improvisation totale.
23:55C'est un peu pénible
23:55à suivre.
23:56Sylvain,
23:57Amber-Singer,
23:58c'est très compliqué
23:59pour le secteur,
24:00mais aussi,
24:00voilà,
24:01pour l'économie du pays,
24:03l'image qu'on renvoie
24:04à l'international.
24:06Pour les investisseurs aussi
24:07qui s'intéressent
24:08à l'économie française,
24:10on attend d'avoir des données
24:11peut-être consolidées,
24:12mais on s'imagine bien
24:13que ce n'est pas très bon.
24:14Alors,
24:15clairement,
24:15ce n'est pas très bon.
24:17Sur l'ampleur macroéconomique,
24:19je pense que l'impact
24:19à ce stade est limité
24:20parce que c'est dramatique
24:22pour les centres-villes,
24:23certains commerces.
24:24Après,
24:25si on prend les commis françaises
24:26de 3 000 milliards d'euros,
24:27on n'est pas non plus
24:28sur un scénario de récession.
24:29Mais je pense qu'en fait,
24:30il aurait peut-être fallu
24:30un troisième invité sur ce plateau,
24:32un expert de sécurité
24:33parce qu'en fait,
24:34nous autres économistes
24:35ou commerçants,
24:35on est tributaires
24:36de données régaliennes,
24:39le maintien de l'ordre,
24:40tout comme pendant le Covid,
24:41on était tributaires
24:42des vaccins,
24:43et de ce que nous disaient
24:43les médecins,
24:44tout comme pendant la guerre
24:45en Ukraine où là,
24:45on est tributaires
24:46de ce qui se passe
24:46en géopolitique.
24:47Donc en fait,
24:48l'économie se prend
24:49depuis quelques années,
24:50tout un tas de chocs
24:51qui en fait,
24:51à la base,
24:52ne sont pas économiques
24:53et qui viennent impacter.
24:54Donc là,
24:54on a un nouveau choc,
24:55alors localisé
24:56sur les commerces
24:57de centre-ville
24:58qui est un choc régalien
24:59et sécuritaire.
25:00Donc en fait,
25:00le cœur de la question,
25:01il n'est pas tant sur le coup,
25:02il est comment,
25:03mais c'est ce que vous disiez,
25:04comment on fait
25:05pour que ça ne se reproduise pas
25:06et pour que les commerçants
25:08puissent voir,
25:09je dirais,
25:09le bout du tunnel.
25:10Comment on fait,
25:11Philippe Gaudry ?
25:14Je pense qu'on a les mêmes,
25:16finalement,
25:17les mêmes demandes
25:17que les manifestants.
25:19Tant mieux,
25:20pour une fois,
25:22on aimerait bien
25:22être prévenus à l'avance
25:24que ça ne change pas
25:25à la dernière minute
25:26parce que derrière,
25:27en fait,
25:28il y a de l'organisation
25:28à mettre.
25:29Mais même pour les forces
25:30de police,
25:30je ne sais pas comment ils font
25:31ou alors ils ont des informations
25:32que nous,
25:33on n'a pas.
25:33mais j'imagine
25:34que le commerçant
25:35à qui on va dire
25:37vendredi soir,
25:37bon en fait,
25:38le parcours,
25:38c'est devant chez toi,
25:41il va réfléchir toute la nuit
25:44à comment il s'organise,
25:45est-ce qu'il ouvre,
25:46est-ce qu'il n'ouvre pas,
25:47est-ce qu'il va vérifier
25:48ses assurances
25:49parce qu'on en est là,
25:49on est en train de...
25:52Il va trouver quelqu'un
25:54pour protéger sa vitrine,
25:55ça va coûter entre 3 000
25:56et 15 000 euros
25:58et on ne parle pas
25:59des pertes d'exploitation
26:00du samedi,
26:01de tout ça.
26:02Et les dispositifs
26:03qui ont été mis en place,
26:05chômage partiel,
26:06les fonds,
26:07les prêts ?
26:08Un commerçant,
26:10souvent il est seul,
26:11il doit gérer ses stocks,
26:14ses salariés,
26:16la comptabilité,
26:18enfin il fait tout.
26:19Donc là,
26:20en fait,
26:20on vient de lui rajouter
26:21une charge supplémentaire
26:23de travail
26:23alors qu'il n'a pas
26:25beaucoup de temps
26:26et finalement,
26:28on lui demande
26:29encore d'assumer
26:31une charge de l'État.
26:33Sylvain Bercinget,
26:34vous le disiez,
26:34ça révèle ces événements
26:36un risque systémique
26:38finalement pour le secteur
26:39du commerce,
26:40pour toute une industrie.
26:41Alors si ça devenait
26:43récurrent
26:43et qu'il y avait
26:43tous les samedis
26:45soit des casses,
26:46soit des risques
26:47de casses
26:47qui impactent,
26:48comme vous le dis,
26:49et même si votre vitrine
26:49n'est pas cassée,
26:50si vous avez baissé le rideau,
26:52vous avez une perte
26:52d'exploitation,
26:53etc.
26:54Donc je pense qu'en fait,
26:55on a un problème,
26:56si on prend un peu
26:57de recul économiquement
26:58sur ce qui se passe,
26:59on a un problème
26:59d'un gouvernement,
27:01d'un État
27:01qu'on sent paralysé.
27:02On voit les taux
27:03qui augmentent
27:03sur la dette française,
27:04que fait le gouvernement,
27:06mais je ne dis pas
27:07que c'est forcément
27:07de leur faute,
27:07ils n'ont pas de majorité,
27:08je comprends que c'est très dur,
27:10mais je trouve que cette paralysie,
27:11en fait,
27:11elle a plein de répercussions,
27:12donc là on la voit
27:13sur l'aspect régalien
27:14et comme vous le disiez,
27:15sur vos commerces,
27:16vous ne savez même pas
27:16si la manifestation
27:17va passer ici ou là,
27:18mais je trouve qu'on assiste
27:20à une sorte de paralysie,
27:22une incapacité
27:23à fonctionner normalement
27:23de l'État,
27:24qui a plein de répercussions,
27:25donc là sur le commerce,
27:26sur les finances publiques,
27:27on le voit dans les lycées,
27:29quelles réponses à apporter,
27:30et je pense qu'on a vraiment
27:31un problème
27:31de blocage politique
27:33et le problème,
27:34c'est que ce blocage,
27:35à mon avis,
27:35il ne sera pas levé
27:36avant, au mieux,
27:37le printemps prochain
27:38et il peut encore continuer.
27:39Mais comment est-ce que
27:40vous naviguez
27:40dans ce contexte-là ?
27:42Alors en ce moment,
27:43je crois que,
27:44je parle en mon nom
27:45mais aussi au nom
27:47de ma fédération,
27:48je pense qu'on pilote
27:49tous un peu à vue,
27:50on a beaucoup d'inquiétudes
27:51pour l'avenir,
27:53début de l'année.
27:54Mais est-ce que ce n'est pas
27:55un peu comme ça
27:55depuis le Covid ?
27:57Oui, alors on a eu
27:59les gilets jaunes,
28:00c'est comme ça
28:01qu'on a créé
28:01notre fédération
28:02d'associations de commerçants
28:03parce qu'on se sentait
28:05vraiment délaissés
28:06par tout le monde.
28:08Là, les politiques
28:09parlent de nous,
28:10c'est bien,
28:11mais j'aurais aimé
28:11qu'ils parlent de nous
28:12avant sur des points
28:14concrets,
28:15pas qu'on parle de nous
28:16comme des victimes,
28:17on n'est pas là
28:17pour se plaindre.
28:18En général,
28:19le commerçant,
28:19il ne se plaint jamais,
28:20il bosse,
28:21il paye,
28:22il paye des impôts
28:23qui ont...
28:24Alors, il paye des impôts
28:25locaux, municipaux.
28:27Le 17 octobre,
28:29on n'avait personne
28:30pour nous défendre,
28:31ni la police municipale,
28:33ni la police nationale.
28:34Et maintenant,
28:35on nous dit,
28:36barricadez-vous,
28:37payez les barricades,
28:38enfin,
28:38les panneaux de bois,
28:41payez des agents
28:42privés de sécurité
28:43qui vont servir à rien
28:45au cas d'agression.
28:46L'agent de sécurité,
28:47il ne va pas risquer sa vie
28:48s'il y a 60 manifestants
28:51devant lui
28:52qui veulent casser
28:52un commerce.
28:54Sylvain Bersinger,
28:54on assiste à la faillite,
28:57à l'échec de l'État,
28:58comme le dit Philippe Gaudry ?
29:00Oui,
29:01d'une certaine façon,
29:02c'est clairement
29:02une faillite de l'État
29:04au sens où l'État,
29:05sa première mission,
29:06c'est quand même
29:06le régalien.
29:07C'est quand même
29:07que vous puissiez,
29:08vous pouvez lancer
29:09une entreprise
29:10et vous avez une forme
29:11de sécurité
29:13juridique
29:13et puis des biens
29:15des personnes
29:17de votre vitrine.
29:18Donc oui,
29:18il y a clairement
29:19une faillite de l'État
29:20mais qui je pense
29:21est plus globale
29:22que...
29:23C'est une des manifestations
29:25au sens...
29:26Une des émanations
29:26de cette faillite
29:28qu'on voit là
29:29avec ces problèmes
29:30des commerces
29:30mais qui je pense
29:31malheureusement
29:31est plus systémique que ça.
29:32Je suis d'accord avec vous
29:33et au-delà
29:34de la faillite de l'État,
29:35ce n'est pas la faillite
29:37que de l'État.
29:38Alors moi,
29:39je suis fils d'agriculteur,
29:40peut-être que le bon sens,
29:42j'y tiens un peu
29:43mais en fait,
29:44tout paraît
29:45complètement aberrant.
29:46C'est-à-dire que
29:48on va refuser
29:49les revendications
29:50des lycéens,
29:52je pense qu'elles sont
29:54audibles
29:55mais maintenant
29:56à côté de ça,
29:57dès qu'on a une manifestation,
29:58on a de la casse
29:59avec des gens
30:00qui n'ont aucun discours politique,
30:02je ne parle même pas
30:02des Black Blocs,
30:03je parle des casseurs
30:05qui...
30:06Et là,
30:07on regarde ça
30:09de manière stupéfait,
30:11on est atterré.
30:11Sylvain Bersinger,
30:12est-ce que ces crises
30:14quand même
30:15qui se multiplient
30:15et n'accélèrent pas
30:16une mutation inévitable
30:17pour le commerce
30:18vers d'autres modèles
30:20de consommation ?
30:21On pense au e-commerce
30:22qui profite en réalité
30:23de ces événements-là.
30:25C'est sûr que
30:26quand les commerces
30:27soit sont dégradés,
30:28soit sont bloqués
30:29parce que vous dites
30:30samedi,
30:30je ne vais pas aller faire
30:30mes courses en centre-ville,
30:31je vais plutôt
30:32faire un achat sur Amazon,
30:34oui, clairement,
30:35c'est une évolution,
30:39ça part ici d'une bascule.
30:40Est-ce qu'il faut continuer
30:40à soutenir des commerces,
30:42je me fais l'avocat du diable,
30:43mais est-ce qu'il faut
30:44continuer à soutenir
30:45les commerces
30:46dans ces conditions-là ?
30:47Je pense que
30:49si vous dites
30:50je ne soutiens pas
30:50les commerces
30:51parce que de toute façon
30:51vous serez cassés
30:52tous les samedis,
30:53ça veut dire que l'État
30:54d'entrée de jeu
30:54plie les gauls
30:55et dit je ne suis plus capable
30:56d'assurer mes fonctions régaliennes.
30:57Donc je pense que ça,
30:58ce n'est pas possible.
31:00C'est même du point de vue
31:01d'un point de vue de la société,
31:04des mutations du commerce.
31:06Mais il va quand même
31:06falloir mettre des choses
31:07en place pour le commerce
31:08de centre-ville
31:09qui va mal
31:09avec des charges qui augmentent,
31:11des clientèles
31:12qui est de moins en moins
31:12au rendez-vous.
31:13Comment est-ce que vous
31:14vous projetez pour ces commerçants-là ?
31:15Je pense que les commerçants,
31:17ils n'attendent pas
31:18de l'assistanat.
31:20La prime à la case
31:21de 10 000 euros,
31:23moi, à titre personnel,
31:24je trouve ça complètement aberrant
31:26parce que ça ne veut rien dire.
31:28Les commerçants, en général,
31:29ils savent compter
31:30entre celui qui a perdu
31:3140 000 euros
31:32et celui qui a perdu
31:323 000 euros.
31:35On distribue de l'argent
31:36comme ça encore
31:37alors qu'on nous a dit
31:38qu'il n'y avait pas
31:39d'argent magique
31:40et là, d'un seul coup,
31:41on trouve de l'argent.
31:42Mais on demande...
31:43Ça sera de l'argent
31:43à rembourser,
31:44si j'ai bien compris.
31:45Mais on demande surtout
31:46à travailler,
31:47à travailler tranquillement.
31:48Et après,
31:50il y a une faillite aussi
31:51du discours politique.
31:54Parce que...
31:56On est...
31:57Maintenant,
31:58tout le monde s'intéresse
31:59à nous,
32:01mais il n'y a pas
32:02un discours politique
32:03qui dit aux gens
32:05de ne pas casser,
32:06de ne pas manifester,
32:08de ramener à la raison.
32:10J'entends même des fois
32:10sur des plateaux
32:11qu'on justifie presque
32:13le fait qu'il y ait de la casse
32:14ou on tend à comprendre
32:16qu'il y ait de la casse.
32:17Ben non,
32:17je ne comprends pas.
32:18Et pour conclure,
32:19sur ce sujet-là quand même
32:21qui était l'actualité du jour,
32:22sur Travailler le dimanche,
32:23vous permettent d'ouvrir
32:24vos commerces
32:25pour peut-être récupérer
32:26le chiffre d'affaires
32:26qui a été perdu
32:28ces dernières semaines ?
32:29Du chiffre d'affaires perdu,
32:30c'est perdu.
32:32Par contre,
32:32là,
32:33ce qui est en train
32:33de se passer,
32:34c'est que Amazon
32:36et le e-commerce
32:37fait plus 8,5%
32:39sur le premier trimestre.
32:41Il y a 360 magasins
32:44de vêtements
32:45qui ont fermé sur Paris,
32:47140 de meubles.
32:52La désertification
32:53des centres-villes,
32:54c'est du lien social en moins.
32:56Sylvain Mersinger,
32:57sur ce point-là ?
32:59Éventuellement,
32:59ça peut peut-être
32:59être une rustine,
33:00mais je pense que,
33:01de toute façon,
33:01la dynamique globale
33:02de la consommation,
33:03ce n'est pas parce que
33:04vous ouvrez votre magasin
33:05un peu plus le dimanche
33:06que les consommateurs
33:07vont influer.
33:08Donc, peut-être que
33:09dans certains cas,
33:09oui, effectivement,
33:10pour avoir quelques commerces
33:11qui peuvent récupérer
33:12une partie du chiffre d'affaires,
33:13mais je ne pense pas
33:14que ce soit une baguette magique.
33:15Ça peut être peut-être
33:15un petit bol d'air
33:17pour quelques commerces
33:17dans des situations spécifiques,
33:19mais je ne pense pas
33:20qu'il faille attendre
33:21de cette mesure
33:22un soulagement général
33:23du commerce.
33:25Il faudra aller au-delà
33:28juste à la tête de Bercingéco,
33:29Philippe Gaudry,
33:30vice-président de la FACAP,
33:31la fédération des associations
33:33des commerçants et artisans
33:34de Paris.
33:35Dans un instant,
33:35la suite de votre édition,
33:36on va revenir sur
33:37la séance du jour.
33:38Et puis, à 18h45,
33:40votre rendez-vous international.
33:41Nous serons avec
33:42Jean-Louis Martin,
33:43économiste,
33:43chercheur associé
33:44sur l'Amérique latine
33:45à l'IFRI,
33:45pour parler des performances
33:47économiques de l'Argentine,
33:48saluée par le FMI
33:49qui débloque pour le pays
33:50900 millions de dollars
33:52supplémentaires d'aides.
33:59Le 18h éco,
34:01Erwan Maurice.
34:02Tout le 18h35,
34:03votre rendez-vous d'actualité
34:04du soir se poursuit
34:05avec les marchés.
34:06Tout ce qu'il faut retenir
34:07de cette journée
34:07avec vous,
34:08Antoine Larigauderie,
34:09et la séance,
34:10les séances se sont bien
34:11passées en Europe.
34:12Oui, effectivement,
34:13avec des indices
34:13qui terminent dans le vert,
34:14plus 1,05 pour le CAC 40,
34:177 970 points,
34:18on était au port des 8 000
34:19pendant l'après-midi,
34:21et puis des volumes d'échanges
34:22qui étaient consistants,
34:23du côté des 4 milliards d'euros
34:25d'actions négociées,
34:26l'Eurostox 50,
34:27plus 0,64%.
34:28Plus forte hausse du CAC 40,
34:30on en reparlera
34:31dans quelques instants,
34:32mais Renault a gagné
34:326,9% à 28,17 euros
34:34après parution
34:35de ses trimestriels.
34:37Dassault Systèmes,
34:37plus 6,32,25,07.
34:39Safran, plus 2,61,
34:41279 euros.
34:42Moins bonne pioche
34:43pour Pernod Ricard,
34:44moins 1,5% à 65,30 euros.
34:46Et Stellantis
34:46qui a subi des prises de profit
34:48après sa hausse
34:48à deux chiffres d'hier,
34:50moins 1,4% à 4,22 euros
34:52sur le SBF 120
34:54de gros mouvements,
34:55notamment pour
34:55Pluxy,
34:56qui perd 16,4%
34:58à 11,86 euros
34:59avec une réforme
35:00à prévoir
35:00les régimes
35:01des titres de paiement
35:02au Brésil
35:03avec la réélection
35:05de Lula
35:05à la tête du pays.
35:07Et puis,
35:07Mersenne,
35:08l'ex-Carbon Loren
35:09qui gagne
35:0911,9%,
35:1043,96 euros
35:12après des trimestriels
35:13plutôt brillants.
35:14Quelle est la tendance
35:15du côté de Wall Street ?
35:16On est en baisse
35:17avec du moins
35:181,5% pour le Nasdaq,
35:2026,164 points.
35:21Le Dow Jones,
35:22moins 0,47
35:23à 52,230 points.
35:26La grosse nouvelle du jour,
35:27bien entendu,
35:27ce sont les résultats
35:29de Google
35:30et de Microsoft.
35:32Très mal accueillis
35:33pour Google,
35:34Alphabet
35:34qui perd
35:3412,5%
35:37281,52 euros.
35:39On prend très mal
35:40le ralentissement
35:41des recettes
35:41de la pub.
35:42Cliquez le cœur
35:43de métier de Google
35:44qui sert à financer
35:45les extraordinaires
35:46CapEx en faveur de l'IA.
35:48Si on se dit
35:48que la machine
35:49commence à se rouiller
35:49du côté du cœur de métier,
35:51on est un peu inquiet.
35:52Microsoft a fait état
35:53de bien meilleurs chiffres
35:54mais le titre est sanctionné
35:55aujourd'hui
35:56et perd 2%
35:57à 520,29 euros.
35:58On notera peut-être
35:59aujourd'hui
36:00essentiellement
36:00le rebond du secteur auto.
36:01Oui,
36:02on a parlé de Renault
36:02qui a gagné 6,9%
36:04à 28,17 euros.
36:05On a également Stellantis
36:07qui a signé une hausse
36:08à deux chiffres hier.
36:09On a Porsche
36:10qui signe une semaine
36:12extraordinaire.
36:12On gagne quasiment 7%
36:14sur les sept dernières
36:16journées de bourse.
36:17Alors,
36:17il ne faut pas
36:18en déduire pour autant
36:19que le climat
36:20s'arrange vraiment
36:21pour le secteur auto.
36:24C'est vrai qu'il y a
36:24des chiffres
36:25un petit peu plus convaincants
36:26du côté de Renault,
36:26notamment du côté
36:27des progrès
36:28et des marches
36:29sur la voiture électrique.
36:30Mais enfin,
36:31si on regarde
36:31les chiffres de Stellantis,
36:32on est sur des marges
36:33à 0,7%
36:35sur l'ensemble du groupe,
36:36ce qui est absolument ridicule.
36:37Donc,
36:38du coup,
36:39il ne faut pas croire
36:39que le paradigme
36:40soit forcément
36:41en train de changer.
36:42Il y a aussi
36:42beaucoup de mouvements
36:43étant donné que
36:43la bourse était
36:45extrêmement négative
36:46sur l'ensemble
36:46du secteur auto
36:47et avait des positions
36:47de vente à découvert
36:48un peu outrageantes,
36:49on va dire.
36:50mais c'est peut-être
36:51intéressant,
36:52peut-être qu'on a signalé
36:53le fond de la cuve
36:54pour l'ensemble
36:55du secteur auto
36:56et qu'on peut
36:56rebâtir une stratégie
36:58à partir des chiffres
36:59qui ont été publiés
37:00des trimestriels
37:00et des perspectives
37:02de ces derniers jours.
37:03Ce qui explique
37:04ces forts mouvements
37:05et sans doute
37:05un bilan hebdomadaire
37:06très intéressant
37:07pour le secteur auto.
37:08Merci beaucoup
37:09Antoine Larigauderie
37:10pour ce point
37:11très complet
37:11sur les marchés
37:12tous les soirs
37:13avec nous
37:13dans le 18h éco,
37:1518h38.
37:16Et l'actualité
37:17nous emmène aussi
37:17ce jeudi
37:18du côté des Etats-Unis
37:19avec l'économie américaine
37:21qui surperforme
37:223,4% de croissance
37:23au troisième trimestre.
37:24Une respiration
37:25pour les Républicains
37:26et pour Donald Trump
37:27à la veille des élections
37:28de mi-mandat
37:29car si la croissance
37:31flambe
37:31les prix aussi,
37:32l'inflation accélère
37:33en septembre
37:33à 3,6%
37:35sur un an.
37:35Alexandra Paget.
37:373,4% de croissance
37:39avec 3,6%
37:41d'inflation.
37:42L'économie américaine
37:43est incontestablement
37:44robuste.
37:45La forte hausse
37:46du PIB
37:47s'explique
37:47en premier lieu
37:48par la croissance
37:49des investissements
37:50qui dérivent
37:51directement du boom
37:52de l'intelligence artificielle
37:53mais déséquilibrent
37:55en même temps
37:55la balance commerciale
37:56souligne John Plassard
37:58associée
37:59chez Cité Gestion.
38:00On a quand même
38:01les exportations
38:03qui reculent
38:04alors que
38:04les importations
38:06explosent
38:07près de 20%.
38:09Donc là aussi
38:10il y a un paradoxe.
38:11Également au niveau
38:12du marché
38:12de l'immobilier
38:13qui se contracte.
38:14L'accélération
38:15de l'économie américaine
38:16est en fait portée
38:17au deux tiers
38:18par la consommation
38:19des ménages
38:19qui accrue
38:20de 3,8%
38:21au troisième trimestre.
38:23Mais là aussi
38:24Émilie Fleuricaduc
38:25directrice
38:25des investissements
38:26chez Justaé
38:27y voit un trempe-l'œil.
38:29La consommation réelle
38:30donc retraitée
38:31par l'inflation
38:31stagne
38:32et ça
38:33c'est une donnée
38:34très importante
38:35parce qu'on parle
38:35des premiers
38:37potentiels ralentissements
38:38et donc la Fed
38:39va devoir prendre ça
38:40en compte.
38:40Autre moteur
38:41de la croissance
38:42économique américaine
38:43à prendre en compte
38:44l'endettement
38:45massif
38:45de l'État.
38:47La dette fédérale
38:47a atteint
38:48100% du PIB
38:49son niveau
38:50le plus élevé
38:50depuis 1946.
38:52Les publications
38:53de Donald Trump
38:54valent-elles de l'or ?
38:55La société Trump Média
38:56l'avait annoncé
38:57cet été
38:58elle souhaitait
38:59vendre aux géants
39:00de Wall Street
39:01un accès prioritaire
39:02aux publications
39:02du président américain
39:03sur son réseau social
39:05un sérieux avantage
39:06financier
39:07et selon Reuters
39:08trois premiers clients
39:09ont souscrit
39:10à l'offre.
39:10Taralus
39:12Les abonnés
39:13à ce nouveau service
39:14déboursent entre
39:1560 000 et 100 000 dollars
39:16par mois.
39:17Parmi ceux qui ont adhéré
39:18deux sociétés de trading
39:19mais également
39:20l'agence Bloomberg.
39:21Ils recevront
39:22les publications
39:22de Trump
39:23avec 50 millisecondes
39:24d'avance
39:25un délai
39:25qui semble dérisoire
39:27mais qui peut être
39:27décisif en bourse
39:28puisque les déclarations
39:30du président
39:30peuvent faire grimper
39:31ou chuter
39:32les marchés financiers
39:33en quelques instants.
39:34L'objectif pour Donald Trump
39:35est de renflouer
39:36les caisses
39:36de son entreprise
39:37car la société
39:38a perdu 2 milliards
39:39de dollars
39:39en deux ans.
39:40Les actions
39:40de Trump Media
39:41propriétaire
39:42de Trust Social
39:43ont chuté
39:43elles de plus
39:44de 50%
39:45depuis le début
39:45de l'année.
39:46Le dispositif
39:47suscite toutefois
39:48de nombreuses critiques.
39:49Deux sénateurs
39:50démocrates
39:50ont demandé
39:51aux gendarmes
39:51boursiers
39:52américains
39:52d'enquêter.
39:53Une plainte
39:53a notamment été lancée
39:55pour contester
39:55l'accès payant
39:56à certaines
39:57communications officielles.
39:58L'intelligence artificielle
40:00fait grimper
40:00les fortunes chinoises.
40:02Les géants
40:02de la tech
40:03sont de plus en plus
40:04nombreux
40:04parmi les plus riches
40:05du pays.
40:06Cette année,
40:06le classement
40:07publié par l'institut
40:08de recherche chinois
40:09Ourun révèle
40:10notamment une hausse
40:11de 15%
40:12sur un an
40:12du nombre
40:13de milliardaires.
40:14Le point
40:15avec Eva Serraïol.
40:17Un record
40:18de 1529
40:19grandes fortunes
40:20en Chine.
40:20Toutes possèdent
40:21au moins
40:21un patrimoine
40:22supérieur
40:22à 5 milliards
40:23de yuan
40:24soit 675 millions
40:26d'euros.
40:27Parmi les nouveaux venus,
40:28Liang Wenfeng,
40:29fondateur de DeepSic.
40:30Il entre directement
40:32à la 7ème place
40:32avec une fortune
40:33estimée
40:34à 37 milliards
40:36d'euros.
40:36Autre grand gagnant,
40:37Zhang Yiming,
40:38fondateur de ByDance,
40:39la maison mère
40:40de TikTok.
40:40Après avoir occupé
40:42la 2ème place
40:42l'an dernier,
40:43il redevient l'homme
40:44le plus riche du pays
40:45avec un patrimoine
40:46estimé à près
40:47de 90 milliards
40:48d'euros,
40:49le plus élevé
40:50jamais enregistré
40:51pour une personne
40:52en Chine.
40:52Des fortunes
40:53calculées toutefois
40:54début septembre
40:55depuis l'indice
40:56des valeurs technologiques
40:57de la bourse de Shanghai
40:58a chuté de 22%
41:00sur fond de crainte
41:01de la survalorisation
41:02de l'IA.
41:03Les difficultés
41:04du secteur immobilier
41:05chinois se reflètent
41:06également dans ce classement.
41:07Pour la première fois,
41:08aucun promoteur
41:09ne figure parmi
41:10les 100 personnes
41:11les plus riches du pays.
41:12On vous en parlait,
41:13les publications
41:13d'entreprises
41:14se sont poursuivies
41:15ce jeudi
41:15avec une journée chargée
41:16pour le secteur automobile
41:18et Volkswagen
41:19notamment
41:20qui continue de souffrir.
41:21Le constructeur allemand
41:22annonce une perte nette
41:24de près de 6 milliards d'euros
41:25pour le troisième trimestre.
41:27Les explications
41:27de Justine Vassani.
41:29La crise n'en finit plus
41:31chez Volkswagen.
41:31Le constructeur allemand
41:32enregistre une perte nette
41:34presque trois fois supérieure
41:35à celle anticipée
41:36par les marchés.
41:37Une perte qui s'explique
41:38par d'importantes
41:39dépréciations d'actifs
41:40liées d'abord
41:40à sa filiale Porsche
41:41qui est dans la tourmente.
41:43Dépréciations à hauteur
41:44de 6,4 milliards d'euros.
41:46Le groupe annonce également
41:47des dépréciations d'actifs
41:48en Chine.
41:49Pour 1 milliard d'euros,
41:50le marché chinois
41:51fait trébucher l'ensemble
41:53des constructeurs automobiles
41:54allemands
41:54qui sont confrontés
41:55à la très forte
41:56concurrence locale
41:57et à un marché déprimé.
41:59Ce trimestre,
42:00les ventes de Volkswagen
42:01y ont plongé de 38%.
42:03Cette année,
42:04le groupe ne prévoit plus
42:05qu'une marge opérationnelle
42:06au maximum à 1%.
42:07Des résultats que Volkswagen
42:09n'essaye pas de minimiser.
42:10Il souligne la nécessité
42:12d'agir de toute urgence,
42:13alerte son directeur financier.
42:15Un message aussi envoyé
42:16au syndicat de l'entreprise
42:18avec lesquels Volkswagen
42:19négocie la plus importante
42:21restructuration de son histoire.
42:22Elle prévoit la suppression
42:24de 15% de ses effectifs
42:26dans le monde.
42:27En 18h43,
42:28c'est un projet
42:29à plusieurs millions d'euros
42:30qu'il faut remettre
42:31sur les rails.
42:31Geoffroy Roux de Bézieux
42:32a été officiellement nommé
42:33à la tête du comité
42:35d'organisation
42:35des Jeux Olympiques
42:37d'hiver 2030.
42:38L'ancien patron du MEDEF
42:39succède à Edgar Gropiron,
42:41parti en septembre
42:42après des mois de tension.
42:43Axel Aragon,
42:44sa priorité sera
42:45de ramener de la confiance
42:46et surtout ramener
42:47de l'argent privé.
42:48Absolument,
42:49son premier chantier
42:50sera financier.
42:51Les Alpes 2030
42:52doivent réunir
42:52plus de 560 millions d'euros
42:55grâce au partenariat privé.
42:57Pour l'instant,
42:57EDF est le seul partenaire
42:59majeur officiellement annoncé.
43:02Un deuxième accord
43:02aurait été signé,
43:03mais son annonce
43:04a été reportée
43:05en pleine crise de gouvernance
43:07et c'est précisément là
43:08que Geoffroy Roux de Bézieux
43:09peut peser.
43:10A la tête du MEDEF,
43:11entre 2018 et 2023,
43:13il connaît les grands groupes,
43:14leurs dirigeants
43:15et leurs attentes.
43:16Son rôle sera
43:17de relancer les discussions,
43:18de convaincre
43:19de nouvelles entreprises
43:20et de s'engager
43:21et de transformer
43:22cet intérêt
43:23surtout en contrat.
43:24Pour un sponsor,
43:25investir dans les Jeux
43:26s'est aussi misé
43:27sur un événement
43:28bien organisé
43:29avec une visibilité garantie
43:31et des interlocuteurs fiables.
43:33Deuxième urgence,
43:34remettre de l'ordre
43:35dans la maison
43:36sous Edgar Gropiron.
43:37Plusieurs dirigeants
43:38ont quitté le comité
43:39et les tensions
43:40ont fragilisé l'organisation.
43:42L'amour de rugby
43:43et passionné de cyclisme
43:44devra donc stabiliser
43:45les équipes,
43:46clarifier les responsabilités
43:47et accélérer
43:49les décisions.
43:50Le projet doit maintenant
43:51passer des plans
43:52à la réalisation concrète
43:53des infrastructures.
43:54Geoffroy Roude-Bézieux
43:55qui par ailleurs
43:56connaît déjà bien le sujet.
43:57Absolument,
43:58il ne part pas non plus
43:59de zéro.
43:59Depuis avril,
44:00il préside le comité
44:01des rémunérations
44:02du COJOP
44:03et il a siégé
44:04au conseil d'administration
44:05aussi de Paris 2024.
44:06Une expérience
44:07qui peut l'aider
44:08et anticiper
44:09les difficultés
44:10de gouvernance
44:11et à mieux coordonner
44:12les différents acteurs.
44:14Mais il devra aussi
44:15composer avec les intérêts
44:17parfois divergents
44:18des deux régions hautes.
44:19Il faudra rapprocher
44:20les positions
44:21et éviter
44:22de nouveaux blocages
44:23entre les régions
44:23Auvergne-Rhône-Alpes,
44:24Provence-Alpes-Côte d'Azur
44:26et l'État
44:27et surtout
44:27les instances sportives.
44:29Son réseau économique
44:30peut attirer
44:30les financements évidemment.
44:32Son expérience aidée
44:33à stabiliser l'organisation
44:35mais arrivera-t-il
44:36à tenir le calendrier
44:37et prouver
44:38que les Alpes 2030
44:39sont enfin capables
44:40d'avancer ?
44:41C'est ça son grand défi.
44:42Merci Axel Aragon
44:43avec nous ce soir.
44:4418h45,
44:45on marque une courte pause.
44:46On va se retrouver
44:46dans un instant
44:47pour votre actualité internationale
44:49qui nous emmène ce soir
44:50en Argentine.
44:51Le FMI
44:52qui salue
44:52les résultats économiques
44:53impressionnants
44:54de Ravier Milaï
44:55et qui débloque
44:56900 millions de dollars
44:57d'aides supplémentaires.
44:58Pour en parler,
44:59on va retrouver dans un instant
45:00Jean-Louis Martin,
45:01économiste,
45:02chercheur associé
45:02sur l'Amérique latine
45:03à l'IFRI.
45:06BFM Business présente
45:11Le 18h éco,
45:13Erwan Morris.
45:1418h48,
45:15votre 18h éco
45:16se poursuit
45:17avec le dossier international
45:19ce soir
45:19direction de l'Argentine
45:20donc qui a reçu
45:21les félicitations
45:22cette semaine
45:22du FMI
45:23pour ses résultats économiques
45:25impressionnants.
45:26C'est ce que dit le FMI.
45:28Bonsoir Jean-Louis Martin.
45:29Bonsoir.
45:29Merci d'être avec nous,
45:30vous nous accompagnez ce soir
45:31sur cette actualité.
45:32Je rappelle que vous êtes
45:33économiste,
45:33chercheur associé
45:34sur l'Amérique latine
45:35à l'IFRI.
45:36900 millions de dollars
45:37donc sont débloqués
45:38par le FMI
45:39dans le cadre
45:39de son programme
45:40d'aide à l'Argentine
45:42qui est un programme
45:42beaucoup plus vaste,
45:4320 milliards au total.
45:45Tout à fait.
45:45Mais on a l'impression
45:47en tout cas,
45:48on attend votre commentaire
45:49là-dessus,
45:49que la politique économique
45:51de choc
45:52de Ravier Milei
45:53est quand même saluée
45:54d'une certaine manière
45:55par le FMI.
45:56Alors sur ses rapports
45:57avec le FMI,
45:58on peut déjà dire
46:00quand même
46:00qu'ils se tiennent
46:01tous les deux
46:02par la barbichette.
46:03C'est-à-dire que
46:03l'Argentine
46:05est effectivement
46:05très dépendante
46:07de programmes
46:08de support
46:09par le FMI.
46:11Actuellement,
46:11il y en a un
46:12effectivement
46:13qui a été signé
46:14en 2025
46:15pour 20 milliards
46:16de dollars.
46:16Donc c'est un
46:17des décaissements
46:19sur ce programme.
46:2014 milliards
46:20déjà débloqués
46:21avec ces 900 millions
46:22qui s'y ajoutent.
46:23Si le FMI le fait,
46:24c'est parce qu'ils estiment
46:25que ça se passe
46:27raisonnablement bien,
46:27même si ça ne se passe
46:28pas aussi bien
46:29qu'ils l'espéraient.
46:31Mais dans l'autre sens...
46:32Juste, pardon,
46:33on va y venir,
46:34mais sur les points
46:34où ça se passe bien,
46:36c'est quoi ?
46:37Le ralentissement
46:37de l'inflation,
46:38le rétablissement
46:39des réserves
46:39en devise étrangère,
46:41il y a quand même
46:41des points
46:42où Ravier Milei,
46:44on peut lui accorder
46:45un certain succès,
46:46même si on parle
46:47de 30%,
46:4832% d'inflation.
46:49Je crois que
46:50son principal succès,
46:51c'est d'avoir fait
46:52ce qu'il a fait,
46:53ce qu'il avait promis
46:54de faire,
46:55en grande partie,
46:55pas tout,
46:56mais les mesures
46:57importantes ont été prises.
46:58Et il y a deux grandes choses.
47:00Il y a un assainissement
47:01des finances publiques
47:03et puis il y a
47:04une dérégulation
47:06de l'économie.
47:07Et ça,
47:07ce sont des choses
47:08qui, je pense,
47:09en partie resteront.
47:10c'est-à-dire,
47:11même s'il devait
47:14céder le pouvoir
47:15dans un an,
47:16je pense qu'il restera
47:17au moins une partie
47:18de ça.
47:19Plus sur la dérégulation
47:20que sur les finances publiques
47:22où là,
47:22la situation est un petit peu
47:23plus fragile
47:25et ça va être
47:26assez difficile
47:27de soutenir
47:27dans le temps
47:29les résultats actuels.
47:32mais oui,
47:33il a fait ce qu'il...
47:35Et ça correspond
47:35à ce que le FMI
47:37attendait.
47:37Après,
47:38sur les résultats,
47:39ce n'est pas aussi brillant
47:40qu'il était prévu.
47:42L'inflation est aujourd'hui
47:44à 33%.
47:45Sur un an,
47:46Sur un an,
47:47c'est quand même
47:48beaucoup plus
47:48que ce qui était prévu.
47:50Je crois que le chiffre
47:51des prévisions officielles
47:52pour 2026
47:53était 18 en fin d'année.
47:55On en sera loin.
47:56la croissance,
47:58le FMI baisse
48:00son chiffre de croissance
48:01à chaque fois
48:02qu'il en sort un.
48:03Il était quand même
48:04à 4,5%
48:06à la fin 2025,
48:08enfin pour 2026.
48:10Et puis,
48:11il a baissé ça
48:11à 3,5%
48:12et puis aujourd'hui
48:13à 2,1%
48:14et la plupart
48:14des économistes locaux
48:16sont plutôt
48:17entre 1,5%
48:18et 2%.
48:18Et l'économie argentine
48:22pourrait même
48:22entrer en récession
48:23ce trimestre.
48:25Bon,
48:25le programme
48:26en tout cas austéritaire,
48:27il est extrêmement brutal
48:28pour diminuer
48:28l'inflation endémique
48:30du pays.
48:30Résultat,
48:31plus de 4 000 entreprises
48:32ont fermé leurs portes,
48:33plus de 300 000 emplois
48:34perdus entre privés
48:36et publics
48:36en deux ans.
48:37Un taux de chômage,
48:38vous le disiez,
48:39je crois,
48:39qui est passé
48:39de 5,7%
48:40à presque 8%,
48:41niveau le plus élevé
48:42depuis la récession
48:43liée à la pandémie
48:44de Covid-19.
48:46Rebond de la pauvreté
48:47aussi au-dessus
48:48de 30%.
48:49On est à 32%
48:50sur la première moitié
48:51de l'année.
48:52Enfin,
48:52c'est quand même
48:53une situation économique
48:54qui est éprouvante,
48:56effectivement,
48:57et avec des élections
48:59dans un an.
48:59Donc,
49:00il faudra d'ici un an
49:02que ses résultats
49:03s'améliorent
49:05sensiblement
49:06parce qu'il a été élu
49:07pour ça
49:07et que s'il ne délivre
49:09pas aux Argentins
49:10une amélioration
49:11de leur situation,
49:13il risque de ne pas
49:14être réélu.
49:15Mais est-ce qu'il a
49:15les coups des franges
49:16pour le faire
49:17Ravier Millet ?
49:19Il a des contraintes.
49:22Il a par exemple
49:23des contraintes
49:24au Parlement
49:24où il n'a pas
49:25de majorité.
49:26Jusqu'ici,
49:28le Parlement
49:29l'a bloqué
49:30sur un certain
49:31nombre de points
49:31mais il a quand même
49:32réussi à faire
49:33largement ce qu'il voulait
49:34en gouvernant
49:35par décret
49:36en particulier.
49:37Le Parlement
49:38peut s'y poser
49:38mais lui,
49:39il peut aussi
49:40s'opposer
49:41aux vétos
49:41du Parlement.
49:42Donc,
49:43il n'a pas été
49:44si contraint
49:45que ça.
49:46Quels sont
49:46les atouts
49:49économiques
49:50industriels
49:51de l'Argentine ?
49:52Qu'est-ce qui tire
49:53la croissance
49:53aujourd'hui ?
49:54Ce sont les énergies.
49:54On parle beaucoup
49:55aussi des mines,
49:56du lithium,
49:57de l'agriculture.
49:58Alors ça,
49:59c'est un autre
49:59de ces problèmes.
50:00C'est que non seulement
50:01la croissance
50:02n'est pas au niveau
50:05attendu,
50:07mais en plus,
50:07son contenu
50:08n'est pas non plus
50:09ce qui serait
50:10le plus souhaitable.
50:11c'est-à-dire,
50:12c'est-à-dire,
50:12quand on regarde
50:12les composantes
50:14de la croissance
50:14argentine,
50:15il y a des secteurs
50:16qui s'y vont très bien.
50:18L'agriculture,
50:19qui a fait un excellent
50:19premier semestre,
50:20c'est la période,
50:21la principale période
50:22de récolte en Argentine.
50:24Les mines,
50:25en partant d'assez bas,
50:27parce que c'est un secteur
50:28qui a été négligé,
50:30même s'il y a
50:30un potentiel important,
50:32là aussi,
50:32on a un vrai décollage.
50:35Les hydrocarbures,
50:35ça décolle aussi,
50:36mais à côté de ça,
50:39depuis qu'il est au pouvoir,
50:41c'est-à-dire depuis
50:41la fin 2023,
50:42je crois qu'on est
50:43à moins 10%
50:44sur l'industrie.
50:45Et le problème,
50:46c'est que les emplois
50:47sont là,
50:47beaucoup plus que
50:48dans une agriculture
50:49qui est maintenant
50:50très mécanisée,
50:51ou dans les mines,
50:52ou dans les hydrocarbures.
50:53Et c'est un système
50:54qui va prendre du temps
50:55à se mettre en place.
50:56Si jamais,
50:56voilà,
50:57il y avait une volonté politique
50:58de développer ces industries,
50:59là, ça ne va pas se faire
51:00du jour au lendemain ?
51:01Ça peut aller assez vite,
51:03parce qu'il y a un potentiel,
51:06il y a un intérêt,
51:06il y a des incitations
51:07à l'investissement étranger,
51:11mais cette reprimarisation,
51:14d'une certaine manière,
51:15que Millet voit absolument
51:17sans problème,
51:19puisque lui,
51:19sa vision,
51:20c'est un retour à l'Argentine
51:21du début du XXe siècle,
51:22où elle était exportatrice
51:24de viande,
51:25de blé,
51:26etc.
51:27Alors,
51:27avec en plus le pétrole
51:28et les mines,
51:30mais le problème,
51:31c'est que ça fonctionnait
51:32dans un pays
51:32de 4,5 millions d'habitants,
51:33dans un pays de 45 millions,
51:35ça va être un petit peu
51:35plus compliqué.
51:36Donc,
51:38moi,
51:38ce qui m'inquiète le plus,
51:39ce n'est pas tellement
51:40les résultats sur les prix
51:41qui ne sont pas aussi bien
51:43qu'attendus,
51:43etc.
51:44C'est beaucoup plus
51:45le modèle de croissance
51:47sur lequel
51:47j'ai des doutes.
51:49Et paradoxalement,
51:50Jean-Louis Martin,
51:51Millet,
51:52Ravier Millet,
51:52qui est très proche
51:53d'un Donald Trump
51:54et des États-Unis,
51:56en tout cas,
51:56en apparence,
51:57sur le papier,
51:59il est dépendant
52:00du Brésil,
52:01de la Chine,
52:02quand il s'agit justement
52:03d'exporter toute cette marchandise
52:05quand on parle des énergies
52:06ou de l'agriculture.
52:07Ce sont ses principaux clients.
52:10Bon,
52:11l'économie,
52:11les exportations argentines
52:13sont quand même
52:13un peu plus diversifiées
52:14que les brésiliennes
52:16en termes de destination.
52:18Par exemple,
52:18les Argentins
52:19se sont assez bien débrouillés
52:20vers l'Inde
52:22ou vers l'Asie du Sud-Est.
52:23Mais bon,
52:24la Chine,
52:25ça reste décisif
52:26et on a vu
52:26Millet quand même
52:28modérer
52:29très très fortement
52:30son discours
52:30sur les méchants communistes
52:32de Pékin
52:32après qu'il a été élu
52:34parce que ses amis
52:35du secteur agro-industriel
52:37lui ont dit
52:38que c'était peut-être
52:39pas une très bonne idée
52:39que de dire
52:40on a eu la même chose
52:41au Brésil d'ailleurs
52:42avec Bolsonaro
52:42qui immédiatement
52:44après son élection
52:45a un peu changé
52:46le discours sur la Chine.
52:48Justement,
52:48le Brésil,
52:49on y vient,
52:50est-ce que
52:50Millet,
52:51c'est aujourd'hui
52:52l'anti-Lula ?
52:57Pas tout à fait.
52:58Bon,
52:59les relations personnelles
53:00entre les deux individus
53:02sont épouvantables
53:03mais
53:06l'élection brésilienne
53:07ce n'était pas
53:08un Millet
53:09avec tronçonneuse
53:11côté Flavio Bolsonaro
53:12face à un communiste
53:14côté Lula
53:15comme c'est souvent présenté.
53:16En fait,
53:16les politiques économiques
53:17des deux parties
53:18en Argentine
53:19ou au Brésil,
53:20pardon,
53:21n'étaient pas
53:22si radicalement
53:23différentes que ça.
53:24Les différences
53:24se faisaient beaucoup plus
53:25sur les questions sociétales,
53:26sur l'environnement,
53:27sur ce genre de choses.
53:28Sur l'économie,
53:30au Brésil,
53:32Lula va continuer
53:33à faire à peu près
53:34la même chose qu'avant,
53:35c'est-à-dire faire
53:35des petites réformettes,
53:37essayer de ne pas trop
53:38faire déraper
53:38les finances publiques
53:40pour se concilier
53:42un peu la Banque centrale.
53:43Et ça,
53:44il obtiendra
53:45en négociant,
53:46continuant à négocier
53:47avec des parlementaires
53:51achetables,
53:51disons le mot,
53:53mais légalement achetables
53:54puisqu'il y a un système
53:55qui s'appelle
53:56d'amendements parlementaires
53:57où on leur laisse
53:59le droit d'utiliser
54:00une partie du budget
54:01à leur guise.
54:02Ça va continuer comme ça,
54:04pas de changement significatif.
54:05Et ça aurait
54:07assez largement
54:08continué comme ça
54:09avec Flavio Bolsonaro.
54:10Il n'y aurait pas eu
54:10d'énormes différences non plus.
54:12D'un mot pour conclure,
54:13puisque c'est aussi
54:13dans l'actualité,
54:14le périmètre que vous couvrez
54:15sur la fuite
54:16de Flavio Bolsonaro
54:17après sa défaite
54:18à la présidentielle brésilienne,
54:20l'opposition argentine
54:21qui accuse Milley
54:22de l'avoir aidé
54:23à l'exfiltrer,
54:24si c'est avéré,
54:25ça rappellerait bien
54:26les affinités sérieuses
54:28qu'il y a entre
54:29Milley, Bolsonaro
54:30et Donald Trump.
54:31Oui, mais c'est
54:32sans grandes conséquences
54:33politiques
54:33parce que c'était connu.
54:37Pour moi,
54:37la principale conséquence politique,
54:39si je peux me risquer
54:41à faire un pronostic,
54:42c'est que l'avenir politique
54:44de la famille Bolsonaro
54:45est sérieusement
54:46compromis au Brésil.
54:47Ça m'étonnerait
54:48que la prochaine fois,
54:49on ait la belle-mère
54:50ou le petit frère.
54:51Je crois que la droite brésilienne
54:54a compris que c'était
54:55des mauvais chevaux
54:56et on aura probablement
54:58un Tarsicio de Freitas,
54:59le gouverneur de San Paolo,
55:00la prochaine fois.
55:01Merci beaucoup
55:02pour ce décryptage international
55:03avec nous ce soir.
55:04Jean-Louis Martin,
55:05économiste,
55:05chercheur associé
55:06sur l'Amérique latine
55:07à l'IFRI.
55:08Dans un instant,
55:09sur votre antenne,
55:11Tech & Co,
55:11présenté par François Sorel.
55:13Très bonne soirée.
55:15Le 18h écho sur BFM Business.
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