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  • il y a 13 minutes
Ce mercredi 21 octobre, retrouvez le replay de la tribune éco sur BFM Business

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Transcription
00:00La tribune écho dans Good Morning Business est avec Bertie Bayard du Figaro. Bonjour Bertie.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être avec nous ce matin. Ce n'est peut-être qu'une question d'heure ou de jour,
00:07mais les taux français à 10 ans vont atteindre 5% et on ne peut pas dire que c'est
00:11une surprise.
00:12Non, pas vraiment. Le plus probable, c'est que ça va continuer à grimper parce que
00:16les événements de ces derniers jours ont provoqué un double choc chez les investisseurs.
00:21Un, la France n'est pas prête à la rigueur, manifestement.
00:24Deux, la présidentielle ne changera peut-être rien. Le chaos peut perdurer dans la rue,
00:29mais aussi à l'Assemblée si le futur président, quel qu'il soit, n'a pas plus de majorité qu
00:33'aujourd'hui.
00:34Donc il n'y a pas de corde de rappel politique. Il reste la BCE. À quel moment peut-elle
00:38intervenir ?
00:39Écoutez, la réponse courte, c'est qu'on est très loin de ce moment.
00:42La réponse longue, ça suppose d'examiner dans quelles conditions financières
00:45et dans quelles conditions politiques elle pourrait venir au secours de la France.
00:49Alors je commence par les conditions financières.
00:52Soyons clairs, il n'existe pas caché dans un coffre à Francfort un document secret
00:56dans lequel il serait écrit qu'à un spread de 242,7, là ça y est, la BCE, la cavalerie
01:02arriverait.
01:02Non, ça ne se passe pas comme ça.
01:04Autrement dit, rien ne serait plus dangereux de penser qu'il suffit de serrer les dents
01:07en attendant que la BCE débarque.
01:10L'intervention de la BCE avec son outil anti-fragmentation, le TPI,
01:14n'est nécessaire que si la situation française provoque une contagion
01:19telle qu'elle remet en cause la transmission de la politique monétaire dans toute la zone euro
01:22ou qu'elle menace la stabilité financière.
01:25Et on n'y est pas du tout.
01:26Il y a un peu de contagion, un peu de répercussions sur la valeur de l'euro,
01:29pas mal de volatilité et aucun sujet de refinancement bancaire.
01:33Ce qui se passe sur le marché, c'est le grand déclassement de la dette française
01:36et la remontée des pays du sud.
01:38La périphérie de la zone euro, maintenant, c'est nous et c'est notre problème.
01:42Vous parliez aussi des conditions politiques.
01:45Oui, nous mettons la BCE dans une situation impossible.
01:48Mario Draghi a dit en fin de semaine dernière, je cite,
01:50« Le simple fait que la BCE puisse ou non intervenir est devenu un thème de discussion politique en France
01:57et cela ne fait que rendre les interventions encore plus difficiles.
02:01Nous parlons trop de la BCE, nous attendons trop de la BCE.
02:05Elle ne fera rien qui serait interprété comme ce qu'elle n'a pas le droit de faire,
02:08c'est-à-dire un soutien budgétaire à la France.
02:11Il faut considérer le sujet vu aussi des autres pays de la zone euro.
02:14Pour beaucoup, le sujet, c'est l'inflation, pas nos petits problèmes de non-réforme des retraites.
02:19Beaucoup, pour beaucoup, le sujet, c'est, pardon, beaucoup entrent dans un cycle électoral.
02:23Beaucoup de gouvernements sont aujourd'hui très fragiles, à commencer par celui de Friedrich Merz en Allemagne.
02:28Beaucoup voient monter des votes populistes.
02:30Personne ne veut renflouer la France, surtout si celle-ci ne fait pas d'effort.
02:34Oui, mais peut-être que la BCE n'aura pas le choix.
02:36Oui, si la contagion s'étend, si la stabilité financière est menacée.
02:39Mais ce serait une énorme erreur de s'en remettre à cette solution.
02:41Je vous cite ici une hypothèse évoquée par le patron de la recherche macro d'ING.
02:45En cas de contagion, on pourrait imaginer que la BCE n'achète pas de la dette française pour faire baisser
02:50nos taux,
02:51mais qu'elle achète des titres de tous les autres pays de la zone euro pour les immuniser, eux.
02:56C'est un peu pervers, j'avoue.
02:57Mais ça dit bien que le moyen le plus efficace pour faire baisser la pression,
03:00c'est de commencer, enfin, ici, le travail de rigueur.
03:03C'est ça, il va falloir s'attaquer au déficit et à la dette.
03:08Mais ce n'est pas pour demain, j'ai l'impression.
03:09Merci à vous, Bertil Bayard, du Figaro, pour cette chronique éco,
03:14qu'on retrouve bien sûr en podcast et en replay sur l'application BFM Business
03:17et l'ensemble de nos plateformes.

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