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  • il y a 9 minutes
Ce vendredi 30 octobre, retrouvez le replay de la tribune éco sur BFM Business

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00:00Avec ce matin, Bertil Bayard, rédactrice en chef au Figaro. Bonjour, Bertil.
00:04Christine Lagarde a donc annoncé hier son départ anticipé de la présidence de la BCE.
00:08Départ en février, pas en octobre. Première question, que va-t-elle faire ?
00:12Parler. Parler, en tout cas, c'est ce qu'elle a dit hier qu'elle ferait.
00:16Manifestement, elle ronge son frein avec l'obligation de neutralité à laquelle elle est astreinte dans ses fonctions actuelles.
00:22Alors parler, mais parler de quoi ? En creux, on a compris qu'elle veut se bagarrer contre les populismes.
00:27La question, c'est depuis où ? Alors évidemment, la rumeur d'une candidature à la présidentielle existe.
00:33Une de plus, j'allais dire. Christine Lagarde est après tout la troisième personnalité préférée des Français dans le baromètre
00:38de l'IFOP.
00:39Mais je n'y crois pas vraiment. Elle a souvent dit qu'elle redoutait l'exposition personnelle et pour sa
00:44famille d'une telle implication dans la politique nationale.
00:46Elle n'a pas ce courage-là. Ce qui ne veut pas dire qu'elle n'est pas courageuse.
00:50Je vous aurais rappelé que quand toute l'Europe était pétrifiée, tétanisée par Donald Trump, elle est l'une des
00:55très rares à avoir manifesté sa désapprobation.
00:58Il fallait le faire. On se souvient qu'elle avait quitté ostensiblement un dîner à Davos pendant une diatribe du
01:04secrétaire américain en commerce.
01:06Davos, justement.
01:07Et oui, Davos. Davos, on en parle parce que le plus probable, c'est que ce soit le point de
01:10chute de Christine Lagarde qui pourrait prendre la tête du forum.
01:13D'ailleurs, hier, quand elle a dit que sa voix pourrait aider, elle a précisé qu'il ne s'agissait
01:17pas seulement de l'Europe, mais aussi d'autres endroits dans le monde.
01:20Une allusion planétaire. Et ça, ça colle avec Davos. On sera bientôt fixé puisque le conseil d'administration du forum
01:26se réunit dans les prochains jours.
01:28Donc, elle voudrait faire de la politique sans vraiment faire de la politique.
01:32Oui, mais son départ étant lui-même un acte politique, il permet que le choix du successeur de Christine Lagarde
01:37se fasse avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron.
01:40Les oppositions de LFI au RN lui sont d'ailleurs tombées dessus. Et c'est logique parce que la manœuvre,
01:45elle permet précisément de sécuriser la gouvernance de la BCE
01:48avant que potentiellement des dirigeants qui contestent son indépendance n'arrivent au pouvoir.
01:52Oui, c'est anodin en effet. Qu'est-ce que ça change pour la France, Bertil ?
01:55Écoutez, d'abord, en février, la France n'aura plus aucun des très grands postes de l'Union européenne, ni
02:00la présidence de la BCE, ni celle de la Commission, ni celle du Conseil.
02:05Et ça, ce n'est pas une très bonne nouvelle. Nous devrions seulement récupérer le poste de chef économiste de
02:09la BCE.
02:10Ensuite, qu'est-ce que cela changera à l'attitude de la BCE vis-à-vis de la France, si
02:16par hasard, pure question théorique, nous avions besoin de son intervention ?
02:19Eh bien, cela, ça va dépendre de qui succède à Christine Lagarde.
02:23Il y a principalement deux candidats, l'espagnol Pablo Decaux et le néerlandais Klasnot.
02:27Un espagnol et un néerlandais, on va caricaturer une colombe et un faucon.
02:32Quoique, Klasnot vient de publier un long texte dans lequel il décrit son cheminement intellectuel
02:36et c'est presque sa conversion à une politique monétaire plus interventionniste.
02:40Donc, c'est une façon de dire que dans l'espèce des faucons, il sera plutôt le spécimen du gentil
02:44faucon.
02:45En tout cas, l'un ou l'autre, ça peut paradoxalement rendre les choses plus faciles en cas d'intervention
02:50en faveur de la France.
02:51Il n'y aura pas le soupçon d'une indulgence particulière qui aurait pesé sur Christine Lagarde parce que française.
02:57En revanche, il ne faut pas se leurrer, cela annonce un niveau d'exigence très fort sur les engagements
03:02que la BCE et les autres pays de la zone euro demanderont à la France
03:06si la situation financière de celle-ci l'oblige à intervenir.
03:09Et ça, ça vaut quel que soit le patron de la BCE, j'allais dire, et quel que soit le
03:12président de la République.
03:14Merci Bertil Bayard pour cette tribune éco.

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