- il y a 19 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00D'abord, donc, nous allons accueillir Alain Bauer. Bonsoir, M. Bauer. Allez-y, installez-vous sur ce plateau.
00:05Nous sommes évidemment avec Thierry Arnaud et Laurent Valdiguet qui vont m'accompagner ce soir.
00:10Bonsoir, Messieurs. Bonsoir à tous. Alain Bauer, je rappelle le nom de votre dernier livre, Il faut sauver nos enfants.
00:17Le livre noir de la pédocriminalité en France, aux éditions First, que l'on voit ici s'afficher à l
00:24'écran et dont on dira évidemment un mot tout à l'heure.
00:27Mais d'abord, donc, ce qui s'est passé hier. Le samedi noir, tant redouté, n'a pas eu lieu.
00:34Est-ce qu'en termes de maintien de l'ordre, vous parleriez ce soir d'une journée réussie ?
00:39Elle est mieux réussie que celle du 17 octobre. Elle est équivalente à celle du 24.
00:45Et la vraie question, comme j'ai essayé de l'expliquer dans des épisodes précédents, c'est celle du 5
00:51novembre.
00:52Alors, pour qu'une journée dégénère, il faut toute une série d'éléments cumulés, une erreur d'estimation du renseignement,
01:00puisque le renseignement n'a pas rien vu, il a mal vu, une capacité d'une masse de manœuvres suffisante
01:07pour que les casseurs puissent agir avec la protection involontaire de vrais manifestants.
01:13Donc, il en faut beaucoup. Une capacité de mobilité extrême, c'est-à-dire des forces de l'ordre sous
01:20-dimensionnées
01:21ayant une très grande difficulté à agir de manière rapide, ce qui était le problème du 17 octobre.
01:28Et enfin, le cumul d'une grande masse de manœuvres et beaucoup de casseurs permet à beaucoup de pilleurs
01:34de venir profiter d'un effet aubaine.
01:37La police a raté cet épisode le 17 octobre, elle l'a rattrapé le 24 octobre,
01:42elle l'a suranticipé le 31 à cause du fait qu'il y avait le 31 et Halloween.
01:48Vous savez, c'est le processus. Une fois que vous avez raté un truc, une fois par la sous-estimation,
01:53vous surestimez naturellement l'épisode suivant.
01:56Ça s'appelle « Ceinture, parachute, trampoline » et j'en passe.
02:00Et donc, nous en sommes là. La vraie question, elle est moins de considérer ce qui a été bien réussi
02:06cette fois-ci ou pas raté que de voir comment on anticipe désormais le mouvement à venir
02:12puisque depuis le début, on sait que ce mouvement commençait le 17 octobre
02:16à un moment paroxystique le 5 novembre.
02:18On va parler de la suite. Mais donc, ce que vous nous expliquez, c'est que c'est en fait
02:22un ensemble de mesures
02:23qui ont fait que ça a fonctionné. Pas une en particulier.
02:27Non, non, non. Un processus général, y compris les interdictions de paraître,
02:31des mesures administratives extrêmement développées liées au processus antiterroriste
02:35utilisé désormais pour toute une série d'individus connus.
02:40Une capacité de modulation des forces en présence sur le terrain.
02:46Évidemment, le fait de surmobiliser des effectifs de police qui commencent à fatiguer
02:51et de gendarmes qui commencent à fatiguer beaucoup.
02:53Mais en tout état de cause, pour une fois, tous les secteurs qui permettent de gérer l'ordre
02:59et pas simplement de maîtriser le désordre ont été à peu près réunis.
03:03On a eu un communiqué très détaillé, Laurent Valiguier, sur les chiffres et le bilan de cette soirée
03:08avec notamment ce chiffre 40 000 contrôles qui ont été effectués sur tout le territoire national,
03:14les axes routiers, ferroviaires, dans les gares, pour empêcher que certaines personnes
03:19viennent avec des armes, ce qu'on appelle des armes par destination.
03:23Regardons sur ces images ce qui a été retrouvé justement lors de ces contrôles.
03:28Qu'est-ce que ça nous indique selon vous, Alain Bauer ?
03:30Et est-ce que 40 000 contrôles, c'est beaucoup ?
03:33Alors c'est du niveau de ce qui avait été mis en place par le préfet Lallemand dans la partie
03:373,
03:38je crois, des Gilets jaunes.
03:40Après le 8 décembre.
03:41Après le 8 décembre, Laurent saura ça mieux que moi.
03:44Et en la matière, oui, c'est un nombre important.
03:48Il faut rajouter à ça, non pas les contrôles de ceux qui sont venus,
03:51mais l'interdiction de paraître de ceux qui n'ont pas pu venir.
03:53Par ailleurs, une partie de nos amis étrangers avaient d'autres occupations
03:57sur d'autres territoires européens,
04:00ce qui a aussi réduit la capacité aux casseurs professionnels,
04:06mobilisés et politisés, d'intervenir aussi dans ce cadre-là.
04:10Mais du coup, les manifestations dans les centres-villes, Alain Bauer, c'est terminé ?
04:14Ça appartient au passé ?
04:15Vous avez pu noter que le tribunal administratif n'avait pas le même point de vue,
04:18que le Conseil d'État, à un horaire très avancé de la nuit,
04:21a décidé qu'il pouvait tenir la position de la préfecture de police.
04:29Il y a toujours beaucoup de parcours qui sont imaginés à la place de République Bastille-Nation.
04:34Il y a notamment d'Enfer-Rochereau, Invalide.
04:37Ça, c'est un vieux parcours.
04:38C'est un vieux parcours, mais il a existé.
04:40Il a cette capacité à pouvoir dire qu'il y a un précédent.
04:43La technique du précédent est très importante en droit administratif,
04:46et pas seulement administratif français.
04:49L'idée qu'on fasse défiler tout le monde sur le périphérique
04:51qui a traversé le cerveau des plus hauts responsables de l'État
04:56semble légèrement exagérée.
04:58Mais on a toujours ce débat compliqué entre le droit de manifester.
05:01Et d'ailleurs, je précise que les manifestations, en général,
05:04se sont plutôt bien passées du point de vue des manifestants
05:07ayant des revendications collégiens, lycéens, syndicalistes, etc.
05:10Mais ça, c'est lié aussi au médecin de l'ordre.
05:12Si ça s'est bien passé, c'est aussi parce que c'était calme.
05:14Oui, alors, au service d'ordre de la CGT, et pas seulement.
05:17Il y a un enjeu pour les organisations syndicales
05:21de garantir le droit de manifester
05:22en faisant en sorte qu'il n'y ait pas de casse ou pas trop de casse.
05:25Là, le vrai débat, il est quelle est la masse de manœuvres disponibles
05:29pour les casseurs pour casser et pour les pilleurs pour piller.
05:31C'est-à-dire deux autres populations qui surfent sur la manifestation,
05:35mais n'en sont pas directement parties.
05:38Alain Bauer, vous avez regardé un peu le trajet des maréchaux.
05:41Vous avez regardé quels étaient les endroits où…
05:43Parce qu'effectivement, Alice a raison,
05:45ça se passe bien du point de vue du cortège.
05:47Pourquoi ? Parce que les maréchaux, c'est encadré d'immeubles.
05:50C'est des anciens immeubles de l'Office HLM de Paris.
05:52Il y a très peu de commerces et il y a très peu de rues perpendiculaires aux maréchaux.
05:56Et elles sont toutes petites.
05:57Elles sont toutes petites, donc c'est facile à garder.
05:59Donc, du point de vue du cortège, ça se passe bien.
06:00En revanche, pour le rassemblement, c'est une catastrophe
06:03parce qu'il n'y a pas beaucoup de métros qui arrivent.
06:05Et puis, pour la dispersion, c'est une catastrophe.
06:07Ça n'arrive pas sur des grandes places.
06:08Est-ce que vous, vous avez regardé et repéré éventuellement
06:11autour des maréchaux des endroits qui seraient un peu plus cohérents ?
06:15Il n'y en a pas.
06:15C'est d'ailleurs pour ça que les maréchaux ont été choisis.
06:18Il y a une logique et même une intelligence dans la gestion des éléments.
06:22Vous savez, il y a eu le moment où on faisait tourner en rond à l'Arsenal, je crois.
06:26C'était en 1er mai.
06:28Je ne me rappelle plus la date exacte.
06:30Sauf qu'il y a la scène à proximité.
06:32Oui, mais il n'y a pas de bonne solution.
06:34Le processus des pays étrangers où on se rassemble et où on ne défile pas
06:38n'est pas la tradition nationale.
06:40Donc, de toute façon, on défilera toujours.
06:42Le champ de Mars, c'était le champ de Mars autrefois.
06:43Oui, il y a aussi.
06:44Mais la tradition nationale, elle est plutôt on défile, pas on se rassemble.
06:48La tradition des pays étrangers, c'est on se rassemble,
06:50ce qui n'empêche pas de temps en temps des affrontements un peu brutaux
06:53dans d'autres pays, à Bruxelles, particulièrement à cause de l'Union européenne.
06:58Voilà, là, ce sont des choix.
06:59Ils sont faits autour.
07:01Mais le maintien de l'ordre, il change tout le temps.
07:02Mais des choix justifiés, selon vous ?
07:04Nous pensons qu'il y a une sorte de moment du maintien de l'ordre qui n'aura jamais bougé.
07:07Il change tout le temps.
07:09Depuis 1921 jusqu'à nos jours, les doctrines, les théories, les tactiques du maintien de l'ordre
07:15ont évolué à chaque échec pour en faire autre chose.
07:19Et donc là, si justement on observe ce qui s'est passé hier,
07:22qu'est-ce qu'il y a de nouveau ?
07:23Qu'est-ce qui attire votre regard ?
07:25Beaucoup plus grande mobilité, meilleure coordination.
07:28Les deux salles de commandement de la préfecture de police ont enfin décidé de se parler l'une à l
07:31'autre.
07:32La DESPAP et la DECC.
07:33C'est une grosse vacherie ce qu'ils viennent dire pour la préfecture.
07:36C'est gentil.
07:36Si, parce que vous avez fait un constat tout à l'heure, vous êtes passé un peu vite,
07:39mais pour le décoder un peu, c'est que dans la journée du 17,
07:42on a toujours dit que c'était une mauvaise anticipation.
07:45Mais bien plus que l'anticipation, c'est une absence d'agilité dans la journée.
07:50Parce qu'en réalité, la préfecture n'a pas su déployer son deuxième service, la DESPAP,
07:55n'a pas su déployer les policiers pour aller au contact des magasins pillés.
07:59C'est ça que vous dites.
08:02Il y a donc une amélioration.
08:05Pour une fois que j'essaye d'être gentil...
08:06Oui, mais vous êtes aussi professeur, Alain Bauer.
08:09Si vous deviez noter le dispositif qui a été mis en place hier sur 10, ce serait quelle note ?
08:15Alors moi, je note sur 20.
08:16Alors sur 20.
08:17J'ai arrêté sur 10 et 14.
08:19Ah, donc il y a encore des choses perfectibles.
08:22Il y a toujours des choses perfectibles.
08:23La dispersion est un élément où Laurent a parfaitement raison.
08:26Parce que quand on fait un choix, il y a toujours un effet pervers au choix qu'on fait.
08:29Il n'y a pas de truc 100% magnifique.
08:32C'est vrai que ces dispersions n'ont pas échappé à la violence.
08:35Et puis, il y a cette image.
08:36Cette image qui a tourné, tourné sur les réseaux sociaux, qui a été vue par des millions de personnes.
08:41Et une enquête donc ouverte pour tentative d'homicide.
08:45Pourgé de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris.
08:48On va regarder l'image ensemble.
08:50On va la revoir et entendre juste derrière le témoignage très fort
08:54que nous avons recueilli de l'un des gendarmes blessés qui a reçu ce cocktail Molotov.
08:59Écoutez et regardez.
09:18Un incendiaire assez conséquent avec des flammes quand même hautes et persistantes
09:21tant au niveau du sol qu'au niveau des militaires.
09:24Parce que malheureusement, plusieurs ont été touchés, dont moi.
09:26Et la sensation de brûlure, elle est immédiate.
09:28Elle est intense et elle s'intensifie dans le temps parce qu'elle est durable.
09:32Parce qu'on n'arrive pas à l'arrêter.
09:34Et de par son contenu, elle est compliquée à faire cesser.
09:38Donc la brûlure, on a le temps de la sentir monter.
09:41On a le temps de sentir que l'équipement commence à être atteint.
09:43Et à sentir que la chair commence à piquer.
09:47Si ce n'est vraiment brûler.
09:49Ce que je vois de mes yeux, personne n'est capable d'identifier vraiment d'où vient précisément chaque projectile.
09:55Mais c'est une hostilité qui est clairement féroce.
09:58Puisqu'on a vraiment face à nous un boulevard rempli d'individus qui ne sont clairement pas du manifestant pacifique.
10:03Et qui nous prennent à partir de part et d'autre en frontale, sur les latéraux.
10:07Et y compris lorsque l'on prend de l'air et qu'on essaye de gagner de cet espace pour
10:10regagner une certaine distanciation avec eux.
10:12On est repris à partie quasi immédiatement.
10:15Et ça, on continue pendant de nombreuses et nombreuses minutes.
10:17Pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas vu arriver.
10:20C'est tout ce qui rend la chose encore plus vicieuse à traiter et d'essayer de s'en protéger.
10:25Je ne la vois pas pour deux raisons.
10:26La première, c'est qu'en commandant une unité, on ne peut pas voir les yeux partout.
10:30Et on garde surtout des yeux sur ces militaires et sur ces hommes pour les commander.
10:34Et la deuxième raison, c'est que la pluie étant incessante et nombreuse de différents types de projétiles,
10:40on n'a forcément pas l'œil sur tout ce qui arrive des angles morts ou de la 3D.
10:44Que pensez-vous de ce témoignage, Alain Bauer ?
10:47Laurent Nunez a évoqué une tentative de meurtre.
10:50Est-ce que vous êtes d'accord avec cette qualification ?
10:54Et qu'est-ce qui vous interpelle, vous, dans ce témoignage ?
10:56Les qualifications pénales, elles ne sont faites ni par le ministre intérieur ni par moi,
10:59mais par l'enquête qui va être ouverte et l'identification d'un auteur
11:04qui amènerait à une procédure qui le viserait pour.
11:07Des cocktails Molotov, il y en a depuis la guerre d'Espagne.
11:12C'est là où ils sont apparus.
11:14Donc, ce n'est pas la nouveauté de la semaine.
11:15Ce n'est pas un cocktail explosif comme je l'ai vu.
11:18On entend beaucoup de sons d'explosion, mais là, c'est un cocktail classique.
11:20Il n'y a pas de poudre dans le cocktail.
11:23Donc, on est dans le classique.
11:24A-t-il été envoyé délibérément pour toucher quelqu'un ou devant quelqu'un ?
11:28Personne n'en sait rien, mais j'espère que l'enquête le déterminera.
11:33Il faut savoir que, par exemple, les Black Blocs ou certains d'entre eux
11:35ont une pratique désormais beaucoup plus dangereuse
11:38qui est d'asperger de white spirit devant les forces de l'ordre.
11:42On ne sait pas très bien ce que c'est de l'eau, un produit inflammable.
11:45Puis ensuite, de jeter un coquelomotov.
11:46Et là, il y a tentative d'homicide au sens de la préparation et de la préméditation
11:51en vue de blesser ou de tuer quelqu'un.
11:54Maintenant, les gendarmes mobiles comme les CRS sont plutôt bien équipés.
11:59Un peu moins pour les CRS parce qu'il y a eu le démantèlement de l'unité médicale
12:03qui accompagnait les sections de CRS à la suite de la transformation des CRS.
12:06Il y avait toujours un médecin d'intervention, un médecin infirmier
12:09ou un infirmier d'intervention qui permettait de résoudre assez rapidement cette capacité,
12:14y compris d'envelopper avec des équipements qui permettent d'éteindre le feu assez rapidement.
12:20Mais ce n'est pas, hélas, la nouveauté de l'année après le vrai débat.
12:25Ce qui est frappant quand même, quand on entend ce gendarme,
12:28c'est l'intensité de la scène, l'absence de répit.
12:32C'est-à-dire qu'il n'a même pas le temps de voir l'arme venir sur lui.
12:35Il s'en rend compte parce qu'en fait, il sent la blessure.
12:37Oui, mais parce qu'elle lui arrive devant, parce qu'il est en train d'avoir la pluie,
12:41le mouvement, le commandement visiblement puisqu'il est un gradé.
12:45Mais les mêmes qui jettent des boules de pétanque sur les CRS ont les mêmes intentions.
12:50Celles de blesser ou de tuer.
12:53Ceux qui jettent des décheminées ou des morceaux de pavés énormes.
12:58Il a quand même 10 jours d'ITT, le CRS.
13:01Alors d'après le parquet, il y a trois suspects qui sont attirement recherchés.
13:04Comme les mille et quelques blessés policiers,
13:07il y en a quand même beaucoup qui sont plutôt gravement blessés que simplement blessés.
13:11Donc il y a une augmentation de l'intensité de la violence.
13:14Il y a plus de policiers blessés au cours de ces 15 derniers jours.
13:18C'est inédit, dit le ministre de l'Intérieur.
13:20Vous êtes d'accord ?
13:20En quantité et intensité, dans un temps aussi bref, absolument.
13:23Il n'y a pas d'antécédent, même durant la période gilet jaune qui a duré...
13:2728 samedi.
13:28Je rappelle les chiffres sur les forces de l'ordre.
13:31Il n'y a pas eu autant de blessés, aussi rapidement et aussi fortement.
13:35C'est beaucoup moins que le 17 octobre dernier.
13:38En même temps, ce n'est pas difficile.
13:391144 avaient été blessés le 17 octobre.
13:43267 samedi dernier.
13:44Et donc 116, évidemment, hier, forces de l'ordre blessées.
13:48Même si les chiffres sont en baisse.
13:50Est-ce qu'effectivement, vous diriez qu'il s'est passé quelque chose de particulier
13:54hier dans l'intensité des attaques contre les forces de l'ordre ?
13:58Ou non, malheureusement, c'est...
14:00L'effet de l'image est terrible.
14:03Il ne justifie rien.
14:04Mais je peux vous sortir, et d'ailleurs, vos propres archives,
14:06si vous demandez cocktail Molotov tombant sur des policiers ou des gendarmes,
14:09vous êtes capables de faire deux heures d'un...
14:11C'est comment ça s'appelle ? Ligne rouge ?
14:13Oui, mais parce que le ministre de l'Intérieur lui-même avait l'air quand même
14:16de vouloir insister sur ce point, sur l'intensité de la violence.
14:19Il a parlé d'une violence inouïe.
14:21Oui, mais tout est nouveau.
14:22Rien n'existait avant, pas grand-chose après.
14:25Heureusement qu'on est là.
14:25C'est de la communication.
14:26Oui, elle est très bien faite, d'ailleurs.
14:28Elle est très légitime, en plus.
14:29Je ne la critique même pas.
14:30Mais je dis simplement qu'on n'est pas obligé de tout oublier en permanence
14:34à partir d'un moment.
14:35Le moment de l'image est saisissant.
14:37Et il est utile de s'en servir pour montrer que...
14:41D'ailleurs, je demande souvent que des journalistes passent une heure
14:45avec un premier rang de CRS ou de gendarmes mobiles
14:47pour que les gens se rendent compte
14:49qu'à cab, ce n'est pas juste un mot en l'air,
14:52et ce n'est pas juste un slogan.
14:53Quand on dit ça et qu'on y va avec des boules de pétanque
14:57ou des cocktails Molotov,
14:58ou n'importe quel objet qui vise à blesser ou à tuer,
15:02on est responsable de ces actes.
15:04Ce n'est pas un slogan en l'air.
15:05Il y a une volonté.
15:07Et alors, quand en plus, il s'agit, dans ce cadre précis,
15:10d'une garde statique qui n'est pas en intervention,
15:14où il n'y a pas la moindre excuse ou hypothèse d'explication éventuelle
15:19du « je ne savais pas que c'était un policier, je lui ai tapé dessus ».
15:23C'est comme le gamin qui enflamme cette pauvre femme
15:27qui essaye de protéger un abri bourse.
15:29On cherche à trouver une excuse acceptable.
15:33Voilà.
15:34On est dans les mêmes là.
15:35Il y a une forme de préméditation,
15:36et il faut qu'elle soit punie comme une forme de préméditation.
15:38Sur ces casseurs de questions,
15:43comment expliquer qu'ils soient encore là systématiquement
15:46à chaque dispersion de manifestations ?
15:49Je vais vous poser la question dans un instant,
15:50mais d'abord un témoignage très fort qui a eu lieu il y a quelques instants sur ce plateau.
15:53C'est le maire de Marseille, Benoît Payan,
15:56qui clairement tire la sonnette d'alarme et dit
15:59« ça ne peut pas continuer comme ça encore tous les samedis ».
16:02On l'a senti quand même très atteint par ce qui s'était passé dans sa ville,
16:06hier encore, et lui, voilà ce qu'il demande
16:09pour davantage interpeller ces casseurs.
16:11Vous allez me dire si ça vous semble réaliste et faisable.
16:15En mouvement, ils vont vite, ils se déplacent.
16:17Un CRS, par nature, ça se déplace en compagnie,
16:20et donc il faut changer la doctrine, être plus rapide.
16:23Il faut interpeller.
16:24On ne peut pas les laisser dans la nature.
16:26Ce que je souhaite, c'est qu'il y ait un dispositif rapide,
16:30une intervention rapide, et qu'on ne les disperse pas, qu'on les attrape.
16:34On ne les disperse pas, on les attrape.
16:37Faisable ou pas ?
16:38Alors, il est arrivé que ça se fasse.
16:41Le préfet Lallemand, le directeur central des CRS,
16:44Clémane, avait réussi à sectionner les compagnies
16:48pour avoir des sections beaucoup plus rapides,
16:49beaucoup plus efficaces.
16:50Les Bravem sont nés de cette considération.
16:54En 93 et 95, il y avait même des unités mixtes,
16:57police judiciaire, sécurité publique, en civil,
17:00qui mettaient leur brassard police au dernier moment
17:02pour interpeller des casseurs en les isolant du reste de la manifestation,
17:06car vous ne pouvez pas nasser une manifestation.
17:08Monsieur le maire de Marseille,
17:10c'est le premier à protester contre le fait qu'on nasse une manifestation.
17:13Vous êtes sûr d'avoir des centaines de morts et de blessés par étouffement.
17:16Voilà.
17:17Donc, on connaît ça.
17:18Ça fait depuis 1970,
17:20c'est la manifestation dite de la place des quatre cultures.
17:23Voilà.
17:23On n'est pas obligé de recommencer systématiquement.
17:25Mais c'est vrai que retrouver des effectifs suffisants chez les CRS,
17:29retrouver suffisamment de sections pour pouvoir les rendre beaucoup plus mobiles,
17:33permettre justement une activité beaucoup plus rapide de déplacement
17:36et isoler des groupes, des petits groupes,
17:39en évitant de prendre la manifestation en otage,
17:42sont des éléments qui ont déjà été utilisés,
17:45qui ont permis justement la fin de gestion des affaires de Gilets jaunes
17:48en réduisant considérablement le nombre des blessés de part et d'autre.
17:52Donc, c'est quelque chose auquel il faudrait réfléchir ?
17:55Il a raison de poser le sujet ?
17:56Et surtout qu'il faudrait que tout le monde se rappelle de comment ça marchait avant.
17:59Et pourquoi on ne le fait plus ?
18:00Une sorte d'amnésie générale a, semble-t-il,
18:03atteint une partie des services de l'État.
18:05Ou un problème de moyens ?
18:07D'abord, quand vous avez beaucoup moins de CRS,
18:09beaucoup moins de sections, beaucoup moins de compagnies,
18:10à un moment, vous n'avez plus de moyens.
18:12C'est comme ça que ça marche.
18:13Et ça, ce sont des effets purement comptables,
18:15de moments de délire berciens sur
18:18on n'a plus besoin de forces de sécurité
18:21parce que tout va bien
18:22et les bisounours se rugue en bas dans la luzerne.
18:24C'est un choix.
18:25Il ne date pas d'hier.
18:27Ce n'est pas la faute de ce gouvernement.
18:28Ça fait 20 ans que ce choix a été fait
18:30et que personne n'a inversé le processus.
18:34On a pris conscience d'un certain nombre de choses
18:36après les attentats de 2015-2016,
18:40notamment après Nice.
18:41Je pense que le moment est venu
18:43de remettre une nouvelle fois sur la table
18:45ce que, je le répète, le préfet Lallemand
18:48ou l'ancien directeur central des services,
18:51Philippe Clémane, le préfet Clémane,
18:52avait réussi à mettre en place
18:53ce qui avait permis de sortir
18:54du point de vue du maintien de l'ordre.
18:56Donc faire un petit reset, une petite remise à jour.
18:59Un mouvement social accouche d'une génération politique,
19:01d'une avant-garde radicale
19:03et d'une réponse autoritaire
19:05qui ne suffit pas à répondre au problème.
19:08Oui, et vous vous dites de toute façon...
19:09Parce que pour régler le problème des 24 prochains samedis,
19:11pour reprendre l'action des 28,
19:13pour répondre à la question,
19:14pas éluder la question.
19:16Parce que s'il y a autant de gens
19:17qui continuent à manifester,
19:18y compris dans des manifestations non autorisées
19:20et qui ne cassent pas toujours grand-chose,
19:22c'est parce qu'il n'y a toujours pas
19:23de réponse ni politique ni sociale.
19:25Mais on va en parler.
19:27Évidemment, je sais,
19:27parce que je vous ai entendu le dire,
19:29vous avez dit,
19:30ça passera forcément par là.
19:31Mais restons quand même encore
19:33sur ces casseurs
19:34dont on n'arrive pas à empêcher la présence
19:37au moment de la dispersion des manifestations.
19:39Oui, mais Alice,
19:40parce qu'on demande au CRS,
19:41regardez, on les voit là,
19:42on leur demande trois choses.
19:43On leur demande d'être là,
19:46de bloquer la...
19:47de faire du maintien de l'ordre,
19:48de bloquer...
19:49d'empêcher la foule
19:50d'aller dans des endroits
19:51où on ne veut pas qu'elle aille.
19:52Ça, c'est le maintien de l'ordre.
19:53C'est pour ça qu'ils sont lourds.
19:55Ils sont équipés pour être protégés.
19:57Et heureusement qu'il avait
19:58sa combinaison unifugée
19:59parce que vous et moi
20:01avec ce cocktail Molotov,
20:02on est grillé.
20:04Donc, on leur demande
20:05de faire du maintien de l'ordre.
20:06C'est ce qu'ils font très bien.
20:07On leur demande ensuite
20:08d'aller interpeller des gens.
20:10Alors ça,
20:10ils commencent à le faire moins bien.
20:12D'abord parce qu'ils courent moins vite,
20:14les CRS,
20:14comme ils sont équipés.
20:16Et en plus,
20:16on leur demande une troisième chose,
20:18c'est qu'on leur demande,
20:19quand ils arrêtent les gens,
20:20d'être capables de fournir
20:21un dossier à la justice
20:22pour expliquer
20:23qu'à l'issue de la garde à vue,
20:25il faut les condamner.
20:26Donc, les CRS
20:27et les gendarmes mobiles,
20:28ils ne sont pas faits pour ça.
20:30D'ailleurs,
20:30ce qui plaide pour le fait
20:31que ça ne soit pas
20:32un bon lieu de dispersion hier,
20:34c'est qu'ils n'ont pas été arrêtés,
20:36les trois suspects.
20:38Parce que dans un monde normal,
20:39quelqu'un qui jette
20:40un cocktail Molotov à Paris,
20:42il n'y en a pas eu 36
20:43des cocktails Molotov hier.
20:44Il y a dû y avoir un ou deux,
20:45c'est tout.
20:46Je crois deux.
20:48Il faudrait qu'ils soient arrêtés
20:49dans la seconde,
20:50ou en tout cas sur le champ.
20:51Et ça n'a pas été le cas.
20:52Mais donc,
20:52c'est une mission...
20:53Ça n'a pas été le cas
20:53parce que ce n'est pas un bon endroit
20:54de dispersion de la police.
20:55C'est une mission impossible.
20:57Et ça, c'est une mission impossible.
20:58C'est pour ça que le préfet Lallemand
20:59a créé les braves M.
21:01Parce que les braves M,
21:02eux, ils sont mobiles.
21:03Ils sont capables d'aller arrêter
21:05et de faire une procédure.
21:06Ce sont eux, Alain Bauer,
21:07qui pourraient faire précisément
21:09ce que demande ce soir
21:10le maire de Payan.
21:12Arrêtez la dispersion.
21:13Le maire de Marseille.
21:14Le maire de Marseille, pardon.
21:15Arrêtez la dispersion.
21:16Allez les...
21:17C'était pour voir si vous suiviez.
21:18Arrêtez la dispersion.
21:19Allez les chercher.
21:20Ça, c'est la braves M
21:21qui serait susceptible.
21:22Le préfet Lallemand
21:23avait proposé
21:23qu'il y ait des braves M
21:24dans toute la France
21:25et dans toutes les grandes villes.
21:26Je me rappelle de cette proposition.
21:28Parce qu'il n'y en a pas
21:28à Marseille en audience.
21:29Il se trouve qu'il y a eu un moment,
21:30en 86 avec le préfet Paolini
21:31et l'inspecteur général Berlioz,
21:33en 68 avec le préfet Grimaud,
21:36au moment des Gilets jaunes,
21:37en partie 2019 et pas 2018,
21:40avec le préfet Lallemand
21:42et le directeur central Clément,
21:44de revisite.
21:45Mais ceci n'a pas été fait,
21:46par exemple,
21:47après les émeutes
21:48les plus importantes,
21:49celles qui ont restructuré
21:50ce que nous sommes en train de vivre,
21:51c'est celle de 2023.
21:53Ce que j'appelle
21:54la génération Naël,
21:55que tout le monde a totalement zappé
21:56comme si ça n'avait jamais existé.
21:58Et il y a eu à l'époque,
22:00je le rappelle,
22:0210 jours d'émeutes,
22:031 milliard d'euros de dégâts
22:05et selon le rapport du Sénat
22:07qui est plutôt bien fait,
22:0850 000 émeutiers.
22:09Et il dit émeutiers,
22:10pas manifestants.
22:11Parce que c'était des émeutes
22:12au sens de l'insurrection.
22:13Et donc,
22:13il n'y a jamais eu de rétex
22:14sur cette affaire,
22:15ce qu'on appelle
22:16un retour d'expérience.
22:17Il n'y a jamais eu
22:17d'effet de remobilisation.
22:19Tout le monde s'est dit
22:19chouette, c'est fini,
22:21oublions,
22:21de la même manière
22:22après les Gilets jaunes.
22:23Ce qui avait été mis en place
22:25a été relativement oublié
22:26le 17 octobre
22:28par sous-estimation,
22:29pas par mauvaise compréhension,
22:31par sous-estimation
22:31et arrivée de la génération
22:33de pillards.
22:34Mais tous ces phénomènes-là
22:35se cumulent
22:36et modifient.
22:37Chaque mouvement social
22:39change un peu,
22:40beaucoup.
22:42Et hélas,
22:43la doctrine policière
22:44est toujours en retard
22:45du mouvement.
22:45Ensuite,
22:46elle s'adapte,
22:47ce qui était le cas
22:47le 17 et le 24.
22:48Et après,
22:49on va peut-être faire
22:50ce qu'on n'a pas fait
22:51dans l'épisode précédent,
22:52un moment de dire
22:53comment on change
22:54les tactiques
22:55ou la doctrine.
22:56Mais qu'est-ce qu'on peut
22:56concrètement changer
22:57d'ici le 5 novembre,
22:58par exemple ?
23:00Déjà,
23:01le renseignement
23:01qui recommence
23:03à fonctionner
23:03parce que le renseignement
23:06a totalement changé
23:07après les attentats
23:08de 2015-2016
23:09où on a commencé
23:09à faire de l'anticipation
23:11et des trucs proactifs
23:12pour éviter d'arrêter
23:13les auteurs d'attentats
23:14pour faire en sorte
23:15qu'il n'y ait pas d'attentats,
23:15ce qui est quand même mieux.
23:17Cinq opérations avant Nice
23:182016-60 depuis,
23:20donc on peut dire
23:20que tout le monde a compris.
23:22Mais pour ça,
23:22il a fallu créer une école
23:23d'analyse du renseignement,
23:24il a fallu recruter
23:25des analyses du renseignement,
23:26il a fallu les intégrer
23:27dans l'ensemble
23:27de la communauté du renseignement
23:29et ça a été très bien fait.
23:30La question qui est posée
23:32aujourd'hui,
23:32c'est à quel moment
23:33on décide de revisiter
23:34entièrement le renseignement
23:36territorial sur son domaine
23:37social ?
23:38On lui a expliqué
23:39que le social et le politique,
23:40c'était gros son nom
23:41de la même chose
23:41et qu'il fallait arrêter
23:42de faire du renseignement
23:43de terrain.
23:44Or, le renseignement
23:44de terrain continue à exister,
23:46mais il a du mal
23:47à être analysé,
23:48globalisé et anticipé,
23:51y compris à cause
23:52des réseaux sociaux.
23:52Concrètement,
23:53comment ?
23:53Qu'est-ce qu'on fait
23:54quand on fait du renseignement
23:55de terrain ?
23:55Ça passe comment ?
23:56Par exemple,
23:56si on devait faire
23:57du renseignement de terrain...
23:58C'est certainement pas
23:58ce que je vais expliquer
24:00ici avec vous.
24:01Dans les grandes lignes,
24:02non ?
24:02Renseigner, c'est écouter.
24:04Ok, on écoute.
24:05Ensuite, c'est éviter
24:06de compiler pour analyser
24:08et puis hiérarchiser
24:09et ensuite avoir une hiérarchie
24:10qui ne passe pas son temps
24:11à expliquer que tout va bien
24:12Madame la Marquise
24:13pour éviter de choquer
24:14le responsable politique
24:15qui est sûr
24:16qu'il a bien fait
24:17de faire ce qu'il a fait.
24:18Qui en général
24:19est un peu sourd.
24:23Donc on n'a pas assez écouté.
24:24Ça et d'être très aimé.
24:26Est-ce que vous diriez
24:27encore ce soir
24:27que finalement
24:28la journée la plus inquiétante
24:31c'est celle du 5 novembre ?
24:32C'est celle qu'il va falloir...
24:34Non mais c'est ce que vous disiez
24:35il y a quelques jours
24:35sur ce plateau.
24:36La pédagogie étant l'art
24:37de la répétition,
24:38je vais me répéter
24:38oui, le 5 novembre
24:40me paraît le moment
24:40le plus inquiétant
24:41à cause de la masse
24:41de manœuvres sociales
24:43considérables
24:44liées à la conjonction
24:45non pas des luttes
24:46mais des colères
24:47et des rages
24:48qui existent en ce pays.
24:49Je répète,
24:49tous les samedis
24:50je rencontre
24:50des centaines de personnes
24:51dont j'entends essentiellement
24:53qui ont toutes les opinions
24:54politiques les plus diverses
24:55et qui me disent
24:56deux choses
24:56qui sont assez curieuses.
24:58Un, toutes les revendications
24:59sont légitimes
25:00et nous les comprenons toutes.
25:01Personne ne me dit
25:02que les collégiens
25:03et les lycéens ont tort.
25:04Personne.
25:04Tout le monde me dit
25:05que la casse c'est pas bien
25:06mais tout le monde me dit
25:06que la colère est légitime.
25:08Toutes les catégories sociales.
25:09Il n'y en a pas une
25:13la vie est belle
25:13et tout va bien.
25:14Ça n'existe pas.
25:15Et deuxièmement,
25:16un moment particulier
25:17c'est que cette masse-là
25:18même entourée
25:20par un service d'ordre
25:21aussi efficace
25:21celui de la CGT
25:22et les autres organisations syndicales
25:24qui ont un peu de pratique
25:25et là
25:25ne sont pas en mesure
25:27dans une situation
25:28aussi compliquée
25:29de gérer
25:30à la fois
25:31le retour
25:32des casseurs
25:33venus
25:33non seulement de la France
25:35mais de toute l'Europe
25:35qui va se dire
25:36c'est le jour où il faut
25:37le côté paroxystique
25:38et l'incapacité
25:40du gouvernement
25:41à proposer
25:41n'importe quoi
25:43qui ressemble à quelque chose
25:44des états généraux
25:45un Grenelle
25:46n'importe quoi
25:47qui ressemble à quelque chose
25:48toute la politique
25:50du gouvernement
25:50est de répondre
25:51avec trois semaines
25:51de retard
25:52et donc d'attendre
25:53qu'il y ait le feu
25:54à toute la plaine
25:54alors qu'il y avait
25:55un petit commencement
25:56je rappelle que ça a commencé
25:58à Mayotte
25:58que ça s'est étendu
26:00à Cayenne
26:02avant d'arriver ici
26:04et
26:04c'est quand même
26:06un truc
26:06ce que vous dites
26:07c'est que pour l'instant
26:08au-delà des annonces
26:09qui ont été faites
26:09quand même pour les lycéens
26:10la réponse du gouvernement
26:12n'est que sur le plan sécuritaire
26:13entre ordre et désordre
26:15c'est ça en fait
26:16c'est la seule chose
26:16qu'ils aient sous la main
26:17puisqu'en même temps
26:18qu'ils font des promesses
26:19ils expliquent
26:19qu'ils n'ont pas le budget
26:20qu'il n'y a pas l'argent
26:22ce qui est vrai
26:22de ce point de vue là
26:23il y a une forme d'honnêteté
26:24mais que quand même
26:25on promet
26:25en expliquant que
26:26de toute façon
26:27le budget ne va pas pouvoir être voté
26:28qu'on ne va même pas pouvoir jouer
26:30avec les ordonnances
26:31puisque les promesses
26:32sont contraires
26:33au budget initial
26:34donc l'ordonnance
26:34ça ne va pas marcher
26:35sauf à mentir doublement
26:37et à exacerber la colère
26:39et que par ailleurs
26:40il n'y a pas de majorité
26:41à l'Assemblée
26:41parce que je rappelle
26:42que sur le projet de financement
26:43de la Sécurité sociale
26:43il y a eu un député
26:44de la majorité
26:45qui a voté pour
26:46un, je le salue d'ailleurs
26:48député modèle
26:48et que tous les autres
26:49ont voté contre
26:50ou se sont abstenus
26:51c'est peut-être la dimension
26:52d'ailleurs inédite
26:53de cette crise
26:54c'est l'absence
26:55de réponses
26:56de solutions politiques
26:58juste sur le 5 novembre
26:59vous dites
27:00oui il y a une grande inquiétude
27:01parce qu'il y a cette convergence
27:02des luttes
27:03non
27:04des colères
27:05des colères
27:06pour qu'il y ait une convergence
27:07des luttes
27:07il faudrait que tout le monde
27:07soit à peu près d'accord
27:08c'est pas la même chose
27:09on peut être très en colère
27:10et d'accord sur rien
27:11avec le voisin
27:12oui mais si on est en colère
27:13et qu'on va dans la rue
27:14c'est qu'on commence une lutte
27:16non
27:16mais ça ne converge pas
27:17c'est pas
27:19un débat sur la politique
27:21non mais ce que je veux dire
27:22c'est que
27:22est-ce qu'il faudrait du coup
27:23s'il y a
27:24enfin je veux dire
27:25si vous étiez à la place
27:26du gouvernement
27:27ou consulté par le gouvernement
27:30le maintien de l'ordre samedi
27:32c'est-à-dire hier
27:32il faut le reproduire
27:34pour le 5 novembre
27:34avec un peu plus
27:35de renseignements territoriales
27:37avec un peu plus
27:37de renseignements tout court
27:38non il faut le réadapter
27:39pour le 5 novembre
27:40le maintien de l'ordre
27:41c'est pas du copier-coller
27:42d'une fois sur l'autre
27:43alors comment faut-il
27:43le réadapter
27:44le réajuster
27:45qu'est-ce qu'il faut faire
27:46de différent
27:46de ce qui s'est passé
27:47ce qui a mal marché
27:48là c'est plutôt
27:49la dispersion
27:50voilà
27:51ce qui a été inattendu
27:52les 10 000 manifestants
27:53à Marseille
27:54sur une manifestation
27:56non déclarée
27:57alors quand je dis inattendu
27:58c'est pas qu'on ne savait pas
27:59qu'il y aurait une manifestation
27:59à Marseille
28:00je ne suis pas sûr
28:00qu'ils aient anticipé
28:01le nombre de manifestants
28:02à Marseille
28:02et l'ampleur
28:03moi je comprends bien
28:04ce que dit
28:05M. Payan
28:06mais ce que dit M. Payan
28:07correspond aussi
28:08à la sociologie
28:08très particulière
28:09de Marseille
28:10qu'il connaît
28:11beaucoup mieux que moi
28:11donc voilà
28:12et de se dire
28:13peut-être que la proposition
28:14qui avait été faite
28:16par le duo
28:17l'allemand-Clémane
28:19sur la remobilité
28:20la remobilitisation
28:23des forces
28:23de maintien de l'ordre
28:25notamment des forces
28:26les plus expérimentées
28:26les plus aguerries
28:27redonner une section supplémentaire
28:29redonner des compagnies
28:31supplémentaires
28:31retrouver le dispositif
28:33qui avait très bien marché
28:34sur la fin des Gilets jaunes
28:35nécessite d'être
28:36entièrement revisité
28:38et ça ce sont des modifications
28:40qui nécessitent
28:40des effectifs
28:41quand vous n'avez pas
28:42100 CRS
28:43ni 80
28:44mais 50
28:44plus les
28:45et j'enlève les blessés
28:47que vous ne remettez pas
28:48sur le terrain
28:483 minutes après
28:49surtout
28:49surtout ceux qui ont pris
28:5110 jours d'ITT
28:52vous vous rendez bien compte
28:53que la question
28:54a changé de nature
28:55quand on n'avait plus
28:56les moyens de
28:57les changements tactiques
28:58c'est bien
28:59mais ça ne suffit pas
29:01donc on adapte
29:01on réajuste
29:02sans trop dire d'ailleurs
29:03ce qu'on va faire
29:04on le dit après
29:05on le dit après
29:06Thiriano
29:06on parle du 5 novembre
29:08mais c'est une semaine à Auris
29:09parce qu'il n'y a pas
29:10que le 5 novembre
29:11ça commence dès demain
29:12avec les blocages potentiels
29:14des lycées
29:15et puis il y a les Gilets jaunes
29:16aussi qui veulent poursuivre
29:17la journée du 5 novembre
29:18exactement
29:19et donc cette mobilisation
29:20étudiante
29:21elle va commencer demain
29:22elle va surtout
29:22commencer à s'étendre
29:23de manière encore plus importante
29:25à partir de mardi
29:26va s'y ajouter
29:27la mobilisation
29:28des Gilets jaunes
29:29effectivement
29:30et donc
29:31on ne parle plus seulement
29:32d'une journée de mobilisation
29:34on parle d'une mobilisation
29:35qui monte
29:35et qui risque de devenir
29:37constante
29:37effectivement
29:38et pas seulement
29:40se produire
29:41à l'occasion
29:42d'une manifestation
29:42et ça ajoute évidemment
29:43à la difficulté
29:45de tous
29:45les dispositifs
29:47dont on est en train de parler
29:48parce qu'il ne s'agit plus seulement
29:49désormais
29:49de se préparer
29:50pour un grand rassemblement
29:52et tous les problèmes
29:53qu'il peut poser
29:53le 5 novembre
29:54mais d'être prêt
29:55dès demain
29:56pour une multitude
29:57d'incidents
29:58dans une multitude
29:59d'endroits
29:59et 75%
30:00des effectifs
30:01qui étaient mobilisés hier
30:02combien de temps
30:03ça peut tenir ?
30:04on parle beaucoup
30:05Alain Boureur
30:05de la fatigue
30:06de l'épuisement
30:07des forces de l'ordre
30:08sans savoir vraiment
30:09ce que ça représente
30:10et surtout
30:11quelles conséquences
30:12ça peut avoir
30:12combien de temps
30:13il peut tenir
30:14ce dispositif
30:1475% des effectifs
30:16il a tenu
30:1824 ou 23 semaines
30:1928 samedis
30:2128 samedis
30:22de gilets
30:22c'était que les samedis
30:23le problème est celui-là
30:25donc d'abord
30:26c'était que les samedis
30:27là il n'y a pas
30:27que les samedis
30:29ensuite
30:29c'est un vrai sujet
30:30les gilets jaunes
30:31il n'y a pas de collégiens
30:31pas de lycéens
30:32pardon
30:32c'est un vrai sujet
30:33tous les jours
30:34l'épuisement des effectifs
30:35c'est un vrai sujet
30:36vous avez un très bon papier
30:37de Jean-Marc Leclerc
30:38dans le Figaro
30:40qui est un très bon connaisseur
30:41de l'intimité
30:43des forces de l'ordre
30:45et qui en donne le jeu
30:45et puis le nombre de blessés
30:46qui est inédit
30:48autant
30:48aussi vite
30:50et d'une manière
30:51parfois aussi grave
30:52blessures qui sont
30:53à la fois physiques
30:54mais aussi beaucoup
30:55de problèmes psychologiques
30:57par rapport à la manière
30:58dont ils sont confrontés
30:59y compris à des gens
31:00très jeunes
31:02dont certains pourraient être
31:04ou même sont leurs enfants
31:05et il y a ceux qui parlent
31:07des violences
31:07contre les policiers
31:08contre les forces de l'ordre
31:09et il y a ceux qui parlent aussi
31:10des violences
31:11en direction des manifestants
31:13qu'est-ce que vous dites
31:15et qu'est-ce que vous répondez
31:16à ceux qui disent
31:17qu'il y a une répression
31:19qui est en cours
31:20au moment de ces manifestations
31:21on parle de manifestants mutilés
31:24certains vont même
31:24jusqu'à parler de yeux
31:26arrachés
31:27on voit bien
31:27qu'il y a deux discours
31:29deux violences
31:30que certains veulent opposer
31:32est-ce que c'est aussi
31:32une réalité ?
31:34Vous ne pouvez pas nier
31:35que le lycéen
31:36qui a reçu un LBD
31:38quasiment à bout portant
31:39dans la figure
31:39ceux qui reçoivent
31:40qui sont inucléés
31:42parce que quelqu'un
31:43un beau matin
31:44a décidé de changer
31:44le format des balles
31:46de LBD
31:46qui jusqu'à présent
31:48vous fracassaient
31:49l'arcade sous-friglière
31:50et qui maintenant
31:51vous mutile
31:52voilà
31:53ceux qui ramassent des grenades
31:54et qui les renvoient
31:55je dois dire que là
31:57la violence des forces de l'ordre
31:58est un sujet
31:59qui peut être revisité
32:01moi-même
32:01j'explique depuis longtemps
32:02que la grenade
32:03de désencerclement
32:04je précise bien
32:04n'a rien à faire
32:05dans le maintien de l'ordre
32:06parce que c'est une arme de guerre
32:07enregistrée comme une arme de guerre
32:08et que personne n'utilise
32:09la quasi-totalité
32:11des autres forces européennes
32:13de gestion
32:14du maintien de l'ordre
32:15qu'on appelle
32:15gestion démocratique des foules
32:16parce que c'est plus joli
32:17mais ça veut dire la même chose
32:19n'utilise pas les mêmes armements
32:21que les équipements français
32:22et en même temps
32:23leur relation avec l'état central
32:24n'a rien à voir
32:25avec la violence
32:26de nos mille ans de jacquerie
32:28avec un état
32:29qui ne négocie
32:30que quand c'est sérieux
32:31et c'est sérieux
32:32quand ça casse
32:33et si ça casse pas
32:33c'est que c'est pas sérieux
32:34c'est son drame
32:35d'ailleurs
32:36et c'est aussi le drame
32:37des manifestants blessés
32:38donc il y a des blessés
32:39par les manifestants
32:40ils le sont parfois
32:41par des policiers
32:43qui soit sont inexpérimentés
32:45soit ne savent pas se servir
32:46de leur équipement
32:47et ça a été beaucoup le cas
32:48les amateurs d'un manif
32:49et les amateurs du mouvement
32:50du maintien de l'ordre
32:51ça fait toujours
32:51beaucoup de blessés
32:52et c'est pour ça
32:53d'ailleurs que je suis partisan
32:54d'une remobilisation
32:55et d'une reprofessionnalisation
32:58du maintien de l'ordre
32:59avec une plus grande mobilité
33:00et donc une plus grande capacité
33:01de se retenir
33:02de se contraindre
33:04d'utiliser des équipements
33:06pour l'insurrection
33:06quand il y a une insurrection
33:07et pas quand il y a une manifestation
33:08donc ça c'est intéressant
33:09vous pensez qu'il faut travailler
33:10sur la mobilité
33:11sur l'équipement
33:12et du coup
33:13et la formation
33:14et faire en sorte
33:15que ces armes soient
33:16de fait
33:17beaucoup moins utilisées
33:19il y a des images
33:20qui ont interpellé
33:21alors pour le coup
33:22ça ne s'est pas passé hier
33:23mais samedi dernier
33:24mais ça a beaucoup fait réagir
33:25cette semaine
33:26il y a des gestes
33:27des forces de l'ordre
33:28qui interpellent
33:29notamment ce qui s'est passé
33:30du côté de Rouen
33:31on voit donc un policier
33:32qui utilise une grenade
33:34alors vous me direz
33:36si vous savez de quel type
33:37de grenade il s'agit
33:38au moment où on aperçoit
33:40donc cette mère de famille
33:41qui passe avec ses trois enfants
33:43on voit ici l'arme
33:44et on va voir peut-être
33:45l'image au ralenti
33:47voilà
33:48cette mère passe
33:49avec ses trois enfants
33:50d'ailleurs je précise
33:51qu'elle a porté plainte
33:52contre X
33:53il a été interrogé hier
33:54le ministre de l'Intérieur
33:55au sujet de ces images
33:56qui ont suscité
33:57beaucoup de réactions
33:58et ce qu'il dit
33:59Laurent Nunez
34:00c'est que
34:00ce qu'il ne faut pas
34:01prendre en compte
34:02en fait
34:02ce sont les conséquences
34:04du geste
34:04mais plutôt les conditions
34:05dans lesquelles
34:07l'arme
34:08est utilisée
34:10vous comprenez
34:11que ça interroge
34:12ces propos ?
34:13alors comme toujours
34:14le problème des images
34:14c'est qu'on ne voit pas
34:15ce qui se passe avant
34:16et difficilement
34:16ce qui se passe après
34:17donc je suis toujours
34:18très prudent
34:18je me rappelle
34:19d'une infirmière
34:21violemment bousculée
34:22dans un hôpital
34:23par un policier
34:24qui avait créé un émoi
34:25jusqu'au moment
34:25où on a eu les images
34:26d'avant
34:27où elle-même
34:27agressait les policiers
34:29je ne veux pas dire
34:30que ça explique tout
34:31mais il faut toujours
34:32faire très attention
34:32aux extraits d'images
34:34mais est-ce que la présence
34:35d'enfants
34:35ne doit pas exclure
34:36totalement l'utilisation
34:37de ces armes ?
34:38c'est mon point de vue
34:38c'est ce que j'essaye
34:39de vous expliquer
34:40je pense qu'il n'y a pas
34:41lieu
34:41maintenant
34:42était-elle visée elle-même
34:43est-ce qu'il y a quelqu'un
34:44derrière elle
34:44qui lui-même était en train
34:46d'envoyer des projectiles
34:46vous comprenez ce que je veux dire
34:48moi j'aime bien avoir
34:49la vue d'ensemble
34:49et ça m'évite
34:50de raconter
34:52plus de bêtises
34:53que nécessaire
34:53mais en la matière
34:54le policier ne paraît pas
34:55en danger
34:56non non
34:56je suis tout à fait d'accord
34:57non mais
34:58je ne sais pas
34:58ce qui se passe derrière
34:59la mère de famille
35:00ni à côté
35:00ni ce qui s'est passé
35:0130 secondes avant
35:02donc sur cette image-là
35:04vue comme ça
35:05rien n'explique
35:05le geste du policier
35:06donc il devrait être sanctionné
35:08maintenant s'il y a
35:08d'autres éléments
35:10voilà
35:10il y a plusieurs types
35:11de grenades
35:11vous vous dites
35:12les grenades de désencerclement
35:14il ne faut pas
35:14qu'elles soient
35:15et les autres
35:16ce sont des grenades
35:17grenades lacrymogènes
35:18mais dont votre collègue
35:20Maxime Switek
35:21on était tous ensemble
35:22oui il a expliqué
35:24d'abord il a senti
35:25le lacrymo pendant 8 jours
35:26donc au moins il sait ce que c'est
35:27mais surtout il se rend compte
35:29que c'est une grenade
35:29qui explose
35:30c'est pas juste
35:31elle ne projette pas
35:32que de la fumée
35:32elle projette des petits picots
35:344, 6, 8
35:35ça dépend de la grenade
35:36et donc ça peut faire très mal
35:38si vous prenez une grenade
35:39lacrymogène
35:40qui n'a pas encore explosé
35:41et que vous la mettez
35:41dans votre main
35:42vous n'avez plus de main
35:42pour les très graves blessures
35:44à la main
35:44qu'on a constaté
35:45ces derniers samedis
35:46ça peut être de la
35:47oui c'est ça
35:48ça peut être de la lacrymo
35:49de la lacrymo
35:50de 4 ou 5 catégories
35:51ça dépend de l'équipement
35:53non non
35:54et ça peut être de l'assourdissante
35:55parce que la nouvelle grenade
35:57assourdissante
35:57qui a remplacé la précédente
35:59qui elle-même faisait
36:00beaucoup de dégâts
36:01parce qu'elle avait
36:01du TNT à l'intérieur
36:03parce que là aussi
36:04ces grenades
36:04elles explosent
36:06la manière dont une grenade
36:07fonctionne
36:07c'est qu'elle explose
36:09elle projette
36:10des éléments en plastique
36:114, 6, 8, 10, 12, 18
36:14et là vous la prenez
36:16avant qu'elle explose
36:17et elle vous explose
36:18dans la main
36:18vous n'avez plus de main
36:19mais donc il n'y a pas
36:19d'alternative
36:20est-ce qu'il n'y a pas
36:21d'alternative ?
36:23ne jamais ramasser
36:24une grenade
36:25jamais
36:26jamais
36:27voilà
36:27parce que même
36:28les policiers
36:28et les gendarmes
36:29eux-mêmes se blessent
36:30avec des grenades
36:31qui explosent trop vite
36:32qui tombent
36:33et qui
36:33c'est très dangereux
36:35voilà
36:35premièrement
36:36deuxièmement
36:37la France utilise
36:38massivement
36:39ses équipements
36:40alors que d'autres
36:40utilisent plutôt l'eau
36:42l'eau colorée
36:43etc
36:43c'est un choix
36:44qui a été fait
36:45il y a très longtemps
36:45lié à la fois
36:46à la nature très violente
36:47de certaines manifestations
36:49voilà
36:49et puis l'idée
36:50vous avez vu
36:50on a
36:52robocopisé
36:52nos policiers
36:53et nos gendarmes
36:54parce que ça correspond aussi
36:55à l'état de violence
36:56qui peut exister
36:58sur le sujet inverse
36:59les mille policiers blessés
37:01ne l'ont pas été
37:02en trébuchant
37:02dans un escalier
37:03donc il y a un sujet
37:04sur la violence
37:05en manifestation
37:06en France
37:06mais qui est un très ancien sujet
37:08et on ne sait pas
37:09comment pratiquer
37:10la désescalade
37:11en fait
37:11dès qu'on désescalade
37:13du tir à vue
37:13et dans le tas
37:14ce qui était le cas
37:15jusqu'à 1907
37:16puis 1921
37:17on se rend compte
37:18que la désescalade
37:19produit de la désinhibition
37:20c'est très étrange
37:21mais c'est comme ça
37:22on a des armes
37:23moins létales
37:24ça veut dire
37:24qu'elles ne le sont pas
37:25mais du coup
37:25on les utilise
37:26plus souvent
37:27il y a un débat
37:28très important
37:28qui n'a pas été réalisé
37:28il n'y a pas d'intermédiaire
37:29en fait
37:30il n'y a pas de solution
37:31si
37:31les autres pays
37:32l'ont trouvé
37:33mais il faut être deux
37:34les manifestants
37:35et le maintien de l'ordre
37:36doivent au moins
37:37être d'accord
37:37sur le niveau
37:39de violence
37:40acceptable
37:41dans le système
37:42jusqu'à 1979
37:43et la grande manifestation
37:44des sidérurgistes
37:45à Paris
37:46il y avait plutôt
37:47un tournoi
37:48un duel
37:48une sorte de
37:49chacun montrait ses muscles
37:50on était
37:51voilà
37:51et puis il y a un moment
37:52où un policier tout seul
37:53a été isolé
37:54devant son commissariat
37:55qui était barricadé
37:56a sorti son arme
37:57cette image
37:58fait la une
37:58de l'IB
37:59de l'époque
38:00et qui montre
38:01un moment de bascule
38:02où il faut que le serviseur
38:04de la CGT intervienne
38:05pour le sauver
38:06de gens
38:07qui sont prêts
38:08à le lyncher
38:09vous voyez ce que je veux dire
38:09il y a un moment
38:10où vous avez l'effet de foule
38:11j'ai ressorti
38:13le lebon
38:14sur la psychologie des foules
38:15il y en a Anne Freud
38:16qui est très bien aussi
38:17on se rend compte
38:18à quel point
38:18la foule
38:19quand elle est
38:20dans un mouvement
38:21comme ça
38:22même si aucun des membres
38:23présents n'a envie de tuer
38:24elle a le goût du sang
38:25et l'instinct de mort
38:26comme disait Mérine
38:27ça me fait penser
38:27vous savez quoi
38:28ça me fait penser
38:28à ce que raconte
38:29Jérôme Fourquet
38:29dans son livre
38:30qu'on recevra dans un instant
38:31et qui dit
38:31dans le cadre des émeutes
38:32excellent
38:34surtout si on le met
38:35en perspective
38:36avec ce qui se passe
38:36en ce moment dans le pays
38:37dans le cadre des émeutes
38:39la rue devient ainsi
38:40un gigantesque défouloir
38:41pulsionnel
38:42où la rage s'exprime
38:43et de façon festive
38:44et ludique
38:44pour les participants
38:47ces émeutes
38:47ont un caractère
38:49jouissif
38:49et totalement transgressif
38:51c'est un peu
38:52ce que vous décrivez
38:52c'est ça depuis
38:54depuis toujours
38:55les historiens
38:56racontent ça
38:57y compris avec des moments
38:59où la foule devient folle
39:00mais sans avoir été obligée
39:03de boire ou quelque chose
39:03il y a un mouvement général
39:05la foule
39:06elle a sa propre vie
39:07et elle passe aussi
39:09par l'expression de la violence
39:10avec de la casse
39:10et des conséquences désastreuses
39:12pour les commerçants
39:13c'est ce qui s'est passé
39:14des conséquences désastreuses
39:15pour les blessés physiques
39:16d'abord
39:17je mets les vitrines d'un côté
39:18et les blessés physiques
39:20de l'autre
39:21j'ai la même hiérarchie
39:22que le préfet Grimaud
39:23je préfère
39:24pardon de dire ça
39:25je préfère
39:25une
39:26une vitrine cassée
39:28à un élève
39:30éborgné
39:31ou assassiné
39:32en parlant de violence
39:34ressentie
39:34qu'est-ce que vous répondez
39:36à ceux
39:36parce que ça revenait
39:37beaucoup dans les discours
39:38hier lors de notre émission
39:39Thierry Arnault
39:40à ceux qui disent
39:41que la France
39:42en ce moment
39:43avec ses parcours
39:45décidés
39:45imposés
39:46restreints
39:47parfois même
39:48des manifestations interdites
39:49avec ses couvre-feux
39:50est sur une pente
39:52autoritaire
39:53qu'est-ce que vous répondez
39:54à ceux qui disent
39:55que les mesures liberticides
39:57sont en train
39:57de s'accumuler
40:00mouvement social
40:01génération politique
40:02avant-garde radicale
40:03réponse autoritaire
40:04le problème
40:04c'est ce qu'il y a juste après
40:05tout ça fonctionne toujours
40:06de la même manière
40:07mais donc on est bien
40:07dans une phase autoritaire
40:09qui est mécanique
40:11l'état ne sachant pas négocier
40:13il essaye de répondre
40:14inévitable
40:15il répond par
40:16il répond par le maintien
40:17oui bien sûr
40:17non mais je
40:19je ne juge pas
40:19je raconte une histoire
40:20qui est toujours
40:21la même
40:22le même schéma
40:23il y a toujours quelqu'un
40:23qui vous donne une réponse
40:24politique
40:25ou sociale
40:26Grenelle
40:27état généraux
40:28quelque chose
40:29un truc
40:30désescalade
40:31désescalade
40:31là vous n'avez rien
40:32demain il va y avoir
40:34des blocus
40:35devant les lycées
40:36l'organisation
40:37les lycéens
40:37appellent au blocus
40:38du côté de l'exécutif
40:41le mot d'ordre
40:42ce soir
40:42l'état d'esprit
40:43selon les informations
40:44du service politique
40:44c'est que l'Elysée
40:45attend plutôt
40:46que les cours reprennent
40:47parce que l'Elysée
40:48considère que des annonces
40:49ont été faites
40:49en direction des lycéens
40:51quelle doit être
40:52la doctrine
40:52des forces de l'ordre
40:53demain si blocus
40:55il y a
40:55on se souvient
40:56qu'au début
40:56de la contestation
40:58ça ne s'est pas bien passé
40:59la doctrine
41:00de maintien de l'ordre
41:01a été très critiquée
41:02par les associations
41:03les syndicats
41:04qui considéraient
41:04que la réponse
41:05était inadaptée
41:07face à ce public
41:08de lycéens
41:08face à ce public
41:09de jeunes
41:09là aussi
41:10il doit y avoir
41:11une adaptation
41:12heureusement
41:13c'est pas un public
41:14ordinaire
41:15vous savez en 86
41:16maintenant je suis un ancêtre
41:18et un ancien combattant
41:19du mouvement
41:20en 86
41:21la grande surprise
41:21c'était l'arrivée
41:22de 30 000 collégiens
41:23et lycéens
41:24dans les manifestations
41:25et que le service
41:26d'ordre de l'UNEF
41:27a essayé de protéger
41:29d'eux-mêmes
41:29parce qu'ils allaient
41:30directement à la castagne
41:32qu'ils étaient
41:33heureux, joyeux
41:34qu'ils aient jamais manifesté
41:35ou quasiment jamais
41:36de leur vie
41:36et qu'ils pensaient
41:37que la manifestation
41:38c'est un truc open
41:39open bar
41:40c'était libre
41:41on manifestait
41:42où on voulait
41:42quand on voulait
41:43et alors ils avaient
41:44une idée très étrange
41:45il y avait les assises
41:46du rassemblement
41:47pour la république
41:48au CNIT de la défense
41:49et ils voulaient investir
41:50le CNIT de la défense
41:52la gestion de cette affaire
41:53s'est faite assez intelligemment
41:55avec le ministre
41:55d'Intérieur de l'époque
41:56Charles Pasqua
41:57et donc on a essayé
41:59de les protéger
42:01le service d'ordre de l'UNEF
42:02ne protégeait plus
42:02les étudiants
42:03ou les manifestants
42:04mais les collégiens
42:05et les lycéens
42:05dont on ne savait pas
42:06d'où ils sortaient
42:07dans des nombres
42:08aussi considérables
42:10donc tout le monde
42:10a réadapté
42:11le maintien de l'ordre
42:12et vous noterez
42:13qu'à l'exception dramatique
42:15de la mort de Malik Ousekine
42:18tué par des pelotons
42:19voltigeants motorisés
42:20que nous avons
42:20fort heureusement
42:21tous décidé
42:22de supprimer
42:23tellement c'était n'importe quoi
42:25mais la question
42:26qui s'est posée
42:26le lendemain
42:27c'est par quoi
42:27on les remplace
42:28et cette question
42:29n'a été résolue
42:30que par le préfet Lallement
42:31dans des considérations
42:33beaucoup plus compliquées
42:34alors qu'on aurait pu
42:35se mettre autour d'une table
42:36avec les organisations syndicales
42:37les services d'ordre
42:38les plus aguerris
42:38dont celui de la CGT
42:39Vous citez beaucoup
42:40le préfet Lallement
42:41Ben oui, pourquoi ?
42:43Tout le monde l'a beaucoup critiqué
42:45pour son côté abrupt
42:46moi je rends hommage
42:47au préfet Lallement
42:48Et le préfet actuel
42:49est-il à la hauteur ?
42:51Il fait ce qu'il peut
42:51avec ce qu'il a
42:52le problème c'est qu'il n'est pas
42:53toujours tout seul
42:54dans la salle de commandement
42:55d'un préfecteur de police
42:56A quoi on peut s'attendre demain
42:57Laurent Valdiguier
42:58si blocus il y a
43:00en termes de maintien de l'ordre ?
43:01Le maintien de l'ordre
43:01tel qu'on le voit là
43:02des grands cortèges etc
43:04ils savent faire
43:05c'est
43:07le pire
43:09si vous êtes préfet de police
43:10un jour Alice
43:11le pire
43:12c'est des classes
43:13de terminal
43:14ou de secondes
43:15qui tout d'un coup
43:16votent une grève
43:17et sortent dans la rue
43:19ou que ça se passe
43:20à Paris
43:20ou dans n'importe quelle ville
43:21pourquoi ?
43:22parce que d'abord
43:22il faut les protéger
43:23parce qu'ils vont sortir
43:24dans la rue
43:24comme vous le disiez
43:25en 1986
43:26c'est tout de suite
43:26une catastrophe
43:27et c'est tout de suite
43:29difficile à gérer
43:31ça consomme
43:32beaucoup d'effectifs
43:32parce qu'il faut
43:33beaucoup de policiers
43:34et puis c'est imprévisible
43:36donc à partir de demain matin
43:37ils s'attendent
43:38il y a des mots d'ordre
43:38j'ai vu tout à l'heure
43:39qu'il y avait des mots d'ordre
43:40semaine noire à Paris
43:41de bloquer les lycées
43:43dès demain matin
43:44d'abord c'était mardi
43:45puis c'est devenu
43:46c'est lundi
43:47il y a eu un désaccord
43:48et ça c'est très difficile
43:50parce que c'est très difficile
43:51à anticiper
43:52il y en a beaucoup
43:53et surtout
43:54pour la première fois
43:54il y a beaucoup de collégiens
43:55enfin pour la deuxième fois
43:57parce qu'il y a plus de 15
43:58de collégiens en 1986
43:59il y a beaucoup de collégiens
44:00et surtout que la manière
44:01dont les lycées
44:02dans un premier temps
44:03ont été évacués
44:04a participé quand même
44:05à la colère
44:06qui a suivi dans les cortèges
44:08mais ils ont évacué
44:09des lycées
44:10oui il y a eu de la maladresse
44:11il y a eu de la maladresse
44:13et effectivement
44:14vous y faisiez
44:15à l'élus
44:15au début de notre conversation
44:16on a l'impression
44:17qu'il n'y a qu'en France
44:18mais il n'y a pas qu'en France
44:20il y a eu
44:20des manifestations
44:21des pillages
44:22la nuit dernière
44:23en Allemagne
44:24il y a eu le 17 octobre
44:25en Italie
44:26effectivement
44:26en Albanie
44:27on a vu des gens
44:28dans la rue
44:29en Albanie
44:29en Espagne
44:30au Portugal
44:30on a vu des étudiants
44:32se mobiliser
44:33en Belgique
44:34est-ce que chaque pays
44:36a ses problèmes
44:37et ses revendications
44:37différentes
44:38ou est-ce qu'il y a
44:38quelque chose de commun
44:39dans tout ça ?
44:40comme en 68
44:40vous avez un mouvement
44:41social assez global
44:42vous rajoutez à ça
44:43la guerre du Vietnam
44:44ou la situation à Gaza
44:46puis vous avez un changement
44:47quand même
44:47j'ai jamais vu autant
44:48de drapeaux bleu blanc rouge
44:49dans une manifestation
44:50avec autant de gens
44:51qui chantent la Marseillaise
44:52qui est très différent
44:53des manifestations habituelles
44:54que nous avons vécues
44:55au cours des 20 dernières années
44:56quasiment
44:57donc il y a aussi
44:58des changements
44:59par rapport à la nature
45:01profondément sociale
45:01et donc profondément politique
45:03de ce mouvement
45:03quand vous voyez
45:04les représentants
45:06que vous avez ici
45:07en général
45:08ils sont hautement politisés
45:10hautement intelligents
45:11et alors toute l'idée
45:11d'une génération TikTok débile
45:14incapable de penser
45:14on en est bien loin
45:15oui mais il y a un mois
45:17on aurait dit l'inverse
45:17vous savez
45:18la France s'ennuie
45:19c'était avant 68
45:19là la jeunesse
45:21TikTokisée
45:21c'est terminé
45:22parce que justement
45:23une partie de ce que
45:25on ne se rend
45:25dont on ne se rend pas compte
45:27c'est leur
45:28leur niveau de connaissance
45:30et d'intelligence collective
45:31et la qualité
45:32de leur représentation
45:33alors parfois
45:34au phrasé
45:35vous trouvez
45:36quelques orientations
45:37politiques assez marquantes
45:38bon on sait
45:40d'où ils sortent
45:40mais la quasi-totalité
45:42d'entre eux
45:42sont capables
45:42de tenir
45:43non seulement
45:44une conversation
45:45avec des responsables
45:45politiques
45:45mais de les ridiculiser
45:46en général
45:47parce qu'ils les mettent
45:47dans des corners
45:48dont ils ont le plus grand mal
45:50à sortir
45:50et tous vous expliquent
45:52que les revendications
45:52sont légitimes
45:53de l'ultra-ultra-droite
45:54à l'ultra-ultra-gauche
45:55oui je m'adapte
45:56au néologisme contemporain
45:58tout le monde dit
45:58leurs revendications
45:59sont légitimes
46:00et donc
46:00ah oui mais on n'a pas
46:01de réponse
46:01ça marche pas
46:02et puis il y a un wagon
46:03qui s'est rajouté au train
46:04depuis Trappes
46:05c'est l'antiracisme
46:05ah oui absolument
46:07avec aussi les gilets jaunes
46:09qui étaient présents
46:10hier dans la foule
46:11qui n'ont jamais disparu
46:12c'était déjà là le 17 mai
46:14hier dans le cortège
46:16parisien hier
46:16il y avait une dimension
46:18non raciste
46:19et puis vous avez
46:19des blacks jaunes
46:22des gilets jaunes
46:23comme j'ai dit
46:23la dernière fois
46:24enfin il y a une évolution
46:27extraordinaire de ça
46:28mais une repolitisation
46:29de la jeunesse
46:30qui est une extraordinaire
46:30bonne nouvelle
46:31pour nous tous
46:32on peut quand même le dire
46:33mais qui passe malheureusement
46:34par la violence
46:35faute de capacité
46:36de trouver n'importe quoi
46:37qui ressemble à une réponse politique
46:38et ça c'est une particularité française
46:40parce que Thiriano
46:41soulignait le fait
46:42que ces manifestations
46:42il y en a dans plusieurs pays
46:44en Europe
46:45est-ce qu'il y a malgré tout
46:46une particularité française
46:48dans la réponse apportée
46:49et surtout le sentiment
46:50que nous nous trouvons
46:52dans une impasse
46:53non je crois que l'impasse
46:54elle est globale
46:55parce que vous ne pouvez pas
46:55expliquer à une génération complète
46:57que l'IA va leur piquer
46:58tout leur boulot
46:58qu'ils n'ont plus d'avenir
47:00et qu'ils vivront moins
47:00que leurs enfants
47:01et ça c'est partout
47:03il y a une déclaration
47:04je voudrais qu'on
47:04c'est leurs parents
47:20pardon
47:20c'est un peu compliqué
47:21mais en tout cas
47:22il va être entendu
47:23il va devoir s'expliquer
47:24ils arrivent à faire de la popol
47:24sur une commission d'enquête
47:25sur le 17 octobre
47:26c'est quand même formidable
47:27dans le hors sol
47:28nous avons atteint
47:29de nouveaux degrés
47:30ils jouent aussi dans le climat
47:32d'ailleurs
47:33non ?
47:33c'est politique
47:34mais qui veut jouer
47:35dans un climat pareil ?
47:36il faudrait tous leur dire
47:37coucou
47:38il se passe des choses
47:38dans la rue
47:39il faut qu'ils sortent
47:40non quand je veux dire
47:40ils jouent dans le climat
47:41ils participent aussi
47:42à ce climat de tension
47:43on est bien d'accord ?
47:44vous regardez un débat
47:45à l'Assemblée nationale
47:46vous avez honte
47:48en parlant du ministre de l'Intérieur
47:50il y a une de ses déclarations
47:51hier qui nous
47:53dans la rédaction
47:53notamment
47:54nous a interpellé
47:55en préparant cette émission
47:56je voudrais qu'on la réécoute
47:57on parlait de la communication
47:58du côté de la place Bovo
47:59vous allez me dire
48:00ce que vous en pensez
48:02donc évidemment
48:02on va rester vigilant
48:03toute la soirée
48:04toute la nuit
48:05et le dispositif est en place
48:07on vient de se réunir
48:08à l'instant
48:08pour refaire le point
48:09le dispositif est en place
48:10dans toutes les villes
48:11on a fait un point
48:12avec l'ensemble
48:12des préfets de zone
48:13avec l'ensemble
48:14des directeurs zonaux
48:15de la police nationale
48:15les responsables
48:16de la gendarmerie
48:17monsieur le préfet de police
48:18qui est là
48:18le dispositif est en place
48:20donc on attend fermement
48:21ceux qui voudraient
48:22en découdre ce soir
48:22que les choses soient claires
48:23on les attend fermement
48:24avec beaucoup d'autorité
48:25on les attend fermement
48:27est-ce qu'il n'y a pas
48:29est-ce que c'est vraiment
48:30un ministre de l'Intérieur
48:31de dire ça
48:31est-ce qu'il n'y a pas
48:32le risque
48:33d'alimenter
48:33la volonté de confrontation
48:35d'abord c'était hier
48:36oui
48:37c'était dans la nuit
48:37de samedi à dimanche
48:38évidemment
48:38oui mais c'est important
48:39parce qu'on a l'impression
48:40que c'est pour demain
48:41ah non non pas du tout
48:42vous avez raison
48:43vous avez raison
48:44les images sont une chose
48:46et leur identification
48:46la contextualisation aussi
48:48bien sûr
48:48et donc tout le monde
48:49attendait un Halloween
48:51terrible
48:51avec la fin du monde
48:54la reprise du film
48:55qui explique que c'est le début
48:57de l'effondrement d'eux
48:59donc ça correspondait
49:00au climat local
49:02le ministre de l'Intérieur
49:02il fait de la communication
49:03donc il est dans son rôle
49:04quand il dit ça
49:05là je vous trouve un peu dur
49:05parce qu'à Bastille et à Châtelet
49:07il y avait quand même
49:07des groupes bien constitués
49:09pour les pillages
49:09et ils ont été très mobiles
49:11assez efficaces
49:12assez rapides
49:13et ils ont réussi
49:15à éviter
49:16disons qu'à Halloween
49:17il n'y aurait pu avoir
49:18des pillages
49:20je contextualisais
49:21le fait qu'il attendait
49:22un phénomène Halloween
49:23et donc il était dans son rôle
49:25la com
49:25la com répond à la com
49:27donc moi je n'ai rien à dire
49:28de la com du ministre de l'Intérieur
49:30sur ce sujet
49:32elle correspond à un moment particulier
49:33à une annonce particulière
49:34à une profusion de menaces
49:36sur les réseaux sociaux
49:38et puis à une maîtrise aussi
49:39de l'événement
49:39parce qu'au moment où il le dit
49:40il sait très bien
49:41ce qu'est la nature
49:44du risque
49:45en tant que tel
49:46il y avait une volonté aussi
49:47de faire peur
49:48de faire passer
49:48un message de fermeté
49:50on est bien d'accord
49:50c'est vrai que samedi dernier
49:52il y a eu
49:53les services néerlandais
49:54qui avaient dit
49:55attention
49:56Al-Qaïda
49:57enfin le
49:58l'état islamique
49:59va tirer
50:00et aussi un message
50:01très politique derrière
50:02cette fois-ci
50:03on est ferme
50:04on est ferme
50:05mais on a la situation
50:06sous contrôle
50:06ministre de l'Intérieur
50:07fait son boulot
50:07dernière question
50:09et après on passera
50:09à votre livre
50:10Alain Bauer
50:10ça veut dire que
50:11si hier
50:12les parcours n'avaient pas
50:13été modifiés
50:14s'il n'y avait pas eu
50:15de couvre-feu
50:16ça se serait forcément
50:17mal passé
50:17personne n'en sait rien
50:19madame Irma
50:20ne fonctionne ni
50:21en matière prospective
50:22ni en matière rétrospective
50:23non mais vous dites
50:23on est dans une phase
50:25autoritaire
50:25qui précède
50:26une réponse
50:27une réponse autoritaire
50:28qui suit mécaniquement
50:29un mouvement social
50:32qui accouche
50:32d'une génération politique
50:34et d'une avant-garde radicale
50:35qui choisit la violence
50:36comme méthode de discussion
50:38faute de réponse politique
50:39donc on est simplement
50:40dans un process
50:41qui est inscrit
50:42dans l'histoire
50:43du mouvement social
50:44dans notre pays
50:45virgule hélas
50:46oui mais il y a beaucoup
50:47de français qui vous dirait
50:48mais nous nous ne voulons pas
50:49de cette phase autoritaire
50:50nous ne voulons pas
50:51passer par là
50:51nous ne voulons pas
50:52des casseurs non plus
50:53vous savez
50:54voilà chacun est
50:55dans ses propres contradictions
50:56et donc soutient le mouvement
50:58de manière assez massive
50:59veut que les élèves
51:01retournent à l'école
51:01d'une manière assez massive
51:03et entendent
51:04leurs revendications
51:04dans une sorte
51:05d'unanimité consensuelle
51:07qui accouche
51:08d'aucune réponse politique
51:09il faut qu'on avance
51:10je suis désolée
51:10Laurent Valdigui
51:11il faut qu'on parle
51:12de votre livre
51:12Alain Bauer
51:13Il faut sauver nos enfants
51:14donc qui est consacré
51:16à la pédocriminalité
51:17en France
51:17Il faut les sauver
51:18d'à peu près tout
51:18vous voyez
51:18Oui
51:19Il y a notamment
51:20évidemment ce chapitre
51:21moi qui m'a interpellé
51:23sur cette affaire
51:24dont on a tellement parlé
51:25qui est d'ailleurs
51:26encore aujourd'hui
51:27dans le journal
51:27Le Parisien
51:28Liana Rosa
51:29L'affaire Liana
51:30et vous dites cette phrase
51:32Liana n'est pas morte
51:33faute d'informations
51:33puisque les informations
51:34existées
51:35avaient été déposées
51:37enregistrées
51:37transmises
51:38c'est simplement
51:39qu'elles n'ont pas été
51:40lues
51:40ces informations
51:41lues, comprises, diffusées
51:42mais on a eu l'occasion
51:43de refaire
51:44de refaire l'historique
51:45avec Laurent sur ce plateau
51:47au tout début
51:47de l'affaire Liana
51:48Il y a un bon gendarme
51:49Il y a un gendarme
51:49qui a fait son travail
51:50Oui, on est d'accord
51:51le premier était parfait
51:52mais justement
51:53c'est ce que je dis
51:54enregistré
51:54mais après ça s'est perdu
51:56dans le trou noir
51:58de l'incapacité
51:59du système à absorber
52:00quand Gérald Darmanin
52:02je vais dire du bien
52:02d'un ministre
52:03décide de faire
52:04regardant ce qu'il y a
52:05sous le tapis
52:06moi je m'attends
52:07à quelques milliers
52:08de dossiers
52:09franchement
52:10pas 88 000
52:12parce que c'est 85 000
52:13plus ce qui restait
52:14et qui n'était pas
52:15encore remonté
52:16et je me rends compte
52:17de l'océan
52:18de pédocriminalité
52:19que nous ne traitons pas
52:21ce livre
52:21comme je le dis souvent
52:22c'est pas un livre
52:23parce que j'en ai écrit
52:23pas mal dans ma vie
52:24mais mon livre
52:25parce que celui-là
52:26il m'a choqué
52:26parce que moi-même
52:27je ne me suis pas rendu compte
52:28alors que c'est quand même
52:28mon métier
52:29moi je m'occupais
52:30de terrorisme
52:31c'est des choses importantes
52:31de crimes organisés
52:32c'est des choses
52:33encore plus importantes
52:34mais la pédocriminalité
52:35c'était un fait divers
52:36pas un fait de société
52:37l'affaire Liana Rosa
52:38elle a révélé
52:39un fait de société
52:39ancien
52:40une culture
52:41de la pédocriminalité
52:43d'élite
52:44en France
52:44tout ça est parfaitement normal
52:46apostrophe
52:47Denise Bombardier
52:48seule femme à dire
52:49vous êtes tous dingues
52:49vous devriez être en taule
52:50alors que 5 hommes
52:52racontent sous l'œil
52:53un peu interloqué
52:54certes
52:54mais pas très énervé
52:55de Bernard Pivot
52:57qu'il viole des petites filles
52:58et des petits garçons
52:58et que c'est super
52:59les 200 intellectuels
53:01qui signent dans le monde
53:02le monde
53:02une pétition pour dire
53:04non la pédophilie
53:05c'est super
53:05je rappelle la pédophilie
53:06c'est pas une relation
53:08c'est une relation
53:08avec quelqu'un
53:09qui est prépubère
53:09donc qui n'a pas
53:10la possibilité
53:10du consentement
53:11c'est un viol
53:12quoi qu'il arrive
53:13sous une forme
53:13ou sous une autre
53:14une agression sexuelle
53:15comme vous le voyez
53:15et donc je découvre
53:16cette histoire d'abord
53:18et puis l'ampleur
53:20de tout ce qu'on cache
53:21dans le sport
53:22dans la culture
53:23dans la musique
53:25dans le périscolaire
53:26on l'a déjà vu
53:27évidemment dans
53:28l'aide sociale à l'enfance
53:29les institutions
53:30qui sont là
53:30pour protéger les enfants
53:31se transforment parfois
53:33hélas
53:33et d'ailleurs
53:34parfois je vois
53:35beaucoup d'éducateurs
53:37du périscolaire
53:37ou pardon
53:38de l'aide sociale à l'enfance
53:39qui me disent
53:39mais nous
53:39on sait tout ça
53:40mais on ne peut pas intervenir
53:41on nous interdit d'intervenir
53:42et même on nous engueule
53:44quand on fait des signalements
53:45on se rend compte
53:46de l'omertage généralisé
53:47de la société française
53:485,5 millions
53:49de nos concitoyens
53:50ont été victimes
53:51adultes aujourd'hui
53:52ont été victimes
53:53dans leur jeunesse
53:54d'une agression sexuelle
53:545,5 millions
53:55160 000 par an
53:57l'étude qui vient de sortir
53:58sur le CO2
53:59par l'éducation nationale
54:00questionnaire
54:01la semaine dernière
54:02dans une discussion remarquable
54:03parce que personne n'en a parlé
54:04c'est que 40%
54:06pas 10%
54:0740%
54:08des enfants en CO2
54:09disent avoir été victimes
54:10d'une agression sexuelle
54:11à l'école
54:12ça veut dire 8 enfants
54:13sur une classe de 20
54:14oui
54:14c'est un chiffre
54:16hallucinant
54:16sans raconter ma vie
54:18il y a beaucoup de gens
54:19autour de moi
54:19qui me disent
54:20Alain Bauer
54:20je ne veux plus mettre
54:21mes enfants au périscolaire
54:23qu'est-ce que vous leur dites
54:24à ces gens-là
54:25est-ce que vous diriez
54:26qu'aujourd'hui
54:27effectivement les enfants
54:28nos enfants
54:29ne sont pas protégés
54:31ne sont pas en sécurité
54:32non seulement
54:32on ne les écoute pas
54:33on ne les croit pas
54:34on ne croit pas
54:35les parents non plus
54:36on explique que s'ils disent ça
54:37c'est pour manipuler un divorce
54:38je ne sais pas quoi
54:39il y a un enjeu aujourd'hui
54:41qui a été cassé
54:42par l'affaire Doutreau
54:44qui a créé une dynamique
54:45de la défiance
54:46moi je suis pour une dynamique
54:48de la confiance
54:49elle passe par un fichier central
54:52des signalements
54:53de ceux qui sont poursuivis
54:55mais pas encore condamnés
54:56pour des atteintes sexuelles
54:57à enfants
54:57pour éviter qu'ils les approchent
54:59et un fichier
55:00connu des condamnations
55:03pour empêcher
55:03toutes les opérateurs
55:05qui gèrent les enfants
55:06les fédérations sportives
55:07comme le périscolaire
55:08comme les sociales
55:08à l'enfance
55:09etc.
55:09de mettre les enfants en danger
55:11donc il y a des solutions
55:12le livre en donne beaucoup
55:13oui c'est ça
55:13c'est pas juste un constat
55:14vous voulez avancer
55:15des mesures
55:16pour le coup concrètes
55:17pour mettre fin à ça
55:18il n'y a pas d'une mobilisation citoyenne
55:20pour que ce sujet existe
55:21et je précise d'ailleurs
55:21qu'à la surprise générale
55:23ce n'est pas un thème
55:24de campagne électorale
55:25c'est vrai
55:26toujours pas
55:265 millions et demi
55:27de victimes
55:28ça n'intéresse personne
55:29le moment est peut-être venu
55:30que les citoyens
55:30imposent le sujet
55:32peut-être que ce livre
55:33va changer la donne
55:33on va essayer
55:34merci beaucoup
55:35vous pouvez rester deux secondes
55:36avec moi si vous voulez
55:37vous pouvez féliciter
55:38monsieur Fourquet
55:39qui est sur ce
55:40en bord plateau
55:41comme on dit
55:42dans le jargon journalistique
55:43puisqu'il me disait
55:44qu'il avait lu votre livre
55:45monsieur Fourquet
55:46il le sait on en a parlé
55:47et qu'il trouvait ça formidable
55:48merci monsieur Bauer
55:50merci Laurent Valdigui
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