Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayag.
00:06What's going on ? C'était Marvin Gaye en 1971, c'est un titre qui évoque les violences, la guerre,
00:19les injustices.
00:20Et justement ce soir, on parle de ces injustices, mais avec la plus grande entreprise et adaptée de France.
00:27Elle s'appelle DSI Inclusion dans le cadre des Trophées de l'Avenir Europe 1, LCL.
00:32D'ailleurs, les Trophées de l'Avenir Europe 1, LCL, les résultats approchent.
00:35La grande cérémonie aura lieu début décembre, une émission spéciale dans 20 mois avec tous les lauréats.
00:41Nous sommes avec Jean-Louis Rime, le fondateur et directeur général de DSI Inclusion.
00:46Cette entreprise née il y a 30 ans et vous nous le disiez tout à l'heure dans le pitch,
00:50donc 1200 collaborateurs et vous faites des prestations de services dans plein de domaines,
00:56dans beaucoup de domaines, notamment dans la défense.
00:59Oui, on en fait dans la défense.
01:01Oui, mais on se dit, des personnes en situation de handicap qui travaillent pour notre défense, je trouve ça formidable.
01:08On travaille pour la défense, on travaille beaucoup pour l'aéronautique, pour le spatial.
01:11Pourquoi la défense ? C'est une anecdote, ça, si vous voulez.
01:14Il y a 15 ans, j'étais en conférence et à la sortie de la conférence, il y a un
01:18monsieur qui vient me voir.
01:18Il me dit, écoutez, nous on a une difficulté, on a une image qui n'est pas bonne,
01:21mais on est plutôt personnellement non gratin dans le monde industriel aujourd'hui,
01:25et notamment au niveau des consommateurs.
01:28Et donc on a besoin d'améliorer notre image, si vous voulez.
01:33Donc voilà, il nous dit, nous on sous-traite aujourd'hui une grosse partie de nos activités dans les pays
01:37low cost,
01:38est-ce qu'on pourrait se rapprocher ?
01:40On a pris ce pari, je le fais très très court parce que c'est une très longue histoire,
01:44on a monté une usine de 1000 m² et aujourd'hui on assure plus de 55% de la production
01:49globale.
01:49Vous avez vu votre propre usine ?
01:51J'en ai plusieurs, oui.
01:52Décis inclusion que vous avez réussi, donc à embaucher près de 1200 collaborateurs en situation de handicap
01:57et monter des usines en France ?
01:59J'ai monté des usines, oui, on a un peu plus de 30 000 m² aujourd'hui de bâtis,
02:04et là on a monté une usine à peu près dédiée à 100% à cette activité,
02:10parce que c'était nouveau, on a pris beaucoup de risques, j'ai perdu beaucoup, beaucoup d'argent.
02:13Je dis souvent à mes collaborateurs que si j'avais, alors je suis président et propriétaire de cette boîte,
02:18qui est une boîte privée, c'est la plus grosse boîte privée,
02:20mais peut-être pas la plus grosse entreprise adaptée de France,
02:23mais en tant que privée je pense que oui, parce qu'on me l'a souvent dit.
02:26Et donc on peut prendre responsabilité, puisque 95% de l'argent de l'actionnaire,
02:31qui est gagné par l'actionnaire, est réinjecté dans cette entreprise-là.
02:35Et donc ça me laisse plein de liberté.
02:37Aujourd'hui cette entreprise, elle a un taux de croissance juste avant qu'on vit de plus de 15%
02:41par an,
02:41et avec une capacité de financement importante,
02:46puisque aujourd'hui on a un taux d'honnêtement de moins de 3%.
02:50Vous voyez, donc c'est un équilibre savant.
02:52Mais moi je suis, enfin c'est admirable,
02:56je vois Fabrice Marcella aussi qui prend des notes et qui,
02:59on est admirable devant une telle réussite.
03:03Complètement, c'est une belle entreprise en tout cas, à mission pleine de sens.
03:06Moi j'avais une question à poser à Jean-Louis Rives.
03:10Il y a 30 ans, qu'est-ce qui a été le plus difficile ?
03:12C'était de recruter le premier salarié, ou de recruter le premier client ?
03:16C'est une très très bonne question.
03:18Qu'est-ce qui a été le plus difficile, pour dire vraiment le fond de ce que j'ai vécu
03:22?
03:23C'est la rencontre avec la personne handicapée,
03:25parce que je n'avais pas, jusqu'alors,
03:28eu de conversation professionnelle et directe avec une personne handicapée.
03:32Ce qui a été le plus difficile pour moi, c'est de franchir cette ligne,
03:36parce qu'on a tellement d'a priori, on nous raconte tellement de choses,
03:40et que moi j'étais chargé par ça,
03:42et au fond, ce qui a été le plus admirable,
03:45c'est que quand j'ai pris rendez-vous, parce qu'on m'a autorisé à prendre rendez-vous, tout
03:48ça...
03:48Donc la première rencontre ?
03:49La première rencontre, et je crois que c'est pour cette raison que je suis là aujourd'hui.
03:54C'est cette première rencontre qui a fait basculer une énergie qui est latente chez vous,
04:00que j'avais mis à profit dans le monde ordinaire,
04:02et j'ai eu une chance incroyable aussi dans le monde ordinaire.
04:04Mais vous ne savez absolument pas comment vous mettre à disposition vos compétences avec la personne handicapée,
04:12puisque vous ne connaissez pas la personne handicapée.
04:15La grande majorité d'entre nous, dans le monde professionnel, ne connaît pas la personne handicapée.
04:20Et donc, ce moment-là était un moment difficile pour moi,
04:24parce que j'avais peur de ne pas être à la hauteur,
04:28d'être un peu pas au bon endroit.
04:32Et donc, j'ai pris sur moi, ce rendez-vous je l'avais organisé, donc je l'ai assumé,
04:36et au fond, au bout de quelques minutes, ce qu'on m'a raconté,
04:41je me suis dit, mais quelle différence y a-t-il entre lui et moi ?
04:46Je me faisais un monde incroyable, et au fond, je me dis,
04:50mais non, il n'y a pas de différence entre lui et moi.
04:52On se parle de la même chose, je vois bien ses contraintes, ses difficultés,
04:55et au fond, c'est quand...
04:57Il avait un handicap moteur, physique...
04:59Il avait un handicap visuel, il avait de grandes difficultés,
05:03il perdait progressivement sa vue,
05:05et donc, comme il ne pouvait pas trop se passer,
05:07on est allé dans un bistrot, vous voyez,
05:09c'est pas le lieu...
05:10C'est pas le lieu du recrutement, ouais.
05:13Et de fait, ce moment-là,
05:16après cette appréhension forte qu'on a,
05:20vous avez une ouverture,
05:21et puis vous dites, il n'y a aucune différence entre lui et moi,
05:24et écoutez son histoire, là, vous rentrez dans la colère.
05:28Et cette colère, elle ne m'a pas quitté, vous voyez ?
05:30Ça vous touche de très très près l'injustice.
05:33Personne ne vous dit, j'ai 40 ans,
05:34je fais des tas de formations,
05:35moi, je fais des tas de CDD,
05:37j'ai jamais eu d'emploi direct,
05:39j'ai jamais eu de vraie formation,
05:40et c'est ça qui vous touche.
05:41Et là, vous dites, mais ça, c'est plutôt à ma portée.
05:44Est-ce que moi, je sais former ?
05:45Est-ce que je sais accompagner ?
05:47Est-ce que je connais les métiers ?
05:48Et alors, de fait,
05:50à DSI, on a créé 140 métiers.
05:53140 métiers ?
05:53140 métiers.
05:54Tout type d'handicap est représenté à DSI.
05:57Et ça, c'est très important.
05:59Pourquoi ?
05:59Parce que quand vous recevez,
06:00moi, j'ai démarré tout seul.
06:02Donc, vous faites tout,
06:02quand vous êtes tout seul, vous faites tout.
06:04Et donc, je recrute, évidemment.
06:05Et quand je recrute,
06:06vous avez en face de vous
06:07des gens qui n'ont pas de métier.
06:11Ils ont des aptitudes,
06:12mais pas de compétences,
06:13parce qu'ils ne sont pas qualifiés.
06:14Donc, c'est du recrutement inversé.
06:16C'est le recrutement inversé.
06:17C'est-à-dire qu'on démarre...
06:18Comment vous savez ça, vous ?
06:19Parce que j'ai un peu travaillé l'émission.
06:21Mais ça veut dire que vous démarrez
06:24par les aptitudes
06:25avant de démarrer sur le CV.
06:28Oui, on travaille sur les aptitudes
06:29parce qu'on a besoin de savoir
06:30ce qu'ils sont motivés,
06:31pas motivés,
06:32quelles sont leurs contraintes, etc.
06:33Leur environnement.
06:35Très important, leur environnement.
06:36Et après, notre boulot à nous,
06:37c'est justement tout le reste,
06:39c'est-à-dire le modèle inclusif.
06:41Formation académique,
06:43formation métier,
06:43donc professionnalisation,
06:45et maintien à l'emploi durable.
06:46Et donc, dans le métier de l'emploi,
06:48il y a la progression de la carrière.
06:51Ça nous touche directement.
06:52On se sent tous concernés ce soir
06:54parce que nous,
06:55ce qui nous a frappés avec vous,
06:56Jean-Louis Ribes,
06:57c'est aussi cette inclusion
06:58dans l'univers industriel.
06:59On n'est pas sur des produits.
07:02On va découvrir des produits
07:03dans quelques secondes
07:05avec Aé Kouyidem
07:07et Bénédicte de Torquois
07:08et Camille Decreux pour Fierre.
07:11Vous, c'est un univers industriel.
07:12Je le rappelle,
07:13vous avez réussi à embaucher
07:15des personnes en situation de handicap,
07:17créer 140 types de métiers,
07:19et créer des usines.
07:21L'inclusion,
07:22elle est aussi présente
07:22dans d'autres univers
07:23comme le textile.
07:25L'inclusion textile,
07:25ça recouvre des réalités
07:27comme l'insertion socio-professionnelle
07:29par les métiers de la couture,
07:30du textile,
07:31mais aussi de la mode inclusive.
07:33Et c'est le cas ce soir.
07:35Europe 1,
07:36la start-up de la France Bouge.
07:38Avec vous, Bénédicte de Torquois,
07:40vos six parcours exceptionnels.
07:42Vous avez créé la start-up
07:43il y a un an
07:44dans les Hauts-de-Seine,
07:45mais un parcours derrière
07:46dans la mode,
07:47plus de 20 ans
07:48dans des très très belles maisons.
07:49dont Balenciaga par exemple.
07:52Votre passion,
07:53c'est la mode depuis toujours.
07:54Vous avez grandi en Bretagne,
07:56je crois, c'est ça ?
07:57Oui, à partir de l'adolescence.
07:58Voilà.
07:59Vous avez bossé à New York
08:00dans des maisons comme Givenchy,
08:03ensuite Balenciaga,
08:04et vous avez été toujours
08:08dans ce secteur du luxe
08:09et du retail.
08:10Sauf qu'à un moment donné,
08:12vous avez envie de donner
08:12plus de sens à votre vie.
08:14c'est comme ça que démarre
08:16l'aventure.
08:17Oui,
08:18il y a un catalyseur
08:20qui a été,
08:22voilà,
08:22j'ai vu les contraintes
08:23d'habillement
08:23de la fille d'ami
08:25atteinte d'un cancer
08:25à 15 ans
08:26et effectivement,
08:28je me suis dit
08:29mais la mode
08:30n'adresse pas du tout
08:31ce sujet en fait.
08:33Et moi,
08:34j'ai eu des phases de vie aussi
08:35avec des phases
08:36d'hospitalisation,
08:38des accidents
08:39ou la maladie de proches.
08:41Et donc,
08:41je me suis dit
08:42ce n'est pas possible en fait.
08:44Donc,
08:44ce n'est pas possible.
08:46Comment faire en sorte
08:47que ces personnes
08:48qui parfois
08:49n'ont plus d'autonomie
08:50ou ont des périodes
08:51momentanées
08:52de manque d'autonomie,
08:53comment faire
08:54pour qu'elles se sentent belles,
08:55qu'elles soient habillées,
08:56qu'elles n'aient pas
08:57cette éternelle blouse d'hôpital
08:58ou être habillées
09:00parce qu'on ne peut pas
09:01faire autrement ?
09:01C'est comme ça
09:02que vous avez créé
09:04Aequidem.
09:04Je vous laisse pitcher
09:05pendant une minute
09:05et puis on se retrouve.
09:06C'est à vous.
09:08Donc,
09:09Aequidem,
09:09c'est une marque de mode
09:11inclusive,
09:11un pacte positif.
09:13Donc,
09:13le déclic,
09:13je viens de vous le dire,
09:14la fille d'ami
09:15atteinte d'un cancer.
09:16Et c'est vrai que
09:17le vêtement classique
09:18est inadapté
09:19aux contraintes médicales.
09:20Le jeune perd en autonomie,
09:21le style est sacrifié.
09:24Et,
09:24or la mode,
09:25c'est le pouvoir
09:27de la confiance en soi,
09:28surtout à un âge
09:29où on est en construction.
09:31Donc,
09:31moi,
09:31j'ai vu ce pouvoir
09:32avec ma carrière
09:33et donc,
09:34j'ai décidé de créer
09:34Aequidem,
09:35une société à mission
09:36créée en 2025.
09:37Donc,
09:37ce sont des vêtements
09:38innovants
09:42des vêtements
09:43innovants,
09:44mode,
09:45stylé
09:45et super pratique.
09:47Donc,
09:48voilà,
09:48vous avez des ouvertures
09:49en fait aux épaules,
09:50aux bras,
09:51aux thorax.
09:51Mais le vêtement,
09:52il est visuellement mode,
09:53désirable.
09:54C'est un vrai vêtement.
09:55Donc,
09:56voilà,
09:56c'est pour redonner
09:56l'autonomie,
09:57passer les cathéters,
09:58enfin,
09:59faciliter les soins,
10:01passer une perfusion.
10:02Je démarre avec
10:035 E.
10:04O,
10:04T-shirt,
10:05switcher,
10:06unisex,
10:07intemporel,
10:07quelques accessoires.
10:08Donc,
10:10voilà,
10:10je distribue sur le site
10:12aequidem.fr,
10:13bientôt des stands
10:14à l'hôpital,
10:15et je construis des partenariats
10:16avec des acteurs de la mode,
10:17de la santé,
10:18du bien-être.
10:19Voilà.
10:19Merci Bénédicte de Torquois,
10:21fondatrice d'Aequidem.
10:22Moi,
10:23je suis allée voir
10:23votre site internet,
10:24en effet,
10:25les modèles sont très jolis.
10:27Par exemple,
10:28j'ai remarqué
10:29un sweatshirt
10:30qui coûte 75 euros.
10:32Alors,
10:32oui,
10:33ça peut paraître cher,
10:33mais quand on regarde
10:34dans le détail,
10:35donc un sweatshirt,
10:36colleront,
10:36manches longues,
10:37et là,
10:38on voit,
10:38c'est hyper bien fait,
10:40on voit comment le porter.
10:41Alors,
10:41un,
10:41la catégorie pour tout le monde,
10:43l'autre catégorie,
10:44si on a un habillage autonome,
10:47pensé pour que le patient
10:48puisse s'habiller,
10:48se déshabiller seul,
10:49même avec des tubulures,
10:50sans faire appel
10:51au personnel soignant.
10:54Je parle beaucoup trop,
10:55il va y avoir le point
10:56sur l'info,
10:56là,
10:56à 21h,
10:57et on se retrouve juste après
10:58avec Fabrice Marcella,
10:59parce qu'on va aller plus loin
11:01dans cette start-up
11:02à Equidem.
11:03A tout de suite sur...

Recommandations