Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Ce jeudi 5 novembre, réécoutez en podcast le replay de French Tech sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonjour et bienvenue William Lecate, vous êtes donc associé gérant chez Origa Partners.
00:04Vous êtes un des fonds les plus actifs d'Europe en matière de sécurité, cyber-sécurité.
00:09Vous venez d'ailleurs de lever 80 millions d'euros chez Origa Cyber Ventures 2.
00:16Pourquoi vous misez sur ce secteur ? Est-ce que c'est parce qu'effectivement les cyber-attaques se multiplient
00:20?
00:21Alors déjà peut-être un tout petit peu de contexte sur ce sujet-là.
00:24Quand on interroge aujourd'hui les acteurs économiques en France et en Europe,
00:28ils répondent que moins de 10% d'entre eux sont prêts ou résilients face à la cyber-menace.
00:34Ça c'est un écart énorme entre la résilience de notre économie et le niveau de menace auquel on fait
00:39face aujourd'hui.
00:40Et c'est sur ce constat-là que s'est créé le fonds à l'origine,
00:43avec quatre entrepreneurs chevronnés de la cybersécurité qui sont venus voir Origa
00:46et qui avaient cette idée de créer le fonds qu'ils auraient bien aimé avoir à leur début, à leur
00:50côté.
00:51Et c'est exactement ça la mission du fonds Origa Cyber Ventures,
00:54c'est d'accompagner dès leur premier pas les entrepreneurs et les startups
00:58jusqu'à ce qu'elles deviennent potentiellement des champions de la cybersécurité européenne
01:03et qui puissent participer à combler cet écart entre résilience et le niveau de menace.
01:06C'est quoi le niveau de la menace pour vous aujourd'hui ?
01:09Alors il y a des chiffres qui circulent sur Internet qui sont durs à vérifier et à corréler,
01:12mais il y a un chiffre qui est marquant qui dit que si le cybercrime était en état,
01:17ce serait la troisième puissance économique mondiale en termes de PIB.
01:19Donc ça met le niveau de menace assez haut.
01:23Comment vous réussissez à sélectionner ces startups ?
01:25Ce qu'on voit dans le monde de la sécurité, évidemment il y a des grandes plateformes au niveau mondial.
01:30En Europe, on réussit à avoir quelques grands acteurs,
01:33qu'ils soient plutôt sur le service ou plutôt dans le logiciel.
01:36Mais justement, on a l'impression souvent que ce monde de la cyber est très morcelé.
01:40Je ne suis plus commis, on a des éditeurs français aujourd'hui dans ce domaine.
01:44Et savoir, bon, ça va être pour répondre à un besoin très précis.
01:47Mais ensuite, les entreprises, elles sont un peu perdues,
01:49parce que tout d'un coup, elles pensent qu'elles sont a priori suffisamment sécurisées.
01:52Puis un jour, on leur dit, ah non, il vous manque cette petite brique grâce à cette startup.
01:56Et comment vous vous intervenez pour dire, tiens, on va sélectionner tel ou tel type de startup ?
02:01On a quand même beaucoup de liens avec l'écosystème au niveau du besoin.
02:04C'est très important pour nous de bien identifier ce qui est un sujet qui n'est pas couvert.
02:09Et on sélectionne les startups.
02:10Alors avant tout, c'est l'équipe d'entrepreneurs,
02:12puisque c'est eux qui vont délivrer, c'est eux qui vont exécuter.
02:15Ils vont être capables de s'adapter.
02:15Donc ça, c'est le premier critère.
02:16Et le deuxième critère, c'est être sûr qu'ils développent des solutions
02:19qui répondent à un besoin qui est bien identifié
02:21et que les gens cherchent une solution à ce besoin ou à ce pain qu'on a.
02:27Et aujourd'hui, c'est vrai qu'il y en a beaucoup, beaucoup, de plus en plus.
02:29Et ça se crée très rapidement.
02:31On voit des nouveaux sujets émerger tous les jours.
02:33L'IA, c'est une aide ou c'est une ennemie dans la cyber ?
02:36Alors malheureusement, et si on lit le rapport d'Anthropic,
02:39c'est clairement pas une aide en ce moment.
02:42On a pendant des années, ça fait, je pense, une bonne dizaine d'années
02:44qu'on dit on va appliquer l'IA à la cybersécurité, ça va nous aider.
02:46Mais là, quand on voit l'accélération que ça fournit aux cyberattaquants,
02:49je pense qu'il n'y a aucun doute pour le moment sur le fait que ce n'est pas
02:52une aide.
02:53Là, vous avez vu la première banque française attaquée, cyberattaquée,
02:58hier, Crédit Mutuel Arkea.
03:00Ça veut dire quoi ? Que tout le monde peut y passer ?
03:02Qu'on n'a pas véritablement moyen, en fait, d'empêcher ça ?
03:06Aujourd'hui, avec les avancées de l'IA, par exemple, où on est capable,
03:10même sans connaître vraiment la cybersécurité, de trouver une vulnérabilité,
03:13de l'exploiter et d'enchaîner toute une chaîne complexe pour atteindre des objectifs,
03:18je pense que c'est très dur de se défendre.
03:19On va vers des jours assez compliqués en cybersécurité.
03:22On manque de compétences, notamment, d'une façon générale, dans le monde de l'ingénierie.
03:27On se dit parfois que l'IA pourrait pallier un peu ce manque de compétences.
03:31Est-ce que c'est la même chose dans la cyber ?
03:32Est-ce que dans la cyber, où on manque effectivement d'ingénieurs, de techniciens dans ce domaine,
03:36est-ce que l'IA pourra réussir à pallier un peu ce manque de compétences aujourd'hui ?
03:40Oui, alors après, il y a deux choses.
03:41C'est que le manque de compétences, il est relatif à la croissance du besoin.
03:44C'est-à-dire qu'on a quand même beaucoup de compétences en France,
03:46mais pas assez par rapport à l'étendue du besoin.
03:49Et l'IA, clairement, ça permet un passage à l'échelle.
03:52Donc ça aide la cyber-défense et la cybersécurité aussi.
03:55Mais malheureusement, ce que je disais tout à l'heure,
03:56pas autant que ça n'aide les attaquants aujourd'hui,
03:59avec les nouvelles avancées des modèles d'IA génératifs en particulier.
04:01Et Frédéric Simotel relevait quelque chose d'intéressant.
04:04C'est vrai qu'il y a eu une attaque de frigo en France.
04:07Et puis, 15 jours plus tard, il y en a eu une en Europe.
04:10Comment ça se fait qu'en 15 jours, on n'ait pas réussi à s'adapter ?
04:13Est-ce qu'on se dit, ce ne sera pas moi, ce sera les autres ?
04:16Comment vous l'expliquez, vous ?
04:18C'est bien pire que ça, en réalité, parce que je pense que
04:20les premières attaques sur ces types de frigos,
04:22elles ont déjà eu lieu il y a deux ans.
04:24Alors, les toutes premières, d'ailleurs, étaient contre des frigos russes.
04:26Et puis après, il y a eu des attaques aux États-Unis.
04:28Et en réalité, ça faisait longtemps que la vulnérabilité était connue,
04:31qu'il y avait des patches.
04:32Et c'est très dur de suivre et de patcher tout ce qu'on peut
04:35quand on est un opérateur typiquement de supermarché.
04:38Et donc, être prêt dans ces temps-là, ça n'existe pas dans le monde actuel.
04:44Et ces temps où il faut se préparer sont en train de se réduire drastiquement à cause de l'IA.
04:48Et donc, on va aller au-devant de choses de ce type-là de plus en plus.
04:52Et en plus, ça donne des idées aux attaquants.
04:54C'est-à-dire que ce n'est pas forcément les mêmes attaquants au début
04:55et puis après sur les autres attaques.
04:57La finalité, c'est déstabiliser ou c'est voler des données ?
05:00Sur les frigos, c'est clairement déstabiliser.
05:02On avait quand même une ère, et je pense qu'on est toujours dedans,
05:04de vol de données massifs.
05:05Mais après, ça peut être soit à des fins de déstabilisation,
05:08l'effet final tout à la fin, soit à des fins financières.
05:11Parce que les attaques sur les banques, c'est clairement des acteurs financiers.
05:13Ou sur Binance, la Corée du Nord, c'est vraiment des aspects financiers qui les intéressent.
05:17Merci William Lecate d'avoir été avec nous ce matin.
05:19Ceci est gérant chez Origa Partners.

Recommandations