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  • il y a 5 semaines
Mercredi 2 septembre 2026, retrouvez Thomas Picquette, (Directeur général, Hopium) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:04De constructeurs automobiles à hydrogène, à fournisseurs de systèmes de piles à combustible,
00:10Opium a opéré un important virage stratégique à l'image d'une filière hydrogène qui cherche encore son modèle.
00:16Alors comment naviguer dans cette filière encore en construction et surtout comment passer de l'innovation à l'industrialisation ?
00:22Je suis ravie de recevoir Thomas Piquette. Bonjour.
00:24Bonjour.
00:25Vous êtes directeur général d'Opium depuis février 2026. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:30Avec grand plaisir.
00:31Alors justement, vous venez du monde financier, plutôt capital investissement, restructuration.
00:35Pourquoi est-ce que vous avez choisi de reprendre Opium, de vous jeter dans ce monde de l'énergie ?
00:41On était sur une situation chez Opium qui méritait, on va dire, un travail de fond, je pense, sur le
00:47repositionnement des activités,
00:49sur leur diversification également, avec un savoir-faire en effet au niveau des financements que je pensais pouvoir apporter
00:57et des enjeux, comme vous l'avez dit, sur la filière hydrogène qui sont très importants et qui ne peuvent
01:01que motiver en fait tous les profils qui s'intéressent à ces sociétés.
01:06Alors vous n'étiez pas encore à la tête de la société à ce moment-là, mais comment s'est
01:09fait ce changement de stratégie,
01:12parce que c'est quand même un virage énorme de constructeurs automobiles à solutions de piles.
01:20Pourquoi c'est devenu indispensable ? Comment ça s'est fait ?
01:23Ça s'est fait de manière assez naturelle par le passage en redressement judiciaire de la société,
01:29le besoin de recentrage de ces activités sur ce qui est devenu son cœur de métier, donc la pile à
01:33hydrogène,
01:34donc vraiment le cœur de ce qui constituait l'automobile.
01:38Qui était déjà faite par l'entreprise ?
01:39Exactement, oui.
01:39Et qui accompagnait par ailleurs un marché en développement, celui de l'hydrogène,
01:49par rapport à un marché beaucoup plus concurrentiel et établi, qui est celui de l'automobile.
01:54Donc ce recentrage-là a eu lieu en 2023, et on continue aujourd'hui à accompagner ce changement,
02:00avec aujourd'hui aussi une mise en avant des différentes composantes qui nous ont permis de construire cette pile,
02:06d'ingénierie, de savoir-faire en modélisation, de savoir-faire en mécanique des fluides,
02:11toutes ces connaissances portées par les équipes qu'on essaie aujourd'hui de mettre à disposition du marché,
02:16notamment du marché de l'hydrogène.
02:18Alors on va refaire un petit peu de pédagogie peut-être pour ceux qui nous écoutent.
02:22L'hydrogène, est-ce que vous pouvez nous rappeler qu'est-ce que c'est exactement ?
02:27Comment c'est né ? Comment bien comprendre ce secteur ?
02:30Alors ce secteur, il est né historiquement pour notamment la pile à combustion,
02:37donc la production d'électricité via l'utilisation de molécules simples qu'est l'hydrogène,
02:44et qui aujourd'hui apporte quand même un certain nombre de solutions à pas mal d'acteurs du marché.
02:50C'est-à-dire que la production d'hydrogène aujourd'hui en France, pour grossir les chiffres,
02:53c'est à peu près 300 000 tonnes par an,
02:55et deux tiers qui est produit par des industries qui les utilisaient même,
02:58type raffinage, chirurgie, métallurgie.
03:00Donc on est sur des usages complètement différents
03:02que ceux qui sont notamment portés par opium sur la mobilité,
03:05mais qui est aujourd'hui une mélocule indispensable.
03:07Donc grâce à cette utilisation industrielle,
03:10beaucoup d'acteurs ont décidé aussi d'utiliser cette molécule
03:15pour commencer à produire de l'énergie, de l'électricité,
03:18de façon aujourd'hui on l'espère de plus en plus verte,
03:21et de répondre à certains nombres d'attentes du marché
03:25en termes d'écologie et de production et de souveraineté énergétique.
03:29Qu'est-ce que ça permet de faire que l'électricité directe ne permet pas de faire ?
03:32Alors ça permet déjà d'embarquer des quantités potentielles électricité assez importantes,
03:38sous format liquide ou solide, selon des réservoirs définis.
03:46Ça permet également, typiquement en France,
03:50où on a un parc nucléaire et un parc d'énergie renouvelable très développé,
03:54de stocker de l'énergie et de la surconsommation d'électricité
03:58via de l'électrolyse et de la production d'hydrogène,
04:02puis de la redistribuer sur le réseau.
04:03Et ça permet aussi de répondre là où aujourd'hui,
04:06typiquement, certaines...
04:11problématiques, notamment traitées par les batteries plus standards automobiles,
04:15ne répondent pas à type fret lourd et utilisation assez intensive
04:19qui demande des puissances assez importantes sur lesquelles les piles à hydrogène peuvent répondre.
04:23Donc un avantage économique peut s'implémenter dans le monde industriel facilement ?
04:27Alors l'avantage économique, c'est un peu l'enjeu aujourd'hui de l'hydrogène.
04:30Il est double, c'est une production d'hydrogène vert maintenant,
04:34sachant qu'aujourd'hui, trois quarts de la production d'hydrogène est issue d'énergie fossile,
04:41pas encore complètement zéro émission.
04:44Et par le développement, en effet, de ce mode de production,
04:48une augmentation des volumes, une augmentation de l'utilisation des installations
04:51et une baisse du prix unitaire qui permet aussi de se rapprocher du prix des énergies fossiles.
04:56Comment est-ce que vous avez vu le marché évoluer ?
04:58Parce que c'est vrai qu'il y a quelques années, on voyait un peu l'hydrogène comme la grande
05:02solution.
05:03Je n'ai pas l'impression que ça a décollé aussi rapidement qu'on l'ait souhaité.
05:07Qu'est-ce qui s'est passé ces dernières années dans le développement de cette filière ?
05:13C'est, comme vous l'avez dit au début, une filière qui a été très innovante,
05:16donc qui dit innovation.
05:18On a aussi recherché, je pense, les marchés d'utilisation cible pour l'hydrogène.
05:27C'est un problème de cible, c'est-à-dire ?
05:30Pas tant un problème, c'est que c'est beaucoup d'entreprises qui ont en effet tenté de pousser des
05:35solutions technologiques
05:36sur des marchés qui n'étaient pas forcément matures,
05:38où le business model, la rentabilité économique n'existait pas encore forcément.
05:42Aujourd'hui, le marché fait qu'on a toujours ce besoin d'utilisation industrielle de l'hydrogène,
05:49ce qui est vraiment une opportunité à mon sens,
05:51parce que la France a aujourd'hui les capacités de production qu'elle peut développer.
05:54On a un plan d'hydrogène France 2030 qui pousse sur les sujets d'électrolyse
05:59pour continuer à verdir, on va dire, la production d'hydrogène
06:02qui sera utilisée par les industries en baissant leurs coûts
06:04sur ces industries qui utiliseront toujours de l'hydrogène,
06:07raffinage, production d'engrais, ammoniaque, métallurgie.
06:12Pouvoir trouver des cas d'usage complémentaires,
06:15comme aujourd'hui l'a fait Opium sur la mobilité lourde, maritime,
06:19comme on essaie de le faire aussi sur le stationnaire,
06:23des projets aussi critiques sur la défense,
06:26l'utilisation de l'hydrogène demain,
06:28peut trouver des voies qui n'existent pas encore.
06:31Est-ce que la France permet de recevoir tous ces investissements ?
06:37Est-ce qu'il y a un manque d'infrastructures ?
06:39Est-ce que la France peut être le berceau du développement de cette filière ?
06:44On est dans les deux pays les plus promoteurs de l'hydrogène,
06:48avec l'Allemagne, en termes de financement,
06:51donc on n'a pas à rougir, on a un plan qui est ambitieux,
06:54notamment qui a, ça c'est je pense quelque chose de très indégeant,
06:57remonté la filière en termes d'investissement vers la production,
07:00les infrastructures de distribution et de stockage,
07:02qui permettent demain d'avoir accès à cette molécule
07:05de façon beaucoup plus importante,
07:06et encore une fois,
07:09c'est un avantage qu'a la France aujourd'hui,
07:12je le redis, on a un parc nucléaire important,
07:14on a la production d'électricité verte qui est importante,
07:16qui permet vraiment de produire de l'hydrogène à grande échelle.
07:20Il y a des investissements importants à faire,
07:22il y a des solutions techniques qui doivent continuer à s'améliorer,
07:25mais on a cette capacité demain d'être un producteur fort.
07:29En termes d'infrastructures, il y a des capacités,
07:30en termes de coûts,
07:32qu'est-ce que ça représente l'hydrogène par rapport à l'électricité directe ?
07:36Alors, l'hydrogène ne se compare pas forcément à l'électricité directe,
07:41puisqu'elle permet soit de la stocker, soit de la capter.
07:45On va dire plutôt par rapport aux...
07:45Est-ce que c'est compétitif ?
07:47Aujourd'hui, on va surtout le comparer par rapport aux énergies fossiles,
07:52selon le type de production d'hydrogène,
07:54l'hydrogène qu'on appelle gris,
07:56donc issu de matières fossiles,
08:01n'est pas encore complètement compétitif
08:03par rapport aux énergies fossiles directes pour la production d'énergie.
08:05En hydrogène vert, encore moins.
08:07Mais continuer à pousser ces investissements,
08:11continuer à pousser cette production d'énergie verte,
08:14ça va embarquer quand même deux choses
08:16qui sont très importantes, je pense, à l'avenir.
08:18La baisse du coût, on en a déjà parlé,
08:20naturellement, par la montée en valeur des infrastructures.
08:24Le deuxième, c'est que sur les énergies fossiles,
08:26on n'est pas maître, on n'est pas souverain,
08:29on n'a pas une maîtrise complète demain
08:30de quel sera le prix du gaz naturel,
08:32quel sera le prix demain des hydrocarbures.
08:36Donc voilà, on a en plus,
08:38et c'est dans les actualités récentes,
08:39en France, la chance d'avoir aussi un État
08:42qui promeut les forages,
08:43que ce soit dans l'Est de la France,
08:45ou en Aquitaine, en Occitanie,
08:47recherche de réserves d'hydrogène sous le sol,
08:49qui permettront aussi, je pense,
08:51de baisser à terme le coût de l'énergie,
08:53et d'avoir, on va dire,
08:57à production de kilowattheures,
08:59des prix qui, à l'avenir,
09:00et c'est, je pense, l'objectif,
09:02pour les zones de 2040,
09:03d'avoir des prix qui sont quasiment équivalents.
09:05Et ça veut dire qu'avec l'hydrogène,
09:06on peut être totalement souverain énergétiquement,
09:08on peut être en circuit interne, en français ?
09:11Alors, on sera toujours, quand même,
09:13en besoin de production d'électricité classique
09:15par les ENR, évidemment.
09:17En termes d'énergie fossile,
09:18il y aura une montée en gamme,
09:20et c'est le cas notamment sur l'aéronautique,
09:23sur le maritime,
09:24avec aussi les hydrocarbures de synthèse
09:29moins émetteurs qui sont issus de l'hydrogène,
09:30qui permettront de réduire les émissions.
09:32Et demain, en effet,
09:33la place de l'hydrogène dans la consommation,
09:36que ce soit en mobilité ou en industrie,
09:38elle a vocation à augmenter,
09:39elle a vocation à se démocratiser.
09:41Je reprends à votre casquette de chef d'entreprise.
09:43Quel choix vous avez dû faire, du coup,
09:45cette filière qui est encore vraiment en construction ?
09:48Est-ce que c'est difficile, déjà,
09:49de faire une feuille de route pour Opium,
09:51quand on ne sait pas encore très bien
09:53où vont les investissements,
09:55comment ça se développe, etc. ?
09:56On a, nous, la chance d'être une société
10:00avec des fortes compétences humaines.
10:03On a des employés qui ont travaillé
10:04depuis maintenant cinq ans
10:06sur la filière, sur la technologie,
10:08et qui ont une capacité d'adaptation
10:10assez importante,
10:12notamment pour aller répondre
10:13à des problématiques d'autres acteurs du secteur.
10:15Donc, on va dire que la feuille de route,
10:16pour la synthétiser, elle a quand même été relativement simple.
10:19C'est une vraie volonté d'ouverture
10:22sur le secteur,
10:23avec des personnes qu'on pouvait appeler
10:25historiquement nos compétiteurs,
10:27pour tenter d'aider,
10:29d'apporter les solutions que nous,
10:30on avait su trouver pendant cinq ans
10:31chez Opium.
10:32On a travaillé quand même
10:33sur la production d'une voiture,
10:34comme vous l'avez dit.
10:35On a livré un système
10:37à vocation maritime
10:38qui va être installé sous peu.
10:40Ça, c'est les nouveautés d'Opium ?
10:42Ça, c'est les activités
10:44sur la pile à combustible d'Opium.
10:46Et demain, on veut continuer
10:47à démocratiser
10:48en proposant nos services
10:51sur la chaîne de valeur
10:53de l'intégration
10:54de systèmes hydrogènes.
10:56Et ça nous permettra,
10:58je pense,
10:58là où historiquement,
10:59on est venu du secteur automobile,
11:01de nous diversifier
11:02sur un nombre de secteurs
11:03beaucoup plus large,
11:04de travailler avec un nombre
11:05d'acteurs beaucoup plus large,
11:06et nous aussi, d'ailleurs,
11:07d'apprendre beaucoup
11:07des problématiques
11:08qui peuvent avoir d'autres acteurs
11:09qu'on n'avait peut-être pas rencontrés
11:10sur les cas d'usage
11:12qu'on avait sur notre système.
11:15Parce que du coup,
11:15ça passe par quoi exactement ?
11:17C'est la stratégie nouvelle
11:19de Pomme
11:19pour les deux prochaines années ?
11:21Alors, il y a
11:23cette volonté d'ouverture
11:24et de travailler
11:25avec l'ensemble de l'écosystème.
11:26On a une stratégie
11:27qui fait partie d'une stratégie,
11:28on va dire,
11:28de diversification de nos activités.
11:30On a aussi récemment validé
11:32un financement
11:33pour des acquisitions
11:34qui doit nous permettre
11:35d'accélérer
11:35sur cette diversification,
11:37soit par l'apport
11:38de capacités techniques,
11:40technologiques complémentaires,
11:42soit par l'acquisition
11:43de compétences commerciales
11:45complémentaires,
11:46soit aussi par la capacité
11:48à aller toucher
11:48des secteurs
11:49qu'on n'aurait pas pu toucher
11:50naturellement
11:50avec les capacités
11:52qu'on a aujourd'hui.
11:54Donc,
11:54c'est deux éléments
11:56qui vont vraiment former
11:58le cœur de la stratégie d'Opium
11:59dans les prochaines années
12:00et sur lesquelles on avance
12:01le plus activement possible.
12:02Donc, vos secteurs
12:03qui seraient par exemple
12:03touchés par cette nouvelle
12:06pile à combustible
12:07de 200 kWh que vous avez,
12:08ça c'est votre nouveauté technologique,
12:10on va dire,
12:11ça vous permet quand même
12:12un bon lancement.
12:13Oui, tout à fait,
12:13c'est la vitrine de la société,
12:16c'est ce sur quoi,
12:16c'est ce qui a propulsé
12:17la voiture,
12:18c'est ce qui va propulser
12:19le bateau.
12:20Aujourd'hui,
12:21on se doit de le mettre à jour
12:22et de capitaliser
12:23sur tout ce qu'on a appris
12:24sur les dernières années
12:25et de le mettre
12:26en exergue
12:27dans ce système
12:28qui sera évidemment disponible
12:30et qui,
12:31par ailleurs,
12:32nous permettra,
12:32on l'espère,
12:33de travailler
12:33avec un maximum
12:35de cas d'usage.
12:36Merci beaucoup Thomas Piquet,
12:37je rappelle que vous êtes
12:38directeur général d'Opium
12:39depuis février 2026.
12:41Tout à fait.
12:42Et merci à vous tous et tous
12:43de nous avoir suivis,
12:44c'était SmartEco.
12:49Sous-titrage Société Radio-Canada
12:49Sous-titrage Société Radio-Canada
12:51Sous-titrage Société Radio-Canada
12:52Sous-titrage Société Radio-Canada

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