- il y a 2 jours
Policier
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00:01:00...
00:01:35A Odessa, dans les années 1980 et 90, on avait beaucoup d'homicides.
00:01:43On a même été la capitale américaine du meurtre pendant quelques années.
00:01:47On avait de quoi faire.
00:01:522 février 1994. Snow Robertson est sergent dans la police d'Odessa.
00:02:02Le ciel était couvert, il y avait du vent.
00:02:08On nous a signalé un corps sur un terrain vague.
00:02:13Il avait été retrouvé près d'une clôture grillagée à côté d'un arbre.
00:02:17Le cadavre était dans un état de décomposition tellement avancé
00:02:21qu'on n'a pas pu identifier la victime.
00:02:28J'ai couvert ses mains avec des sacs en papier
00:02:31pour éviter toute contamination ou destruction des preuves.
00:02:37Les traces ADN, les éléments pileux, le sang.
00:02:43L'inspecteur Justin Cade a 8 ans d'ancienneté dans la police d'Odessa.
00:02:50Si on déplace des vêtements
00:02:52ou qu'on touche la peau d'une victime,
00:02:57on risque de contaminer la scène.
00:03:04Je suis allé chercher un sac mortuaire pour y placer le corps.
00:03:10Puis je l'ai soulevé et je l'ai transporté jusqu'au véhicule.
00:03:15Il était très fragile.
00:03:18Je ne voulais pas risquer qu'il lui arrive quoi que ce soit.
00:03:25Par chance, le médecin légiste parvient à obtenir une empreinte digitale.
00:03:31On a fait une recherche dans la base de données.
00:03:35Il s'agissait de Denise Christie Brothers.
00:03:44Je la connaissais.
00:03:46Ses parents étaient des gens bien, ses enfants aussi.
00:03:51Quand je repense à ma mère,
00:03:53je revois les fêtes d'anniversaire.
00:03:56Quand on allait manger des fruits de mer,
00:03:58c'était de bons moments.
00:04:03Ses parents étaient des citoyens modèles.
00:04:08C'était une immense tragédie.
00:04:11Mais Denise ne s'était jamais sentie à la hauteur.
00:04:15Jamais assez bien.
00:04:18L'examen du corps ne révèle aucun élément de preuve.
00:04:22Il permet néanmoins d'établir la cause du décès.
00:04:27Le légiste a retiré l'osioïde.
00:04:30Je l'ai accompagné en radiologie.
00:04:33Il a fait une radio de l'os qui a montré une fracture très nette.
00:04:38Ça voulait dire que Denise avait été étranglée avec une grande violence.
00:04:47Le suspect était très certainement un homme,
00:04:50étant donné la force qu'il avait employée.
00:05:01La victime est connue des services de police.
00:05:07Denise était accro aux stupéfiants.
00:05:09Et elle se prostituait pour payer ses doses.
00:05:13Elle prenait de l'héroïne.
00:05:14J'ai essayé de l'aider.
00:05:16Mes grands-parents aussi.
00:05:19Pour tout vous dire, ça arrive même dans les familles les plus exemplaires.
00:05:26Ces gens aiment leurs enfants autant que vous et moi.
00:05:32Il y avait des périodes où elle allait bien
00:05:34et où elle s'occupait correctement de ses enfants.
00:05:38Et d'autres où elle était aux abonnés absents.
00:05:43Elle était là deux ou trois jours par semaine.
00:05:45Et puis elle disparaissait quelques temps
00:05:47et on savait ce qu'il en était.
00:05:54Mais en janvier 1994,
00:05:57Denise s'absente plus longtemps que d'habitude.
00:06:03On est partis à sa recherche pendant plusieurs jours.
00:06:06On a quadrillé la ville dans tous les sens.
00:06:11On a interrogé tout le monde, mais ça n'a rien donné.
00:06:18Au bout de deux semaines, la police nous a appelés.
00:06:22On a retrouvé votre mère.
00:06:24Est-ce que vous pourriez venir l'identifier ?
00:06:27Je suis allé au poste avec mes grands-parents
00:06:30et j'ai regardé le corps.
00:06:33C'était une vision d'horreur.
00:06:36Ma grand-mère a voulu entrer,
00:06:38mais à peine la porte ouverte,
00:06:41elle s'est mise à hurler.
00:06:45Sa mère ne pouvait même plus parler.
00:06:48Ça les a démolis.
00:06:51Je sais que sa mère était anéantie
00:06:53et que son père était...
00:06:57On voyait bien qu'il était détruit de l'intérieur.
00:07:05Le sergent Robertson patrouille la ville
00:07:07à la recherche d'indices.
00:07:11Les collègues prostituées de Denise
00:07:13lui parlent d'un client régulier
00:07:15qui conduit une camionnette.
00:07:19On a retrouvé le chauffeur de la camionnette
00:07:22dont elle m'avait parlé.
00:07:24On l'a convoqué et interrogé longuement.
00:07:28Il a fini par avouer qu'il avait eu des rapports sexuels
00:07:31avec Denise ce soir-là.
00:07:33Mais que quand il l'avait quittée,
00:07:36elle allait bien.
00:07:37Il a même accepté qu'on fouille son véhicule.
00:07:42Il s'est soumis au détecteur de mensonges,
00:07:46mais ça n'a rien donné.
00:07:49Sans le moindre élément pour relier
00:07:51la camionnette au meurtre de Denise,
00:07:53l'homme est remis en liberté.
00:07:56Et l'enquête s'éternise.
00:08:03À l'époque,
00:08:04les enquêteurs n'ont pas trouvé
00:08:06de motifs suffisants
00:08:07pour incriminer un suspect dans ce meurtre.
00:08:11J'ai continué à les discuter régulièrement
00:08:14avec les prostituées.
00:08:17Elles ont fini par me dire,
00:08:19on vous a dit tout ce qu'on savait.
00:08:23« C'est décourageant de ne trouver aucune piste. »
00:08:30Au début, mon grand-père appelait sans arrêt les policiers.
00:08:34Au bout d'un moment,
00:08:35ils lui ont dit,
00:08:36« S'il vous plaît, arrêtez d'appeler.
00:08:39Si on trouve quelque chose, on vous le dira. »
00:08:44Le temps passe et le sergent Robertson décide de faire une ultime tentative.
00:08:49J'ai rempli un dossier pour le FBI.
00:08:55C'est un formulaire très détaillé.
00:08:57On y décrit le mode opératoire,
00:09:00strangulation,
00:09:01plaie par balle,
00:09:02ou coup de couteau.
00:09:05On indique aussi l'origine ethnique
00:09:07et le sexe de la victime.
00:09:09Ce rapport peut être utilisé par le FBI
00:09:12pour identifier des liens entre cette affaire
00:09:15et celles d'autres victimes d'homicide
00:09:17ou d'autres suspects.
00:09:21Presque 20 ans plus tard,
00:09:25le rapport du policier déclenchera une enquête
00:09:27sans commune mesure dans l'histoire des États-Unis.
00:09:32On pensait que c'était une simple affaire locale.
00:09:36Aucun de nous ne s'attendait à une enquête d'une telle envergure.
00:09:55Le cas de l'envers
00:10:19Je suis analyste criminel.
00:10:25J'ai toujours été passionnée par les affaires
00:10:28concernant les actes de violence.
00:10:31Christy Palazzolo travaille pour le FBI
00:10:34au sein du programme d'appréhension des criminels violents
00:10:37le VICAP.
00:10:39Une base de données nationale unique en son genre.
00:10:43Les forces de l'ordre local ou d'État
00:10:45entrent leur rapport dans notre base de données.
00:10:48J'examine et j'analyse les détails de chaque affaire.
00:10:53Puis je cherche des points communs avec d'autres affaires.
00:10:57Notre travail consiste à établir des liens.
00:11:03S'ils n'entraînent pas toujours une condamnation,
00:11:05ces liens peuvent soulager les familles
00:11:07des victimes d'affaires non résolues.
00:11:12Parce que ces histoires sont souvent atroces,
00:11:17je suis déterminée à faire une différence,
00:11:21à apporter des réponses aux familles
00:11:23et quand c'est possible,
00:11:26à les aider à tourner la page.
00:11:29Voilà ce qui me motive.
00:11:35Sa collègue Angela Williamson
00:11:37est experte en criminalistique.
00:11:40J'ai environ 15 ans d'expérience
00:11:43en tant que spécialiste ADN
00:11:44dans la police scientifique.
00:11:46J'ai travaillé sur de grosses affaires.
00:11:49Christy est comme moi,
00:11:50elle connaît tous les tueurs en série.
00:11:59En 2013, Christy Palazzolo
00:12:02est contactée par des policiers de Los Angeles
00:12:04qui enquêtent sur un possible tueur en série.
00:12:09Ils ont fait appel à nous
00:12:11pour qu'on identifie des affaires similaires
00:12:13qui auraient pu être liées à cet homme.
00:12:25Un an plus tôt, en 2012,
00:12:28le département des affaires classées
00:12:29de la police de Los Angeles
00:12:30fait une recherche dans la base de données
00:12:33de Californie
00:12:34et découvre que le même ADN
00:12:36apparaît dans deux meurtres commis en 1989.
00:12:40Audrey Nelson et Guadalupe Apodaca
00:12:42ont été découvertes mortes
00:12:44pendant l'été 1989,
00:12:45à trois semaines d'intervalle.
00:12:49Audrey Nelson a été retrouvée
00:12:50dans une benne à ordures
00:12:51et Guadalupe dans un garage abandonné.
00:12:57Elles avaient toutes les deux
00:12:58leur pu le remonter jusqu'aux épaules
00:12:59ou par-dessus la tête.
00:13:01Elles n'avaient plus de pantalons
00:13:02ni de sous-vêtements.
00:13:05Elles étaient éraflées,
00:13:07signe qu'elles avaient été traînées
00:13:08jusqu'au lieu où le tueur
00:13:09s'était débarrassé de leur corps.
00:13:13Les deux femmes présentent des contusions au cou
00:13:16et une fracture de l'oséloïde
00:13:18caractéristique d'une strangulation manuelle.
00:13:22L'ADN retrouvé sur chacune d'elles
00:13:24permet d'identifier un suspect
00:13:26dans la base de données californienne.
00:13:30Il s'appelle Samuel Little.
00:13:34Les enquêteurs fouillent son passé
00:13:36et découvrent que son casier judiciaire
00:13:39remonte jusqu'aux années 1950.
00:13:44Son passé criminel était long comme le bras.
00:13:47Les policiers ont compris
00:13:48que cet homme se déplaçait énormément.
00:13:52Depuis qu'il avait laissé tomber le lycée,
00:13:55il vivait dans sa voiture,
00:13:57quadrillant le pays au gré de ses envies.
00:14:02Pendant des semaines,
00:14:03les enquêteurs passent le comté
00:14:05de Los Angeles au peigne fin.
00:14:06Le suspect reste introuvable.
00:14:14Jusqu'à ce que l'homme encaisse
00:14:15un chèque des aides sociales
00:14:16à des milliers de kilomètres de là.
00:14:18À Louisville,
00:14:20dans le Kentucky.
00:14:23Il vivait dans un foyer
00:14:24pour sans-abri dans le Kentucky.
00:14:26Il a été extradé vers la Californie.
00:14:29Le bureau du procureur
00:14:31voulait engager des poursuites.
00:14:32Mais il voulait d'abord trouver
00:14:34des points communs entre les affaires.
00:14:36Dans les antécédents de cet homme,
00:14:38qu'est-ce qu'il pourrait trahir
00:14:39un mode opératoire ?
00:14:44Étant donné sa vie de nomade,
00:14:46il était probablement impliqué
00:14:48dans d'autres affaires,
00:14:49dans d'autres états.
00:14:52Mais comment les identifier ?
00:14:55Surtout pour celles qui remontaient
00:14:56aux années 1970 et 80.
00:14:59Grâce à Weycap,
00:15:00voilà comment.
00:15:02« Si en tant qu'enquêteur,
00:15:04vous saviez ce qu'il faisait
00:15:05à ses femmes
00:15:06et qu'elles étaient ses cibles,
00:15:07vous pouviez contacter le FBI
00:15:09qui vous disait
00:15:10« D'après notre historique,
00:15:12il était dans votre coin,
00:15:13c'est peut-être votre suspect. »
00:15:16Lorsque Christy Palazolo
00:15:18se saisit du dossier,
00:15:19elle sait par expérience
00:15:20qu'il pourrait y avoir
00:15:21beaucoup d'autres victimes.
00:15:23Elle examine de plus près
00:15:25les crimes de Samuel Little.
00:15:28« J'ai jeté un œil à son parcours.
00:15:31Il avait eu maille à partir
00:15:32avec la justice presque toute sa vie.
00:15:37Ça allait du simple larcin à l'agression.
00:15:40Il avait même été accusé de viol
00:15:42et de possession d'armes à feu.
00:15:46Il avait eu tous les chefs
00:15:47d'accusation possibles.
00:15:50Il avait été arrêté de nombreuses fois.
00:15:53Il avait même été accusé.
00:15:55Mais il s'en était toujours tiré
00:15:57avec une peine très légère
00:15:59ou une libération pour bonne conduite.
00:16:02En fin de compte,
00:16:03il n'avait pas fait
00:16:04beaucoup de prison pour tout ça. »
00:16:08Samuel Little est presque un cas à part.
00:16:10Il est typique de ce qu'on appelle
00:16:12un délinquant professionnel.
00:16:15« Son passé criminel est extrêmement long
00:16:18et incroyablement diversifié.
00:16:23Il a recours à tous les moyens nécessaires
00:16:25pour satisfaire ses besoins
00:16:27ou passer du bon temps.
00:16:30À ses yeux,
00:16:32la loi n'a pas à venir entraver ses besoins,
00:16:35qu'ils soient charnels ou financiers.
00:16:38Sa vie toute entière
00:16:40tourne autour du crime.
00:16:43Ce n'était pas le premier délinquant
00:16:45à avoir enfreint la loi
00:16:46dans plusieurs états.
00:16:48Mais il est rare de voir un homme
00:16:50traverser le pays d'est en ouest
00:16:52en semant des cadavres
00:16:53tout le long du chemin.
00:16:56Il avait beau être sans arrêt
00:16:58sur les routes,
00:17:00il était très à l'aise
00:17:01partout où il allait.
00:17:03Assez pour savoir à qui parler
00:17:05et qui évitait
00:17:06pour ne jamais se faire repérer
00:17:08dans aucune de ses villes.
00:17:11C'était pratique pour lui
00:17:13de ne jamais passer
00:17:14plus de quelques jours
00:17:15quelque part.
00:17:18D'après ses antécédents,
00:17:20Samuel Little a déjà été accusé
00:17:22de meurtre dans plusieurs états.
00:17:25Dans les années 1980,
00:17:27il a été arrêté
00:17:29et accusé d'homicide
00:17:30dans le Mississippi.
00:17:32Mais le grand jury
00:17:33ne l'a pas inculpé
00:17:34dans cette affaire.
00:17:35Il était en détention provisoire
00:17:37et il a été transféré
00:17:39en Floride
00:17:39pour une autre accusation
00:17:41d'homicide.
00:17:43Un procès a eu lieu
00:17:45et le jury l'a déclaré
00:17:46non coupable.
00:17:49On savait donc
00:17:50qu'il avait été soupçonné
00:17:52d'au moins deux autres meurtres.
00:17:54Cette fois,
00:17:55à l'autre bout du pays,
00:17:57dans le sud.
00:18:00Christy Palazolo
00:18:01ne se borne pas
00:18:01aux informations disponibles
00:18:03dans la base de données
00:18:04pour reconstituer
00:18:05l'histoire du suspect.
00:18:07Il est fondamental
00:18:09de ne pas laisser
00:18:09l'analyse des données
00:18:10uniquement à un ordinateur.
00:18:13Quand une personne
00:18:14s'imprègne de l'affaire,
00:18:15qu'elle la décortique
00:18:17jusque dans ses moindres détails
00:18:19et qu'elle compile
00:18:21toutes ses informations,
00:18:23les résultats
00:18:24n'en sont que meilleurs.
00:18:26L'analyste cherche
00:18:28à établir la présence
00:18:29de Samuel Little
00:18:30dans des lieux
00:18:30et à des dates précises.
00:18:34J'ai effectué
00:18:35des dizaines de recherches
00:18:36dans la base
00:18:37de données VICAP,
00:18:39à la recherche d'affaires
00:18:41qui coïncidait
00:18:42avec sa manière d'agir.
00:18:47Elle se concentre
00:18:48sur son mode opératoire.
00:18:51Ces femmes
00:18:52avaient été étranglées,
00:18:53étranglées manuellement.
00:18:59Ça semblait avoir
00:19:01de l'importance pour lui,
00:19:03suffisamment pour qu'il l'ait fait
00:19:05dans toutes les affaires
00:19:06dont on avait connaissance.
00:19:11Je me suis concentrée
00:19:12sur ce point
00:19:13et j'ai cherché
00:19:14toutes les affaires
00:19:15où la victime
00:19:16avait été étranglée.
00:19:19Johnny Johnston
00:19:20ne participe pas
00:19:21à l'enquête,
00:19:22mais elle est une experte
00:19:23des tueurs en série.
00:19:27Il voulait être
00:19:28aussi proche d'elle
00:19:29que possible.
00:19:31Il ne voulait pas
00:19:33les tuer de loin.
00:19:36Et ce n'est pas tout.
00:19:41Ses victimes
00:19:42se prostituaient.
00:19:45Elles prenaient des risques,
00:19:47elles étaient vulnérables.
00:19:50Il avait un type de femme.
00:19:54Il cherchait des personnes
00:19:55en détresse
00:19:56qui n'avaient pas vraiment
00:19:57une vie idéale,
00:19:58même si ce n'était pas leur faute.
00:19:59Si elles étaient toxicomanes,
00:20:03sans-abri,
00:20:04dans le besoin
00:20:05ou psychologiquement malades
00:20:06ou vulnérables,
00:20:09il fonçait.
00:20:14Il savait choisir
00:20:16ses victimes.
00:20:19Lors de ses recherches,
00:20:20une affaire interpelle
00:20:22Christy Palazolo.
00:20:23Le meurtre
00:20:24de Dennis Brothers
00:20:25à Odessa,
00:20:26au Texas,
00:20:26en 1994.
00:20:29D'après ma chronologie,
00:20:31j'ai pu établir
00:20:32qu'il était passé
00:20:33dans la région
00:20:33au moment du meurtre.
00:20:35Les détails de l'affaire
00:20:36coïncidaient
00:20:37avec ceux des victimes
00:20:38de Los Angeles.
00:20:40Denise avait été étranglée
00:20:42et son corps
00:20:44avait été abandonné
00:20:45à l'air libre,
00:20:45dans une zone industrielle
00:20:47près d'une clôture.
00:20:48C'est aussi comme ça
00:20:50qu'il s'était débarrassé
00:20:51des corps à Los Angeles.
00:20:53Les pièces du puzzle
00:20:54semblaient s'emboîter.
00:20:55J'étais convaincue
00:20:56qu'ils pouvaient être
00:20:57suspects dans cette affaire.
00:21:01Mais il n'y a toujours
00:21:03aucune preuve tangible.
00:21:06La police avait seulement
00:21:08le corps de la victime
00:21:09et aucun ADN
00:21:10n'avait pu être prélevé.
00:21:11Aucun autre élément
00:21:13ne nous permettait
00:21:13de poursuivre
00:21:14dans cette voie.
00:21:16L'analyste reste néanmoins
00:21:18convaincu
00:21:18que Samuel Little
00:21:19a tué Denise.
00:21:23Pendant ce temps,
00:21:26la police de Los Angeles
00:21:28découvre que
00:21:29deux habitantes
00:21:30de San Diego
00:21:31ont été attaquées
00:21:32par le suspect
00:21:33et qu'elles ont survécu.
00:21:38des ménages
00:21:39elle a choked
00:21:39pour le casse
00:21:42et que la Chope
00:21:42je fais
00:21:42de la Chope
00:21:43Je fais
00:21:44mais je fais
00:21:45de la Chope
00:21:47de la Chope
00:21:48et les députés
00:21:49de la Chope
00:21:49de la Chope
00:21:51et les députés
00:21:51et ils se furent
00:21:51et ils se savent
00:21:53Il n'est pas où ?
00:22:24En 1980. Perpétré par le suspect sous un pseudonyme Samuel McDowell.
00:22:30J'étais dans mon bureau quand j'ai reçu un appel de collègues de Los Angeles. Ils m'ont dit
00:22:35« En 1984, vous avez arrêté un type pour viol ». J'ai dit « Samuel McDowell ». Ils étaient
00:22:44étonnés que son nom me revienne aussi vite. J'ai dit « Je me souviens de cette arrestation. Elle m
00:22:50'a marqué ».
00:22:59Wayne Spies débute sa carrière dans la police de San Diego.
00:23:04J'étais tout nouveau. J'apprenais le métier en essayant de ne pas me ridiculiser devant mon agent de formation.
00:23:10Je travaillais dans un quartier de la ville très animé, où les gangs étaient très actifs.
00:23:17Ce n'est pas l'image que les gens ont de San Diego.
00:23:22C'est une ville formidable. Mais tard le soir et loin du centre-ville, c'était une autre histoire.
00:23:29Il y avait beaucoup de trafic de drogue et de prostitution.
00:23:33Dès qu'on s'éloignait des rues principales, c'était la zone.
00:23:40Le 24 octobre 1984, un prédateur sexuel rôde dans la ville.
00:23:47On nous a distribué un tract au sujet d'une agression commise un mois plus tôt.
00:23:52La victime s'appelait Laurie Barros.
00:23:56D'après le rapport, elle avait été enlevée dans la rue et emmenée dans un coin isolé.
00:24:01Violée et étranglée plusieurs fois jusqu'à perdre connaissance.
00:24:06Elle s'était ensuite réveillée sur un terrain vague dans un coin paumé et elle avait appelé la police.
00:24:15Le suspect n'était pas connu.
00:24:17On avait seulement son signalement et celui de sa voiture.
00:24:24Une grosse voiture américaine.
00:24:27La description de l'habitacle était très détaillée.
00:24:33La victime avait remarqué que des dés étaient accrochés au rétroviseur.
00:24:38Que l'habitacle était couleur bordeaux.
00:24:40Qu'une vitre était abîmée, cassée.
00:24:44Tous les détails qu'elle avait pu fournir étaient notés sur le papier qu'on nous avait remis.
00:24:52Toutes les patrouilles reçoivent le signalement du prédateur et de sa voiture.
00:24:57Wayne Spies et son formateur font partie de l'équipe de nuit.
00:25:01Il faisait chaud.
00:25:03Les rues étaient animées.
00:25:05C'est généralement vers 4 heures du matin que les appels radios se font de plus en plus rares.
00:25:11On était en train de patrouiller.
00:25:14Les deux hommes se rendent à l'endroit où Laurie Barros a été agressé.
00:25:20C'était une zone laissée à l'abandon, sans éclairage public.
00:25:25Le coin idéal pour un criminel qui veut faire sa petite affaire.
00:25:30Pour être plus discret, on a éteint nos phares.
00:25:34Il y avait une petite montée.
00:25:37Et une fois en haut, on a vu qu'une grosse voiture noire était garée.
00:25:42À peut-être une quarantaine de mètres.
00:25:48On a mis les pleins phares, on a allumé le gyrophare et chacun notre projecteur.
00:25:54On a vu un type se redresser sur le siège arrière.
00:25:59L'homme est descendu de voiture et il a commencé à faire le tour par l'arrière.
00:26:06Tout en remontant son pantalon et en refermant sa braguette.
00:26:12Tandis que son agent de formation avance vers la voiture,
00:26:16Winespies ordonne à l'homme de venir vers lui.
00:26:19Il a hésité, il était nerveux.
00:26:23D'une voix un peu plus ferme, je lui ai dit, approchez, je veux vous parler.
00:26:30Quand il est arrivé à peu près à un mètre de moi,
00:26:34je lui ai dit, qu'est-ce qui se passe ?
00:26:36Et il m'a fait, oh ma femme et moi, on s'est disputés, mais...
00:26:41maintenant on fait l'amour, tout va bien.
00:26:44J'ai vu qu'il avait des griffures
00:26:46qui étaient encore en train de saigner dans le cou.
00:26:50Des griffures verticales.
00:26:55Il a baissé les yeux vers l'arme à ma ceinture.
00:27:02J'ai bien vu dans son regard,
00:27:04il se demandait s'il pourrait s'enfuir.
00:27:09Il était costaud,
00:27:10un mètre quatre-vingt-cinq,
00:27:12102 kilos,
00:27:14mais il ne risquait pas de me semer à la course.
00:27:16Il devait déjà avoir la quarantaine à ce moment-là.
00:27:19Il fallait qu'il fasse un choix.
00:27:21S'il voulait se battre,
00:27:23on serait deux contre lui.
00:27:27C'était perdu d'avance.
00:27:29Sauf s'il réussissait
00:27:30à saisir mon arme.
00:27:34Je lui ai dit, fais pas l'idiot.
00:27:39Il s'est retourné,
00:27:40les mains derrière le dos.
00:27:43Une fois le suspect menotté,
00:27:46les policiers s'enquièrent
00:27:47de la femme dans la voiture.
00:27:50J'ai éclairé l'habitacle.
00:27:52Les sièges avant
00:27:53étaient avancés au maximum
00:27:54pour faire de la place à l'arrière.
00:27:58Une femme nue
00:27:59était allongée sur le dos.
00:28:06Sa tête,
00:28:07ses épaules et son buste
00:28:09étaient coincés au sol
00:28:10derrière le siège conducteur.
00:28:13Elle avait les hanches
00:28:15sur la banquette arrière
00:28:16et les jambes écartées.
00:28:18Du sang coulait de sa bouche
00:28:20et de son nez.
00:28:21Sur le coup,
00:28:22j'ai cru qu'elle était morte.
00:28:26Les policiers parviennent
00:28:28à la ranimer.
00:28:30Quelques minutes plus tard,
00:28:32Tonya Jackson
00:28:32est transportée à l'hôpital.
00:28:36On savait que c'était
00:28:37le même type
00:28:38que le mois précédent.
00:28:40Le signalement correspondait.
00:28:43Il ressemblait
00:28:44au portrait robot.
00:28:46La description de la voiture
00:28:48coïncidait.
00:28:49Les dés au rétroviseur,
00:28:51la vitre cassée,
00:28:52tout était rigoureusement identique.
00:28:56On lui a fait la lecture
00:28:57de ses droits
00:28:58et il a accepté
00:29:00de nous parler.
00:29:03Il a dit s'appeler
00:29:04Samuel McDowell.
00:29:08Le suspect est emmené
00:29:09à l'hôpital
00:29:10pour un examen médical
00:29:11et des prélèvements d'ADN.
00:29:15ADN qui apparaîtra
00:29:16dans la recherche
00:29:17de la police
00:29:18de Los Angeles
00:29:18en 2012.
00:29:21Peu après,
00:29:23Samuel Little
00:29:23fait une déclaration choc.
00:29:27Il a dit
00:29:28« L'examen médical
00:29:29ne montrera aucun viol,
00:29:31seulement que mes mains
00:29:32étaient autour de son cou. »
00:29:36Il était en train
00:29:36de me dire
00:29:37le plus tranquillement
00:29:38du monde
00:29:39qu'il l'avait étranglé
00:29:41mais pas violé.
00:29:43Il n'aimait pas
00:29:46qu'on le qualifie
00:29:46de violeur.
00:29:47Il n'avait pas
00:29:48violé ses femmes.
00:29:50Il était d'accord
00:29:51pour dire
00:29:52qu'il les avait étranglés.
00:29:54Mais il était offusqué
00:29:56quand le traite
00:29:57de violeur.
00:30:01Tandis que
00:30:01Wayne Spies
00:30:02et son partenaire
00:30:03ramènent le suspect
00:30:04au poste,
00:30:05ce dernier continue
00:30:06de parler.
00:30:07Au début,
00:30:08il a dit
00:30:09« C'est ma femme. »
00:30:12et puis c'est devenu
00:30:13« J'ai ramassé
00:30:14une prostituée. »
00:30:16Elle a accepté
00:30:16de coucher
00:30:17pour 20 dollars.
00:30:23Elle a essayé
00:30:24de m'emmener
00:30:24dans une chambre d'hôtel
00:30:26mais je lui ai dit
00:30:27que je connaissais
00:30:28un meilleur coin.
00:30:30Il a dit
00:30:31« On s'est installé
00:30:32à l'arrière
00:30:33et d'un coup
00:30:34elle a refusé
00:30:35de me donner
00:30:35ce pour quoi
00:30:36je l'avais payé.
00:30:39Il fallait bien
00:30:40que je me défende.
00:30:43Donc il a tabassé
00:30:44cette pauvre femme
00:30:45pour se défendre.
00:30:49Il a dit
00:30:49« Et c'est à ce moment-là
00:30:51que vous êtes arrivés. »
00:30:54Tout ça
00:30:55sans le moindre remords
00:30:58pour ce qu'il avait fait
00:31:01et aucune considération
00:31:02pour elle.
00:31:05Il l'appelait
00:31:06« La salle »
00:31:06ou « La p**** »
00:31:09et il a dit
00:31:10« Elle a voulu m'arnaquer.
00:31:11je n'allais pas
00:31:12me laisser faire. »
00:31:17J'ai sorti mon carnet
00:31:19et j'ai noté
00:31:20tout ce qu'il me disait.
00:31:24Il a ajouté
00:31:25« J'aurais dû tuer
00:31:27cette p****. »
00:31:31Il a dit
00:31:32« Elle l'a bien cherché. »
00:31:35« J'ai même eu l'impression
00:31:39qu'il nous en voulait
00:31:40de l'avoir interrompu. »
00:31:44Parce qu'en fait,
00:31:47on est arrivé au moment
00:31:48où il était en train
00:31:50de l'étrangler.
00:31:54« J'étais très fier
00:31:56de cette arrestation. »
00:31:59J'étais assis
00:31:59à mon bureau
00:32:00avec mon partenaire.
00:32:02Je rédigeais mon rapport
00:32:03et lui le sien.
00:32:06Et d'un coup,
00:32:07il a levé la tête
00:32:07et il m'a dit
00:32:08« C'est un gros coup. »
00:32:13De toute ma carrière,
00:32:15c'était la première fois
00:32:16que des policiers
00:32:16interrompaient un meurtre.
00:32:18Vous imaginez ?
00:32:20Pendant deux heures,
00:32:21il l'étouffait,
00:32:22elle perdait connaissance,
00:32:24elle se réveillait
00:32:25et il recommençait.
00:32:27Je suis sûr
00:32:28qu'elle n'avait plus
00:32:29que quelques minutes
00:32:30à vivre.
00:32:31Je ne crois pas
00:32:32qu'on puisse étrangler
00:32:33quelqu'un à plusieurs reprises
00:32:34pendant plus de deux heures
00:32:35sans le tuer.
00:32:38J'ai arrêté
00:32:39des meurtriers,
00:32:40des violeurs,
00:32:42vraiment de tout.
00:32:44Mais cette fois,
00:32:45on a pris l'agresseur
00:32:45sur le fait.
00:32:46On a sauvé la femme
00:32:48et on a placé
00:32:48le suspect en détention.
00:32:51Ce n'était pas rien.
00:32:54Samuel McDowell,
00:32:55alias Samuel Little,
00:32:57est désormais
00:32:58en garde à vue.
00:33:00J'ai appris
00:33:01quelques jours
00:33:01après l'arrestation
00:33:03que Samuel Little
00:33:05avait été identifié
00:33:06par la première victime
00:33:08et que le procureur
00:33:09allait le poursuivre
00:33:10en justice
00:33:11pour ces deux affaires.
00:33:16à l'automne 1984,
00:33:19le substitut du procureur
00:33:20de San Diego,
00:33:21Gary Rempel,
00:33:23monte un dossier
00:33:23contre Samuel Little
00:33:24pour tentative de meurtre
00:33:26sur Laurie Barros
00:33:27et Tonya Jackson.
00:33:32L'agent Spies
00:33:33et son partenaire
00:33:33sont arrivés
00:33:34sur les lieux
00:33:35et l'ont découvert
00:33:36dans la voiture
00:33:36qu'il avait utilisé
00:33:37le mois précédent
00:33:38avec Laurie Barros.
00:33:41Ils l'ont vue
00:33:42sur la banquette arrière,
00:33:43ils sont intervenus
00:33:44et ils ont sauvé
00:33:45la victime.
00:33:48Il s'agissait
00:33:49de Tonya Jackson.
00:33:51Elle avait accepté
00:33:52d'avoir un rapport sexuel
00:33:53pour 20 dollars
00:33:55et elle voulait
00:33:56que l'acte se déroule
00:33:57dans la chambre d'hôtel
00:33:58qu'elle louait.
00:33:59Mais le client
00:34:00a insisté
00:34:01pour la conduire
00:34:02dans un autre endroit
00:34:04qui se trouvait
00:34:05être le lieu exact
00:34:06où il avait étranglé
00:34:08Laurie Barros.
00:34:11Il l'a fait asseoir
00:34:12à l'arrière.
00:34:14Elle a découvert
00:34:15qu'elle n'était pas là
00:34:16pour un acte sexuel
00:34:18mais pour être tuée
00:34:19à petit feu.
00:34:21Il l'a fait se déshabiller
00:34:23puis il s'est mis sur elle
00:34:24et il l'a étranglée
00:34:25jusqu'à ce qu'elle
00:34:26perde connaissance.
00:34:29Elle s'est réveillée
00:34:30et il a recommencé.
00:34:33J'ai eu connaissance
00:34:35du rapport.
00:34:37Il l'a étranglée
00:34:38pendant presque
00:34:382h15
00:34:40avant l'intervention
00:34:42des policiers.
00:34:44Le procureur
00:34:45s'intéresse alors
00:34:46de plus près
00:34:46au suspect.
00:34:48C'est important
00:34:50quand il y a
00:34:50plusieurs victimes
00:34:51parce que le suspect
00:34:54est un récidiviste.
00:34:55J'ai consulté
00:34:56les antécédents
00:34:57de Samuel Little.
00:34:58Je n'avais jamais vu
00:35:00autant d'infractions graves
00:35:01avec aussi
00:35:02peu de condamnations.
00:35:05Il s'en tirait
00:35:06toujours.
00:35:08J'ai découvert
00:35:09de nombreux vols,
00:35:10des actes
00:35:11de violence,
00:35:12de sollicitations
00:35:13de prostituées.
00:35:15Il y en avait
00:35:16des pages et des pages.
00:35:17J'ai continué
00:35:18à lire
00:35:18et j'ai vu
00:35:20qu'il avait été
00:35:20arrêté
00:35:21pour deux tentatives
00:35:22de meurtre
00:35:22sans qu'un seul
00:35:23jugement soit prononcé.
00:35:25La violence
00:35:26allait croissant.
00:35:27je comprenais mieux
00:35:28à qui j'avais
00:35:29affaire.
00:35:32Grâce au témoignage
00:35:33des deux survivantes,
00:35:34le procureur
00:35:35est certain
00:35:36d'obtenir
00:35:36une peine
00:35:36de prison ferme.
00:35:38C'est Tonya Jackson
00:35:39qui ouvre
00:35:40l'audience préliminaire.
00:35:42Elle nous a serré
00:35:43dans ses bras
00:35:44en pleurant
00:35:45et en disant
00:35:46« Vous m'avez
00:35:47sauvé la vie ».
00:35:50Elle a témoigné
00:35:51en faisant
00:35:52du bon boulot.
00:35:53Puis Laurie Barros
00:35:54lui a succédé.
00:35:56C'était
00:35:57un excellent témoin.
00:36:00Elle s'est dit
00:36:01qu'il allait recommencer
00:36:02et qu'elle devait
00:36:03tout faire
00:36:04pour l'en empêcher.
00:36:05Pour une femme
00:36:06dans sa situation,
00:36:08elle a fait preuve
00:36:08de beaucoup de courage.
00:36:11Samuel Little
00:36:12est incarcéré
00:36:13jusqu'à son procès.
00:36:15Gary Rampel
00:36:15est bien décidé
00:36:16à le faire
00:36:16enfermer à vie.
00:36:18Mais quelque chose
00:36:19dans le témoignage
00:36:20de Laurie Barros
00:36:21le tracasse.
00:36:23Elle avait maintenu
00:36:24sa version des faits,
00:36:25kidnapping et viol.
00:36:27Mais mon intuition
00:36:28essayait de me souffler
00:36:29quelque chose.
00:36:30Je l'ai emmenée
00:36:31dans une autre pièce
00:36:32et elle m'a avoué
00:36:33qu'en réalité,
00:36:34elle se prostituait
00:36:35à mi-temps
00:36:36pour arrondir
00:36:36ses fins de mois
00:36:37et acheter de la drogue.
00:36:38Elle n'avait pas
00:36:39été kidnappée.
00:36:41Elle n'avait pas
00:36:42été violée.
00:36:43Ces mensonges
00:36:44lors de l'audience
00:36:45préliminaire
00:36:45ont affaibli
00:36:46mon dossier.
00:36:47Le jury
00:36:48savait qu'elle
00:36:49avait menti
00:36:49sous serment.
00:36:52Désormais,
00:36:52le doute planait
00:36:53sur tout ce qu'elle
00:36:54avait dit.
00:36:56Je ne doute pas
00:36:57que cette agression
00:36:58atroce et inqualifiable
00:36:59l'ait fortement
00:37:00traumatisée.
00:37:02Mais avait-elle
00:37:03identifié
00:37:03le bon suspect ?
00:37:07Et comme si ça
00:37:08ne suffisait pas,
00:37:10le témoignage
00:37:10de Tonya Jackson
00:37:12va aggraver
00:37:13la situation.
00:37:16Elle était
00:37:16alcoolique
00:37:17et complètement
00:37:18saoule
00:37:19quand elle est venue
00:37:19à la barre.
00:37:20Je ne pouvais pas
00:37:21l'ignorer,
00:37:22alors j'ai dit
00:37:22« Qu'est-ce qui se passe ? »
00:37:24Et elle a dit
00:37:24« J'avais besoin
00:37:25de boire pour témoigner. »
00:37:28Les deux atouts
00:37:29du procureur
00:37:30sont devenus
00:37:30des handicaps.
00:37:33Je les croyais
00:37:34l'une comme l'autre.
00:37:35Je savais
00:37:35qu'elles disaient
00:37:36la vérité.
00:37:37Mais elles ne faisaient
00:37:39plus le poids
00:37:40face aux arguments
00:37:40de la défense.
00:37:44La situation
00:37:45devient ubuesque
00:37:46lorsque l'avocat
00:37:48de Samuel Little
00:37:48appelle son premier
00:37:49témoin à la barre.
00:37:52Elle a déclaré
00:37:53être sa femme,
00:37:54Aurélia Dorsey.
00:37:55Il avait 44 ans
00:37:58et cette femme
00:37:58en avait au moins 70.
00:38:00Elle avait 71 ans.
00:38:02Elle portait
00:38:03un chapeau
00:38:04du genre de ceux
00:38:05qu'on met
00:38:05pour aller à l'église.
00:38:07Sous serment,
00:38:08une bible à la main,
00:38:10elle a raconté
00:38:10qu'ils étaient
00:38:11arrivés en ville
00:38:12deux jours seulement
00:38:12avant l'agression
00:38:13de Tonya Jackson.
00:38:16Elle a dit
00:38:17qu'elle voyageait
00:38:18avec M. Little
00:38:19depuis 13 ans
00:38:20et qu'il n'avait
00:38:21jamais fait de mal
00:38:22à personne.
00:38:24C'était
00:38:25un témoin crédible,
00:38:26sûr d'elle,
00:38:27digne.
00:38:28Je n'avais
00:38:28aucun angle
00:38:29d'attaque.
00:38:31Les surprises
00:38:32s'enchaînent.
00:38:34La défense
00:38:35appelle
00:38:35Samuel Little
00:38:36à la barre.
00:38:38Chez lui,
00:38:39ce qui sautait
00:38:39aux yeux,
00:38:40c'était la myriade
00:38:41de cicatrices
00:38:42qui lacéraient
00:38:43sa peau
00:38:43du menton
00:38:44jusqu'au cou.
00:38:46à mon sens,
00:38:48la seule explication
00:38:49c'était
00:38:49que quelqu'un
00:38:50l'avait griffé.
00:38:51Mais qui
00:38:51irait griffer
00:38:52quelqu'un
00:38:53au point
00:38:53de lui laisser
00:38:54plusieurs dizaines
00:38:54de cicatrices
00:38:55parallèles
00:38:56au cou ?
00:38:57Une victime
00:38:58qu'on étrangle.
00:38:59Voilà qui.
00:39:03L'autre particularité
00:39:04physique de cet homme
00:39:05était la taille
00:39:07de ses mains.
00:39:08Samuel Little
00:39:09était né
00:39:10pour étrangler
00:39:10des gens.
00:39:12Il avait
00:39:13des doigts
00:39:13anormalement
00:39:14longs et costauds.
00:39:15Son attitude
00:39:15n'avait rien à voir
00:39:17avec celle
00:39:17des agresseurs
00:39:18que je vois d'habitude.
00:39:19Il était
00:39:20humble,
00:39:22voûté,
00:39:22il parlait
00:39:23d'une voix douce
00:39:24mais ferme.
00:39:25Je n'ai réussi
00:39:26à l'énerver
00:39:27qu'une seule fois.
00:39:29Quand je lui ai dit
00:39:30qu'il avait étranglé
00:39:31Tonya,
00:39:32il s'est indigné.
00:39:34Il l'avait payé
00:39:3520 dollars
00:39:36et elle avait essayé
00:39:37de l'arnaquer.
00:39:38Il s'était crié
00:39:39d'une voix forte,
00:39:40elle a essayé
00:39:41de me rouler
00:39:41et elle m'a attaqué.
00:39:43J'ai dû mettre
00:39:43mes mains autour
00:39:44de son cou
00:39:45pour la repousser.
00:39:46Étant donné
00:39:47les faiblesses
00:39:48de ses témoins
00:39:49et la performance
00:39:50réussie de la défense,
00:39:52Gary Rempel
00:39:52sait que tout repose
00:39:54désormais
00:39:54sur son réquisitoire.
00:39:56J'ai non seulement
00:39:57dressé le portrait
00:39:58d'un meurtrier
00:40:00mais d'un tortionnaire.
00:40:02Les jurés
00:40:03se sont réunis
00:40:04pour délibérer.
00:40:05Ils n'ont pas
00:40:06pris longtemps.
00:40:08Ils sont revenus
00:40:09divisés
00:40:09à 9 contre 3
00:40:11en faveur
00:40:12de l'acquittement.
00:40:14Je n'en revenais pas.
00:40:16Gary Rempel
00:40:17propose alors
00:40:18un accord
00:40:18de réduction
00:40:19de peine
00:40:19afin de protéger
00:40:20la société
00:40:21de Samuel Little
00:40:22le plus longtemps possible.
00:40:24S'il acceptait
00:40:25de plaider coupable
00:40:27et de purger
00:40:28une peine
00:40:28pour deux agressions
00:40:29avec l'intention
00:40:31d'infliger
00:40:31de graves
00:40:32dommages corporels,
00:40:33les autres chefs
00:40:34d'accusation
00:40:35seraient abandonnés.
00:40:36Samuel Little
00:40:37accepte l'accord.
00:40:39Il est cop
00:40:40de 4 ans
00:40:40de prison.
00:40:42Lors de la fixation
00:40:43de la peine,
00:40:44j'étais fou
00:40:45de rage.
00:40:46J'ai presque hurlé
00:40:47« Quand il sortira,
00:40:48il recommencera
00:40:49à tuer. »
00:40:56Après seulement
00:40:5730 mois
00:40:57d'incarcération,
00:40:59Samuel Little
00:40:59est libéré
00:41:00en février 1987.
00:41:03J'ignorais
00:41:04où il allait
00:41:05se manifester.
00:41:06Il n'allait
00:41:07probablement pas
00:41:08recommencer
00:41:08à San Diego,
00:41:09mais j'étais certain
00:41:11qu'il tuerait ailleurs.
00:41:17Peu après
00:41:18sa libération,
00:41:19des corps
00:41:20de femmes
00:41:21mortes
00:41:21étranglées
00:41:22sont découverts
00:41:23à Los Angeles.
00:41:27Et plus
00:41:28de 20 ans
00:41:28après,
00:41:29l'ADN
00:41:30prélevé
00:41:30à San Diego
00:41:31reviendra
00:41:32hanter
00:41:32Samuel Little.
00:41:38« L'ADN
00:41:40de la
00:42:04en novembre 2012 les policiers de los angeles fouillent
00:42:08désespérément le passé de samuel little et décroche enfin la timbale
00:42:15l'échantillon adn a révélé une troisième piste carol alford carol alford 41 ans a été retrouvé
00:42:25morte et tranglée en juillet 1987 à peine cinq mois après la libération de samuel little de la
00:42:31prison de san diego l'adn présent sur ses vêtements correspond à celui du suspect
00:42:38exactement comme pour les deux autres victimes qui lui ont déjà été imputés audrey nelson et
00:42:45guadalupe apodaca son adn était présent sur les trois victimes et elles avaient tout été tués de la même
00:42:52manière les trois victimes de los angeles ont été retrouvés étranglés non loin de l'appartement
00:43:00que samuel little habitait à l'époque le procureur peut désormais l'attaquer pour triple meurtre le
00:43:09meurtre en série n'est pas reconnu pénalement mais le triple homicide lait on appelle ça une
00:43:14circonstance aggravante et ça permet de demander la peine de mort
00:43:23en plus des preuves adn qui relie samuel little aux trois meurtres l'accusation identifie des crimes au
00:43:30profil semblable hors de los angeles
00:43:36certaines femmes avaient décrit en détail les terribles agressions qu'elles avaient subi des femmes qui
00:43:42avaient eu la chance d'en réchappé deux à san diego et deux prostituées dans le mississippi qui
00:43:53avaient été violemment battus grâce à ces témoignages le dossier était très solide en
00:44:02plus des preuves adn les faits révélaient une espèce de schéma car le corps de ces femmes avait été
00:44:11abandonné de manière similaire et le scénario de leurs agressions se ressemblait
00:44:20le 2 septembre 2014 après deux semaines d'audience samuel little 74 ans est déclaré
00:44:29coupable des meurtres de carol alford guadalupe apodaca et audrey nelson
00:44:38c'est un immense soulagement pour les familles des victimes
00:44:44le pire c'était d'ignorer qui était le meurtrier j'ai le coeur brisé depuis 25 ans
00:44:53ça a été une épreuve mais c'est enfin terminé après une vie dans l'impunité samuel
00:45:03little est condamné à la prison à perpétuité
00:45:08d'après lui certaines preuves avaient été falsifiées et il serait un jour disculpé
00:45:23quand il a quitté la salle d'audience
00:45:27il a levé le point d'un air de défi et a clamé son innocence jusqu'au bout
00:45:37little se pourvoit plusieurs fois en appel mais l'analyste du fbi et christie palazolo ne classe
00:45:43pas l'affaire pour autant elle reste convaincue qu'il est responsable du meurtre de denis
00:45:49brosers en 1994 à odessa au texas pour moi il était un des suspects les plus
00:46:00probables concernant ce meurtre et je continuais d'espérer qu'un jour cette enquête progresserait
00:46:19en 2018 cette chance se présente sa collègue angela williamson reçoit un appel du ranger
00:46:29jim holland qui s'intéresse au cas de samuel little j'ai appelé christie pour lui demander si elle
00:46:35connaissait cet homme j'ai répondu que je connaissais bien jim et j'ai ajouté parle lui
00:46:42donc du meurtre de denis brosers c'était à odessa au texas c'est son territoire il fallait trouver un
00:46:50élément pour que les rangers puissent intervenir c'est une unité très spécialisée ils ont beaucoup
00:46:58de compétences mais ils ne peuvent pas sillonner le pays pour enquêter au nom d'autres agences il faut
00:47:05un élément qui soit en rapport avec le texas le meurtre d'odessa est justement l'élément dont a
00:47:14besoin l'analyste les trois enquêteurs palazzolo williamson et holland ont alors une même mission
00:47:24obtenir les aveux de little concernant le meurtre de denis brosers et plus encore peut-être les victimes
00:47:33ne peuvent plus parler elles ont besoin qu'une voix s'élève à leur place on a parfois de la
00:47:39chance
00:47:40un bon alignement d'étoiles et les choses se mettent en place à ce moment là on a pu reprendre
00:47:47notre
00:47:48enquête sur samuel little leur plan confronter samuel little en personne jim holland spécialiste des
00:47:58interrogatoires de criminels se mesurera au meurtrier cette fois on avait quelqu'un qui pouvait parler
00:48:05directement avec little de cette affaire en particulier on connaissait le dossier et on
00:48:12allait pouvoir guider jim dans ses questions et corroborer ou non ce que dirait little
00:48:20jim respecte toujours son interlocuteur et le laisse raconter sa version de l'histoire
00:48:27j'étais certaine que ça fonctionnerait quatre ans après le procès de los angeles le moment est
00:48:34propice little rebondissait toujours il avait déjà échappé à plusieurs condamnations il s'était
00:48:41pourvu en appel et il pensait que s'il obtenait l'appel il serait acquitté il ne parlait à personne
00:48:47mais quand nous sommes allés le voir ces appels venaient d'être rejetés il savait comme nous qu'il
00:48:55passerait le restant de ses jours en prison il n'y avait plus de raison de garder le silence
00:49:02mais parlerait-il pour autant alors on s'est mis au travail il est crucial d'arriver avec énormément
00:49:12d'infos pour ce genre d'entretien donc on a passé deux mois à préparer le dossier le plus complet
00:49:18possible les analystes creuse plus profondément qu'elle ne l'avait fait en 2013 on a essayé d'en savoir
00:49:29plus sur la personnalité de little pour que jim holland soit mieux armé pour l'interroger la police
00:49:38de los angeles nous a fourni des informations que christie et moi avons épluché et on a
00:49:43transmis à jim des détails utiles avant l'entretien comme l'intérêt de little pour la boxe le dessin
00:49:50et la peinture il avait d'ailleurs fait une peinture murale en prison
00:49:59bref des traits de sa personnalité
00:50:07samuel little voit le jour en 1940 et grandit à lorraine dans l'ohio
00:50:15little est le nom de famille de sa mère mais il utilise parfois le nom de famille de son père
00:50:23mcdowell
00:50:25sa mère l'a eu très jeune et elle était incapable de s'occuper de lui
00:50:31dès son enfance samuel a eu des problèmes à l'école
00:50:36et dès l'âge de 13 ans
00:50:39il commence à avoir affaire à la justice
00:50:45il vit avec sa mère biologique quelque temps avant qu'elle ne décède en 1973
00:50:53il prend alors la route et n'a quasiment aucune adresse fixe pendant toutes les années qui suivent
00:51:06il rencontre bientôt aurélia dorsey celle qui témoignera en sa faveur au procès de san diego
00:51:13aurélia dorsey était beaucoup plus âgé que lui il l'a rencontré en prison dans l'ohio je crois
00:51:21il dit purgé une peine pour braquage
00:51:25après sa libération elle l'accompagne dans tous ses voyages
00:51:30elle vole à l'étalage et lui revend les articles dans la rue ils vivent de ses larcins
00:51:42aurélia l'a défendu
00:51:45jusqu'à sa mort
00:51:49jamais elle ne ferait un truc pareil c'est un homme bien et pourtant il la battait
00:52:02il était peut-être attaché à elle comme il pouvait l'être à d'autres personnes
00:52:07mais c'était surtout par intérêt
00:52:11il avait trouvé quelqu'un qui allait l'aider à satisfaire ses besoins
00:52:17l'argent des vols à l'étalage lui permet de changer régulièrement de voiture pour sillonner le pays
00:52:23en quête de nouvelles proies
00:52:41comment expliquer qu'il n'ait jamais été pris
00:52:45d'abord par son mode opératoire
00:52:50la strangulation manuelle est difficile à identifier
00:52:54surtout quand il s'écoule un laps de temps entre l'heure de la mort et celle où l'on
00:52:58découvre le corps
00:53:04puis par le choix de ses victimes
00:53:08c'était souvent des prostituées
00:53:10ou des fugueuses
00:53:11des autostoppeuses
00:53:15des femmes un peu marginales
00:53:16qui étaient vulnérables
00:53:20il était persuadé
00:53:22et il n'avait hélas pas complètement tort sur ce point
00:53:25que s'il ciblait ce genre de femmes
00:53:28les autorités ne feraient pas de ces enquêtes une priorité
00:53:33surtout dans les années 1980 et 1990
00:53:38le trafic de crack était endémique
00:53:40la police manquait d'effectifs
00:53:41il fallait en effet lister des priorités
00:53:45en plus
00:53:46little était un fin connaisseur du système judiciaire depuis l'âge de 13 ans
00:53:51il avait une tactique
00:53:53qui fonctionnait très bien d'ailleurs
00:53:55il changeait d'endroit
00:53:57changeait d'identité
00:53:58voyageait avec un témoin qui servait d'alibi
00:54:01ne laissait pas d'armes derrière lui
00:54:03et s'attaquait à des femmes isolées
00:54:08les analystes du fbi
00:54:10découvrent aussi une série de meurtres commis en 1982
00:54:14qui avait horrifié la police de deux états
00:54:22on avait déjà eu des meurtres de prostituées
00:54:24mais pas comme ça
00:54:26c'était des crimes sordides
00:54:27et on pensait ne jamais découvrir le meurtrier
00:54:59christie palazzo lo
00:55:00et Angela Williamson se penchent sur deux meurtres
00:55:03que Little est soupçonné d'avoir commis en 1982.
00:55:20Mindy se prostituait avec d'autres filles.
00:55:24À Pascagoula.
00:55:26Il y a là-bas un chantier qui regorge de clients potentiels.
00:55:32Ses amis l'ont vu monter dans une voiture avec un type
00:55:37et elles ne l'ont jamais revue.
00:55:42Melinda Lapry, 22 ans, vient d'une petite ville du New Hampshire.
00:55:46Sa famille la surnomme Mindy.
00:55:50C'était une enfant très gai, très vive.
00:55:53C'était un soleil dans la vie de ma mère. Ma mère l'adorait.
00:55:58En 1967, la mère de Mindy meurt en accouchant de son cinquième enfant.
00:56:05Elle est morte dans la nuit, 12 heures après avoir accouché.
00:56:10Donc ce n'était pas le genre de drame auquel on avait eu le temps de se préparer.
00:56:15On a tous été effondrés.
00:56:18Papa était complètement déboussolé.
00:56:21Il n'était déjà pas un père très présent.
00:56:24Alors, se retrouver veuf à 45 ans, avec 5 enfants,
00:56:32il ne savait pas comment faire.
00:56:35La grande sœur, Pat, prend alors le relais.
00:56:39Elle voulait apprendre la guitare.
00:56:41Je lui ai montré quelques trucs, juste quelques bases.
00:56:44Et elle s'est débrouillée avec ça.
00:56:46Puis ça a été la flûte.
00:56:49Elle avait un vrai don pour la musique.
00:56:52La flûte, la guitare, le piano.
00:56:54Elle écoutait un morceau et le reproduisait illico.
00:56:58Un don, oui. Elle avait un véritable don.
00:57:03Mais leur père apprécie peu les dons de Mindy
00:57:06et souffre d'un tempérament colérique.
00:57:11Elle lui répondait.
00:57:12Et ça le rendait fou, ça, qu'on lui réponde.
00:57:16Il nous donnait des tapes derrière la tête avec le dos de sa main.
00:57:21Il avait de grosses mains et une bague des Marines.
00:57:24Il la frappait, la traînait par les cheveux, ce genre de choses.
00:57:28En grandissant, Mindy change de comportement.
00:57:31Elle sortait en cachette, fréquentait des garçons plus âgés,
00:57:35buvait et se droguait dès l'âge de 12 ans.
00:57:39Elle avait de très nombreuses addictions.
00:57:43Au lycée, elle couchait avec des garçons,
00:57:48consommait et revendait de la drogue.
00:57:51Mindy voulait échapper à la violence de mon père,
00:57:55à l'absence de ma mère.
00:57:57Oui, elle était très malheureuse.
00:58:01Pourtant, Mindy est une excellente élève et finit le lycée avec un an d'avance.
00:58:08Elle quitte le New Hampshire et met le cap vers le sud,
00:58:12prête à accepter n'importe quel travail.
00:58:16Elle était videuse dans un bar.
00:58:19Elle était têtue et volontaire.
00:58:22Un jour qu'on parlait au téléphone, elle s'est absentée une minute pour gifler un type et lui enlever
00:58:27son arme.
00:58:28Je lui ai dit, Mindy, arrête ces bêtises, rentre à la maison.
00:58:33Je me disais, mais putain, ça va finir comment ?
00:58:38En 1982, Mindy s'installe à Pascagoula dans le Mississippi avec un homme du nom de Bill.
00:58:48Mais sa vie n'est pas rose.
00:58:52Je savais qu'elle vendait de la drogue, qu'elle se prostituait.
00:58:58C'est pas facile d'assumer que ça se refasse ça.
00:59:03Il y a de multiples raisons qui vous poussent à vous prostituer.
00:59:08Aucune fille au monde ne se réveille un beau matin en déclarant,
00:59:11quand je serai grande, je veux être prostituée.
00:59:18En août 1982, Mindy donne naissance à un garçon, Will.
00:59:25Elle a appelé pour nous l'annoncer.
00:59:27Et je lui ai dit, allez, rentre à la maison s'il te plaît.
00:59:32Amène ton bébé et rentre.
00:59:34Elle a répondu, non, ça va.
00:59:36Bill et moi, on se débrouille.
00:59:38Tout va bien.
00:59:39Et ça a été la fin de la discussion.
00:59:42A bientôt, bisous, clique.
00:59:47Les deux sœurs ne se parleront plus jamais.
01:00:01Un jour, Bill a appelé mon père en disant que Mindy avait disparu.
01:00:07C'était début septembre.
01:00:09Elle avait accouché du petit le 25 août.
01:00:12Donc elle avait disparu peu de temps après.
01:00:15Une ou deux semaines.
01:00:16Bill a signalé sa disparition à la police.
01:00:21Le 4 octobre, un cantonnier qui était chargé de l'entretien du cimetière sent une odeur infecte.
01:00:29Et en tondant la pelouse, il découvre un cadavre.
01:00:35Le corps était allongé sur un tas de fleurs fanées qu'on avait jetées là.
01:00:42Il était en état de décomposition avancée.
01:00:46Impossible de savoir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme.
01:00:53C'est grâce à une vieille fracture à la jambe qu'on identifie le corps comme celui de Mindy l
01:00:58'a pris.
01:00:59On l'a jetée dans un fossé.
01:01:04Et...
01:01:09On l'a laissée pourrir là trois ou quatre semaines.
01:01:12C'est vraiment atroce de s'imaginer une chose pareille.
01:01:18Je crois que je m'accrochais à l'espoir.
01:01:21Je me racontais des histoires en me disant
01:01:23« C'est rien, elle a dû partir dans le Colorado ou en Californie.
01:01:26Ou bien elle est occupée à faire ses petites affaires. »
01:01:32Alors, oui, le choc a été terrible.
01:01:38L'autopsie révèle la cause du décès.
01:01:42L'os yoïd était déplacé.
01:01:44Pas fracturé, mais déplacé.
01:01:47C'est ce qui arrive quand on est étranglé.
01:01:51Quand l'enquête débute, un témoin déclare qu'elle a vu Mindy monter dans la voiture d'un client.
01:02:00Elle décrit le véhicule.
01:02:03Un break de petite taille avec des portières garnies de bois.
01:02:09Immatriculé en Alabama, elle décrit aussi un homme noir, grand et trapu.
01:02:15Mais c'est une aiguille dans une botte de foin.
01:02:19On pensait ne jamais le retrouver.
01:02:22Mais un collègue en patrouille intercepte un appel parlant de l'arrestation d'individus pour vol à l'étalage.
01:02:28Et leur voiture est un break marron, immatriculé en Alabama.
01:02:35On tenait Samuel Little, notre suspect, ainsi que sa voiture.
01:02:43Cela conduit les enquêteurs vers un autre meurtre.
01:02:47Cette fois en Floride.
01:02:58Le 12 septembre 1982, le cadavre d'une femme est retrouvé dans un champ à la sortie de Gainesville en
01:03:06Floride.
01:03:09Le corps était nu.
01:03:12Les habits étaient posés à côté du corps.
01:03:15Ils étaient tachés d'excréments.
01:03:18Et le corps en portait aussi des traces.
01:03:22Sur son cou, il y avait plusieurs égratignures qui pouvaient avoir été causées par des ongles.
01:03:27Compte tenu des bleus sur son cou, on a conclu à une strangulation.
01:03:33Un policier reconnaît alors la victime.
01:03:37Elle s'appelle Patricia Mount.
01:03:42Elle avait un petit retard mental.
01:03:46C'était quelqu'un qui traînait avec le premier qui voulait bien lui payer un verre.
01:03:52Une bière.
01:03:54Elle n'était pas farouche.
01:03:56Des témoins déclarent l'avoir vu la veille dans un bar, discuté avec un inconnu.
01:04:03Patricia serait parti avec lui.
01:04:07Manifestement en état d'ébriété.
01:04:09Tous les témoins du bar ont fait la même description de l'individu et de la voiture dans laquelle était
01:04:16montée Patricia Mount.
01:04:18Un homme noir, de taille moyenne, corpulent, avec une barbe naissante.
01:04:24Il conduisait un break avec des panneaux en bois sur les portières et un pot d'échappement percé.
01:04:32On a alors diffusé un avis de recherche à toutes les unités de la région.
01:04:39Le 1er décembre, on reçoit un appel de Pascagoula au Mississippi.
01:04:43La police nous dit qu'elle détient un suspect qui conduit une voiture semblable à celle qu'on recherche.
01:04:50Il dit s'appeler Sam McDowell.
01:04:52Un nom que Samuel Little utilisait fréquemment.
01:04:56Les enquêteurs de Floride se rendent à Pascagoula, où Samuel Little est détenu.
01:05:03On était prêts à entendre n'importe quelle déclaration qu'il voudrait bien faire.
01:05:08C'était un criminel endurci.
01:05:10Il connaissait la chanson par cœur.
01:05:13Son attitude, son arrogance, son air de dire « Vous avez aucune preuve et j'ai rien fait ».
01:05:20Il était complètement insensible.
01:05:22« Elle a l'air de dire « Je l'ai rien fait ».
01:05:56En décembre 1982, les enquêteurs chargés de l'affaire de Patricia Mount se rendent de la Floride jusqu'au Mississippi
01:06:04pour interroger Samuel Little.
01:06:08On commence à lui dire, on vous a vu à Gainesville en septembre. Il nous dit, non, j'y étais
01:06:12pas. Et nous aussi, vous avez discuté football avec des gens dans un bar.
01:06:17Ah oui, j'y étais peut-être. Ça tournait en rond comme ça.
01:06:23Il finit par admettre qu'il était bien dans ce bar, qu'il avait discuté avec des gens, mais qu
01:06:27'il était reparti seul.
01:06:30Il ne montrait ni émotions, ni regrets. Il était assez diabolique, si je peux dire. La cruauté se lisait dans
01:06:39ses yeux.
01:06:40Il avait l'habitude des interrogatoires. Ça se voyait à sa morgue, sa façon de répondre aux questions.
01:06:47Il avait acquis une certaine maîtrise de l'exercice, compte tenu de ses multiples arrestations.
01:06:54Il savait comment échapper aux conséquences de ses crimes.
01:07:02Aurélia Dorsey, la petite amie de Samuel Little, est cloîtrée dans un hôtel lorsqu'elle reçoit la visite de la
01:07:07police.
01:07:10Elle se montre assez hostile, bien entendu.
01:07:13Elle fait mine de ne pas comprendre.
01:07:15Je lui dis, on vous a déjà arrêté avec lui, vous le suivez partout.
01:07:18Elle admet, oui, on vole à l'étalage, mais c'est tout.
01:07:22Il ne ferait pas de mal à une mouche.
01:07:25Mais Aurélia n'est pas la seule à accompagner Samuel Little.
01:07:29Ils ont embarqué un troisième larron, un homme de l'Arkansas nommé Danny.
01:07:35Il se révèle plus bavard qu'Aurélia.
01:07:39Il nous dit que le soir de la disparition de Patricia Mount, Samuel n'était pas à l'hôtel avec
01:07:45eux.
01:07:46Il était sorti et n'est rentré qu'à l'aube le lendemain matin.
01:07:51Et il ajoute qu'il y avait une très mauvaise odeur sur la banquette arrière de la voiture.
01:07:57Pendant qu'il l'étranglait, elle aurait déféqué.
01:08:16Danny nous a donné des indications de leur trajet.
01:08:19Et il a dit qu'ils s'étaient trouvés tous les trois dans le comté de Merion.
01:08:24Qu'ils avaient repris la route le lendemain du crime.
01:08:27Ils ont fait leur valise et sont allés dans le Mississippi.
01:08:31L'autre homicide a été commis trois jours plus tard.
01:08:34C'était systématique.
01:08:36Là où ils passaient, on trouvait un corps.
01:08:40Ils changeaient d'endroit, encore un corps.
01:08:44À ce moment-là, on a compris que Little était un tueur en série.
01:08:48Il n'y avait plus aucun doute.
01:08:53Danny avait peur de Samuel.
01:08:54Il avait peur de se faire tabasser, d'être jeté à la rue.
01:08:58Alors il a fermé les yeux.
01:09:02Les complices passent ce genre d'accord tacite.
01:09:05Je sais quelque chose ou je pense savoir, mais je ne pose pas de questions.
01:09:11Car si je parle, je risque d'avoir de sérieux problèmes.
01:09:16Tandis que Mac et Wick se poursuivent leur enquête, la police de Pascagoula tombe sur un os.
01:09:26Un nouveau témoin affirme avoir vu Samuel Little déposer Mindy à son hôtel, quelques heures avant le meurtre.
01:09:34Cela retirait Little de la liste des suspects.
01:09:38On présente alors le dossier au procureur.
01:09:40Et il nous dit, vous n'avez pas assez d'éléments pour l'inculper.
01:09:45La famille de Mindy est effondrée.
01:09:50Son frère nous a reproché d'abandonner les poursuites sous prétexte que c'était une prostituée.
01:09:55Mais ça n'avait rien à voir.
01:09:58Ce n'était pas n'importe quelle paumée qui tombe sur un tueur en série.
01:10:03C'était une belle personne, simplement mal dans sa peau et qui avait du mal à prendre sa vie en
01:10:09main.
01:10:13On a remis Little au comté d'Alachua en Floride.
01:10:18On espérait que le meurtre de Patricia Mount pourrait le faire inculper.
01:10:30Au printemps 1983, le procès pour meurtre de Patricia Mount est sur le point de débuter.
01:10:38On avait un dossier solide.
01:10:41Les témoignages de gens qui avaient vu Patricia quitter le bar le samedi soir, la veille du jour où son
01:10:48corps avait été découvert.
01:10:51La voiture avait été identifiée et on avait vu Samuel monter dedans avec Patricia.
01:10:59On retrouve aussi des cheveux de Samuel Little sur les vêtements de la victime.
01:11:05Grâce à ces indices, les cheveux, les témoignages, on pensait avoir une bonne chance de faire condamner Sam McDowell.
01:11:14Tout concordait.
01:11:16Les excréments, le fait que d'après Danny, Aurélia avait nettoyé la voiture le lendemain.
01:11:49Il avait dit à Danny qu'il détestait les femmes.
01:11:51Surtout ces femmes-là.
01:11:54Mais juste avant l'ouverture du procès, Danny disparaît.
01:11:59C'était un témoin clé de l'accusation et il s'évapore.
01:12:04Danny disparaît juste avant le procès.
01:12:06Pour nous, c'était mal engagé.
01:12:10On a pu reporter la date deux fois, mais ensuite, on a dû y aller.
01:12:14La défense de Samuel Little se bat sur tous les fronts,
01:12:18sement même le doute sur les pièces à conviction.
01:12:23L'avocat de Samuel Little, commis d'office,
01:12:26avance que son client a dansé avec Patricia ce soir-là
01:12:30et que c'est ainsi qu'il a laissé des cheveux sur elle.
01:12:34Ils ont rejeté les témoignages des gens qui les avaient vus quitter le bar ensemble.
01:12:39Ils ont dit qu'elle n'était pas morte 12 heures après
01:12:41puisqu'on avait découvert le corps à 9 heures du matin.
01:12:44C'est mal parti pour l'accusation.
01:12:47En 30 minutes, les jurés le déclarent non coupable.
01:12:52S'ils avaient eu la moindre compassion pour la victime,
01:12:55ils auraient pris leur temps et ils auraient réfléchi.
01:13:00Deux heures après, Samuel Little est de nouveau libre.
01:13:04J'ai accepté le verdict, mais je savais qui il était vraiment.
01:13:09Un redoutable meurtrier.
01:13:1835 ans plus tard, l'espoir renaît concernant les meurtres de Dennis Brothers
01:13:24et ceux commis en 1982,
01:13:27si l'équipe arrive à faire parler Samuel Little.
01:13:36Il est temps de confronter le meurtrier.
01:13:39L'objectif de l'équipe,
01:13:41obtenir ses aveux pour le meurtre de Dennis Brothers en 1994 à Odessa, au Texas.
01:13:50La police d'Odessa ne possédait aucune preuve matérielle.
01:13:54Sans les aveux de Little,
01:13:56sans le fait qu'il corrobore les détails de l'histoire,
01:14:00on ne pouvait pas faire grand-chose.
01:14:03On ignorait où on mettait les pieds.
01:14:06Notre priorité était l'affaire d'Odessa.
01:14:08Mais on était prêts à entendre n'importe quoi d'autre.
01:14:15Il s'arrange pour prendre Samuel Little par surprise.
01:14:18À part le directeur de la prison,
01:14:21tout le monde ignorait qu'on venait.
01:14:24On nous a confirmé qu'il n'avait pas eu accès à la télévision ou à Internet depuis trois ans.
01:14:30Il n'avait pas eu de visite depuis des années et ignorait notre venue.
01:14:34On a contacté la police de Los Angeles qui avait procédé à son arrestation
01:14:39pour qu'il nous renseigne sur lui,
01:14:43qu'il nous donne des détails utiles pour notre futur entretien.
01:14:48Ils nous ont dit qu'il aimait les M&M's.
01:14:51Alors Jim est parti avec une énorme poche de ses bonbons au chocolat.
01:14:58On savait qu'il détestait la police de Los Angeles
01:15:03parce qu'ils avaient fait le lien entre les crimes.
01:15:05et ils nous ont dit de nous servir de cet élément.
01:15:21Le 17 mai 2018,
01:15:24l'équipe arrive au pénitencier d'État à la lisière du désert Moab.
01:15:32Jim avait préparé une pièce pour l'entretien,
01:15:35très dépouillée, comme d'habitude.
01:15:39Nous étions dans la pièce voisine,
01:15:41reliée par des micros.
01:15:43On ne savait pas comment Little réagirait,
01:15:46s'il savait qu'on était là,
01:15:48s'il savait que deux femmes l'écoutaient.
01:15:50On ne savait pas.
01:15:51Alors rester invisible était la meilleure tactique.
01:15:55On avait d'énormes dossiers avec nous.
01:15:59Des dossiers épais comme ça,
01:16:01d'affaires qu'on pouvait relier à Little,
01:16:03au cas où ils décideraient de parler.
01:16:06À l'heure dite,
01:16:07ils ont emmené Little en fauteuil roulant
01:16:09pour rencontrer Jim.
01:16:14Angela et moi,
01:16:15on s'est installés près de l'unique haut-parleur
01:16:17qui retransmettait l'entretien dans la pièce voisine.
01:16:39La première demi-heure,
01:16:41Little n'a fait que se plaindre
01:16:43de la police de Los Angeles,
01:16:45qu'il l'avait arnaquée.
01:16:46Il les détestait.
01:17:09Il croyait que Jim était de la police de Los Angeles.
01:17:13Il a mis une demi-heure à se calmer
01:17:14et comprendre que finalement,
01:17:16Jim ne venait pas de leur service.
01:17:27de la police de Los Angeles.
01:17:53On n'avance pas.
01:17:56Il nous balade.
01:17:58Christy était sceptique sur le fait qu'il avoue
01:18:01parce qu'il refusait de s'adresser à quiconque.
01:18:05Il était très méfiant.
01:18:09Mais je connaissais bien Jim.
01:18:12Je l'avais vu obtenir des aveux de Jean Coriace.
01:18:16Et pour moi,
01:18:17c'était le seul capable d'y arriver.
01:18:34En général,
01:18:36j'arrive confiant.
01:18:37Mais après plusieurs minutes de discussion informelle,
01:18:41je commence à me demander si ça va aller quelque part,
01:18:43si ça va être fructueux.
01:18:45tu m'as fait vraiment aller.
01:18:53Mais je ne vais avoir fait Curiositycoin.
01:18:58mon air a quiconque.
01:18:58Tu m'as fait constater,
01:18:59Je n'ai jamais été convaincué,
01:19:02je n'avais jamais été convaincué.
01:19:20Jim Holland fait appel à toute son expérience d'interrogateur pour gagner la confiance de Samuel Little.
01:19:31Jim comprend que Little n'apprécie pas d'être traité de violeur, comme cela avait été le cas dans les
01:19:37affaires de Los Angeles.
01:20:05Ce qu'il faisait à ces femmes, il les tuait, il les étranglait.
01:20:22Une fois que ça s'était posé, Little s'est détendu.
01:20:27Jim ne le menaçait pas, ne lui a pas dit en criant « Vous avez tué cette femme, je le
01:20:33sais, j'ai des preuves ».
01:20:34Il le laissait se confier, pour en savoir plus sur lui en tant que personne et aborder ensuite les affaires.
01:20:59Jim est très fort avec ce genre d'individu. Il lance le sujet et laisse dérouler.
01:21:05Ce n'est ni un interrogatoire, ni un entretien, juste une conversation.
01:21:25Jim Holland lui promet de lui éviter la peine de mort s'il passe aux aveux.
01:21:47Soudain, Samuel Little évoque l'affaire que Jim attendait depuis le début.
01:22:06On s'est regardé avec Angela et on s'est dit « Il parle d'Odessa ».
01:22:10Et on a vite attrapé un stylo pour prendre des notes.
01:22:14« Can you describe her ? She's white female, you said. What else about her ? What color hair did
01:22:19she have ? »
01:22:20« I think she's blonde. »
01:22:23« Okay. Big, tall, short. »
01:22:26« Skinny and tall. »
01:22:28« Skinny and tall. » « You know how old she was ? »
01:22:31« About 40, 35. »
01:22:41« Il est clair que Samuel Little parle de Denise Brothers. »
01:22:46« Christy et moi avions le dossier sous les yeux. »
01:22:49« Il se met à décrire la victime, ses vêtements, la scène du crime. »
01:22:55« Et c'est mot pour mot dans le rapport. »
01:23:12« Il a débuté quelques gros mots et on a su contenir quelque chose. »
01:23:26« Cela a commencé par un simple « Êtes-vous déjà allé à Odessa ? »
01:23:31« Et ça a fini par la description détaillée du meurtre. »
01:23:35« Denise Brothers, c'était le fil qui a permis de démêler la pelote. »
01:23:41« Ensuite, Samuel Little enchaîne contre toute attente avec une autre victime. »
01:23:47« A yellow skinned black girl. »
01:23:49« Yeah. »
01:23:50« She had a set black girl. »
01:23:53« How did she die ? »
01:23:55« Same way. »
01:23:56« Okay, strangulation. »
01:23:57« Okay. »
01:23:58« D'abord deux meurtres, puis un troisième. »
01:24:01« Houston, I didn't know anything about her. »
01:24:04« She was coming out of prison there. »
01:24:08« She was calling us up. »
01:24:10« I want to make some money. »
01:24:12« Where where she left out. »
01:24:14« Right there, and then I feel like... »
01:24:16« The problem is like something like that. »
01:24:18« Puis, il avoue un autre meurtre, en Alabama. »
01:24:38« On a eu des informations sur plusieurs victimes dès la fin de la première journée. »
01:24:44« Mais ce n'est pas fini. »
01:24:49« Les gardiens sont allés fouiller sa cellule. »
01:24:53« Et ils ont découvert que sur les murs, il avait accroché un tas de dessins de célébrités. »
01:24:59« Des chanteuses, des actrices. »
01:25:02« Il dessinait plutôt bien. »
01:25:04« Les portraits étaient ressemblants. »
01:25:07« Les visages avaient des caractéristiques uniques. »
01:25:10« Et on s'est dit qu'on pourrait exploiter ces talents. »
01:25:14« How many people do you think you could draw their face ? »
01:25:18« Oh man, I think, probably. »
01:25:22« I love it. »
01:25:24« I can draw from memory. »
01:25:26« That would be a good reason to get you a bunch of art supplies
01:25:28and get your own little studio, wouldn't it ? »
01:25:29« Yeah. »
01:25:30« That's what I'm thinking. »
01:25:31« Yeah, I've been drawing some pieces. »
01:25:38Cette initiative fera remonter des secrets bien enfouis.
01:25:43Au bout du compte, Jim lui a fait faire ce que j'appelle un tour des États-Unis.
01:25:49Il donnait à Little le nom d'une ville
01:25:52et le nombre de meurtres qu'il avait commis dans la ville.
01:25:55« Killed in that city. »
01:25:58« Hmm. »
01:26:00« Let's see. »
01:26:02« Mississippi. »
01:26:04« Next. »
01:26:05« How many you think that? »
01:26:07« Oh boy, I got five in Gulfport. »
01:26:11« I got one, two, three in Jackson. »
01:26:13« One in Arkansas. »
01:26:15« Memphis, this morning. »
01:26:17C'est parti.
01:26:50On les a tous notés. On a fait le calcul, et le nombre de meurtres dont il se disait l
01:26:57'auteur dépassait 90.
01:26:59C'était à peine concevable. Si ce nombre était avéré, Samuel Little était le plus grand tueur en série de
01:27:07l'histoire des Etats-Unis.
01:27:09Et surtout, les familles de nombreuses femmes disparues allaient enfin connaître la vérité.
01:27:14On était effarés, inquiètes. On se demandait s'il mentait.
01:27:21Pouvait-il vraiment être l'auteur d'autant de meurtres ?
01:27:28On voulait qu'il continue à parler. Il était âgé, malade.
01:27:34Il allait emporter ses secrets dans sa tombe, et on était là pour obtenir des réponses pour toutes les victimes.