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  • il y a 10 heures
Préférence nationale, haine de l’Algérie, mariage avec des étrangers… L’ordre du jour de la Chambre haute est cannibalisé par les propositions de loi de la droite, qui instrumentalise les thèmes identitaires, migratoires et sécuritaires. Depuis que LR est entré au gouvernement, ses textes sont votés par les macronistes. On débriefe l'article de Gaël De Santis avec Cyprien Caddeo et Raphaël Godechot.

00:00 Comment fonctionne le Sénat
04:07 Des lois toujours plus à droites au Sénat
16:31 La course entre Wauquiez et Retailleau
23:29 Comment Retailleau influence le Sénat


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đź—ž
News
Transcription
00:00Préférence nationale, haine de l'Algérie, mariage avec des étrangers, le Sénat est-il devenu un plateau de CNews ?
00:06Quel excellent titre !
00:07Oui, tout Ă  fait.
00:09Et bien du coup, avant de rentrer dans le vif du sujet et que tu nous détailles pourquoi l'Huma
00:17fait cette comparaison,
00:19on va peut-être faire un petit point sur le Sénat.
00:21Oui, bien sûr.
00:21Parce que je pense que ce n'est pas toujours clair comment fonctionne cette institution, Ă  quoi elle sert, et
00:26qui la compose.
00:27Donc, vas-y, je t'en prie.
00:29Alors, le Sénat, c'est ce qu'on appelle dans le parlementarisme français la chambre haute, en fait,
00:33puisque le système français, c'est un système bicaméral à deux chambres.
00:37Donc, il y a l'Assemblée nationale, que vous connaissez sans doute beaucoup mieux,
00:39parce que c'est souvent là que l'attention médiatique se concentre,
00:44et aussi le Sénat, qui est donc la chambre haute.
00:46Et la différence entre les deux, c'est que l'Assemblée, c'est les députés pour lesquels vous avez voté,
00:49probablement en législative 2024 et 22, et bon, pour le retour d'élection,
00:54et peut-ĂŞtre pour la prochaine, en 2026, s'il y a une nouvelle dissolution.
00:58Et donc, le Sénat, lui, c'est une chambre où les élus sont élus au suffrage indirect par des élus
01:05locaux, en fait.
01:05En gros, c'est les maires qui élisent, pas que les maires, mais les maires.
01:08On ne vote pas directement pour les sénateurs.
01:09C'est les conseils départementaux, les maires, etc., les présidents de région, qui ont un droit de vote pour voter
01:13les sénateurs,
01:14qui sont donc les représentants des territoires et des élus locaux, plus que des gens directement.
01:19Et ça a la réputation, historiquement, d'être une chambre de la sagesse.
01:22C'est-Ă -dire qu'en gros, vous allez voir que c'est assez amusant, c'est qu'en gros,
01:26c'est des notables qui sont élus par des élus.
01:31Donc, c'est beaucoup moins conflictuel, c'est censé être moins bruyant et perturbé que l'Assemblée nationale,
01:37puisque l'Assemblée, cette réputation, et pas que depuis qu'elle est insommée dedans,
01:39au contraire à ce qu'on entend parfois, l'Assemblée a toujours été plus conflictuelle.
01:44Bon, là, on se rend compte que la question de la sagesse au Sénat, bof, quoi.
01:48Alors, qui compose ? Quelles sont les forces politiques qui composent le Sénat aujourd'hui ?
01:52C'est important, comme ils sont issus des...
01:55Est-ce qu'on a un endroit où on peut voir ça ?
01:57Oui, sur le wiki du Sénat, je pense que tu vas trouver la composition de la chambre.
02:02Tu dois l'avoir.
02:03Ok, on va vous mettre ça, comme ça, tu vas pouvoir nous faire un petit point dessus.
02:06C'est pas mal, ça, non ?
02:07Très bien, oui, très bien.
02:08Voilà, voilà comment ils composent le Sénat aujourd'hui.
02:10Donc, en gros, le Sénat, étant donné que le Sénat est représentatif des forces locales,
02:14c'est-à-dire des forces qui ont des élus locaux,
02:17eh bien, le premier parti encore en élus locaux, c'est les Républicains.
02:22Donc, les Républicains, ils sont à droite, là, ils ont 133 sièges sur 348,
02:25ce qui ne fait pas une majorité absolue, mais ce qui fait la majorité relative.
02:28Ils sont costauds.
02:28Voilà, donc ils dominent le Sénat, pardon.
02:30Ce qui fait que leur président du Sénat, c'est Gérard Larcher, ça,
02:33ou peut-ĂŞtre que vous voyez qui c'est, qui est donc LR.
02:35Et ensuite, vous voyez que c'est très à droite,
02:37en gros, jusqu'Ă  quasiment le...
02:40Pas le rose, mais le...
02:40Bon, c'est le PS.
02:41Les Bleu Ciel, là, c'est qui, la deuxième force ?
02:43Le Ciel, c'est le bloc centriste, en gros, c'est UDI, des trucs comme ça.
02:47Le bleu foncé, c'est Horizon.
02:50Le jaune, c'est le macroniste.
02:52Les roses claires, lĂ , c'est les radicaux.
02:55Donc, il y a encore les radicaux qui ont un groupe au Sénat.
02:58Et ensuite...
02:59Ouais.
03:00Ensuite, PS, en rose, en vert, les verts, et en rouge, le parti copiliste.
03:04Donc, alors, il n'y a pas...
03:04Déjà, il n'y a pas le RN où on reconquête...
03:06Il y a quelques élus RN, en fait, c'est dans les noms inscrits, là.
03:08Mais il n'y a pas de groupe, non.
03:10OK.
03:11Donc, ça veut dire que, de tout à droite, là, les bleus foncés, jusqu'au violet ou jusqu'au jaune
03:20?
03:20Jusqu'au jaune, en gros, ça fait un bloc...
03:22Parce que les radicaux, ce n'est pas avec les macronistes, ça ?
03:23Ouais, ils sont...
03:24Des fois, ils votent avec eux, mais c'est pas...
03:25C'est un peu comme Liotte à l'Assemblée, c'est un peu plus compliqué, mais en tout cas...
03:28Parfois changeant.
03:29Mais en tout cas, la droite s'arrĂŞte au jaune, quoi, on va dire.
03:31D'accord.
03:31Donc, ils ont une grosse majorité.
03:33Ils écrasent...
03:34Ouais, c'est ça.
03:34C'est une chambre, clairement, de droite et conservatrice.
03:37Et le Sénat a toujours été à droite, sauf sous Hollande, entre...
03:41Alors, j'ai plus les dates et les dates, mais en gros, sous le mandat Hollande, il y a un
03:43moment où Hollande avait l'Elysée, l'Assemblée était socialiste, et le Sénat était socialiste.
03:47Mais c'est une anomalie, presque, dans l'histoire du parlementarisme.
03:50Si vous avez des questions dans le chat sur le fonctionnement du Sénat, etc., vous avez Cyprien Cadéo, le Jean
03:57Macier de Luma, qui peut vous répondre.
03:59Non, je déconne.
04:00Allez, on reprend sur l'article, du coup.
04:03Donc, pourquoi...
04:04Alors, déjà, voir ça, ça permet de mieux comprendre pourquoi vous avez titré « Préférences nationales, haine de l'Algérie,
04:09mariage avec des changers ».
04:10Le Sénat est-il devenu un plateau de CNews ?
04:12Et ça serait peut-être parce que le Sénat tire à droite, n'est-ce pas ?
04:15Tout Ă  fait.
04:16Alors, est-ce que tu peux rentrer dans le détail du glissement qu'il y a pu avoir ?
04:23Je vois là, l'ordre du jour de la Chambre haute est cannibalisé par les propositions de loi de la
04:30droite qui instrumentalisent les thèmes identitaires, migratoires et sécuritaires.
04:33Juste un petit point avant de rentrer dans ça, il faut rappeler que le Sénat, du coup, le pouvoir législatif
04:39en France, soit le gouvernement peut faire des projets de loi,
04:42et il peut les déposer soit d'abord à l'Assemblée, soit d'abord au scénario qu'il choisit, soit
04:46il y a les deux chambres qui ont leur propre pouvoir législatif, heureusement.
04:49Et donc, les députés peuvent faire des propositions de loi et les sénateurs aussi.
04:51Donc là, on parle surtout des propositions de loi déposées par les sénateurs de droite, en l'occurrence, juste pour
04:56qu'on soit clair.
04:57Et donc là, pourquoi on a mis ça ? Parce qu'en fait, on s'est rendu compte que depuis
04:59des mois, et d'ailleurs, il y a pas mal de sénateurs d'opposition qui alertent,
05:03en fait, c'est un peu la foire à la saucisse, les propositions de loi des sénateurs.
05:08Et ce sont des propositions de loi qui, en fait, répondent aux obsessions, notamment qu'on voit dans les médias
05:13de la Bollorésphère, en fait.
05:14C'est pour ça qu'on a dit que ça a devenu un plateau de saignos, parce que les propositions
05:18de loi, elles sont complètement sur la sécurité, l'immigration, et quasiment que ça.
05:23Et ça, ça pose problème, effectivement.
05:25Alors, est-ce que c'est parce qu'on en parle au Sénat qu'on va en parler dans les
05:28médias, ou c'est plutôt l'inverse ?
05:30Bah, ça se nourrit, je pense. C'est-à-dire que je pense que les sénateurs LR sont branchés largement
05:35sur CNews, et qu'ils se rendent compte que ça fait parler, en fait.
05:39Même sans aller jusqu'à est-ce que la loi va passer, ça fait parler. Je pense qu'il y
05:42a vraiment un enjeu médiatique là-dessus.
05:43Le Sénat a souvent été, comme je l'ai dit, en retrait médiatiquement par rapport à l'Assemblée nationale, parce
05:48que voilà, c'était pas une chambre hyper médiatique et tout.
05:49Et là, justement, ils essayent d'exister et de surfer sur des thèmes qui sont à l'agenda médiatique. Donc,
05:55je pense que c'est un pas de deux, quoi. Ça se nourrit.
05:57C'est ce que dit du coup Gaël De Santis, journaliste politique à l'Humanité aussi, qui a écrit l
06:02'article, et qui dit, en gros, il s'inspire des thèmes qui façonnent le débat public en ce moment, pour
06:10les amener sous forme de proposition de loi au Sénat, en gros.
06:13C'est ça.
06:13Alors, on a sélectionné quelques exemples. Bon, je vous invite tous et toutes à lire le papier, mais on va
06:21l'illustrer, alors notamment sur l'Algérie, parce qu'on en a beaucoup parlé récemment.
06:28D'ailleurs, qui était ? Est-ce que tu peux nous résumer un petit peu pourquoi la question de l
06:33'Algérie était dans le débat en ce moment ? Et est-ce que tu peux retracer d'où ça part
06:38?
06:39Oui, en fait, ça ne vous a pas échappé qu'en ce moment, il y a une énorme tension diplomatique
06:43entre la France et l'Algérie, notamment avec l'affaire Boilem Sansal, l'écrivain franco-algérien qui est emprisonné là
06:50-bas, qui était condamné.
06:52Mais aussi, autour de... LĂ , il y a eu hier l'expulsion ou avant-hier l'expulsion d'agents diplomatiques
07:00français d'Algérie. En retour, on a nous expulsé des Algériens du corps diplomatique algérien à Alger.
07:07Et je crois que Macron a rappelé l'ambassadeur de France en Algérie. Donc bref, c'est encore le bordel.
07:12Et surtout, bon, ça, c'est la partie internationale, on va dire.
07:15Il y a une détention entre deux pays. Le régime algérien, c'est un régime autocratique, pas du tout fréquentable.
07:19Donc, qu'il y ait une détention avec lui, c'est pas un souci.
07:21Mais par contre, il y a aussi la question derrière des Algériens qu'on voudrait expulser dans notre territoire.
07:27Et donc, il y a tout un discours, notamment de la droite, sur... En fait, les Algériens, ils jouent pas
07:31le jeu.
07:31Alors, quand on pense une OQTF, donc une obligation de quitter le territoire français, qu'ont des Algériens, et donc
07:36ils sont expulsables.
07:37Mais juste, Alger veut pas les récupérer. Donc, en fait, ils restent sur le territoire français.
07:40Donc là, il y a une tension autour de ça. Et surtout, c'est largement instrumentalisé.
07:44C'est ce que tu fais un peu très, je pense, par l'exemple de cette sénatrice, là.
07:48Et surtout, ce qui est intéressant, c'est que médiatiquement, ça part de Boalem Sansal, l'écrivain qui est enfermé
07:55en ce moment en Algérie,
07:56et aussi de Jean-Michel Apathy, qui a propulsé... On va dire que ça revient souvent, mais qui a repropulsé,
08:05il n'y a pas si longtemps que ça,
08:08la question de la colonisation française en Algérie dans les médias.
08:11Et donc là, alors, elle est quand... Je remets la vidéo. Cette vidéo, elle date du 2 avril.
08:18Donc, c'est à 10 jours. Et on voit comment ce qui a animé les médias sur l'Algérie, puisque
08:22tous les jours,
08:22donc toi, tu le montes souvent dans tes revues de presse, tous les jours, voilĂ , il y a des nouvelles
08:27échanges qui sont faites sur l'Algérie dans les médias.
08:30Et comment, voilà, ça va jusqu'au Sénat. Donc, alors, je mets le time code. Il me semble que ça
08:35va.
08:36Après une série d'incidents diplomatiques, des humiliations répétées envers la France par l'Algérie,
08:41comment les Français peuvent-ils croire que tout est réglé comme par miracle en un appel téléphonique ?
08:47Monsieur le ministre, lors de cet échange, a-t-il été question des Algériens sous OQTF,
08:52qui représentent une réelle menace pour les Français et dont Alger refuse le retour ?
08:57Ont-ils évoqué la mise en cause éventuelle de certains accords franco-algériens ?
09:01Et au-delà de la clémence et de l'humanité, le président a-t-il obtenu une date pour la
09:06libération de Boalem Sansal ?
09:08VoilĂ , exactement. On est tout Ă  fait dedans.
09:11Alors, cette dame, je l'ai notée, c'est... Est-ce que tu sais qui c'est ?
09:14Tu l'as, je l'ai sur le front lĂ . Jacqueline Eustache-Brignot.
09:17J'avoue, je ne la connaissais pas plus que ça avant de voir ça.
09:20Qui est LR, du coup, qui est des Républicains.
09:23Et voilà, donc ça, c'était il y a deux semaines, qui s'emparent de l'actualité autour des OQTF.
09:30Enfin, l'actualité, c'est newsesque.
09:32Mais en fait, ce qui est intéressant dans sa prise de parole, c'est qu'elle fait un mélange.
09:35C'est-à-dire que dans la même question, elle te pose la question sur est-ce que le président
09:39a avancé sur Boalem Sansal ?
09:40Ce qui me paraît être une question tout à fait légitime, à lui demander la libération d'un concitoyen.
09:45Mais par contre, elle te dit aussi les OQTF.
09:47C'est-à-dire qu'en fait, elle te fait un espèce de méga-mix entre la question internationale et
09:51les Algériens.
09:52Mais en fait, on voit très bien la finalité de tout ça, c'est qu'on est en train de
09:55diaboliser les Algériens qui sont en France.
09:57Déjà, en nous expliquant que l'Algérien sous OQTF devient une espèce de catégorie sociale, tu vois, qu'on diabolise.
10:02Qui fait peur à tous les Français.
10:03Qui fait peur, qui est une relais de molasses à tous les Français, comme nous explique Jacqueline.
10:06Et qui est largement brandie sur les plateaux de CNews, pour le coup, il y a eu plein d'éditos
10:10de Pascal Praud lĂ -dessus, etc.
10:13Avec des gens qui nous expliquent aussi, tu vois, qu'on est fort avec Poutine, mais on est faible avec
10:16l'Algérie.
10:16Enfin, bref, ils font des comparaisons absurdes.
10:18Mais voilà, donc, ce qui est intéressant, c'est que là, en fait, on est vraiment sur la construction d
10:22'un, oui, d'une figure de l'ennemi de l'intérieur, en fait, quasiment.
10:25Déjà, les OQTF, c'est pas que des Algériens, d'accord ?
10:28Parce qu'on rappelle que les OQTF sont généralement donnés à des gens qui n'ont pas de l'éducation.
10:32C'est-à-dire, déjà, et en plus, oui, c'est absolument pas raisonnable à la question de l'identifité.
10:36En fait, on a, l'OQTF devient, parce que l'Extra-Voite a travaillé là-dessus, avec les violeurs sous
10:41OQTF, etc., etc., en fait, a construit l'OQTF comme un peu comme on a construit le fichier S avant.
10:47C'est-Ă -dire, vraiment, c'est la menace.
10:48Encore une fois, avec des fichiers S, c'est un truc très large et tous les fichiers S sont pas
10:51dangereux.
10:52Eh bien, les OQTF, oui, il y a des OQTF qui sont des délinquants et qui ont commis des crimes,
10:56ça, c'est un fait.
10:58Mais par contre, c'est pas... L'OQTF ne te rend pas criminel.
11:01C'est juste un mec qui a pas répondu... À la base, un OQTF, c'est un mec ou une
11:04meuf qui a juste pas répondu administrativement aux conditions pour être sur le territoire et qui, du coup, est expulsable.
11:10Mais c'est tout, hein. Ça ne préjuge pas de sa dangerosité.
11:15Tout à fait. Je vois qu'en fait, le deuxième extrait que j'avais préparé n'est pas là.
11:19Ah, mais c'est pas grave parce que... C'est pas grave.
11:21C'est sur... C'était Sylvain Maillard.
11:24Mais on peut passer à un autre extrait qui montre à quel point les débats de CNews animent...
11:33Enfin, là, ce qui est intéressant avec celui-là, c'est que c'est un peu l'inverse.
11:37C'est le Sénat qui... C'est un truc.
11:40VoilĂ . Alors, pour le coup, vous allez voir.
11:42Le Sénat vote pour l'interdiction du mariage aux étrangers en situation irrégulière.
11:46VoilĂ . Et c'est repris par Hanouna qui en fait un cheval de bataille. On regarde.
11:50Exact.
11:53Bézier, pour laquelle Robert Bénard, le maire...
11:57On n'a pas Internet.
11:58Le Bézier s'était battu.
12:00Le Sénat vote maintenant pour l'interdiction du mariage aux étrangers en situation irrégulière.
12:05Donc, c'est vrai que, voilà, on en avait parlé ici.
12:07Et je sais que Jean-Michel, donc vous ĂŞtes pour l'interdiction.
12:10Ah, bien sûr.
12:11Les gens qui n'ont pas le droit d'ĂŞtre ici.
12:13Ah, bien sûr.
12:14Quand on n'a pas le droit d'ĂŞtre ici, on ne peut pas aller dans une mairie et dire
12:16qu'on va respecter la loi française, mais qu'on n'est pas français.
12:18C'est grotesque.
12:19Rien Ă  foutre, lĂ .
12:19C'est grotesque, franchement.
12:21Qu'est-ce qui est grotesque ?
12:22C'est lĂ , alors, cette mesure-lĂ , parce qu'elle est absurde.
12:24Si tu regardes deux secondes.
12:27Bézier...
12:27VoilĂ .
12:27C'est bien choisi qu'ils ne laissent absolument pas Gainel et développer, non plus.
12:31Parce que, du coup, c'est l'extrait de TPMP.
12:32Ils ont coupé.
12:33Oui, oui, bien sûr.
12:34Je te laisse développer là-dessus.
12:35Comme ça, je cherche le tweet de Maillard que je cherchais.
12:38Vas-y, je t'en prie.
12:38Oui, du coup, là, c'est intéressant parce que, donc, bon, là, tu as un exemple de comment la stratégie,
12:44finalement, de la polémique des scénateurs de droite fonctionne,
12:46puisque, du coup, ça devient un sujet dans TPMP.
12:49Et ce n'est pas une évidence que le vote du Sénat devient des sujets dans TPMP.
12:52Donc, voilà, mais là, on a l'exemple de, bon, ben, voilà, de ce sujet sur les mariages étrangers.
13:00Ça concerne quasiment personne.
13:02En fait, c'est un truc vraiment...
13:03Encore une fois, on va y venir dans ce que raconte Gael dans son sujet.
13:07C'est qu'en fait, ce sont des lois d'affichage.
13:08Ça n'a pas de...
13:10Enfin, ça ne concerne très peu le monde.
13:11Ça n'a aucun impact, en fait, sociétal.
13:13C'est-à-dire que, franchement, que tu interdises ou pas le mariage, ça concerne tellement peu le gens.
13:16Ça ne va rien changer à la face de la société et à la vie des gens en général.
13:19Mais, par contre, ça fait bien de défendre ça.
13:22Aux yeux d'un certain électorat xénophobe, etc., etc.
13:27Et il s'est bien relayé dans les médias.
13:28En fait, c'est une espèce de panique morale sur...
13:30« Ah, mon Dieu, des OQTF peuvent se marier ! »
13:32Oui, et alors, ça ne changera rien, en fait, que...
13:35Enfin, ça ne changera rien à la vie des gens, quoi, vraiment.
13:38Et donc, voilĂ .
13:39Et ça permet, encore une fois, de diaboliser les OQTF, etc.
13:43Nous, voilĂ , en fait, par exemple, la phrase de Jean-Michel Maire, elle est assez frappante.
13:50C'est-Ă -dire qu'ils t'expliquent...
13:50C'est-Ă -dire qu'ils n'ont rien Ă  foutre ici, ils n'ont droit Ă  rien, en fait.
13:53Ils n'ont pas Ă  se marier.
13:53Mais, en fait, les gens qui sont étranges...
13:55Enfin, ils ont quand mĂŞme des droits, hein.
13:57MĂŞme les gens sous OQTF, ils ont des droits.
13:58Il faut quand mĂŞme le rappeler, je vois.
14:00On n'a pas le rôle de tuer, tu vois, ça ne marche pas comme ça, en fait.
14:03Donc, il y a des droits humains, ça applique à tout le monde, en fait.
14:06Donc, le mariage pourrait ĂŞtre en train.
14:09Et donc, ben, voilà, c'est une absurdité de plus.
14:13Mais ce qui est intéressant, c'est que...
14:16Alors, je ne sais plus le vote pour cette loi-là, mais ce qui est intéressant,
14:19ce qui est nouveau, en fait, c'est ce que raconte Gaël, c'est qu'avant,
14:21il y avait déjà un peu moins, mais il y avait déjà des dingueries qui passaient au Sénat, d'accord
14:25?
14:25Parce que c'est une chambre de droite, OK ?
14:26Sauf que...
14:27Ah, ouais, du coup, ça fait longtemps que c'est une chambre de droite ?
14:29Oui, c'est ce que je disais, ça a toujours été une chambre conservatrice dominée par la droite,
14:33sauf pendant le mandat de François Hollande, mais par contre...
14:35Enfin, une partie du mandat.
14:36Sauf que le...
14:39Comment dire ?
14:41Maintenant, la différence, c'est qu'il ne vous a pas échappé que LR et les macronistes
14:44sont alliés au sein de ce qu'on appelle le socle commun, c'est-à-dire le gouvernement,
14:48et que, du coup, maintenant, les macronistes, qui avant servaient,
14:52ça fait un peu mal de le dire comme ça, mais de garde-fous, un peu.
14:54C'est-à-dire qu'il y avait des trucs dingueries qui avaient été votés au Sénat,
14:57mais, en fait, à l'Assemblée, ce n'était même pas mis à l'ordre du jour par les macronistes.
15:00Parce qu'il faut rappeler que l'ordre du jour, il est fixé par la conférence des présidents de chaque
15:04chambre,
15:04c'est-à-dire, en gros, par la majorité.
15:06Donc, en gros, ceux qu'on contrôle de l'ordre du jour à l'Assemblée, c'est les macronistes,
15:10et ceux qu'on contrôle de l'ordre du jour au Sénat, c'est la droite.
15:12Donc, en gros, ils ne mettaient jamais à l'ordre du jour, ou alors ils le votaient et ça ne
15:15passait pas.
15:15Donc, il y avait l'espèce de garde-fous des macronistes qui, quand même, étaient encore un peu...
15:19Ils avaient encore des lignes rouges, en gros, et ils ne votaient pas les textes les plus tarés.
15:24Et ça, ça a changé. Maintenant, comme ils sont alliés, ils les votent, en fait.
15:27Et donc, ça passe. Et ça passe, et ça sera peut-être discuté à l'Assemblée, ça, la différence.
15:31Et alors, ça passe aussi parce qu'ils ont besoin des LR.
15:34Exactement. Le gouvernement ne tient que parce que LR est dedans.
15:38Et parce que le RN ne censure pas aussi.
15:40Mais en gros, le gouvernement tient à 100 LR, évidemment, le gouvernement s'écroule.
15:44En fait, la différence, c'est que LR, qui a toujours été dans l'opposition jusqu'à 2000...
15:48Même si c'est une opposition qui, parfois, a voté des textes avec les macronistes,
15:50mais officiellement dans l'opposition jusqu'en 2024,
15:54désormais, et depuis Michel Barnier, est dans la majorité.
15:58Donc, ça a changé un peu la donne.
16:00Et voilĂ .
16:01Ouais, je suis un peu deg parce que j'arrive plus Ă  retrouver ce super...
16:04Bah non, attends, c'était Sylvain Maillard qui parlait de Mayotte.
16:08Et du coup, en gros, il dit...
16:11Bah oui, de toute manière, c'est bien qu'on...
16:14C'est celui-lĂ , je crois, non ?
16:14C'est celui-lĂ  ?
16:15Non, non, c'est pas sûr.
16:17Non, non, non.
16:17Non, attendez une seconde.
16:19Mais alors, sinon, on peut parler d'un autre, du coup, qui...
16:22Parce que lĂ , si on revient sur les OQTF,
16:23qui s'inscrit complètement dans ce truc-là et fait la course, fait la surenchère aussi.
16:29C'est lui, quand mĂŞme.
16:32Ouais, bien sûr.
16:33Quelques jours, du coup, quand mĂŞme.
16:34Alors, tu peux resituer la une...
16:37Alors, donc lĂ , on a Laurent Wauquiez qui est maintenant...
16:39Donc là, on passe un peu à l'Assemblée, mais vous allez voir, c'est lié.
16:42Laurent Wauquiez, donc, qui est président du...
16:44Ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes
16:45et surtout qui est patron des députés LR, donc à l'Assemblée nationale.
16:49Lui, il est donc lĂ  en une de...
16:51Donc, je remets...
16:52Oui, il est en une de GD News, qui est le nouvel hebdo de groupe GDD, donc de Bolloré,
17:00et qui est en compétition pour la présidence du parti contre Bruno Retailleau au ministre de l'Intérieur.
17:08Et ça, c'est important parce qu'en fait, on ne comprend pas vraiment non plus cette surenchère de la
17:12droite sénatoriale
17:14si on ne comprend pas qu'il y ait une compétition interne aussi au sein de la droite pour gagner
17:17le parti.
17:18Or, Retailleau, c'est l'ancien chef des sénateurs LR,
17:21donc en fait, ils sont un peu en train de copier ce que Retailleau leur...
17:25La feuille de route de Retailleau.
17:27Et Wauquiez, lui, il essaie d'exister aussi,
17:30sachant que les députés le suivent moins pour le coup,
17:31mais il essaie d'exister.
17:32Et donc, vous avez cette une absurde de Wauquiez qui dit qu'il faut enfermer les OQTF Ă  Saint-Pierre
17:37et Miquelon.
17:38Donc, refaire un bagne, en gros, à peu près.
17:40Enfin, c'est un peu l'idée, quoi.
17:40On a fait une vidéo là-dessus.
17:41On a fait une vidéo d'Eurélien Souchère, du coup, qui avait fait une vidéo là-dessus.
17:46Donc, ouais, bien sûr, c'est un exemple de cette surenchère-là.
17:50Et ces lois...
17:51En fait, si tu veux, cette proposition complètement absurde de Laurent Wauquiez,
17:55c'est la version médiatique des propositions de lois absurdes du Sénat
18:00qui se passent depuis quelques temps
18:02et qui, malheureusement, sont votées, quoi.
18:05Par exemple, je prends un exemple, mais il faut se souvenir que la loi immigration...
18:09Vous vous souvenez de la loi immigration, Darman ?
18:10Ben oui, on s'en souvient bien.
18:11Donc, c'était début 2024, c'est ça, je crois qu'il a été voté, de mémoire ?
18:17Oui, c'est ça, ouais.
18:18Et en gros, à l'époque, Darmanin l'avait, donc c'était Darmanin qui était ministre,
18:22il l'avait déposé au Sénat, au début,
18:25parce qu'en fait, il savait qu'au Sénat, ils allaient l'agrémenter de dingueries sur dingueries.
18:28Et le texte avait fini par être voté avec les dingueries du Sénat.
18:32Et en fait, la Macronie, donc la Macronie avait voté pour la fin de la ME,
18:36pour des dispositions qui étaient contre la Constitution,
18:39en disant, de toute façon, en fait, le Conseil consiste à faire le boulot derrière,
18:42il va nettoyer le texte.
18:43Il y a notamment cette histoire de cavalier législatif qui était venue à ce moment-là.
18:46C'était ça qui a fait que le texte était étoyé,
18:47mais il s'agissait de réduire le nombre d'étudiants étrangers,
18:51il y avait, enfin, de rendre beaucoup plus difficile le fait d'être étudiants étrangers.
18:53Il y avait plein de trucs sur l'accès, l'accès aux droits pour les demandeurs d'asile.
18:58Il y avait la ME, il y avait, bref, cette loi, elle avait plein de propositions.
19:02Il y avait déjà des atteintes aux droits du sol, je crois, qui étaient comprises déjà.
19:05D'ailleurs, on va en parler, parce que du coup, lĂ , ce que tu cherches depuis tout Ă  l'heure,
19:08c'est sur Mayotte, je suppose.
19:10C'est ça qui m'emmerde, c'est que je l'avais préparé et je n'ai pas compris bien.
19:14Ouais, mais au pire, on pourra l'expliquer comme ça.
19:16Mais en gros, la loi d'immigration, déjà, à ce moment-là,
19:19les macronistes l'avaient voté et donc avaient voté les dingueries de la droite
19:21en se réfugiant derrière le gendarme qui est censé être le conseil constitutionnel
19:28pour nettoyer le texte.
19:31LĂ , on est un peu dans ce moule-lĂ  encore,
19:33oĂą en fait, on dit feu vert et banco Ă  tous les textes de la droite
19:37et c'est un peu ce qui est inquiétant, quoi.
19:39Et bon, du coup, pour Mayotte, parce que j'anticipe ce que tu cherches.
19:43J'ai trouvé Marc Fénault aussi qui disait la même chose,
19:45mais en gros, la vidéo, pour résumer, c'était, comment il s'appelle,
19:50du coup, Sylvain Maillard qui est LREM,
19:53qui est ancien président du groupe ?
19:56Ouais, c'était le président du groupe, prenez ça.
19:57C'était le président du groupe.
19:58Et la journaliste lui demande, du coup,
20:02ce qu'il pense de la proposition de loi concernant Mayotte,
20:05la remise en cause du droit du sol Ă  Maillard.
20:07Et lui, il dit, bon, écoutez, c'est plutôt malin.
20:09C'est dans mon sens.
20:10Oui, je pense qu'on va voter.
20:12En gros, c'est assez.
20:13Et voilĂ , et lĂ , c'est du son, vraiment, ce que tu disais,
20:18de LREM qui doit marcher dans les pattes de LR,
20:20parce que sinon, ils savent qu'ils n'auront pas ce qu'ils veulent.
20:23C'est ça.
20:24En fait, tu peux évidemment trouver un extrait de Retaillot aussi
20:28qui parle du droit du sol.
20:28Je pense que ça peut être intéressant.
20:29Ouais, on cherche.
20:31Ça, tu vas le trouver assez facilement.
20:32C'était sur LCI dimanche, je crois.
20:34D'accord.
20:35Mais du coup, en gros, ce qu'il se passe,
20:36c'est juste pour rappeler.
20:37En gros, Mayotte, il y avait déjà un droit du sol différencié
20:40depuis 2018.
20:41C'était déjà sous le Macroni.
20:43En 2018, en gros, le droit du sol n'est plus automatique Ă  Mayotte.
20:46Je pense que ça doit être ça, non ?
20:47Le droit du sol n'est plus automatique ?
20:48Ouais, je pense que c'est celle-lĂ .
20:50C'est là, ouais, c'est ça.
20:51Après, si tu peux avoir l'extrait direct.
20:53Bref, du coup, depuis 2008, c'était plus automatique.
20:56Et en gros, il fallait présenter...
20:58Donc normalement, le droit du sol, en France,
20:59ça veut dire que quand tu es né en France,
21:01à 13 ans, tu deviens automatiquement français
21:02à partir du moment où tu as 5 ans de présence
21:04sur le sol français, d'accord ?
21:05Et qu'il est né en France.
21:06Même si tes deux parents sont étrangers.
21:08Ça, c'est le droit du sol chez nous, en métropole.
21:10À Mayotte, il fallait avoir au moins un des deux parents français
21:15et genre justifié de 3 mois, je crois, comme ça,
21:18de présence sur le sol.
21:19En gros, donc, sauf que maintenant, c'est un an.
21:21Et il faut avoir les deux parents
21:24qui justifient d'être français.
21:24Donc, en fait, c'est un quasi-droit du sang
21:26qui s'applique Ă  Mayotte maintenant.
21:29Or, ça, déjà, c'est une atteinte
21:32à l'unicité de la République.
21:33Normalement, il y a sans savoir toutes les lois
21:34qui s'applique partout, les mĂŞmes lois,
21:36qu'elles soient Ă  Mayotte ou Ă  Paris.
21:37Mais bon, déjà, ce n'est plus le cas.
21:38Et deuxièmement, c'est une atteinte à un principe,
21:40le droit du sol, qui est un principe constitutif
21:42de la République française.
21:43C'est-Ă -dire qu'on nous, en gros,
21:44il y a deux façons d'appréhender la nation.
21:46Le droit du sol qui consiste Ă  dire que,
21:48en fait, ce qui fait qu'on est français,
21:49c'est qu'on est citoyen.
21:50Donc, un gamin qui, en fait,
21:51depuis cinq ans est à l'école en France,
21:52quand bien même ses parents ne sont pas français,
21:54c'est en train de devenir un citoyen français,
21:55en fait, donc on considère qu'il est français.
21:57Alors que le droit du sang,
21:58qui est le truc un peu plus historique,
22:00on va dire, c'est un droit qui veut dire
22:02que tu n'es français que si tes deux parents sont français.
22:04Donc, en fait, on hériterait presque génétiquement
22:07de la nationalité française, en fait.
22:09Ce qui n'empĂŞche pas que des gens puissent demander
22:12des démarches pour être français.
22:13Mais en tout cas, sur l'automacité,
22:15il n'y aurait que le sang qui rendrait automatique
22:17le fait d'être français.
22:18C'est deux conceptions de la nation tout à fait différentes.
22:20L'une un peu plus heureuse que l'autre, vous en doutez.
22:22Mais voilĂ .
22:24Et donc, ce qui est intéressant, c'est que Retailleau,
22:26quand il...
22:27Tu veux qu'on écoute Retailleau ?
22:27C'est le 8 avril que le Sénat a voté
22:30pour le durcissement de ce mécanisme à Mayotte.
22:33Et Retailleau réagissait à ça sur LCI.
22:377h20, les coulisses du pouvoir, l'actualité politique...
22:39Alors, l'actualité politique est...
22:40Ce soir, vous l'avez poussé sur Mayotte.
22:43C'est lĂ .
22:44Il vient d'être voté un texte important
22:46que j'ai poussé sur Mayotte
22:48pour restreindre le droit du sol Ă  Mayotte.
22:51Et moi, je pense qu'il faudra faire en sorte
22:53que le droit du sol ne soit plus automatique
22:55ici, sur la métropole.
22:57J'avais fait voter d'ailleurs au Sénat,
22:59dans la loi immigration,
23:00mais ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel
23:02pour des raisons de forme.
23:04un dispositif qui était le dispositif de Charles Pascois.
23:07C'est-Ă -dire qu'un jeune,
23:09né de parents étrangers,
23:11ne devienne pas automatiquement français
23:13à sa majorité,
23:15mais qu'il y ait une déclaration,
23:17que ce soit un acte volontaire.
23:18Ça, c'est important.
23:19On ne doit pas être, encore une fois, français
23:21par le hasard d'une naissance.
23:24Alors, pour mémoire...
23:26On est tous français par le hasard d'une naissance.
23:28Ă€ moins que vous ayez choisi,
23:30vous, dans le ventre de votre mère,
23:32vous avez coché un formulaire pour dire
23:33« Non, je veux naître à Paris ».
23:35VoilĂ .
23:36Bref.
23:36Mais lĂ -dessus,
23:37alors, juste pour qu'on comprenne bien le lien,
23:39pourquoi, lĂ , ce que dit Retailleau,
23:42influence ce qui se passe au Sénat ?
23:43Pourquoi ?
23:44Comment on en arrive
23:45Ă  parler de Retailleau maintenant ?
23:47Parce que Retailleau n'est pas sénateur.
23:48Il l'était.
23:49C'était le patron des sénateurs LR
23:51jusqu'à ce qu'il soit nommé ministre de l'Intérieur
23:53il y a peu.
23:54C'était de Choubasse au Barnier, du coup.
23:56En fait, ce qu'il faut comprendre,
23:58c'est que là, on voit très bien qu'il y a un pas de deux.
23:59C'est-à-dire que le volontarisme xénophobe,
24:03on va dire, identitaire un peu des sénateurs LR
24:07sert la com de Retailleau.
24:09Par exemple, lĂ , en gros,
24:10les sénateurs ont voté un texte
24:11que Retailleau voulait, de toute façon,
24:14sur Mayotte,
24:14et il s'en sert pour dire
24:15« Bon, maintenant qu'on a fait ça à Mayotte,
24:17il faudrait quand même qu'on réfléchisse
24:18à l'étendre partout, quoi, en fait.
24:20Parce que Mayotte, bon,
24:22ça marche à Mayotte.
24:23Si ça marche à Mayotte,
24:23ça peut marcher partout.
24:24Mayotte devient un laboratoire, en fait,
24:25de délire,
24:29de laboratoire conservateur
24:30et réactionnaire de la droite, en fait.
24:32Et d'extraordinaire,
24:33puisque le RN est d'accord avec ça aussi.
24:35Donc, voilĂ .
24:36Du coup, t'as le Sénat
24:37qui marche dans les pas
24:37de toutes les dingueries
24:39que ouvre Retailleau.
24:40C'est ça.
24:41Alors, lĂ , sur les OQTF,
24:44on l'a vachement entendu.
24:46Les OQTF algériennes, notamment.
24:49Sur Mayotte,
24:49il était à fond.
24:52De toute façon, c'est simple.
24:53C'est le ministre qu'on entend le plus.
24:54Ça, je peux quand même,
24:54on peut le dire.
24:55C'est ça qui est paradoxal,
24:56c'est qu'on a tout un coup.
24:56Il a remplacé Darmanin.
24:57Il a remplacé Darmanin
24:59et on a un gouvernement
24:59qui est quand mĂŞme
25:00Ă  domination macroniste,
25:01toujours,
25:02parce que les LR
25:02ne sont pas majoritaires
25:03au sein du gouvernement.
25:05Et pourtant,
25:05le mec qu'on entend le plus,
25:07c'est Retailleau.
25:08Donc, le gars,
25:09il ne sera Ă  dire un peu
25:09la Sarkozy sous Chirac,
25:11pour ceux qui s'en souviennent,
25:11où Sarkozy était omniprésent déjà.
25:13C'était le ministre
25:14quand on parlait le plus,
25:15alors que Chirac ne pouvait pas
25:16le blairer par ailleurs.
25:17Mais Retailleau,
25:18je ne pense pas que
25:18Beyrou ou Macron
25:19soient super fans de lui,
25:20mais ils ont besoin de lui
25:22parce qu'ils ont besoin
25:23de LR pour avoir un gouvernement.
25:25Et en fait,
25:25le gars,
25:26il a très bien compris
25:27qu'il avait un couloir
25:28Ă  exploiter.
25:29Le fait d'être ministre de l'Intérieur,
25:30ça donne l'occasion
25:31de parler de plein de sujets
25:33qu'adorent les médias,
25:34donc d'immigration,
25:35de sécurité, etc.
25:36Lui, ça lui va,
25:37il ne se force pas beaucoup
25:37pour parler de ça,
25:38je le précise.
25:39Je rappelle qu'il a été formé
25:40chez Philippe de Villiers
25:41Ă  la base,
25:41il vient de l'extrĂŞme droite,
25:42Retailleau,
25:43donc il n'en est peut-ĂŞtre
25:44pas, il n'a peut-ĂŞtre
25:44jamais parti d'ailleurs,
25:45mais voilĂ .
25:47Il y a quelqu'un qui demande
25:48comment un ministre
25:49aussi temporaire,
25:50on verra s'il l'est,
25:51mais c'est possible qu'il le soit,
25:53peut se donner le droit
25:54de tout mettre sous tension
25:55parce que c'est ça
25:56qui se passe en fait.
25:57Le Sénat marche
25:58dans les pas de Retailleau
26:00qui balance tout un tas
26:03de sujets toujours plus réacs.
26:05Derrière, le Sénat dit
26:07fait des propositions de loi
26:08complètement réacs
26:09dans la ligne
26:10sur les OQTF,
26:11tout ce qu'on a dit
26:12dans la ligne de Retailleau
26:13et LREM,
26:14pour résumer,
26:15dis-moi si j'ai dit n'importe quoi,
26:16mais derrière,
26:18LREM se sent obligé,
26:19enfin,
26:20suit,
26:20se sent obligé,
26:21on va quand mĂŞme
26:22leur donner un peu
26:23de responsabilité
26:24dans tout ça,
26:25suit Retailleau
26:26pour qu'à l'Assemblée,
26:27tout se passe Ă  la fin.
26:29Pour sauver leur majorité,
26:30pour pas que le gouvernement tombe,
26:31c'est ça,
26:31oui, tout Ă  fait.
26:32Et donc Retailleau,
26:33pour répondre à ta question,
26:33Mocane,
26:34c'est que Retailleau,
26:35c'est pas qu'il peut
26:36se donner le droit
26:36Ă  ce que le gars,
26:38de fait,
26:39il a un espace
26:40qui s'est dégagé pour lui,
26:41donc il serait bĂŞte
26:42de ne pas l'exploiter
26:43si on est un peu cynique,
26:44d'autant qu'il a
26:45des ambitions présidentielles
26:46et je pense qu'il faut
26:46qu'on en parle aussi.
26:48Tiens, tiens, tiens.
26:49Bah oui,
26:50parlons-en,
26:50du coup,
26:50tu vois que tu prépares
26:52un autre article
26:53sur Retailleau.
26:54C'est toujours pas toi
26:55qui...
26:55Mais t'écris aussi
26:56des articles, toi ?
26:57Ça m'arrive.
26:57Oui, c'est ton collègue
26:58Anthony Cortez,
26:59après qu'il le sentisse.
27:01Donc Anthony,
27:01il était au meeting,
27:04parce que Retailleau
27:04tient des meetings,
27:05figurez-vous.
27:05Donc déjà,
27:06petit indice sur le...
27:07Mais quand tu tiens
27:07des meetings,
27:08c'est qu'il y a...
27:08Alors, il y a le congrès
27:09des républicains
27:10en premier,
27:11mais bon,
27:11quand tu écoutes
27:11ce qu'il dit,
27:12c'est qu'il s'est sent
27:12quand mĂŞme plus
27:12le meeting présidentiel
27:13que le meeting
27:15juste pour prendre un parti.
27:16C'est quoi le congrès
27:16des républicains ?
27:17J'ai plus la date,
27:18si tu me prends
27:18des pourvues,
27:19c'est au printemps.
27:27l'idée,
27:27c'est que celui
27:28qui gagnera le parti
27:28sera probablement
27:29celui qui sera candidat
27:30pour LR à présidentiel.
27:31C'est pour ça aussi
27:31que c'est un marche-pied,
27:32en fait, le parti.
27:34Bref, du coup,
27:34Retailleau,
27:35il était en meeting
27:36Ă  Levallois le 10.
27:38Et donc,
27:41il faisait un meeting
27:41oĂą il racontait
27:42sa vision de la France.
27:43Donc vraiment
27:44un meeting présidentiel.
27:45Et ce qui est très intéressant,
27:47je peux me permettre,
27:48sur le papier,
27:49c'est Ă  la fin.
27:50Donc en gros,
27:50tu vois que tous les gens,
27:51en gros,
27:52des militants
27:53qu'on a interrogé
27:53dans ce papier,
27:55disent,
27:56non, mais ça sent,
27:56Retailleau,
27:57c'est notre ticket
27:59pour se décrocher
28:00de la Macronie
28:00et les bouffer, quoi.
28:01Parce qu'en fait,
28:02il y a un truc aussi,
28:03c'est que les macronistes,
28:04il y a une crise de succession,
28:05c'est-Ă -dire qu'on ne sait pas
28:06qui va prendre la suite
28:07de Macron.
28:08On ne sait pas
28:08comment ça va être réglé.
28:09Est-ce qu'il y aura une primaire ?
28:10Est-ce que c'est Édouard Philippe
28:12qui va s'imposer ?
28:12Est-ce que c'est Gabriel Attal ?
28:13On ne sait pas.
28:14Est-ce qu'il y aura
28:14plusieurs candidats Ă  la fin
28:15parce qu'ils ne seront pas mis d'accord ?
28:16C'est aussi une option.
28:17Donc, on ne sait pas.
28:19Et donc,
28:19l'éleur se dit,
28:19putain, il y a un truc,
28:20en fait,
28:20c'est le retour de la droite,
28:21la macroniste écroule,
28:22c'est la fin,
28:23le macronisme,
28:23en fait,
28:23ce n'est que Macron,
28:24donc comme c'est terminé,
28:26go, on y va
28:27et c'est le retour de la droite.
28:28Et donc,
28:30on a eu plein de militants
28:32qui parlaient
28:32et en fait,
28:33tu vois par exemple,
28:33tu as Émilien qui a 24 ans
28:34qui dit,
28:35on sent que la droite
28:36existe à nouveau médiatiquement,
28:37qu'elle redevient attractive,
28:38que certains aillent trop loin
28:39comme Wauquiez
28:40qui vont envoyer des OQTF,
28:41c'est pas grave,
28:42on fait l'actu
28:42et on éclipse
28:43le vide macroniste
28:44et les délires de la gauche.
28:45Bah lĂ ,
28:45vous avez un peu le résumé
28:46de comment,
28:47pourquoi Retailleau,
28:48ça marche auprès
28:49notamment des gens de droite,
28:50c'est parce que du coup,
28:50ils donnent une sensation
28:51de retour de la droite
28:52et notamment Retailleau dit...
28:54Mais retour de la droite
28:55en empiétant complètement,
28:56enfin en empiétant,
28:57en allant sur le terrain
28:57de l'extrĂŞme droite.
28:59En allant sur le terrain
28:59du Rennes,
28:59tu pourrais dire
29:00un retour de la droite
29:01Ă  la horizon,
29:03enfin Ă  la droite gaulliste
29:04ou Juppé,
29:05ou de Villepin
29:06qui assure un retour
29:11et il permet un retour
29:12de la droite
29:13en espérant gratter
29:14sur l'extrĂŞme droite.
29:15Et est-ce que ça peut pas
29:16s'avérer payant aussi,
29:18sachant les difficultés
29:19qu'Ă  Marine Le Pen
29:20en ce moment judiciaire
29:21et que du coup,
29:22est-ce que LR peut
29:24récupérer ce truc-là ?
29:25Ça, c'est une question.
29:26Moi, j'ai tendance Ă  penser
29:27que comme le Rennes
29:28aura de toute façon
29:28un candidat
29:29et peut-ĂŞtre Bardella
29:31et vu comme le potentiel
29:32de Bardella,
29:35je suis pas sûr
29:35que tu vois,
29:36Retailleau puisse absorber
29:38les voix du Rennes
29:38Ă  ce point.
29:39Il peut leur en piquer,
29:40ça c'est probable,
29:41mais comme Zemmour
29:41peut potentiellement
29:42leur en piquer aussi,
29:43mais le gros de la troupe
29:46restera un vote RN,
29:47je pense.
29:48On voit qu'il y a quand mĂŞme
29:49les gens,
29:50il y a un vote presque
29:51d'attachement au RN
29:52de la part de plein d'électeurs.
29:53Tu mets n'importe qui
29:54avec un logo RN,
29:55ils votent pour lui.
29:56L'idée là,
29:57c'est quand mĂŞme
29:57de regalvaniser les troupes
29:59autour des LR,
30:00mais pour regalvaniser les troupes,
30:02il va falloir tirer
30:03ces troupes de quelque part
30:04parce qu'elles sont parties
30:04ailleurs les troupes.
30:05Une partie sont parties
30:06en Macronie.
30:08L'idée,
30:08c'est de les récupérer.
30:09De toute façon,
30:10comme ils seront orphelins
30:11de candidats,
30:11quasiment,
30:12on va les récupérer.
30:13Et après,
30:14ils se sont dit,
30:14comme ils sont en train
30:15de radicaliser finalement
30:16les gens de droite,
30:17notamment avec la stratégie
30:18Retailleau,
30:19il y a des voies Ă  prendre
30:20en faisant ça.
30:21Ils se rendent compte
30:22qu'il y a plein
30:22d'électeurs macronistes
30:24qu'on disait en 2017 encore
30:26qu'ils étaient progressistes
30:28sur le sociétal,
30:28on se rend compte
30:29qu'ils ne le sont pas tant que ça
30:29et que les électeurs macronistes
30:31ont tout à fait accepté
30:32la loi de l'immigration,
30:33ils ont tout à fait accepté
30:34la loi de sécurité globale
30:35et tous les durcissements,
30:36etc.
30:37l'électorat macroniste
30:39accompagné,
30:39il y en a qui ont été
30:40perdus en cours de route,
30:41mais globalement,
30:41l'électorat macroniste bourgeois,
30:43c'est le bloc bourgeois,
30:44on va dire,
30:45accompagné tranquillement
30:46la radicalisation
30:46de la macroniste
30:47en durcissement autoritaire.
30:49Donc,
30:49ces gens-là peuvent très bien
30:50se retrouver dans Retailleau.
30:51VoilĂ .
30:52Et juste une dernière chose
30:53avant de le libérer,
30:54c'est que ce qui est intéressant,
30:55c'est que Retailleau dit
30:55dans ce papier,
30:56il dit sur scène,
30:57il dit,
30:57mes polémiques,
30:58donc c'est dans le dernier paragraphe lĂ ,
30:59mes polémiques ont été
31:06vraiment dans son meeting,
31:07il était en train de lister
31:08ces polémiques
31:08et j'aurais été super fier.
31:10Ah oui,
31:10c'est des médailles.
31:11L'angle polémique
31:12parce qu'il aurait pu dire
31:13méprise de position,
31:15mon engagement.
31:16Exactement.
31:16Pour lui,
31:17c'est une stratégie payante.
31:18C'est parce que du coup,
31:20tu ouvras aussi
31:21la fenĂŞtre d'Overton
31:22sur les sujets,
31:23on a déjà parlé dans le micro,
31:25mais sur les sujets
31:25qui sont acceptables
31:26dans le débat public,
31:27comme le débat public
31:28est largement déjà,
31:30enfin la fenĂŞtre,
31:30elle est bien écartée déjà
31:31par le travail
31:32de l'extrĂŞme droite,
31:33et bien Retailleau,
31:33il peut s'engouffrer
31:35lĂ -dedans tranquillement,
31:36d'autant qu'il y a,
31:37comme ça je te referai
31:37une transition,
31:38d'autant qu'il y a
31:38des milliardaires
31:39qui font le travail
31:39aussi pour lui.
31:40Oui,
31:41on va parler de ces milliardaires
31:42maintenant avec Thomas Loméau
31:43qui arrive,
31:43mais je vous rappelle
31:45Ă  cet article,
31:46je vous renvoie Ă  cet article,
31:47préférence nationale,
31:48haine de l'Algérie,
31:49mariage avec des étrangers,
31:50le Sénat est-il devenu
31:51un plateau de CNews ?
31:52VoilĂ .
31:54Et qui renvoie du coup
31:55aussi à plein de déclarations,
31:57Ă  d'autres papiers
31:57pour illustrer
31:58ce glissement du Sénat.
32:00Et la réponse au titre,
32:01c'est oui,
32:02mais il n'y a pas
32:02Elisabeth Lévy.
32:03Ça manque d'Elisabeth Lévy.
32:04C'est vraiment Céneau.
32:06Mais ne le souhaite pas trop fort
32:07parce que tu sais pas
32:08si il devient sénatrice,
32:09il y a un remaniement.
32:10Oui, c'est vrai.
32:11Il y a un peu
32:11n'importe qui qui rentre.
32:13Il pourrait devenir ministre,
32:13c'est dommage.
32:15Ministre Ă  quoi ?
32:17On pronostique lĂ -dessus ?
32:19Non, je te laisse le chat.
32:21Yes.
32:22Ok, bah merci,
32:23Cyprien Cadéo.

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