- il y a 9 heures
Face à la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland, Emmanuel Macron a convoqué en urgence un Conseil de défense. Dans le même temps, une mission militaire européenne, à laquelle participe la France, démarre ce jeudi 15 janvier, pour une mission de reconnaissance sur l’île arctique, tandis que Paris avait annoncé ouvrir un consulat au Groenland le 6 février.
Alors, guerre ou pas guerre ? Réponse avec Vadim Kamenka et Clara Martinot.
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NewsTranscription
00:00C'est officiel, la France a envoyé des soldats au Groenland.
00:03Alors est-ce qu'une guerre se prépare entre les Etats-Unis et l'Europe ?
00:07Jeudi 14 janvier donc, Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de soldats français au Groenland
00:11dans le cadre d'un exercice militaire organisé par l'armée danoise.
00:16D'autres forces européennes y participeront, comme l'Allemagne et la Suède.
00:20Quelques heures plus tard, le président de la République a tenu en urgence un conseil de défense
00:25et il devait notamment aborder le sujet du Groenland.
00:27Emmanuel Macron a ensuite présenté ses voeux aux armées.
00:33Et on va regarder un court extrait.
00:40Pour rester libre, il faut être craint.
00:45Pour être craint, il faut être puissant.
00:48Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort.
00:55Cela suppose que la nation consente à des efforts à la mesure de notre rude époque.
01:01Voilà pourquoi j'ai souhaité le 13 juillet dernier avancer à l'année 2027 l'objectif, initialement prévu pour 2030,
01:10d'atteindre un budget annuel de 64 milliards d'euros pour notre défense.
01:15Donc nous sommes avec Vadim Kamenka.
01:17Bonjour Vadim.
01:18Bonjour Lara.
01:19Tu es chef du service international à l'humanité.
01:22Est-ce que tu peux nous dire si une guerre se prépare vraiment entre les États-Unis et l'Europe
01:28?
01:29Non, je ne serais pas aussi catégorique.
01:32Après bon, on est avec Donald Trump, donc on n'est pas une surprise près.
01:37Mais non, je pense qu'il y a une volonté en tout cas de ne pas laisser le tempo et
01:42la mainmise à Donald Trump.
01:44Puisqu'en effet, il l'a dit dès son investiture, maintenant il y a près d'un an, son retour
01:50à la Maison Blanche,
01:52que le Groenland faisait partie des zones géographiques qui l'intéressaient au plus haut point.
01:57Puisqu'il avance plusieurs vérités d'expansion.
02:03Un, pour contrer, il dit, la menace russe et chinoise sur place.
02:08D'ailleurs, c'est un argument qui a été repris par des pays européens, c'est ça ?
02:12Tout à fait.
02:14Puisqu'on le voit, l'OTAN a eu exactement les mêmes propos pour expliquer aussi, pareil,
02:20pourquoi est-ce que finalement l'Arctique aujourd'hui faisait partie des points stratégiques pour l'Alliance atlantique.
02:26On a vu en effet que d'ailleurs Emmanuel Macron, dans ses voeux, l'évoque sur la question de la
02:32menace.
02:32Alors il ne cite pas la Russie, mais en tout cas il en parle grandement.
02:36Et bien sûr, les autres pays européens, comme l'Allemagne, disent, en gros, on ne peut pas laisser cette zone
02:41menacée par d'autres puissances, dont la Chine et la Russie.
02:47Donc est-ce qu'on peut arriver à une confrontation ?
02:51Non, j'ai des redoutes.
02:52Déjà un, parce que tous ces pays sont membres de l'Alliance atlantique, mais en gros, les États-Unis veulent
03:00rappeler qui est le donneur d'ordre
03:03et mettre la pression pour augmenter, si ce n'est leur présence, une présence, on va dire, atlantique dans la
03:10zone.
03:10Puisqu'il y a des questions de sécurité.
03:12Alors après, je ne sais pas si on va le développer, mais il y a aussi des questions de ressources
03:15naturelles, et notamment des minerais.
03:19Là, quel signal envoie le Danemark aux États-Unis avec cet exercice militaire ?
03:24En gros, le Groenland reste un territoire danois, même si, bien évidemment, il faut rappeler aussi l'histoire du Groenland,
03:34puisque c'est une colonie danoise, mais avec un passif colonial, comme dans toute histoire coloniale, extrêmement lourd,
03:44et que le Groenland, d'ailleurs, réclamait son indépendance et a déjà un statut un peu particulier d'autonomie.
03:50Donc voilà, déjà, il y a cette part aussi qui est importante.
03:53En tout cas, le Groenland a fait le choix pour l'instant de maintenir son alliance avec le Danemark,
04:01parce qu'il ne souhaite pas avoir un allié trop puissant que sont les États-Unis sur son sol,
04:08même s'il y a déjà une présence militaire américaine depuis les années 50,
04:14puisque c'est un partenariat qui existe de sécurité, qui est renouvelé en gros chaque année.
04:18– Quelle est la relation entre le Premier ministre Groenlandais, Jens Frédéric Nielsen, et Donald Trump ?
04:24– En fait, il s'était félicité il y a un an, il me semble, de son discours et d
04:32'être assez proche de lui.
04:33Et finalement, puisque c'est une des personnalités qui a dénoncé finalement les vérités américaines,
04:42et du coup, Donald Trump a dit, je ne sais plus sa formulation, mais en gros,
04:45mais c'est qui ce monsieur ? Il se rend compte de notre puissance, etc.
04:48Donc en gros, il l'a remis à sa place, alors qu'un an avant, il saluait son discours autonomiste
04:55et indépendantiste.
04:56– Et donc, est-ce que tu peux nous expliquer cet exercice militaire ?
05:00En quoi est-ce qu'il va consister ? Et pourquoi il y a des forces européennes ?
05:05– Eh bien, en gros, c'est à l'issue... C'était avant la rencontre à la Maison-Blanche,
05:12puisque hier, il y a le ministre des Affaires étrangères danois et groenlandais
05:18qui se sont rendus à la Maison-Blanche pour rencontrer Marco Rubio et J.D. Vance.
05:23Il a été question, bien sûr, de discussion diplomatique sur le Groenland.
05:30Mais juste avant, il y avait une réunion aussi des pays européens pour soutenir le Danemark dans sa démarche,
05:37puisque l'une des raisons qu'évoque Donald Trump pour sa mainmise sur le Groenland,
05:46c'est qu'en gros, les Danois ne font pas assez d'efforts, ne dépensent pas assez pour la sécurité
05:49d'un secteur aussi stratégique.
05:52Ce qui est faux, parce qu'on l'a rappelé, je crois que c'est Antoine Portelaide
05:57qui a écrit un long papier ce matin dans Le Quotidien,
05:59qui rappelle en fait les sommes, mine de rien, dépensées par le Danemark
06:01ces dernières années pour maintenir une présence et une sécurité sur place.
06:05Et deux, la réponse européenne, justement, pour montrer que finalement,
06:08ils étaient en capacité d'envoyer des dizaines ou centaines de soldats,
06:12puisque c'est la première mission, c'est déjà de voir comment ils peuvent aider,
06:16quelles sont les nécessités de développement de ces forces de sécurité.
06:20Et trois, s'il en faut plusieurs, finalement, plusieurs centaines
06:24pour faire face ou pas à une menace russe ou chinoise.
06:28Est-ce qu'il y a de vraies menaces russes et chinoises ?
06:32Je ne pense pas. Après, je ne suis pas sur place.
06:37Mais en fait, ça fait partie d'un jeu stratégique.
06:40C'est qu'aujourd'hui, l'Arctique, et notamment la route principale,
06:43avec le dégel et la fonte, qui est dû quand même au bouleversement environnementaux,
06:47dont on parle finalement assez peu dans cette histoire,
06:51qui est un vrai danger pour la planète,
06:55aujourd'hui, ce dégel, finalement, permet à la Russie,
06:59qui a l'essentiel de la route du Nord,
07:01puisque ça longe tout son littoral, en fait,
07:04toutes les côtes russes, notamment sibériennes,
07:07ça lui permet d'avoir une voie de transport beaucoup plus importante.
07:12Et on sait qu'aujourd'hui, par exemple, dans la mer Baltique,
07:17l'essentiel des pays qui forment cette mer,
07:23qui est presque une mer fermée, sont membres de l'OTAN.
07:26Et on sait que pour commercialiser avec l'Europe,
07:30notamment sur la question de pétrole et de gaz,
07:34la Russie transportait énormément de choses.
07:36Alors il y avait tous les gazoducs, mais aujourd'hui, ils sont suspendus.
07:39Ils sont arrêtés avec l'Europe, avec les sanctions contre la Russie.
07:44Donc toutes ces flottes de navires,
07:46ça devenait de plus en plus compliqué,
07:48aussi bien en mer Baltique que, par exemple, par la Méditerranée,
07:51puisque avec la guerre en Ukraine,
07:53ils sont aujourd'hui ciblés par l'armée ukrainienne,
07:55ou même apparemment, en tout cas, bien aidés par les services britanniques.
08:00Donc on voit que c'est une vraie volonté aujourd'hui
08:04de s'émanciper de ces voies navigables de la part de la Russie.
08:06Et avec la fonte des glaces, la Russie a fait le pari
08:10d'augmenter la cadence sur cette voie maritime du Nord,
08:13bien aidée aussi par deux autres acteurs,
08:15que ce sont l'Inde et la Chine,
08:17qui voient un moyen de passage, en fait,
08:19et de commercialiser entre l'Asie et l'Europe
08:22pour éviter d'autres zones bien dangereuses.
08:25Donc cette route commerciale pourrait être convoitée
08:28par Donald Trump également,
08:29mais quelles sont les autres richesses
08:31et les autres objets de convoitise du Groenland ?
08:34Alors, sur cette voie-là, en fait,
08:36les Agenis ne peuvent pas la convoiter.
08:39Eux, ce qu'ils convoitent, c'est la route, en fait,
08:40à côté du Canada, qui est une autre voie,
08:42mais pour l'instant, qui est assez peu navigable,
08:43puisque extrêmement complexe,
08:45à différence de la voie du Nord.
08:49Non, par contre, ce qu'ils convoitent, en fait,
08:51c'est le Groenland,
08:52parce que ça leur permettrait de,
08:54soit dans cette entrée de zone navigable,
08:56soit à la sortie, en fait, des navires,
08:57de pouvoir avoir un accent,
08:59et un contrôle sur qui,
09:01quel navire russe ou quel navire chinois
09:03ou quel navire indien, par exemple,
09:05passe par ce passage.
09:08Et donc ça, ça fera un vrai moyen de pression
09:11à l'égard de la Russie, de la Chine
09:13et d'autres acteurs,
09:14parce qu'on l'a vu dans le cadre du Venezuela,
09:16quand ils ont décidé, finalement,
09:19que le pétrole vénézuélien
09:21ne devait plus passer
09:22et ont fait une forme de blocus,
09:24ils sont intervenus militairement
09:25en arraisonnant différents bateaux.
09:27Donc on sait que les États-Unis
09:29ont des capacités militaires pour le faire
09:31et ils ne s'empêchent pas,
09:33à partir du Groenland, justement,
09:35de pouvoir arraisonner
09:38différents navires russes,
09:39quel que soit le droit international,
09:40puisque le droit international,
09:41aujourd'hui, on voit Donald Trump,
09:42on n'a que faire.
09:43Sur la question des sous-sols,
09:45c'est l'autre intégration.
09:47On sait que, par exemple, au Groenland,
09:49il y a énormément de terres rares.
09:51Ça fait partie, aujourd'hui,
09:52des enjeux de ressources
09:57auxquels se livrent la Chine et les États-Unis,
09:58puisque pour un certain nombre
10:00de secteurs, aujourd'hui, stratégiques,
10:02les terres rares sont des minerais importants.
10:05Donc ça, on le sait.
10:06Sur la question, après,
10:08de l'or, du cuivre
10:10et notamment des hydrocarbures,
10:12ça reste assez compliqué.
10:14On a assez peu de chiffres, en fait,
10:16notamment sur le Groenland,
10:17sur les ressources à disposition.
10:20Je crois que, en fait,
10:22l'étude que tout le monde cite,
10:23c'était une étude qui date de 2008
10:24sur en gros,
10:26il y aurait potentiellement
10:2730% de ressources en gaz,
10:32en gaz ou en pétrole en gaz, je crois.
10:35Mais c'est-à-dire,
10:36on ne sait pas la qualité,
10:38on ne sait pas combien de moyens
10:41il faudrait mettre à disposition
10:42pour pouvoir tirer ces ressources.
10:44Donc, on voit que ça reste assez,
10:47finalement, peu facile.
10:50Les seuls, en fait,
10:51qui, aujourd'hui,
10:52ont développé ce type de ressources
10:56et de projets,
10:56finalement, c'est les Russes,
10:58notamment dans la pédinsule de Yamal,
11:00où ils ont réussi à créer,
11:01alors sur plusieurs années,
11:02un vrai port gazier.
11:04Et c'est pour ça que, finalement,
11:06les Russes, on le voit,
11:07ont fait de cette route
11:09et de cette zone
11:10un vrai enjeu stratégique,
11:11aussi bien maritime,
11:12mais aussi de plus en plus,
11:13à terme aussi,
11:14en termes de ressources,
11:16puisqu'ils ont, aujourd'hui,
11:18ils savent comment faire.
11:18Donc, est-ce qu'ils veulent développer
11:20sur d'autres points du littoral
11:23tirer profit de ces ressources ?
11:24Ce n'est pas forcément,
11:27on va dire,
11:32pas forcément...
11:33J'y rêve plus.
11:34Ce n'est pas...
11:36On va peut-être couper.
11:39En gros, c'est un des enjeux
11:41qui se pose pour la Russie
11:42dans les années à venir.
11:44Et hélas, avec le réchauffement
11:45qui s'accélère,
11:47on peut avoir, en fait,
11:49des zones ou des étendues
11:50qui apparaissent
11:52avec des poches de méthane,
11:54des poches de gaz
11:55et autres qui peuvent être convoitées
11:57par les Russes,
11:58mais aussi par d'autres puissances
12:00alliées comme la Chine,
12:02comme l'Inde,
12:03et puis sur les autres littoraux,
12:05puisque si, à la fond,
12:06des glaces se poursuit,
12:07on sait que sur des terres émergées
12:08au Canada ou ailleurs,
12:10pareil, il y aura une vraie rivalité
12:12pour qui détiendra ces ressources.
12:14Mais ces exploitations
12:16auraient également
12:16un impact environnemental sur place ?
12:18Exactement, parce que ça veut dire,
12:20encore une fois,
12:21ce serait comme pour le gaz de Chine,
12:22ça demande des moyens.
12:24En gros, on va avoir un impact
12:27sur les sous-sols,
12:29mais sur aussi l'espace maritime.
12:31Donc ça veut dire
12:32qu'on va accélérer
12:33un certain nombre de transformations
12:36d'habitats,
12:37en transformation aussi
12:38des zones de pêche,
12:39en transformation de tout ce qui est
12:42faune et flore,
12:43et en fait, accélérer finalement
12:45le drame qu'on est en train de connaître
12:46et une augmentation drastique
12:50du carbone,
12:51puisque ça va encore libérer
12:52davantage de gaz
12:55et précipiter finalement
12:57le réchauffement
12:58et les bouleversements climatiques
12:59qu'on connaît.
13:00Pour revenir à Emmanuel Macron,
13:02on l'a vu dans l'extrait,
13:04il a dit que pour être libre,
13:06il faut être craint.
13:08Mais est-ce que les Etats-Unis
13:11craignent la France ?
13:13Je ne pense pas que la seule France
13:15fait bien peur aux Etats-Unis,
13:18surtout quand on voit
13:19les budgets militaires.
13:21Alors on a fait justement
13:22un new match lundi dessus.
13:26Le budget militaire américain
13:28est de 1 000 milliards de dollars,
13:31en tout cas avoisinant,
13:31puisqu'on a passé de 900 à 1 000
13:33pour juste l'année 2026.
13:35Et pour l'année 2027,
13:36on pourrait passer
13:37à 1 500 milliards de dollars.
13:39Donc on voit par rapport
13:40à un budget militaire français
13:42qui tourne autour
13:42d'une cinquantaine de milliards,
13:46c'est juste disproportionné
13:47en termes de force et de puissance.
13:49Par contre,
13:50si on inclut tous les pays européens,
13:52on sait que l'Allemagne
13:52a fait un gros effort.
13:54On sait que aussi la Suède
13:56et d'autres pays scandinaves
13:58aussi font un effort budgétaire important.
14:01Là, le rapport de force
14:02peut se rééquilibrer,
14:03mais les Etats-Unis
14:04sont loin devant,
14:06bien loin devant même la Russie,
14:08la Chine qui apparaissent
14:10juste derrière.
14:11Donc on voit l'effort budgétaire
14:12et conséquent.
14:14Après, c'est marrant
14:15parce que cette formulation,
14:15on en discutait,
14:16il a eu la même en juillet.
14:17Donc ce n'est pas la première fois
14:18qu'il sort cette fameuse phrase.
14:21Donc à voir ce que veut dire
14:23Emmanuel Macron.
14:24En tout cas,
14:25ça peut justifier encore une fois
14:26que dans le budget français,
14:29tout le volet militaire
14:30qui est important
14:32va encore une fois augmenter.
14:34Je crois qu'il était de 6 milliards
14:35rien que pour cette année 2026 en plus,
14:37donc pour attendre
14:38la cinquantaine de milliards.
14:40À voir s'il ne veut pas encore
14:42en rajouter au détriment du budget,
14:45par exemple, de la santé,
14:46de l'éducation et d'autres.
14:48Et jusqu'où ça pourrait aller,
14:50cette escalade ?
14:57Jusqu'où ça pourrait aller ?
14:58Je pense qu'ils arriveront
15:00à se mettre d'accord.
15:02Finalement, la volonté de Donald Trump,
15:04c'est de maintenir la puissance américaine
15:07et par puissance américaine
15:09dans sa course face à la Chine.
15:11Puisque c'est ça, finalement,
15:12le vrai enjeu,
15:13c'est de maintenir,
15:14comme il le dit,
15:15« Make America Great Again »,
15:17c'est vraiment la prééminence
15:19des États-Unis
15:23comme première puissance mondiale.
15:25On sait que sur l'économie,
15:27aujourd'hui, la Chine,
15:28dans un certain nombre de secteurs,
15:29est largement devant les États-Unis.
15:31En tout cas,
15:32oui, devant les États-Unis.
15:35Mais on voit que sur la question militaire,
15:37vu les budgets des Américains,
15:40c'est extrêmement compliqué
15:41pour d'autres puissances
15:43de rattraper le retard.
15:45Donc, pour maintenir cette puissance,
15:48la force, comme il le dit,
15:49la force est utilisée
15:52et est utile pour Donald Trump.
15:54Donc, comme engrenage,
15:56moi, je vois surtout une volonté
15:57de domination vis-à-vis de la Chine
16:00et d'autres pays du Sud.
16:03Et pour ça,
16:04il a besoin que les États européens,
16:07que l'Alliance atlantique,
16:08finalement, soit son service,
16:10soit au service des États-Unis.
16:13C'était quand même
16:13un peu déjà le cas auparavant,
16:15mais là, on voit que c'est réaffirmé
16:17à des proportions
16:18qu'on n'avait jamais eues
16:20ces dernières années.
16:21Est-ce que tu aimerais ajouter quelque chose ?
16:22Il veut accélérer
16:23l'Orarmement de la France.
16:26Donc, il y a le service national
16:27et ça, on l'avait évoqué aussi
16:29en début de semaine.
16:31Mais on voit que la France,
16:33dans le cadre aussi européen,
16:35aujourd'hui, estime que la Russie
16:39et voire la Chine, d'ailleurs,
16:40aujourd'hui, sont les principales menaces
16:42et donc sont prêtes
16:45à développer leur budget
16:47et ne finalement assez peu dialoguer.
16:50Alors, ils le font avec les États-Unis
16:51quand Donald Trump, par exemple,
16:52menace le Groenland.
16:54Finalement, ils le font assez peu
16:55avec la Russie,
16:56même si ces derniers jours,
16:59Emmanuel Macron, justement,
17:00et Giorgia Meloni,
17:02la première ministre italienne,
17:05seraient favorables
17:06à renouer un dialogue
17:07avec la Russie-Vladivin Poutine.
17:11Engrenage extrêmement dangereux
17:12parce que, finalement,
17:14en tout cas, avec la Russie,
17:15on est sur le même continent
17:17et il serait de bon ton
17:19pour ralentir cette course
17:22et cet engrenage militaire,
17:24d'avoir un vrai dialogue
17:25et de lancer des initiatives
17:26de type qu'on a connues
17:28pendant la guerre froide,
17:32le processus d'Elsinki,
17:33qui avait permis, justement,
17:34d'avoir une période de détente
17:36et de désengrenage,
17:38je ne sais pas si ça se dit,
17:38mais en tout cas,
17:39d'abaisser le seuil militaire
17:41et notamment nucléaire.
17:43Puisque l'autre gros danger,
17:44aujourd'hui,
17:45qu'on met en avant,
17:46en fait,
17:46dans cette course à l'armement,
17:47c'est aussi la question
17:48du nucléaire,
17:49puisque Donald Trump
17:50et son administration
17:51ont dit qu'ils étaient prêts,
17:52en tout cas,
17:53ne s'interdisait pas, finalement,
17:54à rompre le dernier traité
17:55qui délie à la Russie
17:57sur la question
17:57des armes nucléaires.
17:59Donc, si c'est le cas,
18:00on voit que, finalement,
18:00toutes les garanties
18:02qui ont pu être émises
18:04lors de la guerre froide,
18:05à une autre époque,
18:06où les zones de tension
18:07quand même étaient réelles
18:08avec des vrais conflits,
18:10on voit que ces traités,
18:12les uns après les autres,
18:13sont tombés en désuétude.
18:16et le dernier
18:17qui reste encore en vie
18:20pourrait à son tour tomber.
18:21Donc, en fait,
18:22c'est peut-être
18:22un des ingrenages
18:23les plus inquiétants.
18:24C'est qu'aujourd'hui,
18:25finalement,
18:27on ne crée pas
18:28des cadres de dialogue,
18:30mais en fait,
18:31on impose des cadres unilatérales
18:33par la force
18:34et c'est peut-être
18:35le plus dangereux.
18:36Merci, Vadim.
18:37Merci à toi.
18:38Donc, si le sujet nous intéresse,
18:39dans les prochains jours,
18:40on pourra retrouver
18:41les reportages d'Antoine.
18:42Oui, exactement,
18:43qui se rendra sur place
18:44normalement à partir
18:45de mardi prochain
18:46au Groenland.
18:48Et donc,
18:48il tiendra
18:49des différentes thématiques
18:50qu'on vient d'aborder,
18:51mais aussi la question sociale,
18:53puisque c'est une des questions
18:53qui nous intéresse le plus
18:54et qui est aussi prégnante
18:55au Groenland.
18:56Et vous pouvez déjà retrouver
18:58nos productions sur le sujet
18:59sur le site de l'Humanité.
19:01Merci beaucoup.