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  • il y a 9 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Venez messieurs, venez vous installer sur ce plateau, on va essayer de continuer à parler de ce qui se profile
00:05demain,
00:06cette conférence sociale, donc les réponses politiques que pourrait apporter le gouvernement.
00:11Mais je voudrais qu'on commence ces échanges avec ce témoignage, le témoignage d'Antoine Delomèze.
00:16Bonsoir.
00:17Bonsoir.
00:17Merci d'être avec nous sur ce plateau.
00:19Vous êtes à la tête d'un magasin de marquage de textile qui se trouve dans le 11e arrondissement, c
00:25'est bien ça ?
00:25C'est ça.
00:25Et vous, votre magasin, il a été pillé le 17 octobre dernier.
00:29Alors ce qui est assez dingue, et vous allez nous raconter dans un instant, c'est que vous êtes entré
00:33en contact avec l'un de vos pilleurs.
00:35Vous allez nous dire comment ? Mais d'abord, est-ce que vous avez pu rouvrir votre magasin ?
00:38Oui, on a rouvert dès le lundi, alors avec beaucoup de difficultés parce qu'on n'avait plus de marchandises,
00:44les vitrines abîmées,
00:45toutes les façades vraiment cassées, donc on a des difficultés pour refermer le soir, etc.
00:50Mais on a rouvert, je dirais que le lundi 17 octobre, on avait vraiment envie de tout faire pour rouvrir.
00:57Et puis, l'activité a du mal à repartir.
01:00En plus de nos difficultés de stock, de machines abîmées, de boutiques abîmées, il n'y a plus d'activité.
01:05Donc on a rouvert avec ce qu'on avait, mais c'est vrai que la reprise est vraiment difficile depuis
01:10le 17.
01:10Et autant j'avais une énergie le lundi d'après pour rouvrir, et on a mis tout pour rouvrir tout
01:16de suite, au plus vite, etc.
01:18Quinze jours après, on est un petit peu plus fatigué.
01:21C'est une sorte de redescente ?
01:22Oui, c'est moins optimiste parce qu'on discute avec les assurances, ce n'est pas gagné.
01:27L'activité est très très difficile.
01:29Ce n'est pas gagné, ça veut dire que vous craignez de ne pas être indemnisé ou que ça va
01:33prendre beaucoup trop longtemps ?
01:34Alors, on a des risques de ne pas être indemnisé.
01:36J'ai parlé avec notre courtier, donc on a un expert qui est venu très vite, donc c'était positif.
01:41Après, on nous a parlé peut-être d'invoquer des émeutes qui seraient hors des contrats.
01:46Donc là, on ne sait pas ce qu'on aura, mais ça sort de nos garanties.
01:48J'ai entendu aussi que les assureurs se retournent contre l'État.
01:52Et là, je ne sais pas dans quelle procédure on part, le temps que ça peut prendre.
01:55Mais en tout cas, ça n'a pas l'air simple.
01:57Et donc, il y a un peu de désespoir aussi avec ça.
01:59Ça forcément aussi, ça casse l'élan et la motivation pour continuer.
02:03Mais je disais donc que ce qui est quand même assez singulier dans votre histoire,
02:06c'est que vous avez pu entrer en contact avec l'un de vos pilleurs, un casseur,
02:10notamment en diffusant cette vidéo sur les réseaux sociaux.
02:13Regardez.
02:14Donc là, on prépare le best-of de la nuit.
02:17Franchement, c'est incroyable ce qui s'est passé toute la nuit à Paris dans les magasins
02:21et chez nous à l'atelier Amelot.
02:27Mais surtout, ce qui est fou, c'est le casting des voleurs.
02:30Là, on a des surprises.
02:45Alors nous, évidemment, on a flouté son visage.
02:47Vous, sur votre vidéo, lorsque vous l'avez publié sur les réseaux sociaux,
02:50elle ne l'était pas.
02:51Et c'est ça qui vous a permis d'entrer en contact avec lui.
02:54Vous avez échangé des SMS.
02:55On va les voir s'afficher.
02:56Et racontez-nous, expliquez-nous cet échange.
02:58Oui, c'est vrai que moi, je n'ai pas flouté les visages parce que c'est vrai qu'en
03:01plus,
03:01bon, j'aurais peut-être dû, je ne sais pas.
03:02Mais lundi, je me suis dit, tiens, voilà, ils ont fait ça.
03:06Si on les voit, tant pis pour eux.
03:07Et j'ai eu plein de messages où on identifiait, où les spectateurs identifiaient des personnes.
03:12Et là, il y a une des personnes qu'on voit sur la vidéo.
03:15On m'a carrément donné son numéro de téléphone.
03:17Et bon, c'est quelqu'un qui est venu, c'était pas un casseur du début,
03:21donc il est venu sans être cagoulé.
03:23Il a dit son nom trois fois devant la caméra.
03:25Il a pris un produit dans un sac.
03:27Ce n'est pas le voleur du départ et ce n'est pas lui qui a fait un gros préjudice.
03:31Mais je me suis dit, tiens, je vais l'appeler quand même.
03:33Et puis déjà, trouver peut-être un accord à la mêle qui me ramène le produit,
03:36parce que c'est un produit que je devais livrer à un client.
03:38Il l'a fait ?
03:39Non, il ne l'a pas ramené.
03:41Mais en tout cas, c'est vrai que je l'ai appelé, je lui ai laissé un message.
03:44Et il m'a renvoyé ce message que vous avez vu,
03:46où il s'excuse dix fois dans le message, il s'en veut.
03:50Donc, c'est triste pour lui.
03:53Il ne l'a pas rendu, néanmoins.
03:54Non, il ne l'a pas rendu.
03:55Honnêtement, c'est un sac et par rapport à tout ce qu'on a eu, c'est rien.
03:58Nous, on a vraiment eu le cas où la première fois...
04:00Pourquoi vous disiez que le casting est surprenant ?
04:02Parce qu'on a eu beaucoup de jeunes filles dans le magasin,
04:05des jeunes filles qui partent avec des ordinateurs, etc.
04:07Donc, il y a clairement un casting...
04:09Il y a des personnes violentes au départ qui cassent, qui volent le gros.
04:13Et puis après, de 22h à 3h du matin,
04:15on a eu un défilé dans la boutique de tout type de personnes.
04:19Et donc là, c'était un jeu, ces jeunes-là...
04:21Du vol par opportunisme, quoi.
04:23Opportunisme, voire même amusement.
04:25Tout le monde rigolait, ça plaisantait dans le magasin.
04:28Bon, voilà, c'était surprenant.
04:29Il y avait toute la population, voire peut-être des gens du quartier.
04:33Ce n'étaient plus les casseurs et les voleurs du début.
04:34Et j'imagine que pour vous, ça devait être très dur de voir ces vidéos.
04:37Au-delà de ça, vous avez expliqué, exprimé votre inquiétude
04:41et vous dites que ça ne peut plus durer.
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