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  • il y a 41 minutes
Mardi 29 septembre 2026, retrouvez Aymeric Diday (Directeur de la gestion, Pergam), François Chaulet (Président, Montségur Finance) et Claire Dissaux (Responsable de la recherche macroéconomique, Groupe Axa) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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00:01Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en replay, en rattrapage sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition, ce soir, Donald Trump a dit ce week-end aux médias Axios
00:32qu'il pensait reprendre les échanges avec Téhéran très vite, mais juste la veille,
00:37ils venaient de refuser leur plan pour débloquer le détroit d'Hormuz en 7 jours.
00:42Cette absence de déblocage du côté du Moyen-Orient continue de peser sur les cours du pétrole,
00:48bien que le baril de Brent soit en repli au moment où on parle d'environ 2%,
00:53mais toujours supérieur à ce seuil de 100 dollars.
00:56Le WTI américain se replie également et évolue autour de 90 dollars.
01:02Ces replis, c'est notamment grâce à la réouverture de l'oléoduc saoudien Est-Ouest,
01:08un oléoduc stratégique qui est réouvert à moitié à peu près dans cette région.
01:15Et pendant ce temps-là, aux États-Unis d'ailleurs, le moral des ménages chute à son plus bas niveau
01:21depuis 2014.
01:22Des tensions persistantes qui continuent d'affecter l'ensemble des marchés.
01:27Justement, la vente massive d'obligations, c'est le sujet du moment.
01:31La pression sur les obligations à long terme continue de s'intensifier encore aujourd'hui.
01:36La croissance, le coût de l'énergie, l'inflation et puis la hausse des emprunts publics
01:40poussent les investisseurs à exiger de meilleurs rendements.
01:43Dans le détail, le rendement américain à 10 ans s'est envolé de plus de 20 points de base la
01:48semaine dernière
01:48et poursuit sa remontée encore aujourd'hui pour s'établir entre 5,25 et 5,30%.
01:55Le rendement américain à 2 ans évolue de son côté autour de 4,95%.
02:01Sur la partie plus longue de la courbe, le rendement à 30 ans se traite désormais autour de 5,60
02:07% au plus haut.
02:09Depuis 2002, côté européen, le rendement allemand à 10 ans se détend légèrement.
02:14Aujourd'hui, évolue autour de 3,60%.
02:16Mais le rendement français de même échéance continue de se tendre et se traite au-delà de 4,75%, presque
02:25même à 4,80%.
02:28Logiquement, le spread entre la France et l'Allemagne continue de s'écarter et est supérieur à 115 points de
02:35base.
02:35C'est aussi donc l'occasion de faire un point rapide sur cette situation française.
02:40L'endettement français franchit un nouveau cap historique du jamais vu depuis 1946.
02:45On savait que la France était sous pression.
02:48L'INSEE l'a confirmé.
02:49Fin juin, la dette frôle les 3,600 milliards d'euros, soit 119% du PIB.
02:55Tout l'enjeu se porte désormais sur le terrain politique.
02:59Le projet de budget 2027 doit être présenté ce jeudi avant l'ouverture des débats à l'Assemblée le 13
03:06octobre.
03:06D'ailleurs, en zone euro, on a pris connaissance de l'inflation espagnole du mois de septembre
03:11et qui progresse désormais de 5% sur un an en données harmonisées.
03:16On attend l'inflation de l'ensemble de la zone euro ce vendredi.
03:20Enfin, du côté de la tech et de l'IA, OpenAI renonce au lancement de son modèle d'IA
03:25et établit des nouvelles règles de sécurité.
03:28En tout cas, Legrand, lui, bénéficie bien de l'essor de l'intelligence artificielle de son côté.
03:33Le titre bondit de 8% au sein du CAC 40.
03:36C'est la plus forte hausse du CAC 40 aujourd'hui.
03:39Legrand a relevé tous ses objectifs à horizon 2030.
03:53Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
03:57Claire Disso, responsable de la recherche macroéconomique au sein du groupe AXA.
04:01Bonsoir Claire.
04:03Bonsoir Pauline.
04:04Emmerick Didet, directeur de la gestion de Pergam.
04:06Bonsoir Emmerick.
04:07Bonsoir Pauline.
04:07Et François Cholet, président de Montségur Finance.
04:10Bonsoir François.
04:11Bonsoir Pauline.
04:12Eh bien, commençons avec vous Claire sur peut-être ce rebond.
04:17Alors, le pétrole, je disais en intro, cède du terrain aujourd'hui environ 2%.
04:22Ce rebond quand même sur le long terme des cours du pétrole.
04:25Un baril de Brent qui reste bien ancré au-delà de ce seuil de 100 dollars depuis maintenant quelques jours,
04:31voire quelques semaines.
04:33Qu'est-ce que ça nous dit de la situation géopolitique, mais surtout des pressions inflationnistes que tout cela va
04:39engendrer sur les marchés, Claire ?
04:41Oui.
04:41Alors, sur la situation géopolitique, il y a un blocage, bien évidemment.
04:44Donc, avant les élections de mi-mandat de Donald Trump, on a cette réescalade qui n'est pas une totale
04:49surprise.
04:49Et on ne sait pas combien de temps il faudra pour résoudre le conflit, en tout cas la phase ouverte
04:55du conflit.
04:55Sur le plan économique, ce sont des tensions persistantes sur les prix du brut, comme vous le dites.
05:00Mais ce qui est encore plus important, c'est que les prix de certains dérivés, produits dérivés du pétrole, atteint
05:04des sommets jamais atteints depuis le début de la guerre.
05:07Les produits raffinés ?
05:07Les produits raffinés, par exemple le diesel, qui est une source aussi de pression.
05:11Donc, ça veut dire que ces prix-là vont se transmettre aux coûts de production, en particulier pour le diesel,
05:16aux prix à la consommation aussi sur l'horizon jusqu'à 2027.
05:19Donc, on a une inflation plus persistante dans l'économie mondiale.
05:23Oui, de la France aux États-Unis, en passant par le Japon, toute l'économie mondiale, vous le disiez, est
05:28impactée.
05:29Emmerick, vos commentaires sur cette séquence, sur ces prix du pétrole, sur ces prix du gaz aussi, qui sont relativement
05:36élevés, même au plus haut.
05:38Et puis, logiquement, sur ces taux longs qui se tendent à nouveau.
05:43Ça se traduit sur, finalement, toutes les classes d'actifs.
05:45Maintenant, il faut toujours remettre en perspective que la géopolitique, c'est la chose la plus imprévisible au monde.
05:49C'est-à-dire qu'investir en fonction de sujets géopolitiques, c'est toujours très compliqué.
05:54Parce que c'est imprévisible.
05:56Donc, demain, si ça s'arrête, tout de suite, on peut avoir des conséquences tout aussi inverses.
06:02Donc, investir uniquement sur des sujets de géopolitique, attention quand même.
06:07Par contre, aujourd'hui, on commence à avoir un certain recul, puisque le début du conflit, maintenant, ça fait quand
06:13même quelques mois.
06:13Donc, évidemment, ça se traduit dans l'économie réelle.
06:17Et c'est là où l'impact est mesurable et peut donner lieu à des choix d'investissement.
06:22Maintenant, attention à ne pas prendre le train trop tard sur ces choix d'investissement.
06:28Par exemple, investir sur le secteur du pétrole aujourd'hui en se disant, bon, ça va durer pendant des années.
06:33Mais attention à ces sujets-là, aux fausses bonnes idées et plutôt aller chercher peut-être des sujets de long
06:39terme,
06:39des répercussions de long terme que vont avoir ces conflits sur la chaîne d'approvisionnement, par exemple, en énergie.
06:45Là, on peut avoir peut-être certaines sociétés ou certains secteurs qui peuvent être plus investissables que, par exemple, le
06:51pétrole pur à un moment donné.
06:53Et le rendement à 10 ans américain à près de 5,30 %, est-ce que c'est inquiétant aujourd
06:59'hui, Amérique ?
07:00C'est un énorme sujet parce qu'aujourd'hui, à plus de 5 %, les taux, par exemple, pour l
07:04'immobilier, c'est un drame aux États-Unis
07:05pour tous ceux qui veulent acheter de l'immobilier.
07:08Donc, ça a des répercussions réelles aujourd'hui sur les coûts d'emprunt, sur les coûts de financement.
07:11Et ça commence à se traduire dans beaucoup de sujets.
07:13Donc, quand on a des économies qui sont en super croissance à la limite, pourquoi pas ?
07:17Mais quand on a des économies qui sont impactées tout de suite et qui ont des déficits aussi importants qu
07:22'aux États-Unis,
07:23la charge de la dette, elle va devenir quand même assez importante.
07:26Alors, eux, ils ont quand même un budget qui est orienté croissance, croissance, croissance.
07:30Donc, finalement, on peut supporter un peu plus de dettes.
07:34C'est là où l'Europe est dans une situation totalement un peu opposée,
07:38où on a des problèmes de dette, on a des taux qui sont élevés,
07:41mais on n'est pas du tout orienté à ni croissance, ni réduction de déficit.
07:44Donc là, on est dans des situations un peu plus compliquées en Europe.
07:46C'est pour ça que les États-Unis, ça tient quand même pas mal.
07:49Parce qu'il y a tout un pan de l'économie qui est orienté vraiment croissance aux États-Unis.
07:52Et ça, ça permet en tout cas au marché financier de tenir pour le moment.
07:56Justement, avant de vous passer la parole, François, juste un mot de cette Europe claire peut-être.
08:00Alors, je rappelais en introduction le spread franco-allemand à près de 120 points de base.
08:06Le rendement français à 10 ans qui continue de s'envoler.
08:10Le rendement allemand, lui, qui se stabilise, mais qui reste effectivement assez élevé également.
08:16Est-ce que c'est inquiétant pour les investisseurs et pour le marché plus globalement ?
08:20Quand on regarde l'impact de la hausse des taux longs sur l'économie,
08:24il faut bien distinguer ce qui est dû à la macroéconomie pure et ce qui va être un facteur exogène.
08:29Parce que, bien évidemment, si la hausse des taux longs reflète de meilleures perspectives de croissance,
08:34forcément, ça ne va pas avoir un impact négatif sur l'économie.
08:36C'est simplement la traduction dans les rendements de la résilience de l'économie.
08:40Donc, il y a une partie de la hausse des taux longs qui est simplement la réévaluation à la hausse
08:44de la croissance,
08:45de l'inflation et de la politique monétaire.
08:48Et il y a une autre partie qui est cette prime de terme, cette prime de risque,
08:51qui peut être attribuée à des déficits structurels, en particulier en France.
08:55Donc, cette prime de risque, elle va bien entendu casser la croissance des secteurs
09:00qui sont les plus sensibles à la hausse des taux d'intérêt.
09:03D'accord.
09:04Donc, ce sont les entreprises endettées, l'immobilier aux États-Unis et, en France, bien entendu, l'État,
09:10puisqu'on a cet effet boule de neige sur la dette et qui est d'autant plus dommageable
09:14qu'on a déjà un ratio de dette élevé et une croissance qui est assez à tonnes.
09:19Donc, en fait, ce qu'on calcule, et c'est là que ça devient dangereux,
09:22c'est qu'on calcule l'effort budgétaire qu'il faudrait faire pour stabiliser la dette.
09:25Et cet effort, il va croître avec la hausse des taux.
09:28Donc, il faudrait à peu près 4 points de PIB d'effort budgétaire,
09:32ou diminution des dépenses, ou hausse des recettes, ou un mélange et deux,
09:35pour stabiliser la dette aux taux actuels.
09:39Donc, plus l'effet boule de neige, c'est ça.
09:41C'est-à-dire, plus les taux OAT vont augmenter, à croissance constante,
09:46étant donné qu'on part déjà d'un niveau de date élevé et d'un déficit primaire,
09:50plus l'effort qu'on va devoir faire est important.
09:52Donc, on a déjà une situation initiale dégradée, donc ça, c'est le premier point.
09:55On ajoute la hausse des taux.
09:57En plus, on n'a pas de décollage de la croissance.
10:00Plus les taux OAT augmentent, plus ça va détériorer notre capacité à nous ajuster.
10:05Mais bien distinguer ce qui est dû à la réévaluation à la hausse des perspectives de croissance,
10:10qui, elle, cette partie-là de la hausse des taux, normalement, n'est pas dommageable à l'économie.
10:13Il y a une partie, par exemple, aux États-Unis,
10:15qui est due à l'amélioration des perspectives de croissance à long terme.
10:18Bien sûr.
10:19Donc, celle-là, effectivement, dans un modèle économique,
10:22ne va pas être très mauvaise pour la croissance.
10:24Par contre, le reste est mauvais.
10:25Oui, et puis, seul l'avenir nous dira si ces taux, justement, continuent de se tendre,
10:29ou si, comme Aymeric le disait, si jamais, par exemple, le détroit d'Hormuz rouvrait demain,
10:34ou tout pourrait aussi rebasculer dans l'autre sens.
10:38Et aussi, ne pas oublier qu'il y a un moment donné, là, on vient de voir les 5, où
10:42on a dépassé les 5 %,
10:43il y a toujours une force de rappel qui s'appelle la Banque centrale.
10:46Et aujourd'hui, la Réserve fédérale américaine nous a quand même habitués,
10:49à un moment donné, à être capables de tirer la sonnette d'alarme et de dire,
10:52bon, on va s'arrêter là et on va intervenir.
10:54Donc, il y a un moment donné où, si on tape des niveaux qui sont plus soutenables,
10:59en tout cas aux yeux de la Banque centrale, ils interviennent.
11:02Et ça, pour le coup, on est assez persuadés.
11:04C'est pour ça qu'on a quand même un sentiment qu'une grosse partie de la hausse des taux,
11:09notamment des taux longs, a été acceptée, est faite,
11:12et qu'on ne va pas s'envoler à des niveaux stratosphériques
11:14sans qu'il y ait, à un moment donné, la Banque centrale
11:17qui va tirer la sonnette d'alarme et qui va dire,
11:20je fais, j'agis pour mettre fin à tout ça.
11:23Oui, c'est sûr.
11:23Et puis, Kevin Warch l'a montré lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale
11:28et a réaffirmé cette indépendance, justement, de la Fed.
11:32François, vos commentaires.
11:33Alors, il y a déjà beaucoup de choses qui ont été dites.
11:35Si vous voulez ajouter sur cette séquence de hausse des taux,
11:39de prix du pétrole et du détroit d'Hormuz.
11:42C'est effectivement le nœud gordien de notre équation.
11:45C'est le détroit d'Hormuz.
11:46Et il faudrait compter les barils pour s'assurer
11:48qu'on arrive à un déblocage de la situation.
11:52Au-delà de la géopolitique, je crois qu'aujourd'hui,
11:55on a des marchés qui fonctionnent différemment.
11:57On a des États-Unis qui, malgré la hausse des taux,
12:00sont embarqués dans une accélération de la croissance.
12:03On attend pour le deuxième semestre, grâce à des indicateurs avancés,
12:06une réelle accélération d'une croissance qui est déjà solide et établie,
12:09avec une consommation d'ailleurs qui fait preuve d'une grande résilience
12:13dans le contexte actuel.
12:14On aurait pu craindre, effectivement, plus de frilosité du consommateur américain
12:18sur lequel le monde se repose souvent.
12:21Et puis, côté européen, malheureusement,
12:23on a le sentiment d'avoir des disparités très fortes.
12:26On cite l'Espagne avec une inflation élevée,
12:29mais une croissance qui aussi est au rendez-vous.
12:31À côté de cela, on a l'Allemagne qui est en train de réaccélérer progressivement.
12:36Et puis, la France qui reste totalement à l'arrêt dans une équation
12:39qui devient de plus en plus difficile, avec une défiance.
12:43Cette défiance, elle est née de la dissolution.
12:45Elle s'est creusée avec l'incapacité budgétaire
12:49et aussi l'imprévision sur les recettes fiscales.
12:52Souvenez-vous de la difficulté à collecter de la TVA pour notre gouvernement.
12:57Et ça a engendré beaucoup de difficultés dans la crédibilité
13:01que nous avons sur les marchés et sur l'exécution budgétaire.
13:05Et puis, on est dans une phase où, à quelques mois de l'élection présidentielle,
13:11cruciale, vous avez un pan de l'échec qui annonce des mesures absolument,
13:17on va dire, inquiétantes ou stressantes pour nos investisseurs internationaux.
13:21Je pense, effectivement, d'annuler la dette, de la geler, de venir renégocier, etc.
13:25Enfin, c'est une communication extrêmement difficile.
13:27Si vous regardez le bloc central, vous avez plutôt le sentiment
13:31d'une politique de rigueur qui n'en est pas une.
13:34Parce qu'on a un gouvernement actuel qui va essayer de passer un budget
13:37avec une cinquantaine de milliards d'économies dans le meilleur des cas.
13:41Peu de chances déjà d'y parvenir, sachant qu'on commence déjà à essayer
13:47de redonner des marges de manœuvre, notamment à ceux qui subissent l'âge du pétrole.
13:52Et puis, vous avez peut-être un mouvement un peu limité à la droite de gens qui,
13:58je pense à un mouvement comme celui de M. Lysnard, essaie de promouvoir moins d'États et moins de dépenses.
14:04Mais on pourrait citer d'autres qui ne sont pas encore totalement candidats ouvertement aujourd'hui
14:09à la droite de l'échiquier.
14:11Et donc, c'est une population assez réduite en France de politiques dans cette élection
14:15qui sont engagées dans une voie de la raison du point de vue de l'exécution budgétaire
14:20et des grands équilibres de notre pays.
14:23Et donc, c'est peut-être ce qui inquiète, comme nous, Français, ça peut nous inquiéter,
14:27mais c'est ce qui inquiète également nos investisseurs.
14:29Et à mon avis, c'est la raison pour laquelle la prime de risque France est une prime de risque
14:33qui s'est grandement creusée depuis quelques semaines, depuis même l'été, on peut le dire.
14:37Mais elle est née de la dissolution et elle n'a cessé de s'aggraver depuis,
14:42au fur et à mesure qu'on rentre dans cette campagne qui s'annonce un peu violente
14:47et pleine de rebondissements, en tout cas d'un point de vue politique
14:51et à peu près incompréhensible du point de vue d'un investisseur international
14:56qui nous regarde à l'intérieur de l'Europe comme un des parents malades de cette zone.
15:01On est le mauvais élève aujourd'hui.
15:03On s'est beaucoup moqué des pigs à l'époque.
15:05On s'est beaucoup moqué des pays du Club Med.
15:08Et pourtant, aujourd'hui, eux, on fait les efforts.
15:10Et nous n'avons pas entamé cette démarche, ni dans la préparation auprès de la population,
15:15ni même dans les projets qui sont présentés aux Français aujourd'hui,
15:20il y a quelques mois d'une élection présidentielle qui s'avère absolument capitale.
15:24Donc, je pense que les marchés, à raison, ont une défiance vers la France,
15:29privilégient la dette sûre pour l'euro qui est représentée aujourd'hui par l'Allemagne.
15:35Et on voit bien que les déterminants que vous citiez très justement,
15:39la croissance économique, l'inflation, à long terme, sont clés pour mesurer des taux longs.
15:43Et dans le même temps, quand vous avez la stabilité budgétaire, la confiance, une solidité de la monnaie,
15:49eh bien vous avez la Banque Centrale Suisse qui, aujourd'hui, a des taux extrêmement bas,
15:53qui ne subit pas plus que cela une inflation terrible, et des taux à 10 ans autour de 0,5%.
16:00Économiquement parlant, comment voulez-vous rester compétitif quand vous devez investir ?
16:04D'un côté, vous allez vous financer avec des taux en France qui vont être à des niveaux exigeants une
16:09prime,
16:10par rapport à des niveaux déjà très élevés, et dans d'autres zones, vous allez avoir des avantages assez conséquents.
16:16Dans la même devise, ça a créé quelque chose d'extrêmement pervers pour notre système.
16:21Oui, c'est sûr, c'est une situation politique française, en tout cas, qui pèse sur ces marchés obligataires,
16:27et puis même sur les marchés actions globalement.
16:30Si on parle un petit peu des secteurs, alors j'aimerais bien qu'on parle de l'intelligence artificielle Emmerich.
16:38J'ai cité en introduction le fait que OpenAI ait retardé la sortie de GPT-6 Astra pour des problèmes
16:46de sécurité.
16:48Il y a aussi Oura, le fabricant de bagues connectées qui a déplacé son IPO,
16:54et surtout les PDG de NVIDIA et Anthropik qui vont rencontrer Donald Trump,
17:01qui rencontrent d'ailleurs aujourd'hui, je crois, Donald Trump,
17:03sur une réunion qui est hors du jour sur les risques liés à l'intelligence artificielle.
17:10Est-ce qu'il y a vraiment des risques sur les marchés avec cette IA ?
17:16Ou est-ce que, justement, c'est quand même voué à rester comme thème principal d'investissement ?
17:21Alors, en tout cas, ça a été un des grands thèmes de l'année,
17:24l'intelligence artificielle avec les semi-conducteurs et toute la chaîne énergétique qui a été derrière.
17:27Donc ça, c'est ce qui a pu permettre aux marchés, notamment américains,
17:31d'offrir des performances largement supérieures au reste des marchés, on va dire, développés.
17:37Et on le voit dans les pays émergents, on a eu la Corée qui en a bénéficié énormément
17:42et qui explique la bonne performance des marchés émergents.
17:44Donc, clairement, l'intelligence artificielle est au cœur de toutes les stratégies d'investissement
17:49et de savoir, est-ce qu'il faut y aller encore aujourd'hui ?
17:51Est-ce qu'il faut rester investi ?
17:53Ou, à un moment donné, les valorisations ne vont pas forcément être tenables ?
17:56Parce que oui, on parle de 6 000 milliards de revenus à échéance 2031 sur l'intelligence artificielle.
18:02Ok, je veux bien.
18:03Par contre, on arrive au sommet de la croissance des investissements dans l'IA.
18:10Donc, à partir du moment où vous commencez à avoir les sommets des taux de croissance,
18:14il y a un moment donné, vous ne pouvez que croître, mais avec des vitesses plus lentes.
18:18Et ça, les marchés sont-ils prêts à ça ? Je ne suis pas sûr.
18:20Donc, c'est là où aujourd'hui, commencer à repasser neutre sur ce secteur,
18:26à baisser son pondération sur la pure intelligence artificielle,
18:31ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée.
18:33Si j'entends toutes les valeurs qui entourent les SKNX en Corée,
18:38les Micron, les NVIDIA, TSMC,
18:42oui, on aura toujours besoin de ces grands leaders,
18:44et notamment des grands leaders pour être présents dans la chaîne de valeur.
18:48Mais en tout cas, en diminuer le poids, ça s'écoute aujourd'hui,
18:52compte tenu du fait, encore une fois,
18:53que les taux de croissance risquent de ralentir dans le futur.
18:57Donc ça, c'est vraiment important.
18:59On a toutes ces histoires de calendrier qui se repoussent.
19:02On n'a toujours pas le calendrier de l'introduction d'Anthropic.
19:05Open AI qui a dit qu'il repoussait également.
19:07l'année d'après.
19:09Ah oui, bien sûr.
19:09Donc au final, on sent qu'il y a quand même un peu de stress.
19:13Donc nous, ça nous fait penser qu'actuellement,
19:16il y a un petit match qui se joue depuis 6 mois, 1 an dans les marchés,
19:19qui est software contre l'IA.
19:21Oui, c'est ça.
19:22Donc est-ce qu'à un moment donné, il ne faut pas refaire un peu de software,
19:25notamment la cybersécurité ?
19:27Parce qu'aujourd'hui, un des secteurs qui va bénéficier de l'IA
19:35et d'une croissance forte, c'est la cybersécurité.
19:37On va tous avoir besoin de protéger nos environnements d'attaques ou autres
19:42qui vont être de plus en plus violentes parce que l'IA, l'IA générative,
19:46va avoir cet effet d'être capable d'aller beaucoup plus vite et d'être beaucoup plus efficient.
19:51Justement, c'est pour ça qu'Open AI reporte la sortie de GPT-6 Astra pour des problèmes de sécurité.
19:56Donc les sujets de cybersécurité sont plus que jamais à regarder dans les portefeuilles.
20:02Et on est loin des plus hauts.
20:04Quand on regarde le secteur du software par rapport au secteur des semis,
20:08on n'est pas du tout remonté en termes de valorisation sur les plus hauts historiques.
20:11Donc il y a encore un potentiel de rattrapage assez fort par rapport à la valorisation qu'on a vue
20:15dans le secteur des semis.
20:16Donc c'est pour ça qu'il peut y avoir d'autres secteurs.
20:18On peut baisser ce qu'on a en intelligence artificielle, en semi-conducteurs
20:22pour aller un peu plus sur quelques valeurs de software ou de cybersécurité
20:26qui peuvent prendre le relais à un moment donné.
20:29Ça va être peut-être un des secteurs qui va prendre le relais.
20:31Oui, et puis on l'avait vu quand les grands patrons de la tech avaient alerté il y a 10
20:37jours, 15 jours
20:37sur justement ces risques liés à l'intelligence artificielle.
20:41On avait vu justement les valeurs des logiciels qui, elles, avaient bondi,
20:44en tout cas au CAC 40, de 10% pour Capgemini ou encore Dassault Systèmes.
20:50Claire, alors, Emmerich mentionnait justement ces pays émergents.
20:54On a eu le sommet Xi Jinping-Donald Trump la semaine dernière
20:58où l'IA d'ailleurs était au centre des discussions.
21:01Peut-être un commentaire sur ces émergents que vous regardez beaucoup, Claire ?
21:05Oui, donc ce que l'on sert, c'est une véritable résistance des pays émergents à la crise énergétique,
21:10y compris pour l'Asie, qui est une région très importatrice d'énergie,
21:13très dépendante du gaz, aussi naturel.
21:16Et ça, c'est véritablement lié à l'IA et au développement du commerce extérieur dans ce domaine.
21:23Donc, que ce soit la Chine, la Corée ou Taïwan, et même les pays d'Asie du Sud-Est,
21:27ils bénéficient en fait de cette manne de recettes qui compense la hausse de la facture pétrolière.
21:32Donc, ça, c'est très important à voir. Et en termes d'investissement, comme il était rappelé,
21:36c'est une grosse performance des actions émergentes qui, elle-même, est très concentrée sur deux valeurs en Corée.
21:41Donc, oui, la volatilité des actions émergentes a baissé et est proche de celle des marchés développés,
21:47mais ça reste encore une histoire très concentrée sur des valeurs de la technologie.
21:51Et d'un point de vue plus macroéconomique, on voit bien qu'il y a une conséquence aussi importante
21:56en termes de résistance de ces économies parce que le commerce régional s'intensifie.
22:01Donc, il y a des effets en fait de propagation des pays les plus développés comme Taïwan et la Corée
22:07vers des pays qui reçoivent maintenant des data centers comme la Thaïlande, la Malaisie.
22:11Donc, des dynamiques de croissance qui sont très résistantes et qui sont bien supérieures aux pays développés.
22:16Donc, une dynamique concentrée, mais qui évolue de manière très positive par rapport aux pays développés.
22:21Et justement, vu qu'on parle de l'Asie, du Japon aussi peut-être, les rendements se sont tendus comme
22:28dans le reste du monde.
22:29Le rendement japonais à 10 ans autour de 3,10%, un petit peu inférieur.
22:34Peut-être un mot du Yen.
22:36La Banque du Japon avait relevé ses taux lors de sa dernière réunion.
22:40Qu'est-ce qu'on attend justement du côté du Japon sur les prochains mois ou même sur 2027 ?
22:46Le Japon est complètement à part par rapport aux pays développés.
22:49Il est en phase de normalisation de sa politique monétaire, ayant enfin réussi à avoir une inflation à 2%.
22:55Et il fait face à une crise budgétaire.
22:57Parce que l'effet boule de neige dont on a parlé, il commence à s'appliquer au Japon.
23:01C'est-à-dire qu'avec la hausse des rendements sur les JGB,
23:04ce ratio de dette qu'on avait réussi à stabiliser à des niveaux élevés grâce à la croissance japonaise,
23:09il menace de s'emballer de nouveau.
23:11Parce qu'on a un gouvernement qui dépense.
23:13Qui dépense pour l'investissement dans l'IA.
23:15Qui dépense pour les dépenses militaires, pour des transferts sociaux.
23:18Donc un gouvernement qui reste riflationniste, alors que le temps est plutôt à la normalisation,
23:24à la fois de la politique monétaire et budgétaire.
23:26C'est ça qui explique aussi cette crise sur les JGB,
23:29qui est bien antérieure au mouvement récent qu'on a vu sur les taux longs aux Etats-Unis et en
23:34Europe.
23:34Et là, la Banque centrale a un rôle stabilisateur.
23:37Donc, en général, la Banque centrale n'intervient pas pour freiner une hausse des taux longs si elle n'est
23:43pas liée à un problème systémique.
23:46Et dans le cas particulier du Japon, le fait qu'enfin la Banque centrale commence à monter ses taux tous
23:51les trimestres,
23:52ça permet de stabiliser les anticipations d'inflation et de réduire cette prime de risque.
23:56Par contre, elle est toujours en retard sur le marché.
23:58Et le problème de la Banque du Japon, c'est que maintenant, les marchés pricent des taux terminaux à plus
24:04de 2% pour la Banque du Japon.
24:06Et on arrive péniblement à avoir une hausse de taux seulement par trimestre.
24:11Donc, on est loin du compte.
24:11Donc, à chaque fois qu'elle monte, comme ça a été le cas en septembre,
24:14et comme ça sera sans doute le cas en décembre,
24:16il y a une sorte de déception des marchés qui mettent la barre beaucoup plus haut.
24:20Donc là, on est vraiment dans le cas inverse où on a effectivement un soutien d'IA à la croissance.
24:25Donc, malgré l'impact négatif de la hausse du pétrole, le Japon croit par rapport à sa norme de manière
24:30très satisfaisante.
24:31Et on veut que la Banque centrale stabilise le marché obligataire en gérant ce risque inflationniste.
24:37Et ils sont encore en retard.
24:38Bon, ben, d'autres banques centrales vont rendre d'autres décisions monétaires d'ici la fin d'année.
24:44On pense à la Réserve fédérale le 28 octobre,
24:47pour laquelle une hausse est désormais pricée à 70% par le marché.
24:50Et une seconde, peut-être le 9 décembre, aussi pricée à 60% aujourd'hui par le marché.
24:56Pareil, on attend la décision évidemment de la Banque centrale européenne et d'autres dans le monde.
25:01François, il nous reste 2 minutes et 45 secondes pour conclure sur tout ça,
25:06peut-être des secteurs que vous regardez.
25:08Alors, je vais reprendre ce que disait Aymeric avec beaucoup d'intérêt,
25:11en disant que je suis plutôt fromage et dessert.
25:14Je trouve que l'IA n'a pas fini ce cycle.
25:16On a notamment des communications avec beaucoup de visibilité sur les carnets de commandes
25:20qui me rassurent moins, en tout cas, sur le fait qu'on a de quoi voir venir encore
25:25parce que les budgets annoncés ne sont pas encore totalement dépensés.
25:28Il faut du temps pour construire les data centers.
25:30C'est vrai qu'entre la commande, le foncier, élever les bâtiments
25:35et ensuite les remplir et les faire fonctionner et les rentabiliser,
25:40ça prend du temps et ce cycle-là, pour moi, n'est pas totalement terminé.
25:43Donc, on reste investi, un peu plus prudent et je suis d'accord avec lui
25:47sur la partie mémoire, c'est-à-dire sur les fournisseurs des composants
25:52parmi les plus cycliques, ce sont des métiers qui sont plus cycliques historiquement
25:57mais encore, je pense que le cycle n'est pas arrivé totalement au bout
26:00et je partage totalement son avis sur les softwares.
26:03On a eu une stabilisation à compter de l'été dans cette consolidation très forte
26:08des thèmes de l'IA.
26:09Les softwares, en juillet-août, s'en sont plutôt bien sortis
26:12et je crois que c'est simplement la remise à une valeur raisonnable
26:16de données de grande qualité qui sont largement utiles, bien sûr, au développement des IA
26:21et je ne suis pas certain d'ailleurs que les fabricants de ces softwares
26:25ouvrent leurs données à des intelligences artificielles tierces.
26:30évidemment que c'est la valeur de leurs fonds de commerce et qu'ils vont essayer de les conserver,
26:35je pense à des titres comme SAP en Europe, mais je pense aux Etats-Unis à des titres comme Salesforce
26:40par exemple.
26:41Je ne vois pas du tout Salesforce ouvrir ces modèles de données clients à des IA extérieurs tout simplement.
26:48Donc les valorisations avaient atteint je pense des planchers, donc c'est une très bonne idée que nous avons mis
26:53en œuvre.
26:53Et si je devais revenir après sur la partie obligataire, côté européen, on peut constater deux choses.
27:00Moi j'étais énormément investi sur du crédit plutôt avec des durations courtes.
27:06Ça a extrêmement bien protégé, quel que soit d'ailleurs le niveau de risque que nous avions dans les portefeuilles.
27:12Et globalement le portage a été assez fort pour largement minimiser les impacts de hausse de taux.
27:19Et puis sur les taux longs, je dois le dire, je crois que c'est la première fois en 22
27:24ans,
27:25on a acquis un début de position sur du souverain européen.
27:29Alors ce n'est pas français, c'est européen.
27:31C'est un bout de France à 30%, mais le reste est sur l'ensemble des pays de la zone
27:38euro.
27:38Parce que sur des durations un peu longues, on s'aperçoit d'ailleurs que ça ne bouge pas trop.
27:43C'est plutôt sur le 10 ans qu'on a du stress que sur le 15 ou 30.
27:48Je pense qu'on peut commencer à constituer des positions tout simplement parce que quand on n'a pas de
27:52durations,
27:53eh bien on trouve des points d'entrée qui me paraissent intéressants.
27:56Alors sans aller prendre les obligations de l'État français à 50 ans qui ont été émises à 3 ans
28:00et qui valent 21% du nominal,
28:03je répète, émises il y a 3 ans à 0,5 de coupons, on est sur un court côté actuel
28:11à 21% du nominal.
28:13Ça montre bien qu'on a vécu quelque chose d'extrêmement sanglant sur les taux souverains et sur les taux
28:19longs,
28:19et notamment en France.
28:20Clairement là, c'est le début pour moi d'une chasse aux opportunités
28:24avec l'idée de constituer des fonds de portefeuille, notamment sur des portefeuilles très prudents.
28:30Et on en a beaucoup pour nos clients.
28:32Et donc, constituer des rendements stables, à terme, contractuels sur des emprunts d'État,
28:37c'est enfin peut-être le début d'une bonne idée.
28:40Merci beaucoup François Cholet, président de Montségur Finance.
28:43Amérique Didet, directeur de la gestion de Pergam et Claire Disso,
28:46responsable de la recherche macroéconomique de Groupe AXA.
28:49Merci à tous les trois d'avoir été avec nous.
28:52Merci à vous de nous avoir suivis.
28:54Un mot rapide aussi juste de la Banque d'Australie,
28:57qui a relevé ses taux directeurs aujourd'hui.
29:00Et on se retrouve demain à midi et demi sur Bsmart.
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