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  • il y a 27 minutes
Ce mercredi 30 septembre, Victor Lequillerier, économiste et vice-président du Think Tank "BSI Economics", a abordé le spread entre la France et l'Allemagne franchissant les 126 points de base sur le taux 10 ans, ainsi que l'indice PCE ressortant à 3,4 % sur an en août aux États-Unis contre les 3,7 % attendu, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Mais ici en France, plus compliqué, l'écart de taux avec l'Allemagne, donc ça croit.
00:08126 points, nouveau spread aujourd'hui, nouveau record à battre.
00:11126 points d'écart entre les dix ans français et allemand il y a quelques minutes.
00:14Victor Lequillerier nous rejoint. Bonjour Victor.
00:16Bonjour.
00:17Le SIGTANGS BNC Economics.
00:18On va parler des indicateurs américains dans un instant, mais d'abord quand même ce spread France-Allemagne
00:22qui touche un nouveau plus haut de 126 points, alors que demain le gouvernement présentera son budget.
00:27On est en pleine tempête obligataire sur la France et demain le gouvernement va prendre la mer.
00:32Comment est-ce qu'il peut calmer, est-ce qu'il y a des moyens, des solutions pour calmer cette
00:36emballée,
00:37cette flambée des taux français particulièrement, Victor ?
00:41À ce stade, il faut envoyer un signal assez rapidement parce qu'après des années où on a bénéficié d
00:46'une sorte de sursis,
00:48en ce moment on a un peu un effet correctif assez brutal et ce qui s'exprime par un creusement
00:52d'estrade
00:52et que c'est vrai que là l'ambition à court terme, c'est peut-être pas de revenir très
00:57rapidement
00:57sur une cible de député publique à moins de 3% du PIB parce qu'on aura du mal à
01:02l'atteindre,
01:03mais il y a vraiment des fortes attentes parce que l'objectif c'est de ne pas être isolé
01:06et de faire des annonces qui sont plus ou moins cohérentes en termes de rééquilibrage des finances publiques.
01:10C'est le seul moyen pour éviter d'être isolé parce qu'on voit très bien actuellement.
01:14La France n'a pas de difficulté pour placer sa dette auprès des investisseurs.
01:19En revanche, des taux de plus en plus élevés relativement par rapport à d'autres pays,
01:23ça montre bien que la perception du risque est inversée par rapport à des pays comme l'Italie et l
01:26'Espagne.
01:27Et le premier élément c'est de rassurer sur le niveau de risque politique
01:31et sur la capacité vraiment à voter un budget.
01:34Et on a bien vu que depuis un an c'est quelque chose de très compliqué.
01:37Il y a du boulot effectivement, mais on a de plus en plus le sentiment que les efforts que peut
01:40réaliser la France,
01:42les efforts qui seront sans doute annoncés demain dans le budget 2027 que présentera le gouvernement,
01:46tous ces efforts, c'est un peu comme vouloir arroser le sable, en tout cas de plus en plus,
01:49dans la mesure où les hausses de prélèvements de plus en plus sont absorbées par la hausse des charges d
01:56'intérêt
01:56et donc servent beaucoup moins justement à financer ce dont la France a besoin qu'à rembourser nos dettes.
02:02Oui, mais je pense que là pareil, il faut s'assurer de qu'est-ce qui explique la hausse des
02:07rendements.
02:08Et je ne suis pas sûr en fait que les marchés, on parle beaucoup de la dette depuis quelques jours
02:13parce qu'elle a atteint des niveaux très conséquents. En revanche, quand on parle de la dette,
02:17c'est quelque chose qui est un petit peu différent quand on parle vraiment du déficit.
02:19Et je pense que vraiment, ce qu'attendent les marchés à ce stade, c'est de la clarté.
02:24Et je ne suis pas sûr qu'on ait besoin d'avoir des annonces vraiment très conséquentes
02:28en termes de réduction de déficit.
02:30Si on arrive déjà à faire preuve en fait de plus de discipline,
02:33et peut-être de faire des annonces qui vont permettre de rééquilibrer l'ordre de 15 milliards d'euros le
02:38budget,
02:38c'est déjà un bon signal. Et en fait, l'intérêt, c'est d'assurer une sorte de continuum
02:44de réduction du déficit progressive. Et ce n'est pas forcément des attentes qui sont très élevées
02:47en termes de montant, mais c'est vraiment d'envoyer le signal que les choses sont prises en considération.
02:52Et je pense que c'est vraiment ça qui est vraiment à retenir, c'est qu'il ne faut pas
02:56être isolé.
02:56Et que là, pour l'instant, on l'est aux en euros, on ne l'est pas encore vis-à
02:59-vis du Royaume-Uni,
03:01parce que c'est aussi un pays qui a des difficultés.
03:02Il ne faut vraiment ne pas être le dernier pays à avoir des difficultés sur le plan budgétaire,
03:07parce que ça, effectivement, on paierait en intérêts supplémentaires,
03:11même si l'agence France Trésor a pas mal de techniques et d'outils à sa disposition
03:15pour éviter, en émettant notamment des obligations avec des maturités moellantes.
03:20La structure de l'aide française, elle est très bonne,
03:21elle a l'autre des capacités sur le plan technique financière
03:24pour limiter la hausse des taux d'intérêts de manière générale.
03:28Victor, l'autre actualité, évidemment, c'est du côté des États-Unis.
03:31Alors, avec un ensemble de bonnes nouvelles, plutôt, une croissance qui reste vraiment robuste,
03:38avec en plus une inflation qui est quand même légèrement contenue,
03:41en tout cas inférieure aux attentes, si on suit les données PCE qui ont été publiées aujourd'hui.
03:45Exactement, on a pas mal de surprises, de bonnes surprises.
03:48Cette inflation PCE, qui est l'indicateur privilégié par la Fed,
03:51parce que c'est un indicateur assez large sur l'ensemble des dépenses de consommation,
03:55il a été finalement plutôt assez bas, et notamment quand on expurge les données plus volatiles.
04:02Ça, c'est plutôt bon signe, parce que dans le même temps, comme vous le mentionnez,
04:05il y a une hausse, en fait, de la croissance qui est particulièrement tirée par les dépenses de consommation.
04:10Donc, on se dit, comment concilier une hausse des dépenses de consommation
04:13et, en même temps, des prix qui ne sont pas forcément en hausse ?
04:18Ça, c'est plutôt un bon signe, ça veut dire, en fait, que la croissance, elle est plutôt saine,
04:21parce qu'elle est portée par une hausse de dépenses de consommation plutôt en volume,
04:25mais pas forcément en valeur.
04:26Ça, ça veut dire que les limites des prix, on n'est pas dans un processus inflationniste déséquilibré,
04:31et ça, ça va peut-être laisser, en fait, un peu plus de liberté à la Fed pour agir.
04:35Oui, et c'est vrai, le PCE publie aujourd'hui, donc, ressort sous les attentes pour le mois d'août.
04:39C'est PCE du mois d'août, alors, on n'avait pas encore l'impact complet de la hausse des
04:42cours du pétrole
04:43qu'on a vécu ensuite au mois de septembre.
04:44Enfin, au mois d'août, c'est vrai, le PCE ressort stable alors qu'on l'attendait en hausse,
04:47c'est le corps PCE sous les attentes aussi à 3%.
04:50Et là où Antoine a effectivement dit vrai, c'est qu'on a non seulement une bonne nouvelle sur l
04:53'inflation,
04:54mais aussi une autre sur la croissance, puisque la croissance, elle, est révisée à la hausse pour le deuxième trimestre.
04:57C'est le combo parfait, quoi, signe de dynamisme sans flamber de l'inflation.
05:02Oui, exactement, et puis c'est, on le voit, il y a aussi une enquête de ADP qui a été
05:07publiée sur l'emploi
05:08et qui permet de comprendre que cette hausse des dépenses de consommation,
05:11elle est tirée par une hausse des salaires, que ce soit pour les personnes en poste et encore plus celles
05:15qui changent d'emploi,
05:16et qu'on a toujours un marché du travail dynamique avec un taux de sommage qui diminue
05:20et des créations d'emplois qui augmentent dans le privé et même un nombre d'heures travaillées
05:24qui augmente, qui montre en fait aussi que la qualité de l'emploi a peut-être vocation à augmenter.
05:30Donc ça, c'est pas mal d'indicateurs qui sont quand même très favorables
05:33et qui a amené une révision drastique qui est à la hausse de la croissance aux États-Unis
05:37pour le deuxième trimestre de l'ordre de 2,2%, et ça, c'est quelque chose de très positif.
05:41Là, on avait des inquiétudes sur l'inflation, on pourrait imaginer qu'il n'y ait pas forcément
05:45de transmission de la hausse des prix à la production, ou en tout cas qu'elle soit limitée
05:48sur les prix à la consommation, et ça, en fait, ça va peut-être laisser beaucoup plus d'opportunités
05:53pour que la Fed n'augmente pas les taux en octobre, et d'ailleurs, on l'a très bien vu
05:57dans les données,
05:58là où 37% des prévisionnistes tablaient sur une hausse des taux, du coup, en octobre,
06:05c'était plus du double il y a une semaine, donc on montre vraiment que les signaux
06:09sur la conjoncture américaine, emploi, inflation, consommation, sont plutôt bonnes,
06:13et en même temps, on a des chiffres sur l'investissement qui sont aussi très favorables.
06:16– Oui, donc plutôt favorables, tout ça.
06:18Hier, John Williams, le président de la Fed de New York, d'ailleurs, a estimé
06:20qu'il n'y avait pas d'urgence à relever les taux dès le mois d'octobre,
06:23dès la prochaine réunion de la Fed, et les indicateurs du jour vont plutôt dans son sens.
06:26Après, on t'en perd dans la mesure où le PCE, qui a été publié celui du mois d'août,
06:29avant la flambée des cours du pétrole du mois de septembre.
06:31– Merci beaucoup, Victor, de nous avoir accompagné, Victor Lequillerier pour Bessie Economics.

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