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Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Est-ce que vous pensez qu'au-delà des réponses apportées aux lycéens, le gouvernement est en train de préparer
00:07d'autres annonces sur la vie chère, le pouvoir d'achat, l'essence ?
00:11Est-ce que vous pensez que là, ils n'ont d'autres choix que faire d'autres annonces sur d
00:16'autres sujets ?
00:16Parce qu'on voit bien que maintenant, ça va bien au-delà des revendications lycéennes. Est-ce que c'est
00:20ce qui se trame, selon vous ?
00:21Oui, je le pense. Je pense qu'on a une élection présidentielle, on doit le Rassemblement National, le Parti Socialiste,
00:31l'espace central, tout ce que vous voulez.
00:33On doit débattre. Il y a un seul parti qui ne veut pas débattre. D'ailleurs, le budget, il ne
00:37l'a pas vu, il dit « je vote compte ».
00:38C'est LFI. LFI a décidé d'aller porter le débat dans la rue. Et tout ce qui sera la
00:45stratégie de la conflictualisation.
00:47Donc ça, c'est sur la table. Le Premier ministre, lui, qui a finalement... Qu'est-ce que c'est
00:53son job aujourd'hui ?
00:54C'est faire en sorte que ce pays tienne jusqu'à l'élection présidentielle.
00:58Et il faudra, dans cet espace-là, ces 200 jours-là, essayer de dire aux gens de pouvoir tenir.
01:06Il y aura des choses qui seront données. Quand le président de la République va au Koweït essayer de négocier
01:13du pétrole,
01:14c'est pour qu'immédiatement, immédiatement, c'est dans les 30 jours, on ait un prix qui baisse à la
01:19pompe.
01:20Et donc, le gouvernement sera obligé de contenir cette colère sociale.
01:24Parce qu'encore une fois, moi, je pense qu'on a trois crises qui se percutent en même temps.
01:30La première, c'est une crise politique. C'est-à-dire, les gens, ils nous disent « moi, je vous
01:34aime bien, M. Ramos ».
01:35Mais je pense que les élus, de toute façon, c'est pas vous qui allez résoudre nos problèmes.
01:39Et ça touche tous les partis.
01:40Tous les partis.
01:41Y compris la France en France.
01:42Oui, oui, tous les partis.
01:43Et donc, ça, crise politique. En même temps, on a une crise économique.
01:47C'est-à-dire qu'on voit bien que les dépôts de bilan dans nos territoires, de nos PME, nos
01:51restaurateurs,
01:53ils sont à moins 40% de chiffre d'affaires.
01:55Avec les événements, il y a plus de 40% des annulations hôtelières en France.
01:59Tout ça est percuté par une crise économique.
02:01Avec la crise de la dette, et demain, on va avoir des taux d'intérêt.
02:05Et pardon, et je termine, et une crise sociale.
02:07Et ce qui se passe dans la rue, et ces trois crises-là, elles se percutent en même temps.
02:11Elles pourront, pardon, être peut-être résolues par une réponse lors de la présidentielle.
02:16Tout l'intérêt, c'est de faire tenir le pays jusqu'à là.
02:19Avant la présidentielle, une mesure d'urgence à très court terme.
02:23Qu'est-ce qu'il faut faire, selon vous ?
02:24Et on verra ce qui se trame visiblement du côté du gouvernement.
02:27Mais qu'est-ce qu'il faut faire pour répondre à cette inquiétude, exaspération contre la vie chère ?
02:35Permettez-moi de rebondir en une phrase sur...
02:39Richard Ramos vient de faire bien plus brillamment que ce que n'importe quel opposant politique aurait pu le faire,
02:44le bilan accablant de 10 ans de Macronisme.
02:46Oui, mais bon, ok.
02:47Non, mais pardon.
02:47Mais maintenant ?
02:48Mais en fait, on ne récupère pas à 200 jours d'une élection présidentielle
02:51par des réponses qui, en plus de ça, ne sont pas ficelées, pas financées, pas prévues dans un budget.
02:58Une situation qui est explosive, où on a eu une part de notre population
03:02qui a vu son pouvoir d'achat et son pouvoir de vivre diminuer ces dernières années sans réponse
03:07qui a été apportée, ça ne va pas être fait en un clac en doigt.
03:09Et vous avez le droit d'être honnête et de me dire, pour l'instant, on ne peut rien faire.
03:12Si, pour revenir notamment sur la crise lycéenne, parce qu'on était sur ce sujet-là.
03:17Sur le pouvoir d'achat, j'aimerais qu'on a eu sur le pouvoir d'achat.
03:19Je vais rebondir sur le pouvoir d'achat.
03:21Sur la crise lycéenne, je crois que le Premier ministre, par exemple,
03:25aurait dû, dès le début, convoquer partout dans les territoires
03:28des États généraux, de la jeunesse et des lycéens.
03:30Ce qui n'a pas été fait, parce qu'on a encore une vision très parisienne.
03:34Moi, qui suis un élu rural, je considère que les réponses,
03:36elles doivent être multiples dans les territoires.
03:38Sur la question du pouvoir d'achat, je fais une proposition, par exemple, très claire,
03:43que les prochaines annonces sur l'augmentation du SMIC soient suivies des faits,
03:47qu'il y ait une véritable augmentation du SMIC dans ce pays,
03:49où les gens sont étranglés.
03:50Vous voulez une réponse immédiate ?
03:52Alors, qu'est-ce qui se trame là-dessus, Lisa Hadef, du côté du gouvernement ?
03:54Qu'est-ce qui est envisagé ?
03:57La revalorisation du SMIC.
03:58Elle était prévue au mois de janvier.
03:59Notamment, exactement.
04:01Je rappelle qu'il y a deux façons de rehausser, de revaloriser le SMIC.
04:04La première, c'est une revalorisation automatique qui a lieu le 1er janvier chaque année.
04:09Et la deuxième, c'est en cas de forte inflation, on peut faire une revalorisation en cours d'année.
04:12Et c'est pour ça, effectivement, qu'elle avait, par exemple, augmenté de 2,41% en juin dernier.
04:18Maintenant que vous avez compris tout ça,
04:20il faut savoir exactement ce qu'a dit le ministre de l'Économie.
04:23Regardez Roland Lescure.
04:24Il dit une hausse anticipée du SMIC avant la revalorisation automatique du 1er janvier.
04:28Et dans un contexte de forte revendication sur le pouvoir d'achat, fait partie des débats.
04:33Ce n'est pas vraiment une annonce.
04:34On nous annonce qu'il va y avoir des débats à ce sujet.
04:38Le SMIC pourrait donc être revalorisé plutôt que prévu.
04:41Mais la conséquence directe, vous l'avez compris, c'est qu'en janvier,
04:44au moment de la revalorisation officielle, cette hausse qui sera anticipée sera donc déduite.
04:51Autrement dit, si le SMIC devait augmenter de 2% en janvier,
04:54s'il a déjà été augmenté de 2% là en novembre, par exemple,
04:58la hausse du 1er janvier sera de 0%.
05:00Oui, donc ce qu'on devait faire, on le fait, mais on le fait plus tôt.
05:04Est-ce que vous dites que même si ce n'est pas suffisant, ça va dans le bon sens ?
05:08Oui, que ce soit fait, mais un, ce n'est vraiment pas suffisant.
05:12C'est-à-dire qu'en fait, encore une fois, je crois que sur les questions budgétaires et économiques,
05:17c'est encore une fois prendre le sujet dans la mauvaise façon.
05:20Vous avez en France un problème principal, Richard Ramos d'ailleurs l'a dit,
05:23qui est aujourd'hui un frein à la croissance et à l'économie,
05:26qui vient de la consommation populaire, ou plutôt de la non-consommation populaire.
05:30Parce que les gens sont étranglés, ils n'arrivent plus à payer,
05:34ils n'arrivent plus à boucler leur fin de mois.
05:35Si vous n'avez pas, de manière automatique et rapide,
05:39une augmentation des salaires par deux leviers,
05:42je vous ai parlé du SMIC, il y a un deuxième levier qui peut être activé,
05:45c'est de réindexer l'intégralité des salaires jusqu'au revenu médian,
05:49c'est-à-dire 2200 euros nets par mois a priori,
05:52à peu près, de le réindexer sur le niveau de l'inflation au réel.
05:56Parce que qu'est-ce qu'on a ? Qu'est-ce qu'on vit ?
05:57On a la crise de l'essence et du diesel.
06:00On a le gaz, le prix du gaz qui a augmenté.
06:03On va avoir, parce qu'il y a la grande distribution qui est en train de négocier les prix
06:07dans des négociations très dures,
06:08vous allez avoir sans doute au mois de mars une augmentation du panier moyen des Français.
06:12Quand vous dites réindexer, ça veut dire que ?
06:14C'est-à-dire que vous mettez au niveau de l'inflation réelle,
06:17vous réaugmentez l'intégralité de la chaîne du salaire.
06:19Est-ce l'État qui compense ou est-ce que c'est les entreprises ?
06:22Dans un premier temps, il faut le faire compenser par l'État.
06:24Mais ensuite, vous négociez avec les entreprises et vous relancez.
06:27C'est l'État qui commence, c'est lui qui finance cette première augmentation.
06:30Pourquoi vous n'envisagez pas de faire comme François Hollande,
06:33ou d'ailleurs Bruno Le Maire, on a appris ça tout à l'heure,
06:36c'est-à-dire d'augmenter la TVA de telle sorte que vous faites payer
06:41une partie des cotisations sociales dans ce pays
06:45par justement une augmentation des prix plutôt que par le travail ?
06:48Parce qu'aujourd'hui, le problème d'une augmentation de la TVA,
06:52et même si dans la proposition il y a de dire
06:54qu'il y a un certain nombre de produits de première nécessité
06:56qui seraient épargnés de cette augmentation de la TVA,
07:01c'est ce qu'il y a de plus injuste pour tous les Français.
07:04Parce qu'en réalité, la TVA n'est pas absorbable de la même manière
07:06si vous gagnez 1 500 euros par mois que si vous en gagnez 4 000.
07:10Et donc, c'est en fait quelque chose de très injuste
07:12qui va continuer de poser sur les classes moyennes et sur les classes populaires.
07:15Et aujourd'hui, le problème majeur, ce sont les Français
07:18qui sont dans cette classe moyenne et populaire qui est étranglée.
07:22C'est la France qui n'a droit à rien et qui paye pour tout.
07:25En fait, si on veut sortir de cette situation,
07:27et qui est en fait la France qui est en colère
07:29et qui a raison d'être en colère,
07:30parce qu'elle n'arrive plus à vivre de son travail.
07:32Il faut baisser les prélèvements obligatoires.
07:36Moi, je suis un défenseur, je crois, depuis 30 ans de la TVA sociale.
07:40J'étais au sein des jeunes dirigeants, on défendait déjà ça.
07:43Moi, je pense que jusqu'à 3 à 4 points de TVA supplémentaires,
07:46la bagarre de la grande distribution fera qu'on ne verra pas la différence.
07:50Et que derrière, on rapproche le net du brut pour les travailleurs.
07:53Et en plus, quand on augmente la TVA,
07:56on augmente la TVA sur des produits qui sont souvent des produits importés.
08:00Et donc, finalement, ça nous protège.
08:02Et donc, il y a une mesure immédiate qu'il faut faire,
08:06c'est mettre en place la TVA sociale.
08:08Moi, je suis favorable à la TVA sociale.
08:10Voilà.
08:11Et là, les travailleurs, ils reprendront à peu près 100 euros par mois.
08:14Edwige Diaz, vous faites quoi, vous, pour augmenter ?
08:16Sur la question de la vie chère, en fait,
08:19on est dans cette situation en raison de plusieurs facteurs.
08:22Et d'ailleurs, il y a 90% des Français qui estiment
08:24qu'ils ont perdu du pouvoir d'achat sous le quinquennat d'Emmanuel Macron.
08:28Donc, nous, nous ne sommes pas favorables à une revalorisation du SMIC
08:31pour plusieurs raisons.
08:32Déjà, c'est que ce serait très pénalisant pour la compétitivité des entreprises.
08:36Et en plus, que ça toucherait à peu près 10% des salariés.
08:39Nous, nous avons une autre mesure.
08:40En réalité, si je dois résumer, deux autres mesures.
08:43La première, c'est la diminution des dépenses contraintes.
08:46Et donc là, vous connaissez notre mesure de baisse de la TVA de 20%, 5,5%.
08:50Sur le gaz, le fuel, l'électricité et le carburant.
08:55Avec toujours cette problématique de l'interdiction de l'Union Européenne.
08:57S'il vous plaît.
08:58Alors, c'est faux parce que d'autres pays ont eu le droit à une dérogation.
09:02Donc, on peut déjà commencer par une dérogation.
09:04Et après, on peut pérenniser le système.
09:06Et donc, la deuxième mesure que nous avons proposée à plusieurs reprises à l'Assemblée nationale,
09:10c'est en fait un dispositif incitatif, gagnant-gagnant,
09:13de permettre aux entreprises d'augmenter les salaires de 10% dans la limite de 3 fois le SMIC,
09:19moyennant une exonération des cotisations patronales sur la partie augmentée.
09:24Oui, alors ça c'est une...
09:25Mais vous avez abandonné alors votre idée de baisser la TVA sur un panier de produits de première nécessité ?
09:31Non, mais il a fallu que je réponde très rapidement.
09:33Donc, je me suis concentrée sur le carburant.
09:36Ça, c'est un piège parce que ça peut augmenter les importations.
09:38Et c'est destructeur pour l'économie française.
09:41Non, mais vous savez que nous, on veut mettre en place le localisme, la préférence nationale.
09:45Donc là, en fait, il faut que j'aille très vite sur les plateaux parce que sinon, vous voyez, je
09:47suis coupée, je suis interrompue.
09:49Donc, j'essaye de sympathiser.
09:51Je trouve qu'on a plus de temps là ce soir.
09:52Non, mais c'est toujours dans notre programme.
09:54Et voilà, notre vision économique, on changerait vraiment totalement de paradigme.
09:58Et donc, il n'y aurait pas d'incompatibilité entre la diminution de la TVA,
10:02donc la passer à 0% sur un panier de produits de 100 premières nécessités en réalité,
10:07et le côté production locale pour lutter contre les importations.
10:11Et ce qu'il faut surtout reprendre et reproduire, c'est pour augmenter les salaires,
10:16la meilleure des choses à faire, c'est avoir de la croissance et créer de l'activité économique.
10:20Et pour créer de la croissance et de l'activité économique,
10:22on a déjà eu ce débat plusieurs fois avec Yves Tréhard.
10:24Moi, je plaide de manière extrêmement...
10:27Pour qu'on ait une véritable souveraineté économique et industrielle dans notre pays,
10:33qui nous protège de la concurrence agressive extérieure de la Chine,
10:37comme des États-Unis, qui met à mal toute notre industrie,
10:39notamment notre industrie automobile,
10:41comme ça a mis à mal nos agriculteurs, par exemple,
10:43parce que l'Union européenne, là, pour le coup,
10:46n'a pas mis les barrières de protection nécessaires.
10:48Moi, je plaide pour qu'il y ait une réforme très rapide.
10:50J'essaye de le faire au Parlement européen,
10:52sur, justement, cette souveraineté européenne...
10:55Mais Pierre Jouvert, s'il y a un sujet sur lequel tous les partis sont d'accord,
11:01c'est celui-là.
11:02Mais sauf que ça ne se fait pas en un jour, parce que c'est très long.
11:05Tous les partis sont d'accord pour qu'on recouvre notre souveraineté,
11:09notamment industrielle.
11:11Mais c'est aussi la souveraineté militaire,
11:13qu'on a quand même beaucoup plus que les autres.
11:16Mais la souveraineté industrielle,
11:18si on regarde du Rassemblement national à la France insoumise,
11:22tous les partis partagent...
11:24Comme je vous l'ai déjà dit, il va y avoir un bon exemple.
11:26Comme je suis rapporteur au Parlement européen de ce texte
11:29qui s'appelle l'Industrial Accelerator Act,
11:31l'accélérateur industriel européen,
11:33on verra en janvier qui vote quoi.
11:35Et je reviendrai vous le dire.
11:36C'est parti.