- il y a 28 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Il est 22h02 et nous voulions prendre le temps ce soir de revenir quand même sur ces alertes à la
00:06bombe à répétition
00:07visant des dizaines de vols commerciaux en Europe et qui ont mis évidemment le monde de l'aviation en état
00:13d'alerte.
00:14On en a parlé sur BFM, c'était notamment mercredi, regardez.
00:17On voulait revenir aussi sur ces dizaines de fausses alertes à la bombe en Europe cette semaine.
00:2323 nouvelles alertes à la bombe ce matin dans toute l'Europe.
00:26On va revenir sur cette vingtaine de vols européens, vols commerciaux, qui ont été victimes de fausses alertes à la
00:33bombe.
00:34Également visés des médias irlandais, des médias britanniques.
00:37Y a-t-il un lien entre les deux ? On ne le sait pas.
00:40Et qui peut bien se cacher derrière ces actes ? Le mystère plane encore ce soir.
00:46À l'heure actuelle, de nombreuses zones d'ombre subsistent.
00:49Aucune revendication officielle n'a été formulée.
00:51Mais les autorités européennes ont, comme on pouvait s'y attendre, adopté une attitude d'extrême prudence.
00:59Bonsoir, Sergueï Gironov. Bienvenue sur ce plateau.
01:02Bonsoir, Laurent Valdigui, ravi de vous retrouver.
01:05Bonsoir, Bruno Delamod, consultant en sécurité internationale et président de Risk & Co, spécialiste dans la lutte anti-terroriste et
01:12auteur du renseignement face au terrorisme aux éditions Michelon.
01:16Bienvenue, Thierry Arnaud est encore avec nous.
01:18La dernière information, Laurent Valdigui, c'est aussi pour ça qu'on voulait y revenir ce soir, c'est que
01:22le parquet de Paris a décidé de s'intéresser de très près à cette affaire.
01:27De très près, parce que d'abord on risque deux ans de prison si on fait un mail avec une
01:30fausse alerte à la bombe en France.
01:33Et puis surtout parce que ça a été, on le découvre un peu avec recul, ça a été panique au
01:37sommet de l'État jeudi dernier.
01:38Panique complète parce qu'un avion était, le Dublin-Rome était en l'air au-dessus de Paris.
01:48Ils l'ont fait tourner quelques tours autour de Chartres et de l'Essonne dans le sud pour savoir où
01:52allait le poser puisqu'ils avaient une alerte à la bombe pour cet avion.
01:55La décision a été prise par le Premier ministre en personne de le poser sur la base militaire d'Evreux.
02:00Ce qui était une décision assez fine, disons, pour éviter en cas d'explosion que l'avion s'explose sur
02:08un espace habité de la région parisienne,
02:11voire à Orly ou Roissy sur des pistes, imaginez le désastre.
02:16Donc le pilote était un peu récalcitrant, donc on le sait, le pilote irlandais préférait se poser sur un aérodrome
02:24civil que militaire.
02:25Finalement, il a fallu faire décoller un rafale et un mirage pour obliger cet avion à aller se poser sur
02:31une base militaire aéreuse,
02:32sain et sauf, pas de bombe, comme dans aucun de la trentaine d'avions qui a été victime de la
02:37même alerte à la bombe en Europe depuis une semaine.
02:40Pas de bombe.
02:41D'ailleurs, le lendemain, les quatre avions qui survolaient l'espace aérien français, qui ont été à nouveau victimes de
02:46cette alerte,
02:48se sont posés trois à Orly et un à Bordeaux.
02:52C'est pour ça que le parquet de Paris, qui a d'ailleurs une section cyber, enquête sur ces alertes.
02:58Et il fait le lien dans son communiqué, le parquet de Paris, c'est important quand même, avec des auteurs
03:03qui pourraient venir de puissances étrangères.
03:07C'est ce qu'il pense, le parquet de Paris, parce que c'est vrai que c'est un contexte
03:10extrêmement inquiétant, Alice, avec ses attaques en début de semaine.
03:15À chaque fois, ce sont des courriels.
03:16Oui, alors là, ce sont des courriels, ce sont des courriels massifs qui visent des avions exclusivement européens, dans l
03:22'espace européen.
03:23Ça désorganise tout.
03:24Vous imaginez un avion qui se pose, qui est plein.
03:27Il faut fouiller, il faut le mettre en bout de piste, il faut faire la procédure alerte à la bombe,
03:31amener les démineurs, les pompiers fouiller l'ensemble des bagages.
03:36C'est une désorganisation complète.
03:38Et puis surtout, ça intervient à un moment où lundi, dans la nuit de dimanche à lundi, il y a
03:42eu à nouveau des attaques, des cyberattaques sur une centaine de frigos européens d'intermarchés, de supermarchés, Leclerc, Ikea, qui
03:53ont été en carafe.
03:55Alors, on en a moins parlé que l'attaque du 12 octobre dernier qui avait touché 700 frigos de supermarchés
04:01français.
04:02Mais ça a touché aussi, dans la nuit de dimanche à lundi, tout ça est un même contexte, ça a
04:07touché aussi des frigos de l'Agence française du sang.
04:11Et là, par un petit miracle, un veilleur de nuit s'est rendu compte, dans la nuit de dimanche à
04:17lundi, qu'il y avait qu'une alerte sur des frigos, et que les frigos contenant du sang et du
04:21plasma, vous savez, ça, on touche à nos réserves stratégiques.
04:24Là, c'est plus du tout la même chose, pardon, mais là, on parle de la santé.
04:27Voilà, donc c'est plus du tout la même chose, mais ça vient probablement d'un même cerveau.
04:34Alors justement, on va parler évidemment de qui pourrait se cacher derrière cela, mais pourquoi le parquet de Paris parle
04:40de puissance étrangère, Thierry Arnault ?
04:42Oui, parce qu'il y a un certain nombre d'éléments. On a évidemment recherché, essayé à remonter ces courriels,
04:50les sources.
04:51Alors c'est toujours très compliqué, parce que ça passe par des serveurs, ça passe par des états tiers, etc.
04:55Mais parfois, il y a des courriers qui sont signés. Là, il semble que début de 9 ans, un certain
05:00nombre de courriers aient été envoyés par un groupe qui s'appelle le « male state »,
05:04c'est-à-dire l'État masculin, qui est un groupe qui a été fondé en Russie. Sergei en parlera
05:10beaucoup mieux que moi.
05:11Et de manière générale, dans ce type de circonstances, évidemment, naturellement, c'est vers la Russie que se tournent les
05:18premiers regards.
05:18Juste une question d'abord avec vous, M. Bertrand Villemeyer, ancien chef d'état-major interarmé, ancien pilote de chasse.
05:26Que se passe-t-il dans notre ciel européen ? Qu'est-ce que c'est que cette pagaille ?
05:31Je crois que, enfin, pas généralisé, c'est quand même, c'est pas des milliers d'avions, quand même.
05:36Non, mais c'est quand même beaucoup en peu de temps.
05:38C'est fait pour. C'est fait pour. Comme cela vient d'être très bien dit, ça désorganise complètement.
05:45La peur à moindre coût.
05:46Tout ce qui est, exactement, à moindre coût et à moindre trace.
05:50Puisque la traçabilité est complètement diluée, de façon à ce que si, par hasard, on arrive à identifier l'émetteur,
06:01ces émetteurs sera une structure qui sera immédiatement complètement désavouée par tel ou tel pays.
06:09Donc, c'est extrêmement rare de connaître la source.
06:13Mais ça donne quand même le sentiment, l'impression, que les avions sont des cibles très faciles, du coup.
06:19Oui, parce que la définition même du transport aérien, c'est qu'il est international.
06:24Avec une possibilité qu'il ne faut pas écarter.
06:27On a un historique en 2021 d'un avion qui faisait Athènes-Villenus,
06:33qui a été dérouté pour une alerte à la bombe, sur un message du contrôle aérien de Minsk.
06:41Donc, il s'est posé à Minsk, il y avait un opposant.
06:44Et il se trouve que dans les passagers, il y avait un opposant, et cet opposant, il est resté à
06:48Minsk.
06:50C'est intéressant, ça.
06:52Donc, c'est pour ça, après, quand on regarde les responsabilités les uns et les autres,
06:56parce que toutes les procédures en cas d'alerte à la bombe, elles sont écrites.
07:00Elles sont écrites, elles sont ratifiées, l'OACI, l'ADGAC, le HASA, je ne vais pas rentrer dans les détails,
07:04mais tout est écrit. Et la dualité et la souveraineté du pays survolé et commandant de bord,
07:12qui a la responsabilité des passagers de les amener à bon port, peut être discutée dans certains cas.
07:20Et sur l'affaire de Minsk, justement, qui fait un peu école, c'est quelque chose qui est assez curieux.
07:26Monsieur Delamotte, que dit le mode opératoire ?
07:29Et je pense que ceux qui nous regardent se demandent, en fait, dans quelle mesure ça doit nous inquiéter,
07:33ce qui s'est passé cette semaine ?
07:35Le mode opératoire dit que ce n'est pas une attaque sécuritaire, c'est une attaque économique.
07:39On attaque des compagnies low cost sur un critère économique, on fait poser des avions,
07:45on génère des coûts, on génère une psychose à coût zéro.
07:49L'opération de quelques centaines de mails comme ça coûte quelques milliers d'euros.
07:55Faire décoller un rafale, c'est 35 000 euros de l'heure, vous en faites décoller deux,
07:59vous posez les avions, vous êtes sur des compagnies low cost où le prix du carburant est aujourd'hui un
08:05vrai problème,
08:06vous faites exploser les coûts des vols, vous allez avoir ces compagnies qui vont être contraintes
08:10de remonter leur niveau de sécurité pour répondre aux demandes des États.
08:14Et dans un moment où le programme d'hiver est en train de se mettre en place,
08:19où elle commence à réduire le nombre de sièges disponibles pour faire face à l'augmentation du prix du jet
08:25fuel,
08:25vous êtes dans une contrainte économique forte face à un autre argument,
08:30c'est que les Ukrainiens ont bloqué les aéroports russes depuis des semaines,
08:36il y a des frappes de drones sur les aéroports russes de manière très régulière,
08:40et aujourd'hui on peut regarder du côté des Russes qui disent
08:43vous empêchez nos avions de voler, vous empêchez nos dessertes,
08:47nous allons monter en gamme vis-à-vis de vous pour vous contraindre à relâcher la pression sur nos aéroports.
08:54– Donc pour vous il y a un lien avec la Russie, clair, et net.
08:56– Pour moi il y a un lien avec la Russie à un moment donné.
08:58– Alors il faut dire que dans un premier temps, un groupe,
09:03les combattants de l'État masculin, avaient été pointés du doigt,
09:07parce qu'il y avait eu des revendications ici,
09:09mais son chef a démenti ces dernières heures toute implication.
09:13Est-ce que du coup on écarte cette piste ou ça ne change rien ?
09:16– Moi je dirais qu'on peut presque écarter cette piste,
09:20parce qu'en fait elle est trop grande.
09:22– Je prétis juste mouvement ultra-nationaliste russe.
09:26– C'est un truc facho, très ultra-nationaliste en fait,
09:31ils sont contre tout, ils sont contre les homos, contre les femmes,
09:34contre les gens de couleur en fait.
09:35– Il n'y a rien qui va.
09:36– Rien qui va, qui a été interdit en Russie, c'est pour dire.
09:40Donc il y a cinq ans, et en plus le mec il est parti en Pologne,
09:45il a demandé l'asile politique, et d'ailleurs je crois qu'il est gardé.
09:49– Il est au Monténégro maintenant.
09:51– Il est au Monténégro, mais sur le seul repère.
09:54Mais il n'y avait pas que ça.
09:57Le groupe est dissous, donc en fait c'est pour ça d'ailleurs,
10:01ça ressemble plus à une action sous le faux drapeau,
10:04parce que lui a tout de suite des démontis,
10:06il a dit, nous on n'est pas là, on ne fait plus rien,
10:09et donc vous vous êtes souvenu de moi.
10:11Donc c'est une cible trop facile.
10:14Imaginez, Poutine ne prend jamais la responsabilité,
10:16donc en fait quand il y a quelque chose, il dément toujours.
10:21Il y a deux jours, il y avait le capitaine, vous savez,
10:24de bateau qui a arraché le câble entre la Finlande et la Russie,
10:27et il vient de condamner avec son second,
10:31à quelques années de prison en Finlande.
10:33Donc ça rattrape aussi d'autres trucs qui sont passés
10:36depuis quelques semaines et des mois.
10:38Mais il y avait une autre revendication,
10:40il y avait en fait les Irlandais, vous savez les médias,
10:44il y a la RTE, qui ont été aussi victimes,
10:47qui a reçu, eux ils ont reçu en fait une revendication
10:51qui est une sorte de manifeste anti-Occident,
10:55signé par Mikkel Andropov, s'il vous plaît,
10:58et donc on a parlé de petit-fils du secrétaire général
11:01et du directeur du KGB de mon époque,
11:04mais là non plus en fait, le gars il a dit,
11:07non, je suis pour rien, c'est pas nous.
11:10Donc là aussi, vitrine, trop facile, cible, trop facile.
11:14C'est un peu trop facile parce qu'en fait,
11:17les vrais hackers ne laissent pas les traces comme ça.
11:21D'ailleurs, je parle sur votre contrôle.
11:22Mais est-ce qu'il faut une grosse structure pour pouvoir...
11:25Non, il faut une demi-douzaine de personnes dans des chambres d'hôtel.
11:27Vraiment ?
11:28Ben oui.
11:28Et une prise électrique, un accès Wi-Fi, 3-4 PC,
11:34ici c'est bien préparé, dans une chambre d'hôtel,
11:36vous lancez votre séquence, vous disparaissez.
11:38Un PC.
11:40Vous relancez quelque chose que vous rappelez dans un autre pays.
11:42Pourquoi vous dites, alors que tout le monde essaie de rester prudent,
11:46vous, qu'il n'y a aucun doute sur le fait qu'il s'agit des Russes ?
11:50À qui profite le crime ?
11:52Ça aussi.
11:53Aujourd'hui, qui a intérêt à organiser ça ?
11:58On n'est pas face à un grand étudiant.
12:00Les Iraniens, on a des Coréens du Nord.
12:01Oui, on n'a pas que les Russes avec qui nos relations sont tendues.
12:04Les Iraniens, les Nord-Coréens, ils cherchent un intérêt économique.
12:07Ils ne cherchent pas à déstructurer notre économie.
12:08Monsieur Villemeyer ?
12:09Il y a un cas où ça a été tracé, parce que c'est extrêmement difficile à tracer.
12:14D'abord parce que ce n'est jamais revendiqué.
12:16C'est le but.
12:16Je parle souvent de contrôle.
12:17Et en plus, quand il y a une trace, on se rend compte que c'est une espèce d'association.
12:23Non, il y a un cas où ça a été tracé, c'est les deux drones de Leipzig.
12:28Où là, les traces d'ADN étaient très claires.
12:30Et le type de plastique était très clair aussi.
12:32Mais on est dans la même séquence, selon vous ?
12:34C'est la suite des drones de Leipzig ?
12:37Je m'étonne toujours de livrer des armes à un pays en guerre.
12:42Ce n'est pas anodin.
12:43Ce n'est pas anodin.
12:44La France livre des armes à un pays qui est en guerre, l'Ukraine.
12:48Donc, il ne faut pas s'étonner d'avoir les belligérants.
12:53Oui, mais pour autant, dès qu'il se passe quelque chose d'anormal ou d'étrange sur notre territoire ou
12:58dans notre ciel,
12:59faut-il obligatoirement faire le lien avec le conflit ukrainien ?
13:02Mais encore une fois, à Leipzig, s'il fallait des gens à proximité, il fallait des gens sur le terrain,
13:07il y en avait deux drones, etc.
13:09Là, ça a pu être compté de neuf.
13:10On redécouvre un peu la lune, parce qu'en réalité, le KGB que Sergueï a connu,
13:15avec l'Union Sociétique, avait un service.
13:18Des services actifs.
13:19Des services actifs, mais il y avait surtout le service A,
13:21qui était le service des informations, Alice,
13:24et qui passait son temps à faire ce qu'on appelle aujourd'hui la guerre hybride.
13:29Parce qu'on n'a pas de mots pour dire la guerre froide,
13:31puisqu'on a l'impression que la guerre froide, elle s'est terminée avec la chute du mur.
13:34Mais en fait, tout continue.
13:35La guerre hybride, c'est ça, c'est ce service des informations.
13:38Son chef-d'oeuvre au service des informations du KGB,
13:41c'est d'avoir fait croire au monde entier,
13:42à l'époque où le Internet, les réseaux sociaux n'existaient pas,
13:46que les États-Unis avaient créé le SIDA dans leur laboratoire militaire.
13:51Ils ont inventé ça, le KGB.
13:53Ils avaient fait un faux rapport d'un médecin français qui avait fuité par la RDA,
13:57qui a fuité dans tous les pays du monde entier.
14:00Donc en fait, ça, la guerre hybride d'aujourd'hui,
14:02avec ces alertes à la bombe, cette désorganisation...
14:05C'est beaucoup plus facile maintenant.
14:07C'est beaucoup plus facile maintenant, c'est beaucoup plus rapide, immédiat,
14:10mais c'est l'héritage du KGB.
14:13Sauf qu'on a le sentiment que cette guerre hybride, Thierry Arnault,
14:16elle est en train de prendre une nouvelle dimension.
14:18C'est en tout cas le message qu'ont voulu nous faire passer les autorités très récemment.
14:22Oui, parce que là, on a une attaque à grande échelle sur plusieurs jours et dans plusieurs pays,
14:26donc c'est quand même quelque chose d'assez ambitieux,
14:28avec des moyens très puissants qui ont été déployés.
14:31Juste pour rappeler d'un mot ce qu'était le Leipzig,
14:33parce que là, on parle de quelque chose de différent,
14:35c'est-à-dire qu'on découvre un ou deux drones chargés d'explosifs
14:40à proximité d'avions qui sont sur le point de décoller pour les faire des armes à l'Ukraine.
14:46Donc là, ce sont des avions ukrainiens.
14:47Et donc là, on est sur quelque chose de différent,
14:51parce que si le drone explose,
14:53et si on est capable effectivement de le retracer jusqu'à la Russie,
14:58là, on n'est plus dans la guerre hybride,
14:59on est dans un acte de guerre, là, pour le coup.
15:01On est dans un acte de guerre conduit dans un pays de l'OTAN.
15:05Et donc, on est potentiellement...
15:06D'ailleurs, Malmache s'est fait quasiment comme ça.
15:07Ils ont même fermé le consulat.
15:09Et c'est d'ailleurs dans la foulée de cet événement
15:11qu'il y avait eu ce conseil de défense à l'Elysée,
15:14et cette prise de parole très solennelle d'Emmanuel Macron.
15:16C'est sur une autre échelle.
15:17Mais sauf que là, on est sur une autre échelle aussi,
15:20dans le sens où ce sont des infrastructures civiles qui sont ciblées.
15:24C'est d'ailleurs sur ce point que Georgia Meloni a insisté hier
15:27pour réagir à cette affaire.
15:28Oui, et c'est évidemment ce qu'on redoute,
15:32parce que ça peut être effectivement...
15:34Alors, on a parlé des frigos,
15:35tu parlais, Laurent, des frigos qui abritent le sang et le plasma.
15:40On s'interroge sur, évidemment,
15:42les infrastructures critiques, bien sûr, qui sont surveillées.
15:46On s'interroge aussi sur les grands rendez-vous politiques,
15:50par exemple, vous évoquiez l'Irlande.
15:52On sait que dans quelques jours,
15:53il va y avoir un sommet à Dublin
15:54de la communauté politique européenne.
15:56Et on sait que les autorités irlandaises sont sur les dents
15:59parce qu'elles redoutent, effectivement...
16:02Monsieur Delamotte, en un mot, s'il vous plaît,
16:04qu'est-ce qui est le plus probable d'où ça vient
16:07ou qu'on ne sache pas ?
16:08Qu'on ne sache jamais ?
16:09On ne saura jamais.
16:10On ne saura jamais.
16:10On ne saura jamais.
16:11On aura...
16:12À coup sûr.
16:12Mais ça, c'est quand même dingue.
16:13Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on montre
16:16que les gouvernements montrent
16:18qu'ils ont pris en compte le problème.
16:19Et par les réactions gouvernementales,
16:21ils sont en train de faire passer...
16:22Oui, ça, ça fait un moment que je l'entends.
16:24Sauf que ça continue pendant ce temps.
16:26Mais vous avez deux volets dans cette situation.
16:29Vous avez du non-destructif avec les avions
16:31qui est de la désorganisation économique.
16:33Et vous avez ce qui se passe sur les frigos.
16:36Et tous les services, que ce soit les services de l'Est
16:38ou les services occidentaux,
16:39se préparent depuis des années à ce type de guerre.
16:42On l'a vu en Iran avec Suxnet
16:44quand il a fallu casser les centrifugeuses iraniennes
16:46il y a quelques années du fait des Israéliens.
16:49On l'a vu avec les Iraniens chez Aramco
16:51quand ils ont fait tomber le système d'Aramco
16:53et tué 25 000 ordinateurs.
16:55Mais du coup, à six mois de la présidentielle en France,
16:58à quoi on peut s'attendre ?
16:59C'est quoi l'étape d'après ?
17:00Non, mais ça veut dire quoi à tout ?
17:02On peut s'attendre à un blackout sur une centrale électrique.
17:04On peut s'attendre à un hôpital qui tombe.
17:06On se dit quand même que les frigos,
17:08entre le 12 octobre où il y a la première attaque
17:10et le 2 novembre où il y a la seconde,
17:12on se dit quand même qu'il faudrait réviser
17:14nos vieux systèmes informatiques.
17:16Parce qu'on n'a pas envie de déconnecter.
17:17Et à ceux qui nous regardent
17:18et qui entendent parler d'alerte à la bombe,
17:21d'avions, qui sont quand même des sujets un peu...
17:23qui inquiètent,
17:24vous leur dites sur une échelle de 1 à 10
17:26quel doit être leur degré d'inquiétude ?
17:29Si vous êtes sur un problème destructif,
17:32le degré il est faible aujourd'hui.
17:33Si c'est le fait d'avoir un avion
17:35qui va avoir du retard parce qu'il risque d'être détourné
17:36par une menace,
17:38le degré est relativement élevé.
17:40Mais il y a quelques jours,
17:41l'ANSI a sorti une alerte en disant
17:43attention, on a un vrai problème
17:45sur tous les parcs renouvelables.
17:47On n'est pas à l'abri de ce qui s'est passé
17:48en Espagne l'année dernière,
17:49d'une attaque ciblée sur les parcs renouvelables
17:52qui provoque un blackout électrique
17:53durant 18, 24, 36 heures.
17:56C'est quoi les parcs renouvelables ?
17:57C'est les parcs solaires et l'Ordia.
17:59En fait, ce qui s'est passé en Espagne
18:01l'année dernière,
18:02où il y a eu un blackout
18:03durant 18 heures au début de l'été,
18:05l'ANSI dit que ça peut se produire chez nous.
18:07C'est aussi une cible vulnérable.
18:09Merci, c'était passionnant.
18:10Merci beaucoup à tous les cinq.