Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Mardi 22 septembre 2026, retrouvez Céline Piquemal-Prade (Présidente, Piquemal Houghton Investments), Christian Parisot (Président, Altaïr Economics) et Alain du Brusle (Directeur de la gestion, Claresco) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché, Céline Picmal, Prade, présidente de Picmal
00:16Houghton Investments. Bonsoir.
00:18Bonsoir Pauline.
00:19Christian Parizeau, vous êtes président de Altaïr Economics. Bonsoir.
00:22Bonsoir.
00:23Et Alain Dubru, le directeur de la gestion chez Clarisco. Bonsoir Alain.
00:26Bonsoir Pauline.
00:27Commençons avec ce pétrole en lien avec ce que je racontais en introduction sur le discours notamment du président Trump
00:34devant les Nations Unies cet après-midi.
00:37Le pétrole, Céline, qui reflue sous 100 dollars aujourd'hui, qui reste quand même très proche de ce seuil, mais
00:43qui cède quand même 8% en 5 séances.
00:45Est-ce que ça reste quand même un risque pour le marché à ce stade ?
00:51Et vu qu'on a reflué sous ce seuil de 100 dollars, comment les investisseurs ont réagi aujourd'hui ?
00:58Alors, il y a le court terme et le long terme. C'est plutôt le long terme, moi, qui m
01:02'intéresse.
01:02Ce qui est intéressant, à mon avis, de souligner aujourd'hui, c'est qu'on parle du pétrole.
01:06Si on s'était parlé il y a 5 ans, personne ne parlait tellement des matières premières ou du monde
01:11géopolitique qui nous entoure.
01:13On a entamé la discussion sur Trump. On a poursuivi en parlant du conflit au Moyen-Orient.
01:17Donc, on voit qu'on est dans un environnement qui est très différent de celui auquel on a pu être
01:21confronté, nous, en tant qu'investisseurs, au cours des 30 dernières années.
01:25C'est un véritable changement, à mon sens, auquel on a assisté depuis quelques années.
01:30Un changement parce qu'on est confronté de plus en plus à des chocs d'offres.
01:34C'est-à-dire que c'est vraiment la problématique n'est plus de savoir s'il y aura quelqu
01:37'un pour consommer les produits qu'on nous offre,
01:39mais de savoir si on va pouvoir les produire, comment on va les produire et à quel rythme.
01:44Et donc, c'est cette multitude de chocs, à mon sens, auxquels il faut s'intéresser et sur lesquels il
01:52faut se pencher en tant qu'investisseur.
01:53Parce que quand on a des chocs d'offres, ce n'est pas la même façon de les gérer que
01:57des chocs de demandes.
01:59On parlait de la baisse des taux au cours des dernières semaines de la part de la Banque centrale.
02:03Est-ce que ce sont des baisses de taux qui vont solutionner des chocs d'offres ?
02:06Est-ce qu'on va pouvoir utiliser les mêmes recettes que par le passé ?
02:09C'est la question à laquelle, à mon sens, on est confronté aujourd'hui.
02:13C'est les chocs d'offres qui ramènent l'inflation dans les États, au final ?
02:16C'est les chocs d'offres qui sont effectivement plus compliqués à gérer par la gestion des taux par les
02:23bobes centrales.
02:24Et les chocs d'offres, en général, ils arrivent à leur terme quand on finit par réussir à produire plus.
02:29C'est ce qu'on a fait au bout d'un moment dans les années 70.
02:32C'est-à-dire qu'on réussit à trouver des alternatives à certaines matières premières.
02:35On réussit à produire parce qu'on a investi beaucoup.
02:38Et à un moment, on a plus d'offres que ce qu'on avait en demande en face.
02:41Mais en attendant, ça veut dire que le pouvoir de fixation des prix, il est dans les mains de ceux
02:45qui ont ces produits, ces terres rares, ces métaux.
02:49Enfin, tout un certain nombre de choses qui sont indispensables pour la défense, pour plein de choses qui nous semblent
02:54indispensables à moyen ou long terme aujourd'hui.
02:57Voilà. Donc, c'est quelque chose qui reste prégnant dans le paysage et qui continuera, à mon sens, à peser,
03:03même si on a un conflit au Moyen-Orient qui s'apaise au cours des prochaines semaines.
03:06Parce que c'est un environnement qui est différent de celui auquel on a été habitués.
03:11Et on n'a malheureusement pas beaucoup investi dans l'exploration gazière, pétrolière, dans la production de métaux, quels qu
03:18'ils soient au cours des dernières années.
03:19Et ça, ça n'a pas changé, même si on a un débouclage au Moyen-Orient à court terme.
03:23Oui, c'est sûr. Et d'ailleurs, le gaz, on pourra en dire un mot après.
03:26Après, en Europe, le prix du mégawatt-heure est quand même autour de ses plus hauts, autour de 75 dollars.
03:32Il a cédé 7% hier. Mais bon, globalement, on reste quand même sur des niveaux assez élevés.
03:38Christian, ces tensions, donc peut-être vos commentaires sur le pétrole, mais ces tensions sur les cours du pétrole ont
03:44fait monter vite et fort aussi les taux longs.
03:47On a vu un rendement américain à 10 ans passer le seuil de 5% plusieurs fois au cours des
03:52derniers jours.
03:52Est-ce que c'est inquiétant sur les marchés obligataires ou sur le pétrole ?
03:56Mais sur les taux, à partir de quel moment il faut commencer à s'inquiéter, selon vous ?
04:00Oui et non, parce qu'on a un choc d'offres sur le pétrole, mais on a un choc de
04:05demande sur l'économie,
04:06parce qu'on a cet investissement autour de l'IA.
04:08Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que dans la hausse des taux, ce n'est pas lié
04:11à l'inflation.
04:12C'est ça le problème.
04:13C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand vous regardez les points morts d'inflation, ce que l'inflation anticipée
04:17par les marchés obligataires,
04:18ça a un petit peu monté, mais ce n'est pas énorme.
04:20On est à 2-3 sur les Etats-Unis. Ça veut dire quoi ?
04:22Ça veut dire que les marchés obligataires ne montent pas aujourd'hui sur l'idée qu'on va avoir dans
04:27les 10 prochaines années beaucoup plus d'inflation.
04:28On pense quand même que ça restera court terme, que ce n'est pas véritable.
04:32Donc, on monte sur quoi ? On monte sur les taux réels.
04:34Et ça, c'est un point important.
04:36Et pourquoi on monte sur les taux réels ?
04:37On monte sur les taux réels peut-être parce qu'on perçoit un risque souverain.
04:40Ça peut être un élément d'explication, mais une sorte de prime de risque.
04:43Donc, ça veut dire qu'elle ne va pas disparaître.
04:44Ça veut dire que demain, les cours du pétrole reculent.
04:46On va avoir les taux nominaux qui vont baisser parce qu'on aura les anticipations d'inflation qui vont peut
04:51-être un petit peu reculer.
04:52Mais on restera dans un environnement de taux beaucoup plus élevé qu'avant cette crise qui n'est pas du
04:56tout liée au pétrole.
04:57Donc, c'est quelque chose d'important d'avoir en tête.
04:58C'est les taux réels.
05:00Deuxième élément qui pourrait expliquer ces taux réels qui remontent, c'est qu'on a des perspectives de croissance qui
05:04sont plus fortes.
05:05Si la croissance en volume est plus forte, ça veut dire que les taux réels sont plus élevés.
05:08Il ne faut pas l'oublier.
05:08Donc, ça voudrait dire qu'on s'ajuste à des perspectives, peut-être l'effet de l'IA, gain de
05:13productivité.
05:14Mais en tout cas, on n'est pas sur quelque chose de classique.
05:16Et puis, autre élément, je vous dirais, c'est peut-être un problème de communication,
05:21notamment du côté du trésor américain et du côté de la banque centrale américaine.
05:26Bon, ça, c'est mon point de vue.
05:27Mais ça, peut-être tout le monde ne le partagera pas.
05:29Mais il y a, je pense, un vrai problème de communication.
05:31Et puis, dernière chose, pourquoi les taux réels montent ?
05:34Parce qu'on a un besoin aujourd'hui d'investissement.
05:37Les pétrodollars, ça ne marche plus.
05:38Pourquoi ? Parce que quand vous aviez le pétrole qui montait de 100 dollars,
05:41derrière, c'était recyclé par les pays du Golfe en achetant de la dette américaine.
05:45Aujourd'hui, ces pays du Golfe, ils doivent reconstruire, ils doivent investir,
05:49ils doivent reconstruire leur capacité de production.
05:51On a l'investissement autour de l'intelligence artificielle,
05:53ce qui fait qu'on a beaucoup d'investissements aujourd'hui qui sont un peu déconnectés de la conjoncture.
05:57Et donc, on a un besoin de liquidité, on a un besoin d'épargne.
06:00Et donc, aujourd'hui, le prix s'ajuste.
06:02Donc, attention, il y a l'effet pétrole, et je suis d'accord.
06:04Mais de l'autre, on voit qu'il y a quand même des changements dans l'économie qui sont en
06:08train de s'opérer,
06:09qui font qu'on commence à rémunérer l'épargne beaucoup plus,
06:12parce qu'on a un besoin aujourd'hui qui est là.
06:15Alors, positif, c'est qu'on a une croissance résiliente,
06:19qu'on est tous en train de réviser quand même à la hausse.
06:21Alors, je sais, on va dire la France, mais on met un peu de côté la France.
06:24On parle au niveau mondial.
06:25On est plutôt surpris de la résilience de la croissance mondiale.
06:28D'ailleurs, c'est ce que nous ont dit les banquiers centraux.
06:30Pourquoi ils montent les taux ?
06:31Parce que la croissance est là, et que ce choc énergétique, finalement, il est présent,
06:35mais n'a pas affecté autant la croissance qu'on pouvait le penser.
06:38Donc, ça, c'est le côté plutôt positif.
06:40L'autre côté, il va falloir qu'on prenne en compte, dans nos portefeuilles,
06:43le fait qu'on est sur des taux réels beaucoup plus élevés.
06:45Donc, c'est un point important.
06:46C'est un point important pour l'allocation d'actifs.
06:49C'est un point important aussi, aujourd'hui, qu'il faut retenir.
06:51Donc, ça veut dire que même si on règle ce problème derrière, il ne faut pas s'attendre à ce
06:55qu'ils vont se détendre.
06:57Mais on restera quand même sur des niveaux de taux beaucoup plus élevés.
06:58Oui, selon vous, ce sont des niveaux normaux par rapport à tout ce qui se passe aujourd'hui ?
07:04Oui, on intègre.
07:05Encore une fois, il y a 2-3 d'anticipation d'inflation à 10 ans sur les marchés obligataires.
07:10Si on résout ce problème du pétrole et on réduit ce choc énergétique,
07:15je ne vous dis pas qu'on ne viendra pas à 2, ce qui me paraîtrait assez logique.
07:18Mais vous voyez que sur l'ampleur de la hausse des taux qu'on a eue dernièrement,
07:22c'est très peu, 30 centimes de baisse des taux.
07:25Ça serait relativement limité.
07:26Donc, ça veut dire qu'on a quand même des changements profonds qui sont en train de s'opérer.
07:30Donc, oui, il y a le pétrole, mais il y a d'autres choses qui se passent dans le monde
07:33et ça commence à jouer sur les équilibres en termes de marché.
07:36Alain, vos commentaires, déjà, beaucoup de choses viennent d'être dits par Christian et Céline
07:41sur ces taux, sur ce pétrole.
07:43Et peut-être un mot du gaz aussi, parce qu'en Europe, on a des stocks qui sont historiquement bas.
07:48On arrive à l'approche de l'hiver quand même.
07:51Et le gaz s'est envolé de 30% sur un mois.
07:56Mais vos commentaires, vous pouvez parler aussi du pétrole.
07:58Sur le pétrole, je pense qu'il y a quand même des manipulations trumpiennes,
08:02au sens où, lui, son objectif pour les élections, c'est que les prix baissent à la pompe.
08:07Donc, il n'est pas à raconter n'importe quoi, tout est possible pour faire baisser les prix.
08:11On l'a vu en juillet, à un moment, la courbe est passée à 70-80 dollars,
08:14parce que tout d'un coup, tous les pétroliers sont ressortis soudainement, c'était merveilleux.
08:18Puis un jour, finalement, il s'est refrité avec les Iraniens.
08:21Donc là, il fait semblant, à mon avis, de trouver un accord,
08:23mais la réalité, c'est qu'ils veulent leur faire rendre gorge.
08:25Ils ont vu tous les dommages que les Iraniens créent partout.
08:28Ça serait tellement humiliant pour les États-Unis de capituler,
08:32car à mon avis, ils ne capituleront pas.
08:33Et en attendant, ils sont prêts à trouver tous les subterfuges
08:35pour essayer de donner une impression de détente.
08:38Et c'est ce qu'on voit dans les derniers jours.
08:40Mais honnêtement, ça peut changer du jour au lendemain.
08:43Maintenant, comme le disait Christian, c'est vrai que la hausse des taux,
08:45elle ne reflète pas tellement ces pressions inflationnistes.
08:48Elle rajoute une cerise sur le gâteau.
08:50Mais la réalité, c'est que l'économie, en effet, va bien, même très bien.
08:54Et c'est cette demande d'argent, d'emprunt, notamment dans les investissements OIA,
08:58qui ne sont plus qu'en equity ou autofinancés,
09:00mais qui passent aussi par de l'emprunt, qui font que les corporettes sont présents
09:05et que certains acteurs, par exemple le Japon, où les taux ont pas mal remonté.
09:09Les Japonais ont tendance à investir beaucoup aux États-Unis.
09:11Il y a un certain nombre de facteurs techniques qui font que la demande d'obligations
09:15est moins forte qu'avant, alors que l'offre a pas mal augmenté.
09:17Donc, ça se traduit évidemment par une hausse des taux.
09:20Et d'ailleurs, on voit que les marchés actions ont plutôt bien résisté pour l'instant.
09:24Et les résultats du deuxième trimestre étaient très bons.
09:26Et peut-être que d'ailleurs, au troisième, on va voir,
09:28mais ils ne seront pas si mauvais non plus.
09:30Donc, la dynamique de croissance des résultats par action,
09:33elle est colossale, en fait, cette année, même pour l'année prochaine.
09:35Donc, le marché peut tout à fait s'accommoder de taux plus élevés
09:39si la dynamique de résultats reste bonne.
09:42Ce sur quoi il faudra rester vigilant,
09:44c'est dans quelle mesure ces taux plus élevés vont pas finir par.
09:47Quand même freiner un petit peu la machine.
09:49Et tout d'un coup, on pourrait avoir une sorte de coagulation
09:53avec, d'abord, des ralentissements ou des warnings dans certains secteurs
09:59qui pourraient précipiter, comme un peu en 2008, tout le monde était content.
10:02Puis, on s'est rendu compte que la hausse des taux, finalement, à un moment, ça s'arrête.
10:05Mais pour que ça s'arrête, il faudrait qu'il y ait des grosses révisions à la baisse du côté
10:08de l'IA.
10:09Or, pour l'instant, tout le monde investit, attire de régo.
10:12Alors, bien sûr, il y a une dizaine de jours, les marchés ont tremblé
10:16parce que certains acteurs ont dit qu'il fallait revoir
10:19est-ce que l'IA allait pas trop vite, etc.
10:22Comment réguler une chose pareille, sachant qu'il y a des concurrents chinois ou autre.
10:25Et, de toute façon, si on se positionne du côté des fournisseurs d'infrastructures,
10:29notamment les semi-conducteurs, mais les gens comme Schneider ou autres,
10:32tout est fou, les boucles, jusqu'en 2030.
10:34Globalement, la demande ne peut pas être servie.
10:37Donc, si la demande baissait même de 20% pour le backlog de ces sociétés-là,
10:42je pense que ça ne changerait rien, a priori.
10:44Donc, après, ça peut changer la perception.
10:46S'il y a des annulations de commandes, des introductions en bourse qui sont reportées,
10:50M. Marché peut s'affoler.
10:51Mais sur l'économie réelle, je ne pense pas que dans l'immédiat, c'est bien lancé.
10:56Justement, Céline, parlons un petit peu de cette intelligence artificielle.
11:00Je disais en intro, il y a eu Meta qui a sorti son agent IAMUSE,
11:06qui a bondi de 10%.
11:08Il y a aussi, je ne l'ai pas mentionné, mais AMD qui a passé le cap
11:11des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
11:14Et puis, l'IA qui va être évidemment au centre du sommet de ce jeudi
11:19entre Donald Trump et Xi Jinping.
11:21Qu'est-ce que vous regardez dans cette intelligence artificielle,
11:27dans la tech en général ?
11:28Et puis, qu'est-ce qu'on attend justement de ce sommet Chine-États-Unis,
11:31les deux géants qui vont se parler jeudi ?
11:33Alors, si on dézoome sur l'intelligence artificielle,
11:37pour moi, il y a trois problèmes majeurs qui ont émergé pendant l'été,
11:41mais qui n'ont pas du tout disparu au cours des dernières semaines,
11:44malheureusement pour nous.
11:45Le premier problème, c'est un problème de financement.
11:47Donc, on parlait tout à l'heure des taux d'intérêt.
11:49On a des besoins de financement pour l'IA qui sont énormes.
11:53Les dépenses de financement représentent 3-4% du Pays-Bas américain.
11:57C'est du jamais vu.
11:58C'est plus que ce qu'on a dépensé pour le chemin de fer en 1870.
12:02Donc, on est vraiment sur des dépenses d'investissement énormes.
12:05Et ces dépenses de financement, malheureusement,
12:07comme on le sait aujourd'hui,
12:08ne peuvent pas être financées par les trésoriers disponibles
12:11des entreprises technologiques,
12:12puisqu'elles n'ont pas de flux de trésoriers disponibles positifs.
12:15Donc, elles doivent faire appel au marché,
12:17comme le soulignaient Christian et Alain à l'instant.
12:20Et donc, faire appel au marché,
12:21ça fait une concurrence, une espèce d'embouteillage.
12:23Et donc, on a des taux qui sont de plus en plus élevés.
12:26Malheureusement, comme on le rappelait à l'instant,
12:27ça risque d'être un peu compliqué de faire descendre tout ça,
12:29parce qu'on a plein de facteurs différents
12:31qui se combinent pour faire monter les taux d'intérêt.
12:34Donc, les financements, c'est plus compliqué d'aller les trouver.
12:38Et on a beaucoup, beaucoup d'argent à aller chercher
12:40pour financer ce dont on a besoin.
12:42Donc, on a un problème de ce côté-là,
12:43qui, à mon sens, va avoir du mal à se résoudre très rapidement,
12:47sauf à penser qu'on a un ralentissement économique mondial.
12:49Et dans ce cas-là, effectivement, on aura moins d'embouteillages.
12:52La deuxième chose qui est complexe pour l'intelligence artificielle,
12:55c'est qu'on l'évoquait à l'instant,
12:57on a un concurrent qui s'appelle la Chine,
13:00qui, malheureusement, nous annonce des produits
13:04de plus en plus attractifs d'un point de vue qualitatif
13:08et de moins en moins cher d'un point de vue économique.
13:11Donc, ces produits sont de plus en plus demandés.
13:12Et donc, quand on regarde les tokens qui sont consommés
13:16sur une plateforme aujourd'hui,
13:18on voit qu'on a 60% des tokens consommés qui sont chinois
13:21et de moins en moins de tokens consommés qui sont américains.
13:23Donc, on a une vraie concurrence parce que c'est moins cher
13:25et équivalent à peu près en termes technologiques.
13:28Et donc, ça, c'est quand même un problème
13:29parce que pendant longtemps, on a pensé que le business model américain
13:32était clairement au-dessus du lot.
13:33Donc, ce n'est plus totalement le cas, clairement.
13:35Notamment avec le dernier produit de Moonshot qui est sorti.
13:41Donc, on a une concurrence chinoise qui est réelle.
13:43Et elle est réelle sur les LLM,
13:47mais elle est aussi réelle sur la lithographie.
13:49Enfin, il y a plein de choses qui ont eu lieu cet été.
13:52Et puis, le troisième problème pour l'intelligence artificielle,
13:56c'est qu'on a également la problématique des bénéfices d'entreprise.
14:05Donc, on le parlait tout à l'heure.
14:06On a eu des bénéfices qui étaient incroyablement élevés au deuxième trimestre.
14:09On a dit, c'est formidable.
14:10Et puis, quand on creuse, on s'aperçoit qu'il y a quand même la moitié des bénéfices
14:14qui venaient des valorisations des sociétés qui étaient détenues
14:18par ces leaders de la technologie, SpaceX, OpenAI, Anthropik.
14:22Et donc là, on parle beaucoup d'économie circulaire,
14:26mais en plus, d'un point de vue des bénéfices,
14:28on a aussi un impact de domino du marché sur les bénéfices de ces entreprises.
14:34Et ça, bien malin, celui qui pourra savoir à quel point ça va être réplicable.
14:38En tous les cas, on va avoir des bases de comparaison de plus en plus difficiles
14:40compte tenu du fait qu'on avait la moitié des profits qui venaient
14:43de ces détentions d'entreprises au cours du dernier trimestre.
14:47Donc, on a plein de questions qui s'accumulent dans un environnement
14:50dans lequel on a une compétition pour l'accès au capital
14:54et en tous les cas, les taux d'intérêt sont plus élevés.
14:56Et pour moi, la dernière interrogation, c'est bien entendu la valorisation.
14:59Parce que quand on a des taux qui montent,
15:01mécaniquement, normalement, on doit avoir des valorisations qui sont sous pression.
15:04Pour l'instant, tout le monde s'en fiche puisque le Nasdaq est à des plus hauts.
15:07Le SP500 est également à des plus hauts.
15:11Mais à mon sens, ça risque quand même de poser problème.
15:13Parce que moi, ce que j'avais appris en finance,
15:15c'est que la bourse, c'est le vase d'expansion de la masse monétaire.
15:19Et donc, malheureusement pour nous, en général, quand les taux montent,
15:22ça rend les choses plus compliquées.
15:24On verra dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, Christian,
15:28sur ce sommet Xi Jinping-Donald Trump, sur l'intelligence artificielle,
15:32mais ça peut être aussi sur le commerce ou sur les autres sujets qui seront abordés.
15:36En toile de fond, évidemment, le conflit en Iran,
15:39mais peut-être plus sur l'intelligence artificielle.
15:41Céline l'a rappelé, il y a une vraie concurrence entre la Chine et les États-Unis.
15:45Dans les réunions préalables entre Chine et États-Unis
15:49qu'on a vues depuis ce week-end à New York, etc.,
15:51tous les discours étaient très positifs sur l'IAC.
15:54Est-ce que vous attendez du sommet de jeudi ?
15:57Oui, non, ça va être surtout un accord entre la Chine et les États-Unis
16:00parce qu'en gros, chacun a un morceau de la chaîne.
16:02C'est-à-dire que la Chine a les terres rares
16:06et la Chine a montré aux États-Unis
16:08qu'ils maîtrisaient les terres rares et les exportations
16:11puisque, par exemple, pour certaines terres rares, c'était assez amusant.
16:14La Chine a bloqué les exportations.
16:15Seulement au mois d'août, ils ont exporté 60 tonnes de certaines terres rares
16:19pour montrer aux États-Unis, vous voyez, je peux débloquer.
16:21Donc, sauf qu'avec ces terres rares, on fait quoi ?
16:24On fait des semi-conducteurs.
16:25Et avec ces semi-conducteurs, c'est avec ça qu'on développe l'intelligence artificielle
16:29et donc les États-Unis disent
16:30« Oui, mais moi, je ne vendrai pas mes semi-conducteurs
16:32pour pas que tu développes tes propres modèles. »
16:34Donc, grosso modo, la Chine peut bloquer la croissance des États-Unis
16:39et le développement du nombre de semi-conducteurs par ces terres rares
16:42et les États-Unis peuvent bloquer la Chine et le développement des modèles chinois
16:45et empêcher la Chine de casser les prix en ne lui fournissant pas les semi-conducteurs
16:50et ce qui est nécessaire, notamment les puces et puis la plateforme de NVIDIA
16:54qui est très importante pour développer les modèles IA.
16:58Donc, on est sur un deal qui va se faire.
17:03Pourquoi ? Parce que les États-Unis, de leur côté,
17:05ils font des accords avec le Groenland et tout ça,
17:07mais ça ne sera pas pour tout de suite.
17:08Mais ils essayent à grand V de ne plus être dépendants de la Chine sur les terres rares.
17:14Et de son côté, la Chine essaye de développer ses propres processeurs.
17:18Mais on a vu, Huawei, qui a peut-être été le plus loin dans ses puces,
17:24n'arrive pas de toute façon à maintenir la qualité et la cadence.
17:27Parce que c'est bien de faire des machines, concurrencer les acteurs en place
17:31et dire je vais faire plein de semi-conducteurs,
17:33mais ça n'a rien à voir avec les capacités qu'ATSAMC.
17:36TNCSC a mis 30 ans, 40 ans pour avoir ces capacités.
17:40Les puces HBM, les mémoires HBM, c'est simple.
17:45Tout le monde sait en faire, mais il faut les relier entre elles.
17:47C'est-à-dire que ce sont des mémoires classiques,
17:50mais on les fait communiquer parce qu'on fait comme un immeuble.
17:53On les monte en plusieurs étages et c'est relier ces étages qui pose problème.
17:56Et il n'y a que trois entreprises dans le monde qui savent le faire.
17:58Donc c'est pour ça qu'il y a un blocage.
18:00Et ça, vous ne le faites pas en deux jours.
18:02Vous ne créez pas des capacités en deux jours pour faire ce type de puces.
18:05Donc il y a des vrais blocages.
18:06Et donc la Chine ne concurrencera pas Nvidia du jour au lendemain,
18:09même si elle essaie, elle n'aura pas la capacité de Nvidia.
18:12Et les États-Unis, du jour au lendemain,
18:14n'auront pas été rares pour se passer de la Chine.
18:16Donc j'attends un accord, tout bêtement.
18:19Un accord, parce que chacun a compris qu'ils sont en train de se bloquer eux-mêmes
18:24dans cette course à l'IA.
18:26Et derrière, il y a une vraie course, il y a une guerre.
18:28C'est une guerre technologique.
18:30Et chacun essaye de courir derrière ça.
18:32Donc aujourd'hui, oui, c'est là.
18:34Et en plus, dernier point,
18:35Donald Trump ne peut pas se permettre qu'il y ait un retournement dans l'IA.
18:40Aujourd'hui, en gros, le secteur de l'intelligence,
18:43les investissements autour de l'IA,
18:44j'ai fait un petit calcul, c'est 4% du PIB,
18:46c'est autour de 48%, donc 50% de la croissance américaine.
18:50Donc si demain, il y a un blocage autour de ça,
18:54il sait que derrière, l'économie américaine ne va pas si bien que ça.
18:56Il y a des vrais problèmes dans la construction.
18:58Il y a toute une partie de l'économie qui ne va pas très bien.
19:01Il pose des maux de tête à la Banque centrale américaine derrière
19:04parce qu'elle ne sait pas quoi faire.
19:05Mais au-delà de ça, c'est vrai qu'il a besoin de cette croissance
19:10qui est tirée par l'intelligence artificielle,
19:12d'où son discours très pro-intelligence artificielle à court terme.
19:15Oui, et puis quand les patrons de la tech avaient alerté
19:19il y a une semaine, dix jours, c'est pareil,
19:20il avait eu ce même discours très pro-IA,
19:23justement, certainement pour ces raisons-là.
19:25Christian, Alain, vos commentaires,
19:27et puis s'il y a aussi d'autres secteurs,
19:29peut-être que vous regardez au-delà de la tech
19:31et de l'intelligence artificielle.
19:32Alors sur le sommet, c'est-à-dire une Chine,
19:34ils sont condamnés à s'entendre, c'est ça l'idée.
19:36Sur la menace chinoise dans les semis,
19:39bien entendu, ils y travaillent,
19:40mais c'est comme dans l'aéronautique,
19:41ça va prendre probablement 10-15 ans.
19:43Il y avait eu des annonces sur des machines
19:45comparables à celles de ASML,
19:46mais ça ne s'est probablement pas avant un horizon de 10 ans
19:49pour que ce soit une véritable concurrence.
19:50Mais cela dit, un jour, ça risque d'arriver.
19:52Il faut vraiment être conscient de ça.
19:55Le troisième point, c'est que la croissance vient de l'IA,
19:58ça inonde même le marché obligataire, comme on l'a dit.
20:01Là, je regardais les reshufflings d'indices,
20:05notamment le S&P 100, son première valeur.
20:08Avant, quand on parlait de 57% de techno,
20:10c'est le Nasdaq.
20:11Aujourd'hui, dans le S&P 100,
20:12la technologie, c'est 57% de l'indice.
20:15C'est effrayant.
20:16Ça veut dire qu'il y a une concentration
20:17de toute la richesse qui est quand même énorme.
20:19Mais donc, ça nous mène vers les autres secteurs.
20:21Et donc, dans ce monde où, finalement,
20:24la croissance est tirée par l'investissement,
20:25autour de l'IA, des infrastructures qui vont avec,
20:28où les taux sont finalement très élevés,
20:30où, par ailleurs, n'oublions pas,
20:31les États sont quand même assez endettés.
20:32Même les États-Unis,
20:33trajectoire 140% d'aides sur PIB dans quelques années.
20:36Ce n'est pas tellement mieux que nous, finalement.
20:39Ça fait que, quand on se passe du côté du consommateur,
20:42à moins qu'il soit détenteur d'un portefeuille d'action Nvidia,
20:45ce qui est le cas de pas mal d'Américains,
20:46quand même, donc ça aide un peu la conso,
20:48mais sinon, des taux d'intérêt élevés,
20:50une fiscalité qui est complexe parce que les États sont endettés,
20:55acheter des maisons, construire un projet immobilier
20:59avec les taux qu'on a aujourd'hui,
21:00tout ça, c'est un peu pas évident.
21:02Donc, je dirais, dans l'allocation d'actifs,
21:03on est quand même assez réservé,
21:05surtout ce qui concerne la conso, fondamentalement.
21:07Parce que là, je ne vois pas trop comment ça va fondamentalement
21:10s'améliorer aujourd'hui.
21:12OK. Et par exemple, en termes d'autres matières premières,
21:15parce qu'on a parlé beaucoup du pétrole, du gaz, etc.,
21:18mais est-ce que des matières premières comme l'or
21:20ont leur place, selon vous ?
21:22L'or, c'est plutôt le facteur de la peur.
21:25Donc, on ne peut pas dire que des taux d'intérêt très élevés
21:27soient très favorables à l'or en tant que tel.
21:29Non, je ne suis pas un spécialiste de cette matière première.
21:31Il faudrait que les choses aient très mal, en fait,
21:33je pense, pour que l'or s'en sorte bien
21:34ou qu'il y ait une vraie défiance envers les devises.
21:38Ce qu'on a vu un peu dans les dernières années,
21:39finalement, les États-Unis,
21:40ça n'est plus la devise de référence.
21:42On constate aussi dans les marchés de dette
21:45qu'il y a quand même un certain nombre de corporate
21:47qui commencent à traiter en dessous des États.
21:49Donc, on préfère avoir du Nestlé
21:52que de la française, par exemple.
21:55Ça ne me surprend pas complètement,
21:56mais c'est quand même un indicateur aussi du monde qui vient.
21:59Bon. Céline, chez Psycmal Outline Investments,
22:02est-ce qu'il y a d'autres secteurs
22:03que vous regardez d'ici la fin d'année ?
22:05D'autres secteurs où il faut être vigilant
22:08ou d'autres secteurs, d'autres zones géographiques aussi, peut-être ?
22:11Alors, nous, effectivement,
22:12on est extrêmement vigilant sur la technologie.
22:14Donc, on n'a pas du tout d'exposition au secteur de la technologie
22:16parce qu'on a mentionné tous les facteurs de risque tout à l'heure.
22:20Et à l'inverse, on cherche,
22:21comme le soulignait à l'instant Alain,
22:23des secteurs ou des géographies
22:26qui vont être différentes,
22:28qui vont être décorrélés
22:28dans un environnement potentiellement.
22:30C'est là qu'on peut avoir le nerf du problème
22:32et dans des indices
22:34qui sont très liés à ce secteur.
22:37D'accord.
22:37Donc, du coup, on va aller loin,
22:39chercher de la décorrélation.
22:40La décorrélation, on peut aller la chercher
22:42dans des pays comme la Chine ou le Brésil,
22:44qui ont une présence très faible dans les indices.
22:47Et la Chine, c'est un des marchés
22:48les moins corrélés au marché américain
22:49qu'on puisse trouver.
22:51Donc, ça, c'est intéressant.
22:52C'est un marché qui est mal aimé,
22:53sous-détenu,
22:54dans lequel il y a des choses qui se passent.
22:55On en parlait de la technologie tout à l'heure,
22:57mais il y a des nouveaux leaders qui émergent.
22:59Les nouvelles énergies sont dominées
23:01par la Chine, comme on sait.
23:02Donc, il y a vraiment des choses à regarder.
23:03Le Brésil, c'est un gros producteur
23:04de matières premières.
23:05On parle d'un monde
23:06dans lequel on a des chocs d'offres.
23:08Avoir, tenir les clés sur les matières premières,
23:10ça peut être intéressant.
23:11Et c'est un marché qui nous semble intéressant
23:12de ce côté-là.
23:13Et puis, d'un point de vue sectoriel,
23:15vous avez des secteurs décorrélés aussi.
23:16Le secteur de l'énergie
23:17est très décorrélé au secteur de la technologie.
23:20Donc, je crois qu'il y a une corrélation
23:21de 10% entre les deux.
23:22Donc, si vous voulez avoir une diversification
23:25dans un portefeuille,
23:26ça peut être intéressant.
23:28Il y a un autre secteur
23:29qui est le secteur minier.
23:30Donc, on parle effectivement de l'or
23:33qui nous semble être intéressant aussi
23:35parce que l'or a tendance
23:36à faire valeur de refuge
23:38dans un monde où on est perdu.
23:40Effectivement, quand on a peur
23:41d'aller sur des obligations d'État,
23:43peut-être que cette poche
23:44qu'on mettait naturellement
23:45sur les obligations d'État par le passé,
23:46on peut la mettre sur l'or.
23:48L'or, c'est 2 à 3% des portefeuilles
23:50dans les familles d'office.
23:51Dans les années 80,
23:52on était plutôt sur du 20%.
23:53Donc, on voit qu'on est très peu pondéré.
23:55Les banques centrales émergentes
23:56achètent massivement de l'or.
23:58Elles n'ont que 11% d'exposition à l'or.
24:00On est à plus de 20%
24:01dans les banques centrales
24:02le pays développé.
24:02Donc, on a encore un potentiel
24:03de rattrapage important.
24:06Donc, ça, ça peut aller vous apporter
24:07de la décorrélation et de la protection
24:08si jamais il se passait quelque chose.
24:12Et dans les secteurs autres,
24:14qu'est-ce que je peux souligner d'autre ?
24:16Donc, l'énergie, les minières.
24:18Et puis, peut-être qu'on peut aller regarder
24:19du côté de la santé
24:20qu'il y a un potentiel de protection en général.
24:23Merci beaucoup à tous les trois.
24:25Céline Piquemal, Prade,
24:28présidente de Piquemal Outen Investments.
24:30Alain Dubru, le directeur de la gestion
24:31chez Claresco.
24:33Et Christian Parizeau,
24:34président de Altair Economics.
24:36Merci à tous les trois
24:36d'avoir été sur ce plateau.
24:38Merci à vous de nous avoir suivis.
24:40On se retrouve demain
24:41à midi et demi
24:42en direct sur Bsmart.
24:50Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations