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  • il y a 12 minutes
Ce lundi 12 octobre, Sandra Gandoin a reçu Cathy Collart Geiger, directrice générale de Maison Nicolas, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, leadership, la méthode
00:10Sandra Gondoy
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader qui va nous expliquer comment il dirige, son parcours, sa méthode, les clés de
00:26sa réussite, les épreuves qu'il ont forgé.
00:28Quel meneur est-il aujourd'hui ? BFM Entreprises, le leadership, c'est avec Cathy Collard-Géger.
00:34BFM Entreprises, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:40Bonjour Cathy Collard-Géger.
00:42Bonjour.
00:42Ravie de vous avoir sur ce plateau de BFM Entreprises, le leadership.
00:46Vous êtes directrice générale de Maison Nicolas, vous êtes ancienne patronne de Picard-sur-Gelée.
00:53Vous avez passé en gros 30 ans dans la grande distribution, patronne de grandes enseignes qui résonnent réellement auprès des
01:01Français, la vie du quotidien.
01:03Première question, c'est quoi le leadership pour vous ?
01:07Alors pour moi, le leadership, c'est finalement cette capacité à faire en sorte que les gens qui vous entourent
01:13donnent le meilleur d'eux-mêmes
01:15ou à l'inverse finalement donnent que le minimum et toujours finalement au service d'une certaine performance.
01:21Les engager, les faire, faire qu'ils vous suivent dans le projet en réalité ?
01:27Oui, qu'ils suivent, qu'ils se dépassent même finalement, qu'ils aient envie effectivement de donner le meilleur, de
01:33prendre des responsabilités.
01:34Donc c'est vraiment ça le leadership.
01:37Et puis donc pour moi, effectivement, ça passe par savoir donner de la vision, être exemplaire, effectivement, fédérer les gens.
01:48Et pour ça, il y a aussi une certaine congruence qui est importante, dire ce qu'on fait, faire ce
01:52qu'on dit.
01:53Et donc c'est tout ça finalement le leadership.
01:55Installer une confiance aussi.
01:56Alors on va voir dans cette émission comment on arrive à des postes comme les vôtres, parce que c'est
02:01toujours passionnant et inspirant de savoir comment on arrive à être leader.
02:06Vous êtes née à Lille ?
02:07Oui, je suis Lille.
02:08Votre père était militaire.
02:10Quel est votre parcours scolaire au départ ?
02:12Oui, donc moi, effectivement, alors je pars à 5 ans en Allemagne.
02:16Mon père était militaire dans les forces françaises en Allemagne.
02:19Et mes premières écoles maternelles, etc., étaient au milieu de la caserne.
02:23Donc là aussi, ça construit terriblement, parce qu'effectivement, j'avais la levée du drapeau et les champs militaires le
02:29matin.
02:30Donc toute ma première enfance à l'étranger, en Allemagne, dans différentes écoles.
02:36Et puis ensuite, je reviens en France pour rentrer au collège, finalement.
02:40Donc collège, lycée, et puis derrière, école supérieure de commerce.
02:44École supérieure de commerce.
02:45Alors que quand même, depuis le départ, vous vouliez être pilote de chasse.
02:48Je voulais être pilote de chasse.
02:50Comme je me suis construite, effectivement, dans ce milieu de militaire,
02:54ce qui était intéressant, en fait, moi, j'aimais beaucoup, c'est que mon père,
02:57systématiquement, quand il partait en manœuvre, en fait, il réunissait ses équipes à la maison.
03:01Et moi, j'avais 5-6 ans.
03:03Et je me disais, mince, il part en guerre.
03:05Et pour autant, ils ont tous des étoiles dans les yeux.
03:08Je disais à mon père, mais qu'est-ce qui fait que finalement, vous êtes tous contents, là, de partir
03:11en guerre ?
03:12Et il me disait, tu sais, Cathy, faire corps avec son équipe, l'engagement, être le premier des soldats,
03:18c'est vraiment, finalement, ce qui fait la différence.
03:22Et donc, j'ai été construite, finalement, avec ces valeurs-là.
03:24Et j'avais le sentiment très tôt que ces valeurs-là, elles étaient que dans le milieu militaire,
03:29puisque, effectivement, j'étais entourée que de militaires.
03:32Et donc, je me suis dit, je veux être militaire.
03:35Et j'étais passionnée, effectivement, des avions.
03:37Mon père m'amenait dans les meetings aériens.
03:39Et donc, je voulais être pilote de chasse, aller à l'au-delà, relever des défis.
03:43Et alors, qu'est-ce qui change ?
03:44Parce que, finalement, école de commerce, donc, finalement, vous vous destinez à travailler dans autre chose.
03:49Qu'est-ce qui fait que vous changez de...
03:51Eh bien, en fait, j'accompagne une copine au salon de l'étudiant, figurez-vous.
03:55Donc, j'ai fait un bac scientifique et, voilà, je voulais partir pilote de chasse.
03:59Et je l'accompagne au salon de l'étudiant.
04:01Et elle voulait partir en école de commerce.
04:04Et puis, finalement, on échange différents stands.
04:08Et puis, quelqu'un me dit, mais en fait, tout ce que vous décrivez, vous pouvez le vivre en tant
04:13que manager.
04:14Justement, montrer le cap, une vision, fédérer des équipes, aller au-delà, repousser les limites.
04:20Finalement, c'est aussi le métier de manager.
04:22Et là, je me dis, ah mais oui, mais pourquoi pas ?
04:25Et c'est marrant, ça a résonné terriblement avec ce que disait ma maman.
04:28Parce qu'elle me disait, du haut de tes six ans, quand on disait, qu'est-ce que tu veux
04:31faire quand tu seras grande ?
04:32Tu disais, meneuse d'hommes.
04:33Parce que je voyais toujours mon papa là, avec ses équipes.
04:37Et donc, finalement, le métier est très proche.
04:39Le métier est très proche.
04:40Le faire au sein d'une entreprise.
04:41Absolument.
04:42Et vous choisissez dès le départ la grande distribution.
04:44Vous allez à Auchan, très vite ?
04:45Oui, très vite, parce que j'ai l'occasion de faire un stage à 19 ans, dans un hypermarché.
04:52Et je suis avec un chef de secteur.
04:54Et pareil, je le vois effectivement avec ses équipes, parler d'ambition de chiffre d'affaires,
05:00de prendre des paris commerciaux, d'aller implanter le magasin la nuit.
05:04Et je revois les mêmes étoiles dans les yeux des gens.
05:07Vous voyez ?
05:07Et je me dis, waouh.
05:08En fait, voilà, c'est ça que je veux faire.
05:10Et c'était un tiers privilégié primaire, parce que je me suis, quand je serai grande,
05:14j'y reviendrai, c'est dans la grande distribution que je veux travailler.
05:17Et ce qui est très drôle, c'est que j'étais plutôt bonne élève.
05:20Et en école de commerce, on me disait, pas la grande distribution, Cathy, fais de la finance.
05:25Pas la grande distribution, c'est presse Citron et pas toi.
05:28Mais j'avais retrouvé, vous voyez ce qui avait résonné.
05:31Cet esprit d'équipe.
05:32Cet esprit d'équipe, cet engagement, ce côté relevé des défis.
05:38Et puis, effectivement, je voyais ce meneur d'hommes, l'un d'équipe, devant moi.
05:42Je revoyais les mêmes étoiles dans les yeux et je me suis dit, mais c'est ça que je veux
05:45faire.
05:45Quand je serai grande, je vais lui ressembler à ce monsieur.
05:47Et dans ce parcours, en attendant d'être grande et en attendant d'être, effectivement, de diriger des équipes,
05:52vous passez un peu par tous les postes ?
05:54Oui, alors, effectivement, quand je finis mes études, je rentre comme chef de rayon chez Auchan.
05:59Donc, qui est vraiment la base, premier niveau d'encadrement à l'époque, mais très formateur pour apprendre le métier.
06:06Et effectivement, je passe 15 ans au magasin et je gravis tous les postes, les uns derrière les autres,
06:12de chef de rayon à directrice d'hypermarché pour apprendre mon métier, apprendre la culture client,
06:17l'excellence opérationnelle.
06:18Et je grandis au mérite, effectivement.
06:21Et puis, avec déjà beaucoup d'ambition parce que je suis chef de rayon.
06:25Et je dis, quand je serai grande, je serai directrice d'hypermarché.
06:28Alors, vous vous doutez bien, il y a 30 ans, on dit, elle est mignonne, la petite.
06:32Une femme directrice d'hypermarché.
06:33Voilà, voilà.
06:34Et puis ensuite, quand je suis directrice d'hypermarché, effectivement, je dirais,
06:40quand je serai grande, je serai directrice générale.
06:42Et là, effectivement, tout le monde était dans un fourrir autour de moi.
06:47Oui, c'est ça, parce que des directrices générales femmes, il n'y en avait pas beaucoup à l'époque.
06:52Donc, vous évoluez, et ça n'a pas l'air de vous gêner pour autant,
06:55mais vous évoluez quand même dans un milieu très masculin.
06:58Oui, très masculin.
06:59Ce sont des hommes autour de moi.
07:01Et vous savez, j'ai un premier DRH, quand je suis chef de rayon,
07:04qui me dit, tu vois, Cathy, pour qu'on te confie plus de responsabilités
07:08ou grandir dans l'entreprise, il faudra être meilleur qu'un homme.
07:10Donc, la couleur est annoncée dès le début.
07:13Je me souviens du premier entretien avec mon DRH.
07:15Et je lui dis, je ne peux juste pas être pareil.
07:18Non, il faudra que tu sois meilleure.
07:20Oui, c'est ça.
07:21Et donc, voilà, du haut de mes 23 ans à l'époque, le cadre est posé.
07:26C'est ce que je vais vivre toute ma vie ensuite.
07:28Oui, c'est ça.
07:28Finalement, vous vous appliquez quand même à remplir cette mission-là, à faire mieux.
07:33Vous allez à tous les postes.
07:35Vous voyagez en Chine.
07:36Vous êtes en Chine pendant un certain temps.
07:37Oui, oui, oui.
07:38Qu'est-ce que vous faites là-bas ?
07:39Oui, parce que j'ai cette ambition de dire que je veux être directrice générale.
07:44Et on me dit, ah oui, très bien, mais tu n'es pas encore allée à l'international.
07:48Donc, effectivement, la Chine.
07:50Donc, on me demande en cinq semaines de partir.
07:52Et à l'époque, je suis mariée.
07:54J'ai mon petit garçon qui a six ans.
07:56Et effectivement, j'emmène mon mari d'un côté, mon fils de l'autre.
08:00Et on part en cinq semaines en Chine.
08:02Et je suis directrice régionale.
08:04Donc, j'encadre des directeurs d'hypermarché.
08:06Je n'ai que des équipes chinoises, pour le coup.
08:09Et effectivement, j'arrive dans un pays que je ne connais pas.
08:12J'ai cinq mots de chinois à mon actif.
08:15Et donc, très, très vite, effectivement, je me mets au chinois.
08:18Ça, c'est aussi une caractéristique.
08:20C'est qu'effectivement, ce besoin de légitimité fait que systématiquement, je me dis qu'est-ce que je n
08:26'ai pas ?
08:26Qu'est-ce qui va me faire réussir ?
08:28Et je vais le chercher systématiquement, oui.
08:30Je pense que peu de directeurs généraux ont coché la case « Je parle chinois ».
08:34Oui, très peu, je peux vous dire.
08:36J'ai bien le souvenir des gens autour de moi.
08:38Et ce n'était pas le cas.
08:40En 2020, vous prenez la tête de Picard surgelé, avec cette mission de moderniser l'enseigne.
08:45Au-delà d'en plus, voilà, assurer le quotidien.
08:48Vous digitalisez, vous installez une politique RSE.
08:51Et les résultats sont là.
08:52Ça marche, ça prend.
08:53Vous avez coché toutes les cases.
08:55Vous savez où vous allez ?
08:57Quand vous faites ça, vous savez que vous allez y arriver ?
09:00Ah oui !
09:02Finalement, votre rétro-planning va se dérouler ?
09:05Oui, parce qu'en fait, moi, systématiquement, quand je transforme,
09:10et c'était vraiment un plan de transformation,
09:12je prends d'abord, effectivement, le temps nécessaire d'écouter.
09:15D'écouter l'écosystème, d'écouter les gens, d'écouter les fournisseurs,
09:19pour être au plus juste dans la proposition que je vais faire du plan de transformation.
09:23Et puis après, j'ai aussi l'humilité de me dire, j'ai une conviction,
09:28mais ce n'est pas une certitude, et on va aller la tester au plus près du terrain.
09:32Puis vous savez, quand on met un projet en place, en fait, je ne joue jamais ni ma vie,
09:36ni mon égo.
09:38Et donc, je suis ce type de dirigeant qui fait que, si ça marche, super,
09:42et on déploie très très vite.
09:43Si ça ne marche pas, je n'ai aucun mal à me dire, oh là là, ce n'était juste
09:46pas une bonne idée,
09:47et donc, on ne fera pas.
09:49Mais en tout cas, quand je construis ce plan de transformation,
09:54je n'en construis jamais un deuxième, je n'ai toujours qu'un plan A,
09:56je n'ai jamais de plan B, en fait, dans ma vie.
09:59Et puis, j'y crois, et j'ai la foi.
10:01Et je pense que c'est ça qui fait aussi que les équipes, finalement,
10:06sont fédérées, sont embarquées en vie,
10:08parce qu'ils se disent, non, mais elle a l'air tellement d'y croire,
10:11et si on y arrivait, et si c'était vrai ?
10:13Et je pense que, là aussi, le premier des soldats.
10:16C'est-à-dire qu'effectivement, si moi-même, je n'y crois pas,
10:19si je suis juste en train de cocher une case,
10:21en quoi je vais donner la passion, l'enthousiasme, la confiance,
10:25finalement, aux gens qui me suivent ?
10:26Donc oui, c'est même une question de foi, en fait.
10:28J'ai la vision, et je suis convaincue,
10:30et c'est le cas chez Maison Nicolas aujourd'hui,
10:33où je suis à la tête d'un plan de transformation,
10:35mais j'y crois.
10:36Et je suis certaine, effectivement,
10:38qu'on y sera, et j'ai un petit peu un mantra,
10:40finalement, qui est qu'on attire ça en quoi,
10:42on croit, évidemment.
10:44Et d'ailleurs, pour revenir à Picard,
10:45trois ans après votre arrivée, croissance de 20%,
10:482,5 millions de nouveaux clients,
10:50une marque repositionnée, reconnaissable.
10:53Quand on vous écoute,
10:54on a presque l'impression que c'est facile.
10:56C'est quoi la difficulté de ce poste
10:58de directrice générale ?
10:59C'est quoi, vous, ce qui vous est pénible
11:02ou plus difficile à appliquer, finalement,
11:04dans ces postes-là ?
11:06Je dirais qu'il y a plusieurs types de difficultés.
11:08La première, c'est que vous êtes seul,
11:10quand même, parce qu'effectivement,
11:12vous êtes entre les actionnaires
11:14et puis les salariés.
11:15Et puis, il n'est pas question de s'épancher
11:18auprès d'actionnaires qui vous font confiance.
11:20et il n'est pas question non plus
11:22d'être sans filtre au niveau de vos collaborateurs
11:24et d'aller propager votre stress.
11:27Donc là aussi, il y a effectivement
11:28une difficulté de lâcher prise,
11:32de gérer son intelligence émotionnelle.
11:35Donc ça, c'est une vraie difficulté.
11:38Et puis après, effectivement,
11:40c'est...
11:40Vous savez, moi, j'ai un triptyque gagnant
11:43en tant que dirigeant,
11:43c'est que je donne ma confiance d'entrée.
11:46Moi, ma confiance,
11:47quand je choisis quelqu'un au recrutement
11:49ou quand j'arrive et que je fais le choix
11:51de garder les gens,
11:52c'est effectivement, je donne ma confiance.
11:54Ma confiance ne se mérite pas.
11:55Je ne mets pas des épreuves
11:56dans la vie des gens pour dire
11:57est-ce que tu es digne de confiance ?
11:59Donc effectivement,
12:00vous y mettez de la confiance,
12:02vous y mettez du fait de l'autonomie
12:04pour que les gens puissent se développer,
12:05et puis de l'exigence.
12:06Et tout ça ne s'oppose pas.
12:08Donc effectivement,
12:09ce qui est difficile aussi,
12:10c'est quand votre confiance est trahie,
12:12quand effectivement,
12:13voilà, quelqu'un vous guitte
12:17ou quelqu'un, effectivement,
12:18ne suit pas le plan de transformation.
12:20Parce que vous donnez, voilà,
12:22de vos valeurs, finalement.
12:24Et donc ça, ça peut être difficile.
12:27Mais donc il y a un temps humain
12:28de gestion de l'émotion.
12:29Et puis après,
12:30on reprend sa casquette très professionnelle
12:32pour gérer la situation.
12:33Vous n'êtes vraiment pas la première
12:35à me dire qu'un mauvais recrutement
12:37ou un recrutement qui s'est mal terminé,
12:39c'est un peu traumatisant pour un patron.
12:40C'est ça, parce que c'est de l'humain.
12:42Et qu'effectivement,
12:43un plan qui ne se déroule pas,
12:44on réajuste,
12:45un chiffre est un autre.
12:47Bon, voilà tout.
12:48C'est froid.
12:49Mais c'est de l'humain.
12:50Et notre métier,
12:51et justement,
12:52c'est ça le leadership.
12:53Au cœur, c'est l'humain.
12:55C'est votre plus grande ressource.
12:57Et donc qui dit de l'humain,
12:58il y a forcément une relation,
13:00il y a un échange d'énergie,
13:01un échange de valeurs.
13:02Et vous avez choisi les gens,
13:04certes en fonction de compétence,
13:06mais moi, je l'ai choisi aussi
13:07parce que j'ai le sentiment
13:09qu'on partage les mêmes valeurs.
13:11C'est le même socle.
13:12Parce que je peux accompagner la compétence.
13:15Je n'ai pas de sujet avec ça.
13:16Je peux développer, etc.
13:18Les valeurs, en revanche,
13:20pour moi,
13:20je les choisis dès le début
13:22et elles sont non négociables.
13:23Vous voyez ?
13:24Je suis ce type de patron
13:25qui ne sait pas négocier avec ces valeurs.
13:27Maison Nicolas,
13:28c'est votre actualité aujourd'hui.
13:30Là aussi, vous changez tout.
13:31Vous avez un plan.
13:32Le design des boutiques,
13:34vous avez diversifié les produits aussi
13:35parce qu'il y a un contexte,
13:36le marché le demande.
13:38C'est quoi la difficulté
13:39de cette mission-là actuellement ?
13:42Actuellement, je dirais
13:44quand vous menez un plan de transformation,
13:46vous vous dites qu'il y a tous ces axes
13:47et ils ne sont pas simples.
13:49Aucun n'est simple.
13:50Mais je pense que la plus grande difficulté,
13:52c'est la transformation culturelle.
13:53C'est toucher à la culture d'entreprise.
13:55Donc convaincre les équipes
13:56qu'il faut changer tout ça ?
13:57C'est ça parce qu'en fait,
13:59vous passez d'une culture pour Maison Nicolas,
14:01d'une culture produit à une culture client.
14:03Donc en fait, il faut voir les choses autrement.
14:05Vous touchez au mindset,
14:06vous touchez effectivement aux valeurs.
14:08Moi, j'ai redéfini les valeurs de l'entreprise
14:10en les nourrissant,
14:11en disant qu'est-ce que ça veut dire pour les clients,
14:13qu'est-ce que ça veut dire pour nous en interne.
14:15Vous touchez aussi à la manière de faire le métier,
14:18la proximité managériale.
14:20Et donc là, par exemple,
14:21on a fait une formation sur les attendus managériaux
14:24pour qu'on partage le même langage,
14:26la même culture managériale
14:28parce que les collaborateurs
14:30ne doivent pas se dire
14:31avec un tel manager, c'est permis,
14:33avec l'autre, ça ne l'est pas.
14:34Vous voyez, non.
14:35Et il doit y avoir une équité.
14:36En tout cas, ça fait partie de mes valeurs.
14:38Et donc cette culture managériale,
14:40vous devez effectivement aussi
14:42faire en sorte que tout le monde l'adopte.
14:44Et ça, c'est extrêmement important
14:46parce qu'en fait,
14:48quand vous êtes un dirigeant,
14:49il faut effectivement compter aussi
14:50sur les strates managériales
14:52pour cascader votre plan de transformation,
14:55cascader votre vision,
14:56cascader aussi les valeurs
14:57que voulait que cette marque porte.
14:59Donc ça, c'est important.
15:01Et donc effectivement,
15:02ça, c'est certainement
15:02ce qu'il y a de plus difficile,
15:04mais à la fois de plus passionnant
15:05parce que ce n'est pas écrit dans les manuels.
15:08Et puis, c'est ce qui vous permet finalement
15:11qu'un plan de transformation est durable.
15:13Parce que sinon, vous partez
15:15et puis toutes les habitudes anciennes reviennent.
15:18Parce que vous avez touché
15:19la culture d'entreprise
15:20alors que vous êtes sûr
15:21que vous n'êtes que de passage,
15:23quand vous partez,
15:24il y a des choses qui restent.
15:25Et ça, c'est bien plus puissant.
15:26On va passer à la photo tout de suite.
15:33Vous avez choisi de nous donner
15:35cette photo,
15:36Cathy Collard-Gégère.
15:38Est-ce que vous pouvez la commenter ?
15:39C'est où ?
15:40C'est avec qui ?
15:41C'est quoi ce moment-là ?
15:43Oui, alors c'est dans la cave de la Madeleine,
15:45pour tout vous dire, effectivement.
15:47Et donc, je suis avec Benoît,
15:50un collaborateur, un caviste,
15:53qui est au sein de cette cave.
15:56Et donc, je suis sur le terrain, finalement.
15:58Et c'est un petit peu la doujien,
15:59cette culture carrelage,
16:01parce que j'ai le sentiment
16:03que c'est effectivement au plus près
16:05du client final et au plus près du collaborateur
16:07que ça se transforme.
16:08de mon bureau,
16:08il ne se passera pas grand-chose.
16:10Vous préférez être constamment
16:11dans les boutiques ?
16:13Moi, j'ai besoin.
16:14Je suis en proximité managériale
16:16parce que c'est là d'où je viens.
16:18Et puis, je suis quelqu'un qui va régulièrement
16:21de la stratégie à l'opérationnel
16:22pour aussi aller m'assurer
16:24au plus près du terrain
16:25est-ce qu'on a compris la vision,
16:28le plan stratégique,
16:29est-ce qu'on a compris
16:30et ça se traduit comment ?
16:32Et puis là, effectivement,
16:33on est souriant tous les deux.
16:35Donc, là aussi,
16:36pour montrer que l'exigence,
16:38finalement, ne s'oppose pas
16:39à la bienveillance.
16:40Au contraire.
16:41Et moi, je trouve que
16:42plus on est bienveillant,
16:43plus on est effectivement proche des gens,
16:45plus on est accessible,
16:47plus on peut se permettre
16:48d'être exigeant.
16:49Et ça ne s'oppose pas.
16:50Moi, je dis souvent,
16:51j'ai la culture du « et ».
16:53Mais voilà.
16:54Et puis là,
16:55ça traduit aussi peut-être
16:56une certaine humilité
16:57parce que je vois qu'il me montre
16:59effectivement des choses
17:00au niveau de son poste de travail.
17:03Là aussi, moi, je pense
17:04que c'est une grande qualité,
17:06celle du dirigeant,
17:07de ne plus être un sachant.
17:08Mais on continue à apprendre
17:10et moi, je n'ai aucun mal
17:12effectivement à me dire
17:13« montre-moi ».
17:13Et ton métier,
17:15je ne le connais pas.
17:16Donc, c'est quoi ton irritant ?
17:17Explique-moi.
17:18Et pour que je puisse comprendre
17:20effectivement,
17:21et là aussi,
17:21être au plus juste
17:22ce qu'on se disait au départ
17:23dans ce que je vais proposer.
17:25Vous voyez ?
17:25Donc, il y a toute cette notion.
17:27On va passer à la fin de l'émission.
17:30BFM Entreprises.
17:31Leadership.
17:32La méthode.
17:34J'ai envie de vous demander
17:35au vu de tout ce qu'on s'est dit
17:36s'il y a une méthode
17:37qu'a Ticola-Argégère
17:39dans la façon
17:39de diriger l'entreprise.
17:40Vous avez commencé
17:41à l'expliquer.
17:42Mais finalement,
17:43est-ce que
17:45en tant que femme,
17:47vous dirigez,
17:48vous avez l'impression
17:49d'insuffler des choses différentes
17:51de ce que ferait un homme
17:52ou de ce que vous avez vu
17:53chez vos directeurs
17:54avant de l'être vous-même ?
17:56Qu'est-ce que vous voulez laisser
17:58justement par rapport à ça ?
18:00Donc, oui,
18:01la méthode,
18:02c'est ce qu'on s'est dit.
18:03C'est toujours effectivement
18:04l'écoute, l'humilité.
18:06Et puis après,
18:07c'est ce triptyque de
18:08je te donne ma confiance,
18:10je te donne beaucoup d'autonomie
18:12parce que si je t'ai pris,
18:13c'est qu'effectivement,
18:14t'es meilleure que moi
18:15là où tu es.
18:16Et ça, c'est important aussi
18:17dans l'humilité.
18:18Mais en revanche,
18:19le cadre est celui-là.
18:20Et ce que j'attends de toi est là.
18:21Mais vas-y,
18:22comment tu y vas
18:23avec tes équipes,
18:24je respecte.
18:25Et effectivement,
18:25on se fait des points d'étape
18:27et puis l'exigence.
18:28C'est derrière,
18:29effectivement,
18:30je ne baisse jamais
18:30mon exigence
18:32à la hauteur
18:33effectivement
18:33du maillon le plus faible.
18:34Au contraire,
18:35le maillon le plus faible,
18:36je passe du temps
18:37à le développer
18:38pour qu'effectivement
18:39toute la structure monte.
18:40Donc ça,
18:41c'est vraiment en tout cas
18:42ce qui me caractérise,
18:44je pense,
18:44en tant que patron.
18:46Après,
18:47moi,
18:47j'ai une conviction forte
18:49qui est de dire
18:50qu'il n'y a pas
18:50de leadership féminin
18:51ou masculin.
18:52j'ai connu
18:55des patrons
18:56auxquels je ne veux pas
18:58ressembler
18:58dans les deux camps,
18:59je dirais.
19:01Donc en fait,
19:02non,
19:02pour moi,
19:03le leadership,
19:03il est vraiment
19:05plus lié
19:06à une histoire,
19:07à un vécu,
19:08à des valeurs,
19:10à l'ambition qu'on a,
19:11au regard qu'on porte
19:13effectivement
19:13sur son métier,
19:14comment on a envie
19:15d'investir le rôle
19:17effectivement.
19:18Donc il n'y a pas
19:19de leadership
19:20pour moi,
19:22féminin ou masculin,
19:23il y a ce qu'on est,
19:23ce qu'on a envie
19:24d'en mettre.
19:24Pour autant,
19:25est-ce qu'on vous renvoie
19:26parfois à la figure
19:27que,
19:28entre guillemets,
19:29malgré vos postes,
19:30vous n'êtes qu'une femme
19:31et que,
19:32voilà,
19:33inconsciemment,
19:33les gens vous ramènent
19:35toujours à ça ?
19:36Ça vous arrive encore ?
19:37C'est ça.
19:38Oui,
19:38alors,
19:39en plus,
19:39c'est l'histoire de ma vie.
19:40Tout mon parcours,
19:41ça a été effectivement
19:42de lutter,
19:45parce qu'on peut parler
19:46de ça comme ça,
19:46lutter effectivement
19:47avec des remarques sexistes,
19:50des choses d'un autre temps
19:51qui n'ont plus lieu d'être
19:52aujourd'hui,
19:53qui n'étaient pas faciles
19:54à dénoncer à l'époque,
19:55évidemment.
19:56Et oui,
19:56ce qui est fou,
19:57c'est que,
19:58quand bien même
19:59j'ai 30 ans de parcours,
20:00que j'ai des résultats,
20:01qu'on peut considérer
20:02que j'ai fait mes preuves,
20:03qu'il y a une certaine légitimité,
20:05je le rencontre encore régulièrement.
20:08Je me dis,
20:08il y a deux mois,
20:10voilà,
20:11j'étais effectivement
20:12avec une personne à table
20:14et pourtant,
20:15on avait échangé une demi-heure.
20:16Vous voyez,
20:17sur des choses
20:17du private equity,
20:19du refinancement de dettes,
20:21des choses très techniques
20:22et j'avais expliqué
20:24que j'étais APDG de Picard,
20:26DG de Maison Nicolas,
20:27donc on avait passé
20:2830 minutes ensemble
20:29et puis j'avais un collaborateur
20:31qui montait sur scène
20:32faire une déclustation de vin
20:33et ce monsieur me dit,
20:35ah,
20:36on va peut-être se taire,
20:37votre patron est sur scène.
20:39et là,
20:41effectivement,
20:41les bras m'en tombent
20:42parce que je me dis,
20:43il n'a pas changé
20:44avec mon collaborateur sur scène,
20:47il échange avec moi,
20:48mais c'est un monsieur
20:49qui monte sur scène,
20:50c'est forcément mon patron.
20:52Et là,
20:53c'est pas simple
20:54parce que,
20:55soit vous vous taisez,
20:55vous êtes un paillasson,
20:57soit vous vous levez,
20:59vous êtes outré,
20:59vous êtes une hystérique,
21:01soit effectivement,
21:02vous vous dites,
21:02mais quand même,
21:03il faut que je lui fasse
21:04prendre conscience
21:05que ça,
21:06non,
21:06il y a dans son schéma mental
21:08quelque chose
21:08qui ne fonctionne pas.
21:09Oui, c'est ça.
21:10Et donc,
21:10et donc,
21:11ben là aussi,
21:12c'est comment on le formule
21:13et puis je peux vous dire,
21:14j'étais à table,
21:15donc j'ai plombé l'ambiance
21:17parce qu'effectivement,
21:18mais j'ai mis le doigt dessus
21:19parce que,
21:20non quoi,
21:21et moi je me dis
21:21que j'ai aussi ce rôle-là
21:23à jouer,
21:23aujourd'hui je fais partie
21:24de ces premières femmes,
21:25voilà,
21:26dirigeantes
21:26qui ont des postes
21:27à responsabilité
21:28et que je me dois
21:30justement de dénoncer ça,
21:32je ne suis pas une militante,
21:33pas du tout,
21:33mais quand ça se produit,
21:34quand je suis concernée,
21:36je me dois de le dénoncer.
21:37Oui, absolument.
21:38Qu'est-ce que vous diriez
21:38à une femme
21:39qui veut se lancer
21:40dans une même carrière,
21:41dans la direction générale
21:42d'un grand groupe ?
21:43On a 4 ou 5 femmes
21:45à la tête d'entreprises
21:46du CAC 40 aujourd'hui,
21:48bon ben voilà,
21:49un dixième,
21:49le chiffre est parlant,
21:50qu'est-ce qu'on dit
21:51à ces femmes-là ?
21:53Est-ce que finalement,
21:54simplement le fait
21:55d'être là
21:56en tant que vous,
21:56directrice générale,
21:57vous servez de rôle modèle
21:58et vous vous dites
21:59que les générations après,
22:00ça va aller mieux ?
22:01Qu'est-ce que vous voulez dire
22:03à ces femmes-là derrière eux ?
22:05Ce que je dirais,
22:05c'est déjà,
22:06elle doit croire,
22:07en tout cas en ses rêves,
22:08parce qu'il y aura plein de gens
22:09qui vont lui expliquer
22:10que de toute façon,
22:12ce n'est pas pour elle,
22:13encore aujourd'hui.
22:14Donc si elle est convaincue,
22:15elle doit croire en ses rêves
22:16et pour être convaincue,
22:18moi je lui dirais aussi
22:20qu'il faut avoir l'honnêteté
22:22et l'humilité
22:23de voir si elle est
22:25effectivement faite pour ça.
22:27Parce que là aussi,
22:28c'est important
22:28parce que le métier de dirigeant,
22:30c'est aussi fait de renoncement.
22:32Moi, je ne suis jamais
22:33allée conduire mon fils
22:34à l'école
22:35ou aller le chercher
22:35avec la grande distribution,
22:36ce n'était pas compatible,
22:37mais je suis OK avec ça.
22:38J'ai mis un backup,
22:39j'ai un mari formidable,
22:40j'avais une nounou canon.
22:42Voilà,
22:42donc c'est aussi de se dire,
22:44avoir en fait l'humilité
22:46de regarder
22:46si elle est vraiment faite pour ça,
22:48parce que ça va être dur,
22:49parce que ça va être compliqué,
22:50parce que voilà,
22:52il va y avoir des embûches,
22:53donc pour ça,
22:54et donc du fait
22:55d'être très aligné,
22:56parce que quand on est aligné
22:58entre effectivement
22:59son ambition,
23:00ses rêves,
23:01ses convictions,
23:03ses tripes,
23:04tout ce qu'on va mettre
23:05sur la table pour ça,
23:06alors on est redoutable,
23:08et personne ne pourra
23:09se mettre sur le chemin
23:10parce que tout ça est droit,
23:12tout ça est solide,
23:12et ça aide à passer
23:13toutes les bosses.
23:15Donc pour moi,
23:15c'est vraiment les prérequis,
23:17et encore aujourd'hui,
23:18parce que quand les temps sont durs,
23:20on se ressent sur soi
23:23et sur ce qu'on connaît,
23:25et je peux vous dire
23:25qu'effectivement,
23:26la bataille est loin d'être gagnée.
23:27Merci beaucoup Cathy Collard-Gégère
23:29d'être venue dans ce programme
23:31Leadership,
23:33si vous voulez connaître aussi
23:34la méthode des leaders,
23:36l'émission est disponible
23:37en replay,
23:38en podcast,
23:38et évidemment sur tous
23:40nos réseaux sociaux,
23:41c'est tous les lundis
23:42à 11h30 sur BFM Business.
23:44Très bonne journée.

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