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17:14C'est le meilleur ami
25:03aux aveux. Mais il ne reconnaît son application que dans le décès d'Angélique. Selon lui,
25:09leur dernière séance sadomasochiste aurait dégénéré et Angélique serait décédée
25:13accidentellement étouffée par un baillon. Les gendarmes poursuivent leur interrogatoire
25:18et tentent désormais de relier la première victime à leur suspect.
25:22Il dit que la première femme que nous avons trouvée dans l'eau, il ne la connaît absolument
25:28pas, qu'il n'y est strictement pour rien, même si on lui met en avant qu'il y a
25:33quand
25:33même des rapprochements plus que troubles. Il ne veut rien entendre dire, il ne dit
25:39rien sur cette première personne. Et par contre, quand on lui dit dans les deux cassettes
25:46alors cette personne qui est masquée, il explique que c'est une amie avec qui il a eu des relations
25:50mais qu'il ne s'agit en rien de la personne que nous avons trouvée dans l'eau.
25:57A l'issue de sa garde à vue et malgré son silence sur le meurtre de la première victime,
26:02Cyril Koskina s'est tout de même mis en examen pour les deux assassinats le 30 juillet
26:062004. Afin de faire avancer l'enquête, les gendarmes cherchent à cerner sa personnalité.
26:13Son profil intrigue. Qui est ce jeune homme soupçonné d'être l'auteur de deux crimes
26:19sexuels particulièrement violents ?
26:22C'est un garçon qui est physiquement pas mal, je trouve, qui a un look très particulier mais
26:26qui est pas mal, qui est grand, mince, même très maigre. C'est quelqu'un qui a une forte
26:31estime de lui, qui je pense se prend pour quelqu'un le plus intelligent que les autres.
26:37Et puis il est odieux, il est odieux tout le temps, notamment lors de l'instruction,
26:42il signait ses procès-verbaux avec un, non pas d'une signature normale, mais en dessinant
26:47un sexe d'homme, toujours par provocation. S'il ne dit rien de sa vie, ses tatouages
26:51parlent, ses tatouages expriment des choses, c'est quelqu'un qui va exprimer des choses
26:54avec son corps, en fait, plus que dans l'addiction.
27:01De nombreux tatouages ornent son corps. Tête de mort, croix de malte, masque morbide
27:07et même le visage de la seule jeune fille qu'il a aimée.
27:10La façon dont il se décore, de même que la façon dont il pratique sa sexualité,
27:15renvoie à un monde intérieur macabre, mortifère et peuplé de fantasmes archaïques, destructeurs.
27:23Quand on fait son historique, il a toujours eu des relations sexuelles sadomasochistes.
27:28L'ESM est une pratique sexuelle qui consiste à renverser l'ordre des choses,
27:33c'est-à-dire transformer la douleur en plaisir et le mal en bien.
27:38Donc c'est ça qui est très intéressant dans cette sexualité, on la considère
27:42comme un peu subversive. Si on définit l'ESM comme une relation consensuelle
27:49qui permet de se procurer du plaisir l'un à l'autre, là on n'est plus dans l'ESM.
27:54Sur les cassettes vidéo que les gendarmes visionnent,
27:57Cyril Koskina, c'est le seul à prendre du plaisir.
28:00Les images révèlent que les femmes ne sont que des victimes.
28:05Koskina, c'est une sorte de pervers qui veut juste tuer des femmes,
28:10enfin les maltraiter, abuser d'elles, et qui effectivement éprouvent beaucoup de plaisir.
28:16Cyril Koskina semble donc à la recherche permanente d'expériences sexuelles violentes.
28:20Les enquêteurs découvrent que lorsqu'il ne trouve pas de jeune fille consentante
28:24pour assouvir ses pulsions, il fait appel à des professionnels.
28:28Un à un, les numéros composés par le suspect sont appelés.
28:31Le but est d'identifier enfin la première victime,
28:34avec laquelle le suspect a bien dû avoir un contact téléphonique auparavant.
28:38Donc sur ces 500 appels, on identifie une dizaine de numéros
28:42qui semblent correspondre à des numéros de prostituées.
28:45Via donc toutes les investigations téléphoniques que nous venions d'effectuer,
28:48on arrive effectivement à un correspondant qu'avait Cyril Koskina,
28:53qui quand on analyse le listing des appels de ce correspondant-là,
28:58on s'aperçoit qu'effectivement il n'y a plus d'appels émis depuis le 7 juillet.
29:03Donc nous identifions les principaux clients de cette prostituée qui se présente au Méhima,
29:07et nous les contactons, ils se présentent au bureau, nous les entendons,
29:10ils la reconnaissent sur photo, par rapport à la photo que nous avions découverte au domicile de Koskina.
29:15C'est les gendarmes qui vont contacter la famille quand ils vont penser avoir identifié cette jeune femme.
29:22La famille va dire qu'on n'a pas eu de nouvelles d'elle depuis deux mois,
29:26on n'était pas encore à l'armée, mais on commençait à s'inquiéter,
29:28et puis leurs inquiétudes seront fondées, puisqu'effectivement la génétique permettra de déterminer que c'était bien elle.
29:37Deux mois après sa découverte, le premier corps retrouvé est donc enfin identifié.
29:42C'est celui d'une escort girl prénommée au Méhima.
29:45Il s'agit d'une jeune femme qui correspond effectivement à peu près à l'âge que nous avait indiqué
29:52le légiste,
29:53c'est-à-dire une vingtaine d'années, qui est d'origine marocaine,
29:59et qui vit sur Paris et qui mène une activité d'escort girl.
30:02C'était vraiment quelqu'un dont on avait l'impression qu'elle faisait ça très temporairement,
30:09dans un but d'amasser de l'argent.
30:12Depuis trois, quatre mois avant sa disparition,
30:16elle avait commencé à travailler dans le milieu sadomasochiste,
30:22étant précisé que celui qui était son ami le plus proche dit SM soft,
30:26c'est-à-dire qu'en fait elle était dominatrice,
30:27et son but, c'est ce qu'elle lui avait dit d'ailleurs,
30:30c'était quand on est dominatrice dans le milieu sadomasochiste,
30:34d'après ce que nous en savons,
30:35et bien c'est des personnes qui n'ont pas de relation sexuelle avec les clients.
30:38C'est un moyen d'avoir rapidement de l'argent,
30:41puisque les tarifs sont quand même des tarifs non négligeables.
30:44Donc c'est vrai que c'est une réorientation temporaire
30:47qui lui permet de pouvoir, c'est une porte de sortie
30:52pour sa nouvelle activité professionnelle.
30:54C'était une femme qui voulait s'en sortir,
30:58qui avait décidé d'arrêter ce métier peu après.
31:02Elle voulait mettre de l'argent et ouvrir un commerce.
31:04On a été amené à identifier ses comptes bancaires,
31:07et on s'est rendu compte à l'habilité à proximité de la gare de Lyon
31:09qu'elle avait un compte à la caisse d'épargne en face de la gare de Lyon,
31:12et on avait appris qu'elle avait un coffre.
31:14Donc on s'y est rendu avec des membres de sa famille
31:17pour y faire une perquisition,
31:18et nous avons découvert la somme d'environ 60 000 euros
31:20à l'intérieur de ce coffre qui correspondait à ses économies, visiblement.
31:27À ce stade de l'enquête,
31:28les gendarmes ont compris que Cyril Koskinas a été le client d'Omeima.
31:33C'est ainsi que les deux individus se sont connus.
31:36Durant trois mois, ils se sont téléphonés sans jamais se rencontrer.
31:41Grâce à la téléphonie, on se rendra compte
31:42qu'en réalité, il y a des contacts téléphoniques de lui vers elle
31:45entre mars et mai 2004.
31:48Il y aura plusieurs appels
31:49où on voit qu'il y a eu des échanges verbaux,
31:52mais ça ne tombe pas sur les messageries.
31:55Mais là encore, la téléphonie,
31:57quand on fait le rapprochement des déclenchements de cellules
32:00aussi bien du téléphone d'Omeima que de Cyril,
32:02laisse entendre qu'ils ne se sont pas vus,
32:05mais simplement contactés par téléphone
32:08jusqu'au jour où Omeima déclenche des relais
32:12pour se transporter chez lui.
32:14Mais là, on est alors le 7 juillet 2004.
32:17Le 7 juillet 2004,
32:19c'est-à-dire 12 jours avant la découverte du corps d'Omeima
32:22et le jour où Cyril Koskinas doit pour la première fois
32:25rencontrer l'escort girl.
32:26Ils se sont donnés rendez-vous
32:28pour avoir une relation sadomasochiste.
32:30Les enquêteurs tentent donc de retracer
32:32la dernière journée de la jeune femme
32:33et les circonstances qui ont conduit à sa mort.
32:35On s'est rendu compte que le 7 juillet,
32:38elle est partie de Paris
32:39et elle a effectué un cheminement jusqu'à Ville-Parisie
32:43en recevant 8 appels
32:45depuis des cabines téléphoniques
32:46qui promenaient de la gare de Ville-Parisie.
32:49Donc, sachant que Koskinas,
32:52quant à lui, déclenchait également un relais
32:55avec qui part de la gare de Ville-Parisie.
32:58En fait, quand il l'appelle de la cabine téléphonique,
33:00c'est parce qu'il sait très bien
33:02qu'elle connaît son numéro de téléphone
33:04et que donc, à partir de là,
33:05il ne veut pas dire qui il est.
33:07Donc, il se fait passer pour un client Y,
33:10X qui a envie d'avoir une relation de bondage.
33:12Or, Omehema est une prostituée dominatrice.
33:15Et d'après les vidéos,
33:17Cyril Koskinas est également un dominateur.
33:19Pour attirer la jeune femme chez lui,
33:21le suspect a dû se faire passer
33:23pour un homme désirant être dominé.
33:25Lorsqu'Omehema arrive,
33:26elle ignore la vraie nature de son client.
33:28Ce qu'on sait, c'est qu'elle est venue,
33:30qu'il a été en contact avec elle,
33:32qu'il est manifestement venu la chercher
33:34dans une gare.
33:35Donc, elle va arriver chez lui
33:37et puis, moyennant finance,
33:41finalement, toujours selon effectivement
33:42M. Koskinas,
33:43va accepter d'avoir effectivement
33:48cette relation dominée.
33:51Pour la partie civile,
33:53cette version ne tient pas.
33:55Omehema aurait été contrainte
33:57par Cyril Koskinas
33:58à jouer le rôle de la dominée.
34:01Donc, ce n'est pas possible
34:03qu'elle ait accepté cela.
34:05On va retrouver la trace
34:08d'interventions chirurgicales
34:10qui ont été pratiquées
34:11par son chirurgien dentiste
34:14une petite semaine
34:16avant sa disparition.
34:18En fait, on l'a opérée
34:19pour lui enlever les dents de sagesse.
34:21Et elle avait encore un traitement
34:23contre la douleur.
34:24Et donc, elle n'aurait jamais accepté
34:27qu'on lui mette un baillon
34:29avec une boule qui est dans la bouche.
34:31Le baillon étant serré
34:32derrière la tête
34:34et forcément accueillant
34:35sur cette partie-là
34:36de la mâchoire.
34:37Grâce aux vidéos,
34:39les enquêteurs
34:39ont la preuve en image
34:40de ce qu'il s'est passé
34:41entre Cyril Koskinas
34:42et Omehema.
34:44Donc, elle a été entravée
34:45sur le lit,
34:48face contre le lit.
34:50Donc, la vidéo s'arrête
34:51en cours d'enregistrement.
34:53Alors, est-ce que c'est lui
34:53qui l'a arrêtée pendant ?
34:55Est-ce qu'elle a été enregistrée
34:56et qu'il a effacée après ?
34:57Ça, on ne le sait pas.
34:58Ensuite, elle a été jetée vivant
35:00dans le canal.
35:00C'est à peu près tout ce qu'on sait.
35:08Alors, la thèse de Cyril Koskinas,
35:10c'est que lui,
35:11il n'a pas tué Omehema,
35:12qu'il l'a présentée
35:13au frère de son ex-petite amie
35:15et qu'il leur a prêté
35:18son appartement,
35:19qu'il est parti se promener.
35:21Donc, selon sa version,
35:22il va dans la salle de bain,
35:23il commence à se coiffer
35:24et puis, oups,
35:25oh, un cadavre dans ma baignoire.
35:27Alors, il dit aussi
35:28qu'il y avait une odeur
35:29très forte
35:32du genre cadavre
35:33dans son appartement
35:34quand il rentre.
35:35Donc, il demande des explications
35:37et il obtient des explications
35:39embarrassées de ce garçon.
35:42Et en bon citoyen,
35:45Cyril Koskinas,
35:46dit, eh bien,
35:48tu te débrouilles,
35:49tu fais comme tu veux,
35:50je m'en vais dans deux heures
35:52que tout ça soit nettoyé.
35:54Donc, c'est une personne,
35:55en plus, qui n'hésite pas
35:57éventuellement à balancer
35:58des personnes
35:58qui n'y sont pour rien,
35:59c'est-à-dire à envoyer
36:00des gens en prison.
36:03Un élément d'enquête
36:04ébranle la version
36:05de Cyril Koskinas.
36:08Le lendemain
36:09de la disparition
36:10de Omeima,
36:12il dépose la somme
36:13de 300 euros
36:14en espèces sur son compte,
36:15ce qui est tout à fait inhabituel.
36:16Il ne l'a jamais fait
36:17sur deux à trois ans
36:18d'études
36:20de ses comptes bancaires.
36:21Il ne l'a jamais fait.
36:22Donc, nous,
36:23on peut en déduire
36:24qu'effectivement,
36:24c'est de l'argent
36:25qu'il a pu récupérer,
36:26soit dans son sac à main
36:27ou éventuellement
36:28à son domicile,
36:29bien qu'on n'en ait pas
36:30la preuve.
36:30En tout cas,
36:30c'est un élément
36:31qui est troublant
36:32parce qu'il n'arrive jamais
36:34dans son étude
36:35de compte bancaire.
36:38Cyril Koskinas
36:38tente donc maladroitement
36:40de se disculper.
36:41Mais les preuves à charge
36:42contre lui
36:43dans le meurtre d'Omeima
36:44sont solides.
36:45Des photos de la jeune femme
36:46ont été retrouvées
36:47à son domicile
36:48ainsi que du scotch noir.
36:50De plus,
36:51des éléments pileux
36:53appartenant à l'escort girl
36:54ont été découverts
36:55dans le sac d'aspirateur
36:56de Cyril Koskinas.
36:58Lors de la perquisition
36:59chez la grand-mère
37:00du suspect,
37:01un soutien-gorge
37:01d'Omeima
37:02a été retrouvé.
37:03Les analyses effectuées
37:05sur les accessoires
37:05sadomasochistes
37:06révèlent la présence
37:07de l'ADN
37:08de la jeune femme.
37:09Pour les autres faits,
37:11il reconnaissait être
37:12à l'origine du décès
37:13de la deuxième victime,
37:14d'Angélique,
37:17mais il évoquait
37:18un malheureux accident.
37:19C'est-à-dire qu'il décrivait,
37:22alors, à sa façon,
37:24une scène sexuelle
37:25sadomasochiste,
37:26marrante et rigolote
37:27qui aurait malheureusement
37:29mal tourné
37:30et il aurait,
37:33à ce moment-là,
37:34il se serait souvenu
37:35de la première affaire
37:37et que là encore,
37:38il aurait utilisé
37:38les mêmes moyens
37:39pour se débarrasser,
37:40pour jeter le corps,
37:42pour ne pas avoir d'ennui.
37:43Je crois que c'était
37:44l'expression
37:44qu'il avait employée.
37:46Cyril Koskinas
37:47défend la thèse
37:48de l'accident,
37:49mais les preuves
37:50qu'il incrimine
37:50dans le meurtre d'Angélique
37:51contredisent cette version.
37:54Sur les cassettes vidéo
37:55qui ont été saisies,
37:56on peut voir
37:57la jeune femme
37:57de plus en plus entravée,
37:58de moins en moins consentante.
38:01Les parents
38:01de la jeune femme
38:02témoignent que Cyril
38:03est venu chercher
38:04leur fille
38:04particulièrement discrètement
38:05ce jour-là.
38:07Autre preuve,
38:09les textos signés Angélique
38:10mais transmis
38:11après son décès.
38:12L'ADN de Koskinas
38:13et d'Angélique
38:14révélé sur la sangle rouge
38:15et sur les accessoires SM,
38:17ainsi que des éléments pileux
38:18de la jeune fille
38:19retrouvés dans le sac
38:20d'aspirateur.
38:22Le 19 juillet,
38:23elle a quitté
38:24la maison de ses parents
38:25à la mi-journée.
38:26Ils ne la reverront plus
38:29à partir,
38:30on va dire,
38:30aux alentours de 13 heures.
38:31il lui a proposé
38:33d'essayer au moins une fois
38:35une séance de sadomaso
38:37pour voir si ça lui plairait.
38:38Angélique,
38:38elle adorait Cyril,
38:40que Cyril n'arrivait pas
38:41à avoir de petit ami,
38:42qu'il était en manque
38:43de ses pratiques sexuelles
38:44et que bon,
38:45quelque part,
38:45elle a dû vraisemblance dire
38:46je vais essayer,
38:47on va voir pour lui faire plaisir,
38:49c'est mon copain, etc.
38:50Pour les gendarmes,
38:52c'est une enquête exceptionnelle.
38:53Car si les aveux
38:54de Cyril Koskinas
38:55sont partiels,
38:57ils ont la preuve en image
38:58de la réalité
38:58des séances sadomasochistes.
39:02On voit très bien,
39:04puisque les ébats
39:05ont été filmés,
39:07ça dure,
39:07donc on a des heures de vidéos
39:08et on voit très bien
39:09qu'Angélique,
39:10qui découvre la chose,
39:12n'apprécie pas du tout,
39:12lui dit non.
39:14Elle sera rassurée
39:15par un petit bisou,
39:17mais non,
39:17tu vas voir,
39:18ça va bien se passer,
39:19un petit discours,
39:19toujours avec un grand sourire
39:20de M. Koskinas.
39:22Et lui continue,
39:23il avance dans la gravité
39:24de ce qu'il fait
39:25et ne s'occupant,
39:26encore une fois,
39:27que de son propre plaisir
39:28et pas celui d'Angélique.
39:29On voit vraiment
39:30sur les films
39:31la croissance
39:32de la violence,
39:34violence entre guillemets,
39:35c'est-à-dire qu'effectivement,
39:36au début,
39:36on a très peu de rannachement,
39:38elle peut encore se débattre
39:39et puis après,
39:40effectivement,
39:40elle est menoutée,
39:41attachée,
39:43par des liens dans le dos,
39:46donc les pieds
39:47et les poignets attachés,
39:48elle ne peut plus rien faire.
39:50Il filme la scène
39:52et il indique
39:53qu'à un moment donné,
39:55il voit qu'elle est gênée
39:56mais il pense
39:57qu'elle fait
39:59semblant,
40:00il pense que
40:02il n'y a rien d'anormal.
40:05Mais apparemment,
40:06à ce moment-là,
40:07Angélique est en train
40:08de s'étouffer
40:09et il déclare
40:11ne pas le comprendre.
40:12À ce moment-là,
40:14le film s'arrête.
40:15C'est l'enquête
40:16qui permettra
40:17de reconstituer
40:18les tout derniers instants
40:19de la vie d'Angélique.
40:21Angélique perd connaissance,
40:22ce qui est logique
40:23puisqu'elle est non seulement
40:24à l'envers,
40:25donc avec la trachée
40:26qui est dans l'autre sens
40:27et avec le nez bouché
40:29et la bouche bouchée,
40:30donc elle perd connaissance,
40:31manque d'oxygène.
40:32Pendant qu'elle est en train
40:34de s'éteindre
40:35et qu'elle a déjà perdu connaissance,
40:37M. Koskina,
40:37plutôt d'appeler les secours,
40:39lui,
40:39il va s'amuser
40:40à passer des textos.
40:41En fait,
40:41on étudie toujours
40:42la téléphonie de Koskina,
40:44c'est en parallèle
40:44celle d'Angélique
40:45une fois qu'elle sera identifiée.
40:46On se rendra compte
40:47que les SMS
40:48qui sont envoyés
40:49depuis le portable d'Angélique
40:50comme le portable
40:51de Cyril Koskina
40:53sont envoyés
40:54depuis la même cellule
40:55qui déclenche la même cellule.
40:56Là, c'est vrai
40:57que dès le départ,
40:57on a senti
40:59en gros une mise en scène
41:00et il devait jouer
41:01avec les deux téléphones.
41:02Donc on a quelqu'un
41:03qui, en fait,
41:04plutôt d'essayer
41:05de réanimer
41:06quelqu'un
41:07ou d'appeler les secours,
41:09lui,
41:09il va s'asseoir
41:09tranquillement,
41:10sereinement
41:11à côté de la victime
41:12et va commencer
41:14à constituer son alibi.
41:16Alors qu'Angélique
41:17est en train
41:17de suffoquer,
41:18Cyril Koskina
41:19s'empare
41:20du téléphone portable
41:21de la jeune fille
41:22et s'envoie
41:22lui-même
41:23des textos
41:23afin de faire croire
41:24qu'elle est
41:25avec son ex-petit ami.
41:27Finalement,
41:27il va décider
41:28de se débarrasser
41:29discrètement
41:30de son corps.
41:30Il va chercher
41:31la poubelle
41:31qui se trouve
41:32dans la cour
41:32de son immeuble.
41:33Il la monte
41:34chez lui.
41:36Il recroque
41:37le corps,
41:37il met le corps
41:38dans la poubelle,
41:39il descend jusqu'à
41:40son véhicule,
41:41il charge le corps
41:41dans le véhicule
41:42et là,
41:42il s'en va
41:43pour Freyne-sur-Marne.
41:44Il tourne à gauche
41:44sur un chemin
41:45de halage,
41:46il prend le corps
41:47d'Angélique
41:48dans les mains,
41:50il a dit
41:50que c'est assez lourd,
41:51il a du mal
41:52et il a dit
41:53qu'il va la jeter
41:53dans l'eau
41:54alors qu'elle est
41:55encore dans
41:56sa poubelle.
41:57Il traite
41:57ses victimes
41:58comme des objets
41:59parce qu'une fois
41:59qu'il a terminé
42:00de les séplicier,
42:01il les jette
42:02dans le canal
42:03de l'ourc
42:04encore vivante
42:04sans s'en préoccuper
42:06plus que ça.
42:07Alors lui,
42:07sa version,
42:08c'est je lui ai fait
42:09un petit bisou
42:10avant de la mettre
42:11dans le canal de l'ourc
42:12ce qui est extrêmement romantique
42:13d'un point de vue
42:14purement personnel.
42:15Il aurait plutôt
42:16rassemblement
42:17s'être masturbé
42:18une dernière fois
42:19sur le bord
42:19du canal de l'ourc
42:20avant d'avoir
42:21jeté le corps
42:22de ma cliente à l'eau.
42:23Je vois plus ça
42:24que le baiser amoureux
42:25qu'il a pu lui faire.
42:28Cyril Koskinas
42:28ne semble pas réaliser
42:30la gravité de ses actes.
42:31Son attitude désinvolte,
42:33son indifférence
42:34laisse perplexe.
42:35Pourtant,
42:35a priori,
42:36rien ne peut expliquer
42:37ce comportement.
42:39Élevé dans une famille stable,
42:40Cyril a un père routier,
42:42une mère secrétaire
42:43et un petit frère.
42:45Ses parents sont des braves gens
42:46et ses parents sont
42:47complètement effondrés.
42:48Son père
42:49les défendra
42:50en disant
42:51que c'est un brave garçon,
42:52qu'il est gentil.
42:54C'est son fils
42:55en même temps
42:55mais ses parents
42:56sont effondrés.
42:58Ses parents
42:58font peine à voir.
43:00Ils ont réagi
43:00comme auraient réagi
43:02des parents
43:02qui aiment leur enfant.
43:09ils ne se posent pas
43:11la question des faits.
43:12Ils se disent
43:12que c'est terrible.
43:14C'est évident
43:15mais c'est leur enfant.
43:18Son histoire
43:19ne donne donc pas
43:20d'indication
43:21sur les origines
43:21de ses crimes.
43:23La perversité
43:24semble être son seul mobile
43:25et cela met mal à l'aise.
43:27Les gendarmes
43:28ont le sentiment
43:29d'avoir arrêté
43:30un tueur en série.
43:31Alors pour parler
43:32de série
43:33il faut trois victimes.
43:34Donc là
43:36on a deux victimes
43:38mais oui
43:40c'est compatible
43:40c'est plausible
43:42on a une personnalité
43:44qui effectivement
43:46était quand même
43:47très à risque
43:48de commettre
43:49d'autres faits
43:51du même registre.
43:52Et je suis persuadée
43:53que de toute façon
43:54la jouissance sexuelle
43:55chez M. Koskinas
43:57n'aboutit
43:57que dans la mort
43:59de l'autre
43:59donc forcément
44:00si on n'arrête
44:01pas la machine
44:03il continue.
44:04Il avait un peu
44:05un instinct
44:05de chasseur
44:06de prédateur
44:06dès qu'il croisait
44:07une fille
44:08ou que ce soit
44:08une caisse
44:09de supermarché
44:10il est même arrivé
44:11on a identifié
44:12une jeune fille
44:13qui elle
44:14avait composé
44:14un mauvais numéro
44:15ne voulait pas
44:16avoir sérieux
44:16Koskinas
44:16mais elle s'est trompée
44:17de correspondant
44:18et il a sauté
44:19sur l'occasion
44:20pour lui proposer
44:22de la voir
44:22alors qu'elle habitait
44:23je ne me rappelle plus
44:24mais en tout cas
44:24pas en Ile-de-France
44:25elle habitait
44:26peut-être sur Dijon
44:27ou au Cerf
44:28et il lui a proposé
44:29de la rencontrer
44:30et en fait
44:31il saisissait
44:31toutes les opportunités
44:32qui se présentaient
44:33à lui
44:35pour essayer
44:35de s'attirer
44:38les faveurs
44:39des jeunes filles
44:40Pour moi
44:40quand il va chercher
44:41une victime
44:43trop proche de lui
44:44il prend beaucoup
44:45de risques
44:46s'il prend beaucoup
44:46de risques
44:47c'est qu'il a
44:50des pulsions
44:51qu'il n'arrive pas
44:52à contrôler
44:53Pour lui
44:54on n'est pas
44:55dans le crime sexuel
44:56véritablement
44:57on est plutôt
44:57dans le registre
44:59tueur en série
44:59si tant est
45:01qu'on puisse parler
45:01de série
45:03parce que justement
45:05il y a ce plaisir
45:06à faire souffrir
45:07l'autre
45:08et puis ce sentiment
45:09de toute puissance
45:10Je pense que
45:11les gendarmes
45:11ont arrêté
45:13une personne
45:13qui était
45:14un tueur en série
45:15qui était à ses débuts
45:16et je ne vois rien
45:20je ne vois pas
45:21un seul élément
45:22qui fait qu'il pourrait
45:23s'arrêter
45:24en fait
45:24quand quelqu'un
45:25a un retour sur lui-même
45:26quand il dit
45:27oui
45:27j'ai déraillé
45:28je demande qu'on m'aide
45:29je ne comprends pas
45:30ce qui se passe en moi
45:31vous avez un espoir
45:32mais là je ne vois pas
45:33d'espoir
45:33puisque de toute façon
45:34il se fiche de tout
45:36Au dire de tous
45:37le jeune homme
45:38se moque de l'image
45:39qu'il renvoie
45:41lors de la reconstitution
45:42des faits
45:43demandé par le juge
45:43d'instruction
45:44il laisse sa vraie nature
45:45éclater au grand jour
45:48Il nous a
45:50vraiment trimbalé
45:50je crois qu'il n'y a pas
45:51d'autre terme
45:51c'est-à-dire qu'on a
45:52commencé à faire
45:53les allers-retours
45:54entre Saint-Même
45:55et Pimitrimori
45:56alors il est passé
45:58voir sa grand-mère
45:59on a fait tout un détour
46:01alors le juge d'instruction
46:01disant
46:02attendez
46:02c'est pas la route
46:03pourquoi on passe par là
46:04lui disant
46:04j'ai envie de passer
46:05devant la maison
46:05de ma grand-mère
46:06et ainsi de suite
46:07il nous a emmené
46:08trimbalé
46:08on a fait des dizaines
46:09et dizaines de kilomètres
46:10sans rien
46:11et là
46:12grosso modo
46:13il y a une demi-heure
46:14j'avais compris
46:14qu'on était parfaitement
46:15dans le jeu de ce monsieur
46:16au cours de la reconstitution
46:18il y a eu un petit événement
46:19assez drôle
46:19c'est que
46:21les enquêteurs
46:22ont ramené les véhicules
46:23puisqu'ils étaient sous-cellés
46:24ils les ont ramenés
46:25ils ont positionné
46:27un à l'entrée du box
46:28l'autre dans la cour
46:29puisqu'il avait deux véhicules
46:31et un enquêteur
46:33ce qu'on appelle un TIC
46:34technicien d'investigation criminelle
46:36a posé sa mallette
46:38d'investigation
46:40sur le toit
46:41d'une des voitures
46:41et là
46:42Cyril Koskina
46:43ça a littéralement
46:44pété les plombs
46:45t'enlèves ta merde
46:46sinon je te casse la gueule
46:47en plein milieu
46:48de la reconstitution
46:49et alors là
46:50on est effectivement effaré
46:52de constater que
46:53depuis des heures
46:54il promène un mannequin
46:56mort
46:56pour reconstituer
46:58ce qu'il a fait
46:59et qu'il ne dit rien
47:00on a aucun signe de vie
47:02aucun témoignage
47:02de tristesse
47:03ou de haine
47:04de quoi que ce soit
47:05et que pour sa voiture
47:06ça ça avait été capital
47:09le 9 septembre 2008
47:10le procès s'ouvre
47:12devant la cour d'assises
47:13de Melun
47:13et Cyril Koskina
47:15s'arrive dans un accoutrement
47:16qui surprend l'assistance
47:18on le compare
47:19au héros de fiction
47:20pirate des Caraïbes
47:21ses cheveux tombant
47:23sur les épaules
47:24agrémentés de perles rouges
47:25son bouc tressé
47:26en deux nattes
47:27également ornés
47:28de perles de rocaille
47:30il n'est pas venu
47:31pour faire profil bas
47:31et il affiche
47:32d'emblée la couleur
47:36il est entré
47:37dans la salle d'audience
47:38et il a dit
47:40bonjour bonjour
47:41comme si je ne sais pas
47:43comme s'il était
47:44sur une scène
47:45de spectacle
47:47et après
47:48lorsque le dossier
47:49va être évoqué
47:50ça ne sera
47:51que provocation
47:52puisque moi j'ai eu
47:52la chance
47:53d'être invitée
47:54à participer
47:55à des scènes
47:55il a fait cette invitation
47:58également au président
47:59monsieur Jacob
47:59et dès que
48:02je dirais
48:03la maille
48:04l'étau se referme
48:05et qu'il commence
48:06à être pris
48:06il sera à sortir
48:08toujours comme ça
48:09par un peu d'humour
48:10éventuellement
48:11ou éventuellement
48:12de l'agressivité
48:12il m'avait dit
48:13de toute manière
48:14maître moi
48:14je sais que je vais payer
48:16donc ils veulent
48:18me faire de moi
48:18un monstre
48:19je serai un monstre
48:20et je lui avais dit
48:20surtout n'allez pas
48:21dans cette voie là
48:22très rapidement
48:23on s'est tous mis
48:24un peu à le détester
48:25parce qu'il faisait tout
48:26pour se rendre détestable
48:27il était odieux
48:28et très arrogant
48:29très sûr de lui
48:30et son procès
48:32c'était son heure de gloire
48:33il a plusieurs fois
48:34sidéré la salle
48:35et il applaudissait
48:38il riait
48:40c'était monstrueux
48:41oui en fait
48:41il a dit
48:42qu'il me trouvait
48:43plus péteux
48:44pendant le procès
48:45que lors de la garde à vue
48:46et que je faisais
48:48le fier de mémoire
48:49avec mes centièges
48:52sur le bureau
48:53alors chose
48:54qui est complètement fausse
48:55parce que d'une
48:55je n'aimais pas de Santiago
48:56de deux
48:57je n'ai pas procédé
48:57à son audition
48:58je pense que ça fait partie
48:59du personnage aussi
49:00de se montrer
49:03d'essayer un peu
49:04de rabaisser les gens
49:05donc effectivement
49:05après ma déposition
49:08après le tour des questions
49:09il s'est levé
49:09pour dire qu'il pissait
49:11donc je reprends son expression
49:12sur mes normes sociales
49:14donc ce qui était surprenant
49:14parce que je n'ai pas
49:16de normes sociales
49:16je ne suis pas là
49:17pour donner des normes sociales
49:18c'est pas du tout mon rôle
49:19et le président
49:21a été obligé
49:21à plusieurs reprises
49:22de le rappeler à l'ordre
49:23en lui disant
49:24enfin attendez
49:24on est quand même
49:25en train de parler
49:25de la mort de deux jeunes femmes
49:27donc on va arrêter
49:28les plaisanteries douteuses
49:30enfin voilà
49:31donc en tout cas
49:34ne manifestant pas
49:36alors pour Mema
49:37aucun regret
49:38puisqu'il n'en est pas responsable
49:39dans sa théorie
49:41et puis alors pour Angélique
49:43exprimant quand même
49:44parce qu'on lui pousse
49:45quelques regrets
49:47n'est pas très concerné
49:49par ce qui est en train
49:50de se passer
50:02le 16 septembre 2008
50:04Cyril Koskinas est condamné
50:06à une peine de réclusion criminelle
50:08à perpétuité
50:08assortie d'une période de sûreté
50:10de 18 ans
50:13je m'inquiète pour l'avenir
50:15sachant que M. Koskinas
50:16est quelqu'un de très jeune
50:18qu'un jour ou l'autre
50:20sauf si vraiment
50:21chacun fait très attention
50:22et fait correctement son travail
50:23il va être remis en liberté
50:25à un âge
50:26où autour de 50 ans
50:27on peut être en pleine puissance sexuelle
50:28et il y a lieu de craindre
50:29que les femmes
50:30qui croiseront son chemin
50:31à ce moment-là
50:31vont être de nouveau victimes
50:33de M. Koskinas
50:33je crois que là-dessus
50:35il faut être vraiment conscient
50:36et c'est malheureusement
50:37très pessimiste
50:38de ce que je dis
50:38mais c'est une réalité
50:39les experts le disent
50:41la récidive est évidente
50:43chez M. Koskinas
50:44oui c'est un accusé inquiétant
50:46particulièrement inquiétant
50:47parce qu'il ne se remet jamais en cause
50:50jamais, jamais, jamais