- il y a 7 minutes
Ce mardi 27 octobre, François Sorel a reçu Thomas Serval, PDG de Baracoda, Michel Levy Provençal, fondateur de Qapten, et Christophe Aulnette, senior advisor chez Seven2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud. Ils se sont penchés Starlink accentuant la pression sur les opérateurs en cherchant à s'assurer l'accès à 80 000 sites de téléphonie mobile (Bloomberg), l'Europe tenant tête aux États-Unis concernant la souveraineté satellitaire en confirmant sa volonté de réserver au moins 70 % de l'appel d'offres à des entreprises, ainsi que le carton en France de la messagerie sans internet "BitChat" de Jack Dorsey pendant les manifestations, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:05On débriefe l'ActuTech ce soir avec Thomas Serval qui est avec nous sur le
00:09plateau. Salut Thomas. Salut François. Thomas qui est PDG de Baracoda, à ses côtés c'est
00:15Michel Lévy-Provençal. Salut Michel. Bonsoir François. Fondateur de CapTen. CapTen, on
00:19est au cœur de l'IA avec CapTen. Tu nous en avais parlé la dernière fois, je m'en souviens
00:24très
00:24bien. Est-ce que tu peux nous faire un petit refresh de ce que c'est ? Eh bien CapTen
00:27c'est
00:28un assistant IA, c'est un agent IA, on parle beaucoup de Muse, on parle de Instinct, on
00:32parle de Dots, en fait ils ne sont pas disponibles aujourd'hui en Europe, c'est très difficile
00:35d'y accéder. CapTen fait ça mais c'est disponible en Europe et en plus on est agnostique en
00:41termes de modèles. On a tous les modèles d'IA disponibles dans CapTen. D'accord, avec
00:46un modèle économique comme tous les autres. Aujourd'hui on a un abonnement effectivement
00:50qui propose aussi des crédits IA et donc aujourd'hui on a deux abonnements, un abonnement
00:55standard autour de 40 euros et un abonnement pro autour de 100 euros. Voilà, CapTen ça s'écrit
00:59Q-A-P-T-E-N quand même, parce que voilà, il fallait trouver un bon référencement. Christophe
01:06Hollett est avec nous, salut bonsoir. Comment ça va François ? Bonsoir François, tout va bien.
01:09Très heureux de te retrouver Christophe Hollett qui est senior advisor chez 7to, ancien président
01:14de Microsoft France et Asie du Sud et auteur d'un nouveau livre que je tiens mais alors
01:19d'une manière un peu fébrile parce qu'il vient juste de sortir, je ne sais même pas s'il
01:23est déjà
01:23sorti. Voilà, mais on l'a en avant-première. Ma carrière, mon affaire, réussir sa vie pro
01:30à l'ère de l'IA. C'est ton deuxième bouquin par aux éditions Novice, c'est ça ?
01:34Le même éditeur. Voilà. Je me souviens du premier qui avait cartonné parce que tu nous racontais
01:40ta vie après être partie de chez Microsoft et ce grand trou d'air finalement quand on a été
01:45comme ça à la tête au niveau européen d'une boîte aussi importante que Microsoft. Là,
01:50tu abordes quoi avec ce nouveau livre ? En fait, c'est dans la foulée du précédent
01:52livre. J'ai fait beaucoup de rencontres, d'échanges, de discussions lors de conférences
01:56et en fait, j'ai mesuré à quel point cette problématique de l'employabilité et de
02:02l'inquiétude par rapport au futur du travail, elle n'était pas propre au cadras ou au quinquam
02:06et qu'elle touchait toutes les classes d'âge. Et donc, j'ai voulu écrire un livre pour
02:11répondre à cette angoisse et ces incertitudes, à la fois en étant une sorte d'essai qui
02:18permet de réfléchir et de mettre en perspective ces mutations du monde du travail et puis
02:23aussi un guide assez concret où je reprends finalement une quinzaine de questions qui sont
02:27revenues en boucle lors de ces séances d'échange et où je donne des clés avec un maître mot
02:32qui est celui de développer une vraie souveraineté professionnelle, de garder la main sur sa carrière,
02:38de ne pas la déléguer, de ne pas la confier à quelqu'un d'autre et parce que tout simplement,
02:43votre carrière, c'est votre affaire.
02:45Est-ce que tu l'as écrit ?
02:46Est-ce que tu as écrit ce livre avec l'IA ?
02:48Pas du tout, mais j'ai pu de temps à autre vérifier un certain nombre de choses, notamment
02:53par exemple, je vais te donner un exemple, je cherchais un titre, j'avais pas mal d'idées
02:56et Claude m'a aidé à converger vers ce titre.
02:58Mais voilà, bah écoute, on te souhaite plein de réussite avec ce nouvel ouvrage paru
03:04aux éditions Novice, ça vient de sortir, c'est déjà sorti ou pas ?
03:07Ça sort le 5 novembre, mais c'est déjà en précommande sur les bons sites.
03:11Bon Thomas, on n'a pas parlé de ta pub, t'as rien à vendre en ce moment ?
03:14Tu rigoles, j'ai lancé Baracoda et iLabs.
03:17Ah, bah voilà !
03:17Parce qu'en fait, on se rend compte que quand on est dans la tech depuis longtemps,
03:21tout le monde fait de l'IA, nous on en fait depuis 20 ans, mais on ne le disait pas.
03:25Non.
03:25Parce qu'on mettait de l'IA à peu près partout.
03:27Ça s'appelait plus des algorithmes à l'époque en fait, non ?
03:29Oui, non, c'était déjà des algorithmes d'IA qu'on appelait de l'IA prédictive,
03:32on est parti à l'ère de l'IA générative, mais en fait, comme maintenant la mémoire se met à
03:37manquer
03:37et que la souveraineté redevient un sujet, le laboratoire est autour de l'efficacité
03:42et de la souveraineté des algorithmes et de la souveraineté de la donnée.
03:45On travaille beaucoup aujourd'hui sur les langues.
03:49En fait, on a publié une étude qui montre que quand on parle à une IA en anglais,
03:52eh bien, ça coûte 30 à 40 % moins cher que de le faire en français.
03:56Et si tu parles une langue rare, c'est presque deux fois plus cher de le faire dans une langue
04:00rare.
04:00Pourquoi ? Parce que ça part d'abord en anglais, puis après c'est retravaillé dans la langue que tu
04:05désires.
04:05Alors, ce n'est pas exactement ça, c'est en partie ça, mais ce qui est surtout important,
04:08c'est que c'est les anglophones et les chinois qui ont entraîné les modèles.
04:14Et donc, quelque part, dès lors que c'est toi qui entraînes les modèles,
04:16c'est ta loi, tes règles, et donc prendre un exemple tout con,
04:21en français, pardon, tout bête, excusez-moi.
04:23Non, mais ce n'est pas grave, personne n'a entendu.
04:25Voilà, un mot simple, c'est-à-dire un token, en anglais c'est à peu près un mot pour
04:30un token,
04:31en chinois aussi parce qu'il y a un inogramme pour un token,
04:33et bien en français c'est 1,2, 1,5,
04:36donc en fait pour la même idée, pour le même concept,
04:39c'est plus compliqué de le faire en français.
04:42– Bon, ben écoutez, voilà, maintenant on a le topo et le pédigré
04:47de chacun de nos invités ce soir, de nos débriefeurs,
04:50et c'est intéressant de voir que, ben voilà,
04:52vous êtes tous plus ou moins liés au sujet qu'on évoque chaque soir,
04:55et c'est ce qui fait votre valeur et votre richesse, finalement.
04:58Premier sujet, les télécoms, avec cette petite bombe, à mon avis,
05:02mais j'aimerais avoir votre avis là-dessus,
05:04sur ce qui est en train de nous pondre et de nous mitonner,
05:07nous mijoter dans son énorme marmite, Elon Musk, avec Starlink.
05:11Quelques chiffres concernant Starlink.
05:13Starlink, c'est 11 000 satellites en orbite basse,
05:16en ce début octobre 2026,
05:18donc depuis j'imagine qu'il y en a eu quelques centaines supplémentaires,
05:2111 000 satellites, vous vous rendez compte ?
05:23Mais ça ne suffit pas à Elon Musk.
05:26Au-delà de ça, il aimerait maintenant, sans doute,
05:29créer son opérateur télécom, mais son vrai opérateur télécom,
05:33c'est-à-dire avoir aussi des relais terrestres
05:36de cette source d'Internet sur Starlink.
05:39Et donc, on évoque, en tout cas c'est les échos qui évoquent ça,
05:43les 80 000 tours télécoms que pourrait s'offrir aux États-Unis,
05:48Elon Musk en fait, pour justement préparer ses infrastructures terrestres.
05:53Parce que, imaginez, Starlink, les émetteurs,
05:56les 80 000 émetteurs qu'il y a aux États-Unis,
05:58d'un coup vous couvrez un pays, en tout cas une grosse partie du pays,
06:01et puis le pays, la zone où l'État, où il n'y a pas de, on va dire,
06:06de pylône, ben c'est pas grave, parce que là vous captez Starlink.
06:10Donc je voulais avoir votre point de vue là-dessus,
06:11parce qu'au début les États-Unis, après ça sera peut-être l'Amérique du Sud,
06:15après l'Europe, etc., etc.
06:18On sentait venir, mais bon, je voulais avoir votre point de vue là-dessus,
06:21Thomas, peut-être pour commencer, après Michel et Christophe.
06:23Donc, c'est...
06:25En fait, ce qui se passe, comme on l'a dit souvent...
06:27C'est un secret de polychinelle, en fait, on va dire.
06:29En fait, il cherche à tuer le match.
06:31Donc aujourd'hui, Musk a la meilleure constatation qu'on appelle Léo,
06:36c'est-à-dire des satellites en orbite basse,
06:37et on a un très très bon service télécom partout dans le monde.
06:42Et donc aujourd'hui, le seul problème qu'il a,
06:45c'est qu'il y a un problème technique,
06:47c'est que pour recevoir quand même bien sur du Starlink,
06:52qu'il faut avoir une antenne d'une certaine taille
06:53et des terminaux d'une certaine taille.
06:56Cette barrière, elle est en train plus ou moins de tomber,
06:58et il est probablement frustré que les opérateurs télécoms
07:02ont commencé, on voit bien avec l'iPhone,
07:03commencé à adopter des services un peu hybrides,
07:06satellites, etc.
07:07Donc il se dit, si ce n'est pas moi
07:08qui contrôle finalement l'expérience globale,
07:11je vais laisser la place.
07:13Et donc, en bon muskien qui aime bien les monopoles sur les sujets,
07:17il est en train de préempter la possibilité
07:19d'avoir de la communication au débit par satellite,
07:22sur des terminaux de petite taille,
07:23ce qui n'existe pas tout à fait encore,
07:25on parle de haut débit,
07:26mais il a les moyens.
07:27Parce qu'il est obligé de lancer des satellites de nouvelle génération.
07:29Pour pouvoir arriver à tout ça,
07:31et donc quelque part, il se dit,
07:33le marché américain est très rentable,
07:35contrairement au marché français qui n'importe rien,
07:37un opérateur mobile américain,
07:39ça gagne beaucoup d'argent,
07:40et d'ailleurs, les marchés ne sont pas trompés,
07:42à l'annonce de ça de Musk,
07:43ils ont perdu 8 à 10%,
07:45pour des boîtes aussi grosses que AT&T, Verizon et T-Mobile.
07:50Il n'y en a que 3 en fait.
07:51Exactement, ils étaient 60,
07:53ils se sont concentrés à 3 il y a 20 ans,
07:55contrairement aux 60 qu'on a aujourd'hui en Europe
07:57et qui restent à se faire la guéguerre.
07:58Ouais.
08:00Michel, ton point de vue là-dessus ?
08:02Oui, de toute façon, c'est...
08:03Est-ce que bientôt sur ton téléphone,
08:04tu auras écrit Starlink,
08:05à la place de Orange, Bouygues, Free ?
08:09Bon, SFR, on sait que ça ne va pas durer trop longtemps, mais...
08:12Non, mais il suit cette marotte depuis quelque temps,
08:16déjà, Elon Musk,
08:17essayer d'amener en effet la connectivité
08:20simplement du satellite à n'importe quel mobile.
08:25Le fait est que, en fait, SpaceX, XAI, Starlink,
08:31tout l'ensemble de la galaxie Musk,
08:34c'est devenu une entreprise monde.
08:36C'est devenu un acteur qui accumule
08:41tellement de savoir-faire,
08:43tellement de puissance financière...
08:44Il se sent à l'étroit dans un pays
08:46ou même un continent, en fait.
08:47Et puis, il arrive à créer de la valeur
08:50en cross-polynisant ses différents business.
08:54C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:56celui qui a accès aux clients
08:58va pouvoir vendre tout ce qu'il a à vendre.
09:01Et Musk fait ça très bien.
09:03Demain, il va pouvoir vendre
09:05de la connectivité Internet dans ses voitures,
09:07il va pouvoir potentiellement vendre de l'IA
09:10au travers de Starlink.
09:12En réalité, il va avoir accès
09:15à une base de clientèle massive
09:17et il va probablement, du même coup,
09:21vider de sa substance des opérateurs
09:23chez qui il va aller chercher
09:24ces fameuses antennes.
09:25Autrement dit, les opérateurs
09:26vont conserver les antennes,
09:27mais ils vont perdre leurs clients.
09:29Ça va devenir des fournisseurs d'infrastructures.
09:30Il ne faut déjà plus les antennes.
09:32En fait, les antennes appartiennent
09:33à des tower compagnie pour la plupart.
09:34Ils avaient déjà sous-traité cette partie-là
09:36pour des raisons financières.
09:37Oui, c'était une image.
09:39Je veux dire, le fait de délivrer
09:41de la connectivité
09:43va être simplement un service d'infrastructure
09:47qui va être vendu à des acteurs
09:49qui vont monopoliser l'accès
09:50à une clientèle massive
09:52parce qu'ils ont des relais de distribution
09:54qui sont multiformes.
09:56La voiture, l'IA, le satellite,
10:00X, la plateforme de réseau social, etc.
10:03Donc, le vrai risque pour les opérateurs,
10:06c'est effectivement qu'ils se vident
10:07de leur substance
10:08et que ça devienne des vendeurs d'infrastructures,
10:10ce qui est potentiellement pas rentable.
10:12Et pour le reste du monde,
10:14peut-être qu'on traitera aussi de ce sujet
10:16parce que la Commission européenne
10:17est en train de se réveiller sur le sujet,
10:20le risque, c'est pour les opérateurs
10:22du reste du monde
10:23et en particulier d'Europe.
10:24Si Elon Musk commence à faire
10:26exactement la même chose
10:27en mobilisant les infrastructures européennes,
10:30ils vont évidemment se vider
10:32de leur clientèle
10:33qui va passer par SpaceX,
10:37X, XAI ou Tesla.
10:39Et ça, c'est un vrai problème
10:40pour nos opérateurs,
10:42potentiellement à terme.
10:43Christophe ?
10:44Oui, mais je pense que...
10:45Ben oui, je pense que...
10:46Je crois qu'il y a un élément
10:47qui est très important,
10:48c'est vraiment d'avoir à l'esprit
10:53l'importance de la relation consommateur.
10:56Le fait de posséder cette relation-là,
10:59elle est essentielle.
10:59parce que sinon,
11:01il y a tout un ensemble de services
11:02qui se commoditise,
11:03ce que vous dites avec la connectivité
11:05pour les opérateurs télécoms.
11:06S'ils viennent juste fournisseurs
11:07d'infrastructures,
11:08ils seront en compétition
11:09les uns par rapport aux autres,
11:10ils ne seront pas à bout...
11:11Il faut vraiment être présent
11:12au bout de la chaîne.
11:12Et lui, il ne peut pas juste dire
11:13le futur de Starlink,
11:15c'est d'être...
11:16de vendre des heures
11:18de communication satellite
11:19en marque blanche
11:20à des opérateurs.
11:21Ce n'est pas du tout son truc.
11:22Il voit plutôt l'inverse.
11:24Bon, ce que ça dit aussi quand même,
11:27c'est que même si on est tous admiratifs
11:28devant Starlink,
11:29c'est qu'on voit bien
11:31qu'il a besoin quand même
11:32d'infrastructures terrestres.
11:34On ne peut pas imaginer
11:35puisqu'il faut pouvoir pénétrer
11:37dans les bâtiments,
11:38il faut pouvoir adresser
11:39des zones très denses.
11:40Et ça, un opérateur juste satellitaire
11:43ne permet pas de le faire
11:44avec des niveaux de débit suffisants.
11:46Donc finalement,
11:47il a absolument besoin
11:48d'avoir cette infrastructure.
11:50Et c'est un investissement massif
11:52puisqu'il parle de 80 milliards,
11:54enfin un montant totalement monstreux
11:56s'il voulait couvrir
11:57tous les Etats-Unis.
11:59Certaines personnes voient
12:00dans cette démarche de Musk
12:01un bluff en fait
12:02pour faire peur
12:04aux opérateurs télécom
12:06et pour en inciter certains
12:08à lui donner un accord
12:09à la MVNO.
12:11Et ils risquent de se retrouver
12:13un peu dans cette situation
12:14avec ce dilemme du prisonnier
12:15qui avait été un peu le sujet
12:16au moment de Free d'ailleurs
12:17où finalement Orange
12:18avait été le premier à craquer
12:20en laissant Free
12:21se développer sur son réseau.
12:24Ça avait fait couler
12:25beaucoup d'an
12:25à l'époque d'ailleurs.
12:26C'est le dilemme du prisonnier.
12:28Si personne ne bouge,
12:29tout le monde gagne.
12:29S'il y en a qui bougent,
12:30tout le monde perd.
12:32Et en fait,
12:33on va voir ce qui va se passer.
12:35Il n'est pas du tout impossible
12:36qu'il y en ait un qui craque.
12:37Tu veux dire par là
12:37que Starlink pourrait passer
12:39un accord avec T-Mobile
12:40ou Verizon ?
12:41d'utilisation d'infrastructures
12:42en mode MVNO.
12:43C'est ça.
12:44Et à ce moment-là,
12:45en lui faisant concurrence aux autres
12:46mais potentiellement à lui-même.
12:48Donc c'est aussi un schéma
12:49qu'il faudra regarder
12:50parce qu'il peut aussi vouloir
12:54économiser quelques dizaines,
12:55même s'il n'est pas
12:55en manque de financement
12:56comme il le rappelle fortement
12:59dans sa capacité de financement
13:00dû au fait qu'il a justement
13:01toutes ces galaxies d'offres.
13:03Néanmoins,
13:04il pourrait se dire
13:05finalement à quoi ça me sert
13:06de monter moi-même,
13:08de posséder moi-même
13:09des tours
13:11ou des stations
13:12de relais.
13:13Thomas ?
13:14En fait,
13:15il y a quand même
13:15quelque chose,
13:16il y a deux hypothèses.
13:17La première hypothèse,
13:18je suis d'accord,
13:19il y a une hypothèse de bluff.
13:20Grosso modo,
13:21Musk est très frustré
13:22quand sa technologie
13:23n'est pas assez de temps
13:23à rentrer dans les termes
13:24de nos mobiles
13:25puisque quelque part,
13:25tu parlais de touchpoint,
13:26il a touchpoint voiture,
13:27il n'a effectivement rien
13:28dans la main des utilisateurs.
13:30Et donc,
13:31est-ce qu'il va avoir
13:32à cause de cette pression
13:34ce truc-là ?
13:34La deuxième chose,
13:35c'est que les opérateurs
13:37sont déjà devenus
13:37des boîtes vides.
13:38C'est-à-dire qu'ils ont
13:39pour des raisons financières
13:41externalisé à des tiers
13:42la gestion de leurs antennes.
13:44C'est-à-dire qu'ils louent
13:45ces mêmes antennes
13:46d'une manière exclusive
13:47ou non exclusive.
13:48Et donc,
13:49en faisant ce...
13:50En disant,
13:50voilà,
13:50moi j'ai l'accès aux consommateurs
13:51parce que je m'appelle Musk,
13:52etc.
13:53Et je peux aller directement
13:54acheter des tours
13:55pour avoir la distribution.
13:56Effectivement,
13:57la part qui reste aux opérateurs,
13:58mais c'est la question
13:59qui reste aujourd'hui ouverte,
14:00c'est,
14:01Musk est théoriquement
14:02le seul opérateur mondial.
14:04Même si tu t'appelles
14:05Etienne-T,
14:06même si tu t'appelles Orange,
14:07même si tu t'appelles Vodafone,
14:08tu finis par être
14:09la collection d'un grand nombre
14:10de pays.
14:10Et une des grandes déceptions
14:12du monde des opérateurs,
14:13c'est qu'il n'y a pas eu
14:14d'opérateur mondial
14:15alors que finalement,
14:16les terminaux sont quand même
14:17les mêmes.
14:17On utilise tous des iPhones,
14:19on utilise tous
14:20plus ou moins Android,
14:20etc.
14:21Donc,
14:21il n'y a pas eu cette globalisation
14:22comme il y a eu
14:23dans d'autres métiers,
14:24dans l'informatique par exemple,
14:26des opérateurs.
14:27Il y a cette hypothèse
14:28de créer un opérateur mondial.
14:29Le problème qu'ont
14:30les opérateurs
14:31pour devenir mondiaux,
14:32c'est la régulation.
14:33Donc,
14:33la vraie question
14:33qui reste ouverte
14:34pour nous tous,
14:35c'est de savoir
14:36si on va laisser Musk
14:37faire ça
14:38ou pas.
14:39Belle transition.
14:40Belle transition.
14:41Alors là,
14:42franchement,
14:43je reviens en troisième année.
14:45Là,
14:46comment dirais-je,
14:47le plat est passé
14:48nickel.
14:49Et oui,
14:50parce que derrière tout ça,
14:52il y a l'Europe.
14:52Et vous le savez,
14:54on n'a pas évoqué
14:55le sujet sensibles
14:56des fréquences.
14:56Parce que
14:58même si
14:59les satellites de Starlink
15:00sont à 300,
15:01ou 400 ou 500 km d'altitude,
15:03ils ont besoin
15:04de fréquences
15:05pour émettre
15:06en fait jusqu'au sol.
15:07Et ces fréquences,
15:08elles sont légiférées.
15:09C'est-à-dire que
15:10n'importe qui
15:11ne peut pas faire n'importe quoi.
15:12Et en Europe,
15:13notamment,
15:14ces fréquences
15:15appartiennent à l'Europe.
15:16Donc,
15:17ça veut dire que Starlink,
15:18en théorie,
15:19pourrait ne pas
15:21être autorisé
15:22à émettre
15:23de la même manière
15:24qu'aux Etats-Unis
15:24parce que
15:25ces satellites
15:26passent sur le continent européen.
15:28Et on voit
15:29qu'en ce moment,
15:29il y a ce bras de fer
15:30qui est en train
15:31d'être mis en place
15:32entre l'Europe
15:33et les autorités américaines,
15:36les Européens disent
15:37« Vous savez quoi ?
15:38On va se garder
15:3970% des capacités
15:41de ces fréquences
15:42pour nos projets
15:44européens de satellites.
15:45On vous en laissera 30. »
15:47Etats-Unis disent
15:47« Attention,
15:48si vous faites ça,
15:49vous allez le payer
15:49très très cher.
15:51Et ça va être
15:51des droits de douane,
15:53des taxes diverses
15:54et variées,
15:55etc. »
15:55Et là,
15:56la dernière information
15:57qui est tombée,
15:57c'est que la patronne
15:59du numérique
15:59de l'Europe a dit
16:00« On ne lâchera pas.
16:02Ces fréquences
16:04resteront européennes
16:05et elles ne seront pas
16:06distribuées
16:07aux opérateurs américains. »
16:09Ça complexifie la chose
16:11parce que d'un côté,
16:12on n'a pas d'équivalent
16:13à Starlink.
16:14Qu'est-ce qu'on va faire ?
16:15Ce n'est pas avec Iris Carré
16:16qu'on arrivera
16:16à avoir un service équivalent.
16:19On sait que les opérateurs
16:20télécoms,
16:21timidement,
16:21je ne sais pas si vous avez
16:22suivi ça la semaine dernière
16:23ou il y a 10 jours,
16:25ont lancé un communiqué
16:27de presse en commun
16:27pour dire
16:28« On réfléchit
16:29à créer une espèce
16:31de consortium
16:33avec les opérateurs européens,
16:35d'autres opérateurs européens.
16:36Il y a les Français
16:36mais il y a aussi
16:36l'Allemagne, je crois,
16:38et Telefonica.
16:40En Espagne, je crois.
16:42Et voilà,
16:43pour faire quoi ?
16:44On ne sait pas trop.
16:44Est-ce qu'ils vont lancer
16:45leur propre satellite
16:46ou s'accrocher
16:47à quelque chose
16:47qui existe déjà ?
16:49Donc voilà,
16:49c'est un sujet complexe
16:51où forcément,
16:51on n'a pas les meilleures cartes
16:52nous en Europe.
16:53Michel.
16:54Dans l'absolu,
16:56c'est une très bonne chose
16:57que l'Europe conserve
17:0070, 80%,
17:0060% de ses fréquences.
17:03Parce que
17:04la souveraineté...
17:05Oui, mais encore faut-il
17:05que tu les occupes.
17:06C'est ce que j'allais dire.
17:07C'est ce que je veux dire.
17:08La souveraineté,
17:09c'est d'avoir
17:10la liberté de choisir.
17:12C'est d'avoir,
17:13en l'occurrence,
17:13en tant qu'entreprise européenne
17:15ou en tant que citoyen européen,
17:17la possibilité
17:18de choisir
17:19telle ou telle solution.
17:20Si l'Europe...
17:21Et ça,
17:22c'est toute la critique
17:23qu'on peut faire
17:24à la Commission européenne.
17:25Si l'Europe
17:27fait cela,
17:28c'est-à-dire
17:28ce geste très fort
17:29qui est un...
17:30Le bras de fer
17:30avec les Américains,
17:31ça peut être très dur.
17:33S'ils font ce geste
17:35pour nous permettre,
17:36nous, Européens,
17:37de construire des alternatives
17:39pendant un temps donné,
17:40éventuellement,
17:41en même temps,
17:42en finançant
17:42ces alternatives,
17:44banco,
17:44allons-y.
17:45C'est une très bonne chose.
17:47Si, en revanche,
17:48il s'agit de freiner
17:49pour freiner
17:50et de ne pas donner
17:52ce temps
17:52qui est du temps gagné,
17:54ces opportunités
17:55pour des acteurs européens
17:56d'émerger,
17:57ça ne sert strictement
17:58à rien,
17:59ça nous laisse
18:00simplement en retard
18:01par rapport
18:02au reste du monde.
18:03Autant se jeter
18:04dans les bras
18:04des Américains
18:05et des solutions américaines.
18:06Donc, c'est toujours
18:07la même chose
18:08et c'est valable
18:09pour l'IA,
18:10c'est valable
18:10pour les voitures autonomes,
18:11c'est valable finalement
18:12pour toutes les technologies
18:13sur lesquelles
18:13nous sommes Européens
18:15attaqués par les Américains,
18:16mais pas que les Américains,
18:17par les Chinois aussi.
18:18Donc, très bien
18:19pour réguler,
18:20très bien pour nous donner
18:21du temps,
18:22gagner du temps,
18:23mais en même temps,
18:24il faut créer
18:24les conditions de financement.
18:26Il faut créer
18:26notre Starlink européen.
18:28Il n'y a pas à chipoter.
18:29Ça va nous coûter
18:3010, 15, 20 milliards,
18:31je ne sais pas combien,
18:32mais à l'échelle européenne,
18:33c'est quelque chose
18:34qui est envisageable.
18:35Donc, il ne faut pas s'y tromper,
18:37il y a une proposition européenne
18:39qui s'appelle OneWeb,
18:40E-Telsat.
18:41Donc, Iris Carré.
18:42Iris Carré,
18:42ils sont différents noms.
18:44Mais qui n'est pas dédié
18:45au grand public,
18:47qui n'est réservé que
18:47pour les entreprises
18:48et pour les gouvernements.
18:49C'est une question
18:50de modèle économique,
18:51c'est une question
18:52de combien on te donne
18:53de capital.
18:53Ce qui est formidable
18:54chez Elon Musk,
18:55c'est l'accès quasiment illimité
18:56à l'ensemble
18:57de l'épargne mondiale.
18:58Il faut voir
18:59ce qu'il a réussi
18:59à faire avec Starlink.
19:01Il a récupéré
19:021 milliard
19:03de valorisations.
19:05Thomas, ça coûte combien
19:06un Starlink ?
19:08Ça coûte combien ?
19:09Je ne sais pas,
19:09je ne peux pas te dire.
19:10Par contre, je sais
19:10qu'à peu près,
19:12je pense que OneWeb
19:13a déjà chiffré
19:14combien il avait besoin,
19:15à peu près une dizaine
19:16de milliards
19:17pour faire une constellation.
19:18Et le problème,
19:19parce qu'il faut revenir
19:19sur la problématique qu'on a,
19:21je parlais de
19:21qu'il faut avoir
19:22quelque chose à proposer,
19:23c'est que dans l'espace,
19:23ces choses se passent
19:24d'une manière
19:24un petit peu différente
19:25sur les satellites.
19:26C'est que le premier arrivé,
19:28premier servi.
19:29Et donc en fait,
19:29aujourd'hui,
19:30le retard qui s'accumule,
19:31ce n'est pas tant
19:31les fréquences,
19:32qui sont une des conséquences
19:33de ce qui se passe.
19:34Le problème aujourd'hui,
19:35c'est que si on ne lance pas
19:36assez vite des satellites
19:37dans l'espace
19:38pour occuper les orbites
19:39et derrière,
19:41diffuser des choses,
19:42et bien Starlink est.
19:44C'est pour ça
19:44qu'on appelle les Chinois,
19:45j'allais y venir,
19:47sont en train de le faire.
19:48Aujourd'hui,
19:49les Américains et les Européens,
19:50ils jouent le jeu.
19:52Les Chinois,
19:53ils disent non,
19:54mais nous on se débrouille
19:55de notre côté.
19:56Donc la guerre des fréquences,
19:57c'est juste un des aspects
19:58d'une guerre
19:59pour avoir la souveraineté du ciel
20:00et la souveraineté
20:02de la communication,
20:03en tout cas d'avoir
20:03des alternatives à Starlink.
20:05On s'en est rendu compte
20:06en Ukraine.
20:06Aujourd'hui,
20:07c'est incroyable de penser
20:08que du jour au lendemain,
20:10pour une décision de Musk
20:11ou de Trump,
20:12on ne sait pas trop,
20:13puisqu'il y a une sous-section
20:14de Starlink
20:15qui est une sous-section militaire,
20:17Starlink sert aussi,
20:18et bien tout d'un coup,
20:19on a décidé
20:19qu'ils n'avaient plus le droit
20:22de se défendre
20:22aussi bien
20:24deux heures avant.
20:25C'est quand même incroyable
20:25de penser que le degré
20:27de dépendance
20:27de la défense européenne
20:28est complètement basé
20:29sur la disponibilité
20:30de Starlink.
20:30Donc, un,
20:31l'Europe a raison,
20:32deux, il faut qu'on mette
20:33les 12 milliards
20:34chez M. Falachi
20:35et qu'un ancien opérateur
20:36de télécom,
20:36donc il comprend bien,
20:37et il faut qu'on lui donne
20:38les moyens d'y aller.
20:39J'ai assisté à ce monde-là
20:42et on est incroyablement
20:44gaulois.
20:45C'est-à-dire qu'on a
20:46quatre sociétés mondiales,
20:47de dimension mondiale,
20:49dans les télécoms
20:50et dans l'espace.
20:52Ces sociétés,
20:53jusqu'à présent,
20:53n'ont jamais été foutus
20:54de se mettre d'accord.
20:55C'est une honte
20:56si on regarde en tant que
20:57mais c'est une honte.
20:58Mais bien sûr.
20:59C'est le problème
21:00dans ce cas-là
21:00mais dans de très,
21:01très nombreux sujets
21:02européens.
21:03Mais c'est clair.
21:04En fait, on voit très bien,
21:05évidemment qu'il nous faut
21:05une constellation.
21:08Mais pour ça,
21:09ou il y a,
21:10tu as raison,
21:10c'est exactement,
21:11mais ça veut dire
21:12qu'à un moment donné,
21:13il faut être capable
21:13de mettre des moyens communs,
21:15de fédérer un certain nombre
21:17de choses.
21:17Mettre 15 milliards,
21:18ce n'est pas un problème
21:19à l'échelle européenne.
21:21Évidemment que c'est de l'argent.
21:23de faire un avion de défense
21:24commun entre la France
21:26et l'Allemagne,
21:27je ne connais pas le détail.
21:28C'est le même genre de problème.
21:29C'est le même genre de problème
21:30où d'un moment,
21:31il faut qu'on soit capables
21:32de mettre les moyens
21:33parce que sinon,
21:34ça va être encore une foucade.
21:36C'est-à-dire qu'on va dire
21:37on va dire,
21:38ah non, non,
21:39on a fait une souveraineté
21:40puis derrière,
21:41ça ne suit pas.
21:42Donc qu'est-ce qu'on va faire ?
21:42On va revenir en arrière.
21:44J'espère,
21:45j'espère que
21:46ce genre de prise de position
21:50très ferme,
21:51on a un peu réfléchi
21:53au coup d'après
21:54et à celui d'après
21:55en fonction de ce que vont faire
21:56les Américains.
21:57Aujourd'hui,
21:58ça reste assez incertain.
22:01C'est intéressant
22:02parce qu'on va rester
22:03dans la collectivité,
22:03mais on va passer
22:04du très très haut débit
22:05à très haute altitude
22:06à quelque chose
22:07de très très bas débit
22:09au niveau terrestre.
22:10Et je voulais qu'on en parle
22:11parce que c'est l'appli
22:12Beach Hat.
22:13Je ne sais pas si vous en avez
22:13entendu parler.
22:15C'est une appli qui fait,
22:16on va dire,
22:17la une de tous les médias
22:18mainstream depuis un moment.
22:20on va passer rapidement
22:22pourquoi elle est utilisée
22:23en ce moment
22:24et pourquoi elle explose
22:25les compteurs
22:26sur les App Store
22:27et les Android Store,
22:28etc.
22:29C'est parce qu'évidemment,
22:30pendant les manifestations,
22:32beaucoup d'étudiants
22:33s'en servaient
22:34par peur
22:35d'avoir des réseaux saturés,
22:36etc.
22:37Pas forcément
22:38par confidentialité
22:40parce que rien n'est confidentiel
22:41sur Beach Hat.
22:42En fait,
22:42il est très facile
22:43de retrouver les logs
22:44des personnes
22:45qui ont évidemment
22:47communiqué sur ce sujet.
22:48Mais moi,
22:48je trouve cette appli
22:50techniquement hyper intéressante
22:52parce qu'en fait,
22:54rappelons ce que c'est,
22:55vous installez Beach Hat
22:56sur votre téléphone,
22:56vous n'avez pas de Wi-Fi,
22:58vous n'avez pas de 4G,
22:58pas de 5G,
22:59vous n'avez pas de réseau,
23:01eh bien,
23:01vous allez pouvoir discuter
23:02avec des gens
23:02qui sont tout autour de vous
23:03dans un rayon
23:04de plusieurs centaines de mètres.
23:05Alors,
23:06Beach Hat dit 300 mètres,
23:07je ne sais pas trop,
23:08parce que ça passe en Bluetooth.
23:10Et donc,
23:11je trouvais intéressant
23:12de voir que
23:13les jeunes se sont emparés
23:14de cet outil
23:15parce que
23:15c'était pour pallier
23:17justement des problèmes
23:17de réseau,
23:18etc.
23:19Et c'est Jack Dorsey
23:20qui a inventé cette appli.
23:22Jack Dorsey,
23:23le fondateur de Twitter.
23:24Voilà.
23:25Michel.
23:25C'est assez extraordinaire
23:27comme technologie
23:28parce que,
23:29je ne sais pas si vous vous souvenez,
23:30il y a 30 ans,
23:32au tout début
23:32de l'arrivée du Wi-Fi
23:34en France,
23:35pour ceux qui s'en souviennent
23:36dans les années
23:3797 à 99,
23:39alors il y avait fun,
23:40mais il y avait surtout
23:41dans des petits groupes
23:43de hackers,
23:43ce qu'on appelait
23:44les Ricoré Parti.
23:45Qu'est-ce que c'était
23:46que les Ricoré Parti ?
23:47Les Ricoré Parti ?
23:47Les Ricoré Parti.
23:48Pas connu.
23:48On achetait des boîtes
23:49de Ricoré.
23:50C'est les boîtes de Ricoré.
23:52On achetait des boîtes
23:52de Ricoré,
23:53on vidait la boîte
23:54de Ricoré,
23:55ça faisait un tube
23:56en métal
23:56et on branchait
23:57la boîte de Ricoré
23:58au dos
24:01de routeurs.
24:02À l'époque,
24:03c'était vraiment
24:04des routeurs basiques
24:05et on avait
24:05des connexions
24:0654,
24:0856 kilobits
24:10et on créait
24:11des réseaux
24:12ad hoc,
24:13c'est-à-dire
24:13des mèches,
24:14des réseaux mèches,
24:15ce qui faisait
24:16qu'à l'échelle
24:18d'un arrondissement,
24:21tu avais Internet.
24:22Tu créais
24:23un réseau local.
24:24Ce n'était pas vraiment
24:25Internet.
24:26Oui,
24:26c'était...
24:26En fait,
24:27c'était le début
24:27de l'Internet.
24:28C'était vraiment
24:28le tout début
24:29des réseaux mèches
24:31Internet.
24:31Et je trouve
24:32que cette résurgence
24:34de B-Chat
24:35me rappelle
24:36cette époque-là
24:37à côté à cœur.
24:38Il y a un côté
24:39bidouille
24:39un peu sympathique
24:41et je me dis,
24:43je ne sais pas
24:44ce que tu en penses,
24:44Thomas,
24:45mais c'est aussi
24:46peut-être
24:46un outil
24:49de secours
24:50qui a l'air
24:51plus robuste
24:52que ce qu'on connaît
24:53aujourd'hui.
24:54L'histoire de Maracoda,
24:55c'est qu'on est
24:56les pionniers du Bluetooth.
24:56On est les premiers
24:57à essayer d'utiliser
24:58du Bluetooth
24:59dans des applications
24:59qui n'étaient pas faites
25:00pour faire des headsets.
25:01Une des premières applications,
25:03c'est ce qu'on appelait
25:03les réseaux ad hoc.
25:05C'est ce que vous voyez là.
25:06C'est un des anciens
25:10de notre petit réseau
25:11qui a créé un truc
25:11qui s'appelait FireChat.
25:13Les gens ont un peu oublié
25:14que pendant la révolution
25:15à Hong Kong
25:15des parapluies,
25:17ils avaient un outil
25:18qui ne s'appelait pas
25:18BitChat mais FireChat
25:19et qui est exactement pareil.
25:21Et donc quelque part,
25:23pourquoi ça marche ?
25:25C'est exactement
25:26comme pour Find My iPhone
25:28ou Find My Mac.
25:29Ou les tags,
25:30ou les AirTags.
25:30Les AirTags,
25:31c'est qu'on est arrivé
25:32à une densité d'appareils
25:34connectés au Bluetooth
25:35telle,
25:36avec essentiellement
25:37le déploiement partout
25:39de Android et d'iPhone,
25:40de BLE,
25:41de Bluetooth Low Energy
25:42qui était une puce
25:43qui consomme quasiment rien
25:44et qui est devenue
25:45une sorte d'interconnectivité
25:47des appareils
25:47qui fait que c'est devenu
25:49très facile de déployer.
25:50Ce qui est intéressant,
25:50c'est qu'au fur et à mesure
25:52que la densité
25:52d'appareils connectés
25:53augmente,
25:55le potentiel de ces objets
25:56explose.
25:57Et donc,
25:57c'est des objets révolutionnaires
25:59parce qu'ils ne s'arrêtent pas.
25:59C'est comme l'Internet,
26:00on envoie un message,
26:01on ne veut pas l'arrêter
26:02parce qu'il va toujours
26:02chercher un moyen
26:03d'arrêter ce truc-là.
26:05Il est limité quand même
26:06par la densité des trucs.
26:08Et alors,
26:08les gens oublient,
26:09mais Bluetooth,
26:10ça utilise une technologie radio
26:11qui s'appelle
26:11le Frequency Hopping
26:12qui a été inventé
26:13par Thompson CSF
26:14pour faire des radios militaires.
26:16Donc, en fait,
26:16c'est extrêmement robuste
26:17au brouillage.
26:18C'est européen, le Bluetooth.
26:20Oui.
26:20C'était fait par Ericsson
26:22et toute une série de boîtes.
26:23C'est une marque mondiale.
26:24mais historiquement,
26:25Bluetooth,
26:25c'est à cause du roi
26:28sur Ericsson.
26:28Mais ce qu'il faut comprendre,
26:30c'est que le Bluetooth,
26:32c'est une technologie
26:34inventée effectivement
26:34pour de la communication militaire.
26:36C'était le fameux système Rita
26:38qui était...
26:38Et qui est, en fait,
26:40il change de fréquence
26:41toutes les 56 secondes.
26:42Donc, ça veut dire que
26:43même si vous arrivez
26:44à interrompre à un moment quelqu'un,
26:47à 56e seconde d'après,
26:48il va retrouver un autre endroit
26:49où vous se retrouvez.
26:50Donc, c'est très résilient
26:52à un environnement hostile.
26:56Et donc, c'est pour ça
26:56que ces réseaux
26:57qui sont de plus en plus denses
26:58permettent de la communication efficace.
27:00Si j'ai bien compris,
27:01en plus, tu vas peut-être,
27:02comme tu es un spécialiste,
27:03nous expliquer,
27:03mais visiblement,
27:04moi, je me connecte
27:05au téléphone de Michel
27:07qui est à 100 mètres de moi.
27:09Je ne vais pas pouvoir
27:09capter ton téléphone
27:10qui est à 300 mètres.
27:11Mais en revanche,
27:12Michel va servir de relais
27:14et je vais pouvoir,
27:15malgré tout,
27:15t'envoyer un message à toi
27:16sans que Michel le voie,
27:18en plus.
27:18C'est comme ça.
27:19Tu sais qu'il y a des routeurs.
27:22Grosso modo,
27:23on en paquette des choses,
27:24on l'envoie à quelqu'un.
27:25Sans juste son travail,
27:26c'est juste de renvoyer
27:27le truc à l'adresse d'après.
27:29Et donc, ça peut marcher,
27:30ça peut partir très vite
27:32pas bien,
27:33parce qu'effectivement,
27:34ça suppose qu'il y ait quand même
27:35une probabilité
27:36de croiser quelqu'un.
27:37Mais on peut imaginer
27:38qu'au niveau français,
27:39je ne sais pas,
27:39au niveau de notre pays,
27:40si par exemple,
27:41tu as 10 millions de gens
27:42qui téléchargent Bitchat,
27:43on pourrait créer
27:44un mini réseau
27:46conversationnel
27:46et je pourrais discuter
27:47avec des personnes
27:48qui peuvent être
27:48à plusieurs dizaines
27:49de kilomètres de mois
27:51à partir du moment
27:52où la chaîne
27:53n'est pas cassée,
27:55en quelque sorte.
27:55Alors, c'est plus facile
27:56pour envoyer des messages
27:57que discuter en temps réel.
27:58C'est pour ça que,
27:59dans une manifestation,
28:00le temps réel,
28:00parce qu'il y a tellement de gens
28:01que ça marche très très bien.
28:03Effectivement,
28:03c'est pour ça qu'aujourd'hui,
28:05c'est les messages
28:06qu'on n'arrive pas à arrêter
28:07et qui sont effectivement
28:08ce que vous avez
28:09quand vous avez perdu votre iPhone.
28:10C'est la même technologie.
28:12Alors, en revanche,
28:12ce n'est pas crypté du tout.
28:13Non, non, non.
28:13C'est très ouvert.
28:15C'est pour ça.
28:16Parce qu'au début,
28:16on aurait pu se dire
28:17les étudiants se servent de ça
28:18pour ou les émeutiers,
28:20pour etc.
28:20Mais en fait, non,
28:21il n'y a rien de...
28:22À la limite,
28:22WhatsApp n'est plus crypté.
28:24Donc, ce qu'il faut dire,
28:25c'est que...
28:25Complètement.
28:26Moi, je ne lui prédis pas.
28:27Je pense qu'il y a une flambée.
28:28Mais objectivement,
28:29oui, c'est un outil
28:30quand il y a vraiment
28:31une menace très forte
28:32d'interdiction
28:34de réseaux sociaux.
28:35Et on voit très bien
28:35que ce sera peut-être
28:36sur les algorithmes,
28:37ce genre de choses.
28:38mais je ne lui prédis pas
28:40un futur très brillant
28:43dans le contexte
28:44dans lequel on est aujourd'hui.
28:45J'imagine un monde
28:46où il n'y a plus de Wi-Fi,
28:47où il n'y a plus de data
28:49pour des raisons,
28:49je ne sais pas.
28:50Par contre,
28:50comme outil de secours,
28:51il y a quelque chose
28:51qui explose,
28:52il n'y a plus rien.
28:52Il n'y a plus la raison.
28:52Eh bien, on va pouvoir...
28:54Enfin, s'il y a ce réflexe
28:55de se lancer
28:56dans ce type d'application,
28:57on pourrait malgré tout
28:57avoir un réseau de secours
28:59qui permettrait
29:01à des personnes
29:01de discuter à distance.
29:02L'internative,
29:03c'est le satellite,
29:03en fait.
29:08Maintenant qu'on sait
29:10qu'on a risque de guerre,
29:12et c'est vrai que c'est
29:13une réflexion
29:14qu'ont maintenant
29:14les Européens,
29:15il faut des réseaux résilients
29:17et donc il faut garder
29:19des réseaux physiques,
29:20il faut garder des réseaux...
29:21On pense aussi
29:22qu'on a besoin
29:23de ces débats sur la radio,
29:24il faut garder aussi
29:25la radio pour faire
29:25du broadcast
29:26parce que ça ne diffuse
29:27pas très bien.
29:28En fait, c'est bien
29:28pour faire du point à point
29:29mais pour balancer un message
29:30à plein de gens,
29:31c'est moins bien
29:32qu'une radio.
29:33Les antennes Ricoré
29:33ont tout inventé.
29:36Peut-être que vous captez BFM
29:37grâce à une antenne Ricoré.
29:39Non, mais je ne pense pas.
29:40Vous restez avec nous,
29:42toujours Thomas,
29:43Michel,
29:43Christophe,
29:44petite pause,
29:4519h31
29:45et on revient
29:46pour débriefer
29:47encore pendant
29:48une demi-heure
29:49l'actu tech du jour.
29:50A tout de suite.
29:53Tech & Co,
29:55la quotidienne
29:55sur BFM Business.