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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Merci d'être avec nous. Rendez-vous compte de la situation que nous vivons.
00:04Nous avons un contexte social inflammable, des revendications légitimes, oui,
00:08mais nous avons aussi parfois une jonction des haines qui s'enracinent dans le pays.
00:14Et avec cela, nous avons un climat politique délétère.
00:17Le tout à 5 mois et demi, 6 mois d'une élection présidentielle majeure
00:21qui doit faire basculer d'un côté ou de l'autre le destin de la France.
00:25On va en parler avec nos invités ce soir parce que la question majeure,
00:28est-ce qu'on peut avoir encore un moment d'unité, y compris dans les moments les plus tragiques et
00:33douloureux ?
00:34Nous sommes avec Roque Ayadjalo qui est resté avec nous, je l'en remercie,
00:37président de Politis, éditeur Aliso Guardian, Julien Audoul, merci de votre présence,
00:42porte-parole du Rassemblement national, député de Lyon, Bruno Jeudy nous accompagne,
00:46Yves Treyard également, et je remercie le président du parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, également avec nous.
00:55Un hommage national est prévu en mémoire pour les victimes de l'attentat raciste de Trappes,
01:00et quand on dit hommage national, généralement, je la crois, vous êtes d'accord,
01:04un hommage national c'est un moment de recueillement, c'est un moment de deuil, de rassemblement, d'unité,
01:09très sincèrement, vous croyez que c'est encore possible dans notre pays ?
01:12– Il va le falloir, il va le falloir, parce qu'après les scènes absolument scandaleuses, humiliantes,
01:17salissantes pour la République auquel on a assisté depuis quelques jours,
01:20il est plus qu'urgent et plus que temps que la classe politique,
01:24si elle ne veut pas se décrédibiliser définitivement…
01:27– Les scènes à l'Assemblée nationale ?
01:28– À l'Assemblée nationale, entre autres, mais sur les plateaux de télévision, partout,
01:32ça a été la guerre de tranchées pour savoir qui avait le droit de revendiquer le mort
01:36et qui n'avait pas le droit de le revendiquer, c'est un scandale.
01:39Un homme est mort, une famille est en deuil, une ville entière pense qu'elle a été victime
01:44d'une attaque terroriste raciste et ça a été dit par le parquet antiterroriste
01:48et vous avez une classe politique qui passe son temps à se demander
01:51s'il faut qu'elle se défende d'être en responsabilité de cette mort,
01:55vous avez passé plus de temps au Rassemblement national à expliquer
01:57que vous n'y étiez pour rien qu'à dire votre peine pour ce qui s'était passé
02:00et une autre classe politique qui passe son temps à expliquer que c'est toujours la faute des autres.
02:05On a besoin dans ce pays de montrer, avant que tout le monde soit balayé,
02:09définitivement par des citoyens excédés, de montrer qu'il y a un sens de la dignité,
02:13de la décence et de la responsabilité.
02:14Ce sens de la dignité, normalement, il pourrait venir aussi du chef de l'État.
02:18Moi, j'ai noté que le président de la République, Yves Tréa, a renvoyé dos à dos le RN et
02:22LFI,
02:23les uns pour leur supposé antisémitisme, les autres pour leur supposé racisme,
02:29comme ça, il n'y a pas d'attaque d'un côté ou de l'autre.
02:32C'est à la hauteur du débat. Est-ce qu'il faut appeler au calme ?
02:35– À mon avis, il aurait mieux fait de se taire là-dessus et de montrer sa peine pour l
02:41'acte qui a eu lieu,
02:42les morts qui ont, enfin le mort qui est tombé et les blessés qui ont été victimes de cet acte
02:50raciste,
02:51puisque effectivement, c'est tout à fait de les montrer.
02:53Et ne pas rentrer dans cette polémique pour savoir qui, que, quoi.
02:58Non, il y a du racisme en France. C'est une réalité.
03:02Il y a de l'antisémitisme en France. C'est une réalité.
03:05Parfois, ça peut arriver. Malheureusement, on aimerait que ça n'arrive jamais.
03:09Bon, ça arrive.
03:10– Oui, mais le débat, est-ce que la violence des mots précède la violence des actes ?
03:14Et dans ce cas-là, attention, ça va ouvrir, si je puis dire, une boîte de pandore,
03:17parce qu'on verra qui peut dire, et qu'est-ce qu'on peut dire ?
03:21Son rôle au président de la République, c'est d'être au-dessus de la mêlée.
03:26Et s'il veut être au-dessus de la mêlée,
03:28eh bien justement, il ne renvoie pas, il ne rajoute pas, si vous voulez,
03:33une pièce dans le jukebox de la démagogie et du populisme,
03:37parce que c'est exactement ce à quoi on assiste aujourd'hui.
03:40Il reconnaît l'acte raciste qui a eu lieu la semaine dernière.
03:45– C'est ce qu'il a fait vendredi soir.
03:46– Et voilà, mais oui, mais…
03:48– On a l'encheur des mots malheureux.
03:49– Et là, je regarde hier soir.
03:51– Ah, hier soir, mais vendredi soir à chaud, c'est ce qu'il a fait.
03:53– D'accord, mais ce soir, vous me parlez…
03:55– Avec une mémoire sélective, mais qu'il a corrigé.
03:57Moi, je parle de l'entretien qu'il a eu hier soir avec Hugo Décrit,
04:00où il renvoie dos à dos, vraiment, il dit…
04:02– Oui, oui, mais OK.
04:03– Ce qu'a fait d'ailleurs le Premier ministre à l'Assemblée nationale.
04:05– Non, mais il faut simplement qu'il dise, bon, ben voilà.
04:08Et puis, il y en a assez.
04:10Je suis tout à fait d'accord avec Guillaume Lacroix.
04:12– Il faut arrêter ce petit jeu qui, sincèrement, vous prenez la plupart des Français,
04:19ils disent, mais ils les envoient tous dans le mur, les uns et les autres.
04:22– Absolument.
04:23– Ils en ont marre.
04:24– Ils en ont marre.
04:25– Parce que, vous savez ce que c'est que cette histoire, ce débat-là,
04:28ce débat qui n'est pas un débat, qui est d'insulte publique,
04:32c'est que ça…
04:33– Ah, on vous sent énervé.
04:34– Ça les renvoie à leur propre, à ce qu'ils sont.
04:37La France, ce n'est pas ça pour eux.
04:39La plupart des Français se disent, mais non,
04:41on donne une image de nous qui n'est pas la nôtre.
04:45– Attendez, c'est important.
04:46C'est-à-dire que les électeurs, une partie de la France,
04:49qui votent pour la France insoumise,
04:51elles n'ont pas à être traitées d'antisémites
04:54et les électeurs du Rassemblement national, etc.,
04:57n'ont pas à être traitées de racistes.
04:59– On ne parle que de ça.
04:59– Vous êtes d'accord avec ça ?
05:00– Est-ce que vous avez remarqué que les Français,
05:02ils sont, aujourd'hui, ils défilent pour le pouvoir d'achat,
05:06ils sont mécontents de la façon dont se passe le débat politique,
05:09les jeunes sont dans la rue parce qu'ils estiment
05:11que leurs lycées ne sont pas au niveau,
05:13et on va saturer des médias avec ça ?
05:18– Mon sentiment, c'est que c'est peut-être trop tard,
05:20on va vous écouter, Julien Oudoul,
05:23c'est peut-être trop tard quand on voit un climat politique
05:26aussi délétère après un événement aussi tragique,
05:28de mémoire, je ne sais pas,
05:30mais j'ai rarement vu un débat politique aussi paroxystique,
05:33aussi tendu, à cinq mois et demi d'une présidentielle.
05:37– Mais c'est extrêmement triste de voir des réactions,
05:41de voir les outrances,
05:43de voir qu'un président de la République est indigne de sa fonction,
05:46effectivement, Emmanuel Macron…
05:47– Indigne de sa fonction.
05:48– Emmanuel Macron aurait dû, déjà, avoir la mesure nécessaire,
05:53avoir les propos nécessaires, effectivement,
05:55mais il les a, ils ont été corrigés, mais parler de tournants,
05:59alors même que depuis 2012, au moins 2012, nous avons des drames,
06:05des attentats, des Français qui sont tués pour ce qu'ils sont,
06:08que ce soit leur couleur de peau, leur origine, je peux terminer,
06:11ou leur religion.
06:13Donc, et vous avez une presse aussi qui s'est très mal comportée,
06:17notamment le journal Le Monde,
06:18qui a fait feu de tout bois et qui a essayé de faire porter le chapeau
06:21au Rassemblement national.
06:24Donc, effectivement, si on pouvait avoir un semblant d'unité,
06:26et surtout si on pouvait réfléchir sur les causes réelles
06:30de cette montée de violence,
06:32si on pouvait, encore une fois…
06:34– Non, mais on en est là, on en est…
06:36– Non, mais excusez-moi, on en est là,
06:38dans le débat politique aujourd'hui,
06:40puisqu'on voit bien que certains partis politiques,
06:44certains médias veulent exploiter ce drame,
06:46s'en délectent, comme s'il fallait à tout prix utiliser
06:50les larmes de la famille, comme s'il fallait à tout prix
06:53que le Rassemblement national paye pour un drame
06:55dont il n'a évidemment aucune responsabilité.
06:57– S'en délecter, c'est quand même…
06:58– Ah, mais je le dis parce que les messages, les tweets,
07:02et, je le redis, la rédaction du Monde
07:05qui a publié cet article infâme à partir de rien
07:09et cette construction qui a été démentie
07:11par le parquet national terroriste,
07:13tout ça a des conséquences.
07:14Je le dis parce que, Sonia Maroc, vous l'avez dit,
07:16derrière les partis politiques, il y a des hommes et des femmes,
07:19il y a des électeurs, il y a des gens qui sont visés
07:22et ensuite qui peuvent subir des menaces,
07:25des pressions ou des agressions.
07:28– Il n'y avait pas de tract RN dans la voiture du suspect
07:30qui est ce soir mis en examen.
07:33Et ce que le procureur a révélé aujourd'hui,
07:36et c'est pour ça que j'interroge tout ce débat-là,
07:39c'est qu'il y avait des autocollants
07:41qu'il a lui-même fabriqués, vive la France, vive le RN.
07:45– Qui ne sont pas des autocollants du Rassemblement national,
07:47vous faites bien de le dire.
07:49Et vous savez, j'entends…
07:51– Ça change beaucoup de choses.
07:53Vous savez, dans les manifestations violentes
07:55et dans la casse et dans les pillages,
07:57on a vu des gens avec des maillots de foot floquer Mélenchon.
08:01Dans ce cas, faisons le lien automatique avec Jean-Luc Mélenchon.
08:04– Dans la tuerie, dans la tuerie, autre exemple.
08:07– Les manifestants des manifestants…
08:08– Non mais attendez, si vous voulez…
08:09– Là c'est un terroriste.
08:10– Il y a une ambiance biologique qui est forte,
08:12tous ces personnes qui font ça.
08:12– Si vous voulez qu'on fasse des liens nauséabonds de ce type,
08:16la tuerie de Nanterre en 2002,
08:18qui a été l'œuvre d'un écologiste forcené
08:21qui a mitraillé le conseil municipal de Nanterre,
08:25dans ce cas, faisons payer le chapeau,
08:28en tout cas au vert et au parti écologiste.
08:31– Non mais attendez, attendez, c'est pas du tout…
08:33– Si je peux me permettre de…
08:34– En revanche, il y a dialogue, allez-y.
08:35– Non, la différence, c'est que Trappes,
08:37c'est une ville qui a fait l'objet d'une énorme estigmatisation,
08:40notamment du fait des personnes de votre parti,
08:42Jordan Bardella, a qualifié…
08:43– Et de l'Express.
08:44– Je vous permets…
08:46– Elle va terminer, puis vous réagir.
08:47– Oui voilà, Jordan, le monde n'a jamais qualifié Trappes de Trappistan.
08:51Le monde n'a pas dit que c'était une mini-république islamique,
08:54et même après l'attentat, il y a ici sur ce plateau
08:56une de vos députées qui a dit que Trappes était une mini-république islamique.
09:01Et après un attentat qui visait Trappes,
09:03sachant que le terroriste aujourd'hui dit qu'il a visé Trappes
09:05parce qu'il estimait que c'était un repère islamiste.
09:08Parce que tout à l'heure, vous disiez que c'était important
09:10de tenir compte de l'avis des Français.
09:12Je crois qu'aujourd'hui, ce qui compte, c'est l'avis des habitants de Trappes,
09:14qui sont sentis visés par une rhétorique qui les a désignés,
09:17en fait, à la vindique d'une personne
09:18qui a déclaré vouloir effectivement s'en prendre aux Noirs, aux Arabes,
09:22à des personnes d'origine nord-africaine pour venger les commerçants.
09:25Or, qui a répété toute la semaine
09:27que les personnes qui étaient responsables de la casse
09:30étaient des personnes d'origine étrangère ?
09:31Nicolas Bay, député du Rassemblement National au Parlement européen,
09:35rappelé à l'ordre par une députée européenne
09:37qui en a appelé à la présidente du Parlement
09:38considérant que ses propos étaient attentatoires aux droits humains.
09:41Donc oui, il y a une responsabilité dans les termes
09:43que vous avez répétés jour après jour,
09:45qui ont désigné non seulement les Trappistes
09:47à la vindicte populaire, mais aussi les personnes
09:48d'origine étrangère, puisque la personne,
09:51le terroriste présumé, s'en est pris à elle
09:53pour leur apparence physique.
09:55Bon, déjà, voir le réel,
09:58analyser le réel, encore une fois,
10:00c'est une nécessité quand on fait de la politique.
10:02Et qu'il y ait un problème de communautarisme
10:04et d'islamisme à Trappes,
10:06qu'il y ait eu un record de départ pour le djihad,
10:09c'est une réalité qui a été relayée
10:11par tous les journaux,
10:13y compris des journaux de gauche,
10:15et très à gauche, comme l'humanité.
10:17Donc, d'en parler, c'est une nécessité.
10:19Et oui, je le dis, effectivement,
10:20et nous le disons,
10:21les conséquences du communautarisme
10:23et de la complaisance avec les réseaux islamistes
10:26a gangréné le quotidien des habitants de Trappes.
10:28Ce ne sont pas les habitants de Trappes
10:30qui sont responsables.
10:30Est-ce que c'est une République islamique ?
10:32Est-ce que c'est une République islamique ?
10:33Excusez-moi, quand vous avez un professeur de la République,
10:36M. Didier Le Maire,
10:37qui a dû être exfiltré,
10:40exfiltré...
10:40Est-ce que Trappes est une République islamique ?
10:41Oui, les comportements, les commerces...
10:43Vous dites que Trappes est une République islamique ?
10:45Est-ce que Trappes est une République islamique ?
10:46Non, mais attendez, on n'est pas...
10:47Est-ce que Trappes est une République islamique ?
10:49Vous pouvez répéter 100 fois.
10:50Vous pouvez répéter aussi,
10:51vous pourrez répondre 100 fois.
10:52Si vous me laissez répondre, vous avez...
10:53Dites-moi oui ou non, selon vous.
10:55Alors, voilà, le respect,
10:57c'est de laisser parler les gens.
10:58Allez-y, vous allez lui répondre
10:59et on va élargir le débat.
11:01C'est très difficile pour vous,
11:02mais on n'est pas encore au tribunal.
11:02De respecter les gens ?
11:03C'est difficile pour moi de respecter les gens ?
11:05Ça arrivera dans très, très peu de temps,
11:06Mme Diallo.
11:07Allons sur le fond, s'il vous plaît.
11:14Je ne vous casse pas, on va se régaler.
11:16Mais très clairement,
11:18la ville de Trappes,
11:19effectivement, gangrénée
11:21depuis de très nombreuses années
11:22par un islam radical,
11:24par un islam politique,
11:26par des réseaux islamiques,
11:27sinon vous n'auriez pas autant de départs
11:28pour le djihad qu'il y a eu en Syrie et en Irak.
11:31C'est une réalité.
11:32Vous pouvez le nier.
11:33C'est parce que je vous ai posé une question.
11:35Est-ce que c'est une République islamique ou pas ?
11:36C'est votre question.
11:37Attendez, je vais jouer mon rôle, s'il vous plaît.
11:40Et là, vos propos sont délirants
11:42parce que ça a des conséquences.
11:43Aujourd'hui, un commerçant a été menacé de mort.
11:46Alors si chacun qui prononce un mot
11:48va avoir une connexion.
11:49Parce qu'un individu voulait venger
11:50ce qui s'est passé à Trappes.
11:52Il y a quelqu'un qui est mort.
11:53Attendez, s'il vous plaît.
11:55Vous vous en moquez.
11:55S'il vous plaît.
11:57Pas du tout.
11:58La violence des mots
12:00entraîne-t-elle la violence des actes ?
12:01C'est-à-dire, est-ce qu'on peut mettre un signe égal ?
12:03Est-ce qu'on peut dire les choses
12:04sur certains sujets régaliens dits sensibles
12:08sans tomber aussi dans l'outrance ?
12:11Est-ce qu'aujourd'hui, dans un débat politique,
12:13Bruno Jeudy, qui est inflammable
12:15et qu'on doit aux Français sur tous les sujets,
12:18est-ce qu'il est possible de dire des choses
12:19où est-ce que certains estiment
12:21qu'il y a des mots qui ne peuvent plus être dits ?
12:23Des constats à tort ou à raison ?
12:26Ça, c'est aux Français d'en décider dans les urnes
12:28ce qu'ils en pensent.
12:30Et est-ce que certains responsables,
12:32responsables politiques,
12:34parce que certains estiment qu'il faut un cordon sanitaire,
12:37n'ont plus, selon certains,
12:39à être dans le débat public et médiatique aujourd'hui ?
12:41C'est ça la question.
12:42Sur l'affaire de l'individu de Coignères,
12:45suspecté d'avoir tué cet homme vendredi dernier,
12:49on a sous réserve de l'enquête,
12:51on verra ce qu'il en est,
12:52mais il est clair que sur cet esprit-là,
12:55un discours, une ambiance a pesé
12:57pour aboutir à ce drame vendredi.
13:00Et il aurait pu être pire sans l'appui,
13:02sans le fait qu'il n'y ait personne sur le marché,
13:03parce qu'il avait quand même une arme automatique,
13:05il pouvait tuer,
13:06et ça pouvait être réellement
13:08beaucoup plus de personnes.
13:09Il faut quand même bien remettre ça dans le contexte.
13:11Donc c'est quelqu'un qui, à un moment,
13:13décide de se lancer dans un rodéo
13:15où il va tuer des dizaines de personnes,
13:17parce qu'il est...
13:19En plus, on est sur le cas d'un individu psychiatrique.
13:24Moi, je vous pose la question.
13:25Si la violence des mots entraîne...
13:27Oui, les mots peuvent tuer.
13:29Alors dans ce cas-là,
13:29où vous mettez le curseur de chaque mot, de chaque thème ?
13:32Mais Sonia, ils peuvent tuer à toutes les époques.
13:34Lorsqu'il y a des débats,
13:36ce n'est pas d'aujourd'hui,
13:37sauf que le débat s'est enflammé
13:39après le 17 octobre.
13:42On ne peut pas raisonner
13:43sans remettre ça dans un contexte, évidemment.
13:47Mais vous vous rendez compte que dans ces moments...
13:48Vous avez le spectacle à l'Assemblée nationale,
13:50quand même.
13:51Oui, mais vous savez,
13:52c'est pas nouveau.
13:52Une minute après la minute de silence.
13:55Il n'y a même pas eu cinq minutes de concorde,
13:56de toute façon, dans cette affaire.
13:57C'est pas nouveau.
13:58Vous savez, si on ne va pas si loin que ça,
14:01d'ailleurs, le débat entre les gaullistes
14:03et les communistes,
14:04c'était musclé quand même.
14:06Très musclé, même.
14:07Et on s'accusait de tous les mots.
14:10Monsieur Trier,
14:11dans six mois,
14:12le destin du pays
14:14va aller d'un côté ou de l'autre.
14:15il y a une chose qu'il ne faut pas oublier.
14:18C'est qu'il y a ce qui se passe
14:19à l'Assemblée nationale.
14:21Nous, c'est notre métier,
14:22on regarde ça très près,
14:23avec beaucoup d'assiduité.
14:24Je ne suis pas persuadé
14:25que les Français regardent ça
14:27de la même façon.
14:28Moi, je pense que les Français
14:29regardent leurs problèmes personnels,
14:31leurs problèmes collectifs
14:32dans la ville,
14:33dans le lycée,
14:34dans le...
14:35Mais ils ne suivent pas exactement ce que...
14:38Et cette classe,
14:39ce personnel politique,
14:41je n'aime pas parler de classe politique,
14:42ce personnel politique
14:44est largement,
14:45très largement,
14:46discrédité.
14:47Si vous regardez aujourd'hui
14:49ce qui se passe
14:50dans les études d'opinion,
14:52vous apercevez quand même
14:54qu'il y a un éclatement
14:55des intentions de vote.
14:56Très bien.
14:57Mais il y a une offre alternative
14:59pour les six mois qui arrivent ?
15:01Ça veut dire que les Français,
15:02eux-mêmes,
15:02sont très divisés.
15:04Après, je pense que les Français,
15:05parmi les Français,
15:06il y a quand même des Français
15:07qui se sentent insultés
15:08en permanence par les discours
15:09qui sont notamment mobilisés
15:10par le Rassemblement national.
15:11Les gens de Trappes,
15:12quand vous les interviewez
15:13sur la manière dont on a parlé
15:14de leur ville,
15:15dont on les a désignés,
15:15encore une fois,
15:16à la vindicte populaire,
15:17dont on a aussi stigmatisé...
15:18C'est votre interprétation.
15:19C'est votre interprétation.
15:20Quand j'entends quelqu'un
15:20qui dit des hordes de racailles
15:21et d'origine étrangère,
15:22j'entends origine étrangère,
15:24et moi-même,
15:24je me sens vivée.
15:25Il y a eu la même chose.
15:26Quand il y a eu des mots,
15:28c'est pas...
15:29Non, c'est Nicolas Bay.
15:30C'est Nicolas Bay.
15:30Nicolas Bay n'est pas
15:31au Rassemblement national.
15:32Ça, je comprends.
15:32Il faut aussi réviser ses fiches,
15:34madame Gallo, vous voyez.
15:35Quand il y a eu les attentats,
15:37les attentats terroristes,
15:38notamment les attentats
15:39à Toulouse
15:41contre une école juive,
15:43quand il y a eu
15:43l'affaire l'hypercachère,
15:45vous ne croyez pas
15:46que certains
15:48se sont tournés
15:49vers la France insoumise
15:51en disant
15:52vous ne croyez pas
15:52que quand on fait
15:53un discours
15:56où on parle
15:57de Glucksmann
15:58et d'Epstein,
16:02vous ne croyez pas
16:02qu'on sort toujours
16:04de l'ambiguïté
16:05à ses dépens ?
16:06Mais c'est pour ça
16:07que vous dites
16:07d'un côté ou de l'autre,
16:08ce n'est pas possible
16:09d'avoir un débat politique
16:10comme ça.
16:11Ou alors on se dit
16:11qu'il n'y a plus de débat.
16:12Ou alors on se dit
16:13qu'on va enjamber
16:14une élection qui est majeure.
16:15Mais comment vous pouvez penser
16:16que des forces politiques
16:17qui sont représentées
16:18par des millions
16:19d'un côté ou de l'autre
16:20ne puissent pas tenir
16:21un débat
16:21ni sur un plateau
16:22ni dans un espace politique ?
16:24Ou alors,
16:24M. Lacroix,
16:25on ferme la boutique ?
16:27Les Français sont en train
16:28en tout cas
16:28de se demander
16:28ce qu'ils vont faire
16:29de la boutique
16:30et ils sont inquiets.
16:31Ce qui est certain,
16:32c'est qu'on ne peut pas
16:33continuer d'avoir des débats
16:34comme on les a ce soir.
16:35Parce qu'on ne peut pas
16:36nier le problème islamiste
16:38qui peut exister à Trappes.
16:40Moi, je ne l'ai jamais nier.
16:41Et on l'affronte
16:42avec des réponses
16:43régaliennes,
16:44franches,
16:45des réponses laïques
16:46et pas laïcs
16:46à géométrie variable.
16:48Pas laïcs
16:49à géométrie variable
16:50comme vous,
16:50M. O'Doul,
16:50puisque le Rassemblement National
16:52est devenu laïc
16:52depuis qu'il a découvert
16:53qu'il pouvait s'en servir
16:54vis-à-vis de l'islam
16:55jamais pour les autres religions.
16:56Non, vous vous êtes construit
16:57contre la laïcité,
16:58vous n'allez pas me la faire à moi.
16:59Pas du tout, M. O'Doul.
17:00Reprenez vos classiques.
17:01Vous êtes très loin
17:02d'être le grand défenseur
17:03de la laïcité.
17:04Ne lisez pas
17:05que M. Bainville,
17:06ça vous fausse
17:06dans vos relations.
17:08Vous avez raison,
17:09il a agressé Blum physiquement.
17:10Heureusement que vous êtes
17:11un bouclier pour les Juifs de France.
17:12Non, M. O'Doul,
17:15on peut devoir,
17:16et on doit affronter l'islamisme,
17:18mais on ne doit
17:18à aucun moment se dire
17:19que finalement,
17:21on peut comprendre
17:22qu'il y ait eu
17:23un attentat terroriste raciste.
17:25Parce que là,
17:25on est en train de faire des liens
17:26qui n'ont pas lieu d'être
17:27entre eux
17:27quand on croit
17:28à l'État de droit,
17:28quand on croit
17:29à la République,
17:30quand on croit
17:31à l'intelligence des gens.
17:32On parle d'un problème
17:33et on ne le lit pas
17:35à un autre.
17:36Il n'y a pas de lien
17:37entre le fait
17:38qu'il y a des problèmes
17:39liés à l'islamisme à Trappes
17:41et de lien
17:42avec le fait
17:42qu'une personne
17:43se sent autorisée
17:44à prendre un fusil,
17:45à foncer dans la foule,
17:47à tuer des innocents,
17:48à tenter de tuer une enfant.
17:49Mais comment en arrivez-vous
17:51dans votre esprit tordu
17:52à considérer
17:53que quand on parle
17:54de la mort d'un homme
17:57à Trappes,
17:58on en est amené
17:59à parler de l'islamisme à Trappes ?
18:01Non, c'est vous
18:01qui en avez parlé.
18:02C'est vous
18:03qui en avez parlé.
18:04Quand l'union,
18:04elle est déjà impossible
18:06sur...
18:06Vous savez,
18:07M. Oudoul,
18:08je vais aller au bout
18:08de mon raisonnement
18:09et puis je vais vous laisser la parole.
18:10Non, parce que votre raisonnement
18:10est immonde.
18:12Vous allez lui répondre,
18:13M. Oudoul.
18:13Vous savez, M. Oudoul,
18:14quand Mme Le Pen,
18:15au bout de 30 ans
18:16de vie politique,
18:17troisième ou quatrième
18:18candidature à l'élection présidentielle,
18:20quand elle défend
18:20le principe
18:21de la préférence nationale
18:22et qu'elle se sent,
18:24laissez-moi finir,
18:25et qu'elle se sent obligée...
18:26Le congo gagnant.
18:27Et qu'elle se sent...
18:28Mais laissez-moi finir,
18:29vous allez comprendre
18:29ce que je vais dire.
18:31Et qu'elle se sent obligée
18:32de préciser
18:32que les musulmans
18:33sont intégrés dedans.
18:3530 ans après vie politique
18:36et troisième ou quatrième
18:38candidature à l'élection présidentielle,
18:40elle se sent obligée
18:40de préciser
18:41dans une télévision
18:42que les musulmans
18:43sont compris
18:44dans la préférence nationale.
18:45C'est donc, M. Oudoul,
18:46que ça n'allait pas de soi.
18:47Et ça, c'est la responsabilité
18:48de votre parti politique.
18:50Allez, la réponse
18:50de Julien Oudoul,
18:51qui en accueillera
18:52une nouvelle invitée.
18:53Je suis très heureux, M. Lacroix,
18:54que vous abordiez ce sujet
18:56parce qu'il est central.
18:58Effectivement,
18:58ça ne va pas de soi.
18:59Vous savez pourquoi ?
19:00Parce qu'il y a des gens
19:01comme vous,
19:01il y a des gens à gauche
19:02qui considèrent
19:03que la priorité nationale,
19:05qui est le souhait
19:06de Marine Le Pen
19:06et Jordan Bardella,
19:08ils la font passer
19:09pour une priorité raciale.
19:10Ce qui est totalement ridicule
19:12et totalement anti-républicain.
19:14Je précise,
19:15et c'est important,
19:16que dans 95%
19:18des pays du monde,
19:19vous avez la priorité
19:20pour les nationaux
19:21par rapport aux étrangers.
19:22Vous l'avez au Maroc.
19:23Au Maroc, notamment,
19:24vous avez la priorité
19:25pour acquérir des terres.
19:27Vous avez la priorité
19:28au logement.
19:28Vous avez la priorité
19:29pour certains métiers.
19:31Ça ne choque personne.
19:33C'est une démocratie.
19:33C'est une démocratie
19:34avant d'être une monarchie.
19:37Allez, s'il vous plaît,
19:38parce que je veux parler aussi
19:39de ce qui nous attend.
19:41Il y a beaucoup de journalistes
19:42en prison au Maroc.
19:43Ne pas pouvoir, effectivement,
19:45parler de la priorité nationale.
19:47Parce que certains, comme vous,
19:48nous disent que c'est du racisme.
19:49Ça ne me pose aucun problème.
19:50Parce que certains nous disent
19:51que c'est du racisme.
19:52Et on en parle, allez, s'il vous plaît.
19:54La priorité nationale a bien raison
19:55de préciser que la priorité nationale,
19:57elle s'appliquera à tous les Français,
19:59quelle que soit leur origine,
20:01quelle que soit leur religion,
20:02quelle que soit leur...
20:02Je veux laisser la place
20:03à tous les Français.
20:04Je veux laisser la place
20:05à la jeunesse.
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