Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 30 minutes
Vendredi 6 novembre 2026, retrouvez Juliette Hazart (Médecin addictologue, et conférencière), Catherine Simonin (Membre du bureau, France Assos Santé) et Didier Adda (cofondateur, KLAVA) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à l'avenir de la santé.
00:13Dans cette émission, on s'intéresse au sevrage tabagique.
00:16En France, le tabac reste la première cause de mortalité évitable, avec environ 75 000 décès chaque année.
00:23Et si les risques sont bien connus, arrêter de fumer reste difficile pour de nombreuses personnes,
00:28car la dépendance ne se résume pas à une question de volonté.
00:32Alors comment mieux accompagner les fumeurs vers l'arrêt ?
00:35Quels traitements, quelles politiques de prévention et quelles innovations peuvent faire la différence ?
00:40Pour en parler, je reçois Catherine Simonin, membre du bureau de France Asso Santé,
00:45présidente de la commission Société et Politique de Santé de la Ligue contre le Cancer,
00:50et Juliette Hazard, médecin addictologue, conférencière, auteure de Mon Ado est accro aux réseaux sociaux
00:57chez De Bouc Supérieur.
00:58Arrêter de fumer, c'est aussi pouvoir compter sur ceux qui sont passés par là.
01:03Camille s'est rendue à Brest pour rencontrer un ancien fumeur
01:07qui accompagne désormais d'autres personnes dans leur sevrage.
01:11Et puis, l'intelligence artificielle peut-elle aider à arrêter de fumer ?
01:15C'est le pari de Clava Innovation, une start-up française qui développe Kitoxil,
01:20une thérapie numérique dédiée au sevrage tabagique.
01:23Son cofondateur, Didier Hadda, sera avec nous.
01:31Bonjour à toutes les deux, bienvenue dans Santé Futur.
01:34Bonjour.
01:34Catherine Simonin, en 10 ans, la France compte 4 millions de fumeurs quotidiens en moins.
01:41Comment expliquer cette baisse ?
01:43Alors, le mois sans tabac, qui existe depuis de nombreuses années aujourd'hui
01:47et qui est vraiment sollicité par les associations parce qu'un fumeur sur deux souhaite arrêter.
01:54Et souvent, c'est très difficile parce que c'est une addiction absolument difficile pour l'arrêt.
02:03Et souvent, il y a des rechutes.
02:05Et donc, c'est un parcours d'accompagnement.
02:08Et c'est aussi, le mois sans tabac, un domaine où les pères sont là pour aider.
02:14Et il y a des addictologues aussi à distance qui peuvent aider les personnes.
02:18Donc, c'est très important de leur dire de s'inscrire sur la plateforme.
02:20Et puis, cette baisse, elle masque aussi des inégalités face au tabagisme.
02:24Absolument.
02:25Les CSP moins, c'est-à-dire les personnes les plus vulnérables socialement, fument beaucoup plus.
02:30Les CSP plus comprennent plus les messages de santé publique.
02:34C'est le problème.
02:35C'est tout l'universalisme proportionné qui n'est pas forcément réalisé.
02:39C'est essayer d'aller vers les plus vulnérables pour leur donner un conseil court à l'arrêt.
02:44Parce que l'arrêt est toujours bénéfique, même si c'est tard.
02:48Et donc, évidemment, il faut les encourager.
02:52Mais après, c'est un parcours où il faut savoir les orienter, les accompagner et qu'ils se sentent soutenus.
02:57Autrement, ça ne marche pas.
02:59Juliette Hazard, pourquoi est-il si difficile d'arrêter de fumer, même lorsqu'on connaît les risques ?
03:03C'est difficile d'arrêter de fumer parce que l'addiction, c'est une maladie chronique.
03:07Donc, ce n'est pas une question de volonté.
03:09C'est une maladie chronique du cerveau.
03:10Une idée très ancrée pourtant.
03:12Tout à fait.
03:13Donc, au même titre qu'avoir une hypertension artérielle ou un diabète, on ne choisit pas de développer un diabète,
03:16on ne choisit pas de développer une addiction.
03:18Donc, il y a vraiment une dysrégulation au niveau du cerveau, une perte de contrôle qui se met en place,
03:22qui fait que même si on a envie de diminuer ou d'arrêter, c'est compliqué.
03:27Vous distinguez plusieurs formes de dépendance, physique, psychologique, comportementale.
03:31Pourquoi faut-il agir sur ces trois dimensions ?
03:34Alors, en effet, dans l'addiction au tabac, il y a cette dépendance qui s'entremêle.
03:37Et pour bien préparer l'arrêt et pour arrêter de fumer, c'est important de prendre en compte ces trois
03:41dimensions.
03:42Donc, la dépendance physique, c'est en fait tous les signes qu'on va avoir à l'arrêt du tabac
03:47parce que c'est lié au manque de nicotine.
03:49La nicotine, c'est la substance dans le tabac qui entretient la dépendance, qui donne envie de fumer.
03:53Donc, à l'arrêt du tabac, on peut avoir des envies fortes de fumer, qui sont difficiles à contrôler, des
03:59troubles de la concentration, de l'irritabilité.
04:01Et là, ce qui peut marcher, ça va être des médicaments comme des substituts de nicotinie qui vont soulager sa
04:05dépendance physique.
04:06La deuxième dépendance, c'est la dépendance comportementale.
04:09Donc, c'est toutes les routines comportementales.
04:11Par exemple, on va associer la cigarette, l'association Café Clop, la cigarette à la fin d'une réunion, au
04:18moment d'une pause.
04:19Donc là, ça va être travaillé sur toutes ces routines comportementales, de les déconstruire pour mieux préparer l'arrêt.
04:26Et la troisième dépendance, c'est la dépendance psychologique.
04:28Donc là, c'est la place que prend la cigarette dans la régulation des émotions, dans la régulation du stress
04:33et les croyances qui sont associées.
04:35Par exemple, on peut se dire, je ne peux pas arrêter de fumer parce que j'en ai besoin pour
04:40lutter contre le stress.
04:41Alors qu'en fait, c'est une idée reçue.
04:44Parce que la cigarette, elle vient juste soulager l'anxiété qui est liée au manque de nicotine entre deux cigarettes.
04:50Elle ne vient pas du tout soulager notre stress de fond ou notre anxiété de base.
04:54Au contraire, à l'arrêt du tabac, on va diminuer notre anxiété de base.
04:59Donc là, ça va être de travailler sur ces idées reçues et de trouver de vrais moyens de réguler ses
05:04émotions et de réguler son stress.
05:06Quels sont aujourd'hui les traitements les plus efficaces pour arrêter de fumer ?
05:10Le traitement de première intention, après avis d'un professionnel de santé, pour lutter contre cette dépendance physique,
05:15ça va être les traitements à base de substituts nicotiniques.
05:19Souvent, on associe des patchs, donc une forme qu'on applique sur la peau, une forme transdermique qui va diffuser
05:23de la nicotine en continu,
05:25qui va lutter contre l'envie forte de fumer, contre les signes de manque.
05:29Qui sont largement utilisés.
05:30Qui sont très, voilà, largement utilisés.
05:33Remboursés.
05:33Qui sont remboursés depuis plusieurs années.
05:35Et qu'on va associer souvent à des formes orales.
05:37Donc ça peut être des gommes à mâcher, des pastilles à sucer, des sprays bucaux qui vont lutter contre les
05:43envies ponctuelles de fumer.
05:44On sait que c'est l'association des deux qui va vraiment augmenter les chances d'arrêter le tabac.
05:49Et puis on peut associer ces méthodes-là à des méthodes comme les TCC,
05:53qui sont des thérapies cognitives ou comportementales,
05:55qui vont nous aider à modifier nos schémas de pensée,
05:58modifier nos habitudes qui entretiennent la dépendance.
06:01Par exemple, la croyance, j'ai vraiment besoin de fumer pour gérer une réunion stressante.
06:06Donc là, ça va être de travailler sur toutes ces idées reçues
06:10et trouver de vrais moyens de faire face aux situations anxiogènes.
06:15Catherine Simonin, même après plusieurs mois sans cigarette, le risque de rechute existe.
06:21Le suivi de patients est suffisamment organisé pour prévenir ces rechutes ?
06:24Alors c'est très difficile parce qu'il y a l'envie irrépressible de fumer qui continue parfois.
06:29Alors il y a la nicotine, certes, ça aide énormément.
06:32Mais il y a tout le volet comportemental, associer la cigarette à des sorties,
06:37à des pauses pendant le travail, avec son café le matin.
06:41Donc c'est changer ses habitudes.
06:42Il faut éviter ces pauses ?
06:43Voilà, il faut biaiser un petit peu son cerveau, il faut tromper son cerveau.
06:47C'est-à-dire, si la cigarette vient avec le café, on met du lait dans le café
06:50et puis comme ça on ne prend pas la cigarette.
06:52Ou alors on prend un thé au lieu du café et à la pause, on évite les pauses où on
06:56dit
06:57« je ne fume plus ».
06:58Et ça c'est important de savoir dire « non, je ne fume plus ».
07:02Ce sont les retours que vous avez, c'est difficile au sein de l'entreprise d'assumer ?
07:06Oui, absolument.
07:06Il y a toutes ces routines qui sont des routines sociales
07:10et qui disparaissent si on se met à l'écart.
07:13Donc il faut savoir dire « non, je ne fume pas ».
07:15Ça peut être excluant encore aujourd'hui à notre époque ?
07:17Oui, absolument. Et puis après, il faut se méfier aussi d'un autre facteur,
07:20c'est le tabagisme passif.
07:22Aujourd'hui, il y a 1100 décès par an liés au tabagisme passif.
07:26Donc ça aussi, c'est une intoxication.
07:28Le tabagisme passif, ça peut être une pause club avec ses collègues ?
07:32Absolument, parce que vous respirez la fumée de la cigarette du voisin.
07:36C'est aussi les enfants à l'école et on a vraiment à la Ligue,
07:39et moi j'y ai contribué, de porter ces espaces sans tabac devant les écoles
07:44pour protéger les enfants du passage quatre fois dans la journée dans un nuage de fumée.
07:50Ils ne l'ont pas souhaité les enfants.
07:52Et pourtant, ils étaient obligés, à la sortie de l'école,
07:54il y avait tous les fumeurs, les parents,
07:56et là, ils passaient à travers un nuage de fumée.
07:59Et après, c'est dénormalisé.
08:01C'est-à-dire que la Ligue agit beaucoup sur les espaces sans tabac
08:04et d'élargir les espaces sans tabac,
08:06parce qu'en Suède, ils l'ont fait et ça marche.
08:08C'est-à-dire, si vous interdisez le tabac dans plusieurs rendez-vous sociaux,
08:13les terrasses de café,
08:16bon, à l'intérieur des restaurants maintenant, c'est interdit,
08:18les bars, c'est interdit.
08:19Donc, il faut élargir ces zones sans tabac.
08:22Comme ça, fumer devient anormal.
08:25Et ce n'est plus normal.
08:26Et quand un enfant voit ses parents fumer,
08:28il va plus fumer que quelqu'un qui a des parents non-fumeurs, par exemple.
08:33Juliette Hazard, comment aborde-t-on une rechute dans un parcours de sevrage ?
08:36Alors, la rechute, je pense que c'est important de ne pas l'aborder comme un échec,
08:40mais comme une victoire différée,
08:42parce que dans la maladie addictive, c'est une maladie chronique.
08:45Donc, on passe par des moments de rechute avant un arrêt définitif.
08:49C'est comme quand on a un diabète, il y a des moments où le taux de sucre dans le
08:51sang va un petit peu se déstabiliser,
08:53va augmenter.
08:54Puis, on va ajuster les traitements, l'accompagnement pour aller vers un rétablissement.
08:58Donc, c'est important, je pense, de le voir comme une victoire différée,
09:01parce qu'à chaque reconsommation, la personne, elle apprend, en fait, de cette expérience.
09:07Elle voit ce qui a fonctionné, ce qui est compliqué,
09:11comment ajuster sa boîte à outils.
09:14Donc, je pense que c'est important de l'aborder comme ça
09:17et de comprendre qu'on dit qu'en moyenne, il faut passer par cette rechute
09:22avant d'arrêter définitivement.
09:24Oui, j'allais dire que c'est inévitable, finalement, la rechute.
09:25Alors, pas forcément inévitable, c'est une moyenne.
09:28Mais voilà, c'est important aussi d'être dans l'espoir, comme dans toute maladie.
09:32C'est possible de se rétablir.
09:34Mais voilà, ce n'est pas une question de volonté.
09:36Donc, il faut aussi déculpabiliser les personnes
09:39et on peut être tout à fait déterminé dans sa vie professionnelle
09:41et avoir du mal à arrêter de fumer.
09:43Et ce n'est pas du tout contradictoire.
09:45Catherine Simonin, Le Monde consacrait récemment un article
09:48au retour de la cigarette dans l'imaginaire de la Gen Z
09:51alors que les jeunes fument de moins en moins.
09:54Est-ce qu'on assiste à une nouvelle glamourisation de la cigarette ?
09:57Oui, c'est-à-dire que les fabricants du tabac,
10:00c'est tout l'aspect marketing.
10:02Les marques qui essaient de trouver des dérivés
10:05pour attraper des personnes dans l'addiction.
10:08Et très, très jeunes, ça commence vers l'âge de 9 ans.
10:10Donc, il y a aussi les jeunes qui se retrouvent en groupe
10:13et les faits de groupe.
10:14Donc, c'est apprendre très tôt aux enfants
10:18et aux adolescents de savoir dire non
10:20et de savoir dire, ben non, je protège ma santé
10:23et mon bien-être.
10:24Parce que ce n'est pas la santé au niveau maladie lointaine
10:26comme un cancer qu'il aura dans 10 ans.
10:29C'est, mais je respire mieux aujourd'hui.
10:30Si je fume, je respirerai moins bien.
10:33La peau, si j'ai de l'acné, je vais avoir plus d'acné.
10:35Mais la peau sera grise au bout d'un moment.
10:38Et puis le goût aussi que l'on perd.
10:42Et puis aussi l'oxyde de carbone qui nous intoxique.
10:45Parce que l'intoxication à l'oxyde de carbone,
10:47quand vous avez un poil défectue, vous pouvez en mourir.
10:49La cigarette, c'est tous les jours.
10:51Donc, on est intoxiqué à petite dose, mais on est intoxiqué.
10:53Donc, c'est ces facteurs-là d'information et des TCC,
10:58c'est-à-dire des techniques cognitivo-comportementales,
11:00qui accompagnent ces enfants pour dire non.
11:04Mais non à la cigarette, non à la drogue, non à l'alcool.
11:07Enfin, non à tout ce qui pourrait altérer leur santé.
11:09Donc, c'est utiliser les TCC en prévention, en fait.
11:11Oui, c'est ça.
11:12C'est-à-dire qu'il y a la dénormalisation,
11:15et puis il y a l'accompagnement de savoir dire non,
11:17et s'affirmer en disant non.
11:19et ne pas faire, je dirais, le mouton de panurge
11:22qui suit les autres ados,
11:24parce que ça fait bien de fumer.
11:25Et le marketing va très loin,
11:27puisqu'il y a eu les patches de nicotine
11:29qui, aujourd'hui, sont interdits.
11:30Et on a lutté pour qu'ils soient interdits,
11:32parce que la nicotine, c'est le facteur addictif de la cigarette.
11:36Donc, on met des patches dans la bouche,
11:38on a la dose de nicotine maximale à ne pas dépasser,
11:41et après, on tombe fatalement dans le tabac.
11:43Donc, c'est plutôt les adultes qui l'utilisent.
11:44Ah ben, il y a aussi les adolescents.
11:47Juliette, cette valorisation de la cigarette
11:48sur les réseaux sociaux,
11:50elle peut favoriser l'entrée dans l'addiction ?
11:54Oui, tout à fait.
11:55Elle peut favoriser l'entrée dans l'addiction,
11:57l'expérimentation, c'est-à-dire la première consommation.
11:59Et on sait que plus la consommation a lieu tôt,
12:04en fait, dans la vie d'un adolescent, d'un jeune,
12:07plus il a de risque de développer une addiction à l'âge adulte,
12:09que ce soit à la substance qu'il a expérimentée jeune
12:11ou à une autre substance.
12:13parce que le cerveau d'un jeune n'est pas mature.
12:16La maturation du cerveau,
12:17elle intervient autour de 25 ans,
12:19même maintenant, on dit autour de 30 ans.
12:21Donc, les jeunes sont plus vulnérables.
12:23C'est plus difficile pour eux de dire non
12:25parce qu'il y a certaines zones du cerveau
12:26qui ne sont pas développées.
12:27Donc, c'est important aussi de les aider
12:28à développer leurs compétences psychosociales.
12:30Donc, c'est toutes les compétences
12:31qui les aident à réguler leur stress,
12:34leurs émotions
12:34et à faire des choix éclairés pour leur santé
12:36et à être plus en capacité de dire non
12:38quand ils le souhaitent.
12:39Donc, ça, ce sont aussi des techniques
12:42qui sont mises en place,
12:43qui sont développées dans les écoles
12:45qui aident à prévenir les addictions
12:47et à les aider à faire des choix plus favorables
12:51pour leur santé de demain.
12:53Catherine Simonin,
12:53vous défendez l'augmentation du prix
12:55du paquet de cigarettes.
12:56C'est le levier le plus efficace à ce jour
12:59pour faire arrêter les fumeurs ?
13:00Oui, absolument.
13:01Parce qu'en fait, le fumeur,
13:02à la fin du mois, quand c'est difficile,
13:05il voit ce que coûte le tabac.
13:06Et c'est un levier fondamental
13:08pour aller vers le sevrage.
13:09Et donc, oui, on favorise l'augmentation.
13:13Mais après, il y a le problème européen.
13:15C'est un sujet qui devrait être traité
13:18au niveau européen
13:19pour éviter que dans un pays voisin,
13:22ce soit moins cher,
13:23qu'il y ait des pays qui vendent
13:24pratiquement au prix coûtant.
13:26Et puis, le commerce parallèle
13:29qui se met en place.
13:30Et donc, ce n'est pas bon
13:31parce que ce sont des cigarettes
13:32qui ne sont pas forcément saines.
13:34Enfin, elles sont trafiquées.
13:35On ne sait jamais.
13:36Donc, c'est très compliqué.
13:38Et il faut éviter ça.
13:40Et après, effectivement,
13:42c'est un levier qui agit
13:43vers le basculement de la personne
13:46et le choix d'aller vers un sevrage.
13:48Vous partagez ce point de vue ?
13:49Oui, tout à fait.
13:49C'est un levier efficace.
13:50Le tabagisme touche davantage
13:53de populations précaires.
13:54On le disait en début d'émission.
13:55Comment expliquer ces inégalités
13:57face à la dépendance ?
13:59Alors, les personnes en situation précaire
14:01sont en effet plus vulnérables
14:03par rapport aux addictions.
14:04Déjà parce que leur priorité,
14:06ça va être d'assurer
14:07leur sécurité alimentaire,
14:09d'assurer d'avoir un logement.
14:10Et on sait que quand on est en instabilité
14:13au niveau du logement
14:14et pour se nourrir tous les jours,
14:16on ne peut pas penser à sa santé.
14:18C'est la priorité, c'est la base.
14:20Et puis, ils ont aussi parfois
14:24moins capacité de comprendre,
14:26ça a déjà été dit,
14:27les messages de prévention.
14:29C'est pour ça qu'on doit vraiment
14:31adapter les messages,
14:33parler à tout le monde
14:34pour aider ces personnes
14:36qui sont en situation
14:36de vulnérabilité socio-économique
14:38et qui sont encore plus à risque
14:40de développer des addictions,
14:41qui sont aussi plus à risque
14:42les personnes sans abri,
14:44je pense aussi à elles,
14:46qui sont vraiment
14:46en grande souffrance mentale
14:47et les troubles psychiatriques,
14:50les problèmes addictifs
14:52sont souvent aussi
14:53intriqués au sein de pathologies
14:55qu'on appelle
14:56les pathologies duels.
14:57Donc, ces personnes
14:58sont plus à risque
14:59du fait de cette précarité
15:01de subir des souffrances mentales,
15:04de subir des troubles psychiatriques
15:06et donc aussi
15:07de développer une addiction
15:07parce qu'il faut bien penser
15:09qu'une addiction
15:10ne survient pas par hasard.
15:11une consommation,
15:12elle vient aussi à un moment
15:14souvent soulager
15:15une souffrance mentale,
15:16donc soulager une dépression,
15:17soulager un trouble anxieux,
15:19soulager un burn-out aussi
15:21dans le milieu professionnel.
15:23Alors, je ne sais pas
15:23si on l'a plus estimé,
15:24en tout cas,
15:25on le prend maintenant
15:26beaucoup en compte
15:27et on s'intéresse
15:28à la fonction du produit.
15:29Donc, au-delà
15:29de prescrire un médicament,
15:31c'est qu'est-ce que la cigarette,
15:32elle m'apporte à cet instant.
15:34Est-ce que c'est une pause ?
15:35Est-ce qu'elle vient
15:35me soulager un manque ?
15:36Donc là, on s'intéresse
15:37à la dépendance physique.
15:38Est-ce qu'elle vient soulager
15:39un épuisement professionnel ?
15:40Est-ce qu'il n'y a pas
15:41un burn-out derrière ?
15:42Donc, je ne dis pas
15:43que derrière chaque cigarette,
15:44il y a une souffrance profonde,
15:45mais c'est de comprendre
15:46le fonctionnement au quotidien.
15:48Qu'est-ce que m'apporte
15:49la cigarette dans mon quotidien
15:51pour mieux préparer l'arrêt
15:52et pour augmenter
15:53ses chances d'arrêter
15:55définitivement le tabac ?
15:57Restez avec nous,
15:58toutes les deux.
15:59On passe tout de suite
15:59à la chronique de Camille.
16:05On connaît les groupes d'entraide
16:07pour les personnes
16:08dépendantes à l'alcool,
16:09mais beaucoup moins
16:10ceux qui existent
16:10pour arrêter de fumer.
16:12Camille, tu t'es rendue à Brest
16:13où tu as rencontré
16:14un ancien fumeur
16:15qui aide aujourd'hui
16:16d'autres personnes
16:17à se libérer du tabac.
16:18Oui, Pierre,
16:19que j'ai pu rencontrer
16:20via le projet Aster
16:21lancé par l'association
16:22Je ne fume plus
16:23et ce qu'on appelle
16:24un père aidant dans le tabac,
16:27un accompagnant père tabac.
16:28Alors concrètement,
16:29qu'est-ce que c'est ?
16:30Il s'agit en fait
16:31d'accompagner en parallèle
16:32avec le tabacologue
16:33les personnes
16:35dans leur sevrage tabagique
16:36qui rencontreraient des difficultés
16:38via des appels téléphoniques.
16:40Donc la fréquence dépend
16:41de chaque personne accompagnée.
16:43L'avantage de ce type d'approche,
16:44c'est bien sûr
16:45le pouvoir du vécu
16:46car c'est plus facile
16:48de comprendre
16:49quelqu'un
16:49qui a traversé
16:50la même période,
16:51qui comprend
16:51les symptômes
16:52de l'addiction.
16:53c'est en tout cas
16:54ce que m'expliquait Pierre.
16:56La personne qui est accompagnée
16:58se sent écoutée
16:59par quelqu'un
17:00qui comprend en fait,
17:01qui comprend mieux la maladie
17:03ou qui comprend mieux
17:04les symptômes
17:04pour lesquels
17:05il est en difficulté.
17:08Ça permet de se livrer aussi.
17:09La personne se sent vraiment
17:10dans une possibilité
17:12d'avoir un rapport
17:13d'égal à égal en fait.
17:14On n'est pas entre
17:15le sachant,
17:18tabacologue
17:18et le soigné.
17:21Ce n'est pas le soignant-soigné,
17:22c'est l'accompagnant
17:23et l'accompagnée.
17:25Le tabacologue
17:25n'est pas forcément
17:26un ancien fumeur
17:27donc il n'a pas
17:28l'expérience du vécu.
17:30Il ne peut pas
17:31avoir ressenti
17:32les mêmes choses que nous
17:33et du coup
17:34ne peut pas répondre
17:36de la même manière,
17:37n'aura pas la même façon,
17:39la même réflexion
17:39autour du ressenti
17:41de la personne
17:42qui veut des réponses
17:43par rapport à sa consommation.
17:44Je pense que
17:45c'est vraiment le fait
17:46d'avoir partagé
17:47une expérience commune
17:49en fait.
17:50Donc on rappelle
17:50que la paix-rédance
17:51ne remplace pas
17:52le suivi médical,
17:54il le complète
17:55notamment avec
17:55cette notion d'entraide
17:56et Pierre,
17:57il apporte quelque chose
17:59en plus,
17:59c'est une notion d'espoir
18:01et de prouver
18:01qu'on peut se sevrer
18:03même quand on a l'impression
18:05d'avoir touché le fond.
18:07Je me souviens très bien
18:08d'une période de ma vie
18:09où je n'avais pas d'argent
18:10du tout
18:12et j'étais obligé
18:13de quémander
18:14pour avoir des cigarettes
18:15et c'est horrible en fait
18:16parce qu'on se sent
18:17vraiment dans une obligation
18:19de devoir se soulager
18:21de ce manque-là
18:22mais c'est plus fort
18:23que nous quoi.
18:24Ça nous prend en entier.
18:26On ne sait pas faire autrement.
18:27J'en suis arrivé
18:28à récupérer
18:30des bouts de clopes
18:31pour en refaire.
18:31Enfin vous voyez,
18:32c'est devenu quand même
18:33pas terrible,
18:34mais c'est comme ça.
18:36Mais ça fait partie
18:36de l'addiction.
18:37C'est-à-dire qu'après,
18:38on ne pense qu'à ça.
18:39On voit une clope par terre,
18:40on sait qu'on n'a pas de sous,
18:41on ne peut pas en acheter,
18:41on en prend,
18:42on la récupère,
18:42on en fait une autre.
18:42Donc Pierre illustre bien
18:44le fait d'être
18:45ce qu'il l'appelait
18:46être vraiment
18:47attaché à une addiction
18:49et la sensation
18:50d'être sorti
18:50d'une forme de prison.
18:52Alors justement,
18:53est-ce que la paire aidance
18:55a sa place
18:56dans l'accompagnement
18:57et quelles pourraient être
18:59ses limites ?
19:01Par exemple,
19:01Catherine Simonin ?
19:02Alors nous,
19:03on a des groupes d'entraide
19:04à la Ligue contre le cancer
19:05et ça marche
19:06parce que justement,
19:08c'est aussi
19:08tous les patients partenaires,
19:10les patients ressources
19:11qui accompagnent des gens
19:12qui ont connu déjà la maladie
19:14et qui accompagnent
19:15les autres qui sont
19:15dans la maladie.
19:16C'est très intéressant
19:18et ça motive aussi
19:19les gens à s'accrocher
19:21puis c'est un repère,
19:23c'est-à-dire l'addictologue,
19:24il n'est pas à 100%
19:25du temps libre
19:26tandis qu'un patient perd,
19:28il peut être là.
19:29Après, attention,
19:31on remet le pied à l'étrier,
19:33ce n'est pas un accompagnement
19:34au long cours.
19:35Donc il faut savoir aussi
19:36arrêter à un moment donné
19:37mais expliquer que
19:38quand on va reprendre
19:39une seule cigarette,
19:40l'addiction va repartir,
19:42c'est quelque chose
19:43que la personne
19:45qui est dans l'addiction
19:46doit savoir
19:46quand elle est en cours
19:47de sevrage
19:48et cet accompagnement
19:50fait un renforcement positif
19:52du sevrage.
19:53Donc c'est aussi bénéfique.
19:55Mais après,
19:56il faut que ces personnes
19:56soient formées
19:58pour accompagner,
20:00avoir la bonne place,
20:01ne pas se substituer
20:02aux médecins,
20:03c'est très important
20:04et ne pas rentrer
20:05dans le parcours médical
20:06de la personne.
20:07Voilà,
20:08c'est tout l'enjeu
20:09d'avoir la bonne place
20:10et de rester à cette bonne place.
20:12Justement,
20:13quand j'étais avec Pierre,
20:14on a pu appeler du coup
20:15un des patients
20:15qui l'accompagnait
20:16et qui lui expliquait
20:18qu'il l'avait arrêté
20:19depuis trois mois
20:20après avoir passé
20:2142 ans à fumer
20:23et il ne pouvait pas
20:25sortir de chez lui
20:25sans avoir au moins
20:26une cigarette dans sa poche.
20:28Comment vous expliquez
20:29cette action ?
20:31Ça peut être lié
20:31au phénomène d'addiction,
20:32ça dépend dans quelle phase
20:33on se situe.
20:34Ça peut être
20:35le fait d'éprouver,
20:35ce qui a été dit tout à l'heure,
20:37le craving,
20:38cette envie répressive
20:39de fumer,
20:40les pensées obsédantes
20:41autour du tabac.
20:42Je suis en train
20:42de travailler,
20:43je suis avec ma famille,
20:44je ne peux pas m'empêcher
20:45de penser au tabac.
20:46Ce qui fait que ça va
20:47m'accrocher à la cigarette.
20:48Et puis,
20:49la dépendance physique,
20:50c'est ce qui
20:52souvent disparaît
20:53en premier,
20:53mais il y a toute la part
20:54de la dépendance psychique
20:55et comportementale.
20:56Toutes les croyances
20:57que le cerveau
20:58associé au tabac,
20:59le tabac va me permettre
21:01de me soulager,
21:01donc je ne peux pas
21:02sortir sans tabac,
21:04j'en ai besoin,
21:05ça peut être mon doudou.
21:05C'est le travail
21:07en effet sur toutes
21:08ces croyances
21:08et c'est des choses
21:09qui peuvent perdurer
21:10pendant assez longtemps.
21:12En effet,
21:13la paire aidant,
21:14ça peut vraiment
21:15être une approche,
21:16c'est une approche
21:17complémentaire
21:17dans le cadre
21:18des addictions
21:18comme dans toute
21:19maladie chronique.
21:20Elle se développe
21:21dans toutes les maladies
21:22et en addictologie,
21:24on travaille vraiment
21:24en approche
21:26pluridisciplinaire,
21:26ce qu'on appelle
21:27l'approche bio-psycho-sociale
21:28à la fois médicale,
21:29psychologique, sociale.
21:30On travaille
21:31sur le contexte
21:31environnemental
21:32et on s'aide bien sûr
21:33aussi de l'expérience
21:35des pères aidants
21:36et des patients experts
21:37également.
21:38Merci beaucoup,
21:39merci Camille
21:40pour ta chronique,
21:41merci à vous
21:42Catherine Simonin,
21:44membre du bureau
21:45de France Asso Santé,
21:46présidente de la commission
21:47Société et politique
21:48de santé de la Ligue
21:49contre le cancer
21:50et merci Juliette Hazard,
21:52médecin addictologue.
21:53On passe maintenant
21:53à la pépite santé.
21:59Arrêter de fumer
22:00demande souvent
22:01un accompagnement
22:01sur plusieurs mois
22:02avec des moments
22:03où le risque
22:04de rechute
22:05est plus important.
22:06Pour aider les patients
22:07au quotidien,
22:08la start-up française
22:09Clava Innovation
22:10développe Quitoxil,
22:12une thérapie numérique
22:13dédiée au sevrage tabagique.
22:15Pour en parler,
22:15je reçois son cofondateur
22:17et président Didier Hadda.
22:18Bonjour,
22:19bienvenue dans Santé Futur.
22:20merci de me recevoir.
22:21Didier,
22:22comment fonctionne Quitoxil ?
22:24Alors Quitoxil,
22:25on a entendu parler
22:26tout à l'heure
22:26sur le plateau,
22:27en fait,
22:27c'est basé essentiellement
22:28sur des approches
22:29cognitives et comportementales.
22:31Ça veut dire qu'aujourd'hui,
22:31le traitement
22:32de première intention
22:34qui est recommandé
22:35par la HAS,
22:36c'est essentiellement
22:37les substituts nicotiniques
22:38qui aident à la dépendance physique
22:40liée au manque
22:41de nicotine
22:42dans l'organisme.
22:43Nous,
22:43on intervient essentiellement
22:44sur la dépendance
22:45comportementale
22:46et psychologique
22:47qui,
22:47ce qu'on appelle pour nous
22:49une combothérapie
22:50associée aux substituts nicotiniques,
22:53multiplierait par deux
22:54les chances d'arrêt au tabac.
22:55Et qu'est-ce qui différencie
22:56finalement Quitoxil
22:57des autres applications
22:58d'aide à l'arrêt du tabac ?
23:00Alors nous,
23:01on se définit d'abord
23:02comme un médicament numérique,
23:04donc ça veut dire
23:05qu'on suit exactement
23:05le même parcours
23:07que les médicaments
23:08et donc l'approche
23:10que nous avons
23:10est une approche...
23:10Donc ça a été conçu
23:11par des médecins ?
23:12Ça a été conçu
23:13en partie par des médecins,
23:14également par des ingénieurs,
23:17au travers de comités
23:18de patients
23:18avec lesquels nous avons
23:20mis au point
23:21cette technologie.
23:22On n'a rien inventé
23:23de plus
23:24que ce qui est déjà utilisé
23:25par les tabacologues
23:26qui sont les approches
23:27cognitives et comportementales.
23:30Après,
23:31pour le parcours
23:33réglementaire et clinique,
23:34nous menons
23:35et nous avons mené
23:35plusieurs études
23:37qui,
23:38d'après la réglementation,
23:39permettra ensuite
23:40un accès au marché
23:41et son remboursement
23:42par l'assurance maladie.
23:43Mais c'est-à-dire que
23:43c'est conçu
23:44pour être utilisé
23:45entre deux consultations,
23:46par exemple ?
23:47Oui, ça n'a pas vocation
23:48à remplacer
23:50le professionnel de santé.
23:52En revanche,
23:52ce n'est pas du suivi,
23:53c'est vraiment une thérapie.
23:54On est vraiment
23:55une molécule numérique
23:58qui traite vraiment
23:59le patient
24:00comme un médicament
24:01ordinaire.
24:02Vous développez
24:03un système
24:03qui permet d'adapter
24:04l'accompagnement
24:04à chaque patient.
24:06Comment déterminez-vous
24:08le bon moment
24:08pour intervenir ?
24:10Alors déjà,
24:11il faut savoir
24:12que le premier ennemi
24:13du sevrage tabagique,
24:14ce n'est pas
24:15le manque de nicotine,
24:17c'est tout simplement
24:18l'abandon.
24:18En fait,
24:20les problématiques
24:21essentielles
24:21que l'on rencontre
24:22dans le numérique,
24:23c'est ce qu'on appelle
24:24la loi d'attrition,
24:25c'est-à-dire l'abandon
24:26du patient,
24:27l'abandon du patient
24:28sur son traitement.
24:29Avant même
24:30qu'il ait réussi
24:30à arrêter la cigarette,
24:34le problème,
24:35c'est l'abandon.
24:35Et comment nous le traitons ?
24:36Nous avons développé
24:37une brique,
24:37une brique d'IA,
24:38Intelligence Artificielle
24:39Propriétaire,
24:40qui s'appelle
24:41le DPO,
24:41c'est-à-dire
24:41l'optimisation
24:42de la personnalisation
24:44dynamique,
24:45qui permet que pour chaque patient
24:46a un traitement différencié
24:49et différenciant.
24:50Donc,
24:50si ces approches
24:51cognitives et comportementales
24:52sont un programme
24:53d'accompagnement
24:53de trois mois,
24:55cette personnalisation
24:56permet d'adapter
24:57un traitement
24:57pour chaque patient
24:58totalement différencié.
24:59Vous annoncez
24:59qu'un patient sur deux
25:00a réduit sa consommation
25:01après 30 jours
25:02d'accompagnement.
25:03Comment est-ce que vous avez
25:04mesuré ces résultats ?
25:06Alors,
25:06d'abord,
25:06on s'appuie
25:07sur des études en vie réelle
25:08et puis sur une étude
25:09que nous avons menée
25:10au sein du centre hospitalier
25:12Paul Brousse.
25:14Il faut savoir
25:14qu'aujourd'hui,
25:15le tabac est très difficile
25:17à s'en sortir
25:18puisqu'on a un taux de rechute
25:19qui est de l'ordre
25:20de 90%.
25:21Ça,
25:22c'est un chiffre
25:22extrêmement élevé.
25:24En fait,
25:24ce que nous visons,
25:25nous,
25:25aujourd'hui,
25:26c'est de multiplier
25:26par deux
25:27les chances d'arrêt
25:27en accompagnement
25:29aux substituts nicotiniques.
25:30Donc,
25:31aujourd'hui,
25:31effectivement,
25:32l'usage de cutoxyles
25:34sur la première étude
25:35permettait de démontrer
25:36qu'on avait une efficacité
25:37fois 5
25:38par rapport à une personne
25:39qui est simplement motivée.
25:40Donc,
25:40ça n'a pas
25:41une grande valeur scientifique.
25:42Aujourd'hui,
25:43la preuve scientifique,
25:44c'est de démontrer
25:45que la combinaison
25:46de ces thérapies
25:48cognitives et comportementales
25:49au travers cutoxyles
25:51et du substitut nicotinique
25:53soit deux fois plus importante
25:54que le substitut nicotinique
25:55tout seul.
25:56Et c'est dans ce cadre
25:57que nous allons mener.
25:58Nous avons déposé
26:00aux autorités
26:01une nouvelle étude,
26:02une étude extrêmement robuste
26:03puisqu'elle va toucher sur...
26:05600 patients.
26:05600 patients,
26:06exactement,
26:07qui est une...
26:08on appelle une RCT,
26:09une étude randomisée.
26:11Et donc,
26:12on va mesurer
26:14véritablement
26:15le taux de succès
26:16de cette application.
26:17Et dernière question,
26:18vous préparez
26:18une levée de fonds
26:19de 5 millions d'euros.
26:20Quelles sont vos priorités
26:21pour la suite ?
26:23Alors,
26:24nous,
26:24en fait,
26:24on cherche à développer
26:26cutoxyles
26:26à l'échelle nationale,
26:29évidemment,
26:29mais à l'échelle internationale.
26:30On a commencé
26:31par l'addiction
26:33au tabac
26:35et on va développer
26:36les autres addictions
26:37puisqu'elles sont toutes
26:38plus ou moins liées
26:39les unes avec les autres,
26:40avec les mêmes...
26:41Exactement,
26:41ça peut être l'alcool.
26:42On voudrait travailler
26:43également sur l'addiction
26:44au sucre,
26:45qui est un véritable
26:46problème de santé publique.
26:47Oui.
26:47Et notamment,
26:48le fait qu'on a exactement
26:49la même problématique
26:50que pour le tabac.
26:51On a développé
26:52une nouvelle molécule
26:53qui est le JLP1
26:54pour, justement,
26:55les troubles de l'obésité
26:56et autres.
26:57On aimerait développer
26:58également une combothérapie
27:00entre une approche
27:01cognitive et comportementale
27:03associée au JLP1.
27:04Merci beaucoup,
27:06Didier Haddac,
27:06cofondateur et président
27:07de Clava Innovation.
27:09Merci à vous
27:10de nous avoir suivis.
27:11À très bientôt
27:11sur Bsmart.
27:12Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations