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  • il y a 17 minutes
Laurent Guengant, PDG de Biomemory, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 27 octobre. Il s'est penché sur le lancement de la conservation des données informatiques sur ADN, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:05Bonsoir Laurent Guingamp.
00:07Bonsoir.
00:08Merci d'être avec nous sur le plateau Tech & Co ce soir.
00:11Plaisir, merci de m'avoir invité.
00:12Vous êtes le PDG de BioMemory.
00:14C'est ça.
00:15Tout est dit dans le nom, en fait, de cette société.
00:18On est à la, on va dire, dans le mix entre le digital, finalement, et, j'allais dire, le biologique,
00:26parce que c'est vrai que, dans l'inconscient de chacun d'entre nous,
00:29l'ADN, c'est quelque chose d'analogique, de biologique, finalement.
00:35Et vous partez du principe que l'on peut stocker des données sur de l'ADN.
00:40Tout à fait.
00:42Vous dites la nature, je dirais même plus que la biologie, la nature,
00:47puisque l'ADN est, on va dire, le support d'informations depuis des milliers et des millions d'années.
00:54On le connaît bien dans les domaines médicaux et biologiques.
00:59Et en fait...
01:00L'ADN est partout, en fait.
01:01L'ADN est partout.
01:02Dans le vivant.
01:03Et tant qu'il y aura du vivant, il y aura de l'ADN.
01:06Tant qu'il y aura du vivant, il y aura de l'ADN et des technologies pour lire l'ADN.
01:11L'un des éléments très intéressants avec l'ADN, c'est en fait sa densité,
01:17sa capacité à stocker des informations, des quantités d'informations massives
01:20sur des volumes relativement petits.
01:24Donc effectivement, depuis de nombreuses années, des chercheurs dans la biologie ont identifié
01:30ce qu'on appelle les caractéristiques du génome.
01:34Et il y a un certain nombre d'années, d'autres chercheurs se sont rendus compte
01:36qu'au lieu de stocker des informations sur les espèces,
01:41on peut stocker des informations informatiques, des données informatiques.
01:44C'est dingue parce qu'aujourd'hui, quand on stocke des données,
01:47on pense aux disques durs, les bons vieux disques durs magnétiques avec les disques,
01:52mais aussi le SSD.
01:54Et là, vous dites, il y a cette autre option, finalement,
01:59mais qui n'est pas concurrente finalement avec le stockage traditionnel.
02:03Pourquoi ?
02:04Parce qu'on pourrait très bien imaginer que demain,
02:06j'ai mon stockage, toutes mes photos, toutes mes données,
02:10stockées sur mon téléphone, sur BioMemory.
02:13En tout cas, sur de l'ADN.
02:14Oui, alors nous avons pensé qu'à l'horizon 2035-2040,
02:21le stockage de données sur l'ADN fera partie du quotidien de nos enfants.
02:28Enfin.
02:29Et des générations futures.
02:30Voilà, c'est ça.
02:30Aujourd'hui, on est à un niveau de maturité des technologies
02:34qui nous font nous concentrer sur ce qu'on appelle les données froides.
02:38Quand vous regardez le monde du stockage, stockage de données,
02:41il y a ce qu'on appelle les données chaudes.
02:42Donc, les données qui sont accédées en permanence à la seconde, etc.
02:47Et il y a les données froides.
02:48Ce sont des données qui ont une valeur typiquement stratégique, financière, secret, etc.
02:56Mais historiques, même des données souveraines.
03:00Culturelles.
03:01Voilà.
03:02Et ces données ont la caractéristique d'être, d'avoir, de ne pas être accédées de manière régulière.
03:09On doit les garder, c'est important, c'est vital, mais on n'a pas besoin d'y accéder de
03:13manière régulière.
03:14Et quand on veut y accéder, on peut attendre une heure, une journée, plusieurs semaines, en fonction des cas d
03:19'usage.
03:19Quand vous regardez le stockage de données, le marché du stockage de données au cours des dix prochaines années,
03:23qui va croître de manière exponentielle, ce qu'on ne sait pas, c'est que les données froides représentent aujourd
03:30'hui 60% de toutes les données
03:32qui sont générées aujourd'hui, en particulier avec l'IA, qu'on ne peut pas se permettre de perdre.
03:36Et ça va continuer à grandir en termes de proportion.
03:41J'ai même envie de dire que c'est l'héritage de l'humanité.
03:44Oui.
03:45On est d'accord.
03:46Mais ça fait penser à des films comme ça de science-fiction.
03:50Je me souviens, dans La planète des singes, il y avait des générations futures qui trouvaient des petits disques
03:55où on expliquait sur ces disques comment on vivait à l'époque où ont été créés ces disques-là.
04:02Alors, si on se projette, on peut imaginer aussi cet ADN comme étant un moyen de stockage hyper robuste,
04:09plus robuste que les moyens physiques qu'on a aujourd'hui ?
04:13Alors, tout à fait. En fait, il y a un point qu'on connaît, une donnée qu'on connaît,
04:22c'est qu'aujourd'hui, on est capable de séquencer de l'ADN d'animaux préhistoriques.
04:28Donc, dans les bonnes conditions, l'ADN résiste sur des millions d'années.
04:35Si on se projette sur des services de type informatique et des besoins d'intégrité de données,
04:41on est capable de garantir effectivement les informations sur l'ADN.
04:47Pour nous, dans notre première offre sur 150 ans, ce qui n'existe pas aujourd'hui avec les disques durs
04:52ou les bandes magnétiques.
04:53Il n'y a aucune comparaison possible.
04:55Il n'y a pas de comparaison possible. Et certains acteurs du marché qui travaillent sur ce secteur depuis un
04:59certain nombre d'années
05:00vont jusqu'à garantir ou proposer jusqu'à 800 ans.
05:06Donc, effectivement, il y a cette caractéristique de la longévité de l'ADN.
05:10Il y a un point qui est très important, c'est que dans les infrastructures aujourd'hui,
05:14encore disques durs magnétiques, on doit en fait faire ce qu'on appelle un refresh,
05:18c'est-à-dire une reconstruction, une remasterisation des données en fonction des cas d'usage,
05:22tous les 7, tous les 10, tous les 15 ans. Donc, on se retrouve dans une configuration où on stocke,
05:27on garantit l'intégrité des données.
05:29Et au bout d'un moment, il faut régénérer ce stockage ?
05:32Aujourd'hui. Et avec l'ADN, on se projette effectivement sur des infrastructures
05:36où on n'aura pas besoin de régénérer ce stockage sur des décennies, voire des centaines d'années.
05:42Sur quel volume ? Parce que c'est ça aussi qui est impressionnant.
05:45Alors, effectivement...
05:46Aujourd'hui, pour stocker... Enfin, je ne sais pas, je prends YouTube, par exemple,
05:50qui doit stocker des milliards d'heures de vidéos.
05:53Alors, évidemment, tout est éparpillé un peu partout dans le monde.
05:57Mais pour stocker beaucoup de données, ça prend de la place.
06:00Avec l'ADN, on stocke quoi ? Sur quelle surface ?
06:04Alors, ce qui est assez exceptionnel, c'est que l'ADN a une densité de 1 million à 1 milliard
06:13de fois plus importante
06:17que les disques durs ou les bandes magnétiques.
06:21Donc, il y a...
06:22Donc, ça veut dire que dans un grain de riz, je pourrais stocker...
06:25Alors, dans un grain de riz, on a des cartes ADN sur lesquelles vous avez des petits puits.
06:28La taille est à peu près celle d'un grain de riz aux deux fois où, théoriquement,
06:32et j'insiste sur le fait, théoriquement, on peut stocker un pétabyte d'informations.
06:36Si on pense en termes de...
06:37Un pétabyte, c'est 1000 Tera ?
06:39C'est 1000 Tera.
06:40C'est 1000 Tera, 1000 Tera, c'est 1000 Giga.
06:42Autant vous dire que 1000 Tera au T, ça fait beaucoup quand même.
06:44Ça commence à faire beaucoup.
06:46Alors, un autre élément, c'est en fait le foncier.
06:51On entend tous les jours parler des problèmes de construction de data center,
06:54l'impact sur le foncier, etc.
06:57L'ADN, le stockage de données sur ADN,
07:01permet de réduire le foncier par un facteur de 20 à 40,
07:05quand vous stockez les données.
07:08Maintenant, on est au début de cette industrie.
07:10C'est-à-dire qu'à lieu d'avoir, par exemple, un grand hangar,
07:12ça pourrait tenir dans une pièce.
07:13Enfin, schématise au maximum.
07:14Oui, oui, tout à fait.
07:15C'est fou.
07:16Maintenant, il y a des limites, des limitations,
07:18en toute honnêteté, sur la technologie aujourd'hui.
07:20C'est que la capacité de synthèse en termes de volume et quantité de données,
07:26on est au tout début.
07:27D'accord.
07:27C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
07:28Qu'est-ce qu'on stocke aujourd'hui sur...
07:30Aujourd'hui, vous stockez des fichiers qui font plusieurs dizaines de mégas
07:35en termes de taille.
07:38À l'horizon 2030, on sera au Tera.
07:41D'accord ?
07:42Donc, si vous regardez, si je reviens sur le marché du stockage de données froides,
07:45c'est un marché qui a une taille aujourd'hui d'à peu près 60 milliards d'euros.
07:49Oui, oui.
07:5060 milliards d'euros qui va croître à plus de 150 milliards d'euros en 2035.
07:56Sur ce marché, vous avez à peu près une soixantaine de cas d'usage.
07:59Sur des fichiers qui font 1 kilo, 1 méga, 1 giga, 1 Tera.
08:04Et aujourd'hui, on est capable de s'adresser à peu près à 10%
08:10de ce marché en raison des performances techniques qu'on a.
08:14Donc, on est sur une période sur 5-6 ans
08:16où au cours des 5 prochaines années,
08:18on va être capable de s'adresser à l'intégralité de ce marché.
08:22Mais on est encore au début avec des cas d'usage qui, quand même, fonctionnent.
08:26Certains cas d'usage qui fonctionnent aujourd'hui.
08:28Alors, je ne vous poserai pas la question de savoir si vous pouvez stocker des données
08:32pour améliorer l'intelligence artificielle.
08:35J'ai bien compris que vous n'êtes pas prêt pour ça.
08:37Mais malgré tout, j'aimerais vous poser une question sur ce sujet-là.
08:41Est-ce que demain, ça va véritablement s'accélérer
08:45au point de se dire que vous pourriez dans les data centers IA, par exemple ?
08:52Ou est-ce que c'est vraiment...
08:54On n'en est pas encore à imaginer ce type de choses ?
08:58Alors, c'est la stratégie de biomémory depuis le début.
09:01C'est-à-dire que vous avez certains acteurs sur le marché qui viennent du monde de la biotech
09:06et qui ont créé des solutions qui n'étaient pas, en termes de biologie,
09:12n'étaient pas nécessairement destinées à être intégrées dans les data centers.
09:17Sur nos roadmaps, comme on dit, nos roadmaps technologiques,
09:21l'ambition, effectivement, est d'avoir ce qu'on appelle des imprimantes ADN
09:24qui vont être dans les data centers à l'horizon 2030, 2032, etc.
09:29Et est-ce que les données sont facilement stockables, rapidement stockables
09:34et facilement extricables ?
09:36Pas extricables, mais vous avez compris ce que je voulais dire.
09:38Est-ce qu'on peut les récupérer ?
09:39Si on peut les lire, les relire très rapidement.
09:40Voilà, très rapidement.
09:41Alors, c'est là où on se retrouve dans l'équilibre
09:45entre les limites actuelles de la technologie,
09:48où on écrit sur quelques heures, une journée,
09:51et on lit sur quelques heures, une journée,
09:53et ces fameux cas d'usage de données froides
09:55où, en fait, le besoin de la relecture ou d'écriture
10:00peut dépasser les plusieurs jours.
10:01Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, on s'adresse à une portion
10:04à peu près de 5 à 10 % du marché.
10:06Et au fur et à mesure qu'on augmentera nos performances,
10:09on va être en mesure de réduire ces temps
10:12et donc s'adresser à des tailles de marché plus importantes.
10:15Voilà, et c'est que le début de l'histoire.
10:16C'est le tout début.
10:18Imaginez ce stockage combiné à l'informatique quantique, par exemple.
10:22Tout à fait.
10:23On peut arriver, et on sait qu'on a des pépites dans ce domaine-là,
10:26d'ailleurs, bientôt, on recevra un porte-parole d'Alice et Bob.
10:30Ça peut être...
10:31Enfin, c'est complètement vertigineux,
10:32ce qu'on peut peut-être arriver à faire dans 15, 20 ans, 30 ans.
10:36Oui, je suis tout à fait d'accord avec vous.
10:38En fait, on s'oriente vers un monde de l'informatique
10:42et de ce qu'on appelle du calcul du compute,
10:45qui est hybride.
10:46Le quantique est une technologie qui est capable de gérer de manière exceptionnelle
10:51un certain nombre de cas d'usage.
10:53Vous aurez d'autres technologies.
10:54L'ADN a une composante compute.
10:56On ne va pas en parler aujourd'hui, mais il y a déjà des brevets, etc.
10:59dans ce domaine, qui permettra de mieux gérer des aspects quantiques
11:02à l'horizon 2035, des aspects de compute à l'horizon 2035.
11:05Merci beaucoup, Laurent.
11:06Je vous remercie.
11:07Laurent Guingamp, PDG de Biomémory.
11:09On a bien compris ce que vous faites, et c'est passionnant, bien sûr.
11:12Merci d'être passé par le plateau de Taquet.
11:13Merci, bonne soirée.

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