00:04Créer son entreprise, la développer, la faire grandir, mais aussi apprendre à s'imposer dans un univers encore largement masculin.
00:11Après une carrière à la Banque mondiale, Caroline Frontini a fondé Hupoa, une entreprise spécialisée dans les solutions solaires au
00:18Cameroun,
00:19avant de se tourner vers le coaching d'entrepreneurs, d'entrepreneuses.
00:23Et dans son livre « Entrepreneuse, devenir une femme dirigeante dans un monde d'hommes » publié aux éditions GéRézot,
00:28elle revient sur son parcours, ses réussites, mais aussi les difficultés qu'elle a rencontrées dans son chemin d'entrepreneuse.
00:35Caroline Frontini, bonjour.
00:36Bonjour Sibyl.
00:37Merci beaucoup d'être avec nous, donc vous êtes entrepreneuse, coach de dirigeants et dirigeantes.
00:41Et donc vous avez quitté, c'est ce que vous racontez dans votre livre, vous avez quitté ce poste de
00:45la Banque mondiale pour créer Hupoa,
00:48une entreprise de solutions solaires au Cameroun.
00:50Et là maintenant, deuxième étape, deuxième changement de parcours, vous devenez coach d'entrepreneur, d'entrepreneuse.
00:57Qu'est-ce qui vous a poussé à passer de l'autre côté, de devenir entrepreneuse et de passer du
01:05côté de l'accompagnateur ?
01:06Je suis devenue coach parce que moi-même j'ai été coachée et ça a complètement changé mon expérience de
01:11dirigeante.
01:11Et donc après, quand j'ai quitté ma propre entreprise, je me suis dit « qu'est-ce que je
01:15veux faire maintenant ? »
01:16Il y avait quelque chose de très fort qui revenait, c'était que je voulais aider d'autres femmes entrepreneuses
01:19à plus trouver leur place
01:20parce que moi, ça avait été un grand défi pour moi quand j'ai monté mon entreprise.
01:24Et donc en fait, je me suis dit « j'ai envie d'être la personne que j'aurais aimé
01:27avoir à mes côtés au début, que j'ai mis quelques années à trouver ».
01:30Donc c'est comme ça que je suis passée de l'autre côté.
01:32Mais ce n'était pas évident de passer de chef d'entreprise avec toute une grosse équipe.
01:37On avait levé des fonds en plus, donc on avait toute une structure autour de nous.
01:41À coach, où là, c'est un peu seul face à soi-même.
01:44Et puis vendre ses services, vendre un produit, ce n'est pas pareil.
01:46Donc c'était aussi une sacrée expérience.
01:48Aujourd'hui, je suis ravie parce qu'en fait, ça me permet d'être coach, donc accompagné des dirigeants et
01:53des dirigeantes.
01:54Ça me permet de combiner à la fois des outils du coaching que je trouve hyper utiles quand on dirige.
01:59Et en même temps, toute mon expérience d'entrepreneuse, je sais ce que c'est quand il y a des
02:02crises.
02:03Je sais ce que c'est quand ça se passe mal dans l'équipe.
02:05Je sais ce que c'est quand il y a des tensions dans l'association.
02:08Donc tout ça, je peux aussi le mettre au service des gens que j'accompagne.
02:10Qu'est-ce que vous auriez aimé apprendre plus tôt si vous étiez, vous, il y a plusieurs années, que
02:16vous aviez ce livre entre les mains ?
02:18Qu'est-ce que vous auriez aimé lire à cette époque-là ?
02:20C'est justement pour ça que j'ai écrit le livre aussi beaucoup en me disant.
02:24C'est un livre qui m'a manqué, que j'aurais adoré lire il y a dix ans quand j
02:27'ai lancé ma première entreprise.
02:28Déjà, j'aurais aimé avoir plus d'exemples d'entrepreneuses.
02:31Je n'en avais vraiment aucun autour de moi.
02:33J'avais quelques amis qui s'étaient lancés dans l'entrepreneuriat, mais qui n'avaient pas du tout les mêmes
02:36défis.
02:37Et oui, je crois que ça m'aurait donné de la force.
02:38Le côté rôle modèle, du coup, c'est très important.
02:40Exactement.
02:41De toute façon, on le sait, c'est prouvé dans la confiance en soi, dans le sentiment de légitimité,
02:45que plus on a des gens qui nous ressemblent à des postes de pouvoir, plus on se sent légitime de
02:52viser cette carrière ou d'avoir ces postes-là.
02:54Donc, ça, évidemment.
02:56Et après, je pense aussi, une deuxième chose que j'aurais aimé savoir au moment de lancer mon entreprise,
03:00c'est à quel point l'entreprise va être un miroir de nos propres schémas, nos propres blocages.
03:05Et que c'est un défi tout autant que, disons, l'aspect plus technique de l'entreprise,
03:09de créer une offre qui va bien, aller trouver les bons clients, trouver les bons partenaires financiers, opérationnels.
03:15Il y a aussi cet aspect-là très humain.
03:17Et on se retrouve vite confronté à ça quand on entreprend.
03:20Et ça, je ne le savais pas du tout.
03:21Et je l'ai pris plutôt en pleine figure.
03:23Et donc, c'est ça que je raconte aussi.
03:24Donc, finalement, son rôle personnel, son monde privé a un impact très fort sur sa manière d'entreprendre ?
03:31Dans le sens privé, dans le sens où qui on est.
03:33C'est-à-dire nos schémas.
03:34Par exemple, moi, j'avais peur du conflit.
03:36J'avais peur de dépenser beaucoup d'argent.
03:40Voilà, je ne me sentais pas toujours tout à fait à ma place dans ce rôle de dirigeante.
03:44Et donc, tout ça, en fait, ça s'est vu dans mon entreprise.
03:47Ça s'est vu quand il fallait dépenser de l'argent.
03:49C'est-à-dire qu'au départ, c'était très bien de ne pas vouloir dépenser.
03:52Mais le jour où on a fait notre premier levée de fonds
03:53et qu'on a un million d'euros qui arrivent sur le compte en banque,
03:56je me disais, ça va être la fin des problèmes.
03:57En fait, c'était le début des problèmes pour moi.
04:00Parce que moi, je ne voulais pas dépenser cet argent.
04:01D'ailleurs, j'avais peur qu'il disparaisse.
04:03J'allais regarder régulièrement pour être sûre qu'il n'était pas parti du compte en banque.
04:06Et c'était aussi révélateur.
04:08La part du conflit, j'en parle aussi beaucoup dans la relation avec mon associé.
04:11Ça a joué, comme on m'affirmait.
04:12C'est un associé qui était très sûr de lui.
04:14Donc, il demandait les choses sans trop se poser de questions.
04:16Alors que moi, ça me faisait beaucoup de...
04:18C'était un vrai challenge pour moi d'aller dire
04:20« Non, je pense que ça, je peux le faire »
04:22ou « Je pense que ça, je mérite tel titre, etc. »
04:25À quel moment vous vous êtes dit que...
04:27Enfin, est-ce que vous avez ressenti que vous étiez
04:29particulièrement une femme entrepreneuse
04:31et pas tout simplement une entrepreneuse ?
04:34Parce qu'effectivement,
04:35ce manque de prendre sa place, etc.,
04:38ça peut être des choses qu'on peut attribuer à des femmes.
04:41Mais c'est peut-être pas forcément que quelque chose qui est genré.
04:45Est-ce que vous vous êtes ressentie femme entrepreneuse,
04:48du coup, dans votre aventure ?
04:49C'était effectivement graduel parce que,
04:51disons que tout mon début de carrière
04:53dans des grandes institutions internationales,
04:54je ne m'étais jamais sentie particulièrement femme
04:56dans le sens où...
04:57Est-ce que je faisais des choses différemment des hommes ?
04:59Oui.
04:59Je commençais quand même à voir que
05:00je demandais moins d'augmentation
05:01que mes collègues masculins.
05:03Je commençais à voir que
05:05la promotion, je ne l'abordais pas de la même manière.
05:06Donc, ça commençait quand même à se voir.
05:08Mais c'est vraiment au moment où j'ai basculé dans l'entreprenariat
05:10que toutes ces différences-là
05:11sont apparues beaucoup plus fortement.
05:13Et c'est vrai qu'au début, je me suis dit
05:14que ce n'est pas forcément homme-femme,
05:16c'est plutôt moi-même face à...
05:18Oui, juste une personnalité.
05:19Exactement, une personnalité.
05:20Et c'est aussi quand je suis passé coach
05:22que j'ai rencontré beaucoup plus de femmes entrepreneuses
05:25et que j'ai réalisé qu'en fait,
05:26c'était quand même assez partagé.
05:27Alors, on ne peut jamais faire de généralité
05:29tous les hommes ou toutes les femmes.
05:30Bien sûr, il y a des femmes qui me disent
05:31que ce n'est pas mon sujet de prendre sa place.
05:32J'y arrive.
05:33Et il y a des hommes qui me disent
05:34que c'est aussi un sujet pour moi de prendre ma place.
05:36J'entends.
05:37Mais c'est vrai qu'en tant que femme, il y a quand même...
05:38Oui, effectivement, il y a des obstacles
05:40que vous rencontrez quand même très régulièrement
05:42auprès des femmes que vous accompagnez dans leur...
05:45Exactement.
05:45Et aussi, et ça, c'est aussi quelque chose
05:46que j'évoque dans le livre,
05:47c'est à quel point, en fait,
05:48les théories féministes qui expliquent
05:50pourquoi est-ce que, en tant que femme,
05:52comment l'éducation des femmes
05:54impacte leur posture dans le monde du travail,
05:57que ça m'a permis de mettre des mots,
05:58de comprendre certaines postures que j'allais avoir,
06:00de faire passer un peu l'avis des autres
06:03avant mon propre avis,
06:05ou penser d'abord au bien-être collectif
06:07avant de me dire, en fait, moi,
06:08de quoi j'aurais besoin,
06:09qu'est-ce qui me ferait du bien ?
06:10Et ça, à nouveau, c'est des choses
06:11qui ont été théorisées,
06:12qui ont été étudiées,
06:13et c'est des comportements qui sont liés
06:14à une éducation en tant que femme.
06:17C'est-à-dire que, du coup,
06:20les femmes sont passées par un parcours personnel
06:22et, finalement, pour mieux entreprendre,
06:25elles doivent aussi désapprendre
06:27des choses de leur éducation ?
06:30Oui, quelque part.
06:30Après, moi, je fais attention
06:31à ne pas mettre une injonction supplémentaire
06:33aux femmes.
06:33Donc, il ne faut pas oser,
06:35il ne faut pas désapprendre.
06:36Mais c'est plutôt si, à un moment,
06:37on sent que quelque chose bloque,
06:39d'aller regarder aussi de ce côté-là.
06:41Qu'est-ce qui se joue quand, par exemple,
06:43je n'ose pas dire non à un client ?
06:44Que je sais bien que cette mission,
06:45en fait, j'aimerais la faire
06:46dans un autre cadre.
06:47Par exemple, si mon client me demande
06:50de créer une structure un peu plus complexe
06:51pour pouvoir répondre à cette offre,
06:52de dire, en fait, non,
06:53je ne vais pas faire comme ça
06:54et de savoir comment peut-être
06:56avoir passé par-dessus la peur de décevoir,
06:58qui, souvent, est très bloquant
06:59dans les femmes que je peux accompagner.
07:02Et puis aussi, voilà,
07:03se retrouver soi, de se dire,
07:04en fait, qu'est-ce que moi, j'ai envie ?
07:05Donc, la méthode dont j'aime bien parler,
07:08c'est la méthode que j'appelle
07:09« moi d'abord »,
07:09c'est-à-dire, avant même de prendre
07:11une décision pour son business,
07:12d'ouvrir un espace où on se demande
07:14« OK, qu'est-ce que moi,
07:15j'aurais vraiment envie de faire ? »
07:17Si le fait de me faire passer avant
07:18ne causait aucun tort à personne,
07:20qu'est-ce que j'aimerais faire ?
07:21Voir ensuite le défendre.
07:23Mais cet espace-là, il est important
07:24et pour beaucoup de femmes, en fait,
07:26il est réduit à néant par juste l'envie
07:28de faire plaisir en pensant
07:29que plus je suis conciliante,
07:31plus mon entreprise a des chances
07:32de fonctionner.
07:33Oui, parce que ce que vous dites,
07:34effectivement, c'est que dans votre livre,
07:36progressivement, vous vous êtes sentie
07:37exclue de votre propre entreprise
07:38alors que c'est vous qui l'a développée
07:40et alors même que vous aviez le statut,
07:41vous avez le statut de fondatrice,
07:42de présidente.
07:44Comment est-ce qu'on arrive, justement,
07:45à perdre la place ?
07:48Et ça, la place qu'on voudrait créer
07:49dans une entreprise,
07:50alors même que dans les statuts,
07:53vous êtes en situation de hiérarchie élevée ?
07:56Exactement.
07:56Donc, les statuts ne font pas tout.
07:58Donc, moi, ma situation,
07:59mais que je retrouve aussi
08:00chez beaucoup d'autres femmes entrepreneuses,
08:01c'était, donc, j'ai cofondé mon entreprise,
08:03on était un homme, une femme
08:05et plus on a recruté de dirigeants
08:07dans notre entreprise,
08:08en fait, c'était principalement des hommes.
08:10Et donc, en fait, il y a un moment
08:11où il y avait un petit boys club,
08:12c'est comme ça qu'on appelle, en fait,
08:14le fait que les hommes, entre eux,
08:16avaient une certaine connivence,
08:17avaient des intérêts, disons,
08:19plus personnels, communs,
08:20se retrouvaient plus sensibles
08:21dans leur manière de faire.
08:22Et donc, à un moment, en fait,
08:24je me retrouve effectivement,
08:25juste par la configuration,
08:26exclue des informations importantes
08:28de l'entreprise.
08:28Donc, j'avais beau être
08:32une des actionnaires principales,
08:33j'avais beau être présidente
08:34dans les statuts,
08:36effectivement, au jour le jour,
08:37j'ai perdu l'accès à l'information.
08:38Et il a fallu que moi,
08:39je me fasse un peu aussi violence
08:40pour dire, en fait, ça,
08:41c'est pas normal
08:41et demander à changer les choses.
08:43Mais ça, ça passait par des semaines
08:45et des semaines d'angoisse
08:46de dire, je ne vais pas passer
08:47pour la fille qui impose,
08:49qui dérange,
08:49qui demande des réunions supplémentaires,
08:51alors que peut-être que ça serait
08:52plus simple de faire ça sans moi.
08:54Enfin, il y a tout ça qui s'est joué.
08:55Alors même que, légalement,
08:57j'avais absolument le droit
08:58d'avoir accès.
08:59Et in fine, du coup, vous êtes partie,
09:01ça a eu un impact sur votre carrière,
09:02cette position ?
09:03Alors, je ne suis pas partie
09:04pour ces raisons-là.
09:04C'est-à-dire que,
09:05c'est aussi ce que je raconte dans le livre,
09:06c'est-à-dire qu'il y a un moment
09:07où j'ai senti que ça bloquait
09:13est-ce qu'on résout ça ?
09:13Effectivement, on va aller défendre
09:15ce qui est important pour nous
09:16et on va aller demander.
09:17Moi, c'est le moment
09:18où je suis allée demander,
09:19donc en l'occurrence,
09:20à nos actionnaires d'avoir,
09:22alors c'était mon histoire à moi,
09:24mais moi, j'ai demandé
09:24à avoir le poste de directrice générale
09:26à la place de mon associé
09:27qui l'avait depuis le début.
09:29Et en fait, le fait d'aller demander
09:31m'a complètement libérée
09:32de la frustration que j'accumulais
09:33un peu en silence,
09:34un petit peu cocotte minute
09:36et qui était en fait très mauvais
09:38pour moi-même.
09:39C'est-à-dire que ça n'impactait
09:39pas tellement les autres
09:40à part que j'étais un peu
09:41passif-agressif, pour être honnête,
09:43mais moi-même,
09:44je sentais que je perdais
09:44de l'énergie et de la motivation.
09:46Mais quand je suis allée demander
09:47aux actionnaires,
09:47ben voilà, je veux ça,
09:49tout d'un coup,
09:49il y a une sorte de libération
09:50de je suis allée défendre
09:51ce qui était important pour moi
09:52et sauf que je n'ai pas eu
09:53ce que je voulais,
09:54mais maintenant,
09:55c'était à moi de créer
09:56le poste qui m'allait
09:56dans ce cadre-là.
09:58Donc, j'ai créé,
09:58alors j'ai eu plus accès
09:59aux informations
10:00parce que les actionnaires
10:01d'ailleurs ont imposé
10:02qu'on ait plus de réunions
10:03à trois directrices.
10:07Et après, moi,
10:08ça m'a aussi autorisé
10:09à me dire,
10:09dans ce cadre-là,
10:11où je n'ai pas exactement
10:11ce que je veux,
10:12mais où je suis allée demander,
10:13qu'est-ce que moi,
10:13j'ai envie de faire ?
10:14Et après, j'ai continué
10:15à être en co-direction
10:17de l'entreprise
10:17pendant deux ans.
10:18Et le moment où je suis partie,
10:19c'est plus le moment où,
10:21d'ailleurs, je pense
10:22qu'on n'en parle pas assez aussi,
10:23c'est le moment où j'ai eu
10:23l'impression en tant que fondatrice
10:25que j'avais fait le tour
10:26de ce que je pouvais apporter
10:26à l'entreprise
10:27et de ce que l'entreprise
10:28pouvait m'apporter.
10:29C'était un autre stade.
10:30On est passé de deux personnes
10:32à 300.
10:33Moi, j'ai adoré les débuts,
10:35en fait.
10:36J'ai adoré faire grandir
10:37l'entreprise.
10:37Mais là, à 300 personnes,
10:39on avait plutôt besoin
10:40de...
10:40C'était plus de l'aventure.
10:41Exactement.
10:42C'était plutôt structuré,
10:44organisé, ordonné.
10:46Et c'était très confortable
10:47pour moi parce que,
10:48voilà, j'avais le rôle.
10:49En plus, maintenant,
10:49j'avais à nouveau accès
10:50aux informations.
10:51Mais je sentais que c'était
10:52plus non plus une grande motivation
10:53et que ça commençait
10:54à se sentir aussi sur l'équipe,
10:56de ne plus être tout à fait,
10:57de me sentir tout à fait
10:58à ma juste place
10:59dans l'entreprise.
11:00C'est pour ça que je suis partie.
11:02Vous parliez du coup
11:02tout à l'heure de Boys Club.
11:04Est-ce que...
11:05Quel est votre regard
11:05sur, aujourd'hui,
11:07les quotas ?
11:08Justement, le fait
11:08qu'il faut imposer
11:10un équilibre ?
11:12Ce serait quoi
11:13votre regard là-dessus ?
11:14Moi, je trouve ça génial.
11:15En fait, je trouve ça
11:15indispensable parce que
11:16ça a été prouvé aussi
11:18qu'on peut attendre
11:19que la société change,
11:22les rôles modèles,
11:23comme on en parlait,
11:24soient plus présents.
11:24Et ça, oui, ça avance.
11:26Mais si on veut vraiment
11:26que les choses bougent,
11:27à un moment,
11:27il faut aussi forcer
11:28un petit peu la porte.
11:29Moi, je trouve que les quotas,
11:30c'est très bien.
11:32J'entends qu'il y a un côté
11:33de égalité des chances,
11:35etc.
11:35Mais en fait,
11:36s'il y a des quotas,
11:37c'est que certaines personnes
11:38n'ont pas la même égalité
11:39au départ,
11:40par plein de petites manières
11:41différentes,
11:41par l'éducation,
11:42par l'accès aux possibilités.
11:43Moi, oui,
11:44je crois beaucoup aux quotas
11:45et je trouve que c'est très bien
11:45de les imposer quand il faut.
11:48Et aussi d'encourager
11:49ce côté aussi
11:50entraide féminine,
11:51ces clubs,
11:52ces associations,
11:55en tout cas,
11:55ces personnes
11:56qui comprennent
11:57tout simplement
11:58le chemin parcouru.
12:00Absolument.
12:00Moi, je crois beaucoup
12:01aux exemples,
12:02je crois beaucoup
12:02à la sororité.
12:04Je vous dis,
12:04c'est pas pour rien
12:04qu'on est en République française
12:05où on a mis fraternité
12:06sur la moitié
12:07des bâtiments officiels
12:08parce qu'en fait,
12:09c'est une valeur hyper forte
12:10et je trouve ça sympa
12:10de la décliner au...
12:12Enfin, je trouve ça fort aussi
12:13de la décliner au féminin
12:14et de dire qu'effectivement,
12:15quand on dirige,
12:16en tout cas,
12:16quand on se lance
12:17dans quelque chose
12:17avec des défis,
12:19avoir des exemples,
12:21des personnes
12:22qui sont passées par là,
12:23qui peuvent nous aider
12:24à avancer,
12:25qui peuvent partager
12:25leurs histoires,
12:26même si chaque histoire
12:26est individuelle,
12:27qui peuvent partager
12:29les tips,
12:30enfin,
12:30les prises de conscience
12:31pour que ça aille
12:31plus vite pour les autres.
12:32En fait,
12:33c'est toute la raison
12:33pour laquelle j'ai écrit
12:34ce livre en me disant
12:35j'aimerais que ça parle
12:37à d'autres personnes
12:37et c'est d'ailleurs
12:38les retours que j'ai
12:39depuis la publication,
12:40c'est chacun son histoire
12:42mais ça donne
12:43envie d'y aller
12:44parce que d'autres personnes
12:45sont passées par là.
12:46Et donc,
12:46toujours continuer quand même
12:47de parler d'entrepreneuriat
12:49au féminin
12:49et même si ça peut être
12:52un petit peu superficiel
12:54mais d'entretenir le côté,
12:56toujours mettre des mots
12:57en fait,
12:58entrepreneuse
12:58comme on disait,
13:00autrice,
13:00ces mots-là
13:01qui vont changer
13:03la musicalité.
13:04Exactement,
13:04et la perception
13:05parce que le mot autrice,
13:06je me sens que ça avait
13:06fait grand débat
13:07mais en fait,
13:07c'est super chouette
13:08de se dire
13:08bah oui,
13:09j'arrive à entendre
13:09que,
13:10c'est ça que moi
13:11j'aime bien dire
13:11coach de dirigeante,
13:12pas seulement dirigeant
13:13parce qu'en fait,
13:14c'est aussi se sentir
13:15reconnaître dans les mots,
13:16ça aide à créer
13:18une vraie réalité ensuite.
13:19Caroline Frontini,
13:20merci beaucoup
13:20d'être venue en plateau
13:21nous parler de votre livre
13:22que vous venez de publier,
13:23Entrepreneuse,
13:24devenir une femme dirigeante
13:25dans un monde d'hommes,
13:26publié aux éditions
13:27Géressot,
13:28merci d'être venue
13:29dans Parole de dirigeante.
13:30Merci.